0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
4 vues14 pages

Diplomatie climatique : enjeux 2010-2024

Entre 2010 et 2024, la diplomatie climatique a été redéfinie par des tensions géopolitiques croissantes, l'Accord de Paris et des événements climatiques extrêmes, entraînant une reconfiguration du système international. D'ici 2035, la gouvernance climatique mondiale devrait évoluer en raison de facteurs complexes tels que les tensions entre grandes puissances, la montée des acteurs non étatiques et les innovations technologiques. L'analyse prospective révèle des scénarios potentiels, notamment une fragmentation compétitive des coalitions climatiques et une compétition idéologique sur les voies du développement durable.
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
4 vues14 pages

Diplomatie climatique : enjeux 2010-2024

Entre 2010 et 2024, la diplomatie climatique a été redéfinie par des tensions géopolitiques croissantes, l'Accord de Paris et des événements climatiques extrêmes, entraînant une reconfiguration du système international. D'ici 2035, la gouvernance climatique mondiale devrait évoluer en raison de facteurs complexes tels que les tensions entre grandes puissances, la montée des acteurs non étatiques et les innovations technologiques. L'analyse prospective révèle des scénarios potentiels, notamment une fragmentation compétitive des coalitions climatiques et une compétition idéologique sur les voies du développement durable.
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats DOCX, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

INTRODUCTION

Des changements géopolitiques et des défis environnementaux croissants ont profondément


influencé la diplomatie climatique entre 2010 et 2024. Les États et leur approche de la
coopération, de la sécurité internationale et de la compétitivité économique ont été redéfini
par la question du climat qui est devenu un élément central de la diplomatie internationale.
Cette reconfiguration a été marquée par l’Accord de Paris (2015) qui a renforcé la diplomatie
climatique, mettant en évidence la coopération mondiale ; par la montée des tensions
géopolitiques qui est marquée par la tension des grandes puissances notamment les États-Unis
et la Chine ; et par la multiplication des événements climatiques extrêmes. C’est alors, le sujet
s’étend sur la manifestation de l’évolution climatique sur la scène internationale. Quelles sont
les conséquences internationales de cette reconfiguration ? Par cette question, voici notre plan
: En première partie, nous parlerons de l’analyse des Transformations du Système
International ; en deuxième partie la Sécurisation et la Justice Internationale et en troisième
partie l’Étude Prospective.

D’ici 2035, la gouvernance climatique mondiale devrait se transformer en raison de


dynamiques variées, complexes et parfois opposées. Les tensions géopolitiques, les
différences normatives entre les groupes régionaux, la montée des acteurs non étatiques, ainsi
que les progrès technologiques et les crises environnementales inattendues modèlent un
contexte instable. Dans ce cadre, l’analyse prospective s’impose comme les orientations
potentielles de l’action mondiale face aux enjeux climatiques. Cette recherche se fond sur les
tendances observées entre 2010 et 2024, comme la fragmentation des coalitions climatiques,
la sécurisation des questions environnementales ou encore l’émergence de nouvelles
perspectives venues du sud global afin de proposer trois grands scénarios plausibles
concernant l’évolution de la gouvernance climatique mondiale d’ici 2035. En utilisant, les
instruments de la prospective stratégique, nous repérons les variables essentielles (politiques,
économiques, technologiques et réglementaires), ainsi que les interactions possibles, afin
d’analyser les éléments de continuité ou de changement dans le système international. Cette
projection mettra en évidence les implications envisageables pour un ordre mondial en
mutation, entre les coopération multilatérale, rivalités géostratégiques et résistances
structurelles.

1
I. Les variables clés et leur interaction potentiel

L'évolution future de la gouvernance climatique mondiale repose sur une série de variables
que l’on efficacement regrouper en trois grandes catégories : géopolitiques, économiques et
technologiques, et sociétales et normatives. Tout d'abord les variables géopolitiques :
concernant le Rôle de la Chine et de sa diplomatie climatique, il existe une volonté affichée de
leadership alternatif basé sur la « civilisation écologique comme on peut le remarquer dans le
Doc. 2 ; sans oublier l'expansion des financements via la Ceinture et Route verte,
augmentation du poids dans les coalitions (Partenariat Modernisation Écologique comme on
peut le remarquer dans le Doc. 4 Ensuite, il y a rapport de force entre coalitions climatiques :
effectivement, il y a cet équilibre entre Coalition pour l’Ambition Climatique (UE et alliés),
Bloc du Sud Global, Groupe Pragmatique et Alliance Souveraineté et Développement. Leurs
positions influent sur la capacité d’atteindre des compromis internationaux (Doc. 4).
Concernant la sécurisation du climat, l'intégration croissante des enjeux climatiques dans les
doctrines de défense et les politiques de sécurité sont en réponse à la multiplication des
conflits liés au climat (Doc. 3). Puis, il y a aussi les variables économiques et technologiques
De prime abord, le financement climatique international se manifeste par l'augmentation
rapide mais fragmentée des sources de financement (Doc. 5), sans oublier le rôle croissant des
acteurs privés. De surcroit, les innovations technologiques et les transferts se caractérise par le
déploiement des énergies renouvelables, diffusion des technologies vertes portée par la Chine,
l’UE et certains membres du Bloc Sud Global. Pour finir, la tension entre modèles orientés
vers le marché (Groupe Pragmatique) et modèles fondés sur la régulation et la solidarité
internationale définit les enjeux des modèles de développement. Enfin, il y a les variables
sociétales et normatives, tout d’abord il y a la fragmentation normative : en effet, les tensions
entre les visions anthropocentriques, technocratiques et approches critiques (écocentrées,
écoféministes, décoloniales), provoque la marginalisation persistante des voix alternatives
(Doc. 6). Suite à cela, il y a la montée des mouvements transnationaux pour la justice
climatique, représentant le poids croissant de la société civile et des jeunes générations. Par
exemple, la justice climatique traite de différents enjeux croissants de redistribution et de
reconnaissance des vulnérabilités différenciées entre pays et au sein des sociétés. Ces
variables s’influencent de manière systémique. Pour illustrer, le leadership chinois pourrait
renforcer le Partenariat Modernisation Écologique, modifiant ainsi les rapports de force entre
coalition, sans oublier l'augmentation significative des financements sud-sud (AIIB, Ceinture
et Route verte) qui pourrait favoriser l’autonomie du Bloc Sud Global. L’aggravation des

2
crises sécuritaires climatiques (surtout concernant les déplacements massifs et les conflits)
pourrait pousser certains États à privilégier des approches unilatérales au détriment de la
coopération multilatérale

3
II. Facteurs de continuité (2010-2024)

Théorie Approches intersectionnelles


L’intersectionnalité constitue un cadrer théorique conçu, à la fin des années 1980 par la juriste
afro-américaine Kimberlé Crenshaw. Elle fait référence à l’examen des relations divers
formes de dominations ou de discriminations (sexe, race, handicap, classe,….) qui ne
s’additionnent pas simplement, mais s’entrelacent pour engendrer des expériences
particulières d’oppression. Elle postule que les discriminations ne sont pas isolées mais
structurellement liées et interagissent dans les institutions et produisent des effets cumulatifs.

 Des inégalités persistantes dans la gouvernance climatique

Le principe de responsabilité commune mais différenciée reste un pilier des revendications du


Sud global. Par ailleurs, la sous-représentation des femmes et des personnes LGBTQ+ dans
les négociations climatiques demeure marquée : en 2022, seules 36,8 % des déléguées étaient
des femmes et moins de 0,5 % s’identifiaient ouvertement comme LGBTQ+. Ces groupes
subissent pourtant de plein fouet les effets du dérèglement climatique, avec une surexposition
estimée entre 41 et 63 %, selon une analyse intersectionnelle.

Théorie de la justice globale

La justice globale est un courant de pensée en philosophie politique et morale qui recherche à
déterminer ce que les individus, les Etas et les institutions doivent mes uns les aux autres à
l’échelle mondiale. Elle s’intéresse à la manière dont les ressources, les droits, les
opportunités doivent être répartis entre tous les êtres humains, indépendamment des frontières
nationales. Elle permet de réduire les inégalités mondiales(revenus, éducatio, accès à
l’environnement), répondre aux injustice structurelles liées à l’histoire coloniale, à la
mondialisation et aux crises climatique.

 Des tensions Nord-Sud toujours vives

L’opposition entre pays industrialisés et pays en développement reste structurante. L’Alliance


Souveraineté et Développement, regroupant notamment la Russie et l’Arabie Saoudite,
continue de rejeter toute régulation contraignante. À l’inverse, le Bloc du Sud Global insiste

4
sur la nécessité de financements conséquents pour accompagner la transition, sans pour autant
s’engager sur des réductions drastiques d’émissions.

 Un climat perçu comme facteur d’insécurité croissante

Le climat s’impose de plus en plus comme un multiplicateur de menaces : entre 2010 et 2022,
38 conflits dans le monde ont été amplifiés par des facteurs climatiques, surtout en Afrique
subsaharienne, au Moyen-Orient et en Asie du Sud. Les déplacements environnementaux ont
touché en moyenne 21,3 millions de personnes par an, soit une hausse de 112 % par rapport à
la décennie précédente.

Facteurs de rupture

 Un rôle croissant de la Chine dans l’agenda climatique mondial

Les émissions chinoises ont augmenté de 26,8 % entre 2010 et 2024 (passant de 8,87 à 11,25
Gt CO₂), mais Pékin s’engage à atteindre un pic avant 2030 et la neutralité carbone d’ici
2060. Dans son discours à l’ONU, Xi Jinping promeut un modèle de civilisation écologique
en rupture avec le développement occidental, alliant respect des limites planétaires et
croissance économique. Sur le plan financier, l’Initiative Ceinture et Route (volet vert) est
passée de 1,3 milliard USD en 2015 à 11,4 milliards en 2024.

 Un paysage diplomatique recomposé

Cinq coalitions dominent désormais les négociations climatiques, avec des approches
contrastées. La Chine et ses alliés défendent une modernisation verte souple, tandis que le
Groupe Pragmatique (États-Unis, Australie, Nouvelle-Zélande) privilégie l’innovation
technologique et les mécanismes de marché. Cette diversité de visions traduit un éclatement
de l’ordre climatique mondial.

 Explosion des financements privés verts

Les investissements labellisés « verts » ont été multipliés par plus de 13 en 14 ans, passant de
6,4 à 87,3 milliards USD entre 2010 et 2024. Cela montre un basculement progressif vers une
gouvernance dominée par des acteurs privés, aux côtés des banques et fonds souverains.

 Une dynamique américaine en dents de scie

5
Entre 2017 et 2021, les États-Unis se sont retirés de l’Accord de Paris, ce qui a affaibli leur
rôle moteur. Depuis leur retour, ils défendent une approche technologique et non coercitive,
plus pragmatique qu’ambitieuse.

III. Les implications sur l’ordre mondial multipolaire également

L'ordre mondial multipolaire émergent se caractérise par une distribution plus diffuse du
pouvoir, où plusieurs pôles d'influence – États-Unis, Chine, UE, Inde, Russie, etc. –
coexistent et interagissent de manière compétitive ou coopérative. La diplomatie climatique
est devenue l’un des terrains majeurs de cette reconfiguration. À travers les documents
fournis, nous analyserons comment la gouvernance climatique cristallise les dynamiques de
pouvoir, les coalitions régionales, les conceptions du développement et les conflits normatifs,
et ce qu’elles impliquent pour l’ordre multipolaire en gestation

a. La multipolarité révélée par la fragmentation des coalitions climatiques

Le document 4 montre une fragmentation en cinq coalitions climatiques aux intérêts


divergents. Cette diversité illustre la fin du monopole normatif occidental et l’émergence d’un
monde multipolaire :

Coalition Position Acteurs Implication pour la


principaux multipolarité
Coalition pour Réduction UE, Japon, Vecteur de soft power normatif
l'Ambition ambitieuse îles occidental
Alliance Défense pétrole Russie, Golfe Affirmation souverainiste
Souveraineté contre règles mondiales
Bloc Sud Global Responsabilité Inde, Brésil Contestation du leadership
différenciée Nord, demande de justice
historique
Partenariat Modernisation Chine Leadership techno-
chinois verte diplomatique alternatif
Groupe Marché & techno USA, Réalisme néolibéral, recentrage
pragmatique Australie sur l’innovation

6
Implication : l’ordre multipolaire s’exprime par une compétition idéologique sur les voies
du développement durable (technocratique, souverainiste, solidaire, écologique…).

b. Recomposition des rapports de puissance à travers les flux financiers climatiques

Le document 5 montre une montée des acteurs non-occidentaux dans le financement


climatique :

Tableau comparatif des contributions (2010 vs 2024, en milliards USD)

Source 2010 2024 Variation (%)


Fonds occidentaux 4.5 12.3 +173%
Banque mondiale 3.2 7.2 +125%
AIIB (Chine) 0 5.9 —
Ceinture et Route 0 11.4 —
(vert)
Fonds Golfe 0.3 6.8 +2166%
Invest. privés "verts" 6.4 87.3 +1264%

Implication : émergence de nouveaux bailleurs et institutions climatiques, reflétant une


décentralisation de la puissance financière et un basculement vers une architecture
multipolaire de la gouvernance climatique

c. La Chine en architecte alternatif de la gouvernance climatique

Selon le discours de Xi Jinping (document 2), la Chine :

 Se positionne en modèle alternatif de développement, alliant croissance et écologie.


 Défend un cadre basé sur la civilisation écologique.
 Appuie un multilatéralisme non-aligné contre l’hégémonie occidentale.

➡ Elle renforce ainsi son soft power climatique, tout en poursuivant une stratégie de
leadership global via la Nouvelle Route de la Soie verte.

7
d. Les tensions Nord-Sud et les luttes normatives

Selon les documents 3 et 6 :

 Le Sud (Afrique, Asie) subit de façon disproportionnée les effets climatiques, ce qui
renforce les revendications d’une justice climatique globale.
 Les théories critiques (écoféminisme, queer, décolonialisme) dénoncent une
hégémonie patriarcale et technocratique dans la gouvernance climatique.

Implication : l’ordre multipolaire ne sera pas seulement géopolitique, mais aussi normatif :
il s’agit d’une lutte sur les valeurs, modes de gouvernance et voix légitimes à la table des
négociations.

e. Représentation schématique : Multipolarité climatique (2024)

ÉCOFÉMINISTES / Sud global




UE / G7 ←─────► Gouvernance ─────► Chine / AIIB


Russie / Pays pétroliers – États-Unis / Techno-pragmatiques

Chaque acteur tente d’influencer la gouvernance mondiale selon :

 Ses intérêts énergétiques


 Sa philosophie du développement
 Sa capacité financière et technologique

8
IV. Évaluer la probabilité des scénarios prospectifs : entre continuités,
ruptures et recomposition

L’analyse prospective de la gouvernance climatique mondiale à l’horizon 2035 repose sur


l’identification de tendances lourdes, de signaux faibles et de facteurs de rupture susceptibles
d’infléchir les dynamiques en cours. À partir des variables géopolitiques, économiques,
technologiques et normatives recensées dans notre étude, et sur la base des données
empiriques observées entre 2010 et 2024, il est possible d’ordonner les scénarios proposés
selon un gradient de probabilité. Cette hiérarchisation ne signifie pas que les scénarios moins
probables sont à écarter ; ils constituent des futurs plausibles, dont la réalisation dépendra de
l’évolution des configurations d’acteurs, des événements exogènes (crises, conflits, chocs
environnementaux) et de la volonté politique.

1. Le scénario de la fragmentation compétitive – Hautement probable

Ce scénario repose sur une tendance déjà largement observée entre 2010 et 2024 : la
fragmentation croissante des coalitions climatiques, la montée du bilatéralisme vert, et
l’absence de consensus normatif. Le document met en évidence l’émergence de cinq blocs
distincts aux visions opposées (doc. 4), allant de la Coalition pour l’Ambition (UE, Japon,
petits États insulaires) au Groupe Pragmatique (États-Unis, Australie), en passant par le Bloc
Sud Global et l’Alliance Souveraineté pétrolière. Cette configuration multipolaire reflète une
compétition idéologique sur les modalités du développement durable (technologique,
souverainiste, solidaire, écocentré…).

Les flux financiers analysés (doc. 5) confirment cette logique de compétition : les
financements verts se diversifient, avec une montée spectaculaire des investisseurs privés
(+1264 %), des bailleurs non-occidentaux (AIIB, Fonds du Golfe), et des initiatives Sud-Sud
(Ceinture et Route verte, 11,4 Mds USD en 2024). Le leadership chinois, articulé autour de la
"civilisation écologique" (doc. 2), renforce cette dynamique de compétition avec le modèle
occidental libéral.

Enfin, la faible représentativité des groupes vulnérables (36,8 % de femmes, <0,5 %


LGBTQ+ dans les négociations en 2022) et la persistance des tensions Nord-Sud confortent
l’idée d’un système peu inclusif et conflictuel. Le climat demeure un enjeu géostratégique,
non pas un bien commun universellement gouverné.

9
➡ Probabilité estimée : très élevée (≈80 %). Ce scénario prolonge les dynamiques dominantes
actuelles, consolidées par des intérêts divergents et une architecture de gouvernance déjà
fragmentée.

2. Le scénario de la modernisation verte concertée – Probabilité modérée

Dans cette trajectoire, les coalitions majeures parviennent à coordonner leurs actions sans
effacer leurs différences, en s’alignant sur une vision techno-environnementale commune.
Cette hypothèse s’appuie sur certaines convergences observées entre acteurs clés : la Chine
affiche des objectifs de neutralité carbone d’ici 2060, investit massivement dans les énergies
renouvelables, et diffuse ses technologies via la Ceinture et Route verte. Les États-Unis,
revenus dans l’Accord de Paris, privilégient une approche pragmatique fondée sur
l’innovation technologique. L’Union européenne, quant à elle, reste motrice sur les normes
climatiques et la diplomatie verte.

La croissance des financements privés permettrait une mobilisation accrue de ressources


financières sans dépendre uniquement des canaux institutionnels multilatéraux. La montée des
acteurs non étatiques — entreprises vertes, ONG internationales, villes globales — pourrait
favoriser des dynamiques d’adaptation et de coopération sectorielle, même en l’absence de
consensus diplomatique fort.

Néanmoins, plusieurs limites fragilisent ce scénario : la volatilité des engagements américains


(retrait/retour), la méfiance du Sud Global face aux conditionnalités, et les divergences
normatives profondes (justice climatique vs efficience technocratique). Le modèle d’une
modernisation verte concertée suppose une forme de gouvernance souple mais coopérative, ce
qui reste incertain au vu des antagonismes persistants.

➡ Probabilité estimée : moyenne (≈50 %). Scénario possible si des synergies émergent autour
d’objectifs climatiques partagés, mais il demeure fragile face aux rivalités systémiques.

3. Le scénario de la refondation écologique inclusive – Probabilité faible mais transformatrice

Ce scénario incarne une véritable rupture avec les logiques dominantes. Il postule que les
normes critiques issues du Sud global (justice climatique, décolonialisme, écoféminisme, etc.)
deviennent structurantes dans la définition de la gouvernance mondiale. Les théories critiques

10
mises en lumière (doc. 6) dénoncent l’hégémonie patriarcale et technocratique des modèles
actuels et appellent à une redistribution profonde du pouvoir décisionnel au sein des enceintes
internationales.

Une telle refondation supposerait :

Une reconnaissance formelle des vulnérabilités différenciées (notamment celles des femmes,
populations LGBTQ+, peuples autochtones).

La mise en place de mécanismes contraignants de financement redistributif basés sur la


responsabilité historique.

Une gouvernance inclusive intégrant pleinement les ONG du Sud, les mouvements citoyens,
les jeunes et les collectivités locales.

Si ce scénario incarne un horizon normatif souhaitable pour de nombreuses organisations, son


ancrage dans les dynamiques actuelles reste faible. Le document montre la marginalisation
persistante des voix alternatives, l’asymétrie des flux financiers, et l’instrumentalisation
fréquente du langage de la justice climatique sans transformation structurelle (doc. 3 et 6).

➡ Probabilité estimée : faible (≈20 %). Scénario émancipateur, mais largement conditionné à
des ruptures politiques et institutionnelles majeures, encore peu enclenchées à l’échelle
globale.

11
 Évaluation comparative des scénarios climatiques à l’horizon 2035

Scénario Caractéristiques Probabilité


Justifications
prospectif principales estimée

Divergences persistantes ; 5
Conflits entre coalitions ; coalitions aux visions opposées ;
Fragmentation montée du bilatéralisme montée du soft power chinois et Très élevée
compétitive vert ; domination des des financements Sud-Sud ; rôle (~80 %)
logiques nationales croissant des acteurs privés (Doc.
4–5)

Alignement partiel entre Chine,


Coopération flexible autour
UE et USA sur la transition
Modernisation d’objectifs techno- Moyenne
verte ; montée des acteurs non
verte concertée environnementaux (~50 %)
étatiques ; développement des
communs
partenariats techniques

Refondation Réforme structurelle Appels des ONG et mouvements Faible (~20


écologique intégrant justice sociaux ; discours critiques %)
inclusive climatique, voix critiques (écoféminisme, Sud Global) ;
et approche décoloniale faible poids institutionnel actuel

12
Scénario Caractéristiques Probabilité
Justifications
prospectif principales estimée

(Doc. 6)

COMMENTAIRES

L’analyse des probabilités montre que le scénario de fragmentation compétitive est le plus
réaliste à court terme, en cohérence avec les dynamiques décrites dans les documents.
Toutefois, les deux autres trajectoires — modernisation verte concertée et refondation
écologique inclusive — méritent d’être pensées comme des futurs désirables ou alternatifs,
susceptibles d’émerger en cas de basculement normatif, d’alliance inédite ou de crise
systémique majeure.

13
CONCLUSION
D'ici 2035, la gouvernance climatique mondiale sera à un tournant, divisée entre des inerties
structurelles et des forces de changement. L'étude prospective réalisée dans cette recherche a mis
en évidence les variables systémiques qui influenceront cette évolution géopolitiques, économiques,
technologiques et normatives tout en dévoilant les éléments de continuité (inégalités persistantes,
tensions Nord-Sud, inertie institutionnelle) et les ruptures nouvelles (ascension de la Chine,
réorganisation des coalitions, augmentation des financements privés, radicalisation des
revendications sociétales). Ces changements s'inscrivent dans un monde multipolaire en
développement, où la gouvernance climatique émerge comme un champ de bataille normatif, un
outil de soft power et un indicateur des dynamiques de pouvoir globales. La diversité des
perspectives sur le développement (technocratique, souverainiste, solidaire, écoféministe…) entraîne
une rivalité idéologique concernant les modèles de transition à choisir.

14

Vous aimerez peut-être aussi