ABA : Définitions[modifier | modifier le wikicode]
Caractéristiques de l'ABA :[modifier | modifier le wikicode]
Se focalise sur le comportement ;
Basée sur les principes comportementaux ;
Met l’accent sur l’environnement ;
Précise la description des procédures de modification du comportement ;
Procédures implémentées par le plus possible des personnes de l’entourage
de l’enfant ;
Mesure des changements de comportement ;
Minimise l’importance donnée aux événements passés comme cause des
comportements ;
Rejette les causes hypothétiques sous-jacentes à l’autisme.
L'ABA ce n'est pas :[modifier | modifier le wikicode]
Que pour les autistes ;
Que pour les jeunes enfants ;
Que pour les problèmes de comportement ;
Se transformer en distributeur de nourriture ;
Travailler au bureau en répétant "regarde moi" ;
Du dressage ;
Du travail intensif assis à un bureau ;
Une baguette magique ;
Une approche exclusive des autres.
ABA : Définitions[modifier | modifier le wikicode]
L’ABA parle beaucoup des comportements[modifier | modifier le wikicode]
L’activité des organismes vivants ;
Les comportements humains sont ce que les gens font, y compris la façon
dont ils se déplacent, ce qu’ils disent, pensent et ressentent (Cooper, Heron,
Heward, 2007) ;
Est-ce un comportement ? The Dead Man Test !
Les comportements ont un impact sur l’environnement physique ou social
(ex : comportement verbal).
Est-ce que les exemples suivants constituent des comportements
observables ou des interprétations ?[modifier | modifier le wikicode]
Paul se frappe la tête au moment du dessert ;
Jeanne déteste quand sa maman prend un autre chemin que d’habitude ;
Juliette ne comprend pas les exercices de mathématiques ;
Antoine aime bien mettre des perles sur un fil ;
Anna tente de se lever en moyenne 8 fois lors du cours de mathématiques ;
Vera frappe ses camarades lors de la récréation.
Définition[modifier | modifier le wikicode]
Pour enseigner, modifier, diminuer un comportement, il faut les définir
correctement ;
Correctement ?
observable (on peut le voir) ;
mesurable (on peut le comptabiliser) ;
à spécifique (on peut fermer les yeux et l’imaginer).
La définition d’un comportements n’intègre pas d’interprétation ;
Si notre définition est vague ou peu précise, notre intervention à une forte
probabilité d’être vouée à l’échec (collecte de données / renforcement de
différents comportements etc.) ;
Pour trouver une bonne définition : Cela peut aider de commencer par noter
des exemples spécifiques du comportement
Exercice : Donner une définition comportementale de "la politesse dans
un magasin".
Quelques principes comportementaux :[modifier | modifier le
wikicode]
Loi de l’effet[modifier | modifier le wikicode]
La présentation d’une conséquence contingente à l’apparition d’un
comportement, augmente ou diminue la probabilité d’apparition du
comportement ;
C’est le principe de renforcement / sanction.
Loi du matching[modifier | modifier le wikicode]
Elle décrit la distribution des comportements lorsque différents programmes
de renforcement sont en place ;
Le taux relatif de réponses correspond au taux relatif de renforcement de
chaque programme ;
Pour simplifier … devant plusieurs choix, je vais choisir celui qui est le plus
simple et/ou le plus renforcé
Exemple : Où vais-je manger ce midi ? Vais-je dire « ga » à maman pour
obtenir un gâteau ou la tirer par la manche?
Terminologie[modifier | modifier le wikicode]
L’antécédent (A) est aussi appelé SD = stimulus discriminatif ;
On dit que l’antécédent évoque l’apparition du comportement ;
Par opposition aux comportements « réflexes » où l’antécédent provoque
l’apparition du comportement.
Antécédent (SD) Comportement Conséquence
B C
A
Se diriger vers le
Entendre le téléphone
téléphone
Entendre la voix d’un ami
sonner
– répondre
Sensation interne (faim) Aller vers le réfrigérateur Réduction de la faim
Voir un camarade
obtenir
Crier Obtenir de l’attention
des félicitations
Avoir mal à la tête Prendre un médicament Réduction du mal de tête
Voir le puzzle terminé,
Educateur demande :
avec
Faire le puzzle
« fais le puzzle »
ses personnages favoris
Educateur demande :
Jeter le matériel Obtenir l’arrêt de l’activité
« fais le puzzle »
Le modèle ABC est une simplification de la réalité qui nous permet d’aborder
la très grande majorité des comportements ;
Il a évolué depuis une vingtaine d’années vers un modèle incorporant une
nouvelle variable, la “motivation” :
M(ABC)
Dans le modèle M(ABC), la variable "motivation" est un événement, un état
interne, mais observable extérieurement grâce à deux critères :
Modification de la valeur renforçante d’un stimulus ;
Modification du taux d’apparition des comportements liés à l’obtention de ce
renforçateur.
Antécédent
Evénements Comportement Conséquence
(SD)
B C
motivationnels - M A
Avoir déjà passé 45
min au téléphone
Entendre Se diriger vers le
OU Entendre la voix
le téléphone téléphone et
d’un ami
Attendre l’arrivée d’un sonner répondre
ami à l’aéroport
Avoir précédemment
obtenu des Voir un
félicitations camarade
obtenir Obtenir de
OU Crier
l’attention
des
Ne pas en avoir eu félicitations
depuis 1 heure
Avoir un puzzle
représentant
son personnage favori Éducateur Voir le puzzle
OU demande : terminé, avec ses
Faire le puzzle
« fais le personnages
Avoir un puzzle» favoris
puzzle représentant un
paysage
Les comportements ont une fonction :[modifier | modifier le
wikicode]
Obtenir de l'attention ;
Obtenir quelque chose de concret - tangible ;
Echapper à quelque chose ;
Auto-stimulation
Des comportements différents peuvent servir à la même chose ;
Un même comportement peut servir à plusieurs choses (avoir plusieurs
fonctions).
ABA et autisme[modifier | modifier le wikicode]
Complexe de donner des pistes pour toutes les personnes avec autisme ;
Quelques pistes générales peuvent être identifiées ;
Tirées en partie des classifications DSM et CIM.
Déficits dans la communication sociale et les interactions
sociales[modifier | modifier le wikicode]
Manque d’intérêt pour les contacts sociaux ;
Contacts sociaux vécus comme aversifs ;
Difficultés à traiter les stimuli sociaux
Difficultés à comprendre et s’adapter aux contextes sociaux.
Comportements, intérêts restreints[modifier | modifier le wikicode]
Utilisation du corps ;
Utilisation d’objets ;
Intérêts pour certains thèmes ;
Faut-il les réduire ? Les supprimer ? Les contrôler ?
Enseigner à la personne à les contrôler.
Sur-généralisation ;
Sur-sélectivité ;
Difficulté à traiter les informations verbales ;
Facilité dans le traitement des informations visuelles ;
Imitation
Jeu en autonomie / “faire semblant” ;
Contact oculaire.
ABA et ABA-VB
Je ne pensais pas faire une page sur l'ABA, MAIS...
Ce qui me pousse à le faire c'est que je suis convaincue que c'est une
méthode qui devrait profiter à beaucoup plus d'enfants. Aujourd'hui elle
fait sa place progressivement auprès des enfants autistes en France, et
ce grâce à l'intervention de familles et d'associations hyper motivées.
Des structures se créent, des écoles ouvrent, deux formations sont
disponibles (Lille et Toulouse).
Mais, nous sommes plusieurs à penser qu'elle pourrait grandement
aider des enfants pluri ou polyhandicapés, ainsi que les enfants qui ont
une déficience intellectuelle ou un retard mental. Les parents de ces
enfants qui testent ABA sont en général bluffés par les progrès (même
si bien évidemment ils sont variables d'un enfant à un autre, je ne parle
pas ici d'une méthode miracle hin!)
Finalement les principes d'ABA seraient très profitable à une population
assez large, y compris aux enfants dits "normaux" et plus
particulièrement à ces derniers qui seraient en difficulté pour diverses
raisons.
L'ABA - ABA-VB
Mon premier article sur l'ABA
Titouan d'un monde à l'autre
Le pairing
L'ABA - ABA-VB
Article d'origine ici
Très souvent on me demande d'expliquer précisément ce que je fais.
On me demande régulièrement aussi "quelle est la différence entre l'ABA et
l'ABA-VB".
Pour ma part je pratique plutôt la partie VB de l'ABA.
Pour rappel, l'ABA veut dire : Applied Behaviour Analysis qui peut se traduire
par "analyse appliquée du comportement". Le VB c'est Verbal Behaviour, qui
se traduit par "comportement verbal". Le VB est une branche de l'ABA, qui
insiste sur le comportement verbal, pas seulement dans l'idée de "faire
parler", mais de permettre de communiquer. En général on essaye d'insister
sur les signes de la LSF + parole, mais avec certains enfants on utilise
aussi les pictos (PECS) ou pourquoi pas le MAKATON.
J'ai voulu parler du VB suite à une discution sur le site des
MagicMamans : ICI. Magalie, la maman d'Alexandre a donné ce lien (et j'ai
expliqué rapidement ce que je faisais, en donnant des exemples). J'ai
beaucoup aimé les explications du site ABA Aprendre Autrement Isère,
précises et claires, expliquant très bien mon "travail". Ce texte a été écrit par
une maman qui a un enfant autiste, elle tenait un blog sur lequel elle
raconte pas mal de choses dans lesquelles je reconnais l'enfant avec qui je
travaille. Cette maman m'a contacté, elle est vraiment sympa, je lui ai
demandé l'autorisation d'utiliser ce texte et je vous le copie donc ici :
(je vous accorde que c'est LONG, mais je suis sure que certain(e)s seront intéressé(e)s. Si
vous êtes interessés surtout par le VB vous pouvez descendre un peu )
Ce qu'elle a écrit sur l'ABA :
ABA - La science du comportement :
L’ABA (Applied Behavior Analysis) ou analyse appliquée des comportements
se fonde sur la réduction des comportements inappropriés, l’augmentation de
la communication, des apprentissages et de comportements sociaux
appropriés. La personne doit constater que suivre les instructions, avoir un
comportement approprié sera plus bénéfique pour elle que de fuir
l'enseignement ou avoir un comportement inapproprié.
Un comportement est une action : cela peut être par exemple rire, taper sur
un clavier d'ordinateur, dire bonjour, boire, demander un biscuit, imiter un son,
froncer les sourcils, penser, crier, lire un texte sur un écran d'ordinateur
etc....L'immense majorité des comportements que nous avons sont appris, les
autres sont des comportements réflexes (comme cligner des yeux sous une
lumière puissante par exemple, frissonner quand il fait froid...)
♦ Pourquoi modifier, ou apprendre un comportement ?
Un enfant avec autisme n'a pas appris les comportements appropriés
car sa perception du monde est différente de la notre, et il peut
adopter des comportements qui sont inadaptés en société.
L'analyse d'un comportement permet de modifier un comportement en
analysant :
• les conditions, ou le contexte dans lesquelles ce comportement apparaît : ce
sont les antécédents à ce comportement, ce qui le précède
• ce qu'il se passe juste après : ce sont les conséquences du comportement.
L'analyse appliquée du comportement démontre que si on change les
antécédents et/ou les conséquences d'un comportement adopté, on change le
comportement en question.
→ Prenons l'exemple d'un enfant et sa mère à la caisse d'un supermarché.
L'enfant voit des bonbons et a l'habitude de les réclamer en criant "je veux les
bonbons !". En réaction à ce comportement, la maman a le choix :
◊ D'acheter le paquet de bonbons. Dans ce cas il y a de fortes chances que la
prochaine fois il les réclame à nouveau, et de la même manière ! Son comportement
sera renforcé.
◊ De ne donner aucune attention à son comportement, et de faire pareil pour les
autres fois si ce comportement se reproduit : dans ce cas, il augmentera en intensité
la fois suivante, puis l'enfant abandonnera, ayant finalement compris qu'adopter ce
genre de comportement ne lui donnera pas accès au paquet de bonbon.
◊ Dans le premier choix, l'enfant continuera son comportement dans d'autres
situations similaires : la maman renforce ce comportement.
◊ Dans le deuxième choix, la maman décide de faire échouer ce comportement, en
ne lui prêtant aucune attention : ce comportement perd sa fonction d'être, sa valeur.
Finalement il disparaît. La maman a mis ce comportement "en extinction" , un peu
comme si on étouffait un feu en le privant d'oxygène.
Dans cet exemple on se rend compte que la maman a deux choix de
comportement, dans une situation donnée, et que le comportement futur de
l'enfant sera différent selon le choix de la maman.
Cela est vrai pour tout être vivant : une personne, dans une situation donnée,
a toujours le choix entre plusieurs comportements différents : ce choix dépend
de ses conséquences et de l'environnement dans lequel vit la personne.
Par exemple une personne qui n'a pas d'argent choisira de se lever le matin
pour faire un travail qu'elle n'aime pas, simplement parce qu'ainsi elle aura de
l'argent, qui lui permettra de payer son logement. Si cette même personne
gagne d'un coup beaucoup d'argent, elle choisira de ne plus se lever le matin
pour aller faire ce travail. Les conséquences conditionnent sa manière de se
comporter, donc son comportement.
Un enfant autiste, dans une situation donnée, a toujours le choix entre
différents comportements: notre rôle est de lui apprendre à choisir le bon
comportement, celui qui est adapté, qui lui permettra d'apprendre. Par
exemple un enfant a toujours le choix d'obéir ou non à une instruction: notre
"travail" est qu'il choisisse d'obéir. Cela peut être tout simplement par des
félicitations, on le félicite pour son bon choix. Un enfant qui choisit dans un
parc de jouer au toboggan plutôt que de hurler a besoin aussi d'être félicité
pour son bon choix.
Ce qu'elle a écrit sur le VB :
Qu’est-ce que le comportement verbal ( Verbal
Behavior - VB )?
Dire (ou signer) un mot, c'est un comportement : Ce comportement
dépend des conditions ("antécédents") dans lesquelles il se produit, et de ce
qui se passe pour l'enfant après avoir dit ce mot ("conséquences"). En
analysant les conditions et les conséquences, on peut mettre en place
quelque chose qui permettra d'augmenter ce comportement, si on le souhaite
bien sûr.
Un comportement verbal est tout comportement renforcé spécifiquement par
une autre personne : ce comportement engage au moins deux
personnes : cela concerne toute forme de communication car il y a un
échange entre deux individus.
Par exemple, dire ou signer « biscuit » à une personne qui a des biscuits,
c'est un comportement verbal, car il engage deux personnes. Un enfant qui dit
« biscuit » alors qu'il est tout seul n'est pas un comportement verbal. Un
enfant qui bouscule un autre enfant pour prendre sa place sur un banc peut
être considéré comme un comportement verbal, car il engage deux
personnes. Bien sûr ce n'est pas un comportement verbal très adapté !
Le comportement verbal est un programme de traitement intensif qui
s’attaque à développer la communication aussi rapidement que possible en
utilisant un enseignement dans l’environnement naturel (NET : Natural
Environment Teaching) rapidement couplé à un enseignement structuré direct
et intensif.
L'enseignement dans le milieu naturel de l'enfant est très largement
majoritaire (en temps) dans ce programme : il se fait en suivant les
intérêts, motivations de l'enfant. Dans ces conditions, ce que l'enfant
apprend a du sens pour lui, car ces apprentissages sont directement
reliés à ses motivations. C'est dans l'environnement naturel qu'un bébé
apprend, et se développe : il en est de même pour une personne autiste.
Le comportement verbal ( VB ) et les mots :
Si j'écris le mot «pirog» (mot russe) : vous pourriez commenter ce mot : c'est
un joli mot, de deux syllabes, il est composé des voyelles i,o et des
consonnes p,r,g etc...: ce que vous feriez alors est décrire la forme du mot.
Mais en réalité, la question que vous vous poseriez, c'est « comment utiliser
ce mot, à quoi sert-il ? » Dans ce cas là, vous vous posez des questions
sur la fonction de ce mot.
Je donne la traduction : ce mot signifie "gâteau". Si vous allez en Russie un
jour, vous saurez "exploiter" ce mot, vous en servir dans toute situation. Pour
un enfant avec autisme, ce n'est pas le cas: un autiste ne saura pas
forcément se servir de cette information que j'ai donnée.
Pourquoi? En réalité un même mot a plusieurs fonctions : son utilisation
dépend du contexte dans lequel on dit le mot, et de ce qui se passe juste
après l'avoir dit.
→ Un exemple de ce mot utilisé de trois manières différentes :
◊ Un enfant montre à sa maman un gâteau dans une boulangerie en disant "gâteau",
parce ce qu'il a faim : dans ce cas il dit cela pour l'avoir ! La maman lui achète le
gâteau. C'est dans ce cas une demande.
◊ Ce même enfant peut dire à sa maman "gâteau" en le voyant, parce qu'il en a
mangé à midi, et il signale à sa mère qu'il reconnait ce qu'il a mangé: dans ce cas il
ne veut pas spécialement le gâteau, il nomme simplement le gâteau. Sa mère est
contente qu'il sache nommer le gâteau et le félicite, l'enfant est content et
recommencera probablement à nommer autre chose.
◊ La maman dit à l'enfant : "quel est ton dessert préféré ?". L'enfant répond "le
gâteau". La maman répond alors "moi aussi". Dans cette situation, la maman engage
la conversation, l'enfant lui répond. Ce qu'il dit dépend des mots de la maman. Le
mot "gâteau" est l'objet d'une conversation, et il n'est pas présent matériellement.
Dans cet exemple, le mot "gâteau" a trois fonctions. Il sert dans trois
contextes différents, et à chaque fois la conséquence de dire "gâteau" est
différente.
• Mais..... à quoi ça sert de faire ça ??!!
Un enfant autiste en début de programme" VB" peut très bien savoir
reconnaitre un gâteau parmi un ensemble d'aliments, il est peut être capable
de répéter le mot « gâteau » sur demande, mais il y a de très fortes chances
qu'il ne soit pas capable de le nommer si on lui désigne un gâteau en disant
"qu'est ce que c'est ?". Il est probablement incapable de demander un gâteau
quand il en veut un. Il est surement incapable de dire que le gâteau est son
dessert favori si une personne lui demande de nommer son dessert favori!
Nous, neurotypiques, avons naturellement cette capacité à utiliser un mot à
travers toutes ses fonctions, mais pas un enfant autiste. Il faut donc lui
apprendre. Le seul moyen pour améliorer la conversation et la communication
d'un enfant autiste est de l'entraîner à utiliser un même mot au travers de ses
différentes fonctions.
On se rend compte que de ne pas pouvoir généraliser un mot diminue très
fortement la communication et la conversation. Un enfant incapable de
communiquer et de converser va probablement s'isoler.
Inversement, si on apprend à un enfant autiste comment utiliser les mots au
maximum, il s'engagera plus facilement avec d'autres personnes, il sera plus
sociable, sera encouragé par le fait qu'il peut être compris, qu'il peut participer
à des conversations, cela l'amènera à "aller vers nous". Il trouvera moins de
plaisir à rester seul.
Un programme VB s'attaque en premier à la seule fonction pour laquelle la
conséquence n'est pas sociale, c'est fonction de demander un objet : la
conséquence est la raison même pour laquelle l'enfant fait la demande: c'est
l'obtention de l'objet. Et c'est sur cette fonction que le VB travaille en premier
avec un enfant en début de prise en charge. Bien sur cela nécessite une
haute motivation de l'enfant pour avoir un objet qu'une autre personne détient.
D'où le prochain paragraphe.
Le comportement verbal ( VB ) et la motivation :
Pour un enfant ordinaire, la motivation à apprendre est par exemple l'envie de
grandir, d'imiter les autres, cette motivation est naturellement présente.
Pour un enfant avec autisme qui n'a pas encore eu de prise en charge
spécifique, cette motivation n 'est pas présente, il n'y a pas de « moteur
social ».
La singularité du VB est d’utiliser la motivation naturelle de l’enfant pour s’en
servir afin de faciliter les apprentissages ; et, lorsque cette motivation n’est
pas présente pour enseigner une compétence, il faut la susciter, la provoquer
avant d’entreprendre l'enseignement en question. Le principe posé est que la
motivation est le meilleur moteur des apprentissages chez l’individu.
Les enfants atteints d'autisme ou de troubles affiliés sont motivés. Dans de
nombreux cas leur motivation est plus élevée que celle chez les enfants qui
ont un développement typique. Cependant leur motivation se manifeste
souvent différemment. On ne peut pas dire qu'un enfant autiste n'est pas
motivé et ne peut pas suivre les instructions données, alors que ce même
enfant est capable de grimper sur le placard le plus élevé pour avoir la
nourriture qui lui a été refusée, ou réussir à trouver le DVD qui lui a été
confisqué, trouver le lecteur DVD, le brancher et regarder le DVD en secret.
Pour provoquer cette motivation, il faut manipuler l'environnement de l'enfant
(tout ce qui entoure l'enfant, objets et personnes) : par exemple si on veut
enseigner à l'enfant la compétence de demander à ses parents son jouet
favori, on ne doit pas mettre le jouet en accès libre : on peut le cacher un
temps, puis le placer ensuite dans un endroit visible par lui mais auquel il ne
peut accéder. La valeur du jouet sera plus forte à ses yeux car il ne l'a pas vu
depuis un moment, et il sera hautement motivé pour l'obtenir : il devra alors
passer par un adulte pour l'avoir -puisqu'il ne peut pas l'attraper seul- soit en
disant « je veux le jouet », soit en signant ou en échangeant une image
représentant le jouet, selon son niveau de communication.
La valeur d'un objet pour une personne dépend de la situation, des conditions
dans lesquelles se trouve cette personne. La « valeur » d'une pizza sera plus
grande pour une personne qui est à jeun que pour cette même personne si
elle vient de manger trois parts de pizzas.
Objectifs d'un bon programme VB :
Le but d'un bon programme VB est d'identifier les motivations de votre enfant
lorsque elles surviennent naturellement, et de les utiliser comme des outils
pour l'aider dans son apprentissage. En faisant cela, nous pouvons ajouter de
nouveaux objets appréciés qui sont plus appropriés tout en diminuant la
valeur renforçante d'activités moins adaptées, comme par exemple ouvrir et
fermer une porte pendant des heures.
Pour comprendre cela on peut imaginer une balance à plateaux : le plateau
gauche symbolise les comportements adaptés, l'apprentissage avec les
autres, et le plateau droit symbolise les activités inadaptées, comme
l'autostimulation. Tous les poids sont au début sur le plateau droit. Si on
prend des poids du plateau droit et qu'on les met sur l'autre, alors la tendance
s'inversera naturellement.
Si vous donnez constamment à votre enfant la motivation pour acquérir une
nouvelle compétence et qu'il constate que lorsqu’il réussit il est félicité et qu'il
ressent du plaisir, alors votre enfant aura une motivation accrue pour
accomplir cette compétence à nouveau et cela l’encouragera à refaire
d’autres expériences.
NB : Dans un programme VB, on enseigne de manière à ce que l'enfant soit
toujours en position de réussite, justement pour maintenir sa motivation à
apprendre.
Si vous appliquez ces deux principes de renforcement (ABA) et de motivation
(singularité du VB) à chaque compétence que vous voulez faire acquérir à
votre enfant, il commencera alors à apprendre tout ce que vous voulez lui
enseigner .
Conclusion :
Un bon programme ABA/VB utilise les principes de motivation pour pousser
l'élève à acquérir de nouvelles compétences plus difficiles à accomplir tout en
se servant du renforcement pour accroître la motivation future et atténuer la
difficulté de la compétence. Votre enfant deviendra plus facile à motiver et les
compétences futures seront plus faciles à acquérir. Nos enfants peuvent
choisir la solitude parce qu'ils ne comprennent pas la nature imprévisible des
autres et qu'il leur manque les outils pour interagir avec succès dans des
situations qui échappent à leur contrôle. Nous pouvons utiliser les motivations
et le VB pour les équiper avec ces outils.
Mon premier article sur l'ABA
Article d'origine ici
Depuis que j'écris ici vous entendez parler d'ABA et d'ABA VB, mais qu'es ce
que c'est que ça?
Comme montré dans l'article précédent, pour l'instant en France, pour l'autisme et
les Troubles Envahissants du Développement (TED), on fait de la psychanalyse. Je
ne pense pas après l'article précédent qu'il soit nécéssaire que j'explique les dégats
de cette pratique, mais quelques rappels tout de même:
- En France avoir un diagnostique de TED relève du parcours du combatant. La
seule solution est souvent de se renseigner sur internet, et de trouver par ce moyen
l'aide de d'autres personnes qui se sont trouvés dans ce cas, ou l'aide d'une
association, qui dirigent alors les parents vers LE spécialiste qui accèpte de poser un
diagnostique.
Aujourd'hui, par peur des mots ou je ne sais pas trop de quoi, les enfants sont
souvent diagnostiqués "psychose infantile", "troubles de la séparation", ou encore et
c'est là le meilleurs: "dysharmonie développementale"...
- après ces diagnostiques bancaux, l'enfant est dirigé vers un psy qui va tenter de
le dépsychoser tout en culpabilisant les parents. Désolée si des psy passent par là,
désolée de jeter la pierre. Je sais qu'il y a des exceptions...
- lorsque j'étais en deuxième année de fac un de mes profs (pourtant génial et
très performant par ailleurs) nous a enseigné que l'autisme c'était la faute de la
maman.
Tout ça à cause de vieilles théories psychanalytiques, qui ont déjà été oubliées dans
bien des pays....
- J'abrège et je m'arrête là car on pourrait en écrire une tartine.
Pour aider les enfants TED, dans bien d'autres pays, la première chose qui
est mise en place c'est l'ABA (ainsi que PECS et TEACCH, mais on verra ça
plus tard).
L'efficacité de ces méthodes n'est plus à démontrer, vous trouver des tonnes
d'études sur le sujet en fouillant un peu.
Donc, revenons-en à nos moutons, l'ABA c'est quoi?
C'est Applied Behaviour Analysis, qui se traduit en Français par Analyse Appliquée
du Comportement.
Pour vous expliquer au mieux ce que c'est, j'ai décidé de ne pas écrire un
gros baratin mais d'emprunter un texte d'ABA France, que vous pourrez donc
retrouver sur leur site: [Link]
"Il s’agit d’une approche scientifique initiée par les travaux de Skinner dans
les années 1930. Selon lui, la psychologie doit être l’étude et l’analyse du
comportement. Ses travaux s’inspirent d’une loi démontrée par Thorndike : la
loi de l’effet. Selon cette loi, un comportement suivi de conséquences
agréables (stimulus appétitifs) sera reproduit alors qu’un comportement suivi
de conséquences désagréables (stimulus aversifs) ou n’ayant pas de
conséquences dans l’environnement ne réapparaîtra pas. L’environnement a
ainsi une place centrale dans l’émission des comportements, qui ne peuvent
être expliqués par des concepts tels que l’intelligence, la volonté, la
motivation... Il nous faut donc agir directement sur l’environnement si nous
voulons modifier les comportements.
Qu’est ce que l’ABA ?
L’ABA a pour objectif la modification du comportement par la manipulation
de l’environnement. Elle définit un ensemble de procédures qui permettent,
notamment, à un enfant d’apprendre des comportements qui l’amèneront à
une meilleure adaptation.
Cette approche est reconnue efficace à tous les âges de la vie et dans de très
nombreux domaines, aussi bien sur un plan préventif que curatif. Selon le
service des départements de santé américain :
« Trente années de recherches ont montré l'efficacité des méthodes de
l'analyse appliquée du comportement en réduisant les comportements
inappropriés et en augmentant la communication, les apprentissages et les
comportements sociaux adaptés » (traduit de Mental health : a report of the
surgeon general, chapter 3 - section 6, 1999).
Son champ d’action recouvre des secteurs aussi variés que : l’éducation, les
troubles du développement, la psychiatrie, les milieux professionnels, les
troubles du comportement, la prévention routière, les addictions, l’autisme,
l’hyperactivité, les phobies, le handicap, la dépression, la violence, la
gériatrie, le domaine sécuritaire, l’aide à la parentalité, la déficience mentale,
les troubles obsessionnels compulsifs, la communication, etc.
Ce que l’ABA n’est pas…
Elle ne se base pas sur l’idée de « la carotte ou le bâton »
Elle ne déshumanise pas les personnes qu’elle prend en charge
Elle n’est pas synonyme de dressage
Ce n’est pas magique
Elle ne se limite pas au travail au bureau
Elle ne se limite pas à des environnements structurés
Bien sûr la structuration de l’environnement est parfois nécessaire au
déroulement d’une prise en charge comportementale mais ce n’est pas une
fin en soi. Progressivement, les comportements sont généralisés à des
situations naturelles, rencontrées dans la vie quotidienne de l’individu.
La plupart des critiques émanent de la méconnaissance des recherches en
analyse du comportement et de ses fondements théoriques.
Choix thérapeutique privilégié pour l’autisme et TED
Bien que l’analyse appliquée du comportement soit efficace dans de
nombreux domaines, pathologiques ou non, elle se révèle comme le
traitement de choix pour les personnes atteintes d’autisme ou présentant des
troubles envahissants du développement (TED). Des études ont en effet
montré qu’une récupération totale était possible sous certaines conditions.
Lovaas (1987) a mené une étude auprès de 38 enfants de 2 à 4 ans dont 19
avaient été diagnostiqués autistes. Les autres forment le groupe contrôle. Ces
enfants ont reçu le traitement comportemental (cf ci-dessous) à mesure de
40h par semaine pendant 3 ans. Les résultats montrent que 9 enfants (47%)
réussissent leur première année scolaire ordinaire et obtiennent un QI normal,
que 8 enfants (42%) réussissent leur première année dans une classe pour
troubles du langage et obtiennent un QI compris entre 59 et 95, soit de la
déficience légère à l’intelligence normale.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes…
Les recherches de Lovaas ont également abouti à la définition de ce que l’on
appelle le traitement comportemental.
Critères du traitement
1. Utiliser des procédures de renforcement positif pour permettre le
développement des comportements.
2. Evaluer les capacités et les déficits de l’enfant avant tout traitement. Les
objectifs, les méthodes d’apprentissage, les séquences d’apprentissage et les
renforçateurs sont adaptés aux caractéristiques et aux besoins de chaque
enfant.
3. Concerner tous les domaines du développement (langage, moteur, cognitif,
social, etc.). Aucun secteur de développement n’est mis de côté.
4. Utiliser l’observation directe et la mesure des performances individuelles
pour déterminer les progrès qui apparaissent et ajuster les programmes
d’apprentissage.
5. Prendre en compte les parents comme co-thérapeutes.
6. Etre dirigés et supervisés par des professionnels ayant un Master science
en analyse du comportement.
A noter : Nous attendons de la part du gouvernement français qu’il
reconnaisse le titre d’analyste du comportement, en créant une unité de
formation spécifique.
Pour une efficacité optimale, un traitement comportemental doit être appliqué
à raison de 40 heures par semaine auprès d’enfants de moins de 4 ans.
Cependant, une prise en charge comportementale portera également ses
fruits si elle est appliquée auprès de personnes plus âgées, ou de manière
moins intensive : les progrès seront néanmoins moins rapides"
Bon, je reprends la main pour modérer un peu les propos.
Peut-être que 40H par semaine c'est ce qui est optimal, en attendant, peu de
personnes ont réellement les moyens de faire cela car 1-on manque
cruellement de personnes pratiquant l'ABA, 2-pas ou peu de prise en charge
financière.
DONC, faire de l'ABA au quotidien n'implique pas forcément les 40H.
L'essentiel c'est d'en faire plusieurs heures, et surtout d'être conscient de
cette méthode, lorsque l'enfant a des comportements adaptés qu'on veut
renforcés, inadaptés qu'on veut éteindre ou encore des crises.
Selon Diane Fraser il faut toujours penser ABC: Antecedent Behaviour
Consequence
Autrement dit pour chaque comportement il faut analyser l'antécédent: qu'es
ce qui a déclenché ce comportement (qu'il soit positif ou négatif)
La nature du comportement
Quelle conséquence avons nous donné à ce comportement: ignoré, renforcé,
punition...Etc...
On peut analyser tous les comportements de cette manière, et pour les
modifier il faut agir sur une des trois partie: ABC.
Il faut proposer un comportement approprié en remplacement à tous les
comportements inappropriés.
Car si on ne fait que supprimer un comportement, on a beaucoup de risques
qu'il revienne rapidement.
Je voudrais dire aussi qu'il ne faut pas réserver les principes de l'ABA aux
enfants TED. Ça peut s'appliquer à plein de situations, y compris aux enfants
typiques et ça peut être d'un très grand secours aux parents qui ont du mal à
gérer certaines crises de colères de leurs enfants. De plus c'est une méthode
d'apprentissage intéressante. Qui certes présente ses limites, comme toutes
les autres méthodes.
Titouan d'un monde à l'autre
Article d'origine ici
Pourquoi j'en parle aujourd'hui?
- Parce que je me souviens que quand j'avais vu ces vidéos, ça m'avait donné
envie de faire de l'ABA.
- Parce que son parcours est impressionnant et que j'aimerais justement
parler de ce côté "impressionnant". Car, l'ABA c'est très bien, mais c'est pas
magique non plus. Titouan a un diagnostique d'autisme typique avec un degré
de sévérité "moyen". Ses progrès sont considérables, mais il reste autiste. De
plus, l'ABA ne fonctionne pas avec la même efficacité chez tous les enfants.
Car comme l'explique très bien Oliver Sacks, non seulement il n'existe pas
deux autistes semblables, mais, l'autisme interagit de façon très forte avec la
personnalité. Enfin l'efficacité de l'ABA est souvent impressionnante sur les
autistes sans déficience intellectuelle. Pour ceux qui ont une déficience
intellectuelle, les progrès sont là aussi, mais ils sont plus lents et moins
impressionnants. Si je dis ça ce n'est pas pour décourager les parents
d'enfants autistes avec DI, au contraire, mais c'est pour qu'ils réalisent
qu'aucune méthodes n'est magique.
- Parce que j'aime bien le passage où la maman dit: "on ne fait pas vraiment
de l'ABA, on prends des petites choses à droite à gauche, et on mélange tout
à la sauce comportementale" (citation libre car je ne me souviens pas de la
phrase exacte).
Et ça, je trouve que c'est très important. Je crois en l'ABA, c'est une chose.
Mais, je ne crois pas en "le tout ABA". C'est à dire que pour moi la
structuration de l'environnement et de l'espace/temps (type TEACCH entre
autre) est aussi importante que le reste du travail.
Enfin, dans le cas de Titouan, il est devenu verbal. Mais ses parents ont
accepté de passer par PECS au début, et de le tirer progressivement sur le
langage oral. (en France on a un problème avec les communications
alternatives. Beaucoup pensent qu'elles empêcheront l'enfant de parler, ce
qui est totalement stupide).
Conclusion, je vais vous mettre les vidéos dans la suite de l'article. Mon but
était d'évoquer l'importance de s'inspirer de plusieurs méthodes lorsqu'on
veut aider un enfant (ou une personne même adulte) TED. Il me parait
impensable qu'encore aujourd'hui on puisse faire du "tout psycho". Le
comportementalisme me semble très important, mais il ne faut pas tomber
non plus dans des excès et être trop focalisé. Il faut voir l'enfant dans son
ensemble, ne pas oublier par exemple de structurer son environnement, et ne
jamais oublier que c'est un enfant avant tout.
Comme j'ai toujours mon problème de transparence, si vous voulez vous
pouvez voir les vidéos à partir du site de Titouan dont j'ai mis le lien en haut
de mon article.
Le pairing
Article d'origine ici
Je parle souvent de pairing autour de moi car c'est quelque chose que je
considère comme essentiel avant de commencer un travail en ABA ou avec
une autre méthode avec un enfant autiste. Mais, je tiens à dire ici que je
pense que c'est intéressant de faire quelque chose de similaire avec
n'importe quel enfant, quelque soit son handicap, lorsqu'un intervenant va
être amené à le rencontrer régulièrement sur une période relativement
longue.
En ABA VB le pairing est essentiel
Comment le traduire en français? Je dirais « processus d'attachement ». Il
sert à construire la relation entre le thérapeute et l'enfant. Cette relation est
souvent très longue à construire en autisme. Pourtant, le fait prendre le temps
de le faire au départ permettra de faire des séances beaucoup plus efficaces
par la suite.
Le but est que l'enfant concerné ne se dise pas, en voyant arriver le
thérapeute: « oh non, le travail s'en vient ». Il faut que la relation soit
renforçante pour l'enfant, qu'il apprécie la personne avec laquelle il va
travailler pendant de nombreuses heures.
Lorsque le pairing est réussit, l'enfant voit arriver la personne et il se dit qu'il
va faire tout un tas de choses, plus ou moins plaisantes, mais au moins ça
sera avec une personne qu'il apprécie.
Le pairing n'est jamais totalement acquis, on peut le retravailler tout au long
des interventions.
En quoi cela consiste?
Avec des enfants très jeunes, il faut prendre du temps pour être avec eux, en
silence, en ne faisant que les imiter, ou faire des jeux qu'ils apprécient. Cela
peut/dois durer plusieurs séances. Lorsque l'enfant est en confiance il sera
peut-être en mesure de faire des demandes de façon beaucoup plus aisée à
l'intervenant.
Puis petit à petit le pairing doit s'approcher de l'interaction, on peut jouer avec
des bulles, qu'on fera chaque fois que l'enfant les demande. Sa demande
peut-être verbale, signée, mimée ou en picto, ou encore pointée suivant le
niveau ou l'âge de l'enfant. On ne s'attache pas à la forme de la demande
mais à sa fonction.
Lorsque l'enfant est plus grand, le pairing se fera par des activités qu'il
apprécie beaucoup, qui sont très renforçantes. Ça peut être du roller, du vélo,
du skate, de la piscine, des jeux sur l'ordinateur en faisant chacun son tour,
des jeux avec des ballons, de la cuisine etc... Le tout c'est que cela plaise
réellement à l'enfant.
Là encore, le but premier ne doit pas être un apprentissage mais bien la
construction de la relation.
Quels en sont les effets?
L'enfant est content lorsque l'intervenant arrive.
L'enfant est beaucoup plus présent lors des séances, il est plus disponible.
L'intervenant connait mieux l'enfant, donc il est plus apte à trouver des
renforçateurs adaptés. De plus l'intervenant sait comment ramener l'enfant à
son travail, il voit petit à petit les petits trucs qui fonctionnent pour l'aider à
sortir de sa rêverie.
L'enfant apprend progressivement à regarder l'intervenant, à avoir une
alternance du regard.
L'intervenant est associé à des choses plaisantes, il est donc renforçant pour
l'enfant. On pourrait aller jusqu'à dire que l'intervenant est un renforçateur. Ce
point est sûrement le principal. C'est pourquoi il faut que le pairing soit
continué à travers les séances. Chaque séance peut comporter une part de
pairing.
Je vois et je ressens tout ça lorsque j'interviens. Je pense que c'est quelque
chose de puissant. Le manque de pairing avec certains intervenant se sent
(l'AVS surtout).
Et, finalement, en dehors du processus d'attachement, pourquoi tout ça?
Parce que on oublie trop souvent que l'enfant autiste est un enfant! Tout
simplement! Parce que les autistes ont aussi besoin de jeux, parce que pour
eux aussi, travailler avec une personne qu'ils apprécient c'est plus fructueux!
(n'es-ce pas comme ça pour nous?!)
Pour conclure je dirais que bien entendu ça dépend beaucoup les enfants et
leur degré de handicap. Peut-être que pour certains le pairing se fait tout
seul?
Partager cette page
ABA et ABA VB
Très souvent on me demande d'expliquer précisément ce que je fais.
On me demande régulièrement aussi "quelle est la différence entre l'ABA et l'ABA-VB".
J'avais fait un article pour l'expliquer (un peu) l'ABA, ici.
Pour ma part je pratique plutôt la partie VB de l'ABA.
Pour rappel, l'ABA veut dire : Applied Behaviour Analysis qui peut se traduire par "analyse
appliquée du comportement". Le VB c'est Verbal Behaviour, qui se traduit par
"comportement verbal". Le VB est une branche de l'ABA, qui insiste sur le comportement
verbal, pas seulement dans l'idée de "faire parler", mais de permettre de communiquer. En
général on essaye d'insister sur les signes de la LSF + parole, mais avec certains enfants on
utilise aussi les pictos (PECS) ou pourquoi pas le MAKATON.
J'ai voulu parler du VB suite à une discution sur le site des MagicMamans : ICI. Magalie, la
maman d'Alexandre a donné ce lien (et j'ai expliqué rapidement ce que je faisais, en
donnant des exemples). J'ai beaucoup aimé les explications du site ABA Aprendre Autrement
Isère, précises et claires, expliquant très bien mon "travail". Ce texte a été écrit par une
maman qui a un enfant autiste, elle tenait un blog sur lequel elle raconte pas mal de choses
dans lesquelles je reconnais l'enfant avec qui je travaille. Cette maman m'a contacté, elle est
vraiment sympa, je lui ai demandé l'autorisation d'utiliser ce texte et je vous le copie donc ici
:
(je vous accorde que c'est LONG, mais je suis sure que certain(e)s seront intéressé(e)s. Si
vous êtes interessés surtout par le VB vous pouvez descendre un peu )
Ce qu'elle a écrit sur l'ABA :
ABA - La science du comportement :
L’ABA (Applied Behavior Analysis) ou analyse appliquée des comportements se fonde sur la
réduction des comportements inappropriés, l’augmentation de la communication, des
apprentissages et de comportements sociaux appropriés. La personne doit constater que
suivre les instructions, avoir un comportement approprié sera plus bénéfique pour elle que
de fuir l'enseignement ou avoir un comportement inapproprié.
Un comportement est une action : cela peut être par exemple rire, taper sur un clavier
d'ordinateur, dire bonjour, boire, demander un biscuit, imiter un son, froncer les sourcils,
penser, crier, lire un texte sur un écran d'ordinateur etc....L'immense majorité des
comportements que nous avons sont appris, les autres sont des comportements réflexes
(comme cligner des yeux sous une lumière puissante par exemple, frissonner quand il fait
froid...)
♦ Pourquoi modifier, ou apprendre un comportement ?
Un enfant avec autisme n'a pas appris les comportements appropriés car sa perception du
monde est différente de la notre, et il peut adopter des comportements qui sont inadaptés
en société.
L'analyse d'un comportement permet de modifier un comportement en analysant :
• les conditions, ou le contexte dans lesquelles ce comportement apparaît : ce sont les
antécédents à ce comportement, ce qui le précède
• ce qu'il se passe juste après : ce sont les conséquences du comportement.
L'analyse appliquée du comportement démontre que si on change les antécédents et/ou les
conséquences d'un comportement adopté, on change le comportement en question.
→ Prenons l'exemple d'un enfant et sa mère à la caisse d'un supermarché. L'enfant voit des
bonbons et a l'habitude de les réclamer en criant "je veux les bonbons !". En réaction à ce
comportement, la maman a le choix :
◊ D'acheter le paquet de bonbons. Dans ce cas il y a de fortes chances que la prochaine fois il
les réclame à nouveau, et de la même manière ! Son comportement sera renforcé.
◊ De ne donner aucune attention à son comportement, et de faire pareil pour les autres fois
si ce comportement se reproduit : dans ce cas, il augmentera en intensité la fois suivante,
puis l'enfant abandonnera, ayant finalement compris qu'adopter ce genre de comportement
ne lui donnera pas accès au paquet de bonbon.
◊ Dans le premier choix, l'enfant continuera son comportement dans d'autres situations
similaires : la maman renforce ce comportement.
◊ Dans le deuxième choix, la maman décide de faire échouer ce comportement, en ne lui
prêtant aucune attention : ce comportement perd sa fonction d'être, sa valeur. Finalement il
disparaît. La maman a mis ce comportement "en extinction" , un peu comme si on étouffait
un feu en le privant d'oxygène.
Dans cet exemple on se rend compte que la maman a deux choix de comportement, dans
une situation donnée, et que le comportement futur de l'enfant sera différent selon le choix
de la maman.
Cela est vrai pour tout être vivant : une personne, dans une situation donnée, a toujours le
choix entre plusieurs comportements différents : ce choix dépend de ses conséquences et de
l'environnement dans lequel vit la personne.
Par exemple une personne qui n'a pas d'argent choisira de se lever le matin pour faire un
travail qu'elle n'aime pas, simplement parce qu'ainsi elle aura de l'argent, qui lui permettra
de payer son logement. Si cette même personne gagne d'un coup beaucoup d'argent, elle
choisira de ne plus se lever le matin pour aller faire ce travail. Les conséquences
conditionnent sa manière de se comporter, donc son comportement.
Un enfant autiste, dans une situation donnée, a toujours le choix entre différents
comportements: notre rôle est de lui apprendre à choisir le bon comportement, celui qui est
adapté, qui lui permettra d'apprendre. Par exemple un enfant a toujours le choix d'obéir ou
non à une instruction: notre "travail" est qu'il choisisse d'obéir. Cela peut être tout
simplement par des félicitations, on le félicite pour son bon choix. Un enfant qui choisit dans
un parc de jouer au toboggan plutôt que de hurler a besoin aussi d'être félicité pour son bon
choix.
Ce qu'elle a écrit sur le VB :
Qu’est-ce que le comportement verbal ( Verbal Behavior - VB )?
Dire (ou signer) un mot, c'est un comportement : Ce comportement dépend des conditions
("antécédents") dans lesquelles il se produit, et de ce qui se passe pour l'enfant après avoir
dit ce mot ("conséquences"). En analysant les conditions et les conséquences, on peut
mettre en place quelque chose qui permettra d'augmenter ce comportement, si on le
souhaite bien sûr.
Un comportement verbal est tout comportement renforcé spécifiquement par une autre
personne : ce comportement engage au moins deux personnes : cela concerne toute forme
de communication car il y a un échange entre deux individus.
Par exemple, dire ou signer « biscuit » à une personne qui a des biscuits, c'est un
comportement verbal, car il engage deux personnes. Un enfant qui dit « biscuit » alors qu'il
est tout seul n'est pas un comportement verbal. Un enfant qui bouscule un autre enfant
pour prendre sa place sur un banc peut être considéré comme un comportement verbal, car
il engage deux personnes. Bien sûr ce n'est pas un comportement verbal très adapté !
Le comportement verbal est un programme de traitement intensif qui s’attaque à
développer la communication aussi rapidement que possible en utilisant un enseignement
dans l’environnement naturel (NET : Natural Environment Teaching) rapidement couplé à un
enseignement structuré direct et intensif.
L'enseignement dans le milieu naturel de l'enfant est très largement majoritaire (en temps)
dans ce programme : il se fait en suivant les intérêts, motivations de l'enfant. Dans ces
conditions, ce que l'enfant apprend a du sens pour lui, car ces apprentissages sont
directement reliés à ses motivations. C'est dans l'environnement naturel qu'un bébé
apprend, et se développe : il en est de même pour une personne autiste.
Le comportement verbal ( VB ) et les mots :
Si j'écris le mot «pirog» (mot russe) : vous pourriez commenter ce mot : c'est un joli mot, de
deux syllabes, il est composé des voyelles i,o et des consonnes p,r,g etc...: ce que vous feriez
alors est décrire la forme du mot. Mais en réalité, la question que vous vous poseriez, c'est «
comment utiliser ce mot, à quoi sert-il ? » Dans ce cas là, vous vous posez des questions sur
la fonction de ce mot.
Je donne la traduction : ce mot signifie "gâteau". Si vous allez en Russie un jour, vous saurez
"exploiter" ce mot, vous en servir dans toute situation. Pour un enfant avec autisme, ce n'est
pas le cas: un autiste ne saura pas forcément se servir de cette information que j'ai donnée.
Pourquoi? En réalité un même mot a plusieurs fonctions : son utilisation dépend du contexte
dans lequel on dit le mot, et de ce qui se passe juste après l'avoir dit.
→ Un exemple de ce mot utilisé de trois manières différentes :
◊ Un enfant montre à sa maman un gâteau dans une boulangerie en disant "gâteau", parce
ce qu'il a faim : dans ce cas il dit cela pour l'avoir ! La maman lui achète le gâteau. C'est dans
ce cas une demande.
◊ Ce même enfant peut dire à sa maman "gâteau" en le voyant, parce qu'il en a mangé à
midi, et il signale à sa mère qu'il reconnait ce qu'il a mangé: dans ce cas il ne veut pas
spécialement le gâteau, il nomme simplement le gâteau. Sa mère est contente qu'il sache
nommer le gâteau et le félicite, l'enfant est content et recommencera probablement à
nommer autre chose.
◊ La maman dit à l'enfant : "quel est ton dessert préféré ?". L'enfant répond "le gâteau". La
maman répond alors "moi aussi". Dans cette situation, la maman engage la conversation,
l'enfant lui répond. Ce qu'il dit dépend des mots de la maman. Le mot "gâteau" est l'objet
d'une conversation, et il n'est pas présent matériellement.
Dans cet exemple, le mot "gâteau" a trois fonctions. Il sert dans trois contextes différents, et
à chaque fois la conséquence de dire "gâteau" est différente.
• Mais..... à quoi ça sert de faire ça ??!!
Un enfant autiste en début de programme" VB" peut très bien savoir reconnaitre un gâteau
parmi un ensemble d'aliments, il est peut être capable de répéter le mot « gâteau » sur
demande, mais il y a de très fortes chances qu'il ne soit pas capable de le nommer si on lui
désigne un gâteau en disant "qu'est ce que c'est ?". Il est probablement incapable de
demander un gâteau quand il en veut un. Il est surement incapable de dire que le gâteau est
son dessert favori si une personne lui demande de nommer son dessert favori!
Nous, neurotypiques, avons naturellement cette capacité à utiliser un mot à travers toutes
ses fonctions, mais pas un enfant autiste. Il faut donc lui apprendre. Le seul moyen pour
améliorer la conversation et la communication d'un enfant autiste est de l'entraîner à utiliser
un même mot au travers de ses différentes fonctions.
On se rend compte que de ne pas pouvoir généraliser un mot diminue très fortement la
communication et la conversation. Un enfant incapable de communiquer et de converser va
probablement s'isoler.
Inversement, si on apprend à un enfant autiste comment utiliser les mots au maximum, il
s'engagera plus facilement avec d'autres personnes, il sera plus sociable, sera encouragé par
le fait qu'il peut être compris, qu'il peut participer à des conversations, cela l'amènera à
"aller vers nous". Il trouvera moins de plaisir à rester seul.
Un programme VB s'attaque en premier à la seule fonction pour laquelle la conséquence
n'est pas sociale, c'est fonction de demander un objet : la conséquence est la raison même
pour laquelle l'enfant fait la demande: c'est l'obtention de l'objet. Et c'est sur cette fonction
que le VB travaille en premier avec un enfant en début de prise en charge. Bien sur cela
nécessite une haute motivation de l'enfant pour avoir un objet qu'une autre personne
détient. D'où le prochain paragraphe.
Le comportement verbal ( VB ) et la motivation :
Pour un enfant ordinaire, la motivation à apprendre est par exemple l'envie de grandir,
d'imiter les autres, cette motivation est naturellement présente.
Pour un enfant avec autisme qui n'a pas encore eu de prise en charge spécifique, cette
motivation n 'est pas présente, il n'y a pas de « moteur social ».
La singularité du VB est d’utiliser la motivation naturelle de l’enfant pour s’en servir afin de
faciliter les apprentissages ; et, lorsque cette motivation n’est pas présente pour enseigner
une compétence, il faut la susciter, la provoquer avant d’entreprendre l'enseignement en
question. Le principe posé est que la motivation est le meilleur moteur des apprentissages
chez l’individu.
Les enfants atteints d'autisme ou de troubles affiliés sont motivés. Dans de nombreux cas
leur motivation est plus élevée que celle chez les enfants qui ont un développement typique.
Cependant leur motivation se manifeste souvent différemment. On ne peut pas dire qu'un
enfant autiste n'est pas motivé et ne peut pas suivre les instructions données, alors que ce
même enfant est capable de grimper sur le placard le plus élevé pour avoir la nourriture qui
lui a été refusée, ou réussir à trouver le DVD qui lui a été confisqué, trouver le lecteur DVD,
le brancher et regarder le DVD en secret.
Pour provoquer cette motivation, il faut manipuler l'environnement de l'enfant (tout ce qui
entoure l'enfant, objets et personnes) : par exemple si on veut enseigner à l'enfant la
compétence de demander à ses parents son jouet favori, on ne doit pas mettre le jouet en
accès libre : on peut le cacher un temps, puis le placer ensuite dans un endroit visible par lui
mais auquel il ne peut accéder. La valeur du jouet sera plus forte à ses yeux car il ne l'a pas
vu depuis un moment, et il sera hautement motivé pour l'obtenir : il devra alors passer par
un adulte pour l'avoir -puisqu'il ne peut pas l'attraper seul- soit en disant « je veux le jouet »,
soit en signant ou en échangeant une image représentant le jouet, selon son niveau de
communication.
La valeur d'un objet pour une personne dépend de la situation, des conditions dans
lesquelles se trouve cette personne. La « valeur » d'une pizza sera plus grande pour une
personne qui est à jeun que pour cette même personne si elle vient de manger trois parts de
pizzas.
Objectifs d'un bon programme VB :
Le but d'un bon programme VB est d'identifier les motivations de votre enfant lorsque elles
surviennent naturellement, et de les utiliser comme des outils pour l'aider dans son
apprentissage. En faisant cela, nous pouvons ajouter de nouveaux objets appréciés qui sont
plus appropriés tout en diminuant la valeur renforçante d'activités moins adaptées, comme
par exemple ouvrir et fermer une porte pendant des heures.
Pour comprendre cela on peut imaginer une balance à plateaux : le plateau gauche
symbolise les comportements adaptés, l'apprentissage avec les autres, et le plateau droit
symbolise les activités inadaptées, comme l'autostimulation. Tous les poids sont au début
sur le plateau droit. Si on prend des poids du plateau droit et qu'on les met sur l'autre, alors
la tendance s'inversera naturellement.
Si vous donnez constamment à votre enfant la motivation pour acquérir une nouvelle
compétence et qu'il constate que lorsqu’il réussit il est félicité et qu'il ressent du plaisir, alors
votre enfant aura une motivation accrue pour accomplir cette compétence à nouveau et cela
l’encouragera à refaire d’autres expériences.
NB : Dans un programme VB, on enseigne de manière à ce que l'enfant soit toujours en
position de réussite, justement pour maintenir sa motivation à apprendre.
Si vous appliquez ces deux principes de renforcement (ABA) et de motivation (singularité du
VB) à chaque compétence que vous voulez faire acquérir à votre enfant, il commencera alors
à apprendre tout ce que vous voulez lui enseigner .
Conclusion :
Un bon programme ABA/VB utilise les principes de motivation pour pousser l'élève à
acquérir de nouvelles compétences plus difficiles à accomplir tout en se servant du
renforcement pour accroître la motivation future et atténuer la difficulté de la compétence.
Votre enfant deviendra plus facile à motiver et les compétences futures seront plus faciles à
acquérir. Nos enfants peuvent choisir la solitude parce qu'ils ne comprennent pas la nature
imprévisible des autres et qu'il leur manque les outils pour interagir avec succès dans des
situations qui échappent à leur contrôle. Nous pouvons utiliser les motivations et le VB pour
les équiper avec ces outils.
décembre 2009
Le pairing et l'enfant autiste
Je parle souvent de pairing autour de moi car c'est quelque chose que je considère comme
essentiel avant de commencer un travail en ABA ou avec une autre méthode avec un enfant
autiste. Mais, je tiens à dire ici que je pense que c'est intéressant de faire quelque chose de
similaire avec n'importe quel enfant, quelque soit son handicap, lorsqu'un intervenant va
être amené à le rencontrer régulièrement sur une période relativement longue.
En ABA VB le pairing est essentiel
Comment le traduire en français? Je dirais « processus d'attachement ». Il sert à construire la
relation entre le thérapeute et l'enfant. Cette relation est souvent très longue à construire
en autisme. Pourtant, le fait prendre le temps de le faire au départ permettra de faire des
séances beaucoup plus efficaces par la suite.
Le but est que l'enfant concerné ne se dise pas, en voyant arriver le thérapeute: « oh non, le
travail s'en vient ». Il faut que la relation soit renforçante pour l'enfant, qu'il apprécie la
personne avec laquelle il va travailler pendant de nombreuses heures.
Lorsque le pairing est réussit, l'enfant voit arriver la personne et il se dit qu'il va faire tout un
tas de choses, plus ou moins plaisantes, mais au moins ça sera avec une personne qu'il
apprécie.
Le pairing n'est jamais totalement acquis, on peut le retravailler tout au long des
interventions.
En quoi cela consiste?
Avec des enfants très jeunes, il faut prendre du temps pour être avec eux, en silence, en ne
faisant que les imiter, ou faire des jeux qu'ils apprécient. Cela peut/dois durer plusieurs
séances. Lorsque l'enfant est en confiance il sera peut-être en mesure de faire des
demandes de façon beaucoup plus aisée à l'intervenant.
Puis petit à petit le pairing doit s'approcher de l'interaction, on peut jouer avec des bulles,
qu'on fera chaque fois que l'enfant les demande. Sa demande peut-être verbale, signée,
mimée ou en picto, ou encore pointée suivant le niveau ou l'âge de l'enfant. On ne s'attache
pas à la forme de la demande mais à sa fonction.
Lorsque l'enfant est plus grand, le pairing se fera par des activités qu'il apprécie beaucoup,
qui sont très renforçantes. Ça peut être du roller, du vélo, du skate, de la piscine, des jeux
sur l'ordinateur en faisant chacun son tour, des jeux avec des ballons, de la cuisine etc... Le
tout c'est que cela plaise réellement à l'enfant.
Là encore, le but premier ne doit pas être un apprentissage mais bien la construction de la
relation.
Quels en sont les effets?
L'enfant est content lorsque l'intervenant arrive.
L'enfant est beaucoup plus présent lors des séances, il est plus disponible.
L'intervenant connait mieux l'enfant, donc il est plus apte à trouver des renforçateurs
adaptés. De plus l'intervenant sait comment ramener l'enfant à son travail, il voit petit à
petit les petits trucs qui fonctionnent pour l'aider à sortir de sa rêverie.
L'enfant apprend progressivement à regarder l'intervenant, à avoir une alternance du
regard.
L'intervenant est associé à des choses plaisantes, il est donc renforçant pour l'enfant. On
pourrait aller jusqu'à dire que l'intervenant est un renforçateur. Ce point est sûrement le
principal. C'est pourquoi il faut que le pairing soit continué à travers les séances. Chaque
séance peut comporter une part de pairing.
Je vois et je ressens tout ça lorsque j'interviens. Je pense que c'est quelque chose de
puissant. Le manque de pairing avec certains intervenant se sent (l'AVS surtout).
Et, finalement, en dehors du processus d'attachement, pourquoi tout ça?
Parce que on oublie trop souvent que l'enfant autiste est un enfant! Tout simplement! Parce
que les autistes ont aussi besoin de jeux, parce que pour eux aussi, travailler avec une
personne qu'ils apprécient c'est plus fructueux! (n'es-ce pas comme ça pour nous?!)
Pour conclure je dirais que bien entendu ça dépend beaucoup les enfants et leur degré de
handicap. Peut-être que pour certains le pairing se fait tout seul?
Qu'en pensez vous?