Phytothérapie contre infections urinaires au Sahara
Phytothérapie contre infections urinaires au Sahara
1 RESUME.
Dans la province du Tan-Tan, une étude floristique et ethnobotanique des plantes
médicinales utilisées par la population locale dans le traitement des infections urinaires (la
pyélonéphrite et la cystite) a été réalisée à l’aide d’une enquete ethnobotanique menée à
l’aide d’une fiche questionnaire contenant des informations sur la plante médicinale et sur
la personne enquêtée. Cette étude ethnobotanique a été effectuée sur un échantillon de 350
personnes réparties sur les sept communes de la province pendant quatre compagnes de
2007 à 2011. Les résultats obtenus nous ont permis de dresser un catalogue de 114 espèces
médicinales employées dans des recettes thérapeutiques autochtones. La toxicité de
certaines plantes médicinales (35 espèces) a été signalée pour sensibiliser et informer les
tradithérapeutes de danger et des effets indésirables causés par ces plantes médicinales
appartenant à la famille des Solanaceae et celle des Euphorbiaceae suite à leurs ingestions.
Les effets toxiques des substances naturelles ont été neutralisés par les modes d’emploi des
plantes médicinales (la décoction et le séchage) pratiqués dans cette région pour préparer
les différents remèdes dés infectieux du système urinaire. Cette étude a permis d’établir une
relation entre la phytothérapie et les infections urinaires (la pyélonéphrite et la cystite) pour
aider la recherche scientifique à produire des médicaments à base des plantes médicinales
contre les infections urinaires.
SUMMARY
In the province of Tan -Tan, a floristic and ethnobotanical study of medicinal plants used by
the local population in the treatment of urinary infections (pyelonephritis and cystitis), has
allowed us to develop a catalogue of 114 species of medicinal plants used in therapeutic
indigenous recipes. These results were obtained by means of an ethnobotanical survey
containing information on the medicinal plant and the interviewee. This ethnobotanical
study was conducted on a sample of 350 people across seven municipalities in the province
during the four field-trips from 2007 to 2011. The toxicity of certain plants (35 species) was
reported to sensitize the traditional therapists’ and inform them of the danger and the side
effects caused by these medicinal plants particularly Solanaceae and Euphobiaceae in
regard to their ingestion. The toxic effects of natural substances have been neutralized by
the usage modes of medicinal plants (decoction and drying) practiced in this region to
prepare the different disinfectant cures of the urinary system.
3171
Journal of Animal &Plant Sciences, 2014. Vol.20, Issue 3: 3171-3193
Publication date 28/2/2014, [Link] ISSN 2071-7024
This study allowed the development of a relationship between Phytotherapy and the urinary
infections (the Pyelonephritis and the cystitis) to help the scientific researchers produce
drugs based on these medicinal plants.
2 INTRODUCTION
L’arbre urinaire est normalement stérile à publique, du fait de leur fréquence très élevée,
l’exception de la partie distale de l’urètre qui leur coût culminant de traitement et les
contient à la fois la flore digestive multiples échecs de l’antibiothérapie à cause des
(entérobactéries, streptocoques, anaérobies), la bactéries multi résistantes incriminées dans ces
flore cutanée (staphylocoques à coagulase infections (Moukrad et al., 2012). En milieu
négative, corynébactéries…) et la flore génitale communautaire, elle touche principalement les
(lactobacilles chez la femme). Cet arbre femmes actives sexuellement mais également
représente le second site d’infection bactérienne les gens de tout âge. Le concept d’une infection
après l’arbre respiratoire (Prouzergue Blancher, urinaire est large, allant d’une infection
2011). En effet, une infection urinaire asymptomatique à une pyélonéphrite avec
correspond à l’agression d’un tissu par un ou septicémie (Daniel et al., 2003). Après un demi-
plusieurs micro-organismes, gérant une réponse siècle d’utilisation des antibiotiques,
inflammatoire et des signes ou des symptômes l’émergence de résistances bactériennes aux
de nature et d’intensité variable (Bruyèr et al., antibiotiques est devenue un phénomène
2008). Selon la localisation, trois types mondial. La corrélation entre une forte
d’infections sont décrites : la cystite consommation d’antibiotiques et l’existence de
(inflammation de la vessie), l’urétrite (infection résistances est largement admise (Prouzergue
de l’urètre) et la pyélonéphrite (inflammation du Blancher, 2011). A cet égard, notre travail
bassinet et du rein).Les infections urinaires sont s’inscrit dans le cadre de la recherche d’une voie
les infections bactériennes les plus fréquentes complémentaire de traitement des infections
qui posent un fardeau important pour la santé urinaires en se basant sur la phytothérapie.
3 MATERIEL
3.1 Description de la zone d’étude : La et un bas plateau (secondaires et tertiaires) défoncé
province de Tan-Tan est située au sud du Maroc sur par un système de sebkhas (André, 1973). Le réseau
la côte atlantique. Elle est caractérisée par des traits hydrographique de la province de Tan-Tan est
géomorphologiques qui s’inscrivent dans de grands constitué de 5 principaux Oueds qui connaissent
plateaux d’érosion armés de croûtes calcaires des ruissellements périodiques et courts lors des
résistantes partiellement couvertes de dépôts précipitations pluviométriques importantes : Draâ,
limoneux d’origine fluviale ancienne et décalés de Elwaêr, Chbika, Oum Fatma et Ben Khlil
200 m en altitude. Ce sont, au SE, la Hamada du (Monographie DPA, 1996).
Draâ (carbonifère) et, à l’W, les hamaïdias côtières
3172
Journal of Animal &Plant Sciences, 2014. Vol.20, Issue 3: 3171-3193
Publication date 28/2/2014, [Link] ISSN 2071-7024
3173
Journal of Animal &Plant Sciences, 2014. Vol.20, Issue 3: 3171-3193
Publication date 28/2/2014, [Link] ISSN 2071-7024
Tableau 1 : Le groupement des espèces caractéristiques des alluvions sablo lumineux de la province de Tan-
Tan (SCET-SCOM, 2007).
Espèce Famille
Acacia raddiana Fabaceae
Pergularia tomentosa Capparidaceae
Cloeme arabica Zygophyllaceae
Peganum harmala Scrophulariaceae
Zziphus lotus Poaceae
Linaria aegyptiaca Zygophyllaceae
Ennaeapogon brachystachyus Chenopodiaceae
Nitraria retusa Chenopodiaceae
Lycium intricatum Chenopodiaceae
Atriplex halimus Chenopodiaceae
Sueda monodiana Euphobiaceae
Salsola foetida Euphobiaceae
Euphobia echinus Euphobiaceae
Plus on pénètre vers l’intérieur plus le cortège Bubonium graveolens (Asteraceae), d’Anvillea radiata
s’appauvrit et se limite à quelques touffes disjointes (Asteraceae) ou d’Anastatica hierochuntica
de Panicum turgidum (Poaceae), Piuranthos battendrieri (Brassicaceae. Dès que la salinité se manifeste, les
ssp abbreviatus (Apiaceaea), Convolvulus supinus var. espèces halophiles s’établissent : Salsola vermiculata
astrichogynus (Convolvulaceae), Cymbopogon var. villosa (Chenopodiaceae), Fagonia oliveri var. jolyi
schoenanthus (Poaceae), et des pieds chétifs d’Acacia (Zygophyllaceae), Brocchia cinera, Cotula cinerea
(SCET-SCOM, 2007). (Asteraceae), Morettia canescens (Bassicaceae). Seule
• Végétation halophile des regs et dayas : Salsola vermiciculata var. villosa indique la présence de
Sur les sols salés des regs, nus ou partiellement salinité (SCET-SCOM, 2007).
ensablés peut s’établir une steppe caractérisée par • Végétation halophile des sebkhas : Le
Salsola foetida S. vermiculata et Traganum nadatum cortège floristique qu’on rencontre dans les sebkhas
(Chenopodiaceae). Sur les sols les plus secs, ce est constitué essentiellement par : Randonia africana
groupement disparaît et remplacé par le (Rosaceae), Traganum nadatum (Chenopodiaceae,
groupement de Zygophyllum album et de Zygophyllum Zygophyllum geslini (Zygophyllaceae), et Limoniastrum
geslini (Zygophyllaceae). Sur les hamadas siliceuses, guyonianum (Plombaginaceae). A la périphérie de la
un peu salées, la steppe à Haloxylon scoparium se sebkha, dans les zones argileuses gypseuses,
développe vigoureusement. Ce groupement est s’ajoutent à ce cortège les espèces suivantes :
caractérisé par un petit nombre d’espèces et par Oudneya africana, Henophyton destri (Brassicaceae),
l’abondance des Aristida. Les dépressions ou dayas, Traganum nadatum (Chenopodiaceae), Zygophyllum
dont les dimensions sont extrêmement variables, geslini (Zygophyllaceae) et Cistanche violacea
sont rarement halophiles. On note des ceintures de (Orobanchaceae). A la faveur d’ensablement local
3174
Journal of Animal &Plant Sciences, 2014. Vol.20, Issue 3: 3171-3193
Publication date 28/2/2014, [Link] ISSN 2071-7024
4 MÉTHODOLOGIE
Une initiative très intéressante dans le domaine de la ethnobotanique a été menée à l’aide d’une fiche
phytothérapie a été prise dans la province de Tan- d’enquête ou questionnaire. Celui-ci a permis de
Tan dans le but d’inventorier les recettes recueillir des informations précises sur les pratiques
thérapeutiques qui remplacent les antibiotiques pour thérapeutiques utilisées par la population enquêtée,
traiter les infections urinaires (Pyélonéphrite et notamment le nom vernaculaire, de la plante
cystite). Cette étude ethnobotanique a été réalisée médicinale, la partie utilisée, la maladie traitée, le
sur la base d’un échantillonnage stratifié aléatoire mode de préparation. Les remèdes recommandés
auprès de la population de Tan-Tan. Elle a portée inclus soit une seule plante médicinale ou une
sur un échantillon de 350 personnes réparti sur sept association de plusieurs plantes à mode d’emploi
communes de la province de Tan-Tan à raison de variable (décoction, poudre ou infusion).
50 personnes par commune. L’enquête
5 RÉSULTATS
Cette étude ethnobotanique nous a permis de recensées comme des remèdes des infections
dresser un catalogue des plantes médicinales urinaires (pyélonéphrite et cystite) sont réparties en
classées en ordre alphabétique sous forme de 48 familles et 114 espèces dont 35 espèces sont
monographies montrant la famille, le nom toxiques (30,70%) avec la dominance
scientifique, le nom français, le nom vernaculaire, la d’Euphorbiaceae et Solanaceae en contenant
partie utilisée, le mode d’utilisation et la toxicologie respectivement quatre espèces toxiques.
des plantes collectée. Les plantes médicinales
Piper longum (Dar felfel), Pimenta officinalis (nwiwira), Pistacia atlantica (Igg), ceratonia siliqua (Lkharobe) et
Piper cubaba (Kebaba hindiya), Fraxinus angustifolia de Maerua crassifolia (Dbagh sedra lkhadra), en
(Lsan tir), Piper nigrum (Lyebzar), l’arille de noix de poudre associée à la farine d’orge grillée et au sucre,
Myristica fragrans (Bsibisa), Cinnamomum zaylanicum est utilisé contre la pyélonéphrite.
(Qerfa), Aframomum meleguetta (Goza sehrawiya), Toxicité : La racine du Pyrèthre d’Afrique provoque
Myristica fragrans (Gouza ghlida), Ranunculus maricatus chez l’homme de la céphalée, des bourdonnements
(Wden lhalof), Mandragora autumnalis (Taryalt), d’oreille, de la pâleur, des douleurs épigastriques,
Ziziphus lotus (Nbeg), Nigella sativa (Sanouj), Lepidium des nausées, parfois même une perte de
sativum (Hab rchad), Elettaria cardamomum (Qa’qella), connaissance (Charnot, 1945).
Rosmarinus officinalis (Lyazir), Mentha pulegium (Fliyo),
Satureja calamintha (Menta), Artemisia arborescens - Anvillea radiata Coss & Dur
(Chiba), Ajuga iva (Chandgoura), et de Glaucium Nom vernaculaire : Negd sehraoui
corniculatum (Griyen jdi), en poudre associée au miel Partie utilisée : La feuille
et à l’huile d’olive, est très efficace dans le Utilisation locale :
traitement de la cystite et de la pyélonéphrite. Une recette à base d’Anvillea radiata, Artemisia herba-
alba (Chih), Lavandula dentata (Khzama), Hyoscyamus
ARISTOLOCHIACEAE albus (Sikran) et d’Hyoscyamus muticus (Lebtina), en
- Aristolochia longa L. poudre ajoutée à l’Allium sativum (Toum) cuite à la
Nom français : Aristoloche vapeur et aux dattes sans pépins, est utilisée sous
Nom vernaculaire : Bereztam forme des suppositoires contre la cystite et la
Partie utilisée : Les rhizomes pyélonéphrite.
Utilisation locale : Une recette à base d’Anvillea radiata (250 g), 0riganum
Voir l’association avec Aframomum meleguetta Schum. compactum (Azokanni), Ricinus communis (Awriwer), en
Toxicité : L’intoxication humaine aux aristoloches poudre associée au beurre (250 g), au miel et aux
provoque des lésions rénales irréversibles avec dattes sans pépins, est utilisée sous forme de
hématuries ainsi que des paralysies des membres suppositoires, recouvertes par la poudre de henné et
(Charnot, 1945). séchées à l’ombre, contre la pyélonéphrite.
douche vaginale (injection vaginale) contre la cystite - Brassica rapa [Link]. rapa (L.) D C.
chez la femme. Nom français : Navet fouisseur
Toxicité : De fortes doses de la plante ont provoqué Nom vernaculaire : Left mahfûr
des cas d’intoxications, en particulier chez le Partie utilisée : La graine
nourrisson, l’enfant et la femme enceinte Utilisation locale :
(Bellakhdar, 1997). Une recette à base de Brassica rapa, Lavandula dentata
(Khzama), Nigella sativa (Sanouj), Lepidium sativum
- Brocchia cinerea (Del.) Vis. (Hab rchad), Aframomum meleguetta (Gouza
Nom français : Camomille du Sahara sehrawiya), Raphanus sativus (Zri’t lfjel), Allium cepa
Nom vernaculaire : Rubrûba (Zeri’t lbesla), Piper cubaba (Kebaba), Pimenta
Partie utilisée : La feuille officinalis (Nwiwira), Elettaria cardamomum (Qa’qella),
Utilisation locale : Apium graveolens (Zri’t lkrafes) et de Petroselinum
Un remède à base de Brocchia cinerea, Origanum sativum (Zri’t Ma’dnous), en poudre, triturée dans du
compactum (Azokanni), feuilles de Rhus tripartita miel suivie par une cuisson de dix minutes, est
(Jdari) et de Thymus broussonetii (Tazokanit), en utilisée contre la pyélonéphrite à raison de trois
décoction au lait, est utilisé contre la cystite et la cuillères par jour.
pyélonéphrite.
Les feuilles, en décoction au lait, sont employées - Lepidium sativum L.
contre la pyélonéphrite. Nom français : Cresson alenois
Nom vernaculaire : Hab Rchad
- Sonchus tenerrimus L. Partie utilisée : La graine
Nom français : Laitron Utilisation locale :
Nom vernaculaire : Tifâf Les graines, en poudre triturée dans du miel, sont
Partie utilisée : La feuille préconisées contre la pyélonéphrite.
Utilisation locale : Toxicité : La prise des graines en grande quantité
Les feuilles, en décoction au lait, sont utilisées peuvent provoquer des irritations des muqueuses
contre la pyélonéphrite. (Bellekhdar, 1997).
3181
Journal of Animal &Plant Sciences, 2014. Vol.20, Issue 3: 3171-3193
Publication date 28/2/2014, [Link] ISSN 2071-7024
- Illicium verum
Nom français : Anis étoilé, Badiane, Anis de la LAMIACEAE
Chine - Ajuga iva (L.) Schreb.
Nom vernaculaire : L-badyana Nom français : Ivette musquée
Partie utilisée : Le fruit Nom vernaculaire : Chandgoura
Utilisation locale Partie utilisée : La feuille
Les fruits, en décoction au thé, sont utilisés contre Utilisation locale :
la pyélonéphrite. Voir l’association avec Myrtus communis L.
Toxique
IRIDACEAE
- Crocus sativus L. - Lavandula dentata L.
Nom français : Vrai safran Nom français : Lavande vrai
Nom vernaculaire : Za’frane lhor Nom vernaculaire : L-khozama beldiya
Partie utilisée : Les stigmates des fleurs Partie utilisée : La tige feuilletée
Utilisation locale : Utilisation locale :
Une préparation à base de Crocus sativus, Origanum Une serviette vaginale contenant de Lavandula
comactum (Azokanni), un bouquet d’Euphorbia falcata dentata, en poudre chauffée à l’huile d’olive, est très
(Hayyat nofos), un bouquet d’Herniaria hirsuta conseillée contre la cystite.
(Harast lhjar), et de Ziziphus lotus (Nbeg), en poudre Lavandula dentata, en décoction au coca cola puis
bouillie à trois litres d’eau minérale jusqu’il ne reste subi une macération de 12 heures, est administrée
qu’un litre d’eau puis un volume de deux tasses de contre la pyélonéphrite à raison d’une tasse avant le
filtrat mélangé à 1,5 litre d’eau minérale (Sidi petit déjeuner. Deux tasses de décocté de Lavandula
Hrazem). Cette tisane est utilisée, pendant trois dentata mélangé à un litre de coca cola sont utilisées
jours, contre la pyélonéphrite Le décocté de Crocus contre la pyélonéphrite. Les tiges feuillées, en
sativus est utilisé contre la pyéloné[Link] safran, décoction, sont utilisées contre la pyélonéphrite.
en décoction au lait, est recommandé contre la Une infusion de Crocus sativus (Za’fran lhor) au
pyélonéphrite. Une infusion de poudre d’Euphorbia décocté de Lavande à coca cola, pendant quinze
officinarum (Daghmous) au décocté de Crocus sativus, minutes, est préconisée contre la pyélonéphrite.
pendant trois jours, est préconisée contre la Une recette à base de Lavandula dentata et de
pyélonéphrite. Le safran, en infusion pendant une Petroselinum sativum (Ma’dnous), en décoction, est
nuit, est prescrit contre la cystite et la pyélonéphrite. prise contre la pyélonéphrite et la cystite. Une
Les stigmates des fleurs (1 g) associées au miel (250 fumigation de l’appareil génital issue de Lavande, en
g), est utilisée contre la pyélonéphrite à raison de décoction, est administrée contre la cystite.
deux cuillères par jour (matin et nuit).
- Lavandula multifida L.
- Iris germanica L. Nom français : Lavande
Nom français : Iris blanc Nom vernaculaire : Khilt lkheyl, Kohayla
Nom vernaculaire : âanbar Partie utilisée : La tige feuillée et la feuille
Partie utilisée : La tige feuillée Utilisation locale :
Utilisation locale La décoction de Lavandula multifida est préconisée
Voir l’association avec Foeniculum vulgare Mill contre la pyélonéphrite.
Une recette à base de Lavandula multifida, Herniaria
JUNCACEAE hirsuta (Harast lhjar), Ziziphus lotus (Nbeg), Opunitia
ficus-barbarica (Nowar aknari), Zea mays (Hrir lekbal)
- Juncus maritimus Lank. et de Lavandula dentata (Khzama), en décoction, est
Nom français : Jonc maritime utilisée contre la pyélonéphrite
Nom vernaculaire : Smâr Les tiges feuillées, en décoction, sont utilisées
Partie utilisée : La graine contre la pyélonéphrite à raison d’une tasse par nuit.
Utilisation locale Un remède à base de Lavandula multifida, Herniaria
Voir l’association avec Ammodaucus leucotrichus Coss. hirsuta (Harast lhjar), Ziziphus lotus (Nbeg), Opunitia
& DR ficus-barbarica (Nowar aknari), Zea mays (Hrir lkbal),
3183
Journal of Animal &Plant Sciences, 2014. Vol.20, Issue 3: 3171-3193
Publication date 28/2/2014, [Link] ISSN 2071-7024
Petroselinum sativum (Ma’dnous), de poudre de Succin Une recette à base d’Origanum compactum, Lavandula
(ambre jaune, miyala lhora), de faible quantité de dentata (Khzama) et de Rosmarinus officinalis (Lyazir),
Crocus sativus (Za’fran lhor), un demi noix de en décoction, est prise contre la pyélonéphrite.
Myristica fragrans (Gouza ghlida), et de Ranunculus Un remède à base d’Origanum compactum et de
maricatus (‘ud wden lhalouf), en décoction à l’eau Lavandula dentata (Khzama), en décoction, est
minérale (Sidi Hrazem) jusqu’il ne reste qu’un quart prescrit contre cystite.
de volume initial, est utilisé, avant les repas, contre
la pyélonéphrite. - Rosmarinus officinalis L.
Les feuilles, en décoction au thé, sont utilisées Nom français : Romarin
contre la pyélonéphrite. Nom vernaculaire : Yazir
Toxique Partie utilisée : La feuille
Utilisation locale :
- Lavandula stoechas L. Les feuilles de Rosmarinus officinalis, en décoction,
Nom français : Lavande stéchade sont utilisées contre la pyélonéphrite et la cystite.
Nom vernaculaire : Halhal Le Romarin frais associé au Mentha pulegium (Fliyo),
Partie utilisée : La feuille en décoction, est employé contre la cystite.
Utilisation locale Les feuilles de Rosmarinus officinalis associées au
Voir l’association avec Astragalus gummifer Labill. Cynodon dactylon (Jdour njem) en décoction, sont
utilisées contre la pyélonéphrite.
- Mentha pulegium L. Une recette à base de Rosmarinus officinalis, Lavandula
Nom français : Menthe pouliot dentata (Khzama), Origanum compactum (azokanni),
Nom vernaculaire : Fliyyo Ammodaucus leucotrichus (Kemoun reg), Zingiber
Partie utilisée : La feuille officinale (Skin jbir) et d’Alpinia officinarum
Utilisation locale : (Khodenjal), en décoction, est utilisée contre la
Une recette à base de Mentha pulegium, Artemisia cystite à raison d’une demi-cuillère de chaque
herba-alba (Chih), Lavandula dentata (Khzama), ingrédient par une tasse d’eau.
Myristica fragrans (Gouza ghlida) chauffée à l’huile,
Anvillea radiata (Negd), Hyoscyamus albus (Sikran), - Satureja calamintha (L.) Scheele
Cyperus capitatus (‘ud taryalt) chauffée à l’huile, Nom français : Calamenthe
Ranunculus maricatus (Wden lhalouf), Glaucium Nom vernaculaire : Menta
corniculatum (Garn jdi), et d’une faible de Commiphora Partie utilisée : La feuille
africana (ûmm en-nas), en poudre associée au miel, Utilisation locale :
au beurre de chèvres, à l’huile d’olive et aux dattes Voir l’association avec Pimpinella anisum L.
sans pépins, est utilisée sous forme de suppositoires,
recouvertes par la poudre de Lavandula dentata - Thymus Broussonetii Bois
(Khzama), contre la cystite. Nom français : thym-sarriette du Maroc
Nom vernaculaire : Tazûkennit
- Mentha suaveolens Ehr. Partie utilisée : La feuille
Nom français : Menthe à feuilles rondes Utilisation locale :
Nom vernaculaire : Timijja Les feuilles de Thymus Broussonetii mélangées à celles
Partie utilisée : La feuille d’Herniaria hirsuta (Harast lhjar), en décoction à l’eau
Utilisation locale : minérale (Sidi Hrazem), sont utilisées contre la
Voir l’association avec Myrtus communis L. pyélonéphrite.
Une recette à base de Thymus Broussonetii, Artemisia
- Origanum compactum Benth. herba-alba (Chih), une faible quantité de d’Anvillea
Nom français : Origan radiata (Negd), Allium sativum (Toum) cuite à la
Nom vernaculaire : Azukenni vapeur, une faible quantité d’Hyoscyamus albus
Partie utilisée : La feulle (sikran), une faible quantité d’Hyoscyamus muticus
Utilisation locale : (Lebtina), une faible quantité de Mandragora
autumnalis (Taryalt), une faible quantité de Datura
stramonium (Chdaq jmel), et de Lavandula dentata
3184
Journal of Animal &Plant Sciences, 2014. Vol.20, Issue 3: 3171-3193
Publication date 28/2/2014, [Link] ISSN 2071-7024
Alpinia officinarum (Khodenjal), Zingiber officinale l’huile d’olive, est préconisée contre la pyélonéphrite
(Sekin jbir), Illicum verum (Lbadiana), Elettaria à raison de deux cuillères par jour (matin et nuit).
cardamomum (Qa’qella), arille de noix de Myristica Une recette à base d’Anvillea radiata (Negd), Myristica
fragrans (Bsibisa), Ranunculus maricatus (Wden fragrans (Gouza ghlida), Lavandula dentata (Khzama)
lhalouf), Punica granatum (Nowar roman), Tetraclinis et d’Artemisia herba-alba (Chih), en poudre, associée
articulata (‘ar’ar), Cistus populifolius (Irguel), aux dattes sans pépins, est utilisée comme
Rosmarinus officinalis (Lyazir), de Mentha pulegium suppositoires, enrobées par la poudre de Lavandula
(Fliyo),et de Mentha suaveolens (Timija), en décoction, dentata (Khzama), contre la cystite.
est utilisée, durant une semaine, contre la
pyélonéphrite à raison d’une tasse par nuit. PAPAVERACEAE
- Glaucium flavum Grantz
- Pimenta officinalis Nom français : Pavot cornu
Nom français : Poivre de la Jamaïque Nom vernaculaire : Garn jdi
Nom vernaculaire : Nwiwira Partie utilisée : La tige
Partie utilisée : La tige feuillée Utilisation locale
Utilisation locale Un remède à base de Glaucium corniculatum,
Une recette à base de Pimenta officinalis, Aframomum Hyoscyamus albus (Sikran), de Vitex agnus-castus (Zri’t
meleguetta (Gouza sehrawiya), Myristica fragrans Kharwa’), Ranunculus maricatus (Wden lhalouf) et
(Gouza ghlida), Elettaria cardamomum (Qa’qella), Piper d’Aframomum meleguetta (Gouza sehrawiya), en
cubaba (Kebaba), l’arille de noix de Myristica fragrans décoction au lait, est recommandée contre la cystite.
(Bsibisa), Fraxinus angustifolia (Lsan tir), Cinnamomum
zeylanicum (Dar sini), Apium graveolens (Zri’t Krafes) PÉDALIACEAE
et de Petroselinum sativum (Zeri’t Ma’dnous), en - Sesamum indicum L.
poudre bouillie au lait, est utilisée, pendant la nuit, Nom français : Sésame
contre la cystite à raison d’une cuillère par une tasse Nom vernaculaire : Jenjlane
de lait. Partie utilisée : La graine
Utilisation locale :
OLEACEAE Voir l’association avec Pimpinella anisum L.
- Fraxinus angustifolia Vahl.
Nom français : Frêne PIPÉRACEAE
Nom vernaculaire : L-sân et-ter - Piper cubaba L.
Partie utilisée : La feuille Nom français : Cubèbe
Utilisation locale : Nom vernaculaire : kebâba
Voir l’association avec Foeniculum vulgare Mill Partie utilisée : La tige feuillée
Utilisation locale :
- Olea europaea L. Voir l’association avec Foeniculum vulgare Mill.
Nom français : Olivier
Nom vernaculaire : Zaytoune - Piper longum L.
Partie utilisée : La racine et le fruit Nom français : Poivre long
Utilisation locale : Nom vernaculaire : Dâr felfel
Voir l’association avec Phragmites australis (Cav) Partie utilisée : La tige feuilletée
Steud Utilisation locale :
PALMACEAE Voir l’association avec Foeniculum vulgare Mill.
- Phoenix dactylifera L.
Nom français : Palmier dattier - Piper nigrum L.
Nom vernaculaire : Tmer Nom français : Poivre noir
Partie utilisée : Le fruit Nom vernaculaire : Lebzar
Utilisation locale : Partie utilisée : La graine
Une recette à base d’Allium sativum (Toum) cuite à la Utilisation locale :
vapeur, de dattes sans pépins cuites à la vapeur et de Voir l’association avec Pimpinella anisum L.
3186
Journal of Animal &Plant Sciences, 2014. Vol.20, Issue 3: 3171-3193
Publication date 28/2/2014, [Link] ISSN 2071-7024
Les feuilles de Portulaca oleracea, en décoction, sont Les fruits en poudre, associés au miel, sont utilisés
utilisées contre les douleurs des reins et de la vessie. contre les douleurs des reins et la cystite à raison de
quatre cuillères par un demi-litre du miel.
RANUNCULACEAE L’écorce de racine de Ziziphus lotus, en décoction
- Nigella sativa L. dans du thé, est prescrite contre la pyélonéphrite.
Nom français : Nigelle cultivée La poudre de fruits est utilisée contre la
Nom vernaculaire : Sanouj pyélonéphrite et le lavage des reins.
Partie utilisée : La graine Les racines, en décoction, sont très recommandées
Utilisation locale : contre la pyélonéphrite.
Les graines en poudre, mélangées au miel, sont
utilisées contre la pyélonéphrite à raison d’une ROSACEAE
demi-cuillère par un verre du miel. - Rosa canina L.
Lepidium sativum (1/2 verre), en infusion jusqu’elle Nom français : Eglantier
devient gonflée, associée au Nigella sativa (1/4 verre) Nom vernaculaire : L-ward
et au miel (1/2 litre), est utilisée contre la Partie utilisée : La fleur
pyélonéphrite à raison de deux cuillères par jour Utilisation locale
(matin et nuit). Voir l’association avec Pimpinella anisum L.
Les graines chauffées, épluchées et associées au miel
d’Euphorbia officinarum (Daghmous, un litre), au RUTACEAE
beurre des chèvres (une tasse) et au Lepidium sativum -Citrus lemon Riss
(une cuillère), est utilisée contre la pyélonéphrite à Nom français : Citronnier
raison de deux cuillères par jour (matin et nuit). Nom vernaculaire : L-hamed
Toxicité : La toxicité de la graine à fortes doses n’est Partie utilisée : Le fruit
pas totalement ignorée des populations. Les femmes Utilisation locale
l’utilisent d’ailleurs souvent comme abortif Le jus de citron (1/2 verre) mélangé au miel (1
(Bellakhdar, 1997). verre) et à l’huile d’olive (1 verre), est utilisé contre
la pyélonéphrite.
- Ranunculus maricatus L. Le jus de citron, en décoction au miel, mélangé à un
Nom français : Renoncule muriquée demi-litre d’eau minérale (Sidi Hrazem), est utilisé
Nom vernaculaire : wden lhalouf pour nettoyer les reins et la vessie.
Partie utilisée : La racine
Utilisation locale : - Haplophyllum vermiculare Hand. Maz.
Les racines, lavées soigneusement et séchées dans Nom vernaculaire : L-fijel
un four, en poudre, sont préconisées contre la Partie utilisée : La feuille
cystite et la pyélonéphrite à raison d’une cuillère par Utilisation locale :
une tasse de lait bouillant (matin et nuit). Voir l’association avec Pimpinella anisum L.
Toxicité : Cette espèce est connue pour être Toxicité : Des intoxications ont été observées dans
irritante, à l’état frais, pour la peau et les muqueuses les régions sahariennes après absorption de cette
(érythèmes, prurits, œdème, eczéma, cloques). plante comme abortif (Bellakhdar, 1997).
Ingérée, elle peut provoquer des stomatites, des
brulures, des ulcérations (Bruneton, 1996). SOLANACEAE
- Datura stramonium L.
RHAMNACEAE Nom français : Datura
- Ziziphus lotus (L.) Lank Nom vernaculaire : ŝdaq jmel
Nom français : Jujubier Partie utilisée : La graine
Nom vernaculaire : Ssder, Nbeg Utilisation locale :
Partie utilisée : Les fruits, les feuilles et les racines. Voir l’association avec Thymus Broussonetii Bois
Utilisation locale : Toxicité : Au Maroc, les intoxications provoquées
La poudre du fruit, en décoction, est employée par différentes espèces de Datura ont généralement
contre les douleurs des reins. une étiologie accidentelle ou criminelle. Une dose
3188
Journal of Animal &Plant Sciences, 2014. Vol.20, Issue 3: 3171-3193
Publication date 28/2/2014, [Link] ISSN 2071-7024
6 DISCUSSION
A Tan-Tan, la phytothérapie occupe une place l’ensemble des intoxications, mais entrainaient une
importante dans le patrimoine culturel de la société mortalité assez élevée (17%) (Ouammi et al, 2009).
par leurs vertus curatives de plusieurs types de Cette menace est très difficile à l’écarter à cause de
maladies, considérée comme moins cher, sans effets l’imbrigation de plusieurs facteurs y contribue :
indésirables. Par ailleurs, le danger réel de cette -Les plantes, parce qu’elles sont naturelles, sont
thérapie réside dans le traitement des maladies considérées à tort comme non dangereuses et la
chroniques telles que les infections urinaires population y a recours dans des contextes très variés
(pyélonéphrite et cystite). Au Maroc, les et nombreux.
intoxications par les plantes ne sont pas -Le niveau socio-économique et la difficulté d’accès
négligeables. Elles sont souvent à l’origine d’une aux soins médicaux favorisent le recours par la
morbidité et d’une mortalité importante. En effet, population aux plantes pour des usages
des études antérieures du Centre Anti Poison et de thérapeutiques.
Pharmacovigilance du Maroc (CAPM) ont montré -La médecine moderne, pour des raisons de coût ou
que les plantes étaient impliquées dans 3 à 5% de d’incapacité de traitement d’une maladie grave ou
3190
Journal of Animal &Plant Sciences, 2014. Vol.20, Issue 3: 3171-3193
Publication date 28/2/2014, [Link] ISSN 2071-7024
chronique, cède alors la place aux herboristes et aux -L’état de santé : les individus dont l’état de santé
"tradipraticiens" malheureusement mal ou est altéré (maladies rénales, hépatiques ou autres)
simplement pas formés au diagnostic des maladies peuvent être plus sensibles aux effets des plantes.
et au maniement de la phytothérapie. -La plante : il est nécessaire d’identifier la partie de
-Les produits utilisés sont souvent "un panaché" de la plante utilisable. En effet, le principe actif d’une
plantes, dont la connaissance et les impératifs de plante toxique peut être réparti sur toute la plante
préparation et de consommation ne sont pas ou dans une ou plusieurs de ses parties (la racine, les
maitrisés. Ainsi, les plantes peuvent contenir des baies ou les feuilles).
composés chimiques puissants, responsables -La dose : la notion de dose est déterminante.
d’effets indésirables et de toxicité (CAPM, 2010). Certaines plantes utilisées à visée thérapeutique
Les résultats obtenus à partir de cette étude peuvent à forte dose, présenter une menace pour la
ethnobotanique montrent que les plantes santé de l’homme. C’est le cas par exemple de la
médicinales utilisées dans le traitement des sauge, de l’armoise blanche et de l’absinthe. Toutes
infections urinaires (la pyélonéphrite et la cystite) trois riches en thuyone, elles deviennent très
contiennent des espèces cultivées mais dans la toxiques à forte dose, à faibles doses elles restent
plupart des cas sont des espèces sauvages sans des plantes médicinales.
connaître leur toxicité, posologie et leur action sur -La Méthode d’utilisation : certaines méthodes
l’organisme humain d’où la maîtrise de ce champ permettent d’extraire des concentrations plus
reste une obligation de tous les acteurs de la santé importantes de principe actif que d’autres (Zakariya
publique. La prise des plantes s’effectue soit sous et al., 2012). Dans la région du Tan-Tan, l’utilisation
leurs formes brutes soit sous forme de recettes anarchique des plantes médicinales notamment
(décoction, poudre ou infusion) qui peut provoquer pour la thérapie des infections urinaires pose un
des intoxications voire même des effets secondaires grand problème pour la santé humaine à cause de
pour d’autres organes (cœur, poumons, foie, l’apparition des symptômes d’intoxications après
vésicule biliaire…) sachant que certaines espèces l’ingestion répétée d’un simple remède contenant
employées sont toxiques et d’autres deviendront des plantes toxiques pendant une longue durée ou
toxiques à forte doses ou à utilisation répétée. Au fil lorsque les posologies supérieures à celles
du temps, la médecine traditionnelle présente une recommandées. Selon l’OMS, seulement 64 pays
efficacité reconnue pour certains médicaments ou avaient, en 2000, une réglementation relative aux
thérapies, un accès facile et un coût moindre. médicaments à base de plantes. L’absence de
Certaines de ces pratiques (la phytothérapie) normes ou la mauvaise utilisation des procédures,
présentent cependant des risques d’effets des pratiques et des médicaments traditionnels
secondaires et de toxicité à long terme qui ne sont peuvent avoir des effets nuisibles ou dangereux
pas évalués dans un bon nombre de pays (CIB, pour la santé. D’autres causes profondes sont à
2010). Par exemple, l’utilisation des graines de l’origine des intoxications par les plantes au Maroc.
Datura peut induire une intoxication qui se traduit Citons d’abord l’absence d’une pharmacopée
par un syndrome anticholiergique à traditionnelle officielle et bien codifiée, mais surtout
symptomatologie essentiellement neuropsychique l’absence de législation et de contrôle, lesquelles
avec excitation psychomotrice, propos incohérents, défaillances ouvrent la voie à tous les dérapages
hallucinations visuelles, désorientation, agressivité. aussi bien dans la collecte, la vente que l’utilisation
Parmi les signes anticholiergiques périphériques, on des plantes et freinent également la valorisation et
note la présence mydriase bilatérale alors que les l’optimisation de notre patrimoine végétal (CAPM,
autres signes anticholiergiques sont plus 2010). A cet effet, le traitement des infections
inconstants : sécheresse buccale, tachycardie urinaires (la pyélonéphrite et la cystite) par la
sunisale, hyperthermie, rétention urinaire et phytothérapie induit des effets indésirables à cause
vomissement. Dans les cas graves on peut observer de l’utilisation de certaines plantes toxiques (Datura
coma et convulsion (Marc et al., 2007). En effet, les stramonium L., Aristolochia longa L., Mondragura
phytothérapeutes et les tradipraticiens doivent autumnalis Bertol, Hyoscymus albus L...), de manque
savoir que les syndromes d’intoxications végétales des connaissances thérapeutiques et de la présence
peuvent être liés à : d’une maladie chronique.
3191
Journal of Animal &Plant Sciences, 2014. Vol.20, Issue 3: 3171-3193
Publication date 28/2/2014, [Link] ISSN 2071-7024
7 CONCLUSION
La pyélonéphrite et la cystite posent un problème 35 espèces toxiques telles qu’Euphorbia officinarum L,
majeur de la santé publique par leur fréquence, leur Ricinus communis L, Hyoscyamus albus L, Hyoscyamus
coût de traitement et par l’apparition des bactéries muticus L, Mandragora autumnalis Bertol et Datura
résistantes au cours de l’antibiothérapie. Cependant, stramonium L. Par conséquent, la phytothérapie
les médicaments à base des plantes médicinales demande la prise des précautions et de prudence
peuvent constituer ultérieurement un traitement dans la préparation et la consommation des
efficace des infections urinaires. Dans la région du remèdes pour éviter toutes sortes d’intoxication. En
Tan-Tan, l’étude de la phytothérapie des infections fin, les industries de médicaments à besoin de
urinaires (pyélonéphrite et cystite) nous a permis de développer leur recherche pour extraire des
mettre en évidence l’existence des recettes principes actifs naturels substituant des
thérapeutiques contenant des plantes toxiques pour antibiotiques dans le traitement des infections
la santé humaine. Cette investigation a inventoriée urinaires.
114 espèces réparties en 48 familles botaniques avec
8 REFERENCES
A.B.H.S.M. 2004. Développement des ressources Daniel J., Thirion G. & Williamson D., 2003. Les
en eau dans la province de Tan-Tan. infections urinaires : une approche clinique.
Agence de Bassin Hydrolique de Souss Pharmactuel, (5) :246-255.
Massa, Agadir, Maroc, 6p. Debelmas, A.M., Delaveau, P., 1978. Guide des
André A., 1973. Présentation géographique de la Plantes Dangereuses, Ed. Maloine, Paris,
province de Tarfaya. Cahiers de la 192p.
recherche Agronomique, Maroc, 32 : 1-13. Delannoy M., 1973. Contribution à l’étude
Bellakhdar J., 1997. La pharmacopée marocaine climatologique de la province de Tarfaya.
traditionnelle. Médecine arabe ancienne et Cahiers de la recherche agronomique N°32
savoirs populaires, Paris - Rabat, Ibis Press Maroc, 58p.
- Eds Le Fennec, 764p. Hseini S., 2008. Étude ethnobotanique de la flore
Birouk A., Lewalle J., & Tazi M., 1991. Le médicinale dans la région de Rabat. Thèse
patrimoine végétal des provinces de Doctorat. Université Mohammed V-
sahariennes du Maroc. Actes Editions, 76p. Agdal ; Faculté des Sciences, Rabat, Maroc,
Bruneton J., 1996. Plantes toxiques. Végétaux 70p.
dangereux pour l'homme et les animaux. Ionisco T., 1965. Considérations bioclimatiques et
TEC et DOC Lavoisier, Paris, 529p. phytoécologiques sur les zones arides du
Bruyère G., Cariou G., Boiteux J. -P., Hoznek A., Maroc. Cahiers de la recherche
Mignard J.-P., Escaravage L., Bernard L., agronomique, Maroc, N°19, 55p.
Sotto L., Soussy C.-J., Coloby P. & le Marc B., Martis A., Moreau C. & al, 2007.
CIAFU, 2008. Généralités. Progrès en Intoxications aigues à Datura stramonium aux
Urologie 18 suppl. 1, S4-S8. uregences. Press Med 36 : 1399-403.
Bryssine G., 1973. Les sols de la province de Mathez J., & Sauvage Ch., 1974. Catalogue des
Tarfaya. Cahiers de la recherche plantes vasculaires de la province de
agronomique, Maroc, N°32, 103p. Tarfaya. Cahiers de la recherche
Centre Anti Poison du Maroc, 2010. La plante et la agronomique, Maroc, 33 : 117-186.
santé publique. Toxicologie Maroc. N°5, Moukrad N., Rhazi Filali F. & Makoudi Y., 2012.
2p. Prévalence de la multi-résistance
Charnot A., 1945. La toxicologie au Maroc. bactérienne aux antibiotiques des infections
Mémoire de la Soc. Sci. Nat. du Maroc, urinaires dans la ville de Meknès (Maroc) et
Rabat, N° XLVII, nov. 1945, 826p. son évolution dans le temps. Science lib,
Comité international de bioéthique (CIB), 2010. Editions Mersenne : Volume 4, N°121105,
Avant-projet de rapport sur la medicine 17p.
traditionnelle et ses implications éthiques. Monographie de la province de Tan-Tan, 1996.
Paris, France, 8p. Direction provinciale de l’Agriculture de
3192
Journal of Animal &Plant Sciences, 2014. Vol.20, Issue 3: 3171-3193
Publication date 28/2/2014, [Link] ISSN 2071-7024
3193