Cours d'Algèbre 2 : Groupes et Sous-groupes
Cours d'Algèbre 2 : Groupes et Sous-groupes
14 janvier 2026
1 Ch. I : Groupes
Définition
On appelle loi de composition interne sur un ensemble G toute
application :
∗ : G × G → G, (x, y) 7→ x ∗ y,
c’est-à-dire que pour tout x, y ∈ G, on a x ∗ y ∈ G.
Exemples
1. Sur (Z, +), l’addition est une loi interne.
2. Sur (R∗ , ×), la multiplication est une loi interne.
Exercice
x+y
Sur ] − 1, 1[ on définit : x > y = 1+xy , (x, y) ∈] − 1, 1[2 . Montrer que
> est une loi de composition interne sur ] − 1, 1[.
Définition
On dit que (G, ∗) est un groupe si ∗ est une loi de composition interne sur G telle
que :
(x ∗ y) ∗ z = x ∗ (y ∗ z).
∀x ∈ G, x ∗ eG = x et eG ∗ x = x.
Remarque
Attention !
1 (N, +) et (N, ·) ne sont pas des groupes.
2 (R, ·) n’est pas un groupe.
Définition
1 Un groupe G est dit fini s’il est constitué d’un nombre fini
d’éléments. Dans ce cas, son cardinal est noté |G| et s’appelle
l’ordre du groupe G.
2 Un groupe contenant une infinité d’éléments est appelé groupe
infini.
Exemple
On pose G = {1, 2}. On définit la loi ∗ sur G par la table suivante :
∗ 1 2
1 1 2
2 2 1
Nous allons montrer que (G, ∗) est un groupe abélien fini.
Explications
1) Loi interne : Pour tout x, y ∈ G, la table montre que x ∗ y ∈ {1, 2}.
2) Associativité : Comme G contient 2 éléments, on vérifie les 8 égalités
(x ∗ y) ∗ z = x ∗ (y ∗ z) dans la table : elles sont vraies.
3) Élément neutre : On lit :
1 ∗ 1 = 1, 1 ∗ 2 = 2, 2 ∗ 1 = 2.
1 ∗ 1 = 1, 2 ∗ 2 = 1.
Lemme
Soit (G, ∗) un groupe. Alors,
1 L’élément neutre de G est unique.
2 Pour tout x ∈ G, le symétrique de x, pour ∗, est unique.
3 Pour tous x, y ∈ G,
(x ∗ y)−1 = y −1 ∗ x−1 .
g 0 = eG , g n = g ∗ g n−1 (n 6= 0), g −n = (g −1 )n .
En fait, pour n 6= 0, on a :
gn = g ∗ g ∗ · · · ∗ g .
| {z }
n fois
Remarque
Pour les puissances n-ième, l’écriture dépend de la nature de la loi interne. Par
exemple :
1 Pour la loi multiplicative · : g n = g · g · · · · · g = gg . . . g,
en omettant souvent le symbole ·.
2 Pour la loi additive + : g n = g + g + · · · + g,
souvent noté :
ng = g + g + · · · + g.
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Définition : Sous-groupe
Définition
Soient (G, ∗) un groupe et H ⊆ G avec H 6= ∅. On dit que H est un
sous-groupe de G si :
(
∀x, y ∈ H, x ∗ y ∈ H,
(H, ∗) est un groupe.
Dans ce cas, on note :
H<G.
Exemples
1 Si (G, ∗) est un groupe, alors {eG }, ∗ et (G, ∗) sont deux
sous-groupes de G. On les appelle les sous-groupes triviaux de
G.
2 (Z, +) est un sous-groupe de (Q, +), qui est lui-même un
sous-groupe de (R, +), et (R, +) est aussi un sous-groupe de (C, +).
3 (Q∗ , ·) < (R∗ , ·) < (C∗ , ·).
4 U = {z ∈ C | |z| = 1} est un sous-groupe de (C∗ , ·).
Proposition
Soient (G, ∗) un groupe et H ⊆ G, H 6= ∅. Les assertions suivantes sont
équivalentes :
(i) H est un sous-groupe de G ;
(ii) eG ∈ H et ∀x, y ∈ H, on a x ∗ y ∈ H et x−1 ∈ H ;
(iii) eG ∈ H et ∀x, y ∈ H, on a x ∗ y −1 ∈ H.
Proposition
Soit (G, ∗) un groupe.
1 Si (Hi )i∈I est une famille quelconque de sous-groupes de G, alors
\
Hi
i∈I
est un sous-groupe de G.
2 H1 ∪ H2 < G ⇐⇒ H1 et H2 sont comparables pour l’inclusion.
Théorème
Soit H un sous-groupe de (Z, +). Alors il existe un entier n ∈ N ∩ H tel
que :
H = nZ.
Définition
Soit G un groupe et A ⊆ G avec A 6= ∅.
Le sous-groupe de G engendré par A est le plus petit
sous-groupe de G qui contient A. On le note :
hAi.
On montre que : \
hAi = H.
H<G
A⊆H
hAi = hg1 , g2 , . . . , gn i.
Idée de la preuve
\
Soit F = { H < G | A ⊆ H } (non vide car G ∈ F). Posons S = H.
H∈F
1 S est un sous-groupe (intersection de sous-groupes).
2 Comme A ⊆ H pour tout H ∈ F, on a A ⊆ S : S est donc un
sous-groupe contenant A.
3 Si K < G et A ⊆ K, alors K ∈ F donc S ⊆ K : S est le plus petit
sous-groupe contenant A.
Par définition, hAi est ce plus petit sous-groupe, donc
\
hAi = S = H.
H<G
A⊆H
Ainsi :
- pour la loi multiplicative :
hgi = {g n | n ∈ Z},
- pour la loi additive :
hgi = {ng | n ∈ Z}.
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Définition : Groupe monogène, groupe cyclique et ordre
d’un élément
Définition
Soit (G, ∗) un groupe.
1 On dit que G est monogène s’il peut être engendré par un seul élément
g ∈ G, c’est-à-dire s’il existe g ∈ G tel que : G = hgi.
2 Dans ce cas, si G = hgi est un ensemble fini, on dit que G est un groupe
cyclique. Ainsi, un groupe cyclique est un groupe monogène ayant un nombre
fini d’éléments.
3 Soit x un élément de G.
(i) On appelle ordre de x (noté or(x)) le plus petit entier n > 0 tel
que : xn = eG .
Dans ce cas : hxi = { eG , x, x2 , . . . , xn−1 }.
(ii) Si pour tout n > 0, on a xn 6= eG , alors x est dit d’ordre infini.
· 1 2 3 4 5 6
1 1 2 3 4 5 6
2 2 4 6 1 3 5
3 3 6 2 5 1 4
4 4 1 5 2 6 3
5 5 3 1 6 4 2
6 6 5 4 3 2 1
Définition
Soient (G, ?) et (G0 , ∗) deux groupes.
1 On appelle homomorphisme (ou morphisme) de groupes de G
dans G0 toute application f : G → G0 telle que
f −1 : G0 → G
Proposition
Soient (G, ?) et (G0 , ∗) deux groupes et f : G → G0 un homomorphisme
de groupes.
Alors :
(i) f (eG ) = eG0 .
−1
= f x−1 .
(ii) Pour tout x ∈ G, f (x)
Proposition
Soient (G, ?) et (G0 , ∗) deux groupes et soit
f : G −→ G0
f (H) = { f (x) | x ∈ H }
est un sous-groupe de G0 .
(ii) Si H 0 est un sous-groupe de G0 , alors
f −1 (H 0 ) = { x ∈ G | f (x) ∈ H 0 }
est un sous-groupe de G.
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Noyau et image d’un homomorphisme
Définition
Soit
f : G −→ G0
un homomorphisme de groupes.
Le noyau de f , noté Ker(f ), est défini par :
Im(f ) = { f (x) | x ∈ G }.
Nous avons :
1 Ker(f ) = f −1 ({eG0 }), c’est donc un sous-groupe de G.
2 Im(f ) = f (G), c’est donc un sous-groupe de G0 .
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Proposition
Proposition
Soient (G, ?) et (G0 , ∗) deux groupes et
f : G −→ G0
Ker(f ) = {eG }.
Im(f ) = G0 .
Lemme
Avec les notations précédentes, les relations Rg et Rd sont deux
relations d’équivalence.
x−1 ∗ y ∈ H et y −1 ∗ z ∈ H.
donc xRg z.
Ainsi, Rg est une relation d’équivalence.
Remarque
En général, (G/H)g (resp. (G/H)d ) n’admet pas de structure de
groupe.
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Relation modulo un sous-groupe, Théorème de Lagrange
Proposition
Soient G un groupe et H un sous-groupe de G. Pour tout x ∈ G, on a :
Card(x ∗ H) = Card(H).
Cela signifie que toutes les classes à gauche modulo H ont le même
cardinal.
On dit aussi que les classes, à gauche, modulo H sont équipotentes.
Définition
Soient G un groupe et H un sous-groupe de G. L’indice de H dans G
est le cardinal de l’ensemble (G/H). Il est noté [G : H].
Si G/H est un ensemble fini, on dit que H est d’indice fini dans G.
Proposition
Soient G un groupe fini et H un sous-groupe de G. Alors, les classes à
gauche modulo H forment une partition de G. C’est-à-dire :
(i) [
G= x∗H
x∈G
(ii) si x ∗ H 6= y ∗ H, alors
x ∗ H ∩ y ∗ H = ∅.
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Théorème de Lagrange
et pour i 6= j,
xi ∗ H ∩ xj ∗ H = ∅.
Ainsi : !
n
[ n
X
|G| = Card xi ∗ H = Card(xi ∗ H).
i=1 i=1
D’après la proposition précédente
Card(xi ∗ H) = |H|.
Donc :
n
X
|G| = |H| = n|H|.
i=1
On vient donc de montrer que |G| = n|H|, c’est-à-dire que |H| divise |G|.
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Corollaire du théorème de Lagrange
Corollaire 6.1
Soient G un groupe fini et x ∈ G. Alors l’ordre de x divise |G|.
Démonstration.
Soit x ∈ G, avec or(x) = k. Alors
Nn = {1, 2, . . . , n}.
L’ensemble B(E) des bijections de E dans E est un groupe pour la composition des
applications, mais n’est pas en général abélien.
L’application bijective
Ainsi, étudier les bijections d’un ensemble fini de cardinal n revient à étudier celles
de B(Nn ), appelé groupe des permutations de {1, 2, . . . , n}.
Une permutation est une bijection de {1, 2, . . . , n} dans lui-même.
Notations
- On note B(Nn ) = Sn , et on l’appelle le groupe symétrique de degré n.
- Un élément σ ∈ Sn s’écrit sous forme matricielle :
1 2 ··· n
σ= .
σ(1) σ(2) · · · σ(n)
Lemme
Le groupe symétrique Sn est un groupe fini d’ordre n!.
On écrit alors :
τ = ( i j ).
Soit p ∈ N \ {0}. On appelle cycle de longueur p (ou p-cycle) toute
permutation C ∈ Sn qui échange p éléments distincts
i1 , i2 , . . . , ip ∈ Nn
et
C(k) = k, ∀k ∈ Nn \ {i1 , . . . , ip }.
On écrit alors :
C = ( i1 i2 . . . ip ).
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Exemple
Exemple
Les permutations
τ1 = (1 2), τ2 = (4 6), τ3 = (1 8)
C1 = (1 2 3) et C2 = (4 6 5)
Supp(σ) = { k ∈ Nn | σ(k) 6= k }.
Exemple
Considérons la permutation σ = (1 3 4) de S5 .
Lemme
Soient n ∈ N et σ ∈ Sn . Alors :
(a) σ(Supp(σ)) = Supp(σ).
(b) Supp(σ) = Supp(σ −1 ).
(c) Pour tout r ∈ Z, Supp(σ r ) ⊆ Supp(σ).
(d) Si Supp(σ) ∩ Supp(σ 0 ) = ∅ alors σσ 0 = σ 0 σ.
Lemme 2.2
Avec les notations précédentes, Rσ est une relation d’équivalence.
σ r (i) = i,
et on a :
O = Orbσ (i) = { i, σ(i), σ 2 (i), . . . , σ r−1 (i) }.
Cycles disjoints
On dit que deux cycles C1 et C2 dans Sn sont disjoints si leurs supports sont
disjoints, c’est-à-dire :
Supp(C1 ) ∩ Supp(C2 ) = ∅.
Proposition
Soient σ et σ 0 deux éléments de Sn . Si σ et σ 0 sont deux cycles à
supports disjoints, alors ils commutent, c’est-à-dire :
σσ 0 = σ 0 σ.
Cas 2 : k ∈ Supp(σ).
Alors σ(k) ∈ Supp(σ) et, puisque les supports sont disjoints,
/ Supp(σ 0 )
k∈ et / Supp(σ 0 ).
σ(k) ∈
Donc
σ 0 (k) = k, σ 0 (σ(k)) = σ(k),
et par suite
σσ 0 (k) = σ(σ 0 (k)) = σ(k), σ 0 σ(k) = σ 0 (σ(k)) = σ(k).
Cas 3 : k ∈ Supp(σ 0 ).
En échangeant les rôles de σ et σ 0 , on montre de même que si k ∈ Supp(σ 0 ), alors
σ(σ 0 (k)) = σ 0 (σ(k)).
On a donc pour tout k ∈ Nn :
σσ 0 (k) = σ 0 σ(k).
Il en résulte que σ et σ 0 commutent.
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Décomposition d’une permutation
Théorème
Soient n ∈ N∗ et σ ∈ Sn \ {idNn }. Alors, σ se décompose en produit de cycles ayant
des supports, deux à deux, disjoints. Cette décomposition est unique à l’ordre près.
Démonstration.
Les σ-orbites forment une partition de Nn . Chaque orbite non réduite à un point
définit un cycle, et ces cycles sont deux à deux disjoints. Le produit de tous ces
cycles donne σ et, comme les supports sont disjoints, la décomposition est unique à
l’ordre près.
Remarque
On convient que l’identité est le produit de 0 cycles. Ainsi, idNn = σ 0 pour tout
cycle σ ∈ Sn .
Proposition 3.1
Soit σ ∈ Sn \ {idSn }. Si σ = C1 C2 · · · Cr est la décomposition de σ en
cycles disjoints, alors :
or(σ) = ppcm or(C1 ), or(C2 ), . . . , or(Cr ) .
Exemple 3.2
Soit σ ∈ S6 définie par :
1 2 3 4 5 6 7
σ= .
5 2 1 7 6 3 4
σ = (1 5 6 3)(4 7).
Remarque 3.3
1 Les transpositions ne commutent pas en général. Par exemple :
(2 4)(4 7) = (2 4 7) et (4 7)(2 4) = (7 4 2). Donc
(2 4 7) 6= (7 4 2).
2 La décomposition d’une permutation en produit de transpositions
n’est pas unique,
mais elle conserve toujours la même parité. En effet, si
σ = τ1 · · · τs = η1 · · · ηr
s = 2k ⇐⇒ r = 2`.
ε(σ) = (−1)d .
Soit σ ∈ S6 avec
1 2 3 4 5 6
σ= .
3 5 4 1 6 2
La décomposition de σ en cycles disjoints est :
σ = (1 3 4)(2 5 6).
Remarque 3.4
Comme conséquence, soient σ, η ∈ Sn . Alors :
(i) σ et σ −1 ont la même signature, i.e., ε(σ) = ε(σ −1 ).
(ii) ε(ση) = ε(σ)ε(η) = ε(ησ).
(iii) ε(ηση −1 ) = ε(σ).
Le noyau de ε, noté
Ker(ε) = {σ ∈ Sn | ε(σ) = 1},
est le sous-groupe des permutations paires. On l’appelle le groupe alterné de degré
n, noté An .
n!
|An | = .
2
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Exemple 3.4 — Le groupe alterné
Exemple 3.4
Le groupe alterné de degré 2 :
A2 = {idN2 }.
Définition
Soient A un ensemble non vide muni de deux lois de compositions
internes + et ·. On dit que (A, +, ·) est un anneau si :
(A, +) est un groupe abélien (d’élément neutre noté 0A ).
La loi · est associative :
∀x, y, z ∈ A, x · (y · z) = (x · y) · z.
∀x, y, z ∈ A, x · (y + z) = x · y + x · z, (x + y) · z = x · z + y · z.
Exemples
1 (Z, +, ·), (Q, +, ·), (R, +, ·) et (C, +, ·) sont des anneaux commutatifs bien
connus.
2 Si E est un ensemble non vide, alors (P(E), ∆, ∩) est un anneau commutatif,
où ∆ est la différence symétrique :
Alors l’ensemble A(E, A), muni des deux lois de composition (f, g) 7→ f + g et
(f, g) 7→ f g, est un anneau commutatif d’élément unité 1A(E,A) égale à
l’application constante de valeur 1.
Exemple 4
Soient G un groupe abélien non réduit à {0} et noté additivement, et
End(G) l’ensemble des endomorphismes de G.
On munit End(G) des deux lois de composition :
définies par :
Règles
Soit (A, +, ·) un anneau. Toutes les règles de calcul valables dans un groupe abélien
s’appliquent au groupe abélien (A, +). Par exemple, l’opposé d’un élément x ∈ A se
note −x et on note x + (−y) = x − y.
1 Pour tout élément x ∈ A, on a : x · 0A = 0A · x = 0A .
2 Pour tout x ∈ A et tout y ∈ A, on a : x · (−y) = (−x) · y = −(x · y).
3 Pour tout élément x ∈ A, on définit par récurrence sur l’entier n ∈ N les
éléments xn et nx, en posant :
x0 = 1, xn = x n−1 x, 0 · x = 0, nx = (n − 1)x + x.
Proposition
Soient A un anneau, et a, b ∈ A, avec ab = ba. Alors pour tout n ∈ N∗ ,
n
X n!
(a + b)n = Cnk ak b n−k , où Cnk = .
k!(n − k)!
k=0
Définition
Soit (A, +, ·) un anneau.
Définition
Soit (A, +, ·) un anneau.
a) Soit a ∈ A avec a 6= 0A .
On dit que a est un diviseur de zéro à gauche dans A, s’il existe
y 6= 0A dans A tel que ay = 0A .
Définition
Soit (A, +, ·) un anneau.
a) Soit a ∈ A avec a 6= 0A .
On dit que a est un diviseur de zéro à gauche dans A, s’il existe
y 6= 0A dans A tel que ay = 0A .
On dit que a est un diviseur de zéro à droite dans A, s’il existe
z 6= 0A dans A tel que za = 0A .
Définition
Soit (A, +, ·) un anneau.
a) Soit a ∈ A avec a 6= 0A .
On dit que a est un diviseur de zéro à gauche dans A, s’il existe
y 6= 0A dans A tel que ay = 0A .
On dit que a est un diviseur de zéro à droite dans A, s’il existe
z 6= 0A dans A tel que za = 0A .
Si a est à la fois diviseur de zéro à gauche et à droite, alors a est
un diviseur de zéro.
Définition (suite)
b) Nilpotence.
Un élément a ∈ A est dit nilpotent s’il existe n ∈ N tel que an = 0.
Définition (suite)
b) Nilpotence.
Un élément a ∈ A est dit nilpotent s’il existe n ∈ N tel que an = 0.
Si a est nilpotent, le plus petit entier k tel que ak = 0 s’appelle
l’indice de nilpotence de a.
Définition (suite)
b) Nilpotence.
Un élément a ∈ A est dit nilpotent s’il existe n ∈ N tel que an = 0.
Si a est nilpotent, le plus petit entier k tel que ak = 0 s’appelle
l’indice de nilpotence de a.
Il est clair qu’un élément nilpotent a 6= 0 est un diviseur de zéro.
Définition (suite)
b) Nilpotence.
Un élément a ∈ A est dit nilpotent s’il existe n ∈ N tel que an = 0.
Si a est nilpotent, le plus petit entier k tel que ak = 0 s’appelle
l’indice de nilpotence de a.
Il est clair qu’un élément nilpotent a 6= 0 est un diviseur de zéro.
c) Anneau intègre.
On dit qu’un anneau A est intègre s’il est non nul, commutatif et s’il ne
possède pas de diviseurs de zéro. En d’autre terme, A est intègre si,
Définition
Soit (A, +, ·) un anneau commutatif.
On dit que x ∈ A est inverseible dans A, s’il existe y ∈ A tel que
x · y = 1A et y · x = 1A .
Exemple 1
a) Soit l’ensemble des matrices carrées
a c
M2 (R) = a, b, c, d ∈ R .
b d
Exemples (suite)
2) a) L’anneau A(R) n’est pas intègre.
En effet, il existe des fonctions non nulles f, g ∈ A(R) telles que
(f g)(x) = 0 ∀x ∈ R,
Définition
Si (A, +, ·) est un anneau commutatif tel que tout élément non nul de A
est inversible, on dit alors que A est un corps.
Ainsi, un corps est un anneau intègre A avec
U (A) = A \ {0A }.
(∗) ab = 0.
Supposons que a soit inversible. Par multiplication par a−1 dans (∗) on obtient :
a−1 ab = a−1 · 0.
ax − bx = 0 =⇒ (a − b)x = 0.
a − b = 0, c’est-à-dire a = b.
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14 janvier 2026 72 / 109
Sous-anneaux
Définition
Soient (A, +, ·) un anneau et B une partie non vide de A.
On dit que B est un sous-anneau de A si les conditions suivantes sont
vérifiées :
(B, +) est un sous-groupe du groupe additif (A, +) ;
1A ∈ B et pour tout x, y ∈ B, on a xy ∈ B.
On vérifie alors que B, muni des deux lois de composition
(x, y) 7→ x + y et (x, y) 7→ x · y,
Théorème
Soient A un anneau et B une partie de A. Les conditions suivantes sont
équivalentes :
(i) B est un sous-anneau de A ;
(ii) 1A ∈ B et pour tout x, y ∈ B, on a x − y ∈ B et xy ∈ B.
Démonstration :
Si B est un sous-anneau de A, il est clair que la condition (ii) est
vérifiée.
Réciproquement, si la condition (ii) est vérifiée, alors 1A ∈ B et par
suite B 6= ∅.
La condition x − y ∈ B pour tout x, y ∈ B entraîne que (B, +) est un
sous-groupe du groupe additif (A, +).
D’autre part, comme les relations x, y ∈ B impliquent xy ∈ B, on voit
que B est bien un sous-anneau de A.
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14 janvier 2026 74 / 109
Sous-corps
Définition
Soient (K, +, ·) un corps et F ⊆ K avec F 6= ∅.
On dit que F est un sous-corps de K si (F, +, ·) est un sous-anneau de
(K, +, ·) tel que l’inverse de tout élément non nul de F est dans F .
C’est équivalent à :
∀x, y ∈ F, y 6= 0, x−y ∈F et xy −1 ∈ F.
Exemples
1) Sous-anneaux
(a) Z est un sous-anneau de Q qui est un sous-anneau de R.
√ √
(b) Z[ 2] = { a + b 2 | a, b ∈ Z } est un sous-anneau de R.
(c) Si A1 et A2 sont deux sous-anneaux d’un anneau A, alors A1 ∩ A2
est également un sous-anneau de A.
2) Sous-corps
(a) Q est un sous-corps de R, qui est un sous-corps de C.
√ √
(b) Q( 2) = { x + y 2 | x, y ∈ Q } est un sous-corps de R.
(c) Q[i] = { x + yi | x, y ∈ Q } où i2 = −1, est un sous-corps de C.
Démonstration :
Soient (Ai )i∈Λ une famille de sous-anneaux de A. Posons :
\
B= Ai .
i∈Λ
Définition
Maintenant soit E une partie non vide de A. Le plus petit sous-anneau de A qui
contient E (au sens de l’inclusion) s’appelle le sous-anneau de A engendré par E.
C’est exactement l’intersection de tous les sous-anneaux de A contenant E.
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14 janvier 2026 77 / 109
Exemple
Exemple
√ √
Z[ 2] = { a + b 2 | a, b ∈ Z } est le sous-anneau de R engendré par la partie
√
X = Z ∪ { 2}.
√
En effet, on a Z[ 2] ⊆ R et
√ √
1 = 1 + 0 2 ∈ Z[ 2].
√ √ √
Pour x = a + b 2 et y = a0 + b0 2 dans Z[ 2], on obtient :
√ √
x − y = (a − a0 ) + (b − b0 ) 2 ∈ Z[ 2],
√ √
xy = (aa0 + 2bb0 ) + (ab0 + ba0 ) 2 ∈ Z[ 2].
√
Ainsi, Z[ 2] est un sous-anneau de R qui contient X.
√
Soit alors B un sous-anneau√ de R contenant X = Z ∪ { 2}. Alors, pour tout
a, b ∈ Z, on a a, b ∈ B et 2 ∈ B. Par définition d’un sous-anneau,
√
a + b 2 ∈ B.
√
Donc Z[ 2] ⊆ B.
Pr. I. KHALOUFI Pr. Z. HAJHOUJI (ESEF Berrechid
Algèbre
Université
2 Hassan Premier)
14 janvier 2026 78 / 109
Homomorphismes d’anneaux
Définition
Soient (A, +, ·) et (B, +, ·) deux anneaux. Une application ϕ : A → B
est dite un homomorphisme d’anneaux si :
ϕ(1A ) = 1B ,
∀x, y ∈ A, ϕ(x + y) = ϕ(x) + ϕ(y) et ϕ(xy) = ϕ(x)ϕ(y).
Exemples
1. ϕ : C → C, z 7→ z où z désigne le conjugué de z ∈ C, est un
homomorphisme d’anneaux.
2. ψ : A(R) → R, f 7→ f (π) réalise un homomorphisme d’anneaux.
Proposition
Soit ϕ : A → B un homomorphisme d’anneaux. Alors, pour tout x ∈ A :
(a) ϕ(0A ) = 0B et ϕ(−x) = −ϕ(x),
(b) Si x ∈ U (A), alors ϕ(x) ∈ U (B) et
−1
ϕ x−1 = ϕ(x) .
ϕ(−x) = −ϕ(x).
De même,
ϕ(x−1 ) ϕ(x) = 1B .
Donc ϕ(x) est inversible dans B et
ϕ(x−1 ) = (ϕ(x))−1 .
Remarque
Avec les notations précédentes :
(i) Si ϕ est bijective, alors ϕ−1 : B → A est aussi un homomorphisme
d’anneaux. Dans ce cas, on dit que ϕ est un isomorphisme
d’anneaux et que les anneaux A et B sont isomorphes. On note
A ' B.
(ii) Si A et B sont des corps, on dit alors que ϕ est un
homomorphisme de corps (resp. un isomorphisme de corps).
(iii) Soient A, B et C des anneaux, ϕ : A → B et ψ : B → C deux
homomorphismes d’anneaux. Alors leur composée ψ ◦ ϕ : A → C
est un homomorphisme d’anneaux.
Proposition
Soient A et B deux anneaux et ϕ : A → B un homomorphisme d’anneaux :
(a) Si A1 est un sous-anneau de A, alors ϕ(A1 ) est un sous-anneau de B.
(b) Si B1 est un sous-anneau de B, alors ϕ−1 (B1 ) est un sous-anneau de A.
Proposition
Soit ϕ : A → B un homomorphisme d’anneaux. Alors :
1 ϕ est injective si, et seulement si, Ker(ϕ) = {0A }.
2 ϕ est surjective si, et seulement si, Im(ϕ) = B.
Démonstration :
1) Supposons ϕ injective, donc
ϕ(x) = ϕ(0A )
x−y ∈I et ax ∈ I.
x−y ∈I et xa ∈ I.
Éléments de réponse
{0} : 0 − 0 = 0 ∈ {0} ; pour tout a ∈ A, a · 0 = 0 et 0 · a = 0.
A : pour x, y ∈ A, x − y ∈ A (stabilité additive) ; pour tout a ∈ A,
a · x ∈ A et x · a ∈ A (stabilité par multiplication externe).
Remarque
Un idéal de A qui est distinct de A et de {0} s’appelle un idéal propre
de A.
Définition
Soient I et J deux idéaux de A. On définit :
I + J := { x + y | x ∈ I, y ∈ J },
( )
X
I · J := xk yk xk ∈ I, yk ∈ J .
finie
est un idéal de A.
Démonstration :
On sait que I est un sous-groupe du groupe additif (A, +) puisqu’il
s’agit d’une intersection de sous-groupes.
Pour tout x ∈ I, on a x ∈ Iλ pour tout λ ∈ Λ. Comme chaque Iλ est un
idéal, pour tout b ∈ A :
bx ∈ Iλ pour tout λ ∈ Λ.
T
Ainsi, bx ∈ λ∈Λ Iλ = I.
Donc I est un idéal de A.
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NOTION D’IDÉAL
Définition
Soient A un anneau commutatif et X ⊆ A avec X 6= ∅. On appelle
l’idéal de A engendré par X le plus petit idéal de A contenant
X. C’est aussi l’intersection de tous les idéaux de A contenant X.
On le note hXi.
Un élément x ∈ hXi s’écrit alors
x = a1 x1 + · · · + as xs ,
où s ∈ N, a1 , . . . , as ∈ A et x1 , . . . , xs ∈ X.
Si X = {x}, on écrit (x) au lieu de hxi. Ainsi,
hXi = {a1 x1 + · · · + as xs | s ∈ N, ai ∈ A, xi ∈ X}, (x) = Ax =
{ax | a ∈ A}.
Un idéal I de A est dit de type fini s’il est engendré par un
ensemble fini X ⊂ A.
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Idéaux Principaux et Anneaux Principaux
Définition
Soient A un anneau et I un idéal de A.
On dit que I est un idéal principal s’il est engendré par un seul
élément. C’est-à-dire, s’il existe a ∈ A tel que
I = (a) = aA = Aa.
Lemme
Soient A un anneau commutatif et I un idéal de A. Alors,
I ∩ U (A) 6= ∅ ⇐⇒ I = A.
Corollaire
Soient A un anneau commutatif unitaire et I un idéal de A. Alors,
1A ∈ I ⇐⇒ I = A.
Corollaire
Soit K un corps. Les seuls idéaux de K sont {0} et K.
Propriété
L’anneau Z est un anneau principal et tout idéal de Z est de la forme
nZ, n ∈ N.
(i) (a) + (b) = (d), (ii) (a) ∩ (b) = (m), (iii) (a) · (b) = (ab).
a = αn, b = βn.
Propriété
Si I et J sont deux idéaux d’un anneau A, alors :
I · J ⊆ I ∩ J.
Définition
Soit A un anneau commutatif et I ( A. On dit que :
I est un idéal premier si :
∀x, y ∈ A, xy ∈ I =⇒ x ∈ I ou y ∈ I.
∀J idéal de A, I ⊆ J =⇒ I = J ou J = A.
Résultat
(0) est premier si et seulement si Z est intègre.
Explication
Comme Z est un anneau intègre, l’idéal (0) vérifie :
xy ∈ (0) =⇒ xy = 0 =⇒ x = 0 ou y = 0.
Démonstration (idée)
Puisque Z est intègre, l’idéal (0) est premier.
Supposons maintenant que I = (p) soit un idéal premier avec p 6= 0, et soient
x, y ∈ Z tels que p | xy. Alors xy ∈ I, et comme I est premier, on obtient
x∈I ou y ∈ I.
p|x ou p | y,
Résultat
Pour I = pZ, on a :
Démonstration (b).
Soit I un idéal maximal de Z. Alors nécessairement I = pZ pour un certain p 6= 0.
Soient x, y ∈ Z tels que p | xy. Supposons que p - x et p - y.
Alors les idéaux J = I + (x) et J 0 = I + (y) sont des idéaux de Z contenant
strictement I. Comme I est maximal, on a J = Z et J 0 = Z. Ainsi, il existe u, v ∈ Z
tels que pu + xv = 1, et il existe également u0 , v 0 ∈ Z tels que pu0 + yv 0 = 1.
D’après le théorème de Bézout, ceci équivaut à : gcd(p, x) = 1 et gcd(p, y) = 1. Alors
gcd(p, xy) = 1, ce qui est impossible puisque p | xy.
Cette contradiction montre que nécessairement p | x ou p | y. Ainsi, p est un nombre
premier.
Réciproquement, supposons que I = pZ avec p premier. Si J = nZ est un idéal
contenant I, alors I ⊆ J implique n | p. Puisque p est premier, on a n = 1 ou n = p.
Si n = 1, alors J = Z.
Ainsi, I est maximal.
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Lemme
Quotient
Soient A un anneau commutatif et I un idéal de A. La relation définie
par :
xRy ⇐⇒ x − y ∈ I
est une relation d’équivalence sur A.
Comme I est un sous-groupe du groupe abélien (A, +), R est bien une
relation d’équivalence. La relation R est compatible avec les lois + et ·
de A, c’est-à-dire :
Résultat
L’ensemble quotient A/I muni de la loi + définie par :
x̄ + ȳ = x + y, x̄ = x + I
∀x̄, ȳ ∈ A/I, x̄ · ȳ = xy
Définition
L’anneau (A/I, +, ·) s’appelle l’anneau quotient de A par l’idéal I.
De plus, l’application canonique
s : A −→ A/I, x 7−→ x̄ = x + I
I = nZ.
xRy ⇐⇒ x − y ∈ I ⇐⇒ n divise (x − y)
+ 0 1 2 3 4 5 · 0 1 2 3 4 5
0 0 1 2 3 4 5 0 0 0 0 0 0 0
1 1 2 3 4 5 0 1 0 1 2 3 4 5
2 2 3 4 5 0 1 2 0 2 4 0 2 4
3 3 4 5 0 1 2 3 0 3 0 3 0 3
4 4 5 0 1 2 3 4 0 4 2 0 4 2
5 5 0 1 2 3 4 5 0 5 4 3 2 1
Explication :
Remarque
Soit f : A −→ B un homomorphisme d’anneaux. Considérons la
relation d’équivalence : ∀x, y ∈ A, xRy ⇐⇒ f (x) = f (y).
Alors,
xRy ⇐⇒ f (x − y) = 0B ⇐⇒ x − y ∈ Ker(f ).
Comme Ker(f ) est un idéal de A, on peut former l’anneau quotient
A/Ker(f ).
L’application canonique :
Théorème d’isomorphisme
Avec les mêmes notations que dans la remarque précédente :
Il existe un isomorphisme d’anneaux entre A/Ker(f ) et Im(f ).