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Rappels sur les probabilités et variables aléatoires

Ce document présente des rappels et compléments sur les probabilités, incluant des définitions d'espaces probabilisables, de variables aléatoires, et de lois de probabilité. Il aborde également les concepts d'espérance, de variance, et de probabilités conditionnelles, ainsi que des théorèmes associés. Des exemples illustrent les notions discutées, notamment la loi de variables aléatoires discrètes et l'application de formules de probabilités totales et de Bayes.

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Rappels sur les probabilités et variables aléatoires

Ce document présente des rappels et compléments sur les probabilités, incluant des définitions d'espaces probabilisables, de variables aléatoires, et de lois de probabilité. Il aborde également les concepts d'espérance, de variance, et de probabilités conditionnelles, ainsi que des théorèmes associés. Des exemples illustrent les notions discutées, notamment la loi de variables aléatoires discrètes et l'application de formules de probabilités totales et de Bayes.

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Lycée La Bruyère 2022-2023

ECG 2

Chapitre 5
Rappels et compléments de probabilités

1 Variables aléatoires
1.1 Espace probabilisé
Définition 1
Un espace probabilisable (Ω, A) est la donnée :
(i) de l’univers Ω correspondant à l’ensemble des issues d’une expérience aléatoire
(ii) de l’ensemble des évènements A.

Rappel
L’ensemble des évènements A contient Ω et est stable par union et intersection dénombrables et pas passage au
complémentaire.

Définition 2
Une probabilité P sur un espace probabilisable (Ω, A) est une application de A dans [0, 1] vérifiant les deux
propriétés suivantes :
(i) P(Ω) = 1 ;
X
(ii) si (An )n∈N est une famille dénombrable d’événements deux à deux incompatibles, alors la série P(An )
n≥0
converge et !
+∞
[ +∞
X
P An = P(An ).
n=0 n=0

On dit alors que (Ω, A, P) est un espace probabilisé.

Définition 3
Soit (Ai )i∈I une famille d’évènements de A. On dit que (Ai )i∈I est un système complet d’évènements (noté
s.c.e.) lorsque :
[
(i) Ai = Ω,
i∈I
(ii) les (Ai ) sont deux à deux incompatibles

∀(i, j) ∈ I 2 , i 6= j =⇒ Ai ∩ Aj = ∅.

Définition 4
Soit (Ω, A, P) un espace probabilisé et A un évènement.
(i) On dit que A est négligeable pour P, ou que A est quasi-impossible, lorsque P(A) = 0.
(ii) On dit que A est presque sûr pour P, ou que A est quasi-certain, lorsque P(A) = 1.

1.2 Variables aléatoires réelles


Définition 5
On appelle variable aléatoire réelle sur (Ω, A, P) toute application X : Ω → R telle que :

∀x ∈ R, [X ≤ x] ∈ A.

Définition 6
On appelle loi d’une variable aléatoire réelle la donnée des P(X ∈ I) pour tout intervalle I de R.

1
Proposition 1
Soient X et Y deux variables aléatoires réelles définies sur (Ω, A) et soit λ ∈ R. Alors X +Y, XY , λX, min(X, Y )
et max(X, Y ) sont également des variables aléatoires réelles sur (Ω, A).

Définition 7
On appelle fonction de répartition de X la fonction FX : R → [0, 1]; t 7→ P([X ≤ t]).

Théorème 1
(i) FX est croissante sur R.
(ii) On a
lim FX (t) = 0 et lim FX (t) = 1.
t→−∞ t→+∞

(iii) FX est continue à droite en tout point de R.


(iv) On a ∀t ∈ R, P([X > t]) = 1 − FX (t)
et ∀(a, b) ∈ R2 , a < b =⇒ P([a < X ≤ b]) = FX (b) − FX (a).

Proposition 2
La loi d’une variable aléatoire est caractérisée par la fonction de répartition.

Définition 8
A ∈ A. On appelle variable indicatrice de A, et on note 1A la fonction définie de Ω dans R par :

1 si ω ∈ A
1A (ω) = 0 sinon
.

Remarque
Si A ∈ A, alors 1A est une variable aléatoire réelle.
Exemple 1
On lance n fois une pièce équilibrée. On note Ai l’événement  on fait pile au i-ème lancer . Que représentent
Xn Yn
1Ai et 1 − 1Ai ?
i=1 i=1

2 Variables aléatoires réelles discrètes


Dans toute la suite, (Ω, A, P) désigne un espace probabilisé.

2.1 Définition
Définition 9
Une variable aléatoire réelle X définie sur Ω est dite discrète si l’ensemble X(Ω) des valeurs prises par X est
dénombrable.

Exemple 2
Si X ,→ G(p), alors X est discrète car X(Ω) = N∗ est dénombrable.

Proposition 3
Soit X une variable aléatoire discrète. Alors la loi de X est entièrement caractérisée par la donnée :
(i) du support X(Ω) de X
(ii) de tous les P(X = x) pour x ∈ X(Ω).

2.2 Espérance
Définition 10
X variable aléatoire réelle discrète X avec X(Ω) = {xi , i ∈ I} admet une espérance si et seulement si la série
Une
xi P(X = xi ) converge absolument. Dans ce cas, on note E(X) la somme de cette série.
i∈I

2
Proposition 4 (linéarité de l’espérance)
Si X et Y sont deux variables aléatoires discrètes qui admettent une espérance et si (λ, µ) ∈ R2 , alors λX + µY
admet une espérance et
E(λX + µY ) = λE(X) + µE(Y ).

Corollaire 1
n
X
Si X1 , ..., Xn sont des variables aléatoires discrètes qui admettent une espérance alors Xi admet une espérance
i=1
et !
n
X n
X
E Xi = E(Xi ).
i=1 i=1

Théorème 2 (théorème de transfert)


Soit X une variable aléatoire réelle discrète, avec X(Ω) = {xi , i ∈ I}, I ⊂ N. Soit g : X X(Ω) → R. Alors
g(X) est une variable aléatoire discrète, qui admet une espérance si et seulement si la série g(xi )P(X = xi )
i∈I
converge absolument. Dans ce cas, on a alors :
X
E(g(X)) = g(xi )P(X = xi ).
i∈I

Proposition 5 (existence d’une espérance par domination)


Si X et Y sont deux variables aléatoires discrètes telles que |X| ≤ Y presque sûrement (i.e. si P(|X| ≤ Y ) = 1),
et si Y admet une espérance, alors X admet une espérance, et dans ce cas |E(X)| ≤ E(Y ).

Corollaire 2 (croissance de l’espérance)


Si X et Y sont deux variables aléatoires discrètes admettant une espérance avec X ≤ Y presque sûrement, alors
E(X) ≤ E(Y ).

2.3 Variance
Définition 11
Soit X une variable aléatoire discrète admettant une espérance. On dit que X admet
 une variance si et seulement
si (X − E(X))2 admet une espérance, et on note alors V(X) = E (X − E(X))2 .

Proposition 6 (formule de Koenig-Huyghens)


Soit X une variable aléatoire discrète. Alors X admet une variance si et seulement si X 2 admet une espérance.
Dans ce cas :
V(X) = E(X 2 ) − (E(X))2 .

3 Probabilités conditionnelles
3.1 Rappels sur les probabilités conditionnelles
Définition 12
Soient A et B deux évènements tels que P(A) 6= 0. On appelle probabilité conditionnelle de B sachant A, le réel
P(B ∩ A)
PA (B) = .
P(A)
PA (B) peut aussi être notée P(B|A).

Proposition 7
PA est une probabilité sur (Ω, A).

Théorème 3 (formule des probabilités composées)


Soit (A1 , . . . , An ) une famille finie d’événements tels que P(A1 ∩ · · · ∩ An−1 ) 6= 0.
Alors la probabilité que tous les événements se réalisent simultanément est

P (A1 ∩ · · · ∩ An ) = P (A1 ) · PA1 (A2 ) · . . . · PA1 ∩···∩An−1 (An )

3
Exemple 3
Une urne contient n − 1 boules rouges et une boule verte. On effectue des tirages sans remise jusqu’à obtenir la
boule verte, et on note X la variable aléatoire égale au rang d’apparition de la boule verte.
Déterminer la loi de X.

Théorème 4 (formule des probabilités totales)


On suppose queX (Ai )i∈I est un s.c.e. avec I fini ouX
dénombrable. Soit B un évènement.
(i) La série P(B ∩ Ai ) converge et P(B) = P(B ∩ Ai ).
i∈I i∈I
X
(ii) Si de plus pour tout i ∈ I, P(Ai ) 6= 0, P(B) = PAi (B)P(Ai ).
i∈I

Théorème 5 (formule de Bayes)


Si A et B sont deux événements de probabilités non nulles, alors

PB (A)P(B)
PA (B) = .
P(A)

3.2 Loi conditionnelle, espérance conditionnelle


Définition 13
Si X est une variable aléatoire réelle discrète sur (Ω, A, P) et A un évènement de probabilité non nulle. On
appelle loi de X sachant A, ou loi de X conditionnellement à A, la loi de X pour la probabilité PA , c’est-à-dire
la donnée de tous les couples (x, PA (X = x)), pour x ∈ X(Ω).

Exemple 4
Le nombre de clients qui entrent dans un restaurant un soir de semaine est une variable aléatoire X qui suit
une loi de Poisson de paramètre λ. Chaque client choisit, indépendamment du choix de ses voisins, de la viande
avec probabilité p et du poisson avec la probabilité 1 − p. On note Y le nombre de clients qui choisissent de la
viande.
(i) Soit n ∈ N. Déterminer la loi de Y sachant [X = n].
(ii) En déduire la loi de Y .

Définition 14
Soit X une variable aléatoire réelle discrète avec X(Ω) = {xi , i ∈ I}. Soit A un évènement tel que P(A) 6= 0. On
dit que X admet une espérance sachant A (ou espérance conditionnellement
X à A) si et seulement si X admet
une espérance pour la probabilité PA , autrement dit si la série xi PA (X = xi ) est absolument convergente.
i∈I
Dans ce cas, on note X
E(X|A) = xi PA (X = xi )
i∈I

l’espérance de X sachant A.

Exemple 4 (suite)
Déterminer pour n ∈ N, l’espérance de Y sachant [X = n].

3.3 Formule de l’espérance totale


Théorème 6 (formule de l’espérance totale)
Soit X une variable aléatoire discrète sur (Ω, A, P), et soit (An )n∈I un système complet d’événements, avec I
dénombrable ou fini, tel que pour tout n ∈ I, P(An ) 6= 0. Alors X admet une espérance si et seulement si :
(i) ∀n
X∈ I, E(X|An ) existe
(ii) P(An )E(|X| |An ) converge.
n∈I
Dans ce cas, on a alors X
E(X) = P(An )E(X|An ).
n∈I

Exemple 4 (fin)
Retrouver, à l’aide de la formule de l’espérance totale, l’espérance de Y .

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