Propriétés Magnétiques des Solides
Propriétés Magnétiques des Solides
Une charge q se déplaçant à une vitesse dans un espace où règne une induction
magnétique est soumise à une force magnétique .
L'effet magnétique d'un circuit électrique de contour (C) parcouru par un courant I peut être
caractérisé par un vecteur appelé moment magnétique et tel que unité: A.m2
où S est une surface quelconque qui s'appuie sur le contour (C). le moment magnétique ne
dépend que du contour (C). S
I (C)
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PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
- Ou bien elle cesse en même temps que le champ magnétique extérieur: c'est le
paramagnétisme ou le diamagnétisme.
- Ou bien elle persiste plus ou moins: c'est le ferromagnétisme.
Pour quelques corps, assez rares, les 2 vecteurs sont de même sens: ces corps
sont dits paramagnétiques. Leur susceptibilité χ est positive.
Exemple: Oxygène χ = + 2. 10-5 à 0°C et 760 mm
Air χ = + 3,8. 10-7
La plupart des sels de fer (chlorure ferrique χ = + 3,3. 10-3)
Pour presque tous les corps, les 2 vecteurs sont de sens opposé: ces corps sont
dits diamagnétiques. Leur susceptibilité χ est négative.
Exemple: Bismuth χ = - 1,5. 10-4
Eau χ = - 9,0. 10-6
Alcool χ = - 7,0. 10-6
La force subie par une particule de matière para ou diamagnétique dans un champ magnétique
est où τ est le volume de la particule. Dans une induction uniforme
la particule ne subit donc aucune force.
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PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
(a) (b)
Alors où est la nouvelle vitesse angulaire. Si on remplace par son
expression il vient: .
est la variation de la vitesse angulaire due au champ magnétique.
Ainsi, l'électron circule plus rapidement ou plus lentement selon le sens du vecteur par
rapport à .
Le moment magnétique orbital est proportionnel à la vitesse angulaire, et dirigé suivant
l'induction . En effet, le courant I dû à la circulation de l'électron dans son orbite est donné
par: I = charge x nombre de tours par unité de temps. I = - e . (1/T) d'où I = - e /2
T est la période soit le temps mis par l'électron pour retrouver sa position initiale.
Le moment magnétique est égal au produit du courant par l'aire de l'orbite:
.
La variation du moment magnétique entre et 0 vaut . Ainsi,
dans le premier cas de figure (a), a le même sens que Fq , > 0 , > o. le
vecteur s'oppose à .
dans le second cas de figure (b), s'oppose à Fq , < 0 , < o. le vecteur
s'oppose encore à .
Dans les deux cas la variation du champ magnétique due à l'application du champ s'oppose à
. Ainsi, l'application du champ crée un moment magnétique qui s'oppose à
Même pour les champs les plus élevés obtenus au laboratoire (100T), reste faible par
rapport à 0. peut alors être approximé par:
. Cette expression est dite fréquence de Larmor.
D'une façon générale on peut montrer que le mouvement des électrons autour des noyaux sous
l'effet d'un champ magnétique change de telle façon à faire apparaitre une vitesse angulaire
supplémentaire des électrons autour du noyau .
Alors si pour tous les électrons le courant moyen est nul es l'absence de champ magnétique,
l'application du champ provoque un courant moyen autour du noyau qui peut être
caractérisé par un moment magnétique opposé à :
d'où où Z est le nombre
d'électrons gravitant autour du noyau et <R2> le carré moyen de la distance des électrons à
l'axe du champ magnétique passant par le noyau.
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PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
Dans un repère (x,y,z) d'axe z parallèle à , le carré moyen <R2> est donné par la somme des
carrés moyens <x2>+<y2> <R2>=<x2>+<y2> or le carré moyen de la distance de l'électron au
noyau pris comme origine du repère est <r2>=<x2>+<y2>+<z2>.
Dans le cas d'une distribution d'électrons autour du noyau de forme sphérique
<x2>=<y2>=<z2> et donc <r2> = (3/2).<R2>.
On peut alors en conclure que .
. or .
La susceptibilité diamagnétique par unité de volume déterminée par Langevin en 1905 s'écrit
alors:
Dans les diélectriques solides, ce résultat de Langevin décrit bien la contribution
diamagnétique des "ions cristallins" définis comme noyau+électrons liés au noyau. La
contribution des électrons libres est plus compliquée.
C/ PARAMAGNETISME
Dans la théorie du diamagnétisme, nous avons supposé que le courant moyen dû à tous les
électrons de l'atome était nul en l'absence de champ magnétique appliqué. Le moment
magnétique total de l'atome est donc nul. Ceci se produit lorsque l'atome contient un nombre
suffisant d'orbites électroniques disposées avec une symétrie suffisante pour que le moment
total soit nul. Dans ce cas on observe le diamagnétisme.
Supposons par contre dans ce paragraphe que par suite d'une symétrie insuffisante dans la
disposition des orbites électroniques, l'atome possède un moment magnétique résultant en
l'absence de champ magnétique extérieur.
Ce moment magnétique de l'atome est le résultat de 2 contributions:
- Celle du mouvement orbital des électrons autour du noyau caractérisé par un moment
magnétique orbital.
- Celle qui correspond à la propriété intrinsèque des électrons: le spin caractérisé par un
moment magnétique intrinsèque: le moment de spin.
Ces deux types de moments (orbital et de spin) ont le même ordre de grandeur.
Le moment de spin est égal où est le magnéton de Bohr donné par
.
En l'absence de champ magnétique extérieur, les atomes contenus dans un certain volume de
matière ont toutes les orientations possibles et le moment magnétique résultant dans tout le
volume est nul.
Sous l'action d'un champ extérieur , chaque atome tend a s'orienter de façon que son
moment magnétique total soit parallèle à et de même sens; la somme des moments
magnétiques cesse d'être nulle. Le vecteur somme a le même sens que le champ : la
substance est paramagnétique. Le paramagnétisme est donc une propriété particulière de
certains atomes, liée à une répartition particulière de leurs orbites électroniques.
1- Théorie classique du paramagnétisme
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PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
L'énergie potentielle d'un atome porteur d'un moment magnétique dans un champ
magnétique s'écrit: . La position de stabilité correspondant à une énergie minimum
correspond à un moment dipolaire parallèle à . Le champ tend donc à orienter les
moments magnétiques, la température tend à les désorienter.
Si est l'angle compris entre le moment magnétique et le champ, l'énergie potentielle du
dipôle s'écrit: . Si N est la concentration d'atomes, l'aimantation peut alors
s'écrire . Dans l'approximation de Maxwell-Boltzmann, la probabilité de
trouver une molécule dont le moment magnétique fait un angle avec le champ (donc
contenu dans un angle solide d ) est proportionnelle à .
d
angle solide élémentaire d
Nous avons donc:
où donc
où . est
la fonction de Langevin.
Si µ B << kB T, x <<1
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PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
donnée par:
est l'aimantation de saturation.
Si x >> 1 (hypothèse des champs magnétiques forts, faibles températures)
l'aimantation vaut sa valeur à saturation. L'agitation thermique est faible et la force du
champ magnétique permet un alignement des moments magnétiques de tous les atomes.
Si x << 1 (hypothèse du champ faible à haute température)
alors
. loi de Curie.
En notant p est appelé nombre effectif de magnéton de Bohr.
Quand J grand, la fonction de Brillouin se rapproche de la fonction de Langevin
.
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PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
Exemple: Ce3+: un seul électron sur la sous-couche f (ℓ=3) donc S=1/2 L=3 J=L-S=5/2
n=4 ℓ=3
mℓ -3 -2 -1 0 +1 +2 +3
Pr3+ :
2 électrons sur la sous-couche f donc S=1 L=5 J=L-S=4
Les matériaux paramagnétiques se divisent en 2 groupes: les ions terres rares et les ions du
groupe du fer. Ces deux groupes ont des comportements expérimentaux différents. Ils sont
résumés dans le tableau ci-dessous.
A travers ces deux tableaux nous pouvons voir que le nombre effectif de magnétons de Bohr
expérimental est assez proche de la valeur calculée dans le cas des sels de lanthanides. Par
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PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
contre pour les ions des métaux de transition, les valeurs de p expérimentales et calculées par
sont assez éloignées. Cependant, si on compare les valeurs de p expérimentales
avec la valeur on peut observer un bon accord.
La raison principale de la différence entre les sels de terres rares et ceux du groupe du fer, est
le fait que la sous-couche 4f, responsable du paramagnétisme dans les ions de terres rares est
une couche profonde intérieure aux couches 5s et 5p.
Au contraire dans les ions du groupe du fer la sous-couche 3d responsable du paramagnétisme
est externe: elle est ainsi soumise au champ électrique local intense dû aux ions voisins.
L'interaction des ions avec ce champ a deux effets importants:
Le couplage des vecteurs est en grande partie rompu, d'où ces états ne sont
plus caractérisés par les valeurs de J.
De plus, les (2L+1) sous-niveaux appartenant à un L donné, qui sont dégénérés dans
l'ion libre, peuvent maintenant être séparés sous l'action du champ cristallin. Cette
décomposition diminue la contribution du moment orbital au moment magnétique.
3- Susceptibilité paramagnétique des électrons de conduction
La contribution à la susceptibilité magnétique des métaux est apportée, en plus des carcasses
atomiques, par les électrons de conduction.
Les données expérimentales témoignent par exemple que tous les métaux alcalins sont
paramagnétiques. De plus leur susceptibilité ne dépend pas de la température. Puisque le
réseau des métaux alcalins est diamagnétique, le paramagnétisme ne peut être dû qu'au
paramagnétisme des électrons de conduction. La susceptibilité due au paramagnétisme des
électrons libres devrait donc être indépendant de la température.
Le paramagnétisme du gaz électronique est lié au fait que les électrons sont porteurs d'un
moment magnétique de spin égal au magnéton de Bohr ( car et
g=2).
Dans un champ magnétique, les moments de spin s'orientent surtout suivant le champ. Il en
résulte une aimantation qui, si le calcul se fait selon le modèle de Brillouin (paragraphe
précédent) est inversement proportionnelle à la température (système à 2 niveaux). La
susceptibilité devrait alors obéir à la loi de curie: . Ce n'est pas ce qu'on
observe expérimentalement. En effet les mesures montrent que la susceptibilité magnétique
des électrons de conduction est indépendante de la température. L'utilisation de la statistique
de Boltzmann ne convient pas dans l'étude d'un gaz d'électrons libres. Un résultat plus exact a
été proposé par Pauli, où il utilise la statistique de Fermi-Dirac.
En l'absence de champ magnétique, à T=0K les électrons occupent tous les niveaux en
dessous du niveau de Fermi EF. A chaque niveau d'énergie E se trouvent deux électrons de
spins opposés. Le moment magnétique résultant des électrons libres est nul. La bande de
conduction (figure a) peut être divisée en 2 sous-bandes qui diffèrent par le sens du spin. Si
g(E) est la densité d'état électronique volumique totale faisant intervenir le spin des électrons
elle peut être décomposée en deux densités d'états pour chaque type de spin (parallèle et
antiparallèle) (figure b). ga(E) = gp(E) = g(E)/2
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PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
Dans un champ magnétique non nul, la demi-bande dans laquelle les moments magnétiques
sont parallèles au champ magnétique tandis que la demi-bande correspondant aux spins
antiparallèles se déplace vers le haut de . De cette façon les deux demi-bandes se
déplacent l'une de l'autre de 2 (figure c). à l'équilibre le niveau de Fermi étant constant
pour tout le système, le nombre d'électrons dont le spin est parallèle au champ sont plus
nombreux que ceux dont le spin est antiparallèle. Le paramagnétisme des électrons de
conduction est donc dû à la différence de ces populations d'électrons et l'aimantation est dans
le sens du champ magnétique.
Si NP est la concentration des électrons de spins parallèles au champ et N a ceux dont le spin
est antiparallèle à , le calcul de l'aimantation se fait comme suit:
où et
On rappelle qu'en l'absence de champ magnétique, la densité d'états électronique pour un seul
Sous l'effet du champ magnétique l'énergie des électrons libres de spins parallèles s'écrit
et celles des électrons de spin antiparallèles s'écrit . On en
et
et
et
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PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
et
D/ FERROMAGNETISME
On vient de voir que l'aimantation de saturation ne peut être obtenue dans les matériaux
paramagnétiques qu'à très basse température et à très fort champ magnétique. Dans les
matériaux ferromagnétiques, la saturation survient à des températures normales et à des
champs normaux et même quelquefois très faibles. Ces matériaux peuvent aussi présenter une
aimantation spontanée en l'absence de champ magnétique. Ils ont une température
caractéristique appelée température de curie T C en dessous de laquelle ils ont un
comportement ferromagnétique et au dessus de laquelle le ferromagnétisme est détruit, leur
comportement se rapproche alors de celui des matériaux paramagnétiques.
1- Propriétés des matériaux ferromagnétiques
Seuls quelques éléments sont ferromagnétiques; Fe, Co, Ni, Gd et quelques autres terres rares.
Mais on fabrique des alliages ayant des propriétés ferromagnétiques remarquables.
Depuis le début du siècle dernier, plusieurs études ont été menées pour comprendre le
ferromagnétisme. La théorie reste encore non satisfaisante, ce qui est dû en grande partie à la
structure de bande d'énergies des éléments de transition non encore bien dominée. Le
ferromagnétisme est dû à un auto-alignement des moments magnétiques de groupes d'atomes
ayant des moments magnétiques [Link] moments magnétiques élémentaires sont
ceux responsables du paramagnétisme. Ainsi la discussion pourrait s'orienter vers la recherche
de la raison pour laquelle des moments magnétiques s'alignent sans l'aide d'un champ
extérieur. Les principaux éléments ferromagnétiques ont les propriétés suivantes:
Elément Configuration Réseau Rayon Msat (0K) nB (0K) TC (K)
électronique cristallin atomique A/m nB=Msat/NµB
Fe 3d6 4s2 CC 1,24 Å 1,69 106 2,22 1043
Co 3d7 4s2 HC 1,25 Å 1,36 106 1,72 1404
Ni 3d8 4s2 CFC 1,25 Å 0,45 106 0,54 631
Gd 4f7 5d1 6s2 HC 1,78 Å 5,66 106 7,10 281
Ainsi le ferromagnétisme n'est pas une caractéristique d'un type cristallin particulier. La
température de Curie varie beaucoup d'un élément à l'autre. Le seul point commun est la
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PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
structure électronique, les trois premiers éléments sont dans le groupe de transition 3d et le
quatrième est dans le groupe de transition des terres rares. Ces couches partiellement remplie
sont à la base de l'explication du ferromagnétisme.
2- Origine du ferromagnétisme
Modèle de Heisenberg
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PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
E
EF(Cu) couche sp
Bandes d'énergie des éléments
EF (Ni, Fe, Co) de transition Fe, Co, Ni et du Cu
couche 3d
g(E)
Pour le cuivre (3d10 4s1) la bande 3d est pleine. EF se situe dans la bande 4sp où la densité
d'état est faible. Le cuivre n'est donc pas ferromagnétique.
Un corps ferromagnétique pour posséder une aimantation en dessous de la température de
Curie doit transférer des électrons d'un état de spin vers l'autre (comme dans le cas du
paramagnétisme de Pauli jusqu'à l'alignement du niveau de Fermi).
Le nombre le plus important d'électrons d'un spin particulier l'emporte. Une aimantation
apparait. Ce transfert doit se faire spontanément donc en l'absence de champ magnétique.
Le problème est donc: pourquoi ce transfert? La spontanéité de ce transfert ne peut
s'expliquer que par la diminution de l'énergie du système. Quelle est l'origine de cette
diminution d'énergie?
L'origine de cette diminution de l'énergie est supposée généralement due à l'interaction
d'échange entre couches 3d voisines qui abaissent l'énergie quand leurs spins sont alignés.
Dans le cas Fe, Co, Ni les électrons sont bien localisés sur les atomes (bande 3d étroite), on
peut raisonnablement parler d'interaction entre électrons (3d) sur des atomes voisins. Vu que
g(EF) est importante, les électrons (3d) qui peuvent se transférer d'une demi-bande à l'autre
sont nombreux.
Cette énergie d'échange n'est pas due à l'interaction magnétique entre 2 dipôles magnétiques
si et r = 1Å E 12 = 0,0001eV. Or pour le fer au voisinage de la
température de curie, l'énergie thermique (qui détruit le ferromagnétisme donc l'énergie
d'échange,) est de l'ordre de E=0,1eV.
L'énergie d'échange est donc nettement supérieure à l'énergie d'interaction entre dipôles
magnétiques. Cette énergie d'échange ne peut pas être décrite par des modèles classiques.
C'est un effet purement quantique.
C'est Heisenberg en 1928 qui proposa une explication, qui est encore aujourd'hui à la base des
interprétations théoriques. Il a étendu au cristal la méthode introduite pour la molécule H 2 par
Heitler et London. Il s'agit du calcul du couplage entre spins voisins par l'intermédiaire des
fonctions d'onde électroniques (interaction d'échange), dont le couplage fait intervenir
l'interaction coulombienne et le principe de Pauli.
L'interaction d'échange peut dans ce modèle s'exprimer par:
sont les spins des atomes voisins en interaction et I est l'intégrale d'échange. Elle
dépend du matériau et de la distance entre les atomes en interaction.
Pour les corps ferromagnétiques l'intégrale d'échange est positive. L'énergie d'échange est
donc minimale lorsque les spins des atomes voisins i et j sont parallèles et de même sens.
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PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
Modèle de Weiss
En 1907 Weiss a donné une justification phénoménologique au ferromagnétisme. Il suppose
l'existence d'un champ interne, proportionnel à l'aimantation et provenant des dipôles voisins.
Ce champ se superpose au champ appliqué . Le champ effectif sur chaque dipôle
magnétique s'écrit alors où est la constante de proportionnalité entre le
champ interne et l'aimantation . Cette théorie phénoménologique a eu un grand succès pour
expliquer le comportement des corps ferromagnétiques.
3- Dépendance en température de l'aimantation
a- Existence de l'aimantation spontanée
Cas classique
On reprend le modèle du paramagnétisme classique en remplaçant le champ magnétique par
le champ effectif
L'aimantation s'écrit: est la fonction de Langevin.
Elle s'écrit où .
Si x >>1 et M = N µ=. Msat
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PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
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PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
Evolution théorique de
l'aimantation spontanée
en fonction de la température.
Est-il compatible avec l'expérience. L'accord est assez bon pour les températures juste en
dessous de , cependant pour T<< cette théorie du champ moyen de Weiss ne décrit pas
bien la courbe. Bloch en 1930 (théorie des ondes de spin) établit une théorie de l'aimantation,
en utilisant la mécanique quantique pour T voisin de 0K et T<< et pour la symétrie cubique
(importance de la symétrie cristalline). Dans sa théorie l'aimantation suit la loi appelée
est une constante dépendante de la structure cristallographique. (1 pour CS, 2 pour CC, 4
pour CFC). On retrouve que l'aimantation décroit quand la température augmente.
Une telle loi a été expérimentalement confirmée pour le Fe , Co et Ni pour T<70K.
c- Comportement des corps ferromagnétiques pour T>
A ces températures il n'y a pas d'aimantation spontanée. L'aimantation apparait et disparait
avec le champ magnétique. Le comportement est semblable donc au paramagnétisme.
Cas classique:
Dans ce domaine on peut considérer que T grand donc x<<1 donc d'où
. En notant et si on pose
de Curie
C'est la loi de Curie-Weiss. Le comportement de ces corps au dessus de est donc analogue à
celui obtenu sur les corps paramagnétiques.
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PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
devient . En posant:
TC (K) (K)
on a .
Fe 1043 1101
Juste au dessus de , la susceptibilité est élevée comme le
montre la théorie, mais expérimentalement, son comportement Co 1393 1410
est différent de celui prévu. Un exemple expérimental est
présenté ci-dessous illustrant le cas du nickel. Ni 631 650
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PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
Une grande différence existe entre l'aimantation d'un corps paramagnétique et celle d'un corps
ferromagnétique pour un même champ magnétique extérieur.
Par exemple le chlorure de chrome Cr Cl3 paramagnétique, de susceptibilité 1,5 10-3, possède
une aimantation de 3 10-3A/m en présence d'un champ faible de 2A/m. cependant pour un bon
matériau ferromagnétique l'aimantation peut passer de 0 en l'absence de champ à un ordre de
106 A/m dans ce même champ faible de 2A/m.
Une telle différence ne peut s'expliquer facilement du point de vue quantitatif. Un modèle
qualitatif dû à l'intuition de Weiss, et confirmé expérimentalement par la suite à expliquer un
tel comportement. Dans la théorie précédente la susceptibilité ferromagnétique élevée a été
attribuée à l'alignement des spins par l'interaction d'échange. Ainsi une aimantation spontanée
peut apparaître même sans champ appliqué.
En réalité, le ferromagnétisme n'apparait généralement que si un champ est appliqué. Une
dépendance de l'aimantation M avec le champ appliqué apparait. Cette dépendance varie
énormément avec la direction du champ par rapport à la structure cristalline et avec les
Aimantation
traitements antérieurs.
MS MS Aimantation spontanée
M
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PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
Paroi de Bloch
(d) (e)
Courbe de première aimantation
(c)
(b)
(a) Champ magnétique
Les régions (b) et (c) correspondent à un déplacement réversibles des parois alors la région (d)
correspond à un déplacement irréversibles des parois. Dans la région (e) on a disparition des
parois. On atteint alors l'aimantation de saturation.
Un déplacement irréversible des parois peut avoir lieu lorsque celles-ci rencontrent des
impuretés ou des défauts dans le cristal.
La boucle d'hystérésis dépend de la direction du champ magnétique par rapport aux directions
cristallines ainsi que de la pureté de l'échantillon.
5- Applications
Echauffement par Hystérésis
La connaissance des cycles d'Hystérésis est importante pour évaluer les pertes énergétiques
des matériaux soumis à des champs magnétiques alternatifs.
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PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
Dans un champ d'induction déplaçons suivant une ligne de force rectiligne Ox une particule
de fer de volume τ. La particule étant placée en M a une aimantation correspondant au
point A du cycle. Son moment magnétique est .
τ A
B
Aimant O M x -HA
HA
D
C
Retournons la particule (à l'infini) ce qui n'exige pas de travail, la particule étant dans un
champ nul. Ramenons-la au point M (C), éloignons la de nouveau vers l'infini (D).
Retournons la encore et ramenons la en M (A). Nous avons décrit le cycle ABCDA. Le travail
total durant le cycle est où S est l'aire du cycle. Le signe (-) indique qu'un
travail a été fourni. Comme le système est revenu à son état initial, il a dû apparaitre quelque
part une énergie équivalente à ce travail. L'expérience montre qu'elle apparait sous forme de
chaleur dans la particule.
Donc au cours d'un cycle d'Hystérésis un matériau ferromagnétique s'échauffe. Plus l'aire du
cycle est importante plus l'échauffement est important.
Aimants permanents
L'état d'un aimant permanent peut être caractérisé par la zone d'hystérésis M>0 et H<0.
Les meilleurs aimants permanents sont ceux qui ont une aimantation rémanente M r et un
champ coercitif HC élevés.
Exemple:
L'acier trempé: HC = 4000A/m et 0Mr = 0,8 Wb/m2.
Le cycle a donc une grande surface il s'agit donc de "matériaux durs".
Le fer: HC=4 A/m et 0Mr = 1,2 Wb/m2
Le cycle est donc étroit il s'agit donc de "matériaux doux". Ces matériaux sont intéressants
dans le cas où ils sont utilisés en régime alternatif dans les générateurs, les moteurs, et les
transformateurs...car la dissipation d'énergie par hystérésis réduit le rendement et entraine une
élévation de température inadmissible.
E/ ANTIFERROMAGNETISME ET FERRIMAGNETISME
Les corps antiferromagnétiques sont ceux pour lesquels les forces d'interaction des moments
tendent à les rendre antiparallèles entre eux. Comme pour les ferromagnétisme, l'énergie de
couplage entre deux spins voisins est mais I l'intégrale d'échange est négative et
l'énergie est minimale
Ni lorsque les spins i et j sont antiparallèles.
Co
Fe 19
Mn
Cr
PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
Maille chimique
Maille magnétique
La structure est constituée de 2 sous-réseaux CFC imbriqués: un pour les ions Mn 2+ et l'autre
pour les ions O2-. Comme dans NaCl. Un type d'ions a pour plus proches voisins les ions de
l'autre type.
La diffraction de neutrons montre que les interactions magnétiques n'interviennent pas entre
des ions Mn2+ adjacents mais entre ceux qui sont séparés par un ion O2-. Ainsi, alors que dans
le ferromagnétisme l'interaction d'échange se faisait directement entre plus proches voisins,
dans l'antiferromagnétisme nous avons une interaction indirecte par l'intermédiaire d'un ion
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PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
non magnétique. L'interaction d'échange n'est pas du même type que celle qui intervient dans
le ferromagnétisme
Kramer (1934) a développé une théorie pour ce phénomène appelée: interaction de super-
échange, qui a été appliquée plus tard (1950) par Anderson à l'antiferromagnétisme.
Les matériaux ferrimagnétiques
Ils sont essentiellement constitués par un groupe d'oxydes appelés les ferrites. Ce sont des
cristaux ioniques de composition MFe2O4 ou M est un ion métallique donné, bivalent.
Le plus courant de ces composés est la magnétite Fe 3O4 ou Fe2+O2- - Fe23+O32-. Deux types
d'ions de fer existent dans ce matériau:
- l'ion ferreux Fe2+ de configuration 3d6 et porteur d'un spin de 4µB, Fe2+
- l'ion ferrique Fe3+ de configuration 3d5 et porteur d'un spin de 5µB.
Fe3+
L'étude aux rayons X montre que la maille contient 56 atomes: 32
oxygènes et 24 de fer dont 8 Fe2+ et 16 Fe3+. Les ions de fer sont dans deux types de
configurations: dans des sites tétraédriques (à 4 voisins) et sites octaédriques (à 6 voisins), les
voisins étant l'oxygène. Les 16 ions ferriques (Fe 3+) sont dans 8 sites tétraédriques et 8 sites
octaédriques. Les 8 ions ferreux (Fe2+) sont dans des sites octaédriques.
Si tous les spins étaient parallèles, le nombre de magnétons de Bohr par maille serait donc:
(8 x 4) + (16 x 5) = 112, or on mesure expérimentalement une valeur de 32,4.
Ce désaccord s'explique par les mesures de diffraction de neutrons qui montrent que les spins
sont tels que: 8 Fe3+
Sites tétraédriques
Sites tétraédriques
8 Fe3+ 8 Fe2+
1- Théorie phénoménologique de l'antiferromagnétisme.
Le modèle le plus simple d'un arrangement antiparallèle de moments magnétiques serait
constitué de 2 sous-réseaux cubiques s'interpénétrant (atomes identiques). L'un étant porteur
de moments magnétiques dans un sens, l'autre ceux de sens opposé.
21
PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
Chaque atome d'un sous-réseau a pour plus proches voisins des atomes de l'autre sous réseau
donc de moments magnétiques opposés.
En accord avec la théorie de Weiss, chaque atome est soumis à un champ magnétique
extérieur et à un champ interne proportionnel à l'aimantation et qu'on pourrait attribuer à
l'interaction d'échange. On peut attribuer une aimantation à chaque sous-
réseau. Les champs d'échange auxquels sont soumis les atomes A et B peuvent s'écrire
respectivement:
- La constante du champ moléculaire doit être négative pour que 2 moments magnétiques
voisins (appartenant aux sous-réseaux A et B respectivement) soient de sens contraire.
- Pour la quantité , les cas les plus intéressant sont ceux pour lesquels <0
Si on pose et ou car l'interaction A-B est plus grande que
l'interaction A-A, A étant plus proche de B que de A.
Les champs effectifs auxquels sont soumis les sous-réseaux A et B sont:
Les mêmes équations s'écrivent avec les valeurs algébriques MA et MB . L'aimantation s'écrit
M = MA + MB
Région paramagnétique ( T>TN )
Dans le domaine des hautes températures (supérieures à la température de Neel, nous pouvons
appliquer directement la loi de Curie-Weiss en utilisant les champs effectifs A et B au lieu du
champ appliqué. On a donc:
et où et
(A)……..
22
PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
Ceci montre que doit réellement être positif et justifie donc à postériori la supposition d'une
intégrale d'échange IAA négative, même pour les atomes d'un même sous-réseau .
Région antiferromagnétique ( T<TN )
Dans le domaine des faibles températures, reprenons l'équation complète de l'aimantation
pour chaque sous-réseau avec .
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PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
Comme le champ appliqué est toujours très inférieur au champ interne H<<M, on peut
développer la relation donnant l'aimantation M autour de x0, valeur de x pour H=0.
On écrit alors:
Dans ce cas, et ne restent pas opposées mais font un angle avec . L'équilibre est
atteint lorsque la résultante des champs interne et externe ne doit exercer aucun couple sur
l'aimantation. Le produit vectoriel de et doit être nul.
Domaine paramagnétique
Evolution de la susceptibilité en
fonction de la température dans
//
- 0 TN Température un corps antiferromagnétique.
Si l'aimantation spontanée n'a pas d'orientation privilégiée, l'orientation la plus stable (en
présence de H) est perpendiculaire au champ ( > //). L'énergie d'interaction avec le champ
(proportionnelle à - .H2) est plus faible pour .
Cependant, des orientations privilégiées de l'aimantation peuvent subvenir suite à l'anisotropie
cristalline.
2- Ferrimagnétisme.
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PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
respectivement.
En posant
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PROPRIETES MAGNETIQUES DES SOLIDES
La résolution de cette équation est complexe. Quand l'un des 2 sous-réseaux prédomine,
l'aimantation résultante est élevée comme dans le ferromagnétisme. Enfin, même pour ces cas
extrêmes, le comportement en température de l'aimantation est extrêmement dépendant de
l'importance d'un sous-réseau par rapport à l'autre.
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