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Stratégie de développement pour le Tchad

Le document présente le Programme d'Options Stratégiques pour le Tchad (COSOP) pour la période 2010-2015, visant à réduire la pauvreté rurale en améliorant l'accès à l'eau et aux marchés pour les producteurs agricoles. Il s'appuie sur les leçons tirées des projets précédents du FIDA et propose la création d'une équipe de gestion pour assurer la mise en œuvre efficace de la stratégie. Le COSOP s'inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de croissance et de réduction de la pauvreté, avec un système de suivi-évaluation intégré pour mesurer les progrès réalisés.

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Stratégie de développement pour le Tchad

Le document présente le Programme d'Options Stratégiques pour le Tchad (COSOP) pour la période 2010-2015, visant à réduire la pauvreté rurale en améliorant l'accès à l'eau et aux marchés pour les producteurs agricoles. Il s'appuie sur les leçons tirées des projets précédents du FIDA et propose la création d'une équipe de gestion pour assurer la mise en œuvre efficace de la stratégie. Le COSOP s'inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de croissance et de réduction de la pauvreté, avec un système de suivi-évaluation intégré pour mesurer les progrès réalisés.

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Document: EB 2009/97/R.

10
Point de l’ordre du jour: 9 a)
Date: 11 août 2009
F
Distribution: Publique
Original: Français

République du Tchad

Programme d’options stratégiques


pour le pays

Conseil d’administration — Quatre-vingt-dix-septième session


Rome, 14-15 septembre 2009

Pour: Examen
EB 2009/97/R.10

Note aux Administrateurs


Le présent document est soumis au Conseil d’administration pour examen.

Afin que le temps imparti aux réunions du Conseil soit utilisé au mieux, les
Administrateurs qui auraient des questions techniques à poser au sujet du présent
document sont invités à se mettre en rapport, avant la session, avec les responsables du
FIDA ci-après:

Mohamed Béavogui
Directeur de la Division Afrique de l’Ouest et du Centre
téléphone: +39 06 5459 2240
courriel: [Link]@[Link]

Carlo Bravi
Chargé de programme de pays par intérim
téléphone: +39 06 5459 2872
courriel: [Link]@[Link]

Les demandes concernant la transmission des documents de la présente session doivent


être adressées à:

Deirdre McGrenra
Fonctionnaire responsable des organes directeurs
téléphone: +39 06 5459 2374
courriel: [Link]@[Link]
EB 2009/97/R.10

Table des matières


Sigles et acronymes iii
Carte du pays indiquant les zones d'intervention du FIDA iv
Résumé de la stratégie pour le pays v
I. Introduction 1
II. Le contexte du pays 1
A. Économie, agriculture et pauvreté rurale 1
B. Politiques, stratégies et contexte institutionnel 5
III. Enseignements tirés de l’expérience du FIDA dans le pays 7
A. Résultats, impact et performance des opérations antérieures 7
B. Enseignements tirés 9
IV. Cadre stratégique du FIDA pour le pays 9
A. Avantage comparatif du FIDA 9
B. Objectifs stratégiques 10
C. Perspectives d’innovation 13
D. Stratégie de ciblage 13
E. Articulation au niveau des politiques 14
V. Gestion du programme 15
A. Gestion du COSOP 15
B. Gestion du programme de pays 15
C. Partenariats 16
D. Gestion des savoirs et communication 16
E. Cadre de financement SAFP 17
F. Risques et gestion des risques 18

Appendices

I. Processus de consultation pour l’élaboration du COSOP


(COSOP consultation process) 1
II. Situation économique du pays
(Country economic background) 4
III. Cadre de gestion des résultats du COSOP
(COSOP results management framework) 5
IV. Cadre de gestion des résultats du précédent COSOP
(Previous COSOP results management framework) 6
V. Réserve de projets
(Project Pipeline) 10

i
EB 2009/97/R.10

Dossiers clés

Dossier clé 1: Pauvreté rurale et secteur agricole et rural


(Rural poverty and agricultural/rural sector issues) 13
Dossier clé 2: Matrice des organisations [Analyse des forces,
faiblesses, possibilités et menaces]
(Organizations matrix [strengths, weaknesses,
opportunities and threats (SWOT) analysis]) 15
Dossier clé 3: Initiatives complémentaires d’autres donateurs/
possibilités de partenariats
(Complementary donor initiative/partnership potential) 18
Dossier clé 4: Identification du groupe cible, questions
prioritaires et options envisageables (Target group
identification, priority issues and potential response) 20

ii
EB 2009/97/R.10

Sigles et acronymes

CDA Comité départemental d’action


CECA Caisse d’épargne et de crédit autogérée
CLA Comité local d’action
CMOP Capacité de mise en œuvre du portefeuille
CNCPRT Conseil national de concertation des producteurs ruraux du Tchad
CRA Comité régional d’action
CSDR Consultation sectorielle sur le développement rural
EGPP Équipe de gestion du programme de pays
FEM Fonds pour l'environnement mondial
PANA Programme d’action national d’adaptation
PDAOK Projet de développement agricole des ouadis du Kanem
PIDR Plan d’intervention pour le développement rural
PSANG Projet de sécurité alimentaire au Nord-Guéra
PRODER-B projet de développement rural au Batha
PRODER-K projet de développement rural au Kanem
SAFP Système d’allocations fondé sur la performance
SNCRP Stratégie nationale de croissance et de réduction de la pauvreté

iii
EB 2009/97/R.10

Carte du pays indiquant les zones d'intervention du FIDA

iv
EB 2009/97/R.10

Résumé de la stratégie pour le pays


1. Le document de stratégie nationale de réduction de la pauvreté au Tchad formulé en
1999 a été récemment révisé. Il inclut un plan d'action quinquennal, conforme aux
Objectifs du Millénaire pour le développement, ainsi que les cibles prioritaires et les
mesures à prendre pour les atteindre. Ce document a été conçu en tirant parti des
enseignements acquis par le FIDA au Tchad depuis 17 ans, au travers de l'exécution
de 5 projets dans le pays.
2. Le COSOP établi pour le Tchad pour la période 2010-2015 vise à donner aux ruraux
pauvres, hommes et femmes, les moyens d'accroître leurs revenus et d'améliorer
leur sécurité alimentaire. Deux objectifs stratégiques ont été définis à cette fin, à
savoir:
a) Objectif stratégique 1. Améliorer l'accès à l’eau et favoriser la gestion
durable de celle-ci par les ruraux pauvres. Le but de cet objectif est de
donner une place centrale, dans la stratégie, à la gestion des ressources
naturelles, notamment de l’eau qui, pour une grande partie du Tchad, est
source de vie. Il s’agit de: i) développer les capacités des populations locales
pour leur permettre de planifier, de mettre en place et d’entretenir les
investissements de gestion des eaux et des sols; et ii) renforcer les capacités
des institutions locales, notamment celles incluant éleveurs, cultivateurs,
pouvoirs traditionnels et administration, pour gérer les conflits
intercommunautaires liés à l’eau.
b) Objectif stratégique 2. Améliorer l'accès aux marchés de produits et
d'intrants agricoles dans les filières où les ruraux pauvres ont un
avantage comparatif. Les producteurs ruraux du Tchad sont en général
tournés vers l’agriculture de subsistance et s’approprient une part très réduite
de la valeur ajoutée de la production agricole, même dans les zones qui ne
sont pas enclavées. Il s’agit d’intervenir dans les filières où les petits
producteurs ont un avantage comparatif1 pour: i) améliorer l’accès aux intrants
et aux connaissances techniques et répondre à la demande et aux normes du
marché; et ii) améliorer le pouvoir de négociation des petits producteurs à
l’intérieur des chaînes de valeur.
3. Pour atteindre ces objectifs, le FIDA envisage de mettre en place: i) une équipe de
gestion du programme de pays (EGPP) composée de représentants des équipes des
projets du FIDA, des ministères concernés, du Conseil national de concertation des
producteurs ruraux du Tchad (CNCPRT) et des ONG. Cette équipe aura pour mission
de faire en sorte que le présent COSOP devienne un outil de planification et de suivi
conjoint des interventions bénéficiant de l'appui du FIDA au Tchad; et ii) une
«capacité de mise en œuvre du portefeuille» (CMOP) au sein du Ministère de
l’économie, du plan et de la coopération incluant un spécialiste en contrôle financier
et administration des prêts et dons du FIDA, un spécialiste en passation des marchés
et un spécialiste en suivi-évaluation. Elle sera dotée des moyens de fonctionnement
et de fonds permettant de fournir un appui à la mise en œuvre.
4. Le dispositif de suivi-évaluation du COSOP exploitera les données des systèmes de
suivi-évaluation des interventions financées par le FIDA et alimentera à son tour les
dispositifs de suivi-évaluation de la Stratégie nationale de croissance et de réduction
de la pauvreté (SNCRP 2) et de la Consultation sectorielle sur le développement rural
(CSDR). Afin de renforcer la cohérence des interventions et de suivre la performance
du programme de pays, le FIDA mettra en place un système unifié avec des
indicateurs précis et mesurables, communs à l’ensemble des interventions.

1
Les critères de sélection de ces filières sont indiqués dans le tableau 1 de l’appendice I («Processus de consultation pour
l’élaboration du COSOP»).

v
EB 2009/97/R.10

République du Tchad

Programme d’options stratégiques pour le pays

I. Introduction
1. Le programme d’options stratégiques pour le pays (COSOP) proposé pour la
République du Tchad porte sur la période 2010-2015 et remplace le COSOP
précédent (1999-2009). La préparation de la nouvelle stratégie du FIDA au Tchad a
débuté fin 2007 mais a subi des retards du fait de l'incertitude suscitée par
l'instabilité de l'environnement politique à la suite des activités des troupes rebelles
en février et juin 2008.
2. La préparation du COSOP a comporté les étapes suivantes: i) une analyse du
portefeuille du FIDA au Tchad; ii) des examens et des études du portefeuille
d'activités sur le terrain; iii) une mission de formulation en mars 2009; iv) des
analyses et ateliers participatifs dans le pays (pour plus de détails, voir l’appendice
I); et v) un examen par le Comité technique intersectoriel qui effectue le travail
d’analyse technique des stratégies macroéconomiques pour le compte du Haut
Comité interministériel (présidé par le Premier ministre) qui est l’organe compétent
pour la validation de la stratégie.
3. Sauf indication contraire, toutes les données utilisées dans le présent document sont
tirées des appendices détaillés ci-joints.

II. Le contexte du pays


A. Économie, agriculture et pauvreté rurale
Situation économique générale
4. Le Tchad est l’un des pays les plus continentaux du monde et l’un des plus grands
États enclavés d’Afrique. Pays de transition entre les zones saharienne et
soudanienne, il couvre une superficie de 1 284 000 km2 dont la moitié septentrionale
est désertique. En 2007, la population était estimée à 10,8 millions d’habitants dont
52% de femmes. Entre 2001 et 2007, son taux de croissance s’élevait à 3,4%2.
Cette population est très jeune (plus de la moitié a moins de 15 ans et seulement
4% a 60 ans ou plus) et se concentre principalement au sud, dans les zones plus
favorables à l’agriculture (dans la zone soudanienne, la densité de population varie
de 15 à 60 habitants/km2 contre 4 habitants/km2 dans la zone saharienne).
Cependant, la région rurale septentrionale sahélienne regroupe plus de 42% de la
population et la partie méridionale, composée de savanes, près de 38%. Suite aux
tensions civiles, à la pression croissante exercée sur les terres et aux périodes de
famine, la population urbaine a augmenté – de 16% en 1975 à 25% à l’heure
actuelle. Plus de 10% de la population habite N’Djamena.
5. Au cours des années 80 et 90, l’économie a été caractérisée par une quasi-
stagnation. Cette croissance médiocre est due à la faible productivité d’une
économie basée sur l’agriculture et sur l’élevage, à l’inadéquation du cadre
institutionnel, à la faiblesse des ressources humaines, à l’insuffisance des
infrastructures économiques de base et à l’enclavement du pays3. L’ouverture
récente à l’exploitation pétrolière a amélioré la situation des finances publiques4 et a

2
Banque mondiale, «Chad at a Glance», 2007, (voir le site [Link]
3
Le port maritime le plus proche, Douala, se trouve à environ 1 800 km de N’Djamena. Il n’y a pas de chemin de fer; seuls
524 km sur 6 200 km de réseau routier sont goudronnés et une grande partie du réseau des 33 400 km de pistes rurales est
inutilisable pendant la saison des pluies, ce qui laisse le nord et l’est du pays isolés pendant cette saison.
4
La loi n° 001/PR/99 précise que les revenus directs (redevances, dividendes) de l’exploitation pétrolière seront déposés sur un
"compte séquestré offshore" dont les montants seront affectés à hauteur de 80% aux secteurs prioritaires (santé,
enseignement, infrastructures, développement rural, environnement et eau) et de 10% pour les générations futures.

1
EB 2009/97/R.10

permis le financement d’infrastructures routières, sociales et communautaires.


Cependant, l’économie tchadienne reste caractérisée par l’inexistence d’un secteur
de transformation significatif, l’atomisation des activités de services et une
prédominance du secteur primaire dans lequel opèrent près de 72% de la
population.
6. Le PIB par habitant au Tchad, estimé en 2006 à 421 USD, est l’un des plus faibles au
monde. Sa croissance réelle a été en moyenne de 8,11% par an de 2002 à 2007. Le
taux de croissance a atteint 33% en 2004 pour retomber à 7,9% en 2005, à 0,2%
en 2006 et à 0,6% en 20075. L’économie du pays est très peu diversifiée et a été
dominée, jusqu’à une date récente (2003), par le secteur agricole, lequel représente
40% du PIB et 80% des exportations. L’exploitation du pétrole tchadien, devenue
effective fin 2003, a modifié la structure actuelle du PIB mais l’agriculture demeure
l’activité économique qui mobilise la partie la plus importante de la population active
du pays (80%). On estime que le secteur primaire (incluant les investissements liés
au pétrole) représentait 66,6% du PIB en 2006; le secteur secondaire et industriel,
7%; et le secteur tertiaire, 24,8%. Le taux d’inflation a atteint 24% dans les années
2005-2006 et est retombé à 9% en 2007.
7. Depuis 1994, le gouvernement a entrepris un vaste programme de réformes
structurelles et institutionnelles à travers des programmes d’ajustement structurel
appuyés par la Facilité d’ajustement structurel renforcée et la Facilité pour la
réduction de la pauvreté et la croissance. Depuis juin 2001, le Tchad remplit les
conditions requises pour bénéficier de l’Initiative pour la réduction de la dette des
pays pauvres très endettés (PPTE) et reçoit une assistance intérimaire de
15,8 millions d’USD. Le montant actualisé cumulé sur la période de l’assistance au
titre de l’Initiative PPTE s’élève à 260 millions d’USD et sert à financer les actions
retenues dans la Stratégie nationale de croissance et de réduction de la pauvreté
(SNCRP). La contribution du FIDA à l’Initiative PPTE est d’environ 1,1 million de DTS.
8. Tendances et perspectives. La détérioration de la situation sécuritaire suite à
l’instabilité politique a entraîné une forte augmentation des dépenses militaires
extrabudgétaires sur la période 2005-2007. En conséquence, le déficit primaire hors
pétrole s’est élargi, atteignant 21% du PIB hors pétrole en 2007. L’augmentation des
dépenses au cours de cette période a mis en évidence des faiblesses du système de
contrôle budgétaire. En raison de ce résultat budgétaire, jugé insatisfaisant dans le
cadre de l’examen du programme économique et financier appuyé par le Fonds
monétaire international, le Tchad n’a pu atteindre le point d’achèvement dans le
cadre de l’Initiative PPTE.
9. Les événements de janvier-février et juin 20086 sont le témoignage récent d’une
instabilité politique qui: i) affecte l’allocation des ressources publiques, notamment
des recettes pétrolières car une part importante de ces ressources est consacrée à
l’armement, au détriment du développement; et ii) limite la capacité de réalisation et
d’absorption des secteurs productifs et, par ce biais, incite à formuler des
interventions de développement simples et facilement réalisables.
Agriculture et pauvreté rurale
10. Agriculture. Le Tchad se compose de trois grandes zones agro-climatiques: i) une
zone saharienne couvrant toute la partie nord du pays avec une pluviométrie
inférieure à 200 mm, où une agriculture de type oasien et l’élevage de camélidés
sont pratiqués autour des points d’eau; ii) une zone sahélienne au climat aride à
semi-aride avec une pluviométrie moyenne variant de 200 à 600 mm au centre et où
le système agraire dominant combine l’élevage extensif (transhumance et

5
Banque mondiale, «Chad at a Glance», 2007, (voir le site [Link]
6
En janvier-février 2008, des conflits violents ont eu lieu dans et autour de la capitale entre forces gouvernementales et
rebelles. L’état d’urgence a été décrété jusqu’au 8 mars 2008. En juin 2008, une bataille a eu lieu dans l’Est du pays notamment
dans la région du Salamat. Ces deux épisodes se sont soldés par une défaite et la retraite des forces rebelles.

2
EB 2009/97/R.10

sédentaire) et la culture de céréales (sorgho, mil), d’oléagineux (notamment


arachide et sésame) et la production de gomme arabique. Les cultures maraîchères
se situent principalement autour des points d’eau. La gamme de cultures pluviales
est limitée; et iii) une zone soudanienne au sud du pays avec une pluviométrie
moyenne variant de 600 à 1200 mm et un système agraire de type soudanien
dominant et diversifié, incluant la culture de céréales, de légumineuses, de coton,
d’oléagineux et de tubercules.
11. Les sécheresses persistantes des années 70 et 80 ont entraîné, selon le Programme
d’action national de lutte contre la désertification (PAN-LCD, voir section II), un
déplacement des isohyètes annuelles de 180 km vers le sud (l’isohyète des 200 mm,
considérée comme la limite sud de l’influence saharienne, s’est déplacée du 18ème au
16ème parallèle de latitude nord), d’où un profond bouleversement des paysages et
des activités humaines7. Toutefois, le PAN-LCD indique que les contraintes majeures
en matière de désertification sont plutôt d’ordre social et économique, à travers des
pratiques inappropriées d’exploitation des terres, des ressources halieutiques, des
pâturages et des ressources en eau.
12. Le secteur agricole a connu une faible croissance durant les deux dernières
décennies. Les terres sont cultivées à hauteur de 6% du potentiel national et seuls
7 000 hectares sont irrigués, face à un potentiel estimé à 335 000 hectares. Les
rendements sont en général très faibles pour les cultures vivrières céréalières (une
moyenne de 300 à 740 kg/hectare dans la zone soudanienne et de 150 à 400
kg/hectare dans la zone sahélienne), pour le coton (un rendement coton-fibre de
300 kg/hectare), pour le lait dont la production journalière par tête dépasse
difficilement 5 litres et pour la viande avec un poids moyen de carcasse bovine de
167 kg.
13. Élevage. Le Tchad, malgré l’avènement de l’ère du pétrole, fonde en grande partie
son économie sur la valorisation des produits de l’élevage. Ce sous-secteur contribue
à hauteur de 11% à 16% au PIB national et de 50% au PIB agricole. Il assure la
subsistance de 40% de la population rurale et représente 30% des exportations du
Tchad (plus de 50% hors pétrole). Le cheptel du Tchad est l’un des plus importants
d’Afrique. Les pâturages naturels (sahariens, sahéliens, soudaniens et des zones de
décrue), qui s’étendent sur 84 millions d’hectares, sont la principale ressource
pastorale du pays. La disponibilité totale en viande et abats est estimée entre
100 000 et 130 000 tonnes par an. La disponibilité en lait serait de 220 000 tonnes
équivalent lait par an. En 2007, la filière élevage extensif a généré des recettes
d’exportation pour environ 300 millions d’USD, ce qui la place en première place des
exportations devant le coton, pétrole non compris.
14. Les systèmes opportunistes liés à la transhumance se sont avérés très efficaces d’un
point de vue environnemental, économique et social. Ils sont caractérisés par une
productivité élevée, sont adaptés aux risques climatiques grâce à la mobilité et à la
stratégie opportuniste, forgent des liens entre transhumants et sédentaires et sont
moins conflictuels qu’une option de sédentarisation8. Ces systèmes peuvent aussi
contribuer à la réduction des émissions de gaz à effet de serre par un stockage accru
de carbone dans la végétation (qui est moins dégradée par rapport à la situation
initiale sans intervention). Ils méritent d’être sécurisés, notamment par l’accès à
l’eau.
15. Pêche. La pêche, activité importante de l’économie rurale, garantit souvent la
résilience des ruraux pauvres. La production piscicole moyenne annuelle est de
l’ordre de 80 000 tonnes et varie de 60 000 tonnes en année sèche à

7
Ce changement implique une perte de pluviométrie d’environ 100 mm/an par rapport à un total initial de 300 mm à la hauteur
du Lac Tchad (Bol) et d’environ 200 mm/an par rapport à un total initial de 600 mm à la hauteur de la ville de N’Djamena.
8
Ceci est confirmé par la pratique très répandue du «confiage» des animaux de la part des éleveurs sédentaires aux
transhumants qui amènent les troupeaux vers les zones saharo-sahéliennes pour profiter de la productivité élevée de ces
pâturages et de l’absence d’insectes nocifs pour le bétail en saison des pluies.

3
EB 2009/97/R.10

120 000 tonnes en année de bonne pluviométrie. Elle représente environ 3% du PIB.
Quelque 300 000 personnes vivent de la pêche, dont 30 000 de manière
professionnelle.
16. Le changement climatique, notamment la persistance de la sécheresse au cours des
deux à trois dernières décennies, a entraîné un tarissement et un envasement
important des plans d’eau en général et des frayères naturelles en particulier
(plaines d’inondations et lits majeurs des lacs et cours d’eau)9. La perte qualitative
et quantitative des stocks naturels, au niveau et à l’intensité actuellement constatés,
compromet fortement l’essor des activités piscicoles au Tchad.
17. Sécurité alimentaire. Le Tchad rencontre des problèmes d’insécurité alimentaire
au niveau national. La production de mil, sorgho, riz et maïs s’établit en année
moyenne à 1 million de tonnes. Mais cette production peut varier de 330 000 tonnes
en année de sécheresse à 1,35 million de tonnes en année de bonne pluviométrie.
C’est la zone centrale du pays qui est surtout touchée par les aléas climatiques.
Selon le Ministère de l’agriculture10, pour la période 1987-2006, les importations
céréalières ont fluctué entre 35 000 et 85 000 tonnes, sans tendance à la hausse. La
production céréalière nationale est passée, pendant la même période, de 530 000 à
1 580 000 tonnes par an. Le poids des importations céréalières reste donc compris
entre 2% et 6% de la production nationale. L’aide alimentaire reste elle aussi
contenue car elle a représenté entre 10% et 30% des importations commerciales en
volume sur cette même période. Les importations commerciales et l’aide alimentaire
sont dominées par le blé (62%), le riz (11%) et les autres céréales (26%). Ces
dernières années, les besoins de consommation en céréales ont été couverts quasi
exclusivement par la production nationale, contrairement à la fin des années 80, où
la production nationale ne suffisait pas à couvrir les besoins. Ces informations
permettent de penser que le Tchad peut améliorer sa sécurité alimentaire par une
meilleure distribution de sa production céréalière sur le territoire en assurant la
liaison entre les zones d’excédent vivrier (du moins potentiel) et les zones de déficit
vivrier.
18. Incidence, profondeur et gravité de la pauvreté monétaire. La pauvreté est
très répandue au Tchad, surtout en milieu rural. Selon l’Indicateur du
développement humain du programme des Nations Unies pour le développement
(PNUD), le Tchad est classé parmi les pays les moins avancés (170ème sur 177 pays
recensés en 2007). Les enquêtes sur la consommation et le secteur informel au
Tchad (ECOSIT), réalisées en 1995-1996 et en 2002-2003 par l’Institut national de
la statistique, des études économiques et démographiques, montrent que l'incidence
de la pauvreté absolue au Tchad reste élevée et que son ampleur s’est même
légèrement accrue. En effet, sur la base d’un seuil de pauvreté absolue (évalué à
175 127 francs CFA par an et par adulte en 2003 et à 92 345 francs CFA en 1994),
la proportion de la population pauvre vivant au-dessous du seuil de pauvreté serait
passée de 43% en 1994 à 55% en 200311, chiffre bien supérieur à la plupart des
autres pays d’Afrique centrale. Les 20% les plus pauvres vivent avec seulement
153 francs CFA par jour tandis que les 20% les plus riches dépensent en moyenne
1 105 francs CFA par jour. Globalement, en 2003, le milieu rural contribuait pour
87% à l’incidence globale de la pauvreté nationale. En d’autres termes, au Tchad, la
pauvreté est essentiellement rurale. Elle est aussi très profonde – la distance
moyenne séparant les pauvres du seuil de pauvreté est de 21%12. En outre, 36% de
la population (et les deux tiers des pauvres) vit dans une situation d’extrême

9
Le Programme d’action national d’adaptation (PANA) au changement climatique (voir ci-dessous) prévoit une augmentation
des précipitations à l’horizon 2023 au nord-est et au nord du Tchad de l’ordre de 50 à 60% allant jusqu’à 100%.
10
Cité dans le Profil de Sécurité Alimentaire du Tchad, 2008.
11
Il faut toutefois rappeler que l’ECOSIT 1 avait couvert seulement 4 régions: Chari Baguirmi, Logone Occidental, Moyen Chari
et Ouaddaï.
12
Cela signifie que, pour éradiquer la pauvreté au Tchad, il faudrait disposer, pour chaque personne pauvre de ressources
égales à 21% du seuil de pauvreté.

4
EB 2009/97/R.10

pauvreté (soit en dessous du seuil de 109 000 francs CFA/an). L’analyse des
dépenses des ménages montre que ceux-ci accordent la priorité à la nourriture
(61,7% des dépenses) et que les pauvres y consacrent davantage que les
non-pauvres (65,5% et 60,3% respectivement). De même, les ménages ruraux
consacrent une part plus importante de leur budget à la nourriture (67,7% et 63,1%
respectivement au nord et au sud) que les ménages urbains (48,7%).
19. Vulnérabilité. En Afrique en général et au Tchad en particulier, l’une des
caractéristiques majeures de la pauvreté et de la vulnérabilité en milieu rural est liée
à la dimension spatiale. En effet, dans un pays essentiellement agricole, il existe une
forte relation entre le niveau de vie et la pauvreté d’une part, et les zones
agro-écologiques de l’autre. D’après une analyse menée par le PAM13, les régions
sahéliennes et une partie des régions soudaniennes (en particulier le Guéra et le
Salamat) se caractérisent par une très forte vulnérabilité de leurs habitants aux
aléas et au changement climatique, au manque de diversification et à une
dégradation importante des ressources productives qui ne permettent pas de
garantir un niveau de production et/ou de revenu régulier aux ménages, comme
l’indiquent l’ampleur et la fréquence des crises alimentaires dans ces régions. En
dehors de l’insécurité alimentaire, les estimations de l’indicateur du développement
humain du PNUD14, par préfecture, confirment les multiples facettes de la
vulnérabilité caractérisant les ménages qui vivent dans ces régions où le manque
d’accès à l’eau potable, aux infrastructures sanitaires, au crédit, au matériel agricole,
les faibles taux de scolarisation, l’enclavement et la marginalisation des exploitations
dans les chaînes de valeurs ainsi que l’alcoolisme sont autant d’indicateurs de
vulnérabilité et de pauvreté.

B. Politiques, stratégies et contexte institutionnel


Le contexte institutionnel national
20. Lettre de politique de développement rural (LPDR). La Lettre de politique de
développement rural du Tchad traduit les orientations adoptées lors de la
Consultation sectorielle sur le développement rural (CSDR) et lors de la table ronde
sur le développement du Tchad tenue à Genève en octobre 1998. Un Plan
d’intervention pour le développement rural (PIDR) a été défini en avril 2000
conjointement avec les institutions financières et de coopération internationale15
pour la mise en œuvre de la CSDR. L’objectif principal de la CSDR sur le
développement rural est une augmentation durable de la production agricole en
préservant l’environnement et le renforcement des capacités dans le secteur rural.
Ses cinq objectifs spécifiques sont: i) l’augmentation durable de la production
agricole; ii) l’émergence de filières compétitives; iii) la gestion et la valorisation des
ressources naturelles; iv) la promotion du monde rural; et v) l’amélioration de
l’efficacité des interventions publiques.
21. Le Schéma directeur agricole (SDA). L’objectif du SDA est de contribuer à
l’augmentation durable de la production agricole dans un environnement préservé et
sécurisé. Plus spécifiquement, le SDA devrait assurer: i) la sécurité alimentaire;
ii) l’augmentation des revenus et la création d’emplois, notamment en milieu rural;
iii) l’amélioration de la croissance économique et du volume de devises qui entrent
dans le pays; iv) l’amélioration durable du niveau et de la qualité de vie des ruraux;
et v) le renforcement de l’intégration régionale du Tchad en matière d’échanges
commerciaux. Le SDA s’articule autour de six options stratégiques qui sont traduites
en programmes. Sa mise en œuvre est prévue sur 10 ans (2006-2015).

13
Programme alimentaire mondial, Analyse et cartographie de la vulnérabilité structurelle à l’insécurité alimentaire en milieu
rural au Tchad, septembre 2005.
14
PNUD, Rapport sur le développement humain, Tchad, 2000.
15
Principalement: la Banque mondiale, la Banque africaine de développement (BAfD), l’Union européenne (EU), la France, le
PNUD et l’Allemagne.

5
EB 2009/97/R.10

22. Le Programme d’action national de lutte contre la désertification (PAN/LCD)


définit un cadre d’actions permettant d’aider la population et les organisations
locales à améliorer durablement la gestion des terres sèches. Le PAN identifie les
facteurs qui contribuent à la désertification et les mesures concrètes à prendre pour
lutter contre celle-ci et atténuer les effets de la sécheresse. Le PAN est appelé à
incorporer des stratégies de lutte à long terme contre la désertification et à être
intégré aux politiques nationales de développement durable.
23. Le Schéma directeur de l’eau et de l’assainissement. Adopté en 2003, ce
schéma présente la politique, la stratégie et le plan d’action adoptés pour le secteur
de l’eau au Tchad en vue d’atteindre les objectifs fixés pour l’horizon 2015 et,
au-delà, jusqu’en 2020. La stratégie se décline en cinq niveaux sous-sectoriels: eau
potable, eau pastorale et agricole, ressources en eau et assainissement. En 2000, le
pourcentage de la population tchadienne qui avait accès aux systèmes
d’approvisionnement en eau potable était estimé à 22% seulement. L’Objectif du
Millénaire pour le développement est d’atteindre 60% en 2015. Le schéma directeur
propose également un cadre organisationnel de la gouvernance de l’eau, d’une part,
et le renforcement des capacités nationales, d’autre part. En matière d’hydraulique
pastorale, le schéma directeur est orienté sur la sécurisation de la transhumance sur
toute l'étendue du territoire et l'exploitation rationnelle de l'espace pastoral.
24. Dans le cadre de l’adoption de la convention-cadre des Nations Unies sur le
changement climatique, une communication nationale initiale a été élaborée en
août 2001. Cette communication présente un inventaire des gaz à effet de serre, les
stratégies et mesures d’atténuation et des propositions de projets ayant trait au
changement climatique.
25. Le Programme d’action national d’adaptation (PANA)16 du Tchad au
changement climatique identifie les principales conséquences socio-économiques et
environnementales les plus néfastes pour les populations rurales ne vivant que des
ressources naturelles. Le PANA présente les options prioritaires en vue de
l’adaptation au changement climatique. Ces options sont trop sectorielles car elles
sont liées uniquement au secteur primaire (agriculture élargie) et ne prennent pas
en compte les secteurs de l’énergie, du transport, des infrastructures et des
nouvelles technologies. Elles incluent: i) la maîtrise et la gestion de l’eau; ii) le
développement de cultures intensives et diversifiées; iii) l'élaboration, la diffusion et
la pérennisation des calendriers culturaux; iv) l’information, l’éducation et la
sensibilisation à l'adaptation au changement climatique; v) la réalisation d’ouvrages
de défense et de restauration des sols pour le développement des activités agricoles;
vi) l’amélioration des zones de pâturage intercommunautaires; vii) l’amélioration de
la prévision saisonnière des précipitations et des écoulements des eaux de surface;
viii) la création d'un observatoire des politiques d'adaptation au changement
climatique; ix) la création et le développement de banques fourragères; et x) la
gestion des risques climatiques.
26. Décentralisation. La décentralisation est inscrite dans la Constitution et est
entérinée par la loi 002/PR/2000 portant sur les statuts des collectivités territoriales
décentralisées lesquelles comprennent quatre niveaux: i) les communautés rurales;
ii) les communes; iii) les départements; et iv) les régions. À l’heure actuelle, le
Tchad est subdivisé en 22 régions et compte 62 départements et 252 sous-
préfectures.
27. La décentralisation au Tchad se concrétise par la création de Comités régionaux
d’action (CRA), de Comités départementaux d’action (CDA) et de Comités locaux
d'action (CLA) chargés, à leur niveau respectif, d'orienter les projets et actions sur la
base de plans de développement, de valider les interventions prévues sur leurs
territoires, de s'assurer de la cohérence entre les différents projets et actions et de

16
En cours d’approbation

6
EB 2009/97/R.10

suivre leur exécution. Ce processus inclut aussi une réorganisation des systèmes de
suivi-évaluation à tous les niveaux, coordonnée par le PIDR. Tout nouveau projet
s'inscrit donc dans un cadre formel de pilotage, de programmation, de coordination
et de suivi au niveau central et décentralisé.
28. La décentralisation connaît néanmoins un retard important dans son application. En
effet, la délimitation territoriale des unités administratives de référence (les
communautés rurales) n’est pas encore achevée, les entités administratives
décentralisées (CRA, CDA, CLA) sont loin d’être opérationnelles et la date des
élections des membres des communautés rurales n’a pas encore été arrêtée. Le
retard dans la décentralisation, et surtout dans la délimitation territoriale des
communautés rurales, constitue une entrave à toute stratégie d’intervention dans le
secteur rural.
La stratégie nationale de réduction de la pauvreté rurale
29. Le bilan et la stratégie du Tchad en matière de pauvreté sont formulés dans le
document de la deuxième Stratégie nationale de croissance et de réduction de la
pauvreté (SNCRP II) d’avril 2008, qui a conduit à la révision de la stratégie initiale
(SNCRP I) approuvée en 2003. Cette dernière était articulée autour de cinq axes
principaux: i) promouvoir la bonne gouvernance; ii) assurer une croissance forte et
soutenue; iii) développer le capital humain; iv) améliorer les conditions des groupes
vulnérables; et v) restaurer et sauvegarder les écosystèmes.
30. Partant des enseignements tirés de la mise en œuvre des politiques publiques
antérieures, la SNCRP II accorde la priorité à l’agriculture et à la promotion du milieu
rural, où vit 87% de la population pauvre. Les cinq axes principaux de la SNCRP II
diffèrent légèrement de ceux de la première version, à savoir: i) promouvoir la
bonne gouvernance; ii) assurer une croissance robuste et diversifiée; iii) donner la
priorité au développement rural; iv) améliorer les infrastructures; et v) développer
les ressources humaines.
Harmonisation et alignement
31. Le secteur rural du Tchad ne bénéficie pas d’initiatives d’harmonisation. Le
gouvernement n’est pas actif dans ce domaine. Il n’existe aucun système de gestion
concertée du développement rural ni même de forum de consultation des parties
prenantes dans ce domaine. Les bailleurs de fonds se concertent de manière
informelle et souvent bilatérale. Le dialogue avec les producteurs, les ONG et le
secteur privé est laissé aux initiatives individuelles et aux occasions spéciales.
32. Pour pallier cet état de fait, le FIDA fait de l’instauration de partenariats avec les
principaux bailleurs une priorité de son programme de pays. Ces partenariats sont
illustrés dans la section V. C du présent document.

III. Enseignements tirés de l’expérience du FIDA dans le


pays
A. Résultats, impact et performance des opérations antérieures
33. La coopération entre le FIDA et le Tchad a débuté en 1992 et le document en
vigueur relatif aux orientations stratégiques du FIDA pour le Tchad a été approuvé
en 1999. Depuis le début de cette coopération, cinq prêts ont été approuvés, dont
trois après l’adoption du COSOP: le projet de sécurité alimentaire au Nord-Guéra
phase I (PSANG I) approuvé en 1992 (bénéficiant aussi d’un don du Fonds belge de
survie); le PSANG II approuvé en 2000; le Projet de développement agricole des
ouadis du Kanem (PDAOK) approuvé en 1994; le projet de développement rural au
Kanem (PRODER-K) approuvé en 2003 et succédant au PDAOK; et le projet de
développement rural au Batha (PRODER-B), approuvé en 2005. Le montant total des
prêts s’élève à environ 54,4 millions d’USD.

7
EB 2009/97/R.10

34. L’évaluation du programme de pays pour le Tchad (décembre 2007) a porté sur le
document stratégique (COSOP) du FIDA pour le Tchad en vigueur et sur l’ensemble
des opérations qui ont permis de mettre en œuvre cette stratégie. Dans l’ensemble,
les objectifs de ces projets étaient en harmonie avec les politiques et les stratégies
publiques, ainsi qu’avec les orientations du FIDA. Cependant, des faiblesses ont été
identifiées dans les approches adoptées pour atteindre ces objectifs et les groupes
cibles identifiés.
35. En termes de réalisations, les interventions ont été efficaces en ce qui concerne:
i) la mise en place de greniers de sécurité alimentaire ou de magasins de stockage
(84 mis en place par le PSANG II à mi-parcours sur 90 prévus, 30 magasins de
stockage construits et 14 en construction par le PSANG II à mi-parcours, ainsi que
44 banques de céréales constituées dans le cadre du PDAOK); ii) la réalisation des
infrastructures sociocommunautaires de base (36 centres de santé réhabilités dans
le cadre du PDAOK; 10 écoles construites dans le cadre du PSANG II); et iii) le
développement des services financiers décentralisés (3 000 ménages ont pu accéder
au microcrédit dans le cadre du PDAOK et 40 Caisses d’épargne et de crédit
autogérées [CECA] ainsi que deux caisses urbaines ont été mises en place par le
PSANG II). Les réalisations ont été assez satisfaisantes en matière d’hydraulique
villageoise (100 points d’eau mis en place par le PDAOK au profit de 30 000 usagers
environ; 68 points d’eau mis en place par le PSANG II), d’éducation nutritionnelle
(214 villages couverts, 780 éducatrices villageoises formées par le PSANG II et le
PDAOK, soit 16 571 femmes à ce jour) et d’alphabétisation fonctionnelle (dans le
cadre du PSANG II: ouverture de 64 centres d’alphabétisation en matière de santé,
2 291 personnes formées à ce jour; dans le cadre du PDAOK: 35 centres et 842
personnes formées).
36. En termes d’impact, le PDAOK a permis de ramener le taux de malnutrition aiguë de
18-20% à 13-16% et de mieux sensibiliser les femmes à la pratique de l’allaitement
exclusif - de 3 à 20%. Le PSANG II a permis la création de processus durables de
développement participatif au niveau des villages (création de 236 comités de
développement villageois à mi-parcours dans le cadre du PSANG). Les interventions
sociocommunautaires ont permis d’améliorer les conditions de santé et d’éducation
des populations touchées dans les régions du Kanem et du Nord-Guéra. Les
interventions des projets du FIDA ont eu un impact plus limité sur le renforcement
des organisations de base (l’Association de sécurité alimentaire du Nord-Guéra
[ASANG] n’a pas fait l’objet d’une structuration à la base avant d’être constituée et,
par conséquent, est actuellement déconnectée de sa base) et sur la réduction de
l’insécurité alimentaire à cause d’un appui limité à la production agricole qui, dans
certains cas, n’a pas été suffisant pour alimenter les greniers de sécurité alimentaire.
Enfin, l’impact a été limité s’agissant de la réduction de la vulnérabilité des ménages
et de la gestion durable et concertée des ressources naturelles17.
37. La durabilité n’est toujours pas assurée. Cette faiblesse est imputable, entre autres,
à la faiblesse des organisations de base, aux problèmes de définition des
responsabilités dans l’entretien des infrastructures, à la faiblesse de revenus des
ruraux et aux risques liés à la viabilité financière des CECA et des caisses locales
autogérées.
38. Dans l’ensemble, le programme a apporté deux innovations. La première porte sur la
mise en place d’une base pour l’émergence d’un réseau de CECA. Mais les autres
projets du FIDA dans le pays ont rarement tiré parti de ces interventions, lesquelles
se sont heurtées à des problèmes de durabilité, et les échanges ont été limités. La
seconde innovation concerne l’approche fondée sur la réponse à la demande, qui
comporte toutefois d’importants risques de saupoudrage et d’impact limité sur les
plus pauvres.

17
La quantification de ces deux impacts n’est pas possible.

8
EB 2009/97/R.10

B. Enseignements tirés
39. Les principaux enseignements tirés des activités liées à ce COSOP sont présentés ci-
dessous: i) la gestion des ressources naturelles, notamment de l’eau, a été peu prise
en compte par les projets FIDA alors qu’elle revêt une importance primordiale dans
une grande partie du pays. L’Agence allemande de coopération technique (GTZ) a
fortement investi dans la gestion des eaux et des sols dans l’est du Tchad avec le
projet PRODABO (qui s’achèvera en 2011). La mise en place de seuils d’épandage,
de barrages, de digues filtrantes, de mares et de puisards avec des systèmes de
planification ainsi que la construction et l’entretien par les bénéficiaires représentent
une expérience à retenir dans le cadre du programme de pays. Ces initiatives sont
déjà en train d’être reproduites dans le PRODER-B qui, suite à un recadrage, va
développer ces systèmes de gestion des eaux et des sols dans la région du Batha;
ii) les projets en cours ne se sont pas suffisamment focalisés sur la production
agricole qui reste la mesure principale pour l’amélioration de la sécurité alimentaire.
En outre, de ce fait, les greniers de sécurité alimentaire et l’éducation nutritionnelle
n’ont pas produit entièrement les effets escomptés. La stratégie doit accorder une
position centrale à l’accroissement de la production agricole, en vue notamment de
sortir d’une démarche de subsistance et d’arriver à générer des excédents
commercialisables; iii) le potentiel des organisations de producteurs n’a pas été
suffisamment exploité et les capacités et la représentativité de ces organisations
n’ont pas été développées. Ces organisations, notamment à travers le Conseil
national de concertation des producteurs ruraux du Tchad (CNCPRT) créé en août
2005, doivent devenir les interlocuteurs privilégiés autour desquels bâtir une
capacité de fourniture de services voués notamment à l’amélioration de la production
agricole, à sa transformation et à sa commercialisation; iv) la marginalisation des
producteurs ruraux et leur déconnexion des marchés, y compris dans les zones non
enclavées, suggèrent que l’accroissement de la production agricole ou sa
sécurisation doit s’inscrire dans une «approche filière» qui doit être au centre du
renforcement des capacités du CNCPRT; v) les aspects d’adaptation au changement
climatique doivent être pris en compte par la stratégie au vu de la vulnérabilité du
pays et de l’accroissement de l’offre de financements dans ces domaines; et vi) le
développement de la microfinance est entravé par la longueur des délais (10-12 ans)
pour atteindre l’autonomie, délais qui semblent incompatibles avec la durée d’un
projet. Il est aussi entravé par une densité et un niveau de revenus faible chez les
bénéficiaires dans les zones d’intervention du FIDA.
40. Sur les aspects de mise en œuvre, les principaux enseignements sont les suivants:
i) dans un contexte caractérisé par des capacités techniques, institutionnelles et de
gestion limitées, le passage vers une «approche programme» intégrée, flexible et
axée sur des processus avec des mécanismes clairs de soutien à l’exécution et
permettant de mieux utiliser les ressources humaines semble être justifié; ii) dans ce
même contexte, le recours au «faire-faire» est freiné par une gamme limitée
d’opérateurs compétents et par la tendance des projets à trop «sous-traiter» aux
opérateurs sans assurer leur rôle d’orientation; et iii) la mise en place de
commissions de passation de marchés au sein des projets pour les investissements
collectifs représente un instrument efficace pour réduire les délais de passation de
marchés.

IV. Cadre stratégique du FIDA pour le pays


A. Avantage comparatif du FIDA
41. L’avantage comparatif du Fonds provient de l’expérience acquise dans l’exercice de
son mandat et dans l’application de son cadre stratégique. Il s’articule autour des
points suivants: i) la mise au point d’approches novatrices visant à aider les petits
producteurs, individuellement et/ou à travers leurs organisations, à augmenter et
sécuriser leur production et à réduire leur vulnérabilité; ii) le ciblage des segments
les plus pauvres et vulnérables de la population ainsi que des zones les plus

9
EB 2009/97/R.10

marginalisées; et iii) des approches n’excluant personne fondées sur la


responsabilité des communautés dans la gestion du développement à travers des
mécanismes de participation des ruraux pauvres aux processus de planification et de
mise en œuvre des investissements ainsi que de prise de décision au niveau local.
42. Les enseignements tirés de l’expérience suggèrent que le FIDA peut contribuer à la
réduction de la pauvreté au Tchad, notamment en: i) accordant la priorité aux
aspects d’amélioration/accroissement de la production par la gestion des ressources
naturelles et l’utilisation de l’approche filière; ii) renforçant les organisations de
producteurs s’agissant de leur structure interne et de l’octroi de services d’appui à la
production à leurs membres; et iii) adoptant des approches programmes, dont la
mise en œuvre fait appel à des opérateurs compétents et/ou à la plateforme des
producteurs ruraux du Tchad.
43. Enfin, le Fonds intervient en synergie et en complément des politiques du
gouvernement et des autres bailleurs. Les partenariats noués avec la GTZ, l’Agence
française de développement (AFD) et la Coopération suisse (voir section V c))
mettent en relief les avantages comparatifs du FIDA en matière de gestion des eaux
et des sols, d’hydraulique pastorale et d’appui aux populations transhumantes, un
type de communautés extrêmement marginalisées au Tchad.

B. Objectifs stratégiques
44. L’objectif global du COSOP 2010-2015 est de donner aux ruraux pauvres, hommes
et femmes, les moyens d'accroître leurs revenus et d'améliorer leur sécurité
alimentaire. Le COSOP aura deux objectifs stratégiques:
i) Objectif stratégique 1: améliorer l'accès à l’eau et favoriser la gestion
durable de celle-ci par les ruraux pauvres; et
ii) Objectif stratégique 2: améliorer l'accès aux marchés de produits et
d'intrants agricoles dans les filières où les ruraux pauvres ont un
avantage comparatif.
45. La cohérence entre ces deux objectifs stratégiques est assurée par la logique
suivante: i) dans les zones sahéliennes, l’accès à l’eau à des fins productives
constitue l’outil principal permettant d’assurer la sécurité alimentaire et la réduction
de la vulnérabilité des populations rurales. Il permet une augmentation significative
de la mise en culture des terres et des rendements ainsi qu’une meilleure utilisation
des espaces pastoraux; et ii) l’accroissement du potentiel productif doit
s’accompagner d’une amélioration de l’accès aux intrants, à la commercialisation et
à la transformation pour faire en sorte que les producteurs et éleveurs puissent
sortir de l’agriculture de subsistance.
46. Les deux objectifs stratégiques ci-dessus permettent aussi de fournir une réponse
d’adaptation au changement climatique qui, dans le cas du Tchad, signifie surtout
meilleure gestion de l’eau et renforcement de la résilience des productions agricoles
et pastorales au changement climatique. Ces objectifs stratégiques sont conformes à
la majorité des options prioritaires recommandées par le PANA et qui incluent, entre
autres, la maîtrise et la gestion de l’eau, la réalisation d’ouvrages de défense et de
restauration des sols, le développement de cultures intensives et diversifiées,
l’amélioration des pâturages communautaires et la gestion des risques climatiques
(voir section II B).
47. Il faut souligner que le pays est politiquement et militairement instable et que
certaines zones, notamment dans la partie orientale, sont le théâtre d’affrontements
fréquents entre l’armée gouvernementale et les forces rebelles. Ces zones peuvent
être considérées comme «partiellement post-conflit» et pourraient faire l’objet de
mesures de planification, de prévention, d’atténuation et de redressement que le
Fonds met généralement en œuvre dans les pays sortant d’un conflit (voir section
V. F sur les risques).

10
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48. Le projet de développement rural du Batha (PRODER-B) est en train d’être recadré
selon une approche qui se fonde sur les principes sous-tendant les objectifs
stratégiques ci-dessus. Ce recadrage permettra donc de tester les piliers de la
stratégie de pays pour le Tchad.
49. Objectif stratégique 1: améliorer l'accès à l’eau et favoriser la gestion
durable de celle-ci par les ruraux pauvres. Le but de cet objectif est d’accorder
une place centrale, dans la stratégie, à la gestion des ressources naturelles,
notamment de l’eau qui, pour une grande partie du Tchad, est source de vie. Il s’agit
de promouvoir la mise en place d’investissements adaptés de gestion des eaux et
des sols accompagnés de systèmes d’entretien de ces investissements et de gestion
des conflits intercommunautaires qui en découlent. Cet objectif s’articule autour des
deux «résultats clés» ci-dessous.
50. Les capacités des populations locales sont renforcées s’agissant de
planifier, construire et entretenir les infrastructures qui permettent de
gérer l’eau et le sol durablement. Il s’agit de stopper et d’inverser le processus
de dégradation vers une certaine stabilité des sols et de l’environnement sans
modifier les écosystèmes de manière significative. Le but est de parvenir à une
gestion concertée de tous les usages de l’eau (agricole, pastoral et domestique) au
niveau d’une unité administrative et/ou géographique donnée (canton, bassin
versant). Ceci nécessite une planification à la base, des études préalables socio-
économiques, foncières et environnementales et la mise en place et la formation de
comités de gestion des ouvrages.
51. Pour les usages agricoles, plusieurs techniques de gestion des eaux et des sols
seront envisagées, comme le ralentissement de la vitesse de ruissellement, la
pénétration de l’eau dans le sous-sol pour alimenter la nappe phréatique ainsi que le
ralentissement du courant dans les oueds afin de protéger les berges, de freiner
l’ensablement et de favoriser l’épandage des eaux dans les bas-fonds à potentiel
agricole. Il faudra aussi veiller à favoriser la conservation de l’eau souterraine18 qui,
en zone sahélienne, est souvent plus importante pour les cultures et la végétation
naturelle que l’eau de surface.
52. Pour les usages pastoraux, le projet d’hydraulique pastorale en zone sahélienne 19
assurera la sécurisation des systèmes de transhumance par la mise en place de
points d’eau et le balisage des couloirs de transhumance dans les zones du centre et
de l’ouest du Tchad. Les institutions de planification et de gestion des points d’eau et
des couloirs de transhumance seront promues et appuyées par ce projet. La
sécurisation des systèmes d’élevage mobiles et opportunistes représente une
réponse efficace d’adaptation au changement climatique.
53. La couverture des besoins en eau à usage domestique sera assurée par le projet
d’hydraulique pastorale et par des partenariats avec notamment l’Union européenne,
l’AFD et la BAfD en matière d’hydraulique villageoise. Dans la mesure du possible,
les interventions en matière d’hydraulique villageoise seront accompagnées de
mesures d’assainissement et d’hygiène.
54. La capacité de gérer les conflits liés à la gestion de l’eau est améliorée.
L’accès à l’eau génère de nombreux conflits interethniques sanglants. La contribution
que les autorités traditionnelles (chefs de tribus transhumants et chefs de canton
sédentaires) ont pu donner à la gestion de ces conflits a souvent été déterminante.
Un autre exemple de gestion efficace des conflits est illustré par les «conventions
locales» qui réunissent les principales parties prenantes (producteurs, agro-éleveurs,
pouvoirs traditionnels et modernes) pour planifier et gérer les ouvrages de gestion
des eaux et des sols. L’appui à la mise en place et au fonctionnement de ces
institutions est inscrit dans la stratégie.

18
La grande majorité de la végétation au Sahel consomme l’eau capillaire et non l’eau de la nappe.
19
Ce projet sera soumis à l’approbation du Conseil d’administration du FIDA en septembre 2009.

11
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55. Objectif stratégique 2: améliorer l'accès aux marchés de produits et


d'intrants agricoles dans les filières où les ruraux pauvres ont un avantage
comparatif. Il s’agit d’intervenir dans les filières où les petits producteurs ont un
avantage comparatif20 pour: i) améliorer l’accès aux intrants et aux connaissances
techniques et répondre à la demande et aux normes du marché; et ii) améliorer le
pouvoir de négociation des petits producteurs à l’intérieur des chaînes de valeur.
56. Améliorer l’accès des ruraux pauvres aux intrants et aux connaissances
techniques ainsi que leur capacité à commercialiser et transformer leur
production agricole. Cette amélioration s’appuie sur le renforcement des
organisations de producteurs ainsi que des autres opérateurs du marché autour
d’activités productives. D’un côté, il s’agit de renforcer les organisations de
producteurs, notamment par le biais du CNCPRT, pour qu’elles puissent fournir des
services à leurs membres tels que l’approvisionnement en intrants, l’appui-conseil
technique, l’information sur les marchés et les prix, la mobilisation des fonds de
roulement, l’accès aux équipements, la commercialisation groupée, la fourniture de
services post-récolte tels que le triage, le calibrage et le conditionnement. Ce
renforcement se fera lorsque les organisations parviendront à une maturité
confirmée, sur la base d’indicateurs clairs de performance et d’éléments
déclencheurs.
57. Il s’agit aussi d’appuyer des micro-entreprises (détaillants, auxiliaires de l’élevage,
forgerons, mécaniciens) pour qu’elles soient en mesure de répondre à une demande
d’intrants (semences, engrais, équipement, moyen de transport) et d’équipement de
transformation agricole, et d’en assurer l’entretien.
58. En matière d’adaptation au changement climatique, la stratégie privilégiera les
variétés résistantes à la sécheresse et/ou à cycle court qui augmentent la résilience
au changement climatique. Des partenariats avec la recherche internationale et
nationale seront mis en place à cette fin. La recherche internationale sera sollicitée
sur les options existantes en matière de variétés résistantes à la sécheresse et/ou à
cycle court et la recherche nationale sera impliquée dans la multiplication de ces
semences et la mise à disposition aux producteurs.
59. Améliorer le pouvoir de négociation des petits producteurs à l’intérieur des
chaînes de valeur. Le développement des organisations de producteurs au Tchad
est en retard par rapport aux tendances dans la sous-région. Le CNCPRT est encore
dans une phase de consolidation et fournit à ses membres un volume très réduit de
services. En dehors de la filière coton, il n’existe pas au Tchad d’organisations
faîtières et interprofessionnelles. Les organisations de producteurs, notamment le
CNCPRT, seront accompagnées et renforcées par un transfert progressif des
compétences permettant d’accroître au fur et à mesure leurs responsabilités. Les
appuis cibleront la création d’organisations faîtières et interprofessionnelles
associées aux filières ciblées, ainsi qu’une participation accrue du CNCPRT à la
concertation sur les politiques de développement de ces filières.
60. Activité transversale. La microfinance sera une activité transversale dans la
stratégie de pays. Des composantes de microfinance seront mises en place dans le
nouveau programme pour la période 2010-2015. En outre, le réseau de la région du
Nord Guéra (40 caisses rurales et deux caisses urbaines) sera fusionné avec celui de
la région du Batha (qui est en passe de devenir opérationnel) par: i) l’harmonisation
des approches et des modalités opérationnelles, ii) la transformation des caisses
d’épargne et de crédit autogérées (CECA) du Nord-Guéra et des centres financiers
autogérés (CFA) du Batha en institutions viables; et iii) le renforcement de leurs
dimensions économiques et financières ainsi que de leur structure de gouvernance.

20
Un exemple de critères de sélection de ces filières est indiqué dans le tableau 1 de l’appendice I, («Processus de consultation
pour l’élaboration du COSOP»).

12
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Cette fusion sera menée dans le cadre du projet PRODER-B, en cours de mise en
œuvre.

C. Perspectives d’innovation
61. Compte tenu de son expérience, le FIDA a pu recenser et appuyer toute une gamme
d'approches et de techniques innovantes ayant un réel potentiel s’agissant du
renforcement de l'efficacité de son action de soutien du développement rural au
Tchad. Ces innovations sont les suivantes: i) l’approche d’adaptation au changement
climatique, notamment par la mise en place de structures de gestion de l’eau,
l’accroissement de la capacité de résilience des systèmes de production, la
sécurisation des systèmes d’élevage mobiles et la promotion des synergies entre les
systèmes d’élevage sédentaires et mobiles; ii) la mise en place de «seuils
d’épandage de crues» comme mesure de gestion des eaux et des sols sur la base
des résultats obtenus par la GTZ et la Coopération suisse dans l’est du Tchad;
iii) la gestion des conflits liés à l’accès à l’eau et aux pâturages par le biais des
autorités traditionnelles; iv) la mise en place de «partenariats public-privé» avec des
acteurs en aval des filières pour le développement de «filières courtes», équitables
et adaptées aux pauvres; et v) la mise en valeur de sources d'énergie renouvelable à
un coût abordable, adaptées aux besoins des ruraux pauvres et qui ne sont pas en
concurrence avec l’offre de production alimentaire: de telles sources pourraient être
le vent, l'énergie solaire et les biocarburants issus de spéculations marginales et
voués à un usage local.
62. Le FIDA cherchera aussi à appuyer le gouvernement pour saisir les opportunités
d’accès aux financements liés au changement climatique. Ceci implique: i) un
renforcement des capacités au niveau de l’administration tchadienne qui pourra être
fourni par le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) et le Mécanisme mondial de
la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification; et ii) la
formulation de composantes, dans les programmes du FIDA, à même d’être
financées par une gamme d’outils tels que les fonds d’adaptation au changement
climatique et d’atténuation de ses effets provenant du FEM, du Protocole de Kyoto,
de sources multilatérales et bilatérales ainsi que les marchés du carbone obligatoires
et volontaires.
63. Le Fonds cherchera aussi à repérer les éventuelles innovations paysannes locales
dans ce domaine, à les mettre en valeur et à les disséminer au travers de ses
propres activités au Tchad, entre les différents projets en cours, mais aussi à un
niveau régional par le biais du réseau FIDAfrique.

D. Stratégie de ciblage
64. La méthodologie de ciblage du présent COSOP a été définie conformément aux
systèmes nationaux de planification et de coordination du gouvernement et à la
politique du FIDA en matière de ciblage. Elle comporte trois niveaux:
i) le niveau des groupes cibles; ii) le niveau géographique; et iii) le ciblage des
filières pro-pauvres.
65. Les groupes cibles de la stratégie sont les petits agriculteurs vivriers, les
agro-éleveurs, les éleveurs transhumants de subsistance et les ménages des
personnes déplacées à l’intérieur du pays en situation de vulnérabilité. Parmi ces
groupes, une attention particulière sera accordée aux femmes, y compris celles chefs
de ménage, et aux jeunes à cause de leur grande vulnérabilité.
66. En ce qui concerne le niveau géographique, l’analyse de la pauvreté et de la
vulnérabilité suggère que le FIDA étende sa base territoriale vers l’est, en particulier
vers les régions du Salamat, Sila21, Ouaddaï et Biltine. Eventuellement, le Fonds
pourrait envisager d’approfondir son intervention dans la région du Guéra. Plusieurs

21
Partie de la région du Ouaddaï qui est devenu région à part entière.

13
EB 2009/97/R.10

raisons sont à l’origine de ce choix: i) ces zones abritent le plus grand nombre de
ménages à forte vulnérabilité de par leur insécurité alimentaire et/ou politique (les
déplacés) et la décapitalisation des exploitations agricoles; ii) il s’agit soit de zones à
potentiel agricole confirmé où il n’y a pratiquement pas d’intervenants22 et qui sont
en train d’être désenclavées (Salamat et Sila), soit de zones qui vont être
abandonnées par les bailleurs qui y interviennent (le cas de la GTZ/KfW dans le
Ouaddaï23); iii) il s’agit aussi de zones caractérisées par un environnement très
dégradé et à fort risque d’impact suite au changement climatique et qui nécessitent
des activités urgentes d’adaptation; et iv) il s’agit de zones dont la contiguïté
géographique permettrait d’établir des synergies par des échanges d’expérience, une
gestion rapprochée des connaissances et le transfert continu des bonnes pratiques
qui amélioreraient les chances d’une bonne mise en œuvre.
67. Les filières d’intervention seront sélectionnées de manière participative et sur la base
des critères élaborés en partenariat avec les bénéficiaires. Un exemple de ce type
d’exercice est présenté au tableau 1 de l’appendice I.

E. Articulation au niveau des politiques


68. Les piliers de la stratégie de pays pour le Tchad sont en ligne avec les thématiques
et la stratégie opérationnelle du FIDA. Ils s’harmonisent aussi avec la SNCRP II
d’avril 2008 et avec les orientations adoptées lors de la CSDR.
69. La mise en œuvre de ces piliers appelle à une concertation sur les thèmes suivants:
i) concertation avec les instances de la décentralisation sur la définition du niveau
approprié (canton, département, bassin versant) pour la planification de la gestion
des ressources naturelles et sur la reconnaissance juridique des «conventions
locales» pour le développement communautaire; ii) dialogue avec les organisations
des pouvoirs traditionnels (Association des chefs traditionnels du Tchad) pour la
gestion des conflits interethniques; iii) définition d’un cadre réglementaire approprié
pour la sécurisation des systèmes d’élevage mobiles, y compris la mise en place d’un
nouveau code pastoral; iv) les systèmes d'entretien lourd des puits pastoraux,
notamment grâce aux recettes tirées des ventes de bétail, ainsi que la définition d’un
cadre réglementaire approprié pour la sécurisation des systèmes d’élevage mobiles,
y compris la mise en place d’un nouveau code pastoral; v) le niveau de protection en
faveur des filières qui entrent en concurrence directe avec les importations; et vi)
l’amélioration des liens entre la stratégie d’adaptation au changement climatique et
la SNCRP II ainsi que le renforcement des capacités pour accéder aux financements
liés au changement climatique.
70. Les interlocuteurs principaux sur ces thèmes de concertation sur les politiques sont
le Ministère de la décentralisation, le Ministère de l’économie, du plan et de la
coopération, le Ministère des finances et du budget, le Ministère de l’agriculture, le
Ministère de l’élevage et des ressources animales, le Ministère de l’environnement,
de l’eau et des ressources halieutiques, le Ministère de l’hydraulique villageoise et
pastorale, et le Ministère de l’intérieur. Les outils disponibles sont notamment les
suivants: ateliers, études, visites, formation, reproduction et diffusion et
collaboration avec d’autres partenaires au développement.

22
Sauf pour le programme PASILD de l’UE qui couvre 6 communautés autour du Parc de Zakouma.
23
Le Programme de développement rural décentralisé des départements d’Assoungha, Biltine, Djourf Al Ahmar et Ouara
(PRODABO) financé par la GTZ/KfW dans la région du Ouaddaï est en phase de clôture puisque la coopération allemande
quittera le pays en 2011.

14
EB 2009/97/R.10

V. Gestion du programme
A. Gestion du COSOP
71. Une «équipe de gestion du programme de pays» (EGPP) sera mise en place au
Tchad. Cette équipe ad hoc sera composée de représentants des équipes des projets
du FIDA, des ministères concernés, du CNCPRT et des ONG. Elle aura pour mission
de faire en sorte que le présent COSOP devienne un outil de planification et de suivi
conjoint des interventions bénéficiant de l'appui du FIDA au Tchad. À cette fin,
l’EGPP coordonnera les tâches suivantes, en collaboration avec le gouvernement et
le FIDA: i) organiser une réunion d'examen et de planification à la fin de chaque
année, à laquelle prendront part les parties prenantes des interventions du FIDA au
Tchad, le but étant d'apprécier l'état d'avancement de la mise en œuvre du COSOP
et des autres interventions en cours et de définir les objectifs et les ressources
requises pour l'année suivante; ii) organiser une mission conjointe d'examen à
mi-parcours en juin 2011 pour évaluer l'état de la mise en œuvre du COSOP, les
enseignements tirés et les éventuelles mesures correctives requises pour en
améliorer l'impact; et iii) préparer un rapport final sur le COSOP en septembre 2015.
72. Le dispositif de suivi-évaluation du COSOP sera alimenté par les systèmes de
suivi-évaluation des interventions financées par le FIDA et alimentera à son tour les
dispositifs de suivi-évaluation de la SNCRP II et de la CSDR. Afin de renforcer la
cohérence des interventions et de suivre la performance du programme de pays, le
FIDA mettra en place un système unifié avec des indicateurs précis et mesurables,
commun à l’ensemble des interventions. Ce système permettra: i) de suivre la mise
en œuvre du COSOP; ii) de mesurer l’impact, les réalisations et les produits sur la
base des cadres logiques ainsi que sa contribution à la mise en œuvre de la SNRP II
et de la CSDR; et iii) de suivre les indicateurs clés, dont ceux relatifs au système de
gestion des résultats et de l’impact du FIDA.
73. L’EGPP assurera les examens annuels des indicateurs clés de performance des
interventions du FIDA au Tchad. L’examen du COSOP conduira à l'établissement d’un
rapport d’activités sur la stratégie de pays qui donnera des orientations pour
actualiser les indicateurs du cadre logique et formulera des recommandations
concernant les moyens de surmonter les difficultés identifiées.

B. Gestion du programme de pays


74. Le gouvernement assumera la responsabilité de la gestion du programme de pays. À
l'heure actuelle, l’emprunteur/bénéficiaire des prêts et dons est le Ministère de
l’économie, du plan et de la coopération. La tutelle des trois projets en cours est
confiée au Ministère de l’agriculture. La tutelle du projet d’hydraulique pastorale en
zone sahélienne sera confiée au Ministère chargé de l’eau. Le Tchad ne fait pas
partie des pays visés par le programme pilote du FIDA relatif à la présence sur le
terrain et le FIDA n'a donc pas de présence par procuration sur place. La gestion du
programme de pays est donc entièrement assurée par le chargé de programme.
75. Pour pallier en partie ce problème, le FIDA envisage de mettre en place une
«capacité de mise en œuvre du portefeuille» (CMOP). Cette capacité dépendra du
Ministère de l’économie, du plan et de la coopération (Direction générale des
ressources extérieures et de la programmation) et sera installée dans les bureaux de
l’antenne du FIDA à N’Djamena. Elle sera composée: i) d’un spécialiste en contrôle
financier et administration des prêts et dons du FIDA; ii) d’un spécialiste en
passation des marchés; iii) d’un spécialiste en suivi-évaluation; iv) d’une secrétaire;
et v) d’un chauffeur. Cette structure sera financée sur le don du projet d’hydraulique
pastorale en zone sahélienne. Elle sera dotée de moyens de fonctionnement et d’une
dotation permettant de fournir un appui à la mise en œuvre et pourra recruter des
experts pour des besoins ponctuels. Vu les capacités parfois limitées de
l’administration publique, cette structure pourra puiser ses ressources humaines
dans le secteur privé.

15
EB 2009/97/R.10

76. Dès janvier 2010, tous les projets financés par le FIDA au Tchad seront supervisés
directement. Le FIDA mettra à profit cette opportunité pour assurer un meilleur suivi
de son programme de pays. La supervision de celui-ci sera conduite par le chargé de
programme selon un plan annuel, en étroite collaboration avec l’EGPP et la CMOP. Le
plan de supervision sera élaboré avec les principaux acteurs concernés en même
temps que les programmes de travail et budgets annuels. La supervision mettra un
accent particulier sur les projets à risque élevé et les nouvelles initiatives. Le chargé
de programme sera également responsable de l’exploitation et de la diffusion des
enseignements tirés des opérations financées par le FIDA et des méthodes
innovantes élaborées dans le cadre du programme de pays.
77. Au vu de l’instabilité politico-militaire au Tchad, une étude d’évaluation des risques
découlant de cette instabilité pour la mise en œuvre du portefeuille du FIDA sera
menée et les résultats seront inclus dans les modalités de mise en œuvre des
projets/programmes.

C. Partenariats
78. Le processus de consultation pour ce COSOP a permis de renforcer la collaboration
avec le CNCPRT. Cette plateforme deviendra le représentant incontournable des
producteurs tchadiens pour le FIDA. Les aspects relatifs au renforcement des
organisations de producteurs et à la création d’organisations faîtières et
interprofessionnelles envisagés dans l’objectif stratégique 2 seront formulés et
exécutés en concertation avec le CNCPRT.
79. Pour le COSOP 2010-2015, le FIDA collaborera avec les principaux bailleurs de fonds
présent au Tchad. Le projet d’hydraulique pastorale en zone sahélienne sera mis en
œuvre par le FIDA et l’AFD dans le cadre d’un financement parallèle. Dans ce projet,
une composante importante de fourniture de services de base aux communautés
transhumantes sera cofinancée et mise en œuvre par la Coopération suisse.
L’Association des chefs traditionnels du Tchad sera un partenaire pour la gestion des
conflits liés, entre autres, à l’eau.
80. Le FIDA collaborera également avec GTZ/KfW et la Coopération suisse par la
sélection et la mise en place d’infrastructures de gestion de l’eau et des sols dans le
cadre du PRODER-B. Cette collaboration vise à tirer profit des résultats obtenus par
le projet PRODABO de la GTZ dans la région du Ouaddaï et par les Programmes de
développement régional du Wadi Fira et de l’Ennedi de la Coopération suisse,
notamment sur la mise en place de «seuils d’épandage de crues» comme mesures
de gestion des eaux et des sols dans la stratégie de pays.
81. L’AFD intervient dans l’est du pays en faveur des populations déplacées qui rentrent
dans le terroir d’origine, par le biais du programme d’appui à la stabilisation (PAS)
de l’est du Tchad, qui comprend des interventions en matière d’hydraulique
villageoise, d’appui à la relance des activités productives et d’amélioration de l’offre
de services de santé. Le Fonds pourra nouer un partenariat avec l’AFD pour
l’intervention en faveur des populations déplacées. Des consultations étroites et des
activités concertées sont en cours avec l’Union européenne en matière d’hydraulique
villageoise. Cette coordination pourrait déboucher sur un partenariat.
82. Une collaboration est aussi envisagée avec: i) le FEM, pour l’accès aux financements
liés au changement climatique, la conservation de la biodiversité et la dégradation
des sols, y compris des initiatives de renforcement des capacités sur ces thèmes; et
ii) le Mécanisme mondial, pour l’accès aux financements liés à la Convention des
Nations Unies sur la lutte contre la désertification.

D. Gestion des savoirs et communication


83. Sur la base des enseignements tirés des activités menées au Tchad entre 1999 et
2009, il semble que: i) le dialogue, les complémentarités et les synergies entre les
projets qui devraient garantir la cohérence des interventions et l’amélioration de la
qualité de la mise en œuvre sont insuffisants; ii) il n’existe aucun système de gestion

16
EB 2009/97/R.10

concertée du développement rural ni même de forum de consultation des parties


prenantes œuvrant pour le développement rural; et iii) les capacités et la
représentativité des organisations paysannes (groupements de base, comités de
développement villageois) n’ont pas été suffisamment développées.
84. Il faut également souligner que le Tchad est l’un des pays les moins avancés au
monde pour ce qui est des technologies de l’information et de communication qui
contribuent à faciliter le traitement et l’amélioration des circuits du savoir24. Le taux
de pénétration dans tous les segments du marché des télécommunications
(téléphonie fixe, téléphonie mobile et Internet) est bien inférieur à la moyenne pour
l'Afrique. En 2007, le réseau de télécommunication Sotel Tchad comprenait
17 000 lignes principales, dont 80% à N'Djamena25.
85. Compte tenu de cette situation, le partage et les échanges de savoirs et
d’innovations dans le cadre du COSOP seront principalement effectués par le biais de
forums et d’ateliers. La stratégie de pays vise à mettre en place un plan opérationnel
pour la gestion des connaissances à l'échelon national dont les orientations
stratégiques sont les suivantes: i) renforcement des capacités des projets dans la
gestion des savoirs et des innovations; ii) intégration d’activités de gestion des
savoirs et des innovations dans les nouveaux projets du programme de pays et dans
les projets en cours lors des prochaines missions de supervision; iii) promotion de la
diffusion et de l’accès aux savoirs; et iv) facilitation de l’accès au savoir et au savoir-
faire.

E. Cadre de financement SAFP


86. Le cadre indicatif de financement du programme de pays 2010-2015 s’appuiera sur
le système d’allocation fondé sur la performance (SAFP). Le niveau de ressources
que le FIDA doit mobiliser dépend de la taille de la population rurale, de la
performance des politiques et institutions rurales et de celle des projets/programmes
du FIDA dans le pays. Les performances actuelles des indicateurs respectifs sont
présentées dans le tableau 1 ci-dessous.
Tableau 1 : Calcul de l’allocation SAFP pour la première année du COSOPa/
Indicateur COSOP année 1
Notes évaluant le secteur ruralb/
A(i) Dispositif politique et juridique encadrant les organisations rurales 4,00
A(ii) Dialogue entre le gouvernement et les organisations rurales 3,25
B(i) Accès à la terre 3,75
B(ii) Accès à l’eau à usage agricole 3,00
B(iii) Accès aux services de recherche et de vulgarisation agricoles 2,67
C(i) Conditions propices au développement des services financiers ruraux 3,25
C(ii) Conditions d’investissements pour les entreprises rurales 2,67
C(iii) Accès aux marchés des intrants et des produits agricoles 3,00
D(i) Accès à l’éducation dans les zones rurales 2,75
D(ii) Représentation 2,33
E(i) Affectation et gestion des fonds publics en faveur du développement 2,75
rural
E(ii) Responsabilité, transparence et corruption dans les zones rurales 2,50
Moyenne des notes cumulées 2,99
Indice d’affectation des ressources de l’IDA 2,58
Note projets à risques (PAR) 5,0
Allocation annuelle (en millions d’USD) 6,5
IDA= Association internationale de développement
a/ Sur la base des allocations pour 2007-2009
b/ Ces notes reflètent la perception du FIDA sur la performance du pays sur les différents thèmes.

24 ème
Le Tchad est au 134 rang dans le classement de l’indice «Networked Readiness 2008-2009» publié dans le rapport intitulé
«The Global information technology 2008-2009».
25
Plan de développement des technologies de l’information et de la communication au Tchad, mai 2007.

17
EB 2009/97/R.10

87. Ainsi, sur la base du SAFP, le Tchad bénéficie d’un montant total d’environ 7 millions
d’USD pour l’année 2010 et d’une allocation d’environ 43 millions d’USD pour la
période 2010-2015. Le tableau 2 présente la pertinence du SAFP en termes
d’allocations annuelles de ressources par rapport à la performance.
Tableau 2: Relations entre les indicateurs de performance et la note de pays

Variation en pourcentage du score


Note PAR Note de performance du
Scénario de financement SAFP du pays par rapport au
(+/- 1) secteur rural (+/- 0,3)
scénario de base

Hypothèse basse 4 2,69 -26%


Hypothèse de base 5 2,99 0%
Hypothèse haute 6 3,29 30%

F. Risques et gestion des risques


88. Le risque pays est élevé au Tchad. Il existe avant tout un risque politique, en raison
des relations conflictuelles entre le Tchad et le Soudan et de l’existence d’une
opposition armée. L’instabilité sociale et politique qui en découle fait peser des
risques majeurs et difficilement prévisibles sur la mise en œuvre et, a fortiori, la
pérennité de l’impact des interventions du Fonds. Il s’agit de considérer le Tchad
comme un pays auquel s’appliquent certaines mesures de prévention, d’atténuation
et de redressement des situations post-conflit (qui, bien entendu, n’éliminent pas
nécessairement les causes de l’instabilité). Les mesures de prévention incluent le
renforcement des partenariats, la simplicité de la formulation des
projets/programmes et l’élaboration de plans de gestion des imprévus pour les
projets/programmes. Les mesures d’atténuation consistent à assurer: i) un suivi
rapproché du programme de pays conduit par l’EGPP sur une base annuelle; et
ii) une flexibilité suffisante des interventions du FIDA pour pouvoir modifier les
programmes de travail et budgets annuels en fonction de l’évolution de la situation
sécuritaire. En matière de redressement, le FIDA peut contribuer à assurer le
passage d’une phase d’urgence vers un développement à long terme: i) en appuyant
l’amélioration des conditions de vie des populations déplacées à l’intérieur du pays
qui retournent dans le terroir d’origine; et ii) en améliorant la rapidité et la facilité
d’accès aux ressources mises à disposition sous forme de dons.
89. Risque social. Dans les zones où est pratiquée la transhumance au Tchad, les
tensions entre éleveurs et agriculteurs sédentaires risquent d’engendrer des conflits
qui, s’ils sont mal gérés, pourraient dégénérer en désordres, voire en affrontements
ethniques ou sociaux, comme le démontre le cas extrême de la province voisine du
Darfour. Le COSOP inclura parmi ses interventions: i) le renforcement des
institutions de gestion des conflits où siègent des pouvoirs traditionnels; et ii) la
sécurisation des parcours de transhumance grâce à l’accès à l’eau des systèmes
d’élevage mobiles, l’aménagement concerté des axes de transhumance et la mise en
place d’un cadre de concertation réunissant éleveurs itinérants, agriculteurs
sédentaires et autorités traditionnelles et modernes.
90. Risque environnemental. Le Tchad est extrêmement vulnérable au changement
climatique, aux invasions de prédateurs (criquets pèlerins, tiques, oiseaux) et aux
feux de brousse. La mise en œuvre d’une stratégie d’adaptation au changement
climatique fait partie intégrante du COSOP (voir objectif stratégique 1). Les mesures
d’adaptation recommandées par le PANA incluent aussi des systèmes d'alerte
précoce pour lutter contre les invasions de prédateurs. La planification
environnementale au niveau des bassins versants envisagée dans le cadre de
l’objectif stratégique 1 peut devenir un outil efficace pour combattre les feux de
brousse. Cette stratégie d’adaptation pourrait faire l’objet d’une intervention de la
part du FEM et du Mécanisme mondial.

18
EB 2009/97/R.10

91. Risques liés à la mise en œuvre de projets/programmes. Ces risques


concernent les aspects fiduciaires des prêts et dons (passation des marchés,
administration financière) ainsi que la capacité de mise en œuvre limitée au Tchad,
aussi bien dans l’administration que dans le secteur privé. Les mesures d’atténuation
envisagées incluent: i) la création d’une capacité de mise en œuvre du portefeuille
(CMOP); ii) le recours à une assistance technique qualifiée au niveau national et
international pour la mise en œuvre des projets/programmes, comme dans le cas de
la mise en œuvre du projet d’hydraulique pastorale en zone sahélienne; et iii) la
mise en place de procédures de passation de marchés flexibles et décentralisées
(commissions d’ouverture et jugement des offres au niveau régional, voire au sein
des projets comme dans le cas du PSANG II pour les investissements
communautaires) qui sont actuellement promues par le gouvernement.

19
Appendice I EB 2009/97/R.10

Processus de consultation pour l’élaboration du COSOP


1. Selon les nouvelles orientations du FIDA, le processus d’élaboration du COSOP Tchad
a été conduit sous la direction du Ministère de l’Agriculture et s’est déroulé en quatre
étapes consultatives clés:
• Une mission préparatoire en mars 2009. Cette mission a permis de mener,
en consultation avec les départements techniques concernés, une analyse
préliminaire de la situation de pauvreté rurale au Tchad et une caractérisation
des points suivants: (i) groupes vulnérables; (ii) stratégies et priorités du
gouvernement en matière de développement rural ; (iii) capacités
institutionnelles des acteurs publics et privés opérant dans les domaines du
développement rural; (iv) interventions des partenaires techniques et financiers
du Tchad en matière de développement rural en portant une attention
particulière aux opportunités de complémentarité; et (v) impact des
interventions financées par le FIDA au Tchad et les leçons apprises de la mise en
œuvre.
• Deux ateliers consultatifs en mars 2009. Le premier atelier a été effectué
avec les représentants régionaux du Conseil National de Concertation de
Producteurs Ruraux du Tchad (CNCPRT) (le 21 mars 2009), tandis que le second
a réuni l’Equipe de Gestion du Programme de Pays au Tchad (le 23 mars 2009)
afin de retenir de façon concertée les axes prioritaires du COSOP.
• Un atelier consultatif en juin 2009 sur une version plus avancée de la
stratégie pays qui prend en compte les commentaires du contrôle de qualité
interne du FIDA et des partenaires tchadiens.
• L’examen par le Comité Technique Intersectoriel qui effectue le travail
d’analyse technique des stratégies macroéconomiques pour le compte du Haut
Comité Interministériel (présidé par le Premier Ministre) qui est l’organe
compétent pour la validation de la stratégie.

2. Ce processus d’échanges et de validation participatif qui associe les décideurs et


acteurs du secteur rural au Tchad a permis d’assurer la cohérence du COSOP avec
les politiques gouvernementales, les attentes du monde rural, le positionnement
géographique et thématique des partenaires techniques et financiers du Tchad
intervenant dans le secteur rural et les orientations stratégiques du FIDA.

Échanges Consultatifs avec les représentants régionaux de la CNCPRT

3. Le Conseil National de Concertation de Producteurs Ruraux du Tchad (CNCPRT) est


l’instance principale de représentation du monde rural au Tchad. Il participe auprès
du gouvernement du Tchad à l’élaboration et au suivi des politiques nationales ayant
trait au développement rural.
4. Afin de garantir la prise en compte des priorités des populations et organisations
professionnelles rurales, le FIDA a tenu à associer les représentants régionaux de la
CNCPRT à l’élaboration du nouveau programme de pays du Tchad. Dans ce contexte,
un atelier national, regroupant 21 participants provenant de 13 régions, s’est tenu à
N’Djamena le 21 mars 2009 pour présenter les grandes lignes du programme de
pays et, suite à des travaux de groupe, retenir de façon participative les priorités à
prendre en compte par le FIDA dans le programme de pays Tchad, en vue de
contribuer à la réduction de la pauvreté rurale.

1
Appendice I EB 2009/97/R.10

Conclusions et Recommandations des ateliers de consultations avec les


représentants régionaux de la CNCPRT

5. Les représentants des organisations paysannes (OP) ont conclu que les axes
prioritaires d’intervention pour le développement agricole et la réduction de la
pauvreté rurale au Tchad et pour lesquels le FIDA aurait un avantage comparatif,
seraient :
• La mise en valeur durable et diversification des systèmes de production, y compris
des systèmes pastoraux, pour assurer un accroissement de la sécurité alimentaire
et des revenus;
• La gestion/prévention des conflits intercommunautaires comme instruments de
gestion des ressources agro-sylvo-pastorales ;
• L’aménagement des bassins versants dans une optique de gestion de l’eau,
planification locale et des mesures de mitigation et/ou adaptations des effets du
changement climatique;
• L’adoption d’approches filières en appui à toute intervention;
• L’appui et développement de la micro- finance, en faveur des populations les plus
pauvres et les plus marginalisées.

6. Les axes transversaux retenus sont :


• Le genre,
• Les aspects institutionnels,
• Le renforcement des capacités des OP et des producteurs (y compris dans
l’élaboration de politiques agricoles)
• L’accès à l’information opérationnelle et à la communication

7. Afin de sélectionner des filières pro-pauvres, les critères de sélection qui ont été
retenus sont: (i) la bonne accessibilité aux intrants à des coûts réduits; (ii) un fort
potentiel d’autoconsommation et de commercialisation ; (iii) un cycle de production
relativement court; (iv) des cultures relativement résistantes; (v) des besoins en
main d’œuvre réduits; (vi) une diffusion à l’ensemble du territoire et/ou localisée à
des zones qui abritent un grand nombre de ménages pauvres ou vulnérables; (vii)
des cultures pratiquées par les femmes.
8. Ces sept critères ont permis d’élaborer une grille. Les résultats de cette analyse sont
consignés dans le tableau 1 ci-après et peuvent se résumer ainsi: (i) la spiruline et
le sésame au premier rang (89%); (ii) l’arachide et Jathropha Curcas au deuxième
avec (83%); (iii) le niébé et le gombo (80%); (iv) la gomme arabique (71%) ; (v)
riz pluvial en dernière position (51%).

2
Tableau 1: Grille d’analyse des différentes filières

Appendice I
Accessibilité et Potentiel Ennemis Pratiquée
Cycle court de Besoin Diffusion sur le Ranking
Culture coûts des Note d'autoconsommation et Note Note des Note Note Note par les Note
production en M.O. territoire final
intrants commercialisation cultures femmes
Mangé sous forme d'huile
Variété blanche de 45
Presque pas et de pâte; bonne
Sésame 5 5 jours; variété noire de 4 Réduits 4 Récolte 4 Bonne 4 Oui 5 89%
d'intrants commercialisation
90 jours
nationale et internationale
Comestible et bon Femmes,
Lac Tchad et
potentiel de Variétés de 1 mois surtout
Spiruline Pas d'intrants 5 5 4 Non 5 Réduits 4 Kanem (zones 3 5 89%
commercialisation (enfants existent marginalis
pauvres)
mal nourris) ée
Presque pas
Sarclage
d'engrais; Existence de variétés
Arachide 4 Bon dans les deux cas 5 4 Réduits 4 et 3 Bonne 4 Oui 5 83%
semence à un courtes (3 mois)
récolte
coût accessible
Pas d'intrant sauf Non comestible; huile A
semences en cas comme combustible; développe
Jatropha Endémique
de plantation; 3 tourteaux utilisés comme r mais
curcas Récolte 2 fois par an dans les zones
Centres de 5 fertilisant; 3 5 Aucun 5 Réduits 4 3 peut être 4 83%
(filière à pendant 50 ans de sahélo
production de commercialisation au une
développer) soudaniennes;
semences niveau local pour activité
existent production d'énergie féminine
Variété rouge à cycle
court (45 jours) en
Beaucoup
saison des pluies avec
Coût de d'ennemis et
Niébé 4 Bon dans les deux cas 5 rendement bas; variété 4 2 Récolte 4 Bonne 4 Oui 5 80%
semences difficulté de
3

blanche à cycle long (3


conservation
mois) avec rendement
plus élevé
Comestible et bon
potentiel de variété à cycle court
Gombo pas d'intrants 5 4 4 réduits 4 Moyens 3 Surtout au Sud 3 OUI 5 80%
commercialisation dans les existe
centres urbains
Réduits
mais
accès
parfois
Pas d'intrants Localisé en
Gomme Saison de récolte qui Feux de difficile Hommes
sauf équipement 5 Non comestible 3 3 4 4 zone sahélo- 3 3 71%
arabique dure environ 3 mois brousse et et femmes
de saignée soudanienne
dangere
ux car
manque

EB 2009/97/R.10
d'eau
Feuilles et racines sont
Coût des 1 récolte; résistant à la Hommes
Manioc 3 commestibles; bonne 5 3 Certains 3 Moyens 3 moyenne 3 4 69%
boutures sécheresse et femmes
commercialisation
Intensif Zones inondées
Comestible et bon
Variétés à 3 mois pour le surtout les
Très exigeant en potentiel de Oiseaux et
Riz 2 5 existent; NERICA en 4 3 semis et 2 régions du Mayo 2 Non 0 51%
intrants commercialisation dans les inondations
cours de diffusion le Kebbi et
centres urbains
sarclage Tandjilé
Appendice II EB 2009/97/R.10

Situation économique du pays


COUNTRY DATA
Chad

Land area (km2 thousand) 2006 1/ 1 259 GNI per capita (USD) 2006 1/ 450
Total population (million) 2006 1/ 10.47 GDP per capita growth (annual %) 2006 1/ -3
Inflation, consumer prices (annual %) 2006
Population density (people per km2) 2006 1/ 8 1/ 8
Local currency CFA Franc BEAC (XAF) Exchange rate: USD 1 = 500 XAF

Social Indicators Economic Indicators


Population (average annual population growth 3.5
rate)
2000-2006 1/ GDP (USD million) 2006 1/ 6 541
Crude birth rate (per thousand people) 2006 1/ 46 GDP growth (annual %) 1/
Crude death rate (per thousand people) 2006 1/ 16 2000 -0.9
Infant mortality rate (per thousand live births)
2006 1/ 124 2006 0.5
Life expectancy at birth (years) 2006 1/ 51
Sectoral distribution of GDP 2006 1/
Number of rural poor (million) (estimate) 1/ 0 % agriculture 21
Poor as % of total rural population 1/ 0 % industry 55
Total labour force (million) 2006 1/ 4.03 % manufacturing 5
Female labour force as % of total 2006 1/ 47 % services 25

Education Consumption 2006 1/


General government final consumption 6
School enrolment, primary (% gross) 2006 1/ 76 a/ expenditure (as % of GDP)
Adult illiteracy rate (% age 15 and above) 2006 1/ 0 Household final consumption expenditure, etc. 52
(as % of GDP)
Gross domestic savings (as % of GDP) 42
Nutrition
Daily calorie supply per capita 0 Balance of Payments (USD million)
Malnutrition prevalence, height for age (% of 29
children under 5) 2006 2/ Merchandise exports 2006 1/ 3 750
Malnutrition prevalence, weight for age (% of 28 Merchandise imports 2006 1/ 1 250
children under 5) 2006 2/
Balance of merchandise trade 2 500
Health
Health expenditure, total (as % of GDP) 2006 1/ 4 a/ Current account balances (USD million)
Physicians (per thousand people n/a before official transfers 2006 1/ n/a
Population using improved water sources (%)
2004 2/ 42 after official transfers 2006 1/ n/a
Population with access to essential drugs (%) 2/ n/a Foreign direct investment, net 2006 1/ n/a
Population using adequate sanitation facilities (%)
2004 2/ 9
Government Finance
Agriculture and Food Cash surplus/deficit (as % of GDP) 2006 1/ n/a
Food imports (% of merchandise imports) 2006 1/ n/a Total expenditure (% of GDP) 2006 1/ n/a
Fertilizer consumption (hundreds of grams per ha n/a Total external debt (USD million) 2006 1/ 1 772
of arable land) 2006 1/

Food production index (1999-01=100) 2006 1/ 122 Present value of debt (as % of GNI) 2006 1/ 23
Cereal yield (kg per ha) 2006 1/ 750 Total debt service (% of GNI) 2006 1/ 1

Land Use Lending interest rate (%) 2006 1/ 15


Arable land as % of land area 2006 1/ 3 a/ Deposit interest rate (%) 2006 1/ 4
Forest area as % of total land area 2006 1/ 10 a/
Irrigated land as % of cropland 2006 1/ 1 a/

a/ Data are for years or periods other than those specified.

1/ World Bank, World Development Indicators database CD ROM 2008


2/ UNDP, Human Development Report, 2007/2008

4
Cadre de gestion des résultats du COSOP

Appendice III
Axes stratégiques du DSRP2 et CSDR Résultats Clés Objectifs du dialogue politique
Stratégie de croissance et Consultation Objectifs du COSOP contribuant Résultats clés dont le FIDA contribuera à Indicateurs clés (horizon 2014 dans
réduction de la pauvreté Sectorielle sur le à l’atteinte de ceux du SNCRP 2 la réalisation les zones d'intervention du

Appendice III
(SNCRP 2) Développement Rural programme pays) a/
(CSDR)

Objectif 1. Promouvoir la bonne 1. Augmentation durable Objectif General : Donner aux


gouvernance pour renforcer la de la production agricole ruraux pauvres hommes et
cohésion et l’efficacité des femmes, les moyens d'accroitre
politiques. Objectif 1.1.2 Prévenir leurs revenus et d'améliorer leur
et résoudre les conflits – sécurité alimentaire
Consolider la paix. Objectif 1.1.3:
Mettre fin aux conflits
i
Objectif 2. Créeri un 2. Émergence de filières Objectif Stratégic (OS) 1 : OS 1.1 : Les capacités des populations La superficie aménagée par des La définition du niveau approprié
environnement favorable à une compétitives Améliorer l'accès et favoriser la locales de planifier, construire et entretenir ouvrages de gestion des eaux et des (canton, département, bassin
croissance économique, robuste et gestion durable de l’eau par les les infrastructures qui permettent de gérer sols augmente de 15% versant) pour la planification de la
diversifiée et réductrice de la ruraux pauvres (SNCRP 4; CSDR l’eau et le sol d’une manière durable sont gestion des ressources naturelles
pauvreté. Objectif 2.2 Promouvoir 3 et 1) renforcées (SNCRP 3; CSDR 3 et 4) et sur la reconnaissance juridique
les filières porteuses capables de des « conventions locales » pour le
soutenir une croissance diversifiée. développement communautaire
Objetif 2.4 Promouvoir l’emploi
pour s’attaquer à la pauvreté

Objectif 3. Valoriser le potentiel 3. Gestion et Les systèmes de gestion opportunitiste Les systèmes d'entretien lourd des
de croissance du secteur rural valorisation des des paturages par la transhumance sont puits pastoraux notamment par les
ressources naturelles sécurisés par un maillage de points recettes des ventes du bétail ainsi
d'eau suffisamment dense (densité à que la définition d’un cadre
définir) réglementaire approprié pour la
sécurisation des systèmes
5

d’élevage mobiles y compris la


mise en place d’un nouveau code
pastoral
Objectif 4. Faire des 4. Promotion du monde Les institutions locales (conventions La reconnaissance juridique des
infrastructures un levier de la rural locales, comité de gestion) pour la conventions locales qui sont
croissance. Objectif 4.3: Améliorer planification et la gestion des ouvrages utilisées pour la planification et la
l'hydraulique villageoise et sont créés et fonctionnantes gestion des ouvrages de gestion
pastorale des eaux et des sols

Objectif 5. Valoriser les OS 1.2: La capacité de gestion des conflits Le nombre de conflits Le renforcement des capacités de
ressources humaines. Objectif 5.1: intercommunautaires liés à l'eau est intercommunautaires baisse de 20% gestion des conflits par les
Amélioration de l'éducation. améliorée (SNCRP 1.1.2 et 1.1.3) pouvoirs traditionnels
Objectif 5.2: Amélioration de la
santé. Objectif 5.3: Promotion du
genre

Résultats clés ; A. Pauvreté Objectif Stratégic (OS) 2: OS 2.1: L’accès aux intrants et à la Le bénéfice net pour les producteurs Le niveau de protection à accorder
Nationale réduite de 54% à Améliorer l'accès aux marchés connaissance technique ainsi que la capacité dans les filières ciblées croit de 15% aux filières à promouvoir
40% en 2011 et à 27% en de produits et d'intrants de commercialiser et de transformer la
2015. B. Manque d' agricoles dans les filières où les production agricole de la part des ruraux
autosuffisance aliméntaire ruraux pauvres ont un avantage pauvres sont améliorés
réduite de 44% à 26,5% en comparatif (SNCRP 2.2 et 2.4;
2015 CSDR 2 et 4)

OS 2.2: Le pouvoir de négociation des petits Au moins 1 organisation faitêre L’amélioration des liens entre la
producteurs à l’intérieur des chaines de représentative et professionnelles est stratégie d’adaptation aux

EB 2009/97/R.10
valeur est amélioré opérationnelles dans 50% des filières changement climatiques et la
ciblées SNCRP2 ainsi que le renforcement
de la capacité pour accéder aux
financements liés aux changement
climatiques

a/ La situation de référence sera établie sur la base d'enquetes élaborées avant la mise en oeuvre du Projet d'Hydraulique Pastorale en Zone sahélienne (PROHYPA) et pendant la formulation du programme PROGEREN pendant le deuxième sémestre
2009. La quantification des indicateurs clés sera révisée à ce stade.
Cadre de gestion des résultats du précédent COSOP
Cadre logique du COSOP précédent26

Appendice IV
Appendice IV
Situation à la formulation du Situation à l’achèvement du COSOP Leçons apprises
COSOP
A. Objectifs stratégiques du pays (SNRP)
Réduction de la PIB par habitant ($) : 160 (1997) PIB par habitant ($) : 624 (2006)
pauvreté et Taux de croissance du PIB par tête Taux de croissance du PIB par tête (%) : -3 (2006)
amélioration des (%) : -9.2 (1990-93) Consommation par tête (% du PIB): 52 (2006)
conditions de vie des Consommation par tête ($) : N/A Dépenses publiques (% PIB) : 6 (2006)
populations (1992) Service de la dette (% d’échange des biens et services) : 1
Dépenses publiques (% PIB) : 21 (2006)
(1992) Taux d’inflation : 8% en 2006
Service de la dette (% d’échange des Incidence de la pauvreté (%) : N/A
biens et services) : 9.5 (1997) Profondeur de la pauvreté (%) : N/A
Taux d’inflation : 5% en 1997
Incidence de la pauvreté (%) : 54
(1993)
Pauvreté rurale (%) : N/A (1993)
B. Objectifs stratégiques du COSOP précédent
Objectif 1 : Besoin d’augmenter la sécurité Les interventions ont été efficaces en ce qui concerne Afin de préparer les populations au processus de
Promouvoir alimentaire, notamment par l’amélioration de la sécurité alimentaire par la mise à décentralisation (car, malgré les retards accusés par
6

l’intégration des l’augmentation de la production et la disposition des céréales au niveau villageois, la réalisation le processus, celle-ci va s’établir tôt au tard) et dans
dimensions sociales diversification des revenus des infrastructures communautaires de base (école, point le souci d’éviter des duplications, il faudra privilégier
et économiques dans d’eau, magasin de stockage) et le développement des la planification, l’exécution et la gestion des projets à
les interventions du services financiers décentralisés. un niveau inter-villageois voir départemental.
FIDA Tous les projets FIDA se sont basés sur une planification au Appuyer l’accroissement et la sécurisation de la
niveau villageois. production agricole qui permettrait d’alimenter les
Les projets en cours ne se sont pas suffisamment focalisés magasins de stockage collectifs.
sur la production agricole et leur impact dans ce domaine a La création et la capacitation des membres des
été limité. Comme corollaire, la durabilité des magasins de Comités de Gestion et d’Entretien de toute
stockage collectifs (banques céréalières ou greniers de infrastructure socio-économique est un préalable
sécurité alimentaire) n’est pas assurée. Les producteurs incontournable avant tout investissement en

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ruraux sont marginalisés et déconnectés des marchés infrastructures. Accroissement de la production
même dans des zones non enclavées. Les capacités des agricole ou sa sécurisation doivent s’inscrire dans
groupes de base (agriculteurs, éleveurs, femmes, jeunes) une « approche filière ». Importance du ciblage des
et de leurs organisations sont encore faibles et doivent être filières touchant aussi les plus pauvres et/ou
renforcées. La quasi-absence des services publics renforce impliquant effectivement les acteurs les plus

EB 2009/97/R.10
le besoin d’un développement basé sur les organisations de pauvres. La stratégie de ciblage à la base doit être

26
L'exposé des options et stratégies d'intervention pour le pays 1999-2008 (COSOP) du FIDA n'était pas conçu selon un cadre de gestion des résultats comme il l'est aujourd'hui. Le présent
appendice fait donc un tour d'horizon des principaux résultats obtenus, en les comparant non pas à des indicateurs de référence mais aux priorités définies dans le COSOP.
Situation à la formulation du Situation à l’achèvement du COSOP Leçons apprises
COSOP
producteurs par le biais d’un transfert de connaissances. claire et transparente, mais aussi flexible et
adaptable. Le ciblage géographique est à privilégier

Appendice IV
Appendice IV
mais, dans un souci d’inclusion, ce ciblage doit être
combiné avec l’auto-ciblage (par exemple filières
« pro-pauvres ») et avec un ciblage proactif
(femmes, jeunes).
Objectif 2 : Peu ou pas d’organisations de base. Les projets ont soutenu la création des organisations Les Comités de Développement Villageois (CVD) ont
Promouvoir Les organisations de base qui paysannes de base (groupements, CVD, ASANG, GIE) et le souvent été créés à la hâte pour répondre à des
l’autonomisation des existent ne participent pas au renforcement de leurs capacités de planification et besoins opérationnels des projets et sans trop se
communautés processus de prise de décision. formulation des microprojets. Mais ils ont souvent des soucier de l’aspect de la représentativité surtout des
locales Besoin de partager les décisions de difficultés à établir des mécanismes d’appui performants en couches les plus pauvres et marginalisées des
gestion du projet avec les partenaires faveur de ces organisations, si bien que les organisations communautés rurales. L’identification des plus
locaux (communautés, municipalités paysannes restent faibles sur les aspects tant pauvres dans ces communautés par un diagnostic
et ONG locales). organisationnels et techniques que de gestion, planification approprié et leur implication dans les instances de
et programmation. Cette faiblesse serait expliquée base (groupements, CVD, etc.) constitue un
principalement par une insuffisante définition et préalable pour mettre en place des instances
compréhension des rôles et fonctions de ces organisations, représentatives au niveau de ces communautés.
un éclatement des tâches entre plusieurs Renforcer les capacités des groupes de base
opérateurs/prestataires (ONG, bureaux d’études, agences (agriculteurs, éleveurs, femmes, jeunes) et de leurs
parastatales), spécialisés chacun sur une fonction et une organisations est un pari gagnant. La quasi-absence
zone spécifiques et développant peu des échanges entre des services publics renforce le besoin d’un
eux. développement basé sur les organisations de
producteurs par le biais d’un transfert de
7

connaissances.
Objectif 3 : Besoin de mettre en place des Le délai nécessaire pour atteindre l’autonomie Il vaudrait mieux qu’un soutien à la micro finance
Améliorer l’accès des services de microfinance pour organisationnelle et financière d’un réseau de microfinance relève d’un programme à part entière.
pauvres aux services atteindre les objectifs de sécurité (10 à 12 ans) semble être incompatible avec sa mise en
financiers alimentaire, de diversification et œuvre à travers une composante d’un projet de
d’autonomisation des communautés. développement.
Aucun opérateur spécialisé dans la En outre, les liens entre les services financiers et les autres
zone sahélienne du Tchad. volets des projets sont souvent très faibles.
Les projets en cours ont posé les
jalons d’une culture financière parmi

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la population de base et en
esquissant des institutions
prometteuses.
Objectif 4 : Problèmes de foncier dans les zones Les questions liées à l’environnement, la gestion des Une attention particulière devra porter sur ces
Améliorer la gestion agro-pastorales. ressources naturelles et la préservation de la biodiversité questions afin de trouver des mesures durables
des ressources Besoin d’établir ou de réhabiliter les ont été les moins couvertes par les projets FIDA au Tchad. d’adaptation au changement climatique, la

EB 2009/97/R.10
naturelles couloirs de transhumance. désertification, l’érosion éolienne et hydrique et
Besoin de négocier avec les autorités l’action humaine.
locales ou les « chefs traditionnels »
avant tout investissement (irrigation,
plantation d’arbres, réclamation de
Situation à la formulation du Situation à l’achèvement du COSOP Leçons apprises
COSOP
terres)
Besoin d’établir des mécanismes où

Appendice IV
Appendice IV
les intérêts du groupe cible, dont les
femmes, sont pris en compte dans
leur intégralité.
Technologie de collecte de l’eau
mécanisée testée dans la zone du
Kanem
C. Programmes et projets
En cours :
- le Projet de Sécurité alimentaire du Approuvé en décembre 1991 L’instabilité politique a souvent entravé l’exécution
Nord Guéra (PSANG)) Clos en juin 2001 des projets: l’établissement d’une équipe pays -
- le Projet de Développement Approuvé en avril 1994 personnes ressources (représentants des Ministères,
Agricole des Oasis du Kanem Clos en juin 2002 ONG, bénéficiaires, bailleurs de fonds,
(PDAOK) coordonnateurs projets FIDA), qui assurera la
Proposés : continuité dans le leadership, supervision et soutien
- le Projet de Sécurité alimentaire du Approuvé en mai 2000 à l’exécution pourrait, en partie, pallier à ce
Nord Guéra (PSANG-II)) En cours problème.
- le Projet de développement rural du Approuvé en avril 2003
Kanem (PRODER-K)) En cours Clôture prévue juin 2013
- le Projet de développement rural du Approuvé en avril 2005
Batha (PRODER-Batha)) En cours Clôture prévue décembre 2013
8

D. Performances du FIDA
Dialogue politique Une Stratégie nationale de Une première Stratégie nationale de réduction de la La fonction de dialogue sur les politiques reste faible
l’éradication de la pauvreté rurale pauvreté SNRP approuvée en 2003. Le bilan et la stratégie et nécessite d’être renforcée
développée autour de 4 points : (i) en matière de pauvreté sont formulés par le document de Le Bureau de liaison des projets et programmes FIDA
renforcement de la sécurité la deuxième Stratégie de croissance et de réduction de la au Tchad est un organe de liaison entre le
alimentaire ; (ii) augmentation des pauvreté (SNRP2) 2008-11. Un Plan d’Intervention pour le gouvernement et le FIDA et, de par son statut, ne
revenus ; (iii) renforcement de la Développement Rural (PIDR) a été défini en avril 2000 peut pas parler ou agir au nom du FIDA
participation des communautés ; (iv) conjointement avec les institutions financières et de
protection et promotion des groupes coopération internationale pour la mise en œuvre du CSDR.
vulnérables, et (v) développement L’objectif principal est une augmentation durable de la
des services sociaux de base. production agricole en préservant l’environnement et le

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La Lettre de Politique de renforcement des capacités dans le secteur rural.
Développement Rural du Tchad Faible dialogue de politique sur la mise en place et
(LPDR) traduit les orientations l’opérationnalisation de l’Association de Sécurité
adoptées lors de la Consultation Alimentaire du Nord Guéra (ASANG) qui aurait du
Sectorielle sur le Développement reprendre la maitrise d’ouvrage du PSANG II. Cette
Rural (CSDR), issue de la Table ronde association n’est déconnectée de la base et n’a pas

EB 2009/97/R.10
sur le développement du Tchad tenue bénéficié des appuis du projet et du gouvernement. Ces
à Genève en octobre 1998. limites sont valables en général pour les initiatives
concernant toutes les organisation à la base.
Mise en place d’un bureau de liaison du FIDA
Situation à la formulation du Situation à l’achèvement du COSOP Leçons apprises
COSOP
Partenariat Développement de partenariats Partenariats avec l’AFD, et la Coopération Suisse. pour la Le FIDA n’étant pas véritablement représenté au
stratégiques avec la Banque mise en œuvre du projet d’hydraulique pastorale en zone Tchad. Sa participation au dialogue avec les

Appendice IV
Appendice IV
Mondiale, la FAO, l’AFD, SECADEV, sahélienne (PROHYPA) partenaires se résume surtout aux aspects de
ONDR, CIDR, la Coopération formulation ou de pilotage des projets et sa
Italienne. contribution au dialogue de politique est très limitée
du fait que les expériences novatrices susceptibles
d’être reproduites sont limitées.
Gestion du Exécution, gestion et supervision par Coordination et supervision par l’unité de gestion L’approche « faire faire », privilégiée par tous les
programme de pays l’unité de gestion Approche (faire-faire) privilégiée par tous les projets en projets en cours, est souvent confondue avec le
Système de gestion « top down » cours « laisser faire »
Manque de participation des Participation des bénéficiaires accrue Manque de travail de d’analyse et de formulation
bénéficiaires Délai de mise en œuvre relativement long insuffisant dans la phase de conception des projets.
Long délai de la mise en œuvre dû Mise en place d’un bureau de liaison des projets et Besoin de promouvoir une stratégie de sortie
entre autres aux procédures de programmes FIDA Le dialogue, les complémentarités et les synergies
passation de marchés Les salaires des cadres des UCP sont trop faibles pour entre les projets qui devraient garantir la cohérence
attirer des expertises de bon niveau des interventions et l’amélioration de la qualité de la
Faiblesse des systèmes de suivi évaluation mise en œuvre ont été insuffisants. Ce phénomène
Procédures de passation de marchés confiées à est accentué par la faiblesse des systèmes de suivi-
Commissions Régionale d’Ouverture et Jugement des Offres évaluation et le déficit de capitalisation qui en
(CROJO) dans le cas du PSANG II pour les marchés résulte. Il entrave la capacité d’autoévaluation du
communautaires jusqu’à 50 MFCFA. L’initiative est entrain FIDA, le pilotage et pose d’importants problèmes de
d’être répliquée sur les deux autres projets FIDA en cours. capitalisation.
9

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EB 2009/97/R.10
Appendice V EB 2009/97/R.10

Réserve de projets
1. Afin d’atteindre les objectifs stratégiques, le programme de pays 2010-2015 pour le
Tchad se structurerai autours d’un programme de gestion des ressources naturelles
(PROGEREN) réunissant i) la gestion des eaux et des sols, et ii) l’appui aux filières
agricoles pro-pauvres.
2. Le programme serait formulé en deux phases, la première pendant le cycle 2010-2012
et la deuxième pendant le cycle 2013-2015.
3. Le PROGEREN bénéficierait des résultats et des leçons apprises sur le COSOP 1999-2009
et par le recadrage du PRODER-B (dont la mission a eu lieu en juin 2009). Suite à ce
recadrage, le PRODER-B sera en mesure (déjà en 2009) de réorienter ses interventions
vers la mise en place de mesures de gestion des eaux et des sols telles que « seuils
d’épandage de crues » et vers une valorisation des superficies additionnelles par une
approche filière. Le PRODER-B mènera donc un test des activités préconisées dans le
PROGEREN.
4. Des interventions complémentaires en matière d’adaptation voir même de réduction des
impacts liés au changement climatique, conservation de la biodiversité et dégradation du
sol seraient financées sur les fonds FEM et par d’autres bailleurs de fonds en
accompagnement du PROGEREN.

Pipeline indicatif des engagements 2010-2015 (Hypothèse de base)

Approbation Description Durée Montant engagé Montant (USD)


(USD) restant (SAPF)

Allocation cycle 2010-2012 21,83 millions


Septembre 2011 PROGEREN 2012-2017 21,83 millions 0
Allocation cycle 2013-2015 21,83 millions
Septembre 2014 PROGEREN (phase II) 2014-2019 21,83 millions 0

Zone d’intervention et groupe cible


5. Le PROGEREN est un programme dont la couverture géographique et le groupe cible
seraient dictés par (i) les résultats du ciblage (voir section IV D du COSOP) ; (ii) la
faisabilité technique des structures de gestion des eaux et des sols; et (iii) la sélection
des filières qui sera fonction des priorités du Gouvernement et des organisations
professionnelles agricoles ainsi que de l’impact potentiel sur les revenus des groupes
cibles du FIDA.
Justification
6. Dans les régions sahéliennes et pré-soudaniennes du Tchad, l’eau représente la
contrainte plus importante à tout type de développement rural. En outre, les petits
producteurs tchadiens connaissent une décapitalisation et une marginalisation qui
semble plus importante que celle dont souffrent les petits producteurs dans d’autres
pays d’Afrique de l’Ouest. Même dans les zones non enclavées, l’accès au marché, au
financement agricole et aux intrants de bonne qualité reste très réduit. Cependant, le
potentiel de production est élevé notamment dans les zones en culture de décrue et
celles où la mise en place de structures de gestion des eaux et des sols rendrait possible
l’intensification de la production.
7. Les aspects de gestion des ressources naturelles et d’accès aux marchés des intrants et
des produits sont liés. En effet, les interventions sur la gestion des eaux et de sols par
des « seuils d’épandage » (programmés dans le PROGEREN) impliquent que : (i) un

10
Appendice V EB 2009/97/R.10

potentiel productif additionnel se dégage ; (ii) la production issue de ces aménagements


doit être améliorée par le biais d’intrants de bonne qualité, des pratiques agricoles
adaptées, des mesures post-récoltes idoines ; et (iii) la production additionnelle doit
trouver ses débouchés après avoir satisfait les besoins familiaux.
Objectifs clés du PROGEREN
8. L’objectif global du PROGEREN serait de sécuriser l’accès aux ressources naturelles pour
améliorer de façon durable les revenus et la sécurité alimentaire des ruraux pauvres au
Tchad. Les objectifs spécifiques seraient de (i) mettre en place et gérer les
infrastructures adaptées pour améliorer la gestion des eaux et de sols et la capacité
d’adaptation au changement climatique; et (ii) améliorer la productivité et la
compétitivité des activités des ruraux pauvres à travers une professionnalisation et une
responsabilisation de leurs organisations dans le développement des filières agricoles
porteuses pour les ruraux pauvres.
Composantes du PROGEREN

9. Les objectifs globaux et spécifiques du PROGEREN seraient atteints à travers la mise en


œuvre de trois composantes, i) la gestion des eaux et de sols, ii) la promotion de filières
pour les ruraux pauvres, et iii) la gestion des savoirs et coordination du Programme.
10. La première composante s’articulerait autour de deux sous-composantes : (i) renforcer
les capacités des populations locales pour mettre en place les infrastructures rurales qui
permettent de préserver les ressources naturelles et de gérer les conflits qu’elles
génèrent; et (ii) planification, construction et gestion des infrastructures rurales (y
compris « seuils d’épandage de crues », ouvrages d’hydraulique pastorale tels que puits
et marres, couloirs de transhumance, etc.);
11. La deuxième composante comprendrait aussi deux sous-composantes: (i) Améliorer la
capacité des organisations de producteurs notamment du CNCPRT de fournir des
services à leur membres de approvisionnement en intrants, appui-conseil technique,
information sur les marchés et prix, mobilisation des fonds de roulement, accès aux
équipements, commercialisation groupée, fourniture de services post-récolte telles que
triage, calibrage, conditionnement. Dans ce même cadre, les micro entreprises seront
aussi renforcées pour répondre à une demande d’intrants (semences, fertilisants,
équipement, moyen de transport) et d’équipement de transformation agricole et d’en
assurer l’entretien; et (ii) appuyer la création d’organisations faîtières et
d’interprofessions associées aux filières ciblées ainsi que la participation accrue du
CNCPRT au dialogue de politique sur le développement de ces filières.
12. Des interventions complémentaires en matière d’adaptation voir même d’atténuation des
impacts liés au changement climatique, conservation de la biodiversité et dégradation du
sol seraient financés sur les fonds FEM et par d’autres bailleurs de fonds
Coûts et financement

13. Le FIDA financerait le PROGEREN à raison d’un don de 21,83 millions USD pour la
période 2010-2012. Ce même montant sera alloué pour la période 2013-2015. Le FIDA
explorera des possibilités de cofinancement du PROGEREN par d’autres bailleurs de
fonds, notamment la Coopération Suisse pour les aspects de santé et éducation, la AFD
et l’UE sur les aspects d’hydraulique pastorale et villageoise et d’appui aux populations
déplacées qui souhaitent se réinstaller, le FEM pour l’accès aux fonds d’adaptation au
changement climatique, la conservation de la biodiversité et la lutte contre la
désertification et les bailleurs multilatéraux pour les fonds liés à la réduction des
émissions de gaz à effet de serre (associée notamment à la production de
biocombustible et au stockage de carbone dans les pâturages améliorés grâce à
l’hydraulique pastorale).

11
Appendice V EB 2009/97/R.10

Modalités de supervision
14. Les principaux partenaires d'exécution du projet seraient: (i) le Ministère de l’Agriculture
(ii) le Ministère de l’Eau; (iii) le Ministère de l’Environnement ; (iv) le Ministère de
l’Economie et du Plan ; et (v) le CNCPRT. Le PROGEREN serait directement supervisé par
le FIDA.
Risques

15. Risque pays et risque social. Le risque pays ainsi que les mesures d’atténuation sont
illustrés dans la stratégie pays (voir section V F).
16. Risques techniques. La mise en place d’ouvrage de gestion des eaux et des sols peut
impliquer des risques environnementaux. Des procédures de « criblage
environnemental » seront mises en place pour les infrastructures retenues.
17. Risques liés à la mise en œuvre. La conception du PROGEREN prend en compte les
leçons et risques appris des autres projets du FIDA, notamment dans le domaine des
retards importants dans le démarrage des projets, de la lenteur des procédures de
passation de marchés, de la faible capacité des opérateurs et des problèmes de
recrutement de personnel de qualité, de la mise en place de systèmes de suivi-
évaluation performant et de l’organisation des enquêtes de référence. Des mesures
d’atténuation proposées sont : (i) la supervision directe par le FIDA ; (ii) le recours à
des opérateurs de mise en œuvre expérimentés; (iii) le recours aux commissions
régionales de jugements et ouverture des offres pour la passation des marchés
communautaires ; (iv) une flexibilité sur les programmes de travail et budgets annuels;
(v) une attention particulière pour la qualité des manuels de procédures ; et (vi)
l’évaluation des cadres des projets sur la base des indicateurs de performance.

12
Dossier clé 1: Pauvreté rurale et secteur agricole et rural

Key File
Dossier
Secteur Groupes concernés Difficultés majeures Actions requises

1
prioritaire
Accroissement des Petits cultivateurs, Productions fortement tributaires de la pluviométrie Actions d’envergure dans les zones vulnérables pour

clé 1
productions petits éleveurs, couramment déficitaire. impulser le développement durable et garantir la stabilité
agricoles petits agro-éleveurs Pauvreté de potentialités caractérisée par sociale
(végétales, petits pêcheurs l’insuffisance de capital naturel (terres et Sécurisation de la production par maitrise de l’eau et de la
animales, pêche artisanaux, ressources naturelles), écosystèmes fragilisés et Diversification
artisanale) Femmes, en déficit de capital humain. Appui aux filières porteuses
particulier chefs de Forte vulnérabilité aux déprédateurs et épizooties, Accès aux SFD pour financements activités agricoles
ménages, et jeunes et aux facteurs externes (cours mondiaux coton). Activités transversales de restauration/préservation des
(transversal) Enclavement du pays et évènements sociopolitiques ressources naturelles
Enclavement des zones de production Actions ciblées en faveur des femmes et jeunes
Déséquilibre dans distribution des investissements Mise en place soutenue des investissements et des activités
dans le secteur rural provoque inégalités de développement agricole durable
géographiques et sociales dans les actions de
valorisation du potentiel productif et réduction de
la pauvreté
Réduire Populations zones Déficit chronique de la production céréalière dans Protéger, sécuriser et mettre en valeur durablement les
l’insécurité enclaves les régions nord et centre du Tchad ressources naturelles
alimentaire sahélienne et Faible productivité des facteurs de production Améliorer la transformation et la commercialisation des
13

chronique par la sahélo soudanienne agricoles dans les zones sahélienne produits agricoles
promotion des agricoles Grande vulnérabilité des productions aux aléas Développer les filières porteuses pro-pauvres et pro-
productions climatiques et aux ennemis de culture femmes
agricoles Mauvaise alimentation des ménages entraînant une Désenclavement zones de production et consommation
malnutrition très forte dans la bande sahélienne et sahélo soudanienne
Formation nutritionnelle et campagnes d’IEC sur
l’alimentation familiale dans les zones vulnérables
Sécuriser et Agriculteurs Forte vulnérabilité des familles aux déficits Entreprendre programmes d’envergure de recherche

[Click here and insertEB


diversifier les Agro éleveurs pluviométriques dans la bande sahélienne et sahélo appliquée sur des variétés résistantes ou de courte durée
productions Éleveurs soudanienne et au changement climatique Entreprendre programmes d’envergure de transfert des
agricoles face au Femmes Insuffisance des investissements pour compétences aux OP en matière de variétés adaptées au
changement Jeunes l’intensification des cultures pluviales et de changement climatique
climatique l’élevage Investir davantage en agriculture pluviale en zones sèches
Faiblesse de la recherche agricole appliquée assujetties au changement climatique
Faible accès des agriculteurs et des agro pasteurs à Promouvoir l’élaboration participative et la mise en œuvre
la vulgarisation des techniques et au conseil par les OPs des plans d’action environnementaux qui
agricole. prendront en compte le changement climatique, la gestion

EB2009/97/R.10
Déséquilibre important dans la distribution des des terroirs et de l’eau

../../R..]
investissements publics financés par les ressources Accès aux SFD pour financements activités agricoles
extérieures : concentration des financements sur
zones géographiques concernées par filières de riz
Secteur Groupes concernés Difficultés majeures Actions requises
prioritaire

Key File
et de coton
Faible accès des producteurs, ne le coton, au crédit

Dossier
pour les équipements et les intrants.

1
Distorsions du marché préjudiciables aux plus
pauvres des zones enclavées avec peu d’accès à

clé 1
l’information économique (prix, opportunités,
techniques agricoles)
Promouvoir ƒ Agriculteurs Asymétrie de l’information sur les prix et les Introduire des bonnes pratiques agricoles et l'utilisation
Filières ƒ Agro éleveurs marchés au détriment des producteurs et d'intrants de bonne qualité et la rationalisation des couts
porteuses pro- ƒ Éleveurs transformateurs de production
pauvres et pro- Peu d’investissements malgré le potentiel Soutenir l’organisation des exploitants ayant des intérêts
femmes économique économiques communs et la structuration des OP de base
Caractère extensif de l’élevage autour de filières économiquement porteuses
Mise en place de fonds de développement des filières pour
les équipements, les intrants et la recherche et les facilités
d’accès aux technologies et aux marchés
Développer le conseil agricole et en entreprise adapté aux
besoins de exploitants
Faciliter la diffusion des informations sur les prix en temps
réel et les opportunités économiques
Appuyer développement des produits et sous produits de
l’élevage
Développer les stratégies de gestion des parcours de
14

transhumance et des pâturages grâce aux investissements


en matière d’hydraulique pastorale
Accélérer Population rurale Retard dans la recherche appliquée pour l’adoption Développer des stratégies pour l’adoption de mesures
l’adaptation au (dans son ensemble) d’une approche écosystèmes afin d’identifier les d’adaptation au changement climatique qui sont basées sur
changement mesures d’adaptation au changement climatique les systèmes traditionnels d’adaptation, améliorés quand
climatique par actuellement utilisées par les agriculteurs, agro- nécessaire, et qui soient consonants avec les
la gestion des éleveurs, éleveurs transhumants et femmes connaissances traditionnelles des femmes et des hommes

[Click here and insertEB


ressources Retard dans le transfert des compétences aux OP ruraux et qui répondent à leurs besoins prioritaires
naturelles en matière de variétés adaptées au changement Entreprendre programmes d’envergure de transfert des
climatique compétences aux OP sur les résultats et la mise en œuvre
de la co-recherche
Promouvoir visites d’échanges entre paysans, agro-
éleveurs éleveurs pour une plus large diffusion des
mesures d’adaptation face au changement climatique

EB2009/97/R.10
../../R..]
Dossier clé 2: Matrice des organisations
(Analyse des forces, faiblesses, possibilités et menaces)

Dossier
Key File
Institution Forces Faiblesses Opportunités/risques

clé22
Situation globale ¾ Documents de politiques ¾ Retard dans la mise en place du ¾ Mauvaise gouvernance économique et inflation
et de stratégies de processus de décentralisation ¾ SNRP2 priorisant l’amélioration de la gouvernance et le
réduction de la pauvreté ¾ Retard dans la déconcentration et renforcement des capacités institutionnelles et humaines et la
(SNRP2) et de la décentralisation des services et croissance économique
développement du ressources ¾ Poids politique croissant des organisations de la société civile
secteur rural (LPDR, ¾ Dégradation continue de la dans la mise en œuvre des projets de développement,
PIDR) élaborés avec la situation économique et sociale ¾ Situation sociale et politique instable, manque de sécurité
participation des due à une mauvaise gouvernance ¾ Pas de R/A sur l’augmentation de la productivité des systèmes
représentants de la des affaires publiques de production
société civile et/ou ¾ Dégradation généralisée des ¾ Manque de promotion d’un conseil technico économique agro
bailleurs de fonds ressources naturelles pastorale de proximité adapté aux besoins des exploitants y
¾ Baisse de la fertilité des sols compris les petits,
¾ Conseils techniques de proximité ¾ Quelques bonnes pratiques de captage et retenue des eaux de
absents pluie (Seuils d’épandage) et de leur exploitation durable promus
¾ Possibilités d’approvisionnement dans des projets soutenus par la GTZ et la Coopération Suisse
en intrants absentes ou peu
15

adaptées
¾ Importance des conflits
agriculteurs / éleveurs
¾ Insuffisante prise en compte des
préoccupations du genre dans les
activités de développement et
dans le processus de décision
Ministère de l’Agriculture ¾ La LPRD et le PIDR sont ¾ Représentation dans les ¾ Pourrait renforcer les capacités des représentants des OPs
les documents de régions limitée et sans moyens pour relève ;
référence servant d’outils ¾ Démotivation des cadres
de base pour la ¾ Pas de synthèses régionales
planification dans le des programmes

[Click here andEB


secteur rural.
¾ Capacités techniques
Ministère de A compléter
l'Environnement, de l'Eau et
des Ressources Halieutiques
Direction des Études, ¾ Connaissance des ¾ Peu de moyens ¾ Rôle d’échange d’information entre projets à mettre en valeur

insert
Programmes et Projets (DEP différents projets de ¾ Pas/peu de documentation ¾ Idem pour le rôle de gestion des documents

2009/97/R.10
MINAGRI et autres chaque Ministère
Ministeres) ¾ Organisé pour le SE des

EB ../../R..]
projets et programmes
Institution Forces Faiblesses Opportunités/risques
¾ Souvent Assistance
Technique en poste
Ministère de l'Élevage et des A compléter

Dossier
Ressources Animales

Key File
DEAFPR ¾ Capacités de formation ¾ La plupart très dégradés et pas ¾ Personnel minimum ou non existant dans les CFPR
Ministère de l’agriculture des animateurs utilisés

clé22
Direction de l’enseignement ¾ Plusieurs centres de ¾ Moyens réduits
agricole et de a formation Formation dans les
pour la promotion rurale régions
Ministère de l'Économie et du ¾ Rôle de coordination au ¾ Plusieurs délégués vient ¾ Pourrait jouer un rôle de coordination
Plan niveau centrale et d’entamer leurs fonctions
régionale
Secrétariat d'État à ¾ Secrétariat nouvellement ¾ Compétences et moyens ¾ Devrait pouvoir jouer un rôle moteur, une fois la stratégie
l'Économie et au Plan, crée ; limités ; micro-finance adoptée ;
Chargé de la Micro finance et ¾ Stratégie nationale de ¾ Malgré la nouvelle stratégie,
de Lutte Contre la Pauvreté micro-finance en train octroi direct de crédit sans
d’être approuvée ; suivi
Comites Régionaux de ¾ Mission de Coordination ¾ La plupart ne sont pas encore ¾ Devra jouer un rôle important, une fois le processus de
Développement des programmes de fonctionnels ; décentralisation véritablement en place ;
développement rural ; ¾ Moyens pas encore définis ;
¾ Gouverner (Président du
CRA) nommé ;
16

¾ Paritaire, Vice-président
doit être un représentant
des OPs ;
Comites Départementaux de ¾ Ils existent dans certains ¾ Pas de moyens ¾ Les CDA devront assurer la coordination des programmes/
Développement (CDA) départements ¾ Pas de formation aux taches projets de développement ;
dévolues
Office National de ¾ Présence dans les ¾ Moyens et capacités très ¾ Privatisation des services de vulgarisation envisagée dans le
Développement Rural régions réduits ; cadre du PIDR ;
¾ Statistiques agricoles fournies
pas de tout fiables ;
Protection des Végétaux ¾ En charge de ¾ Absence de moyens ; ¾ Poursuit la distribution (symbolique) de produits ;
l’homologation des

[Click here andEB


produits
CNCPRT ¾ Représente les ¾ Faible représentation des ¾ Le CNCNPRT pourrait jouer un rôle clef dans la restructuration
organisations paysannes femmes à presque tous les des filières
et d’éleveurs au niveau niveaux ;
national ; ¾ Relativement faibles
¾ Instances nationales et capacitation au niveau

insert
régionales régional ;

2009/97/R.10
démocratiquement
élues ;

EB ../../R..]
¾ Capacités certaines,
Institution Forces Faiblesses Opportunités/risques
surtout au niveau
national
APT- EMF (Association ¾ Représente et défend les ¾ Faute de moyens, l’APT-EMF ¾ Peut jouer un rôle important dans la professionnalisation des

Dossier
Professionnelle Tchadienne intérêts des institutions n’est pas toute a fait ses membres ;

Key File
des Établissements de Micro membres et contribue à fonctionnelle ;
Finance) la régulation du secteur ;

clé22
¾ Regroupe un nombre
important de membres
(< 140000);
Secteur Privé ¾ Intéressé à développer ¾ Actuellement chaque un limité ¾ Pourrait devenir un moteur de développement
des nouvelles activités au commerce de certains
(approvisionnement en produits ;
facteurs de production, ¾ Est souvent présent dans des
etc.) systèmes d’approvisionnement
à caractère usuraire ;
Prestataires de services/ ¾ Émergence de ¾ Manque de technicité; ¾ Absence de stratégie de développement du secteur privé et
ONGs, prestataires, ¾ Manque de moyens financiers d’amélioration des prestations de service dans ces secteurs
d’associations et d’ONG ou logistiques adéquats ; ¾ Existence des quelques bonnes pratiques (Coopération
locales intervenants dans ¾ Organisation et/ou gestion Suisse)
le domaine du faibles ;
développement rural ; ¾ Faible présence de prestataires
¾ Approches flexibles ; privés dans les régions
17

¾ Proximité au milieu ; enclavée ou à incidence de


pauvreté élevée

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insert
2009/97/R.10
EB ../../R..]
Dossier clé 3: Initiatives complémentaires d’autres donateurs/possibilités de

Key file
partenariats

Dossier
3
Partenaires Secteurs prioritaires et domaines Période Complémentarités et

clé 3
Techniques et d’intérêts couverte par la synergies possibles
Financiers stratégie
Union Européenne Développement Durable Bonne 10ème FED -2009-1013 ¾ Développement local dans des zones
¾ Projet Appui Filière Gouvernance : d’interventions communes avec le PASILD
Gomme Arabique ¾ PASILD - et le CURES
¾ Projet Appui Filière Programme ¾ Appui filière bovine avec le Projet
Bovine d’accompagnem d’Hydraulique Pastorale
¾ Projet Appui Systèmes ent d’initiatives ¾ PAS dans des zones d’intervention
d’Information locales de communes
¾ CURES Développement
¾ PAS - Programme
d’Accompagnement à la
Stabilisation (des déplacés
internes)
Banque Africaine de Appui au Développement Hors Bonne Gouvernance Nouvelle Stratégie ¾ PASEP avec le Projet d’Hydraulique
Développement Pétrole ¾ PARG I - Projet vient d’être mise en Pastorale
18

¾ PASEP -Projet d’Appui au d'appui place (2009-13) mais ¾ Programme Pistes Rurales dans des zones
Systèmes d’Élevage institutionnel n’a pas été diffusée d’intervention communes
Pastoral pour soutenir
¾ PRODEPECHE – Projet de les reformes en
Développement de la matière de
Pêche gouvernance

[Click here and insertEB


¾ PNEAR - Programme
national d'alimentation en
eau potable et
d'assainissement en milieu
rural
¾ Programme Pistes Rurales
Banque Islamique de A compléter
Développement

EB2009/97/R.10
BANQUE MONDIALE A compléter

../../R..]
PNUD/PNUE Élargissement des UNDAF – 2006- 2010 ¾ Entreprenariat Coopératif, surtout dans le
Opportunités économiques renforcement des capacités des APT-EMS
pour les pauvres
Partenaires Secteurs prioritaires et domaines Période Complémentarités et
Techniques et d’intérêts couverte par la synergies possibles

Key file
Financiers stratégie

Dossier
¾ Projet de Sécurité

3
Alimentaire
¾ Entreprenariat Coopératif

clé 3
¾ Changement Climatique
Agence Française Eau et Assainissement Éducation et Santé 2006- 2010 ¾ Partenariat stratégique avec l’AFD, chef de
pour le ¾ Projet d’hydraulique ¾ Projet d’Appui à file dans l’hydraulique pastorale
Développement Pastorale dans le Centre la Réforme du ¾ l’hydraulique rurale et santé dans des
et dans l’Est Secteur de zones d’intervention communes
¾ Projet d'hydraulique l’Éducation au ¾ PAS dans des zones d’intervention
villageoise dans le Tchad (PARSET) communes
Salamat et le Lac Iro ¾ Projet
¾ PAS - Programme Intérimaire
d’Accompagnement à la santé au Tchad
Stabilisation (des déplacés
internes)
GTZ Décentralisation et Santé, HIV/SIDA La Coopération ¾ Partenariat stratégique avec GTZ dans la
développement rural durable Allemande va quitter le mise en place d’ouvrages de gestion des
¾ Programmes de Tchad en 2011 eaux et des sols (bonnes pratiques)
développement rural
19

décentralisé : PRODABO
(Ouaddaï/Biltine)
PRODALKA (Mayo-Kebbi)
Coopération Suisse Rééquilibrer et soutenir 2006- 2009 ¾ Partenariat stratégique avec la Coop
l’économie rurale à la base, Suisse dans la mise en place d’ouvrages de
éducation et santé de base gestion des eaux et des sols (bonnes

[Click here and insertEB


¾ 7 Programmes de pratiques)
Développement
Régionaux : Logones,
Moyen Chari, Mandoul,
Biltine, Ennedi, Batha,
Kanem

EB2009/97/R.10
../../R..]
Dossier clé 4: Identification du groupe cible, questions prioritaires et options

Key
envisageables

Dossier
file 4 clé 4
Typologie Niveau de pauvreté et Réponses Besoins prioritaires Appui par d’autres Réponses du COSOP
causes (mesures, initiatives ou projet
réactions)
Les agro Extrêmement élevé Émigration saisonnière Diversifier les productions Programme de Protection, sécurisation et mise en
pasteurs / Dépendance aux aléas Travail comme pour sécuriser les revenus développement rural valeur durable des ressources
agriculteurs climatiques et potentiel des ouvrier agricole ou et réduire la vulnérabilité décentralisé des naturelles (gestion des eaux et des
(catégories les ressources naturelles limité pour la production aux aléas climatiques départements sols, hydraulique pastorale,
plus pauvres du Localisés en partie dans des de charbon de bois Valoriser les ressources d’Assoungha, Biltine, promotion des conventions locales
point de vue environnements dégradés et Élevage de case de naturelles disponibles Djourf Al Ahmar et entre éleveurs et agriculteurs)
sécurité à faible potentialité agro petits ruminants (mares, bas fonds, Ouara (PRODABO - Amélioration de la gestion concertée
alimentaire / physiques Tentatives timides de pâturages, eau pluviale et GTZ) – s’achève en 2011 des ressources pastorales (meilleure
bande Soumis aux aléas climatiques diversification des souterraine) Programme de gestion de la pression anthropique et
sahélienne et qui rendent les systèmes de productions entravés Gérer durablement les Développement Rural du animale)
soudano- production très vulnérables par les difficultés d’accès ressources naturelles Wadi Fira et de l’Ennedi Accroissement des capacités des
sahélienne) Productivité dans aux micro crédits, Identifier des mesures Appui au développement pauvres à s'adapter au changement
l’agriculture et l’élevage aux services d’adaptation et/ou local (PASILD- EU) climatique
extrêmement faible agricoles et par le mitigation aux effets du Intervention du Diversification des productions
20

Haute vulnérabilité face aux manque d’organisation changement climatique Programme Alimentaire agricoles, pour accroître les revenues
effets du changement Tentatives d’adaptation Accès aux marchés, aux Mondial Investissements pour le
climatique au changement technologies améliorées désenclavement des zones de
Conflits intercommunautaires climatique (échanges de Promouvoir les production
Faible accès aux services semences) freinées par organisations paysannes Promotion de filières compétitives
sociaux de base manque de réponses de base autour des filières pro-pauvres
Faible accès aux marchés et techniques adaptées et renforcer leurs Soutien à l’implantation de caisses de
aux services agricoles et/ou manque de capacités micro crédits dans zones faiblement
Faible accès aux services variétés résistantes ou Accès aux services de desservies
financiers décentralisés de courte durée formation, d’information sur Appui à l'Association Professionnelle

[Click here and insert


Enclavement les prix Tchadienne des Établissements de
Production alimentaire Développer, lorsque les Micro finance (APT-EMF) pour un
Insuffisante OP de base existent, les meilleur contrôle de qualité
Manque de sources de services technico Renforcement des capacités des
revenu non-agricoles économiques aux organisations paysannes de base et
Dépendance à la volatilité producteurs : achat faîtières pour aider les producteurs
des prix groupé, mise en marché, en amont et en aval de la

EB 2009/97/R.10
Fort endettement et recours vulgarisation agricole production
à l’usure Développer les services Promotion de visites d’échanges

EB ../../R..]
Malnutrition élevée (de 28% financiers entre projets (FIDA et autres) á
à 38% de malnutrition l’intérieur du pays et dans la sous-
chronique des enfants) région pour une diffusion plus large
Typologie Niveau de pauvreté et Réponses Besoins prioritaires Appui par d’autres Réponses du COSOP
causes (mesures, initiatives ou projet
réactions)

Key
Dossier
Appauvrissement récurrent et rapide d’expériences

file 4 clé 4
en période de soudure
Fort taux d’analphabétisme
Femmes Très élevé Cultures Sécurité alimentaire Projets FIDA en cours ou Dialogue politique sur la
notamment Faible accès à la terre et aux d’autosubsistance Augmentation et en préparation prise en compte
chef de autres moyens de production Vente de la force de diversification des (PROHYPA) méthodique du genre dans
Faible accès aux technologies travail revenus Projet Filière Spiruline la formulation et mise en
ménage
et à l’information Activités productives Mieux maîtriser les (FAO/EU) oeuvre des programmes de
Malnutrition saisonnière dont elles techniques de Volets Femmes dans les développement
Fort taux d’analphabétisme contrôlent le production et de projets de Diversification des productions
Vulnérabilité face aux effets revenue (chasse, gestion développement agricoles, pour accroître les revenues
du changement climatique cueillette, artisanat, petit Accès aux services sociaux Régionaux Intégrés Soutien à la co-recherche/action
Manque de main d’œuvre commerce, maraîchage, de base (santé, eau, (Coop Suisse) appliquée pour l’adoption d’une
pour les gros travaux petit élevage) énergie domestique, Volets Féminins dans approche écosystèmes afin
Faible niveau et Tentatives d’adaptation éducation/formation, PRODABO (GTZ) d’identifier les mesures d’adaptation
diversification des revenus au changement communication) Volet Femmes dans le au changement climatique
propres aux femmes climatique (échanges de Accès aux services PASILD (EU) Accroissement de la résilience des
Faibles accès aux services semences) freinées par financiers, aux technologies Projets sociaux initiés femmes et des hommes ruraux
financiers et agricoles manque de réponses améliorées par des ONG pauvres au changement climatique et
Surcharge de travail (temps techniques adaptées Alphabétisation de leurs capacités à s'adapter au
21

disponible limité pour les et/ou manque de fonctionnelle et formation changement climatique
activités économiques) variétés résistantes ou Amélioration de Développement et/ou amélioration
Périodes de soudure plus ou de courte durée l’état nutritionnel de semences à cycle court ou
moins longues Insertion dans des Participation aux prises de résistantes à la sécheresse
Dépendance des usuriers groupes d’entre-aide de décisions communautaires Promotion de filières compétitives
pour accéder à des crédits de travail, des tontines, et pro-pauvres et pro-femmes
consommation et social des groupements Diversification des revenus par un
Faible accès aux services généralement peu appui aux activités de
sociaux de base viables conservation/transformation des
Appartenance à des produits de l’élevage

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organisations peu Promotion des réseaux des
dynamiques IMF accessibles aux
femmes et répondant à leur
besoins
Renforcement des capacités à travers
des formations ciblées (techniques
et en gestion)

EB 2009/97/R.10
Programmes d’alphabétisation et de

EB ../../R..]
formation en matière de santé,
hygiène nutrition et sensibilisation à
la scolarisation des filles
Typologie Niveau de pauvreté et Réponses Besoins prioritaires Appui par d’autres Réponses du COSOP
causes (mesures, initiatives ou projet
réactions)

Key
Dossier
Intégration des femmes

file 4 clé 4
dans les organes de
décision villageois et pour
la planification des activités
Suivi et évaluation de l’impact
des différentes initiatives ciblées en
faveur des femmes
Promotion de visites d’échanges
entre projets (FIDA et autres) á
l’intérieur de pays et dans la sous-
région pour une diffusion plus large
et rapide des expériences réussites

Jeunes Élevé à très élevé Groupements Promotion de AGR Formation Promotion des réseaux des
Accès limité à la terre entraide et de micro entreprises professionnelle par les IMF accessibles aux
Accès difficile aux moyens Petit commerce rurales ONGs jeunes et répondant à leur
de production (biens alimentaire + Formation Appui au besoins
Connaissances limitées bétail) professionnelle développement des Identification des activités
Accès limité aux services Émigration techniques et en micro- entreprises économiques porteuses
22

Financiers (saisonnière et de gestion (PNUD) Appui aux activités de


Faible intégration dans les long durée) Accès aux services transformation et de petit
organes communautaires Vente forcée de travail financiers commerce pour les jeunes
des décisions Participation aux Meilleures Conseils techniques pour
travaux reconnaissance et l'intensification, la
communautaires représentativité diversification et la
dans les organes de valorisation des produits
décision Appui à la création
d’associations de jeunes et

[Click here and insert


la mise en œuvre de
programmes orientés
l’insertion dans les filières

EB 2009/97/R.10
EB ../../R..]

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