Éléments de logique en mathématiques
Éléments de logique en mathématiques
20 octobre 2025
2
Table des matières
1 Eléments de logique 5
1.1 Notions de logique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.2 Connecteurs logiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
1.3 Équivalence logique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.4 Quantificateurs logiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.5 Propriétés des Quantificateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.6 Exercice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.7 Utilisation des Quantificateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.8 Techniques de Démonstration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
1.9 Lien avec la théorie des ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
3
4 TABLE DES MATIÈRES
Chapitre 1
Eléments de logique
5
6 CHAPITRE 1. ELÉMENTS DE LOGIQUE
P ¬P
Vrai Faux
Faux Vrai
Exemple: Pour P =′′ k est un multiple de 2′′ , la négation est non(P ) =′′ k n’est pas un
multiple de 2′′ . Qu’en est-il pour la proposition ′′ n = 2′′ et la proposition ”il y a de la
pomme dans ce mélange” ?
Remarque: A noter que non(non(P )) a la même valeur de vérité que P .
Définition 2: La conjonction de deux propositions P et Q est la proposition notée P etQ
qui est vraie lorsque les deux propositions P et Q sont vraies simultanément, et qui est
fausse dans tous les autres cas.
Notation: La proposition P et Q est aussi notée P ∧ Q.
La table de vérité de la conjonction est :
P Q P ∧Q
Vrai Vrai Vrai
Vrai Faux Faux
Faux Vrai Faux
Faux Faux Faux
Exemple: Si on considère la proposition P =′′ a = b′′ et la proposition Q =′′ b = c′′ , alors
la proposition P etQ est ′′ a = b = c′′ .
Si on considère la proposition P =′′ k est un multiple de 2′′ et la proposition Q =′′ k
est un multiple de 3′′ , alors la proposition P etQ est k est un multiple de 6′′ .
Définition 3: La disjonction de deux propositions P et Q est la proposition notée ′′ P ou Q′′
qui est vraie si au moins une des deux propositions P et Q est vraie, et qui est fausse
quand les deux propositions P et Q sont fausses simultanément.
Notation: La proposition ′′ P ou Q′′ est aussi notée P ∨ Q.
La table de vérité de la disjonction est :
P Q P ∨Q
Vrai Vrai Vrai
Vrai Faux Vrai
Faux Vrai Vrai
Faux Faux Faux
Remarque: Dans le langage courant, la disjonction ”ou” est en général exclusive : l’ex-
pression ”fromage ou dessert” signifie qu’on a droit soit à l’un, soit à l’autre, mais pas
aux deux en même temps. Le connecteur ”ou” logique est pour sa part inclusif : dans
l’expression ”je me tais ou je vais au tableau”, on peut se taire et aller au tableau...
à
Exemple 6. On reprend l’exemple 5 : quelle est la valeur de vérité de “(P ∨ Q)(8)” (qui
signifie “P (8) ou Q(8)”), “(P ∨ Q)(9)”, “(P ∨ Q)(10)”, “(P ∨ Q)(11)”, “(P ∨ Q)(12)” ?
P Q P ⇒Q
Vrai Vrai Vrai
Vrai Faux Faux
Faux Vrai Vrai
Faux Faux Vrai
Exemple 7. Le postulat de Descartes, “je pense donc je suis”, peut se réécrire “je pense
⇒ je suis”.
P Q P ⇔Q
Vrai Vrai Vrai
Vrai Faux Faux
Faux Vrai Faux
Faux Faux Vrai
Cette résolution se fait en écrivant des systèmes équivalents, obtenus par transforma-
tion selon la méthode du pivot de Gauss : à chaque étape, on choisit une ligne parmi celles
non encore utilisées, on choisit un pivot dans cette ligne, qu’on élimine des autres lignes
non encore utilisèes (par substitution ou addition de lignes) et on recommence jusqu’é ob-
tenir un système triangulaire. On résout alors le système triangulaire et on vérifie qu’on
a vraiment trouvé une solution en revenant au système initial. î
b) Négation de la conjonction :
c) Négation de la disjonction :
d) Distributivité :
P ∧ (Q ∨ R) ≡ (P ∧ Q) ∨ (P ∧ R)
e) Distributivité :
P ∨ (Q ∧ R) ≡ (P ∨ Q) ∧ (P ∨ R)
P ⇔ Q ≡ (P ⇒ Q) ∧ (Q ⇒ P )
1.4. QUANTIFICATEURS LOGIQUES 9
P ⇒ Q ≡ ¬P ∨ Q
h) Contraposée :
¬(P ⇒ Q) ≡ P ∧ ¬Q
P ⇒ Q ≡ ¬Q ⇒ ¬P
Exemple 10. On traite les exemples suivants : “¬(k est un multiple de 2∧k est un multiple de 3)”,
“¬(fromage ∧ dessert)”, “¬(je me tais ∨ je vais au tableau)”. Contraposée et négation des
implications : “si je me suis rasé le matin alors j’ai l’air réveillé”, “si on veut (alors) on
peut”, “(k 2 est impair) ⇒ (k est impair)” et “(k est impair) ⇒ (k 2 est impair)”.
Remarque 10. La contraposée (point h) ci-dessus est donc une réécriture de l’im-
plication : elle permet parfois de simplifier l’énoncé. Par exemple, la contraposée de
“(k 2 est impair) ⇒ (k est impair)” est “(k est pair) ⇒ (k 2 est pair)”. Elle exprime aussi
le fait suivant : dire que “P est une condition suffisante pour Q” (c’est-à-dire P ⇒ Q) est
logiquement équivalent ê dire que “¬P est une condition nécessaire pour ¬Q” (c’est-à-dire
¬Q ⇒ ¬P ).
Remarque 11. “∀x ∈ X, P (x)” se lit “pour tout x dans X, la proposition P (x) est
vérifiée”, ou “tout élément x de X vérifie P ”, ou “quel que soit x dans X, la proposition
P (x) est vérifiée”.
Remarque 12. “∃x ∈ X, P (x)” se lit “il existe x dans X tel que la proposition P (x) est
vérifiée”, ou “il existe x dans X qui vérifie P ”.
Exemple 12. Laô proposition “∀x ∈ R, x ≥ 0” est fausse et sa négation “∃x ∈ R, x < 0”
est vraie.
Exemple 14. La négation de “toutes les pommes du panier sont vertes” est “il y a une
pomme dans le panier qui n’est pas verte” : la négation de “Tous (...)” n’est pas “Aucun
(...)” mais plutôt “Il existe au moins un pour lequel on n’a pas (...)”.
1.6 Exercice
Exercice 1 (examen deuxième session 2013). On considère la proposition : “si tous
les insectes ont six pattes alors les araignées ne sont pas des insectes”. écrire la contraposée
et la négation de cette proposition.
Remarque 13. Par convention, la proposition “∀x ∈ ∅, P (x)” est toujours vraie (il n’y a
rien à vérifier puisque l’ensemble vide n’a pas d’éléments) et la proposition “∃x ∈ ∅, P (x)”
est toujours fausse (il n’existe aucun élément dans l’ensemble vide).
Remarque 14. Par contre, la proposition “∀x ∈ X, ∃y ∈ Y, P (x, y)” signifie que pour
tout x il existe une valeur y (qui dépend a priori de x) telle que P (x, y) est vérifiée, alors
que “∃y ∈ Y, ∀x ∈ X, P (x, y)” signifie qu’il existe une valeur de y telle que P (x, y) est
vérifiée pour toutes les valeurs de x dans X.
Exemple 15. Rappel sur les ensembles N, Z, Q et R. On considère les deux propositions
“∀x ∈ Z, ∃y ∈ Z, y = x + 1” et “∃y ∈ Z, ∀x ∈ Z, y = x + 1”. Que dire par ailleurs de la
proposition “∀x ∈ N, ∃y ∈ N, y = x + 1” ?
1.8. TECHNIQUES DE DÉMONSTRATION 11
Exemple 16. On démontre par preuve directe que pour tout entier naturel k ∈ N
l’implication suivante est vérifiée :
Exemple 17. On démontre par la contraposée que pour tout entier naturel k ∈ N
l’implication suivante est vérifiée :
1.5.3 Preuve par l’absurde. Soit P une proposition. La démonstration par l’absurde
de P consiste à supposer que P est fausse et à en déduire une absurdité, une contradiction.
√
Exemple 18. La preuve classique de l’irrationnalité de 2, qui remonte à Euclide, est
une preuve par l’absurde.
1.5.4 Preuve par récurrence. Soit k un entier (en général positif) et P une proposi-
tion, faire une une démonstration par récurrence de la proposition ∀n ≥ k, P (n) consiste
à procéder en deux étapes :
1. Initialisation. On vérifie que la proposition est vraie pour une valeur (ou rang) de
départ, n = k (souvent k = 0 ou k = 1).
2. Hérédité. On suppose que la proposition est vraie jusqu’a un rang n et on montre
qu’elle est alors aussi vraie pour le rang n + 1.
Exemple 19. On démontre par récurrence que la somme des n premiers entiers naturels
est égale à n(n+1)
2
pour tout entier naturel n ≥ 1.
∁E (A ∪ B) = ∁E A ∩ ∁E B,
∁E (A ∩ B) = ∁E A ∪ ∁E B.
Notation
La proposition “x ∈ X” se lit “x est un élément de X”, “x appartient à X” ou “x est
dans X”. L’ensemble vide ∅ est l’ensemble n’ayant aucun élément.
Définition
Soit A et B deux ensembles.
— Inclusion : A est inclus dans B, noté A ⊂ B, si tout élément de A est aussi un
élément de B.
— égalité : A et B sont égaux, noté A = B, s’ils ont les mêmes éléments.
— Complémentaire : le complémentaire de A dans B est l’ensemble noté B \ A
composé des éléments de B qui ne sont pas dans A.
— Intersection : l’intersection de A et B est l’ensemble noté A ∩ B composé des
éléments qui appartiennent à la fois à A et B.
— Réunion : la réunion de A et B est l’ensemble noté A ∪ B composé des éléments
qui appartiennent soit à A, soit à B, soit aux deux simultanément.
Notation
La notation “A ⊂ B” se lit aussi “A est une partie de B”. La notation “A ∩ B” se lit
“A inter B”, et la notation “A ∪ B” se lit “A union B”.
Exemple
On considère les ensembles A = [−1, 2[ et B = [0, 3]. A-t-on A ⊂ B ou B ⊂ A ?
Expliciter A ∩ B et A ∪ B, A \ B et B \ A.
Propriété
Soit A et B deux ensembles, alors on a les équivalences logiques :
A⊂B ≡ ∀a ∈ A, a ∈ B,
A=B ≡ (A ⊂ B) et (B ⊂ A),
A⊂B ≡ (x ∈ A) ⇒ (x ∈ B),
A=B ≡ (x ∈ A) ⇔ (x ∈ B),
x∈A\B ≡ (x ∈ A) et (x ∈
/ B),
x∈A∩B ≡ (x ∈ A) et (x ∈ B),
x∈A∪B ≡ (x ∈ A) ou (x ∈ B).
14 CHAPITRE 1. ELÉMENTS DE LOGIQUE
Remarque
L’interprétation en termes de quantificateurs des propositions “A ∩ B” et “A ∪ B” est
à rapprocher de leur lecture en termes d’événements dans le domaine des probabilités, où
“A ∩ B” se lit “A et B” et “A ∪ B” se lit “A ou B”.
Exemple
Un exemple classique d’utilisation des équivalences logiques précédentes est la démons-
tration des identités suivantes :
CE (A ∪ B) = CE (A) ∩ CE (B),
CE (A ∩ B) = CE (A) ∪ CE (B).
Notation
F ⊂ E se lit : ”l’ensemble F est inclus dans l’ensemble E" et signifie que tout élément
de F est aussi élément de E. On dit que F est une partie de E. L’ensemble des parties
de E est noté P(E).
On définit souvent une partie d’un ensemble E, en prenant les éléments de E vérifiant
une propriété P particulière. On note cette partie {x ∈ E | P (x)}. Exemple : R+ = {x ∈
R | x ≥ 0}, R∗ = {x ∈ R | x ̸= 0}.
E × F désigne le produit cartésien des ensembles E et F , c’est-à-dire l’ensemble formé
des couples (e, f ) avec e ∈ E et f ∈ F . E × E se note E 2 , E × E × E se note E 3 et ainsi
de suite.
Majorant - Minorant
Soit I =]0, 1[, c’est une partie de R qui n’a pas de plus petit élément, ni de plus grand.
Pourtant, il existe des nombres plus grands que tous les éléments de I, le nombre 2 par
exemple. Il existe aussi des nombres plus petits que tous les éléments de I, le nombre 0
par exemple.
Soit E une partie quelconque de R, on dit que m est un minorant de E si m est
inférieur (ou égal) à tous les éléments de E. On dit que M est un majorant de E si m est
supérieur (ou égal) à tous les éléments de E.
Exercice
écrire la définition de minorant et majorant avec des quantificateurs :
m minorant de E ⇔ ∀x ∈ E, m ≤ x,
M majorant de E ⇔ ∀x ∈ E, x ≤ M.
2. On suppose que E est majorée, alors il existe un plus petit majorant de E qu’on
appelle la borne supérieure de E et qu’on note sup(E).
On admet ce résultat.
Exercice
Soit I =]0, 1[, donner inf(I) et sup(I). Soit J = {−3, 0, 2, π, 5}, donner inf(J) et
sup(J). Soit E ⊂ R, donner la définition de inf(E) et sup(E) avec des quantificateurs.
Solutions
inf(I) = 0 et sup(I) = 1,
inf(J) = −3 et sup(J) = 5.
(
∀x ∈ E, m ≤ x
m = inf(E) ⇔
∀p ∈ R, p > m ⇒ p n’est pas un minorant
(
∀x ∈ E, m ≤ x
⇔
∀p ∈ R, p > m ⇒ ∃x ∈ E, x < p
(
M est un majorant de E
M = sup(E) ⇔
∀p ∈ R, p < M ⇒ p n’est pas un majorant
(
M est un majorant de E
⇔
∀p ∈ R, p < M ⇒ ∃x ∈ E, x > p
Relation binaire
Une relation binaire R sur l’ensemble E est une partie de E × E. Si (x, y) ∈ R, on dit
que x est en relation avec y et on le note xRy. En résumé, une relation binaire consiste à
relier certains éléments de E avec d’autres éléments ou entre eux, sans aucune contrainte !
Exemple
Pour x et y dans l’ensemble N des nombres entiers naturels,
Réflexivité
Une relation binaire sur E est dite réflexive si et seulement si
∀x ∈ E, xRx.
Parmi les relations binaires R1 à R7 , lesquelles sont réflexives ?
xR3 y ⇔ x est un multiple de y,
xR4 y ⇔ x − y est pair,
(d)R5 (d′ ) ⇔ (d) ∥ (d′ ),
(d)R6 (d′ ) ⇔ (d) ⊥ (d′ ),
(d)R7 (d′ ) ⇔ (d) et (d′ ) sont sécantes.
Symétrie
Une relation binaire sur E est dite symétrique si et seulement si
∀(x, y) ∈ E 2 , xRy ⇔ yRx.
Parmi les relations binaires R1 à R7 , lesquelles sont symétriques ?
xR3 y ⇔ x est un multiple de y,
xR4 y ⇔ x − y est pair,
(d)R5 (d′ ) ⇔ (d) ∥ (d′ ),
(d)R6 (d′ ) ⇔ (d) ⊥ (d′ ),
(d)R7 (d′ ) ⇔ (d) et (d′ ) sont sécantes.
Anti-symétrie
Une relation binaire sur E est dite anti-symétrique si et seulement si
∀(x, y) ∈ E 2 , (xRy et yRx) ⇒ x = y.
Parmi les relations binaires R1 à R7 , lesquelles sont anti-symétriques ?
xR3 y ⇔ x est un multiple de y,
xR4 y ⇔ x − y est pair,
(d)R5 (d′ ) ⇔ (d) ∥ (d′ ),
(d)R6 (d′ ) ⇔ (d) ⊥ (d′ ),
(d)R7 (d′ ) ⇔ (d) et (d′ ) sont sécantes.
Transitivité
Une relation binaire sur E est dite transitive si et seulement si
∀(x, y, z) ∈ E 3 , (xRy et yRz) ⇒ xRz.
Parmi les relations binaires R1 à R7 , lesquelles sont transitives ?
xR3 y ⇔ x est un multiple de y,
xR4 y ⇔ x − y est pair,
(d)R5 (d′ ) ⇔ (d) ∥ (d′ ),
(d)R6 (d′ ) ⇔ (d) ⊥ (d′ ),
(d)R7 (d′ ) ⇔ (d) et (d′ ) sont sécantes.
1.9. LIEN AVEC LA THÉORIE DES ENSEMBLES 17
Réponses
— Réflexive : R2 , R3 , R4 , R5 , R7 .
— Symétrique : R2 , R4 , R5 , R6 , R7 .
— Anti-symétrique : R3 .
— Transitive : R1 , R2 , R3 , R4 , R5 .
Relation d’équivalence
On appelle relation d’équivalence, toute relation binaire :
— réflexive,
— symétrique,
— transitive.
Parmi les exemples précédents : R2 , R4 , R5 sont des relations d’équivalence. La relation ⇔
(d’équivalence entre deux propositions) est une relation d’équivalence ! et heureusement ;-)
Exercice
Parmi les relations suivantes sur l’ensemble R, lesquelles sont des relations d’équiva-
lence ?
1. L’égalité =.
2. Plus petit ou égal ≤.
3. La congruence modulo 2π ≡ définie par x ≡ y[2π] ⇔ ∃k ∈ Z, x = y + 2kπ.
4. xR8 y ⇔ xy ≥ 0.
5. xR9 y ⇔ x2 = y 2 .
Classes d’équivalence
Soit E un ensemble, et R une relation d’équivalence sur E. Pour tout x de E, on
définit la classe d’équivalence de x et on note x̄, l’ensemble des éléments en relation avec
x. En d’autres termes :
x̄ = {y ∈ E | xRy}.
L’ensemble des classes d’équivalence des éléments de E est appelé l’ensemble quotient de
E par la relation R et est noté E/R.
Relations d’ordre
On appelle relation d’ordre, toute relation binaire :
— réflexive,
— anti-symétrique,
— transitive.
On a vu que la relation xR3 y ⇔ x est un multiple de y est une relation d’ordre sur
N. On préfère dire que y divise x ce qui se note y | x. Bien sûr ≤ et ≥ sont des relations
d’ordre, mais < n’en est pas une ! La relation d’inclusion ⊂ est une relation d’ordre.
Réponses
— Le plus petit élément de N est 1 (car 1 divise tous les entiers, même 0).
— Pour {2, 8, 18}, le plus petit élément est 2 et c’est le seul élément minimal.
— Pour {3, 5, 8} il n’y a pas de plus petit élément, tous les éléments sont minimaux !
Exemples
— + : addition (de deux nombres, fonctions, suites, matrices...).
— − : soustraction sur Z.
— × : multiplication sur Q.
— ÷ : division sur R.
— ↑ : puissance sur N (a ↑ b = ab ).
— ∩ : intersection sur l’ensemble P(E) des parties d’un ensemble.
— ∪ : union sur l’ensemble des parties d’un ensemble.
1.9. LIEN AVEC LA THÉORIE DES ENSEMBLES 19
Définition
Qu’est-ce qu’une "opération" sur un ensemble E ? C’est quelque chose qui, à partir de
deux éléments de E,
— soit ne donne pas de résultat (on ne peut pas diviser par 0 par exemple) ;
— soit donne un résultat qui est un élément de E.
En résumé, c’est une fonction de E × E dans E.
On appelle loi de composition interne, ou l.c.i., une fonction de E × E dans E. Si une
l.c.i. est notée ⋆, alors l’image du couple (x, y) est notée x ⋆ y.
Commutativité
Une l.c.i. ⋆ sur E est dite commutative ou abélienne si et seulement si ∀(x, y) ∈
2
E , x ⋆ y = y ⋆ x.
Parmi les exemples suivants, quelles sont les lois commutatives : + − ×÷ ↑ ∩∪ ?
Associativité
Une l.c.i. ⋆ sur E est dite associative si et seulement si ∀(x, y, z) ∈ E 3 , (x ⋆ y) ⋆ z =
x ⋆ (y ⋆ z).
Cela permet de définir x ⋆ y ⋆ z de manière non ambiguë. Parmi les exemples suivants,
quelles sont les lois associatives : + − ×÷ ↑ ∩∪ ?
Correction
— La l.c.i + est associative et commutative.
— La l.c.i − n’est ni associative, ni commutative.
— La l.c.i × est associative et commutative.
— La l.c.i ÷ n’est ni associative, ni commutative.
— La l.c.i ↑ n’est ni associative, ni commutative.
— La l.c.i ∩ est associative et commutative.
— La l.c.i ∪ est associative et commutative.
Élément neutre
Soit ⋆ une l.c.i. sur E, et soit n un élément de E. On dit que n est un élément neutre
pour ⋆ si et seulement si :
∀x ∈ E, x ⋆ n = n ⋆ x = x.
Y a-t-il un élément neutre pour les lois suivantes : + − ×÷ ↑ ∩∪, et si oui lequel ?
Réponses
— L’élément neutre pour + et − est 0.
— L’élément neutre pour × et ÷ est 1.
— Il n’y a pas d’élément neutre pour ↑.
— L’élément neutre pour ∩ est E.
— L’élément neutre pour ∪ est l’ensemble vide ∅.
20 CHAPITRE 1. ELÉMENTS DE LOGIQUE
Élément symétrique
Soit ⋆ une l.c.i. sur E, on suppose qu’il existe un élément neutre n pour ⋆. Soit x ∈ E,
on appelle symétrique de x un élément x′ de E tel que x ⋆ x′ = x′ ⋆ x = n.
Pour les lois précédentes sur R : + − ×÷, quels sont les éléments qui possèdent un
symétrique et quel est-il ? Pour les lois ∩ et ∪ sur P(E), que peut-on dire ?
Réponses
— Pour +, tous les réels ont un symétrique. Le symétrique de x est −x (c’est l’opposé
de x).
— Pour ×, tous les réels non-nuls ont un symétrique. Le symétrique de x est 1/x (c’est
l’inverse de x).
— Pour − et ÷, les éléments sont leur propre symétrique.
— Pour ∩, seul E admet un symétrique : lui-même.
— Pour ∪, seul ∅ admet un symétrique : lui-même.
Notations standard
— f : D → A remplace "une fonction f , d’ensemble de départ D et d’ensemble d’arri-
vée A".
— a = f (d) remplace (d, a) ∈ G.
Vocabulaire
Une autre version : image directe et réciproque Soit f : D → A une fonction
quelconque.
— Pour toute partie X de D, on appelle image directe de X et on note f (X) l ?ensemble
des images des éléments de X, c ?est-à-dire f (X) = {a ∈ A | ∃x ∈ X, f (x) = a}.
— Pour toute partie Y de A, on appelle image réciproque de Y et on note f −1 (Y )
l ?ensemble des antécédents des éléments de Y , c ?est-à-dire f −1 (Y ) = {d ∈ D |
∃y ∈ Y, f (d) = y}.
1.9. LIEN AVEC LA THÉORIE DES ENSEMBLES 21
Application surjective
Soit f : D → A une application. On dit que f est une application surjective (ou que
f est une surjection) lorsque Im(f ) = A, c ?est-à-dire lorsque tous les éléments de A ont
au moins un antécédent.
Formellement, f surjective : ∀a ∈ A, ∃d ∈ D, f (d) = a.
Application injective
Soit f : D → A une application. On dit que f est une application injective (ou que
f est une injection) lorsque chaque élément de l ?image de f a un antécédent unique.
En inversant les flèches, on obtient une fonction où A est l ?ensemble de départ et D est
l ?ensemble d ?arrivée.
Application bijective
Soit f : D → A une application. On dit que f est une application bijective (ou que
f est une bijection) lorsque f est à la fois injective et surjective. Chaque élément de A
possède un antécédent unique. La fonction g : A → D qui associe à tout élément son
antécédent par f est une application bijective appelée application réciproque de f , notée
f −1 .
Composition de fonctions
Soient f une fonction de A dans B et g une fonction de B dans C, on appelle la
composée de f par g et on note g ◦ f (qui se lit "g rond f ") la fonction obtenue en
appliquant à la variable la fonction f , puis la fonction g au résultat :
On a donc (g ◦ f )(x) = g(f (x)).
Un exemple
Si f et g sont deux fonctions de R dans R définies par :
Calculer g ◦f , f ◦g, g ◦h, f ◦h, h◦f et h◦g avec f (x) = x2 , g(x) = x+1, h(x) = ln(x).
22 CHAPITRE 1. ELÉMENTS DE LOGIQUE
Réponses
(g ◦ f )(x) = x2 + 1,
(f ◦ g)(x) = (x + 1)2 ,
(g ◦ h)(x) = ln(x) + 1,
(f ◦ h)(x) = (ln(x))2 ,
(h ◦ f )(x) = ln(x2 ),
(h ◦ g)(x) = ln(x + 1).
Dénombrement
Cardinal
— On appelle cardinal d’un ensemble fini E le nombre d’éléments de E. On le note
|A|, #A ou card(A).
— Soient E et F deux ensembles finis. Alors :
— Si E ⊂ F , on a card(E) ≤ card(F ), avec égalité si et seulement si E = F .
— card(E × F ) = card(E) × card(F ).
— card(E ∪ F ) = card(E) + card(F ) − card(E ∩ F ).
— Le cardinal des applications de E dans F vaut (card(F ))card(E) .
Définition
Si A est inclus dans E, on dit que A est une "partie" de E.
Remarque Toutes les parties de E sont elles-mêmes les éléments d’un nouvel ensemble
appelé "ensemble des parties de E" et noté ℘(E).
A ⊆ E ⇔ A ∈ ℘(E)
card(℘(E)) = 2card(E)
1.9. LIEN AVEC LA THÉORIE DES ENSEMBLES 23
Preuve (par récurrence) Initialisation : Montrons que la proposition est vraie pour
n = 0. Si E est un ensemble vide, alors E ne contient aucun élément. L’ensemble des
parties de E ne contient qu’une seule partie : l’ensemble vide lui-même. Donc,
card(℘(E)) = 1 = 20 .
Par conséquent, la proposition est vraie pour k + 1 si elle est vraie pour k.
Conclusion : Par le principe de récurrence, la proposition est vraie pour tout entier
n ≥ 0. Si E possède n éléments alors ℘(E) possède 2n éléments.
card(℘(E)) = 2card(E)
Théorème
Une application entre deux ensembles finis de même cardinal est injective si et seule-
ment si elle est surjective, si et seulement si elle est bijective.
n × (n − 1) × (n − 2) × · · · × 2 × 1
Nombre de bijections d ?un ensemble fini dans un ensemble fini Soient deux
ensembles E et F de même cardinal n. Le nombre de bijections de E dans F est égal au
nombre d ?injections de E dans F car E et F ont le même nombre d ?éléments.
Conséquence
n n
= =n
n−1 1
Remarques
— np est le nombre de sous-ensembles de E contenant p éléments.
Remarques Pour démontrer une formule faisant intervenir des coefficients binomiaux,
on peut
— procéder par récurrence, on utilise alors très souvent la formule du triangle de Pascal
— utiliser la formule du binôme.
1.9. LIEN AVEC LA THÉORIE DES ENSEMBLES 25
Formule de Pascal
n n−1 n−1
= +
k k−1 k
Triangle de Pascal