Méthode des Différences Finies en EDP
Méthode des Différences Finies en EDP
FST-BM
Prof : A. KASSIDI
A part dans quelques cas très particuliers, il est impossible de calculer explicitement des
solutions des différents modèles présentés ci-dessus. Il est donc nécessaire d’avoir recours au
calcul numérique sur ordinateur pour estimer ces solutions.
Le principe de toutes les méthodes de résolution numériques des EDP est d’obtenir des
valeurs numériques discrètes (en nombre fini) qui approchent (en un sens convenable qu’on va
préciser) la solution exacte.
Dans ce procédé il faut bien être conscient de deux points fondamentaux :
On ne calcule pas des solutions exactes mais approchées.
On discrétise le problème en représentant des fonctions par un nombre fini de valeurs,
(on passe du continu au discret).
Nous présentons dans ce chapitre la méthode des différences finies. Pour simplifier la
présentation, nous nous limitons dans cette section à la dimension un d’espace (on va
considérer cette méthode en dimension supérieure plus tard). Nous n’abordons pour l’instant
que les principes pratiques de cette méthode à savoir la construction de ce qu’on appelle des
schémas numériques.
D’où l’inégalité
u(x + h) − u(x )
− u ′ (x ) ⩽ Mh
h
avec M = sup u ′′ (x ) . On dit que l’approximation
x ∈[0,1]
u(x + h) − u(x )
u ′ (x ) ≃
h
est consistante d’ordre 1. En général, si l’erreur commise en approchant la dérivée par les
différences finies est de la forme Mhk , pour k > 0 fixé, on dit que l’approximation est
consistante d’ordre k.
du u (xi+1 ) − u (xi )
u ′ (xi ) = (xi ) ≃ (1)
dx h
la formule (1) est dite de différence finie progressive d’ordre 1.
En utilisant les mêmes arguments, on peut aussi écrire
du u (xi ) − u (xi−1 )
u ′ (xi ) = (xi ) ≃ (2)
dx h
qui est aussi une approximation de u ′ (xi ) consistante d’ordre 1. La formule (2) est dite de
différence finie régressive d’ordre 1.
Remarque 1
On peut obtenir aussi des formules centrées en utilisant les points xi−1 et xi+1
Dérivées secondes :
En utilisant la formule de Taylor jusqu’à l’ordre 4 aux points xi−1 et xi+1 , on obtient
Nous admettons que le problème (P) admet une solution unique u. L’approximation de cette
solution par la méthode de différences finies consiste, en première étape, à discrétiser
l’intervalle [0, 1] et à écrire le problème (P) en chaque point de discrétisation, puis en
deuxième étape à approcher la dérivée seconde en chaque point de la discrétisation par les
formules de différences finies d’ordre 2. (i.e. la formule (3))
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III.1- Problème elliptique
Première étape
Soit N ∈ N un entier positif, on définit le pas du maillage (ou de la discrétisation) par
1
h = N+1 et on définit les points de la discrétisation xi = ih, pour i = 0, · · · , N + 1 avec
x0 = 0 et xN+1 = 1. On écrit alors la première équation de (P) en chaque point de la
discrétisation xi , pour i = 1, · · · , N :
Deuxième étape
En utilisant la discrétisation centrée classique de la dérivée seconde donnée par la formule (3),
on trouve
−ui−1 + 2ui − ui+1
= fi , 1 ⩽ i ⩽ N
h2
(4)
u0 = 0, uN+1 = 0.
où
2 −1
... 00
−1 2 −1 . . .
.. u1 f1
.
1 .
u2
f2
A := 2 0 −1 2
.. 0 , Uh := .. et F := ..
h
.
.
.. .. .. ..
. . . . −1
uN fN
0 . . . 0 −1 2
La solution discrète de notre problème de départ et qui sera notée Uh est obtenue en
résolvant ce système dont les composantes du vecteur solution correspondent aux
approximations des valeurs de u sur les nœuds du maillage.
Démonstration
Il est clair que la matrice A est symétrique, montrons qu’elle est définie positive. En effet, soit
x ∈ RN de composante x1 , . . . , xN .
N−1
1 X
x t Ax ⩾
(2x1 − x2 ) x1 + − x i−1 + 2xi − xi+1 xi + (−xN−1 + 2x N ) x N
h2 i=2
N
(xi−1 − xi )2 + xN2
X
x12 +
i=2
=
h2
il suffit de remarquer que le dernier terme et positif et non nul pour tout x ̸= 0.
∂u ∂ 2 u
− 2 = f (t, x ), (x , t) ∈ (0, 1) × R∗,+
∂t ∂x (6)
u(0, x ) = u0 (x ), 0<x <1
Les conditions aux limites peuvent être de plusieurs types voir (Chapitre 2), mais leur choix
n’intervient pas dans la définition des schémas, ici nous utilisons des conditions aux limites de
Dirichlet homogènes
On note ujn la valeur d’une solution discrète approchée au point tn , xj et u(t, x ) la solution
u0n = uN+1
n
= 0, pour tout n > 0
À chaque pas de temps, nous devons calculer les valeurs ujn 1⩽j⩽N , qui forment un vecteur
dans RN .
Nous donnons maintenant plusieurs schéma possibles pour l’équation de la chaleur (6). Tous
ces schémas sont définis par N équations qui permettent de calculer les N valeurs de ujn .
0 . . . 0 −1 2
D’une manière équivalente le système peut s’écrire
Uhn+1 = (Id − ∆tAh ) Uhn + ∆tFhn , pour tout n ⩾ 0
Le vecteur Uhn+1 , qui représente l’approximation à l’instant tn+1 , est donné explicitement et
directement en fonction de Uhn , l’approximation à l’instant tn , ainsi que des données du
problème. C’est pourquoi il est appelé schéma explicite.
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III.2- Problème parabolique
Schéma implicite :
En utilisant le schéma de différences finies régressif d’ordre 1 pour approximer la dérivée
temporelle :
∂u u (tn , xj ) − u (tn−1 , xj ) ujn − ujn−1
(tn , xj ) ≈ ≈
∂t ∆t ∆t
Pour n ⩾ 0 et j ∈ {1, . . . , N}, le schéma implicite est donné par
qui est, pour chaque n fixé, un système linéaire de matrice (Id + ∆tAh ) dont la résolution
donne le vecteur Uhn en fonction de Uhn−1 et les données. Il est dit schéma implicite car il
nécessite (contrairement au schéma explicite) la résolution d’un système linéaire à chaque
pas de temps.
Autres schémas :
On considère une combinaison convexe de (8) et (10), pour 0 ⩽ θ ⩽ 1, on obtient le
θ-schéma, (f = 0)
Exercice 1 :
1 h2
Monter que le Schéma (12) n’est rien que le θ-schéma avec θ = −
2 12∆t
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IV- Analyse de la méthode des Différences Finies
Une fois la construction des schémas aux différences est faite, la question qui se pose
maintenant concerne la convergence de ces schémas. A-t-on par exemple dans le cas des
problèmes elliptique, en chacun des sommets du maillage, ui tend vers u (xi ) quand le pas de
maillage h tend vers 0. Dans cette section nous analysons les schémas numériques de
différences finies, en définissant deux notions très importantes, il s’agit de la stabilité et la
consistance des schémas.
La démarche : Étude de la consistance et la stabilité
Pour une équation aux dérivées partielles donnée, l’idée est donc de construire une équation
discrète où les opérateurs différentiels sont remplacés par des opérateurs d’approximation. La
solution continue n’a a priori pas de raison d’être solution de cette équation discrète.
La question qui se pose donc naturellement est de savoir si, pour une équation discrète
particulière (on parlera également de schéma) obtenue en utilisant la méthode de différences
finies décrite ci-dessus, la solution de l’équation discrète obtenue approche de la solution du
problème continu et d’autre part quand il y a convergence, de quantifier la vitesse de
convergence.
Cette analyse se fait toujours en deux étapes fondamentales qui seront donc le dénominateur
commun de chaque étude de schéma de ce cours :
2- La stabilité qui assure que l’opérateur discret est bien inversible et la norme de son inverse
est bornée indépendamment du pas de discrétisation.
On montrera alors que dès qu’un schéma est consistant et stable alors il est convergent, c’est
à dire que la solution numérique calculée à partir de ce schéma tend, quand les paramètres de
discrétisation tendent vers 0, vers la solution de l’équation aux dérivées partielles initiale.
Dans le cas unidimensionnel par exemple, l’approximation par le schéma centré a abouti à la
résolution d’un système linéaire de la forme
Ah Uh = Fh (13)
Pour étudier la convergence deUh vers u, la solution de (P), nous avons besoin de définir une
norme vectorielle dans C [0, 1] .
Les normes les plus utilisées sont
Z 1 Z 1 1/2
∥u∥1 := |u(x )|dx , ∥u∥2 := |u(x )|2 dx , ∥u∥∞ := sup |u(x )|.
0 0 0⩽x ⩽1
N N
!1/2
2
X X
∥y ∥1 = |yi | , ∥y ∥2 = |yi | , ∥y ∥∞ = max |yi |
1⩽i⩽N
i=1 i=1
Définition 1
1 On appelle erreur de consistance du schéma (4), le vecteur Eh (u) ∈ RN défini par
3 Pour p > 0, on dit que le schéma est d’ordre p, pour la norme ∥ · ∥ s’il existe une
constante C > 0 indépendante de h telle que
Démonstration :
La formule de Taylor à l’ordre 4 de u au voisinage de xi−1 et xi+1 permet d’écrire, pour tout
1 ⩽ i ⩽ N, avec ξi−1 ∈] xi−1 , xi [ et ξi+1 ∈ ]xi , xi+1 [
h2
∥Eh (u)∥∞ ⩽ sup u 4 (x )
12 x ∈[0,1]
Corollaire 1
(a)- Le schéma est consistant d’ordre 1 en ∥ · ∥1 .
3
(b)- Le schéma est consistant d’ordre en ∥ · ∥2 .
2
Démonstration :
1 1
Comme h = ou encore N + 1 = ,
N +1 h
(a)- En considérant la norme ∥ · ∥1 , on a
N
X h2 4
∥Eh (u)∥1 = u (ξi )
i=1
12
h2
⩽ (N + 1) sup u 4 (x )
12 x ∈[0,1]
h
= sup u 4 (x ) = O(h).
12 x ∈[0,1]
N
! 12
h4 X 2
∥Eh (u)∥2 = u (4) (ξi )
122 i=1
!1
h4 2 2
⩽ (N + 1) sup u (4) (x )
122 x ∈[0,1]
!1
2
3 1 2 3
=h 2 sup u (4) (x ) = O h2
122 x ∈[0,1]
La consistance est définie d’une manière analogue au cas des problèmes elliptique (cas
stationnaire).
Soit u la solution du problème (6) et Uh son approximation donnée par le schéma général (14).
Notons
u (t, x1 )
u (t, x2 )
πh (u)(t) := ..
.
u (t, xN )
la projection de la solution exacte sur le maillage à l’instant t.
Démonstration :
Les trois résultats se démontrent de façon similaires. On ne détaille la preuve que pour le
schéma explicite. En utilisant le fait que
∂u ∂2u
f (tn , xj ) = (tn , xj ) − 2 (tn , xj ) ,
∂t ∂x
il découle de la définition de l’erreur de consistance que Ehn (u) = Ej − Fj , où l’on a posé
u (tn+1 , xj ) − u (tn , xj ) ∂u
Ej = − (tn , xj )
∆t ∂t
u (tn , xj+1 ) − 2u (tn , xj ) + u (tn , xj−1 ) ∂2u
Fj = − (tn , xj )
h2 ∂x 2
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IV.1- Erreur de consistance : Cas des problèmes paraboliques
Par un développement de Taylor par rapport à la variable de temps (xj étant fixé), on obtient :
∂u ∆t 2 ∂ 2 u
u (tn+1 , xj ) = u (tn , xj ) + ∆t (tn , xj ) + (θ, xj ) ,
∂t 2 ∂t 2
où θ ∈]tn , tn+1 [, de sorte que
∆t ∂ 2 u
Ej = (θ, xj ) .
2 ∂t 2
Concernant Fj , on montre de même que
!
h2 ∂4u ∂4u
Fj = (tn , ξ1 ) + (tn , ξ2 )
24 ∂x 4 ∂x 4
Lh uh = Fh (15)
La consistance, vue dans le paragraphe précédent ne suffit pas pour avoir la convergence, il
faut maintenant étudier l’erreur commise en approchant u par uh . Avant cela regardons la
stabilité du schéma. La notion de stabilité est liée au comportement de la solution lorsqu’on
perturbe les données.
Définition 5
Le schéma (15) est dit stable s’il existe h0 > 0 et δ > 0 tels que, quelque soit h < h0 et pour
toute perturbation θh du second membre Fh , vérifiant ∥θh ∥ < δ, le problème
Lh zh = Fh + θh
∥uh − zh ∥ ⩽ C ∥θh ∥
Cette définition signifie qu’une petite perturbation du second membre du schéma aux
différences induit uniformément en h une petite perturbation sur la solution.
N
X 1
0< bij ⩽ , pour tout i = 1, . . . , N
j=0
8
D’où
Ah V = U := (1, 1, . . . , 1)t
Il s’ensuit que
N 1
bij = A−1
X
h U = Vi = v (xi ) ⩽ max v (x ) ⩽
j=1
i x ∈[0,1] 8
Étape 3 :
Nous allons montrer que |Ui | ⩽ C pour tout i.
Nous avons
N
1
A−1
X
|Ui | = h Fh i
= bij Fj ⩽ sup |Fj |
j=1
8 1⩽j⩽N
Définition 8
Le schéma (14) est dit stable pour la norme ∥ · ∥ en espace, s’il existe deux constantes C1 et
C2 indépendantes de h et de ∆t telles que l’on ait
(1) (−1)
1 Si Bh = 0 ou Bh =0
(1) (−1)
2 Si Bh ̸= 0 ou Bh ̸= 0
max ∥Uhn ∥ ⩽ C1 Uh0 + Uh1 + C2 max ∥Fhn ∥
0⩽n⩽M 0⩽n⩽M
et ceci quelque soit les données initiales Uh0 , Uh1 , h et le terme source Fh n .
.. .. ..
. . .
n
X
⩽ max ui0 + ∆t max fi k
i i
k=0
on en déduit que
−λuin∗ −1 + (1 + 2λ)uin∗ − λuin∗ +1 ⩾ 0
ce qui donne
uin−1
∗ + fi n∗ ∆t ⩾ 0
ou encore
max |uin | = uin∗ ⩽ max uin−1
∗ + ∆tfi n∗
i i
et de proche en proche on obtient
max uin ⩽ max max |u0 (x )| , max |f (x , t)|
i x x ,t
Définition 9
1 Le système (13) est dit convergent pour la norme ∥ · ∥ si
par la linéarité de Ah .
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IV.3- Convergence
Maintenant Ah est inversible et son inverse est borné par la propriété de stabilité. On en
déduit que
2- Cas parabolique :
La consistance du schéma (14) se traduit par
quelque soit les données initiales Uh0 (et Uh1 ) et le terme source Fhn .
Généralement nous avons lim Eh0 = 0 et lim Eh1 = 0, de plus par la consistance
h→0 h→0
lim Ehn (u) = 0, on en déduit
h→0,∆t→0
Nous allons décrire la méthode des DF dans le cas multidimensionnel à travers le problème
modèle suivant. Considérons le problème de Dirichlet pour l’opérateur de Laplace défini dans
un domaine bidimensionnel rectangulaire
(
−∆u = f dans Ω
(16)
u=g sur Γ
.
−b2 . .
.. ..
. .
−b2 1 1
et D := .. .. ..
avec b1 = , b2 = , a = 2 (b1 + b2 )
. . .
h2 k2
..
. −b2
On montre comme en dimension 1 que cette matrice est définie positive.
Méthodes des différences finies en dimension deux
Cours des EDP : Licence GM (FST-BM) d’espace 61 / 61