Retrouver ce titre sur Numilog.
com
Retrouver ce titre sur [Link]
Retrouver ce titre sur [Link]
Je mange bien, je vais bien
Retrouver ce titre sur [Link]
DU MÊME AUTEUR
En attendant le docteur, Flammarion, 2019 ;
J’ai lu, 2020.
Zéro contrainte. Surtout, ne changez rien !,
Flammarion, 2022 ; J’ai lu, 2023.
Zéro contrainte pour maigrir, Flammarion, 2023 ;
J’ai lu, 2024.
Zéro contrainte pour rester jeune, Flammarion, 2024 ;
J’ai lu, 2025.
Un été en bonne santé, Flammarion, 2024.
Retrouver ce titre sur [Link]
Dr Jimmy Mohamed
Je mange bien, je vais bien
Flammarion
Retrouver ce titre sur [Link]
© Éditions Flammarion, Paris, 2025.
ISBN : 978-2-0804-5658-8
Retrouver ce titre sur [Link]
Sommaire
Introduction .................................................. 9
1. Résister au sucre....................................... 15
2. Grignoter l’estomac plein ......................... 21
3. Manger pour créer du muscle................... 29
4. Combien de repas par jour ? .................... 37
5. Des œufs 0FR ou rien ............................. 45
6. Comment prendre du poids ?................... 55
7. Manger comme un Grec .......................... 63
8. De l’huile d’olive à toutes les sauces.......... 71
9. Boire comme un Japonais......................... 79
10. Bien manger en vacances.......................... 85
11. Manger avec les mains.............................. 95
12. Manger par terre ...................................... 103
13. Faire de magnifiques étrons ...................... 109
14. Tester la baie du miracle........................... 119
15. L’alimentation anticancer.......................... 127
16. Bannir le sirop de sucre............................ 139
17. Manger comme un Suédois...................... 147
7
Retrouver ce titre sur [Link]
Je mange bien, je vais bien
18. Des compléments alimentaires absolument
indispensables ? ........................................ 155
19. Manger suivant son cycle menstruel.......... 157
20. L’alimentation antidéprime....................... 165
21. Moins de sel, plus de vie.......................... 177
22. Cinq fruits et légumes contre l’infarctus du
myocarde ................................................. 185
23. Je mange donc j’ai envie de faire caca....... 193
24. Du fromage contre le cholestérol .............. 203
25. Le danger des produits ultratransformés.... 209
26. L’alimentation qui influence l’humeur ...... 219
27. Les associations alimentaires...................... 229
28. Booster son immunité .............................. 235
Conclusion ...................................................... 245
Notes .............................................................. 248
Retrouver ce titre sur [Link]
Introduction
Nous sommes ce que nous mangeons
Notre alimentation peut être notre meilleure
alliée comme notre pire ennemie. Je l’ai compris
très tardivement : j’ai passé la plus grande partie
de ma vie à mal m’alimenter, sans me rendre
compte des effets néfastes sur ma santé. J’ai eu un
déclic il y a quelques années, lorsque j’ai voulu
perdre du poids. J’ai commencé à m’intéresser à
la composition nutritionnelle des produits ultra-
transformés, à décrypter les étiquettes, mais aussi à
constater à quel point les aliments présents dans la
nature pouvaient exercer une influence positive sur
ma santé.
En tant que médecin, cet aveu peut surprendre :
s’il en est bien un qui devrait être informé, c’est
moi. Sachez que la nutrition est peu ou n’est pas
enseignée dans les facultés de médecine. Nous
avons certes quelques cours sur les glucides, les
lipides, les protéines, mais j’avoue n’en garder
qu’un (très) vague souvenir. Or nous sommes véri-
tablement ce que nous mangeons. En moyenne,
9
Retrouver ce titre sur [Link]
Je mange bien, je vais bien
un être humain va prendre 90 000 repas au cours
de sa vie pour un poids total d’environ 60 tonnes
de nourriture, ce qui représente près de 70 millions
de calories. Ces chiffres varient évidemment en
fonction de nos habitudes alimentaires, de l’activité
physique que nous pratiquons et de notre longé-
vité, mais ce que je cherche, avec ces données, c’est
à vous faire prendre conscience que toute cette
nourriture a eu, a et aura un impact sur l’ensemble
de votre organisme.
Lorsque je parle d’« impact sur l’organisme », il ne
s’agit pas de la simple prise ou perte de poids, mais
des risques de développer la maladie d’Alzheimer, de
l’arthrose, un infarctus du myocarde, un diabète de
type 2, certains cancers mais aussi certaines maladies
psychiatriques, comme la dépression. Il est avéré
aujourd’hui que tout aliment a une influence posi-
tive ou négative sur la survenue de la quasi-totalité
des maladies chroniques.
J’ai la chance, dans le cadre des émissions de
télévision ou de radio que je peux présenter, de
rencontrer un à deux médecins spécialistes par
jour. Qu’ils soient cardiologues, neurologues ou
psychiatres, tous me parlent à un moment ou à un
autre de l’influence de l’alimentation sur la surve-
nue de telle ou telle maladie, soit par des mises en
garde sur les aliments qu’il faut éviter, soit par des
recommandations pour, au contraire, prévenir ou
améliorer une pathologie.
Évidemment, nous ne sommes pas tous égaux
face à la maladie et certaines personnes auront une
10
Retrouver ce titre sur [Link]
Introduction
alimentation totalement déséquilibrée sans jamais
déclarer aucune pathologie grave quand d’autres, à
l’inverse, feront très attention et tomberont malgré
tout malades. Il serait malhonnête, mensonger et
trompeur de ma part de vous faire croire qu’en
mangeant mieux vous pourrez éviter toutes les
pathologies existantes ou guérir de certaines, mais
j’ai l’intime conviction – et la science le
démontre – que notre alimentation peut aider à
prévenir, traiter ou améliorer certaines maladies.
Il ne sera pas question de perte de poids dans
ce livre – même si les recommandations vous le
permettront –, encore moins de vous culpabiliser
ou de vous contraindre à manger des graines de
courge, mais de conseils, d’avertissements, d’éclai-
rages. Une remarque revient souvent en commen-
taires des vidéos dans lesquelles je tente de vous
alerter sur les produits ultratransformés indus-
triels : « Avec toi, on ne peut plus rien manger ! »
C’est vous dire à quel point les industriels ont
réussi leur mission de normaliser la malbouffe. Ils
sont puissants, ont beaucoup, beaucoup d’argent,
grâce auquel ils envahissent les espaces publici-
taires, les supermarchés jusqu’aux manifestations
sportives internationales les plus renommées.
Le dernier exemple en date que je trouve extrê-
mement choquant est la ligue 1 de football : je suis
un grand amateur de ballon rond et j’ai été atterré
d’apprendre que la ligue 1 s’appellerait désormais
pour trois ans… la ligue 1 McDonald’s ! Dans quel
monde le championnat national du sport le plus
11
Retrouver ce titre sur [Link]
Je mange bien, je vais bien
populaire de France porte le nom d’une chaîne de
fast-food américaine qui participe à l’épidémie
d’obésité et de maladies chroniques que nous obser-
vons aujourd’hui ? Pourquoi des marques de chips
ou de gâteaux industriels sponsorisent-elles les
grandes rencontres de football ? C’est d’ailleurs une
des remarques que mon fils de 7 ans m’a faites un
jour où j’ai eu la possibilité de l’emmener au parc
des Princes : « Dis, Papa, pourquoi il y a marqué
partout Pepsi alors que les sodas c’est pas bon pour
la santé ? » Je suis resté silencieux, car je n’ai pas
eu le cœur de lui répondre que c’est l’argent qui
dirige le monde…
Ne sous-estimons pas l’impact direct ou indirect
sur la population des publicités, mais aussi des
« influenceurs » très suivis des plus jeunes qui
enchaînent les vidéos sur les réseaux sociaux pour
des marques agroalimentaires. Ces « créateurs de
contenus » sont la version moderne du télé-achat :
ils sont payés des dizaines de milliers d’euros pour
faire l’apologie de la malbouffe, mais version « cool
et sympa ».
L’autre commentaire que je lis souvent sous mes
vidéos est qu’« il faut bien mourir de quelque
chose ». Je suis bien d’accord, et mon propos ne
vise pas à vous faire vivre jusqu’à 107 ans. Mon
objectif est de vous faire vivre le plus longtemps
possible en bonne santé. Au fil des chapitres,
j’espère vous aider à trouver des outils pour mieux
vous alimenter et vous convaincre que l’alimenta-
tion sera, que vous soyez un homme ou une
12
Retrouver ce titre sur [Link]
Introduction
femme, jeune ou plus âgé, en bonne santé ou
malade, la clé. Pour être tout à fait honnête, je
voulais appeler ce livre « Vous êtes ce que vous
mangez » car j’en ai l’intime conviction, mais je
trouvais ce titre un peu trop culpabilisant et dans
l’injonction. Je lui ai préféré : « Je mange bien, je
vais bien », qui colle parfaitement à la philosophie
de vie que j’aimerais vous transmettre.
Retrouver ce titre sur [Link]
Retrouver ce titre sur [Link]
1
Résister au sucre
Résister aux aliments gras, sucrés et salés est
contre nature. Imaginez une pizza croustillante qui
sort tout juste du four, sur laquelle sont disposés
vos ingrédients favoris. Pour ma part, j’ai un gros
faible pour la pizza au thon. C’est même ma pizza
préférée, au point qu’à la simple écriture de ces
lignes, j’en ai déjà envie. Résister à une bonne
pizza, c’est comme retenir sa respiration ou ne plus
cligner des yeux : tôt ou tard, on craque. Rien de
plus normal, c’est une pulsion biologique. Nous
sommes en effet programmés pour adorer les ali-
ments très denses en termes de calories.
Programmés pour aimer le sucre
Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi le fruit pré-
féré des bébés et des enfants était la banane plutôt
que la myrtille ? Pourquoi ils préfèrent les carottes aux
courgettes ? Les pommes de terre aux haricots verts ?
15
Retrouver ce titre sur [Link]
Je mange bien, je vais bien
Ce n’est pas qu’une question de goût, c’est aussi et
surtout une affaire de calories. Nous sommes naturel-
lement programmés pour survivre et lutter contre la
famine ; il est donc logique que nous aimions bur-
gers, pizzas, chips, gâteaux et confiseries, et que nous
ne raffolions pas toujours de salade, brocolis, radis,
choux ou encore asperges. Et ça, les industriels l’ont
bien compris. Ils exploitent nos vulnérabilités biolo-
giques en utilisant tout ce que la chimie crée de pire
pour concocter des bombes caloriques grasses et
sucrées à moindre coût : ils modifient les sucres,
détruisent les fibres ou dénaturent le gluten. Leurs
objectifs : l’addiction et la rentabilité.
Nous sommes donc tous programmés pour être
addicts au sucre. Pas au Coca-Cola, au Nutella ou
aux Pim’s orange, mais bien au sucre et au gras.
Placez dans un appareil d’IRM des personnes souf-
frant d’addiction alimentaire et montrez-leur un
milk-shake au chocolat : les mêmes zones du cer-
veau que celles des cocaïnomanes à qui on montre
une vidéo d’individus consommant de la drogue
s’activeront. Procédez à la même expérience avec
des patients dépendants à l’alcool à qui l’on fait
sentir l’odeur du whisky et là encore les zones du
cerveau qui réagiront seront les mêmes.
Alors difficile d’arrêter d’en consommer…
Je le répète et je le martèle : nous sommes pro-
grammés pour être addicts au sucre. J’ai moi-même
16
Retrouver ce titre sur [Link]
Résister au sucre
connu une période d’addiction au sucre et il
m’arrive, de temps à autre, de replonger. À une
époque, je mangeais sans trop y réfléchir des chips,
des barres chocolatées et buvais régulièrement des
boissons sucrées gazeuses. Or, comme pour tous les
toxiques, c’est la dose qui fait le poison. J’ai ouvert
enfin les yeux lorsque j’ai commencé à m’intéresser
à l’alimentation et à comprendre que chaque ali-
ment que je mettais dans ma bouche était le carbu-
rant qui me permettait d’avancer. Comme dans
n’importe quel véhicule, si vous mettez du mauvais
carburant, vous risquez la panne moteur à tout
instant. J’ai donc changé de style de vie et réduit
au strict minimum ces aliments sucrés.
Quand je dis strict minimum, je sous-entends
que je n’ai pas totalement arrêté le sucre. Il y a des
moments dans l’année où je dors moins bien, où
je suis plus stressé, plus fatigué et où mon alimen-
tation devient erratique. Désormais, je m’en rends
compte très vite et je ne laisse jamais plus de deux
semaines avant de réagir. J’accepte cependant de
moins bien manger durant quelques jours ; ils font
partie d’un cycle, l’idée étant de ne pas faire durer
ce cycle trop longtemps au risque qu’il
(re)devienne une mauvaise habitude. L’erreur la
plus fréquente est de se dire : « J’arrête tout, plus
de sucre, plus de gâteau, jamais. » Cette stratégie
du 100 % est vouée à l’échec. Le problème que
pose le sucre n’est pas d’en consommer ou non,
mais de comprendre pourquoi on en a une envie
17
Retrouver ce titre sur [Link]
Je mange bien, je vais bien
irrépressible quand on se sent moins bien morale-
ment. Il y a autant de personnes en surpoids et
obèses que d’explications à leurs problèmes de
poids : tant que ne sera pas identifié le facteur qui
les pousse à manger plus, elles n’arriveront pas à y
remédier. Nous sommes, je vous le rappelle, déter-
minés biologiquement pour être attirés par le
sucre, tous exposés aux mêmes publicités et aux
rayons remplis de malbouffe des supermarchés où
nous faisons nos courses, pourtant nous n’y
sommes pas tous addicts. L’addiction naît d’un
événement.
Trouver le facteur déclenchant
Lequel ? C’est toute la problématique à résoudre.
Lorsque nous avons un coup de mou, nous consta-
tons tous que nous ne sommes plus armés pour
résister au sucre. Si nous dormons mal ou peu,
nous avons des envies de sucre. Si nous sommes
stressés, nous avons envie de trouver du réconfort
dans l’alimentation. Si nous sommes d’humeur
triste, nous avons envie de sucrerie… J’ai eu la
chance de travailler à la radio en matinale sans
jamais devoir me réveiller très tôt. Je me lève aux
alentours de 6 heures, 6 h 30, ce qui représente
ma limite physiologique. En revanche, je plains très
fort mes petits camarades dont le réveil sonne pour
certains aux alentours de 2 ou 3 heures du matin.
Ils vivent donc en horaires décalés, accumulent du
18
Retrouver ce titre sur [Link]
Résister au sucre
sommeil en moins et sont très stressés. Par consé-
quent, il leur est quasi impossible de résister aux
magnifiques croissants ou pains au chocolat que la
maison leur offre généreusement tous les matins…
Alors, avant de changer votre régime alimentaire
et de partir à la chasse au sucre, tentez d’identifier
un ou plusieurs facteurs qui pourraient contribuer
à votre addiction au sucre. Je ne dis pas que c’est
simple ou facile, mais ce temps de réflexion vaut
la peine car, une fois la cause du problème identi-
fiée, vous pourrez y travailler.
Ne plus culpabiliser et faire du mieux
qu’on peut
Cette notion est extrêmement importante car
elle permet de balayer d’un revers de main l’hypo-
thèse selon laquelle les personnes obèses seraient
responsables de leur surpoids. Les personnes obèses
le sont car elles ont une certaine prédisposition
génétique, qu’elles sont confrontées à l’omnipré-
sence d’aliments de mauvaise qualité et qu’elles
ont, pour certaines, un facteur psychologique qui
les rend plus vulnérables.
S’il fallait résumer, je dirais qu’avant de suppri-
mer les mauvais aliments sucrés de votre hygiène
alimentaire, mieux vaut trouver la raison pour
laquelle vous les consommez. Vous pourrez
ensuite, avec un professionnel de santé, travailler
sur la façon d’y remédier. Le sucre n’est que la
19
Retrouver ce titre sur [Link]
Je mange bien, je vais bien
dernière partie de l’équation. Si vous voulez en
réduire votre appétence, comprenez pourquoi vous
y êtes accro.
Le supprimer définitivement en première inten-
tion n’est pas la solution. D’ailleurs, tous les sucres
ne se valent pas et notre corps en a besoin pour
fonctionner, nous y reviendrons dans un autre cha-
pitre. La question centrale de la consommation de
sucre est plutôt la quantité et la qualité, car, je ne
cesserai de le répéter, tout aliment mis en bouche,
avalé, digéré exercera une influence positive ou
négative sur votre santé physique ou mentale.
L’astuce à emporter
Plutôt que de tenter le « zéro sucre » souvent
voué à l’échec, identifiez les événements qui
vous donnent envie d’aliments sucrés. Vous
aurez fait le plus difficile pour vous sevrer
définitivement du sucre.
Retrouver ce titre sur [Link]
2
Grignoter l’estomac plein
Le grignotage est l’habitude alimentaire qui a le
plus d’impact négatif sur notre santé mais égale-
ment sur notre poids : les personnes qui grignotent
ne comprennent pas pourquoi elles sont tout le
temps fatiguées, stressées, plus susceptibles d’attra-
per une infection virale, de développer des mala-
dies chroniques et plus en surpoids que les autres.
Il n’y a rien de pire que de grignoter ; désormais,
tout le monde, ou presque, le sait. En revanche,
très peu de personnes savent qu’il vaut mieux gri-
gnoter l’estomac plein. Contre-intuitif ? Dérou-
tant ? Vous allez comprendre.
Quand le piège se referme
Dans la plupart des cas, les personnes obèses ont
tendance à grignoter. Mais surtout, elles ne prennent
pas de vrais repas : elles sont dans une forme de
d’autopunition qui consiste à sauter parfois un repas
21
Retrouver ce titre sur [Link]
Je mange bien, je vais bien
ou à ne pas manger à leur faim. Elles finiront donc
par grignoter durant la journée ou la nuit pour com-
bler leur faim tout à fait légitime. Elles n’auront pas
pris le temps de s’asseoir à table dans de bonnes
conditions mais auront mangé un gâteau industriel,
un bonbon ou une barre chocolatée – je suis volon-
tairement caricatural.
Au total, sur la journée, je suis persuadé que ces
personnes auront avalé en quantité moins qu’une
personne lambda, mais tous ces aliments sucrés
seront directement stockés, favorisant la prise de
poids et détériorant leur microbiote. C’est la raison
pour laquelle grignoter appauvrit la flore intesti-
nale, en la privant notamment de fibres mais aussi
de tout ce que la nature vous offre comme bonnes
bactéries, le microbiote ne sélectionnant que celles
qui favorisent le stockage des calories. À terme, le
grignotage nous fera donc prendre du poids. Il faut
donc le limiter. Comment ? Allons plus loin.
Pas de sucre l’estomac vide
Mon dessert préféré est le flan. J’en mange régu-
lièrement et sans culpabilité. En revanche, vous ne
me verrez jamais en acheter un à 16 heures pour
le goûter : je le consommerai toujours en fin de
repas. Il n’y a rien de pire que de consommer un
aliment sucré l’estomac vide. Donc un flan
consommé à 13 heures, 16 heures ou 19 heures
n’aura pas le même impact sur notre poids.
22
Retrouver ce titre sur [Link]
Grignoter l’estomac plein
Lorsque vous mangez un aliment très sucré
l’estomac vide, le sucre va très rapidement être
absorbé et intégré dans la circulation sanguine. Cet
afflux massif de sucre est suivi d’un pic d’insuline
afin de maintenir une glycémie stable. L’organisme
utilise ensuite le sucre dont il a besoin pour fonc-
tionner, mais le foie stocke le surplus sous forme de
réserve qu’on appelle du glycogène. En cas d’efforts
prolongés ou de jeûne, le glycogène est mobilisé
et transformé en sucre pour assurer les fonctions
normales de l’organisme.
Voilà pour la théorie. Mais, en pratique, nos petits
grignotages n’ont aucun intérêt d’un point de vue
physiologique : ils ne sont pas utiles à l’organisme qui
a déjà de quoi fonctionner correctement, donc ils
sont immédiatement stockés, favorisant la prise de
poids, mais aussi une fatigue assez marquée. Le pic
d’insuline, qui a donc pour rôle de bloquer le pic de
glycémie, a pour conséquence de faire baisser rapide-
ment notre taux de sucre et nous fait passer en
« hypoglycémie relative ». En clair : si on prenait
notre taux de sucre au moment où nous nous sentons
fatigués ou lorsque nous avons faim, il serait totale-
ment normal. Pourtant, nous pourrions malgré tout
ressentir tous les symptômes de l’hypoglycémie,
notamment avoir une faim loup. Je constate ce phé-
nomène chez mes enfants lorsqu’ils s’entêtent à ne
pas m’écouter et à prendre un petit déjeuner trop
sucré le week-end. Dès 10 ou 11 heures, ils se
plaignent déjà d’avoir « très faim » ! Je suis certain que
vous voyez ce que je veux dire : n’avez-vous jamais
23
Retrouver ce titre sur [Link]
Je mange bien, je vais bien
eu cette sensation de grande faim vers 11 heures si le
matin vous avez cédé à la tentation d’une viennoiserie
avec votre café ?
Du beurre sous la confiture
Pour éviter l’effet boomerang de la prise de sucre,
il est important de l’accompagner d’un aliment qui,
à la manière d’un coussin, viendrait absorber le
choc. C’est pour cette raison qu’on recommande par
exemple d’ajouter du beurre sur une tartine avec de
la confiture – et pas seulement parce que c’est déli-
cieux ! En effet, le beurre est une source de graisse,
qui, lorsqu’il est consommé avec des glucides
comme ceux présents dans la confiture, freine le pro-
cessus de digestion et d’absorption du sucre dans le
sang. Les graisses ralentissent la vidange gastrique,
c’est-à-dire le processus par lequel l’estomac se vide
dans l’intestin, retardant ainsi l’absorption rapide du
glucose dans le sang.
En d’autres termes, le beurre, en ralentissant la
digestion des glucides présents dans la confiture,
réduit les pics rapides de glycémie.
Enfibrer le sucre
Le fructose, sucre simple d’origine naturelle, est
présent en grande quantité dans les fruits. Or le fruc-
tose d’une pomme ne posera jamais de problème à
24
Retrouver ce titre sur [Link]
Grignoter l’estomac plein
notre métabolisme ou à notre santé en général. À
l’inverse, à quantité équivalente, le fructose utilisé
par les industriels de l’agroalimentaire dans les pro-
duits ultratransformés favorisera surpoids et mala-
dies chroniques.
La raison est simple : la pomme est naturelle-
ment riche en fibres, qui lui donnent sa structure
rigide – alors qu’il s’agit d’un fruit composé à plus
de 90 % d’eau ! Les fibres présentes dans la
pomme, dans les fruits et les légumes d’une façon
générale, mais aussi dans les légumineuses ou les
céréales complètes, forment, lorsqu’elles sont
mélangées à l’eau dans le tube digestif, un gel qui
ralentit la digestion des glucides en les emprison-
nant, retardant ainsi leur conversion en glucose,
c’est-à-dire en sucre, et évitant donc l’élévation
rapide du taux de glucose dans le sang. Le pic de
glycémie qui se produit lorsque nous ingérons des
aliments riches en sucres simples est alors remplacé
par une réponse glycémique plus stable, l’absorp-
tion du glucose étant étalée sur une période plus
longue. C’est pourquoi il est indispensable de ne
jamais grignoter l’estomac vide.
Mais revenons à mon flan : pour éviter le pic
glycémique, je vais donc le déguster en fin de repas
plutôt que le ventre vide au goûter. Et j’ajoute tou-
jours au pain au chocolat de mes enfants un fruit
ainsi qu’un produit laitier, comme un yaourt
nature ou un verre de lait. Je pourrais multiplier les
exemples à l’infini, le principe est toujours simple :
envelopper les sucres de fibres pour limiter les pics
25
Je mange bien, je vais bien
glycémiques responsables de prises de poids,
d’inflammations et de fatigue.
Optez pour des goûters variés
Outre d’éviter les pics glycémiques, l’autre inté-
rêt d’un goûter dans lequel un aliment sucré est
associé à un fruit et un laitage est que vous avalerez
moins de mauvaises calories tout en mangeant en
plus grande quantité.
Je vous explique : il est assez facile de grignoter
toute la journée, de manger un gâteau par-ci, un
autre par-là, et, sans s’en rendre compte, d’ingurgi-
ter une très grande quantité de calories absolument
inutile sans avoir eu l’impression de manger.
À l’inverse, si, à 16 heures, nous prenons un en-
cas comprenant un petit gâteau avec une pomme,
quelques amandes, une boisson chaude comme
une infusion et pourquoi pas un yaourt, nous
aurons fait ce que je considère comme un goûter
de roi : non seulement nous aurons fait le plein de
bons nutriments – d’oméga 3 avec les amandes, du
calcium et des protéines avec le lait, des fibres avec
la pomme –, mais en plus nous éprouverons une
certaine sensation de plaisir à nous être accordé un
gâteau. Et, le lendemain, peut-être que nous nous
abstiendrons de dévorer le gâteau tout en conser-
vant le yaourt, avec, pourquoi pas, une pointe de
miel ?
26