Fertilité des sols et apports organiques en Suisse
Fertilité des sols et apports organiques en Suisse
Matériel et méthodes
Descriptif de l’essai
L’essai a débuté en 1997 à Changins (VD, 430 m). Les
principales caractéristiques physico-chimiques du sol
sont présentées dans le tableau 1.
Travail superficiel du sol avec un cultivateur. (Photo: P. Vullioud) Les rotations font alterner cultures de printemps et
cultures d’automne. D’une durée de 5 à 6 ans, elles sont
de 60 à 70 % céréalières avec du colza en tête de rota-
tion. Les pailles de céréales sont systématiquement
Introduction récoltées alors que celles de maïs (en 2000 et 2005) et de
L’agriculture intensive des exploitations sans bétail occa- Tableau 1 | Caractéristiques principales physico-chimiques du sol en
sionne une diminution de la matière organique des sols si 1992 et des engrais de ferme (concentrations totales moyennes de
1997 à 2008). Les valeurs entre paranthèse représentent les écart-
aucune mesure palliative n’est prise. En revanche, pour les
types
exploitations avec bétail, le problème réside davantage
dans la meilleure valorisation possible de l’importante Fumier Lisier dilué
quantité d’engrais de ferme générée. En Suisse, ces deux (kg t-1 de (kg m-3 de
Sol
matière matière
types d’exploitations occupent en général des régions dis- fraîche) fraîche)
tinctes, voire éloignées les unes des autres. Le transfert Type de sol Brun lessivé N 4,59 (3,74) 1,43 (0,74)
des engrais de ferme excédentaires vers les exploitations
Argile (%) 23 N-NH4 0,25 (0,22) 0,83 (0,34)
sans bétail est donc difficile, même si l’application web
Sable (%) 36 P 1,33 (1,38) 0,23 (0,16)
HODUFLU développée par l’OFAG en simplifie et en har-
monise la gestion administrative (OFAG 2010). pH-H2O 7,9 K 5,83 (5,75) 1,70 (0,61)
La réduction du travail du sol et l’apport d’engrais de MO (%) 2,05 Ca 4,56 (7,38) 0,63 (0,50)
ferme sont des techniques connues pour leurs impacts P-AAE (mg kg-1) 132 Mg 0,89 (0,81) 0,22 (0,16)
positifs sur le stockage de la matière organique dans les K-AAE (mg kg -1)
198
sols agricoles (Lal 2009). Cependant, se pose la question
Profondeur 70–100
de leur capacité à entretenir la fertilité des sols et à ali- utile (cm)
menter les cultures dans les conditions suisses. Dans un
Analyses effectuées selon les méthodes de référence des Stations de recherche
essai de longue durée, Vullioud et al. (2006) ont étudié A groscope (Stations de recherche ART & ACW, 2011)
colza (en 1997, 2003 et 2008) sont restituées au sol. Après Un essai conduit à Changins de 1997 à 2009 a
la récolte de la culture précédente, un déchaumage étudié les effets combinés de la nature des
Résumé
superficiel (10 à 15 cm) est effectué au cultivateur sur engrais (NPK, fumier + NPK et lisier + NPK),
l’ensemble des traitements. Avant le semis, un deuxième du fractionnement des apports de fumier
travail du sol est effectué au cultivateur ou à la charrue (tous les ans ou tous les trois ans) et du
selon les procédés (tabl. 2). Enfin, le sol est repris à la travail du sol (labour ou pseudo-labour)
herse rotative pour le semis. associés à deux doses d’azote (100 ou 60 %
Le dispositif expérimental est un split-plot compor- de la dose optimale) sur la fertilité du sol et
tant cinq procédés et deux sous-procédés avec quatre la production de matière sèche des cultures.
répétitions (tabl. 2). Les 40 parcelles unitaires mesu- Les composantes de la fertilité du sol,
rent chacune 63 m². Les effets directs des engrais de analysées après douze ans d’essai, ne
ferme (Ryser et al. 1987) sont déduits pour déterminer différent pas entre les sous-procédés de
la quantité de l’azote (N) minéral qu’il reste à apporter fertilisation azotée, et seules les teneurs en
selon les différents traitements (tabl. 3). Les apports matière organique et en azote total du sol
phospho-potassiques totaux (minéraux et organiques) varient significativement entre les procédés.
ne sont pas limitants. La fumure minérale est basée sur En conditions de fumure azotée non limi-
les normes en vigueur, en tenant compte de la valeur tante, les cultures, dans les procédés avec
fertilisante des restitutions de pailles, du fumier et du engrais de ferme, produisent significative-
lisier (Ryser et al. 1987). Les apports moyens en N, P et ment plus de matière sèche que les cultures
K des différents traitements sont présentés dans le du procédé avec engrais minéraux seuls. Une
tableau 3. sous-fertilisation azotée couvrant 60 % des
besoins provoque une baisse de production
Mesures et analyses statistiques de 7 à 13 % selon les procédés. En absence
Les teneurs totales en N, P, K, Ca et Mg du fumier et du d’apports d’engrais de ferme, la réduction du
lisier sont déterminées tous les ans avant leur épandage travail du sol permet de maintenir le stock de
(tabl. 1). En 2009, le sol est analysé sur les vingt premiers matière organique du sol, mais devrait être
centimètres (tabl. 4). La quantité totale de matière sèche accompagnée d’un renforcement de la
aérienne (MS) des cultures (grains et pailles) est mesurée fumure azotée. Le fractionnement du fumier
chaque année à la récolte. La teneur en N de la MS est en de faibles doses annuelles n’améliore pas
analysée chaque année de 1998 à 2008. l’efficience du fumier.
Procédé Sous-procédé
Dose et fractionnement
Abréviation Travail du sol Nature des engrais apportés Abréviation Fertilisation azotée
des engrais de ferme
Pseudo-labour: cultivateur à N100 Besoins± en azote
EminPL Engrais minéraux NPK Pas d’apport couverts en totalité
10 – 15 cm
par les apports orga-
36 t ha-1 tous les 3 ans niques et/ou miné-
Pseudo-labour: cultivateur à Fumier† de bovins en stabulation
Fu3PL (en 1997, 2000, 2003 et raux
10 – 15 cm libre et engrais minéraux NPK
2006)
Pseudo-labour: cultivateur à Fumier† de bovins en stabulation
Fu1PL 12 t ha-1 tous les ans
10 – 15 cm libre et engrais minéraux NPK
Fumier† de bovins en stabulation
Fu1La Labour classique à 20 – 25 cm 12 t ha-1 tous les ans
libre et engrais minéraux NPK
N60 Besoins± en azote
couverts à 60 % par
Pseudo-labour: cultivateur à Lisier‡ de bovins dilué et engrais les apports orga-
Li1PL 22 m3 ha-1 tous les ans
10 – 15 cm minéraux NPK niques et/ou miné-
raux
†
Epandu sur sol nu avant la mise en place de la culture.
‡
Epandu sur sol couvert par la culture. Le lisier est dilué avec les eaux de lavage (équivalent à une dilution 1:1).
±
Déterminés selon la méthode des normes corrigées (Ryser et al. 1987).
Tableau 3 | Quantités moyennes (kg ha -1 an -1) d’éléments fertilisants apportés par les engrais chimiques et/ou organiques dans les procédés
et les sous-procédés de 1997 à 2008
N P K
Procédé Sous-procédé
Chimique† Organique Chimique‡ Organique Chimique‡ Organique
N100 132 0 26 0 70 0
EminPL
N60 78 0 26 0 70 0
N100 108 51 14 13 27 67
Fu3PLN
N60 63 51 14 13 27 67
N100 103 59 10 17 22 70
Fu1PLN
N60 62 59 10 17 22 70
N100 103 56 9 18 22 73
Fu1LaN
N60 62 56 9 18 22 73
N100 112 31 26 5 58 37
Li1PLN
N60 70 31 26 5 58 37
†
Nitrate d'ammoniaque épandu sur culture en deux ou trois apports.
‡
Superphosphate et sel de potasse épandus en un apport avant semis sur culture d’été et juste avant le premier apport azoté sur les autres cultures.
Tableau 4 | Effet des procédés et des sous-procédés sur la fertilité du sol en 2009
†
L es analyses P total et organique sont réalisées selon la méthode de Saunders et Williams (1955); toutes les autres analyses sont effectuées selon les méthodes de référence
des stations de recherche Agroscope (Stations de recherche ART & ACW, 2011).
Les lettres majuscules différentes au sein d’une même ligne indiquent des moyennes significativement différentes au seuil de 5 % selon le test de Fisher, les lettres minuscules
différentes au sein d’une même ligne indiquent des moyennes significativement différentes au seuil de 5 % selon le test de Fisher.
80 80
60 60
b)
a) b)
témoin)
120 120
sèche
la matière
en N de matière
100 100
totaletotale
80 80
EminPL EminPL
Quantité
Fu3PL Fu3PL
Fu1PL Fu1PL
Teneur
60 Fu1La 60 Fu1La
Li1PL Li1PL
1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008
b) Année Année
Teneur totale en N de la matière sèche (% témoin)
140
Figure 1 | Effet des procédés sur l’évolution a) de la quantité totale de matière sèche aérienne et b) de la teneur totale en N des plantes.
Les résultats sont exprimés en pourcentage du témoin EminPL N100. Les barres verticales représentent les plus petites différences signifi-
catives
120 au seuil de 5 % (PPDS).
100
Tableau 5 | Effet des procédés et des sous-procédés sur la quantité Par contre, l’apport de MO-fraîche dans les procédés
totale de matière sèche aérienne et sur les teneurs en N, P, K, Mg et avec engrais de ferme entraîne des teneurs en N-total et en
Ca des plantes. Les valeurs correspondent aux valeurs moyennes
MO du sol plus élevées que dans le procédé EminPL. Cepen-
sur la période indiquée et sont exprimées en pourcentage du té-
dant, il faut noter qu’en l’absence d’engrais de ferme, le
moin EminPL N100
pseudo-labour (EminPL) permet de conserver la teneur en
Quantité totale Teneur totale en MO du sol de départ (2,03 en 2009 contre 2,05 % en 1997).
Sous-procédé Procédé de matière N de la matière Les variations des teneurs en MO du sol en fonction de la
sèche aérienne sèche
nature des engrais appliqués semblent influencer positi-
EminPL 100 b 100 ab
vement le potentiel de production de matière sèche.
Fu3PL 107 a 97 b
Ladha et al. (2003) ont également noté que l’utilisation
N100 Fu1PL 107 a 99 ab continue d’engrais minéraux seuls provoque une baisse
Fu1La 107 a 98 b des rendements, tandis que l’utilisation d’engrais de
Li1PL 110 a 102 a ferme combinée à une fertilisation minérale NPK adé-
EminPL 91 e 89 c quate les maintient suite à l’amélioration du stock de C
Fu3PL 95 cde 89 c organique et des propriétés physiques du sol. Les apports
N60 Fu1PL 93 de 85 d minéraux plus diversifiés des engrais de ferme (N, P, K,
Fu1La 99 bc 87 cd Ca, Mg, éléments traces) ont pu également influencer
Li1PL 97 bcd 88 cd positivement le potentiel de production.
Résultats de l'analyse de variance selon:
Procédés *** ns Effets comparatifs du fumier et du lisier
Procédés* Le lisier, facilement dégradable, présente un moindre
ns *
sous-procédés effet sur le stockage de MO dans le sol que le fumier
Procédés* années *** *** (Triberti et al. 2008). Pourtant, dans notre essai, les
Procédés* sous- teneurs en MO et en N-total du sol sont comparables
ns ns
procédés* années dans Li1PL et Fu1PL. Ceci est d’autant plus surprenant
sous-procédés* *** *** que les parcelles avec lisier ont reçu moins de N orga-
années *** *** nique que les parcelles avec fumier (tabl. 3). La moindre
Sous-procédés* humification du lisier peut-être compensée par de plus
*** ***
années
fortes restitutions par les résidus de culture dans Li1PL
* Effet significatif au seuil de 5 % ; en raison d’une production de MS supérieure, et/ou une
** effet significatif au seuil de 1 % ;
*** effet significatif au seuil de 0,1 %; vitesse de minéralisation de la MO du sol inférieure. Au
ns: non significatif.
final, dans les conditions de l’essai, l’apport de 12 t ha-1
Des lettres minuscules différentes au sein d’une même colonne indiquent des
moyennes significativement différentes au seuil de 5 % selon le test de Fisher. an-1 de fumier ou de 22 m3 ha-1 an-1 de lisier présente le
même effet sur le stockage de la MO dans le sol.
Tableau 6 | Effet du fractionnement du fumier sur la quantité totale de matière sèche aérienne et sur la teneur en N en fonction du nombre
d’années depuis le dernier apport sur Fu3PL. Les résultats sont exprimés en pourcentage du témoin EminPL N100
Des lettres minuscules différentes au sein d’une même colonne indiquent des moyennes significativement différentes au seuil de 5 % selon le test de Fisher.
sai ont permis de confirmer l’effet positif du non-labour fertilisation azotée sur la teneur en MO n’a été constaté;
(comparaison des procédés Fu1La et Fu1PL) sur le stoc- les sous-procédés de fertilisation azotée étaient toute-
kage de MO et de N-total dans le sol. Parallèlement, fois moins contrastés que dans l’essai de Vullioud et al.
nous observons une réponse des cultures à la fertilisa- (2006). De nombreuses études menées aux Etats-Unis et
tion N significativement plus faible dans les parcelles répertoriées par Khan et al. (2007) montrent également
labourées. Ce résultat indique vraisemblablement une un faible effet de la fertilisation N sur le stockage du C
offre en N du sol plus importante dans le procédé avec dans le sol. Ce résultat peut s’expliquer par une augmen-
labour. En effet, en non-labour la MO est mieux proté- tation de l’activité des microorganismes (Khan et al.
gée dans les agrégats de sol, ce qui induit une baisse du 2007) et/ou par l’accumulation de formes organiques
pourcentage du N-total minéralisé (Balesdent et al. plus labiles (Stevens et al. 2005).
2000). Lorsque le sol n’est plus labouré, il est ainsi sou-
vent conseillé de renforcer la fumure azotée pendant les Interaction entre procédés et années non négligeable
premières années de transition (Thomas 2007). Dans l’es- Les effets du labour sur la production de MS varient
sai d’Oberacker en Suisse (BE), Chervet et al. (2007) pré- selon le contexte climatique ou cultural (fig. 1a). En 2000,
conisent de renforcer la fumure azotée en semis direct le labour a été défavorable à la production de MS alors
pendant les cinq à sept premières années de la transition. qu’en 2003 et 2008, l’effet inverse est observé. Le labour
Nos résultats semblent indiquer que la fumure azotée effectué en conditions trop humides en 2000 semble
doive être renforcée au moins pendant les douze pre- être la cause de la chute significative de la production
mières années de transition lorsque le cultivateur rem- observée dans le procédé Fu1La (fig. 1a). Un lit de
place la charrue. semence plus fin sous labour pourrait, par contre, expli-
quer les meilleurs résultats de cette technique pour le
Effet de la fertilisation N sur la teneur en MO du sol colza en 2003 et 2008.
Vullioud et al. (2006) dans une étude menée sur une par- Les effets du fractionnement du fumier (Fu1PL et
celle voisine de cet essai, ont observé un effet positif de Fu3PL) sur l’offre en N du sol varient selon le nombre
la fertilisation azotée sur la teneur en MO du sol. Il est d’années écoulées depuis le dernier apport de fumier
généralement admis que la fertilisation azotée contri- sous Fu3PL (fig. 1a, b). L’année de l’apport, la teneur en
bue à séquestrer du C dans le sol en augmentant la bio- N des plantes en conditions N non-limitantes (sous-pro-
masse des résidus de culture (Khan et al. 2007; Vullioud cédés N100) est plus élevée dans Fu1PL que dans Fu3PL
et al. 2006). Dans cet essai, aucun effet significatif de la (tabl. 6). Ceci résulte vraisemblablement d’une meilleure
Fertilità del suolo e produttività delle Soil fertility and crop productivity:
colture: effetti a medio termine degli medium-term effect of organic inputs
Riassunto
Summary
apporti organici e delle tecniche and simplified cultivation techniques
colturali semplificate The combined effects of the nature of
Gli effetti combinati dei vari tipi di fertilizers (NPK, manure + NPK and
fertilizzanti (NPK, letame più NPK e liquid manure + NPK), fractionation of
liquame più NPK), del frazionamento the manure inputs (every year or every
dell’apporto di letame (annuale o ogni three years) and tillage (plowing and
terzo anno) e la lavorazione del terreno reduced-tillage) associated with two
(aratura o pseudo-aratura), associate a nitrogen rates (100 or 60 % of the
due differenti dosaggi di azoto (100 % optimal dose) on soil fertility and dry
oppure 60 % della dose ottimale) sulla matter production of different crops
fertilità del suolo e la produzione di have been studied from 1997 to 2009 in
sostanza secca delle colture, sono stati Changins. After twelve years of trial,
messi a confronto in una prova a different soil analyses show that
Changins dal 1997 al 2009. Dopo 12 anni nitrogen fertilization had no effect on
di prove, le analisi del suolo hanno soil fertility, only the soil organic matter
evidenziato che la concimazione azotata and total nitrogen contents differed
non ha avuto effetti sulla fertilità del significantly between treatments. In
suolo, per contro i contenuti di materia terms of non-limiting nitrogen fertiliza-
organica e l’azoto totale nel suolo hanno tion, crops treated with manure
riscontrato differenze significative tra i produced significantly more dry matter
procedimenti. Nella variante di apporto than those treated with only inorganic
azotato non limitante, le culture hanno fertilizer. A sub-fertilization with only
prodotto un maggiore quantitativo 60 % of the nitrogen fertilizer needs
significativo di sostanza secca, se causes a decrease in production of
accompagnate da fertilizzanti aziendali 7–13 % according to the treatments. In
rispetto alle varianti con soli fertilizzanti the absence of the manure input,
minerali. Una concimazione di azoto reducing tillage keeps the stock of soil
limitata al 60 % dei bisogni ha provocato organic matter, but should be accompa-
una minore produzione dal 7 al 13 % a nied by a strengthening of nitrogen
dipendenza della procedura applicata. In fertilization. Split manure in annually
assenza di apporti di fertilizzanti low inputs doesn’t increase the manure
aziendali, la riduzione della lavorazione efficiency.
del suolo ha permesso di mantenere il
livello di materia organica del suolo Key words: manure, liquid manure,
inalterata, però dovrebbe essere nitrogen fertilization, tillage, soil
accompagnata da un incremento della organic matter, dry matter production.
concimazione azotata. Dividere letame in
basse dosi annuali non ha migliorato
l’efficienza del letame.