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Urbanisation et inégalités dans les villes du Sud

L'urbanisation croissante dans les pays en développement entraîne des défis majeurs, notamment la paupérisation des populations et la privatisation des services publics, qui creuse les inégalités. Cette dynamique, exacerbée par des politiques néolibérales, favorise les populations riches au détriment des plus pauvres, souvent laissées à recourir à des réseaux informels pour leurs besoins essentiels. Les conséquences de cette privatisation soulignent la nécessité d'un changement de paradigme pour garantir un accès équitable aux services urbains.

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Urbanisation et inégalités dans les villes du Sud

L'urbanisation croissante dans les pays en développement entraîne des défis majeurs, notamment la paupérisation des populations et la privatisation des services publics, qui creuse les inégalités. Cette dynamique, exacerbée par des politiques néolibérales, favorise les populations riches au détriment des plus pauvres, souvent laissées à recourir à des réseaux informels pour leurs besoins essentiels. Les conséquences de cette privatisation soulignent la nécessité d'un changement de paradigme pour garantir un accès équitable aux services urbains.

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Université de Montréal

Analyse et commentaire de texte

Par Clovis Landry, 20273300

Faculté de l’aménagement

École d’urbanisme et d’architecture de paysage

Travail présenté à Monsieur Djibril Diop

dans le cadre du cours URB1115

Urbanisation et mondialisation

27 octobre 2023
Les villes prennent de plus en plus une importance capitale dans l’économie moderne
et la place des différentes nations sur l’échiquier mondiale. D’ailleurs une dynamique
d’urbanisation accélérée peut être observée un peu partout dans le monde. Cette urbanisation
intense est un phénomène spécialement vrai dans les régions en développement et les pays
du Sud. Cette urbanisation entraine avec elle un lot de défis pour accommoder une population
citadine de plus en plus importante. Dans la plupart des régions, l’augmentation de
l’urbanisation se fait dans une paupérisation des populations locales. Aujourd’hui c’est plus
d’un milliard d’individus qui sont confrontés à vivre dans des taudis urbains caractérisés par
des infrastructures et services inadéquats1. C’est dans ce contexte que de nombreuses villes
peinent à assumer le rythme de la croissance et laissent de plus en plus d’emprise aux entités
privées pour assurer un certain développement de leur ville et des infrastructures vitales à
une bonne qualité de vie2. Il sera vu par l’analyse de texte de Brigitte Bertoncello et Sylvy
Jaglin comment cette libéralisation des services entraine avec elle un lot d’injustice et de défi
dans les villes des pays en développement.

Contexte de néolibéralisation

Comme il a été dit précédemment les pouvoirs publics traditionnellement chargés de


fournir un réseau public de différents services comme un approvisionnement à l’eau potable,
l’électricité ou encore un système de transport efficace se voit placer dans une situation ou
une croissance très importante des villes causées par un exode rural et un apport naturel
important vient complètement saturer les réseaux existants. L’État fournissant ces réseaux
par l’entremise d’entreprises publiques nationales se voit remis en question par la déficience
de ces entreprises nationales à fournir des services pour tous au courant des années 1980 dans

1
Banque mondiale. 15 avril 2009. Stratégie de la BM pour les villes. p.5
[Link]
%20Universite%20de%20Montreal/Session%20automne%202023/Urbanisation%20et%20mondialisation/TP
1/Lectures/BANQUE%20MONDIALE%20-
%20Strat%C3%A9gie%20de%20la%20BM%20pour%20les%20villes_Note%20conceptuelle%20(1).pdf.
2
Bertoncello, Brigitte. 2008. Disparités socio-spatiales recomposées et centralités émergentes : les nouvelles
cartes d’une gestion privatiser. Dans Abidjan, Dakar : Des villes à vendre? La privatisation made in Africa
des services urbains. L’Harmattan

2
de nombreux pays en développement. « Les propositions de changement, inspirées par la
supériorité présumée des modèles d’organisation et de management de l’entreprise privée
[…] »3. Toutefois, aucune étude empirique n’a été capable de démontrer que la prise en main
des réseaux publics par l’entreprise privée n’a mené à de meilleurs services et une couverture
plus large spécialement pour les populations les plus pauvres4.

Disparités accrues dans les services

En raison de cette privatisation des services publics, on assiste à un fossé qui se creuse
entre les populations déjà marginalisées et les populations plus nanties. En effet,
contrairement à un fournisseur public, les entreprises sont à la recherche d’un profit et de la
rentabilité dans leurs investissements. « L’intervention ne s’appuie pas sur des principes
d’équité, elle n’est pas destinée à compenser les inégalités de développement observées sur
le territoire urbain. Il s’agit de programmer des actions, d’investir là où la rentabilité est
assurée par une population solvable. »5

La ville devient donc complètement inégalitaire quant à la distribution de ces services


et équipements publics et favorise les populations déjà plus riches laissant une population
pauvre à elle-même.

De plus, même lorsque les pouvoirs publics effectuent une planification urbaine et
dressent des plans d’urbanisme pour assurer des services aux populations marginalisées,
ceux-ci ne sont souvent aucunement respectés. Bien qu’il soit possible de mettre sur papier
de nombreux projets, les budgets limités font souvent en sorte qu’il est impossible de réaliser
ceux-ci. Il en devient d’autant plus improbable que ces projets voient le jour lorsque ce sont
des entreprises privées qui se chargent de la réalisation des projets établis sur les plans
d’urbanismes et demandent un profit coûte que coûte6.

3
Sylvy, Jaglin. 2012. Services en réseaux et villes africaines : l’universalité par d’autres voies?. L’espace
géographique. Tome 41. p.55. [Link]
4
Ibid. p.56
5
Bertoncello, Brigitte. Op. Cit. p.245
6
Ibid. p. 247

3
Développements sans cohérence

Les conséquences de cette privatisation outre la marginalisation de populations déjà


pauvres dans la ville sont une planification urbaine à l'échelle micro-local, c’est-à-dire à une
échelle extrêmement réduite, et un manque de cohérence dans les interventions à l'échelle
métropolitaine.

Comme il a été déjà mentionné, bien qu’il existe des plans d’urbanisme pour une ville
ou même une région métropolitaine, ceux-ci ne sont bien souvent aucunement respectés. Par
leur nature les interventions privées se focalisent dans des secteurs où il y aura une certaine
rentabilité. Ceci résulte en une articulation de services publics sans prise en compte de
l’échelle plus grande qui est celle de la région métropolitaine et contribue à un
dysfonctionnement de la ville7.

Cette tendance à un dysfonctionnement urbain peut être souvent exacerbée par la


compétition que les différentes municipalités peuvent se faire entre eux dans un système
néolibéral décentralisé. « [...], il n’est pas rare de voir un maire porter des projets à l’échelle
de sa commune en contradiction avec les principes généraux de développement de la ville.
»8

Les réseaux clandestins

L’incapacité de l’État à fournir des services publics et des entreprises privées à risquer
leurs marges de profits en résulte à une nécessité pour la population d’obtenir les services
essentiels d’une manière ou d’une autre. De nombreux réseaux non officialisés sont donc
souvent la seule alternative plausible pour les populations des quartiers non desservis. Ces
réseaux sont souvent issus des communautés mêmes qui ne sont pas desservies et ont la
plupart du temps les caractéristiques d’une économie informelle. Ces réseaux

7
Ibid. p. 246
8
Ibid. p. 246

4
communautaires permettent de rendre les taudis et quartiers illégaux habitables tout en
fournissant une certaine activité économique à ces quartiers9.

La privatisation des services comme agent de la mondialisation

En somme, il aura été vu que c’est en raison d’un changement de paradigme quant
aux services urbains au courant des années 1980 que les pays du Sud ont laissé de plus en
plus de place aux entreprises privées. Il est indéniable que ce changement s’est fait dans un
courant de néolibéralisation à l’échelle de la planète en laissant de plus en plus de place à
l’entreprise privée dans toutes les sphères de l’économie.

Des acteurs mondiaux comme la Banque Mondiale ont contribué à cette privatisation
en attachant de nombreuses ficelles aux prêts et investissements qu’ils ont faits aux pays en
développement. Cette organisation a investi massivement pour que ceux-ci deviennent des
économies viables axées sur une entreprise privée forte10.

Toutefois, ce virage vers l’entreprise privée dans les services offerts aux populations
ne s’est pas fait sans que de nombreuses populations soient oubliées, souvent situer dans des
quartiers illégaux et déjà marginalisés. Les conséquences de ce virage se font encore ressentir
dans les villes du Sud ou la disparité entre les quartiers aisés et les plus pauvres sont
flagrantes. Les populations des quartiers illégaux se tournant vers des systèmes
d’approvisionnement illégaux et informels pour répondre à leurs besoins.

Avec une urbanisation qui ne cesse de croitre dans de nombreux pays en


développement, il sera intéressant de voir si un changement de paradigme aura lieu quant à
fournir des services de manière plus équitable ou si les disparités socio-économiques

9
Sylvy, Jaglin. Op. Cit. p. 63
10
Osmont, Annick. 1985. La banque mondiale et les politiques urbaines nationales. Politiques africaines.
p.66. [Link]
%20Universite%20de%20Montreal/Session%20automne%202023/Urbanisation%20et%20mondialisation/TP
1/Lectures/OSMONT%20A.%20(1995).%20Lajustement%[Link]

5
engendrées par une inaccessibilité à des services urbains pour les populations pauvres
continueront pour créer une société où la mobilité sociale serait chose du passé.

Les deux textes utilisés dans cette analyse de la tendance à la privatisation des services
urbains arrivent bien à faire mettre en lumière les disparités sociales qui peuvent surgir
lorsque cette privatisation prend place. Toutefois, bien qu’il soit facile de mettre en lumière
la problématique et la dénoncer, manquant d’autre recours, les gouvernements des villes du
Sud se voient dans une position très fâcheuse quant à la gestion de fonds très limité pour
l’administration de la ville et sont bien souvent placer dans des situations qui les obligent à
avoir recours aux entreprises privées. Il aurait été intéressant de voir ce que les auteurs
auraient à proposer comme modèle alternatif à celui existant.

6
Bibliographie

Banque mondiale. 15 avril 2009. Stratégie de la BM pour les villes. p.5


[Link]
%20Universite%20de%20Montreal/Session%20automne%202023/Urbanisation%20et%20
mondialisation/TP1/Lectures/BANQUE%20MONDIALE%20-
%20Strat%C3%A9gie%20de%20la%20BM%20pour%20les%20villes_Note%20conceptuel
le%20(1).pdf.

Bertoncello, Brigitte. 2008. Disparités socio-spatiales recomposées et centralités


émergentes : les nouvelles cartes d’une gestion privatiser. Dans Abidjan, Dakar : Des villes
à vendre? La privatisation made in Africa des services urbains. L’Harmattan

Osmont, Annick. 1985. La banque mondiale et les politiques urbaines nationales. Politiques
africaines. p.66. [Link]
%20Universite%20de%20Montreal/Session%20automne%202023/Urbanisation%20et%20
mondialisation/TP1/Lectures/OSMONT%20A.%20(1995).%20Lajustement%20structurel.p
df

Sylvy, Jaglin. 2012. Services en réseaux et villes africaines : l’universalité par d’autres
voies?. L’espace géographique. Tome 41. p.55. [Link]
[Link].

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