Introduction aux probabilités et statistiques
Introduction aux probabilités et statistiques
A. Perrut
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Chapitre 1
Le modèle probabiliste
1.1 Introduction
Les probabilités vont nous servir à modéliser une expérience aléatoire, c’est-à-dire
un phénomène dont on ne peut pas prédire l’issue avec certitude, et pour lequel on décide
que le dénouement sera le fait du hasard.
Exemples :
- l’enfant à naı̂tre sera une fille,
- l’équipe de l’OL va battre l’OM lors du prochain match qui les opposera,
- le dé va faire un nombre pair.
La première tâche qui vous attend est de décrire les différentes issues possibles de
cette expérience aléatoire. Puis on cherche à associer à chacune de ces éventualités un
nombre compris entre 0 et 1 qui mesure la chance qu’elles ont de se réaliser. Comment
interpréter/fixer ce nombre, appelé probabilité ? Il existe plusieurs manières de voir.
- Proportion :
On lance un dé. Quelle est la probabilité de A=”obtenir un chiffre pair”? Chaque face du
dé a la même chance, et il y en a 6. Quant aux chiffres pairs, ils sont 3. D’où, intuitivement,
P (A) = 63 = 1/2.
- Fréquence :
Un enfant est attendu. Quelle est la probabilité que ce soit une fille ? On a observé un
grand nombre de naissances. Notons kn le nombre de filles nées en observant n naissances.
Alors
kn
P (fille) = lim
n→+∞ n
5
6 CHAPITRE 1. LE MODÈLE PROBABILISTE
Attention aux valeurs des probabilités ! Elles sont choisies de manière arbitraire par le
modélisateur et il faut les manipuler avec soin.
On étudie une expérience aléatoire. L’espace des possibles ou univers décrit tous
les résultats possibles de l’expérience. Chacun de ces résultats est appelé événement
élémentaire. On note souvent l’espace des possibles Ω et un résultat élémentaire ω. Un
événement est un sous-ensemble de Ω, ou une réunion d’événements élémentaires. On dit
qu’un événement est réalisé si un des événements élémentaires qui le constitue est réalisé.
Les événements sont des ensembles, représentés souvent par des lettres capitales.
Exemples :
- Match OL-OM : Ω = {OL gagne, OM gagne, match nul}. Donc Ω est composé de trois
événements élémentaires. On peut considérer par exemple l’événement qui correspond à
“Lyon ne gagne pas”.
- On lance un dé : Ω = {1, 2, ..., 6}. On peut s’intéresser à l’événement A=“on obtient un
chiffre pair”, ie A = {2, 4, 6}.
- On lance deux dés : Ω = {1, ..., 6} × {1, ..., 6} = {(i, j) : 1 ≤ i ≤ 6, 1 ≤ j ≤ 6}. Ici, un
événement élémentaire ω est un couple (i, j), où i représente le résultat du premier dé et
j celui du second.
- On lance trois fois une pièce de monnaie. Les événements élémentaires vont décrire le plus
précisément possible le résultat de cette expérience. Donc un événement élémentaire ω est
un triplet (r1 , r2 , r3 ) qui donne les résultats des trois lancers (dans l’ordre). L’événement
B : “on obtient pile au deuxième lancer” est
L’événement B est réalisé si on obtient l’un des événements élémentaires listés ci-avant. Il
n’est parfois pas nécessaire de connaı̂tre tous ces détails. On pourra choisir : ω représente
le nombre de “face” obtenus. Alors, Ω = {0, 1, 2, 3}. Le modèle est beaucoup plus simple,
mais ne permet pas de décrire des événements tels que B.
1.3 Probabilité
Définition 1 Une probabilité est une application sur P(Ω), l’ensemble des parties de Ω,
telle que :
- 0 ≤ P (A) ≤ 1, pour tout événement A ⊂ Ω
X
- P (A) = P (ω), pour tout événement A
ω∈A
X
- P (Ω) = P (ω) = 1
ω∈Ω
Définition 3 Soit une expérience aléatoire et Ω l’espace des possibles associé. Une pro-
babilité sur Ω est une application, définie sur l’ensemble des événements, qui vérifie :
- axiome 1 : 0 ≤ P (A) ≤ 1, pour tout événement A
- axiome 2 : pour toute suite d’événements (Ai )i∈N , deux à deux incompatibles,
³[ ´ X
P Ai = P (Ai )
i∈N i∈N
- axiome 3 : P (Ω) = 1
NB : les événements (Ai )i∈N sont deux à deux incompatibles, si pour tous i 6= j, Ai ∩Aj = ∅.
Exemple important : probabilité uniforme
Soit Ω un ensemble fini. Il arrive, comme quand on lance un dé équilibré, que les événe-
ments élémentaires ont tous la même probabilité. On parle alors d’événements élémentaires
équiprobables. Notons p la probabilité de chaque événement élémentaire. Alors
X X
1 = P (Ω) = P (ω) = p = p × card(Ω)
ω∈Ω ω∈Ω
1
D’où p = P (ω) = , pour tout ω. La probabilité ainsi définie sur l’ensemble Ω
card(Ω)
s’appelle probabilité uniforme. La probabilité d’un événement A se calcule facilement :
X card(A)
P (A) = P (ω) =
card(Ω)
ω∈A
Attention ! Cette formule n’est valable que lorsque les événements élémentaires
sont bien équiprobables. Dans ce cas, il suffit de savoir calculer le cardinal des ensembles
considérés pour calculer les probabilités.
1.4. INDÉPENDANCE ET CONDITIONNEMENT 9
Définition 5 Étant donnés deux événements A et B, avec P (A) > 0, on appelle pro-
babilité de B conditionnellement à A, ou sachant A, la probabilité notée P (B|A) définie
par
P (A ∩ B)
P (B|A) =
P (A)
On peut écrire aussi P (A ∩ B) = P (B|A)P (A).
Exemple 6 Une urne contient r boules rouges et v boules vertes. On en tire deux, l’une
après l’autre (sans remise). Quelle est la probabilité d’avoir deux boules rouges ?
Choisissons Ω qui décrit les résultats de l’expérience précisément.
Un événement élémentaire est un couple (x, y) où x est la couleur de la première boule
tirée et y la couleur de la seconde.
Soit A l’événement “la première boule est rouge” et B l’événement “la seconde boule est
rouge”.
r−1 r
P (A ∩ B) = P (B|A)P (A) = ·
r+v−1 r+v
Proposition 7 (Formule des probabilités totales) Soit A un événement tel que 0 <
P (A) < 1. Pour tout événement B, on a
P (B) = P (B ∩ A) + P (B ∩ Ac )
Exemple 6 (suite) : quelle est la probabilité pour que la seconde boule tirée soit rouge ?
On garde le même formalisme.
Définition 8 Soit (Ai )i∈I une famille d’événements. On l’appelle partition de Ω si elle
vérifie les deux conditions :
(i) ∪i∈I Ai = Ω
(ii) les Ai sont deux à deux incompatibles : pour tous i 6= j, Ai ∩ Aj = ∅.
Proposition 9 (Formule des probabilités totales généralisée) Soit (Ai )i∈I une par-
tition de Ω, telle que P (Ai ) > 0, pour tout i ∈ I. Alors, pour tout événement B,
X
P (B) = P (B|Ai )P (Ai )
i∈I
La formule des probabilités totales permet de suivre les étapes de l’expérience aléatoire
dans l’ordre chronologique. Nous allons maintenant voir une formule à remonter le temps...
Proposition 10 (Formule de Bayes) Soit A et B deux événements tels que 0 < P (A) <
1 et P (B) > 0. Alors,
P (B|A)P (A)
P (A|B) =
P (B|A)P (A) + P (B|Ac )P (Ac )
preuve :
P (A ∩ B) P (B|A)P (A)
P (A|B) = =
P (B) P (B)
et on conclut en remplaçant P (B) par son expression donnée par la formule des probabilités
totales. ¤
Proposition 11 (Formule de Bayes généralisée) Soit (Ai )i∈I une partition de Ω, telle
que P (Ai ) > 0, pour tout i ∈ I. Soit un événement B, tel que P (B) > 0. Alors, pour tout
i ∈ I,
P (B|Ai )P (Ai )
P (Ai |B) = P
j∈I P (B|Aj )P (Aj )
1.5. RÉPÉTITIONS INDÉPENDANTES 11
P (F |TA )P (TA )
P (TA |F ) =
P (F |TA )P (TA ) + P (F |TB )P (TB )
0.052 ∗ 1/3
= = 0.279
0.052 ∗ 1/3 + 0.067 ∗ 2/3
P (A ∩ B) = P (A)P (B)
1 1
P (ω) = P ((x, y)) = = = PE ({x})PF ({y})
card(Ω) np
Comme on a la probabilité uniforme sur {P, F } et sur {1, ..., 6}, on a finalement la proba-
bilité uniforme sur Ω et
1
∀ω ∈ Ω, P (ω) = = 1/12
card(Ω)
Le chevalier de Méré :
le Chevalier de Méré avait constaté qu’il obtenait plus souvent 11 que 12 avec trois dés.
Pourtant, le nombre de combinaisons dont la somme fait 12 est le même que le nombre de
combinaisons dont la somme fait 11. Alors ?
1.6 Exercices
Exercice 1 – Proposer un univers Ω pour les expériences aléatoires suivantes et dénombrer
les résultats possibles :
1) On lance un dé.
2) On lance 2 dés.
3) On tire trois cartes dans un jeu .
4) On place les 5 lettres qui forment “proba” au hasard sur une réglette de Scrabble.
5) On place les 6 lettres qui forment “erreur” au hasard sur une réglette de Scrabble.
Calculer P (B), P (A ∩ B c ), P (B ∩ Ac ).
Exercice 3 – Supposons que les faces d’un dé sont truquées de telle manière que les numé-
ros impairs ont chacun la même chance d’apparaı̂tre, chance qui est deux fois plus grande
que pour chacun des numéros pairs. On jette le dé. Quelle est la probabilité d’obtenir un
nombre supérieur ou égal à 4 ?
Exercice 4 – Un parking contient douze places alignées. Huit voitures s’y sont garées au
hasard, et l’on observe que les quatre places libres se suivent. Est-ce surprenant ?
1.6. EXERCICES 13
Exercice 5 — La probabilité qu’un objet fabriqué à la chaı̂ne ait un défaut est de 0, 01.
Trouver la probabilité que, dans un lot de 100 objets, il y ait au moins un objet défectueux.
Quelle est la probabilité qu’il y ait, dans un tel lot, exactement un objet défectueux ?
Exercice 7 — Un nouveau vaccin a été testé sur 12500 personnes ; 75 d’entre elles, dont 35
femmes enceintes, ont eu des réactions secondaires nécessitant une hospitalisation. Parmi
les 12500 personnes testées, 680 personnes sont des femmes enceintes.
1. Quelle est la probabilité pour une femme enceinte, d’avoir une réaction secondaire si
elle reçoit un vaccin ?
2. Quelle est la probabilité pour une personne non enceinte, d’avoir une réaction secon-
daire ?
Exercice 8 — Dans une usine, la machine A fabrique 60% des pièces, dont 2% sont
défectueuses.
La machine B fabrique 30% des pièces, dont 3% sont défectueuses.
La machine C fabrique 10% des pièces, dont 4% sont défectueuses.
1. On tire une pièce au hasard dans la fabrication. Quelle est la probabilité qu’elle soit
défectueuse ?
2. On tire une pièce au hasard dans la fabrication. Elle est défectueuse. Quelle est la
probabilité qu’elle ait été fabriquée par la machine A ? par la machine B ? par la machine
C?
Exercice 9 — Dans une jardinerie : 25% des plantes ont moins d’un an, 60% ont de 1
à 2 ans, 25% ont des fleurs jaunes, 60% ont des fleurs roses, 15% ont des fleurs jaunes et
moins d’un an, 3% ont plus de 2 ans et n’ont ni fleurs jaunes, ni fleurs roses. 15% de celles
qui ont de 1 à 2 ans, ont des fleurs jaunes, 15% de celles qui ont de 1 à 2 ans, n’ont ni
fleurs jaunes ni fleurs roses. On suppose que les fleurs ne peuvent pas être à la fois jaunes
et roses.
On choisit une plante au hasard dans cette jardinerie.
1. Quelle est la probabilité qu’elle ait moins d’un an et des fleurs roses ?
2. Quelle est la probabilité qu’elle ait des fleurs roses, sachant qu’elle a plus de 2 ans ?
3. Quelle est la probabilité qu’elle ait plus de deux ans et des fleurs jaunes ?
14 CHAPITRE 1. LE MODÈLE PROBABILISTE
Exercice 10 — Deux chauffeurs de bus se relaient sur la même ligne. Lors d’une grève,
le premier a 60% de chances de faire grève et le second 80%. Pendant la prochaine grève,
quelle est la probabilité pour qu’un seul des deux chauffeurs fasse grève ?
Exercice 11 — Une loterie comporte 500 billets dont deux seulement sont gagnants.
Combien doit-on acheter de billets pour que la probabilité d’avoir au moins un billet
gagnant soit supérieure ou égale à 0.5 ?
Exercice 12 — 1. Dans une classe de 36 élèves, quelle est la probabilité pour que deux
élèves au moins soient nés le même jour ? (on considèrera que l’année compte 365 jours,
et que toutes les dates d’anniversaires sont indépendantes et équiprobables).
2. Généraliser ce résultat pour une classe de n élèves. Tracer le résultat obtenu.
Chapitre 2
Le travail sur les événements devient vite fastidieux, ainsi nous allons maintenant nous
restreindre à étudier des grandeurs numériques obtenues pendant l’expérience aléatoire.
2.1 Définitions
Définition 17 Une variable aléatoire (v.a.) X est une fonction définie sur l’espace fon-
damental Ω, qui associe une valeur numérique à chaque résultat de l’expérience aléatoire
étudiée. Ainsi, à chaque événement élémentaire ω, on associe un nombre X(ω).
Exemple 18 On lance trois fois une pièce et on s’intéresse au nombre X de fois ou PILE
apparaı̂t. Il y a deux manières de formaliser cette phrase. Tout d’abord, à chaque événement
élémentaire ω, on associe X(ω). Ainsi,
15
16 CHAPITRE 2. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES
Une variable qui ne prend qu’un nombre dénombrable de valeurs est dite discrète, sinon,
elle est dite continue (exemples : hauteur d’un arbre, distance de freinage d’une voiture
roulant à 100 km/h). Les v.a. continues seront étudiées plus tard.
Définition 19 La loi d’une variable aléatoire discrète X est la liste de toutes les valeurs
différentes que peut prendre X avec les probabilités qui leur sont associées. On utilisera
souvent une formule, plutôt qu’une liste.
Exemple 18 : nous avons déjà la liste de tous les événements élémentaires et ils sont
équiprobables, de probabilité 1/8. D’après la composition des événements [X = k], pour
k = 0, ..., 3, on peut déduire facilement la loi de X.
valeur de X (événement) [X = 3] [X = 2] [X = 1] [X = 0]
composition de l’événement {PPP} {PPF,PFP,FPP} {PFF,FPF,FFP} {FFF}
probabilité 1/8 3/8 3/8 1/8
F (x) = P [X ≤ x]
Exemple : X est le nombre de Face quand on lance trois fois une pièce. On a vu que la loi
de X est
D’où,
0 si x < 0,
1/8 si 0 ≤ x < 1,
F (x) = 4/8 si 1 ≤ x < 2,
7/8 si 2 ≤ x < 3,
1 si x≥3
Remarque : deux v.a. ayant même loi ont même fonction de répartition.
Pour une v.a. discrète, la fonction de répartition est une fonction en escalier, avec un saut
en chaque valeur k de X(Ω) et la hauteur de ces sauts est la probabilité P (X = k).
Une fois la loi d’une v.a. établie, on peut calculer, comme pour une série statistique,
un indicateur de position (l’espérance) et un indicateur de dispersion (la variance).
2.1. DÉFINITIONS 17
¤
Définition 24 La variance d’une v.a. discrète X est le réel positif
h i X
Var(X) = E (X − E[X])2 = (k − E[X])2 P [X = k] = E[X 2 ] − E[X]2
k
et l’écart-type de X est la racine carrée de sa variance.
Remarque : l’espérance n’a pas toujours un sens quand X(Ω) est infini. Dans ce cas, X a
une espérance si
X
|k|P (X = k) < ∞
k∈X(Ω)
L’espérance d’une v.a. est la moyenne des valeurs que peut prendre X, pondérée par les
probabilités de ces valeurs. On appelle souvent l’espérance tout simplement moyenne de
X : elle correspond à une valeur moyenne autour de laquelle sont réparties les valeurs que
peut prendre X. L’écart-type (ou la variance) mesure la dispersion de la v.a. X autour de
sa valeur moyenne E[X].
L’espérance et sa variance ne dépendent de X qu’à travers sa loi : deux variables qui ont
même loi ont même espérance, même variance.
Exemple 18 : nous avons la loi du nombre X de PILE quand on lance trois fois une pièce.
3
X 1 3 3 1 12 3
E[X] = kP [X = k] = 3 · +2· +1· +0· = =
8 8 8 8 8 2
k=0
3
X
2 2
Var(X) = E[X ] − E[X] = k 2 P [X = k] − E[X]2
k=0
µ !2
1 3 3 1 3
= 3 · + 22 · + 12 · + 02 · −
2
8 8 8 8 2
3
=
4
18 CHAPITRE 2. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES
nbr de PILE [X = 3] [X = 2] [X = 1] [X = 0]
probabilité 0.125 0.375 0.375 0.125
fréquence observée 0.2 0.6 0.1 0.1
Quand le nombre d’essais augmente, les fréquences observées sont de plus en plus
proches des valeurs théoriques données par la loi de probabilité (preuve plus tard). C’est
pourquoi, quand on ne peut pas déterminer la loi d’une v.a. aussi facilement que dans
cet exemple, on considère que les fréquences empiriques (c’est-à-dire mesurées sur un
échantillon) sont des valeurs approchées des probabilités. Il n’en reste pas moins qu’il
ne faut pas assimiler ces deux objets, et bien comprendre la différence entre la moyenne
théorique, calculée à partir de la loi de probabilité, et la moyenne empirique, calculée à
partir de quelques observations.
Définition 25 Deux v.a. X et Y sont dites indépendantes si, pour tous i et j, les événe-
ments {X = i} et {Y = j} sont indépendants, ie
P [X = i, Y = j] = P [X = i]P [Y = j]
Proposition 26 (La formule des probabilités totales) Soient X et Y deux v.a.. Pour
tout i ∈ X(Ω),
X
P [X = i] = P [X = i|Y = j]P [Y = j]
j∈Y (Ω)
preuve : on peut appliquer la formule des probabilités totales 9 car les événements Y = j
forment une partition de Ω. ¤
Exemple 27 On lance deux dés équilibrés et on note X et Y les deux chiffres obtenus.
Soit Z = X + Y . Quelle est la loi de Z ?
2.2. INDÉPENDANCE ET CONDITIONNEMENT 19
Méthode 1 : bien sûr, dans ce cas fini, on peut faire un tableau à double entrée avec la
valeur que prend X, la valeur que prend Y et la valeur de Z.
X\Y 1 2 3 4 5 6
1 2 3 4 5 6 7
2 3 4 5 6 7 8
3 4 5 6 7 8 9
4 5 6 7 8 9 10
5 6 7 8 9 10 11
6 7 8 9 10 11 12
Les deux dés ne se téléphonent pas avant de décider sur quelle face ils vont tomber : leurs
résultats sont indépendants. Donc
6
X
P [Z = j] = P [Z = j|X = i]P [X = i]
i=1
6
1X
= P [X + Y = j|X = i]
6
i=1
6
1X
= P [Y = j − i|X = i]
6
i=1
X6
1
= P [Y = j − i]
6
i=1
et il vient
X
E[X + Y ] = (x + y)P (X = x, Y = y)
x,y
X X
= xP (X = x, Y = y) + yP (X = x, Y = y)
x,y x,y
X X
= xP (X = x) + yP (Y = y) = E[X] + E[Y ]
x y
Pour le second point, on montre tout d’abord que E(XY ) = E(X)E(Y ), la suite venant
facilement. Ainsi,
X
E[XY ] = xyP (X = x, Y = y)
x,y
X
= xyP (X = x)P (Y = y)
x,y
µX ¶µ X ¶
= xP (X = x) yP (Y = y)
x y
= E(X)E(Y )
P [Y = 1] = p, P [Y = 0] = q = 1 − p
On dit alors que Y suit une loi de Bernoulli de paramètre p, notée B(p). La v.a. Y a
pour espérance p et pour variance p(1 − p). En effet, E[Y ] = 0 × (1 − p) + 1 × p = p et
Var(Y ) = E[Y 2 ] − E[Y ]2 = E[Y ] − E[Y ]2 = p(1 − p).
Un schéma de Bernoulli est la répétition n fois de la même épreuve dans les mêmes
conditions.
Schéma de Bernoulli :
1) Chaque épreuve a deux issues : succès [S] ou échec [E].
2) Pour chaque épreuve, la probabilité d’un succès est la même, notons P (S) = p et
P (E) = q = 1 − p.
3) Les n épreuves sont indépendantes : la probabilité d’un succès ne varie pas, elle ne
dépend pas des informations sur les résultats des autres épreuves.
2.3. SCHÉMA DE BERNOULLI ET LOI BINOMIALE 21
Soit X la v.a. qui représente le nombre de succès obtenus lors des n épreuves d’un
schéma de Bernoulli. Alors on dit que X suit une loi binomiale de paramètres (n, p),
notée B(n, p). Cette loi est donnée par :
µ ¶
n k
P (X = k) = p (1 − p)n−k pour tout 0 ≤ k ≤ n
k
¡ ¢
où nk = k!(n−k)!
n!
.
En effet, on peut tout d’abord observer que le nombre de succès est un entier nécessai-
rement compris entre 0 et le nombre d’épreuves n. D’autre part, l’événement {X = k}
est une réunion d’événements élémentaires et chacun de ces événements élémentaires est
une suite de longueur n de la forme ω =[SSES...E] avec k S et n − k E. Un tel événement
élémentaire a la probabilité
P (ω) = pk (1 − p)n−k
Proposition 29 Si X est une v.a. de loi B(n, p), l’espérance de X vaut np et sa variance
np(1 − p).
(preuve)
Exemple 30 (échantillon avec remise) On considère une population avec deux caté-
gories d’individus, A et B. On choisit de manière équiprobable un individu dans la popu-
lation. On note le résultat de l’épreuve, c’est-à-dire si l’individu appartient à la catégorie
A ou B. Puis on le remet dans le lot et on recommence : on choisit à nouveau un individu
dans la population... Cela constitue notre schéma de Bernoulli.
Supposons que les individus de la catégorie A sont en nombre NA dans la population qui
contient N individus. Alors pour chaque épreuve de Bernoulli, la probabilité d’avoir un
individu de la catégorie A (ce que nous appellerons un succès) est p = NA /N . Le nombre
d’individus, présents dans l’échantillon, qui appartiennent à la catégorie A est une va-
riable aléatoire, car sa valeur dépend du choix de l’échantillon, c’est-à-dire de l’expérience
aléatoire.
Quel est le nombre X d’individus de la catégorie A dans l’échantillon ? D’après ce qu’on
vient de voir, on est en présence d’un schéma de Bernoulli où NA /N est la probabilité de
succès et n est le nombre d’épreuves : une épreuve est le tirage d’un individu et un succès
correspond à l’événement “l’individu appartient à la catégorie A”. Donc X suit une loi
binomiale B(n, NA /N ).
22 CHAPITRE 2. VARIABLES ALÉATOIRES DISCRÈTES
Exemple 31 On s’intéresse à l’infection des arbres d’une forêt par un parasite. Soit p la
proportion d’arbres infectés. On étudie 4 arbres. Si un arbre est infecté, on dit qu’on a un
succès, sinon un échec. Soit X le nombre d’arbres infectés, parmi les 4. Alors X suit la
loi binomiale B(4, p).
¡¢
P (X = 0) = 40 q 4 = q 4 , Loi binomiale pour n=4, p=1/5
¡4¢ 1 3
P (X = 1) = 1 p q = 4pq 3 ,
0.4
¡¢
P (X = 2) = 42 p2 q 2 = 6p2 q 2 ,
0.3
¡¢
P (X = 3) = 43 p3 q 1 = 4p3 q,
probabilites
¡¢
0.2
P (X = 4) = 44 p4 = p4 .
Pour p = 1/5, on obtient les va-
0.1
leurs :
0.0
0 1 2 3 4
valeurs de X
Loi binomiale pour n=5, p=0.5 Loi binomiale pour n=10, p=0.5
0.20
0.25
probabilites
probabilites
0.15
0.10
0.05
0.00
0 1 2 3 4 5 0 2 4 6 8 10
valeurs de X valeurs de X
Loi binomiale pour n=10, p=0.2 Loi binomiale pour n=10, p=0.8
0.30
0.30
0.20
0.20
probabilites
probabilites
0.10
0.10
0.00
0.00
0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10
valeurs de X valeurs de X
Autrement dit, une v.a de loi B(n, p) est une somme de n v.a indépendantes de loi B(p).
2.4. TROIS AUTRES LOIS DISCRÈTES 23
On suppose que les résultats concernant les 15 objets sont indépendants. Soit X le nombre
d’objets résistants à la suite du nouveau traitement. Alors X suit une loi B(15, 0.5) et
P [X ≤ 6] = P [X = 0] + P [X = 1] + · · · + P [X = 6]
µ ¶ µ ¶ µ ¶ µ ¶ µ ¶ µ ¶ µ ¶´
1 ³ 15 15 15 15 15 15 15
= 15
+ + + + + +
2 0 1 2 3 4 5 6
1
= (1 + 15 + 105 + 455 + 1365 + 3003 + 5005)
215
= 0.304
où p est toujours la probabilité de succès des épreuves de Bernoulli. On dit alors que Y
suit la loi géométrique de paramètre p, notée G(p).
et
µX
∞ ¶0 µ ¶0
k 1 1
x = =
1−x (1 − x)2
k=0
D’où, pour x = 1 − p,
∞
X ∞
X
E[Y ] = kP [X = k] = p k(1 − p)k−1 = p/p2 = 1/p
k=1 k=1
Cette loi est une approximation de la loi binomiale quand np est petit et n grand (en
pratique, n ≥ 50 et np ≤ 10). Une v.a. X de loi de Poisson de paramètre λ, notée P(λ),
vérifie
λk
∀k ∈ N, P [X = k] = exp(−λ)
k!
L’espérance et la variance de X sont égales à λ.
On utilise la loi de Poisson pour modéliser le nombre de tâches qui arrivent à un serveur
informatique pendant une minute, le nombre de globules rouges dans un ml de sang, le
nombre d’accidents du travail dans une entreprise pendant un an...
Dans le cas de l’approximation de la loi binomiale par la loi de Poisson, le paramètre de
la loi de Poisson est λ = np.
Mis à part le prestige dû à son nom, la loi uniforme est la loi de l’absence d’information.
Supposons qu’une v.a. X prenne les valeurs 1,2,...,n, mais que nous n’ayons aucune idée
de la loi de probabilité de X ; dans ce cas, après justification, on peut affecter à chaque
valeur le même poids : 1/n. Et
1
∀k = 1, ..., n, P [X = k] =
n
n+1 (n + 1)(n − 1)
E[X] = et Var(X) =
2 12
On utilise des v.a. discrètes pour compter des événements qui se produisent de manière
aléatoire, et des v.a. continues quand on veut mesurer des grandeurs “continues” (distance,
masse, pression...).
pression
Cette représentation graphique n’est pas pertinente : on regroupe les valeurs pour tracer
un histogramme.
Suivant le nombre de classes choisi, on obtient différents tracés. On peut imaginer de
raffiner encore en faisant d’autres mesures avec des instruments de mesure plus précis.
27
28 CHAPITRE 3. VARIABLES ALÉATOIRES CONTINUES
1.2
1.0
1.0
1.0
0.8
0.8
0.8
0.6
0.6
0.6
0.4
0.4
0.4
0.2
0.2
0.2
0.0
0.0
0.0
0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0 1.0 1.5 2.0 2.5 0.5 1.0 1.5 2.0 2.5 3.0
On aurait alors une courbe, d’aire 1 comme les histogrammes, qui représente la manière
dont sont réparties les valeurs de la v.a. X (voir les graphes et les données ci-dessus).
Cette courbe est la courbe d’une fonction appelée densité de probabilité ou simplement
densité. Une densité f décrit la loi d’une v.a. X en ce sens :
Z b
pour tous a, b ∈ R, P [a ≤ X ≤ b] = f (x)dx
a
et Z x
pour tout x ∈ R, F (x) = P [X ≤ x] = P [X < x] = f (u)du
−∞
On en déduit qu’une densité doit vérifier
Z
pour tout x ∈ R, f (x) ≥ 0 et f (x)dx = 1
R
P [x ≤ X ≤ x + ∆x] = f (x).∆x
C’est la loi la plus importante. Son rôle est central dans de nombreux modèles probabilistes
et dans toute la statistique. Elle possède des propriétés intéressantes qui la rendent agréable
à utiliser.
Définition 39 Une v.a. X suit une loi normale (ou loi gaussienne ou loi de Laplace-
Gauss) N (0, 1) si sa densité f est donnée par
1 ³ x2 ´
f (x) = √ exp − , pour tout x ∈ R
2π 2
R
Remarque : vérifions que f est d’intégrale 1. Notons I = R f.
µZ ¶µ Z ¶
2
I = f (x)dx f (y)dy
R R
Z Z ³ x2 + y 2 ´
1
= exp − dxdy
2π R R 2
Rappel : si X suit une loi normale N (0, 1), alors pour tous a < b,
Z b ³ x2 ´
1
P [a ≤ X ≤ b] = √ exp − dx = ϕ(b) − ϕ(a)
2π a 2
où ϕ est la fonction de répartition de X. Rappelons que ϕ est une primitive de la densité f .
Mais il n’existe pas de forme analytique de la primitive de f . On doit donc lire les valeurs
de ϕ dans une table disponible en annexe B, ou la faire calculer par un logiciel adapté
(ex : excel, matlab, R).
La courbe de la densité de la loi normale N (0, 1) porte le nom de “courbe en cloche”.
Elle tend vers 0 en l’infini, est croissante sur R− , puis décroissante. Elle admet donc un
maximum en 0. On peut voir aussi qu’elle est symétrique, de centre de symétrie 0.
3.3. LA LOI NORMALE 31
−4 −2 0 2 4
preuve : le calcul de l’espérance est immédiat quand on a observé que xf (x) est une
fonction impaire. Le calcul de la variance se fait par une intégration par parties. Enfin,
montrons que X et −X ont même loi. Pour tous a, b ∈ R,
Z −a
P [a ≤ −X ≤ b] = P [−b ≤ X ≤ −a] = f (x)dx
−b
P [a ≤ −X ≤ b] = P [a ≤ X ≤ b]
P [a ≤ X ≤ b] = P [X ≤ b] − P [X ≤ a]
puis on lit les probabilités dans la table si a et b sont positifs. Pour trouver P [X ≤ −x]
quand x > 0, on utilise le fait que X et −X ont même loi :
P [X ≤ −x] = P [−X ≥ x] = P [X ≥ x] = 1 − P [X ≤ x]
32 CHAPITRE 3. VARIABLES ALÉATOIRES CONTINUES
P [−u ≤ X ≤ u] = 2P [X ≤ u] − 1
N(0,1)
N(0,3)
N(0,0.5)
0.6
0.4
0.2
0.0
−6 −4 −2 0 2 4 6
N(0,1)
N(2,1)
0.3
0.2
0.1
0.0
−4 −2 0 2 4 6
3.3. LA LOI NORMALE 33
X−m
Proposition 42 Si X suit une loi normale N (m, σ), Z = σ suit une loi normale
centrée réduite N (0, 1).
Proposition 43
E[X] = m et Var(X) = σ 2
On peut ainsi facilement se ramener à la loi normale centrée réduite. Comme la fonc-
tion de répartition ϕ de la loi normale centrée réduite est tabulée, on se ramènera même
systématiquement à cette loi pour calculer des probabilités. Plus précisément, si X est de
loi N (m, σ), et a et b sont deux réels, on calcule P [a ≤ X ≤ b] ainsi :
" # " #
a−m X −m b−m a−m b−m
P [a ≤ X ≤ b] = P ≤ ≤ =P ≤Z≤
σ σ σ σ σ
On peut aussi remarquer que si Z est de loi N (0, 1), alors −Z aussi et donc, pour u > 0,
P [−u ≤ Z ≤ u] = P [Z ≤ u] − P [Z ≤ −u] = P [Z ≤ u] − P [Z ≥ u]
= P [Z ≤ u] − (1 − P [Z ≤ u]) = 2P [Z ≤ u] − 1
Exemple : Soit X une v.a. de loi N (15, 4). Quelle est la probabilité P [10 ≤ X ≤ 22] ?
h 10 − 15 X − 15 22 − 15 i
P [10 ≤ X ≤ 22] = P ≤ ≤ = P [−1.25 ≤ Y ≤ 1.75]
4 4 4
où Y suit une loi N (0, 1). Ainsi,
Cardinaux et dénombrement
Définition 65 Soit A un ensemble fini. Le cardinal de A, noté |A|, est le nombre d’élé-
ments que contient A.
|A ∪ B| = |A| + |B| − |A ∩ B|
Définition 71 Soit A un ensemble fini. Une permutation de A est une manière d’ordon-
ner, d’arranger les éléments de A.
57
58 ANNEXE A. CARDINAUX ET DÉNOMBREMENT
A649 = 49 ∗ 48 ∗ 47 ∗ 46 ∗ 45 ∗ 44 = [Link]
Mais on peut gagner les 6 bons numéros quel que soit l’ordre de sortie des 6 numéros...
- manière de voir 2 : on regarde les 6 nombres sortis sans s’occuper de l’ordre d’arrivée.
On a alors ω = {x1 , ..., x6 }. D’où Ω est l’ensemble des combinaisons de 6 nombres pris
dans {1, ..., 49}. Quel est le nombre de tirages différents ?
µ ¶
49 49 ∗ 48 ∗ 47 ∗ 46 ∗ 45 ∗ 44
= = 13.983.816
6 6∗5∗4∗3∗2
Z z
1
F (z) = P [Z ≤ z] = √ exp(−x2 /2)dx
−∞ 2π
z 0.00 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05 0.06 0.07 0.08 0.09
0 0.5000 0.5040 0.5080 0.5120 0.5160 0.5199 0.5239 0.5279 0.5319 0.5359
0.1 0.5398 0.5438 0.5478 0.5517 0.5557 0.5596 0.5636 0.5675 0.5714 0.5753
0.2 0.5793 0.5832 0.5871 0.5910 0.5948 0.5987 0.6026 0.6064 0.6103 0.6141
0.3 0.6179 0.6217 0.6255 0.6293 0.6331 0.6368 0.6406 0.6443 0.6480 0.6517
0.4 0.6554 0.6591 0.6628 0.6664 0.6700 0.6736 0.6772 0.6808 0.6844 0.6879
0.5 0.6915 0.6950 0.6985 0.7019 0.7054 0.7088 0.7123 0.7157 0.7190 0.7224
0.6 0.7257 0.7291 0.7324 0.7357 0.7389 0.7422 0.7454 0.7486 0.7517 0.7549
0.7 0.7580 0.7611 0.7642 0.7673 0.7704 0.7734 0.7764 0.7794 0.7823 0.7852
0.8 0.7881 0.7910 0.7939 0.7967 0.7995 0.8023 0.8051 0.8078 0.8106 0.8133
0.9 0.8159 0.8186 0.8212 0.8238 0.8264 0.8289 0.8315 0.8340 0.8365 0.8389
1 0.8413 0.8438 0.8461 0.8485 0.8508 0.8531 0.8554 0.8577 0.8599 0.8621
1.1 0.8643 0.8665 0.8686 0.8708 0.8729 0.8749 0.8770 0.8790 0.8810 0.8830
1.2 0.8849 0.8869 0.8888 0.8907 0.8925 0.8944 0.8962 0.8980 0.8997 0.9015
1.3 0.9032 0.9049 0.9066 0.9082 0.9099 0.9115 0.9131 0.9147 0.9162 0.9177
1.4 0.9192 0.9207 0.9222 0.9236 0.9251 0.9265 0.9279 0.9292 0.9306 0.9319
1.5 0.9332 0.9345 0.9357 0.9370 0.9382 0.9394 0.9406 0.9418 0.9429 0.9441
1.6 0.9452 0.9463 0.9474 0.9484 0.9495 0.9505 0.9515 0.9525 0.9535 0.9545
1.7 0.9554 0.9564 0.9573 0.9582 0.9591 0.9599 0.9608 0.9616 0.9625 0.9633
1.8 0.9641 0.9649 0.9656 0.9664 0.9671 0.9678 0.9686 0.9693 0.9699 0.9706
1.9 0.9713 0.9719 0.9726 0.9732 0.9738 0.9744 0.9750 0.9756 0.9761 0.9767
2 0.9772 0.9778 0.9783 0.9788 0.9793 0.9798 0.9803 0.9808 0.9812 0.9817
2.1 0.9821 0.9826 0.9830 0.9834 0.9838 0.9842 0.9846 0.9850 0.9854 0.9857
2.2 0.9861 0.9864 0.9868 0.9871 0.9875 0.9878 0.9881 0.9884 0.9887 0.9890
2.3 0.9893 0.9896 0.9898 0.9901 0.9904 0.9906 0.9909 0.9911 0.9913 0.9916
2.4 0.9918 0.9920 0.9922 0.9925 0.9927 0.9929 0.9931 0.9932 0.9934 0.9936
2.5 0.9938 0.9940 0.9941 0.9943 0.9945 0.9946 0.9948 0.9949 0.9951 0.9952
2.6 0.9953 0.9955 0.9956 0.9957 0.9959 0.9960 0.9961 0.9962 0.9963 0.9964
2.7 0.9965 0.9966 0.9967 0.9968 0.9969 0.9970 0.9971 0.9972 0.9973 0.9974
2.8 0.9974 0.9975 0.9976 0.9977 0.9977 0.9978 0.9979 0.9979 0.9980 0.9981
2.9 0.9981 0.9982 0.9982 0.9983 0.9984 0.9984 0.9985 0.9985 0.9986 0.9986
Grandes valeurs de z :
Nous allons voir ici comment décrire simplement des données en trois phases :
- présentation des données,
- représentations graphiques,
- calcul de résumés numériques.
On considère une population P qui est l’ensemble des individus concernés par l’étude
statistique. Un échantillon est un sous-ensemble de cette population. Les données statis-
tiques sont des mesures effectuées sur les individus de l’échantillon.
On cherche à étudier un caractère ou variable de cette population à partir des obser-
vations faites sur l’échantillon. Une variable peut être qualitative (oui/non, homme/femme...)
ou quantitative (à valeurs dans R). On mesure cette variable sur l’échantillon et on ob-
tient ainsi les observations ou données.
Dans la suite, on distinguera trois cas suivant que la variable étudiée est une :
- variable quantitative discrète (elle ne prend qu’un nombre fini ou dénombrable de
valeurs ; en général il s’agit d’entiers)
- variable quantitative continue (variable quantitative qui n’est pas discrète)
- variable qualitative.
65
66 ANNEXE C. STATISTIQUE DESCRIPTIVE UNIVARIÉE
Exemple 78 “The World Almanac and Book of Facts” (1975) a publié le nombre des
grandes inventions mises au point chaque année entre 1860 et 1959, soit
5 3 0 2 0 3 2 3 6 1 2 1 2 1 3 3 3 5 2 4 4 0 2 3 7 12 3 10 9 2 3 7 7
233624352240425233658366052226344
2247533022213422111214432141110020
Notons y = (y1 , ..., yn ) la suite des observations rangées par ordre croissant, n étant la
taille de l’échantillon. Des données de ce type sont à présenter dans un tableau statistique
dont la première colonne est l’ensemble des r observations distinctes (ou modalités),
classées par ordre croissant et notées x1 , ..., xr . Puis on leur fait correspondre dans une
seconde colonne leurs effectifs, c’est-à-dire leurs nombres d’occurence, notés n1 , ..., nr .
P
Alors i ni = n. On indique aussi les fréquences fi = ni /n et les fréquences cumulées
P
Fi = ij=1 fj (1 ≤ i ≤ r). La plupart du temps, on donnera les fréquences sous forme de
pourcentage. Pour notre exemple 78, on obtient
xi ni fi Fi
0 9 0.09 0.09
1 12 0.12 0.21
2 26 0.26 0.47
3 20 0.20 0.67
4 12 0.12 0.79
5 7 0.07 0.86
6 6 0.06 0.92
7 4 0.04 0.96
8 1 0.01 0.97
9 1 0.01 0.98
10 1 0.01 0.99
12 1 0.01 1
1.0
25
0.8
20
0.6
15
Fn(x)
0.4
10
0.2
5
0.0
0
0 2 4 6 8 10 0 2 4 6 8 10 12
Pour les données de l’exemple 78, on obtient : s2n−1 (y) = 5, 081, sn−1 = 2, 254, le premier
quartile est 2, le troisième 4 et l’espace interquartile vaut donc 2. L’amplitude est 12.
12
10
8
6
4
2
0
0.10
0.08
densite/250
0.06
0.04
0.02
0.00
45 50 55 60
masse
Exemple 82 On a interrogé des étudiants qui se rongent les ongles. Voici les circons-
tances pendant lesquelles ils pratiquent cette mauvaise habitude.
activité fréquence
regarder la télévision 58
lire un journal 21
téléphoner 14
conduire une auto 7
faire ses courses 3
autre 12
50
40
30
20
10
0