UNIVERSITE AFRICAINE DES SCIENCES
Année universitaire 2025 -2026
COURS DE FISCALITE
FUSION ET FISCALITE DE GROUPE DE SOCIETES
Par
Jacques Brice LIBIZANGOMO 1
Inspecteur Central des Impôts
Directeur Adjoint de la Législation et du Contentieux
Jacques Brice LIBIZANGOMO
Inspecteur Central des Impôts
PLAN
PARTIE I : FUSION ET OPERATIONS ASSIMILEEE
TITRE UNIQUE : LES FUSIONS
CHAPITRE 1. LE CONTEXTE JURIDIQUE
CHAPITRE 2. LES MODALITE FINANCIERES ET COMPTABLES
PARTIE II : FISCALITE DE GROUPE DE SOCIETES
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TITRE UNIQUE : LE REGIME FISCALE DES GROUPES DE SOCIETES AU
GABON
Jacques Brice LIBIZANGOMO
Inspecteur Central des Impôts
La fusion désigne l'ensemble des opérations par lesquelles une ou plusieurs sociétés
transmettent leur patrimoine à une société existante ou à une nouvelle société qu'elles
constituent. Ces opérations doivent en principe, entraîner toutes les conséquences fiscales
d'une cessation totale d'entreprise et notamment, donner lieu à l'imposition immédiate
au nom de ces sociétés de I ’ensemble des bénéfices non encore taxés, y compris les plus-
values réalisées à cette occasion.
Cependant, en vue d'encourager les fusions, qui sont l'instrument privilégié de la
restructuration des entreprises, Le Législateur a institué un régime fiscal fondé sur le
principe que la fusion est une opération intercalaire et que la société absorbante
continue purement et simplement la société absorbée.
Jacques Brice LIBIZANGOMO
Inspecteur Central des Impôts
I) Définitions : fusions et scission de sociétés
On nomme "fusion" l'opération par laquelle une ou plusieurs sociétés transmettent leur
patrimoine à une société déjà existante ou à une nouvelle société qu'elles constituent à cette
occasion.
Il existe 2 types de fusions :
On parle de fusion-absorption lorsqu'une ou plusieurs sociétés, appelée (s)
"société (s) absorbée (s)" transmettent à une autre, appelée "société absorbante", la
totalité de leur patrimoine. L'opération consiste :
- en une augmentation de capital par apport en nature pour la société absorbante,
- en une dissolution sans liquidation, pour la société absorbée, dont les associés
vont devenir, grâce à l'émission de nouvelles parts sociales, associés de la société
absorbante.
On parle de fusion par constitution d'une société nouvelle lorsqu'au
moins deux sociétés (sociétés A et A') fusionnent pour créer une nouvelle société
(société B). Les apports sont rémunérés par les parts émises par la nouvelle société
qui devra par ailleurs être constituée en respectant les règles imposées pour la
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constitution de la structure juridique choisie.
On parle de scission lorsqu'une société transmet son patrimoine à plusieurs
sociétés existantes ou à plusieurs sociétés nouvelles.
II) Raisons :
Plusieurs raisons peuvent conduire une entreprise à planifier une opération de fusion/scission :
- améliorer ses parts de marchés en absorbant un concurrent ou des savoir-faire
complémentaires à l'activité de l'entreprise,
- économiser des coûts de production,
- simplifier la coopération entre deux sociétés en créant une structure unique,
- reprendre une entreprise en difficulté,
- etc.
III) Entreprises concernées
Toutes les sociétés, quelles que soient leur forme et leur activité, peuvent participer à une
opération de fusion ou de scission.
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IV) Effets de la fusion ou de la scission sur le plan juridique
Contrairement à la simple prise de contrôle d'une société par rachat de titres de société, ces
opérations entraînent :
- la dissolution de la ou des sociétés absorbées ou scindées,
- la transmission universelle du patrimoine de ces sociétés,
- et l'acquisition, par les associés des sociétés absorbées (ou scindées) de la qualité d'associés
dans la société absorbante. Ils reçoivent, en effet, des titres nouveaux en échange des anciens.
Dissolution sans liquidation de la société absorbée
La fusion entraîne automatiquement la dissolution de la société absorbée. Celle-ci
s'accompagne simultanément de la transmission de son patrimoine à la société absorbante.
Cette conséquence est automatique.
Transmission universelle du patrimoine (TUP) de l'entreprise absorbée
La totalité (actif et passif) du patrimoine de l'entreprise absorbée est transférée. Cette
transmission de patrimoine se traduit par une augmentation du capital de la société 5
absorbante. Cette augmentation de capital est due à l'apport en nature des éléments d'actifs
de l'entreprise absorbée. Les règles relatives aux apports en nature doivent donc s'appliquer.
La nomination d'un commissaire à la fusion peut alors s'avérer nécessaire.
L'échange de droits sociaux
Les associés acquièrent automatiquement la qualité d'associé de l'entreprise absorbante, dans
les conditions fixées par le traité de fusion.
Bien que les actionnaires de la société absorbée deviennent actionnaires de la société
absorbante, il ne faut pas assimiler la fusion à une OPE.
En effet, dans le cadre d’une OPE, les deux sociétés continuent à exister après l’opération,
l’une devenant la filiale de l’autre. À l’issue de la fusion, une seule société demeure :
l’absorbante. Il est par contre fréquent qu’une fusion soit précédée d’une offre publique
d’échange.
La soulte
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En plus de cet échange de droits sociaux, le traité de fusion peut prévoir le versement en
espèce d'une somme d'argent appelée "soulte" au profit des associés de la société absorbée. Le
montant de cette soulte ne peut dépasser 10 % de la valeur nominale des parts ou des actions
attribuées.
V) Procédure
Modalités de la prise de décision de fusion ou de scission
Elles sont décidées, par chacune des sociétés intéressées, dans les formes exigées pour la
modification de leurs statuts.
De même, si l'opération prévoit la création d'une société nouvelle, celle-ci est constituée selon
les règles propres à sa forme juridique.
Procédure à suivre
- Établissement d'un projet de fusion ou de scission.
Pour la rédaction de ce projet, il est fortement recommandé de faire appel à un conseil
juridique.
- Dépôt de ce projet au greffe du tribunal de commerce du siège des sociétés concernées par 6
l'opération.
- Publication d'un avis relatif au projet dans un journal d'annonces légales dans chaque
département des sièges sociaux des sociétés participantes.
- Approbation du projet de fusion par l'assemblée générale extraordinaire des associés (sauf
exception).
- Dépôt au greffe d'une déclaration dans laquelle sont répertoriés tous les actes effectués dans
le cadre de l'opération et par laquelle les sociétés affirment que l'opération a été réalisée en
conformité avec la réglementation.
Précision : lorsqu'une société anonyme ou à responsabilité limitée participe au projet de
fusion, les dirigeants de la société absorbée doivent demander la nomination d'un
commissaire à la fusion auprès du président du tribunal de commerce du siège social de
l'entreprise.
En revanche, cette nomination n'est pas nécessaire lorsque la société absorbée est détenue à
100 % par la société absorbante.
VI) Traitement fiscal de la fusion
Deux régimes fiscaux peuvent s'appliquer à ce type d'opérations :
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- un régime de droit commun
- ou un régime spécial.
Régime de droit commun
Fiscalement, l'opération de fusion n'est pas prise dans son ensemble, mais comme une
succession d'étapes distinctes.
Ainsi :
- la dissolution de l'entreprise absorbée entraine l'imposition immédiate des bénéfices,
provisions et plus values d'actif,
- les apports réalisés par la société absorbante sont soumis aux droits d'enregistrement selon
leur nature et leur caractère pur et simple.
Régime spécial (cf. loi de finances 2015)
Ce régime spécifique aux fusions ne concerne que les sociétés soumises à l'impôt sur les
sociétés (Art.8 de la loi de finances pour 2015).
La société absorbée bénéficie d'une exonération des plus-values de fusion et des provisions 7
(Art.13 de la LF 2015), si ces dernières n'ont pas perdu leur objet. Par exemple, dans le cas
d'une provision pour risque, l'exonération n'est applicable que si la société absorbante est
susceptible d'assumer cet aléa ultérieurement.
Cette mesure est subordonnée au respect, par la société bénéficiaire de l'apport, de certaines
obligations (inscription au bilan, réintégration des bénéfices et des plus values, transcription
des apports, etc.).
Lorsqu'il est décidé que la fusion est réalisée avec effet rétroactif au premier jour de l'exercice
en cours de la société absorbée, les résultats des deux sociétés pourront être consolidés. Les
déficits de la société absorbée pourront alors venir en déduction des résultats de l'entreprise
absorbante.
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Les entreprises naissent, grandissent et meurent comme tous les êtres vivants. Elles le font à la
faveur de créations, de rachats, de fusions ou de regroupements.
Il s’agit de la respiration naturelle du tissu économique, de celle du monde des entreprises.
Ces mouvements, qui ont toujours existé, se sont très fortement accélérés et développés
depuis le milieu des années 90.
Ces mouvements d’expansion et de restructurations se déploient de plus en plus souvent au
milieu de groupes économiques comprenant de nombreuses entreprises établies dans plusieurs
pays.
Les acquisitions ou les regroupements d’entreprises sont des opérations qui peuvent répondre
à de multiples objectifs et a des approches différentes, selon que les dirigeants des entreprises
qui y participent privilégient :
-le positionnement sur le marché ;
- les critères de croissance du chiffre d’affaires ;
-la présentation des bilans ; 8
-les critères de rentabilité.
Le choix de l’opération et de ses modalités dépend de nombreuses considérations :
-d’ordre économique ;
-d’ordre financier ;
-d’ordre stratégique.
La fiscalité est rarement déterminante. Elle ne doit en tous cas pas amener à décider ou non de
telle ou telle opération. Ce sont les critères cités plus haut qui doivent être décisifs.
Une opération réalisée pour des raisons purement fiscales, outre qu’elles pourraient être
dangereuses sur un plan strictement fiscal, pourraient déboucher sur des résultats non
satisfaisants sur le plan économique.
Mais, en revanche, il est indispensable de maitriser le mieux possible la dimension fiscale de
l’opération afin :
-d’en tenir compte dans son bilan coûts -avantage, la fiscalité pouvant se révéler d’un cout
élevé ;
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-d’orienter les modalités juridiques et financières de réalisation de l’opération, les mêmes
résultats pouvant souvent être obtenus à partir de cheminements différents ne présentant pas le
même coût fiscal,
- de sécuriser, au plan fiscale, le montage juridique et financier.
I : Vendre une activité
9. La première solution, la plus simple, est la vente par la société C de son activité à la société
B.
Cela n’entraine aucune modification de l’organigramme juridique qui restera le même après
l’opération.
A B
En revanche, le contenu des sociétés aura changé. La société C aura été amputée de son
activité. La société B aura repris à son bilan les actifs acquis auprès de la société C.
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10. L’objectif n’est pas ici de rappeler le régime juridique applicable aux ventes de biens.
Il nous suffira de rappeler que la vente d’actifs implique un suivi important indispensable
pour protéger le vendeur et l’acheteur et pour respecter les droits des tiers (créanciers
notamment).
Ainsi, les ventes de fonds de commerce ou d’immeubles obéissent à un formalisme particulier
et à des obligations de publicité strictes.
L’acquéreur devra bien entendu exiger une garantie de passif de son vendeur. Il devra aussi
financer son acquisition, donc lever de fonds pour cela et accroitre son endettement net.
C’est donc une modalité un peu lourde et coûteuse, relativement délicate à négocier et à
mettre en place.
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II : Vendre des titres d’une société
11. une autre solution peut consister pour la société A à vendre à la société B les titres de la
société C.
La consistance des sociétés est préservée mais l’organigramme modifiée.
A B
Les formalités juridiques sont beaucoup plus simples puisque les actifs et les passifs restent 10
localises dans la même structure juridique.
12. en revanche, l’achat et la vente de titres de participations peuvent entrainer la nécessite de
respecter certaines conditions.
- clauses d’agrément d’actionnaire. Si les statuts de la société C prévoient une clause
d’agrément, la société B, nouvel actionnaire de C devra être agréée ;
- droit boursier et règlements de la COB, si la société C est cotée ;
- dispositions spécifiques, si la société C n’est pas une société de capitaux (SNC par exemple).
Bien entendu, la nécessité de la garantie de passif et du financement demeure
III : Apporter une activité
13. Apporter l’ensemble des actifs et des passifs afférents à une activité présente l’avantage
d’éviter les flux financiers liés aux achats et ventes d’actifs.
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Dans ses conditions la société apporteuse de l’activité est rémunérée par des titres de la
société bénéficiaire de l’apport, qui procède à une augmentation de son capital, et
éventuellement à l’émission d’une prime d’apport à hauteur du montant de l’actif net apporté.
Si la société C apporte à la société B son activité, l’organigramme va se trouver modifier
ainsi :
La société B devient une filiale du groupe formé par A et C. la technique de l’apport ne peut
donc être retenu que si les deux (2) sociétés C et B sont d’accords pour être liées, après
l’opération, par des liens d’actionnariat. Les opérations d’apports sont surtout utilisées pour
des réorganisations au sein des groupes ou pour des « joint-ventures » ou pour des prises de 11
contrôle non rémunérées par du « cash ».
14. La rémunération de l’apport implique un contrôle de la valorisation, par des experts
indépendants, commissaires aux apports ou à la cession, des actifs et passifs transmis afin de
déterminer le montant de l’augmentation de capitale de la société bénéficiaire de l’apport et le
nombre de titrer remis à la société apporteuse en rémunération de son apport.
Un formalisme précis doit être respecté : rédaction d’un traité d’apport, information des tiers,
approbation du traité par les assemblées générales des deux sociétés participantes à
l’opération.
Sur le plan des modalités juridiques, l’apport peut se faire selon :
- Le régime des augmentations de capitale par apport en nature qui présente
l’inconvénient de devoir notamment de devoir signifier la transmission des contrats
aux cocontractants de la société dont les actifs sont transférés ;
- Le régime des scissions qui entraîne, comme en fusion des sociétés, transmission
universelle du patrimoine (art. L.236-22 du Code de Commerce.
IV : Apporter les titres d’une société
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15. Si la société B veut acquérir l’activité de la société C elle peut en acquérir les titres mais
au lieu de les acheter, comme indiqué supra à la section II, § 11 et s., elle peut les recevoir en
apport.
Dans cette hypothèse, la société A, actionnaire de la société C, apporte à la société B les titres
de C. Elle est rémunérée par la remise des titres de B.
16. L’intégrité des sociétés est préservée, les activités ne changent pas juridiquement de
propriétaire mais l’organigramme est modifié ainsi :
Le formalisme et le régime juridique sont identiques à ce qui est décrit supra.
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V : Absorber une société
17. une autre solution permettant à la société B d’acquérir l’activité de la société C peut
consister pour elle à absorber cette dernière.
La fusion-absorption de la société C par B se traduit par :
- La transmission universelle du patrimoine de C à B ;
- La dissolution sans liquidation de C ;
- La rémunération des actionnaires de la société absorbée C par la remise de titres de la
société B.
L’organigramme se présente alors ainsi :
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18. Le régime juridique des fusions est défini par la Loi du 24 juillet 1966 (codifiée aux
articles L.236-1 à L.236-24 du Code de commerce) modifiée par la Loi du 05 janvier 1988
prise en application des directives communautaires en droit des sociétés du 09 octobre 1978
(fusions) et du 17 décembre 1982 (scissions).
La caractéristique essentielle de la fusion est la transmission universelle du patrimoine, actifs
et passifs, de la société absorbée à l’absorbante.
La réalisation de la fusion est soumise à une procédure assez lourde : élaboration d’un projet
de traite de fusion, déposé au greffe du tribunal de commerce au moins trente jours avant les
assemblées générales des sociétés absorbante et absorbée approuvant l’opération.
L’intervention d’un commissaire à la fusion est requise pour apprécier la valeur des apports et
la parité d’échange retenue pour rémunérer les actionnaires de la société absorbée en leur
échangeant contre leurs titres des titres de la société absorbante. Le commissaire à la fusion
doit ainsi vérifier que le montant de l’actif net apportée par la société absorbée est au moins
égal au montant de l’augmentation du capital de la société absorbante.
La procédure suivie est donc identique à celle prévue par les apports partiels d’actif réalisés
sous le régime des scissions.
19. il faut noter qu’il existe deux modalités simplifiées de transmission universelle de
patrimoine sans remise de titre de société absorbante aux actionnaires de la société absorbée.
Ses modalités sont applicables dans les cas ou la société absorbante détient 100% des titres de 13
la société absorbée. Cette hypothèse serait remplie si, avant la fusion, A vendait les titres de C
à B.
Ses deux modalités sont :
- La fusion simplifiée, réalisée selon les modalités prévues au Code de commerce, qui
implique transmission universelle de patrimoine sans remise de titre de l’absorbante ;
- La dissolution sans liquidation réalisée selon les modalités de l’article 1844-5 du Code
civil. Cette technique, appelée aussi communément confusion de patrimoine, consiste
à réunir en une seule main tous les titres de la filiale et à procéder à sa dissolution
prononcée par l’associé unique.
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TITRE 1. LES FUSIONS
CHAPITRE 1. LE CONTEXTE JURIDIQUE
SECTION 1. LES DEFINITIONS ET LE PROCESSUS DE LA FUSION
a) Définitions
La définition de la fusion est donnée par l’Acte uniforme OHADA relatif au droit des sociétés
et du groupement d’intérêt économique. L’article 189 alinéa 1 de cet Acte dispose en effet
que « la fusion est l’opération par laquelle deux sociétés se réunissent pour n’en former
qu’une seule soit par création d’une société nouvelle soit par l’absorption de l’une par
l’autre ».
La fusion ainsi définie peut avoir lieu même lorsque la société absorbée est en liquidation
(article 189 alinéa).
Elle a pour conséquence, la transmission à titre universel du patrimoine de la ou des
sociétés, qui disparaissent du fait de la fusion, à la société absorbante ou à la société 14
nouvelle (article 189 alinéa 3). Elle ne saurait se confondre avec les mécanismes voisins qui
sont la scission et l’apport partiel d’actif.
La scission est définie par l’article 190 de l’Acte uniforme OHADA ci-dessus cité comme
étant l’opération par laquelle le patrimoine d’une société est partagé entre plusieurs
sociétés existantes ou nouvelles. Elle entraîne transmission à titre universel du patrimoine de
la société, qui disparaît du fait de la scission, aux sociétés existantes ou nouvelles.
L’article 191 de l’Acte uniforme précise que la fusion ou la scission entraîne la dissolution
sans liquidation des sociétés qui disparaissent et la transmission universelle de leur
patrimoine aux sociétés bénéficiaires, dans l’état où il se trouve à la date de réalisation
définitive de l’opération. Elle entraîne, simultanément, l’acquisition par les associés des
sociétés qui disparaissent, de la qualité d’associés des sociétés bénéficiaires dans les
conditions déterminées par le contrat de fusion ou de scission.
L’apport partiel d’actif est défini quant à lui par l’article 195 du même Acte uniforme
comme étant l’opération par laquelle une société fait apport d’une branche autonome
d’activité à une société préexistante ou à créer. La société apporteuse ne disparaît pas du
fait de cet apport. L’apport partiel d’actif est soumis au régime de la scission.
La fusion est aussi définie à l’article L. 236-1 du code du commerce français : « une ou
plusieurs sociétés peuvent, par voie de fusion, transmettre leur patrimoine à une société
existante ou à une nouvelle société qu’elles constituent ».
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Il existe donc deux voies possibles pour réaliser la fusion :
a. La fusion –absorption lorsque le transfert de patrimoine est réalisé au profit d’une
société existant antérieurement,
b. La fusion- création lorsque la fusion est réalisée par création d’une nouvelle société.
En pratique, la fusion absorption est le cas le plus fréquent car c’est la voie la plus simple de
mise en œuvre puisque la société absorbante exista déjà au moment de l’opération.
Dans la suite de ce cours, les termes « société absorbée » et « société absorbante » seront
utilisés indifféremment des modalités retenues société absorbante déjà existante ou créée par
l’opération de fusion.
Précisons que l’article L.236-2 du Code de commerce autorise la fusion entre des sociétés de
forme différentes « Une fusion peut être réalisée entre des sociétés de forme différente.
Elle est décidée, par chacune des sociétés intéressées, dans les conditions requises pour la
modification de ses statuts.
Si la fusion comporte la création d'une société nouvelle, chacune de celles-ci est constituée
selon les règles propres à la forme de société adoptée ».
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b) Processus de la fusion
Le processus de la fusion est gouverné par les dispositions des articles 192 à 194 de l’Acte
uniforme OHADA cité ci-dessus. De la lecture combinée de l’ensemble de ces dispositions, il
en résulte que de la fusion s’opère en phases successives :
- L’établissement d’un projet de fusion :
L’acte uniforme OHADA fait obligation à toutes les sociétés qui participent à une
opération de fusion d’établir un projet de fusion arrêté, selon le cas, par le conseil
d’administration, l’administrateur général, le ou les gérants de chacune des sociétés
participant à l’opération. Ce projet de fusion doit contenir les indications suivantes :
1° la forme, la dénomination et le siège social de toutes les sociétés participantes ;
2° les motifs et les conditions de la fusion ;
3° la désignation et l’évaluation de l’actif et du passif dont la transmission aux sociétés
absorbantes ou nouvelles est prévue ;
4° les modalités de remise des parts ou actions et la date à partir de laquelle ces parts ou
actions donnent droit aux bénéfices, ainsi que toute modalité particulière relative à ce droit, et
la date à partir de laquelle les opérations de la société absorbée seront du point de vue
comptable, considérées comme accomplies par la ou les sociétés bénéficiaires des apports ;
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5° les dates auxquelles ont été arrêtes les comptes des sociétés intéressées utilisés pour
établir les conditions de l’opération ;
6° le rapport d’échange des droits sociaux et, le cas échéant, le montant de la soulte ;
7° le montant prévu de la prime de fusion ;
8° les droits accordés aux associés ayant des droits spéciaux et aux porteurs de titres
autres que des actions ainsi que le cas échéant tous avantages particuliers.
Dans la pratique, les termes projet de fusion et contrat de fusion sont concurremment
utilisés.
Toutefois, alors que l’Acte uniforme parle de projet de fusion, le CGI (Art.485) parle
d’Acte de fusion.
- L’avis du tribunal du commerce
Le projet de fusion régulièrement établi est déposé au greffe chargé des affaires
commerciales du siège desdites sociétés et fait l’objet d’un avis inséré dans un journal
(Journal Officiel pour ce qui concerne le Gabon) habilité à recevoir les annonces légales
par chacune des sociétés participant à l’opération. Cet avis contient les indications
suivantes : 16
1° la dénomination sociale suivie, le cas échéant, de son sigle, la forme, l’adresse du siège,
le montant du capital et les numéros d’immatriculation au registre du commerce et du
crédit mobilier de chacune des sociétés participant à l’opération ;
2° la dénomination sociale suivie, le cas échéant, de son sigle, la forme, l’adresse du siège
et le montant du capital de la ou des sociétés nouvelles qui résulteront de l’opération ou le
montant du capital des sociétés existantes ;
3° l’évaluation de l’actif et du passif dont la transmission aux sociétés absorbantes ou
nouvelle est prévue ;
4° le rapport d’échange des droits sociaux ;
5° le montant prévu de la prime de fusion.
Le dépôt au greffe du projet de fusion et la publicité prévue ci-dessus doivent avoir lieu au
moins un mois avant la date de la première assemblée générale appelée à statuer sur
l’opération.
Dans la pratique, cette étape du processus de fusion n’est pas souvent observée.
- Rédaction du rapport de fusion
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L’Acte uniforme OHADA parle d’un rapport écrit sur les modalités de la fusion qui
serait établi par un ou plusieurs commissaires à la fusion désignés par le président de la
juridiction compétente. Ces derniers peuvent obtenir auprès de chaque société,
communication de tous documents utiles et procéder à toutes les vérifications nécessaires.
Ils vérifient que les valeurs relatives attribuées aux actions des sociétés participant à
l’opération sont pertinentes et que le rapport d’échange est équitable.
Le ou les rapports des commissaires à la fusion sont mis à la disposition des actionnaires
et indiquent :
La ou les méthodes suivies pour la détermination du rapport d’échange proposé ;
Si cette ou ces méthodes sont adéquates en l’espèce et les valeurs auxquelles
chacune de ces méthodes conduit, un avis étant donné sur l’importance relative
donnée à cette ou ces méthodes dans la détermination de la valeur retenue ;
Les difficultés particulières d’évaluation, s’il en existe.
- La décision de fusionner
La décision de fusionner procède des dispositions des articles 555 et 671 à 683 de l’Acte
uniforme ci-dessus cité.
Aux termes des articles sus visés, la fusion est décidée par l’assemblée générale
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extraordinaire de chacune des sociétés qui participent à l’opération. Cette décision
peut, le cas échéant, être soumise à la ratification des assemblées spéciales d’actionnaires
des sociétés qui y participent. L’assemblée spéciale réunit les titulaires d’actions d’une
catégorie déterminée. Elle approuve ou désapprouve les décisions des assemblées
générales lorsque ces décisions modifient les droits de ses membres. La décision d’une
assemblée générale de modifier les droits relatifs à une catégorie de d’actions, n’est
définitive qu’après approbation de l’assemblée spéciale des actionnaires de cette
catégorie.
Le conseil d’administration de chacune des sociétés participant à l’opération établi
un rapport qui est mis à la disposition des actionnaires. Ce rapport explique et justifie
le projet, de manière détaillée, du point de vue juridique et économique, notamment ce qui
concerne le rapport d’échange des actions et les méthodes d’évaluation utilisées, qui
doivent être concordantes pour les sociétés concernées ainsi que, le cas échéant, les
difficultés particulières d’évaluation.
Toute société anonyme participant à une opération de fusion doit mettre à la
disposition de ses actionnaires, au siège social, quinze jours au moins avant la date de
l’assemblée générale appelée à se prononcer sur le projet, les documents suivants :
Le projet de fusion ;
Les rapports des conseils d’administration et ceux des commissaires à la fusion ;
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Les états financiers de synthèse approuvés par les assemblées générales ainsi que les
rapports de gestion des trois derniers exercices des sociétés participant à l’opération ;
Un état comptable établi selon les mêmes méthodes et suivant la même présentation
que le dernier bilan annuel, arrêté à une date qui, si les derniers états financiers de
synthèse se rapportent à un exercice dont la fin est antérieure de plus de six mois à la
date du projet de fusion, doit être antérieure de moins de trois mois à la date de ce
projet.
- Prise d’effet de la fusion
La fusion régulièrement opérée prend effet :
1° en cas de création d’une ou plusieurs sociétés nouvelles, à la date d’immatriculation au
registre du commerce et du crédit mobilier, de la nouvelle société ou de la dernière d’entre
elles ; chacune des sociétés nouvelles est constituée selon les règles propres à la forme de la
société adoptée ;
2° dans les autres cas, à la date de la dernière assemblée générale ayant approuvé
l’opération, sauf si le contrat prévoit que l’opération prend effet à une autre date, laquelle ne
doit être ni postérieur à la date de clôture de l’exercice en cours de la ou des sociétés
bénéficiaires ni antérieur à la date de clôture du dernier exercice clos de la ou des sociétés qui
transmettent leur patrimoine. 18
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