Connaissance personnelle sur les notions de croissance et développement
1. Définition de la croissance économique
La croissance économique est l'augmentation, sur une période longue (généralement une année),
de la production de biens et de services dans une économie. On la compare souvent à un gâteau
qui grossit. Si le gâteau est plus gros, en théorie, chacun peut en obtenir une part plus grande.
En termes techniques, elle est mesurée par l'évolution du Produit Intérieur Brut (PIB), qui est la
valeur totale de tout ce qui est produit dans un pays. Une croissance positive signifie que la
richesse globale du pays augmente.
Pour retenir simplement : La croissance, c'est « avoir plus » – plus de voitures, plus de
téléphones, plus de services, plus de revenus à l'échelle nationale.
2. Définition du développement économique
Le développement économique va beaucoup plus loin que la simple croissance. Ce n'est pas
seulement une question de quantité, mais de qualité de vie. Le développement est un processus
multidimensionnel qui implique des améliorations durables dans les conditions de vie de toute la
population.
Il comprend :
· L'amélioration du bien-être matériel (niveau de vie).
· L'élévation du niveau d'éducation et de culture.
· L'amélioration de la santé et de l'espérance de vie.
· La réduction de la pauvreté et des inégalités.
· L'élargissement des libertés politiques et des droits humains.
Pour retenir simplement : Le développement, c'est « vivre mieux ». Ce n'est pas seulement avoir
un revenu plus élevé, c'est être en bonne santé, être éduqué, avoir des droits et vivre dans un
environnement sain.
3. Définition du développement durable
Le développement durable est un concept qui sert de pont entre la croissance et le
développement, en y ajoutant une contrainte essentielle : le temps et la préservation des
ressources pour les générations futures.
Sa définition classique, issue du Rapport Brundtland (1987), est : « un développement qui répond
aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux
leurs. »
Il repose sur trois piliers interdépendants qui doivent être en équilibre :
1. Pilier économique : Une croissance économique viable et créatrice d'emplois sur le long terme.
2. Pilier social : Une société équitable qui assure le bien-être de tous (lutte contre la pauvreté,
accès à l'éducation, justice sociale).
3. Pilier environnemental : Une gestion prudente des ressources naturelles et la protection de
l'environnement pour ne pas hypothéquer l'avenir.
Pour retenir simplement : Le développement durable, c'est « vivre bien aujourd'hui sans voler
l'avenir de nos enfants ». C'est une croissance et un développement qui respectent à la fois les
personnes et la planète.
4. Indicateurs de mesures
· Croissance économique :
· Le taux de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB). C'est l'indicateur principal. Il mesure la
variation en pourcentage de la valeur totale des biens et services produits.
· Le PIB par habitant (PIB total divisé par le nombre d'habitants) donne une idée approximative
du niveau de vie moyen.
· Développement économique :
· L'Indice de Développement Humain (IDH). C'est l'indicateur le plus complet. Créé par le
PNUD, il combine trois dimensions :
1. La santé/longévité : mesurée par l'espérance de vie à la naissance.
2. Le savoir/éducation : mesuré par la durée moyenne de scolarisation et la durée attendue de
scolarisation.
3. Le niveau de vie : mesuré par le Revenu National Brut (RNB) par habitant.
· D'autres indicateurs complémentaires : l'Indice de Pauvreté Multidimensionnelle (IPM), le
coefficient de Gini (mesure des inégalités de revenus).
· Développement durable :
· Les Objectifs de Développement Durable (ODD). Adoptés par l'ONU, ce sont 17 objectifs
mondiaux avec 169 cibles spécifiques qui couvrent l'ensemble des trois piliers (économique,
social, environnemental). Ils servent de feuille de route et de cadre de mesure.
· L'Empreinte Écologique : Elle mesure la pression qu'exerce l'humanité sur la nature en
comparant la consommation humaine de ressources naturelles avec la capacité de la Terre à se
régénérer.
· Les indicateurs environnementaux : émissions de CO₂, part des énergies renouvelables, taux
de recyclage des déchets.
5. Cinq facteurs de la croissance économique
La croissance ne tombe pas du ciel. Elle est le résultat de la combinaison de plusieurs facteurs :
1. L'accumulation de capital physique : C'est l'investissement dans les machines, les usines, les
infrastructures (routes, ports, internet). Plus un pays investit, plus sa capacité de production
augmente.
2. Le progrès technique et l'innovation : C'est le moteur le plus puissant à long terme. L'invention
de nouvelles technologies (comme Internet), de nouveaux procédés ou de nouveaux produits
permet de produire plus et mieux avec les mêmes ressources.
3. L'augmentation et l'amélioration du capital humain : Une population éduquée, qualifiée et en
bonne santé est plus productive. L'investissement dans l'éducation et la santé est donc un facteur
clé de croissance.
4. La disponibilité et la bonne gestion des ressources naturelles : Le pétrole, les minerais, les
terres agricoles peuvent booster la croissance. Cependant, ce facteur peut être une "malédiction
des ressources" si elles sont mal gérées.
5. La qualité des institutions et le cadre politique : Un État stable, un système juridique qui
protège les droits de propriété, une lutte contre la corruption et une bureaucratie efficace créent
un environnement favorable aux investissements et à l'initiative privée.
6. Cinq avantages de la croissance économique
Une croissance forte et bien gérée offre de nombreux bénéfices :
1. Augmentation du niveau de vie moyen : La croissance du PIB se traduit généralement par une
augmentation des revenus des ménages, leur permettant de consommer plus de biens et de
services.
2. Création d'emplois : Une économie en expansion a besoin de plus de main-d'œuvre pour
répondre à la demande accrue, ce qui réduit le chômage.
3. Amélioration des recettes publiques : L'État perçoit plus d'impôts (sur les bénéfices des
entreprises, les salaires, la consommation). Ces recettes peuvent être utilisées pour financer les
services publics : éducation, santé, sécurité sociale, infrastructures.
4. Réduction de la pauvreté : Avec plus d'emplois et des revenus plus élevés, une partie de la
population peut sortir de la pauvreté.
5. Financement de l'innovation et du progrès social : Les richesses créées permettent à la société
d'investir dans la recherche et le développement, ainsi que dans des politiques sociales plus
ambitieuses.
7. Les méfaits de la croissance sur le bien-être
La croissance n'est pas une panacée. Si elle n'est pas maîtrisée, elle peut même nuire au bien-être :
· Les externalités négatives environnementales : C'est le méfait le plus évident. Une croissance
basée sur l'exploitation intensive des ressources entraîne pollution de l'air et de l'eau,
déforestation, épuisement des ressources et changement climatique, ce qui dégrade directement
la qualité de vie et la santé.
· L'accroissement des inégalités : Souvent, les fruits de la croissance sont très inégalement
répartis. Les riches peuvent s'enrichir beaucoup plus vite que les pauvres, creusant le fossé social
et générant des tensions, de l'exclusion et un sentiment d'injustice.
· Les problèmes de santé liés au mode de vie : La croissance s'accompagne parfois de stress, de
surmenage, de consommation excessive (malbouffe) et de sédentarité, menant à des problèmes
de santé publique (obésité, maladies cardio-vasculaires, troubles mentaux).
· L'épuisement des ressources non renouvelables : Une croissance vorace en énergie et en
matières premières compromet le bien-être des générations futures.
· La perte du capital social et du bien-être psychologique : Dans une société trop axée sur la
consommation et la performance matérielle, les valeurs communautaires, la solidarité et le temps
pour soi et pour les proches peuvent être négligés, menant à un sentiment de vide et de mal-être.
8. Comment le développement peut accompagner la croissance économique
Le développement n'est pas un simple résultat de la croissance ; il peut en être un puissant
accélérateur. Voici comment il l'accompagne :
· En créant un capital humain de qualité : Un système éducatif performant et un système de santé
accessible forment une main-d'œuvre qualifiée, innovante et en bonne santé, ce qui booste la
productivité et donc la croissance.
· En renforçant la cohésion sociale et la stabilité : En réduisant les inégalités et la pauvreté grâce
à des politiques de redistribution (allocations, impôts progressifs), le développement prévient les
conflits sociaux et les instabilités politiques. Un pays stable est plus attractif pour les
investisseurs.
· En élargissant le marché intérieur : Quand le développement permet à toute la population
d'avoir un pouvoir d'achat décent, la demande de biens et de services augmente. Cette demande
stimule la production nationale et encourage les entreprises à investir.
· En favorisant la bonne gouvernance : Le développement implique souvent un renforcement des
institutions (État de droit, lutte contre la corruption). Un cadre institutionnel solide et transparent
est essentiel pour une croissance saine et durable.
· En orientant la croissance vers des secteurs porteurs : Les politiques de développement peuvent
encourager les investissements dans des secteurs d'avenir et durables (énergies vertes, économie
numérique, santé), assurant une croissance plus résiliente.
En résumé : Le développement transforme la croissance quantitative en une dynamique
vertueuse de progrès qualitatif, qui à son tour alimente une croissance plus solide et mieux
partagée.
9. Les manifestations du développement
Le développement n'est pas qu'un chiffre (l'IDH), il se voit et se vit dans la société. Ses
manifestations concrètes sont :
· Dans le domaine de la santé : Une espérance de vie plus longue, une baisse de la mortalité
infantile, un meilleur accès aux soins, une éradication des grandes pandémies.
· Dans le domaine de l'éducation : Un taux d'alphabétisation élevé, une scolarisation obligatoire
et effective, un accès massif à l'enseignement supérieur et à la formation professionnelle.
· Dans le domaine économique et social : Une réduction visible de la pauvreté absolue, une
diminution des inégalités sociales et territoriales, un système de protection sociale (retraite,
assurance chômage, couverture maladie) qui protège les individus.
· Dans le domaine des libertés et de la gouvernance : L'existence d'élections libres, la liberté de
la presse, le respect des droits de l'homme, l'indépendance de la justice, la participation des
citoyens à la vie publique.
· Dans le domaine des infrastructures et du cadre de vie : Un accès généralisé à l'eau potable, à
l'assainissement, à l'électricité, à un logement décent, ainsi qu'à des transports et des
communications modernes.
10. L’impact du développement sur la croissance
Comme évoqué précédemment, le développement a un impact profondément positif sur la
croissance. Il ne s'agit pas d'une relation à sens unique (croissance → développement), mais d'un
cercle vertueux.
· Effet productivité : Un peuple en bonne santé et bien éduqué est un peuple plus productif. Un
travailleur qualifié utilise mieux les technologies et innove davantage.
· Effet demande : Une population au pouvoir d'achat accru constitue un vaste marché intérieur
qui stimule la production et les investissements des entreprises nationales.
· Effet stabilité : Une société plus égalitaire et juste est plus stable politiquement et socialement.
Cette stabilité est un critère essentiel pour attirer les investissements étrangers, qui sont un
carburant pour la croissance.
· Effet innovation : Un système éducatif et de recherche développé est le terreau de l'innovation
technologique, qui est le principal moteur de la croissance à long terme.
En clair : Le développement n'est pas le "luxe" d'un pays riche, c'est un investissement
stratégique pour générer et soutenir une croissance solide.
11. Comment le développement peut ne pas accompagner la croissance
C'est une situation malheureusement courante, souvent appelée « croissance sans développement
» ou « mal-développement ». Plusieurs scénarios peuvent expliquer ce découplage :
· Une croissance très inégalitaire : Si les richesses créées sont accaparées par une petite élite (par
exemple, dans une économie basée sur les ressources naturelles comme le pétrole), la majorité de
la population ne voit pas son sort s'améliorer. Le PIB peut croître fortement tandis que la
pauvreté et les inégalités augmentent. C'est la "malédiction des ressources".
· Une croissance destructrice de l'environnement : Une croissance industrielle polluante peut
générer des revenus, mais elle détériore simultanément la santé de la population (par la pollution)
et son capital productif futur (en épuisant les sols ou les forêts). La qualité de vie baisse malgré
la hausse du PIB.
· Une mauvaise gouvernance et la corruption : Les revenus de la croissance peuvent être
détournés par la corruption au lieu d'être investis dans les services publics (écoles, hôpitaux).
L'État ne joue pas son rôle de redistributeur et de garant du bien-commun.
· Une croissance qui ignore le capital humain : Un pays peut avoir une croissance basée sur des
industries à faible valeur ajoutée qui n'exigent pas une main-d'œuvre qualifiée. Dans ce cas, il n'y
a pas de pression pour améliorer le système éducatif, et la population reste peu qualifiée et
pauvre.
· Des dépenses militaires ou somptuaires excessives : Les richesses nationales peuvent être
gaspillées dans des dépenses improductives (armement, grands projets inutiles) plutôt que d'être
investies dans la santé, l'éducation ou les infrastructures de base qui bénéficient directement à la
population.
Pour retenir simplement : La croissance sans développement, c'est comme un gâteau qui grossit,
mais dont seules quelques personnes ont le droit de manger. Les autres ont faim, et la cuisine est
tellement sale que tout le monde tombe malade.