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Formulation faible de l'équation de la chaleur

L'équation de la chaleur est une équation aux dérivées partielles utilisée pour modéliser le transfert thermique, mais sa formulation classique peut être trop restrictive. Pour surmonter cela, la formulation faible est adoptée, permettant une approche plus souple qui utilise des intégrales et diminue les exigences de régularité. Cette formulation est essentielle pour les méthodes numériques modernes, comme la méthode des éléments finis, et offre une interprétation physique cohérente du transfert thermique.

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Formulation faible de l'équation de la chaleur

L'équation de la chaleur est une équation aux dérivées partielles utilisée pour modéliser le transfert thermique, mais sa formulation classique peut être trop restrictive. Pour surmonter cela, la formulation faible est adoptée, permettant une approche plus souple qui utilise des intégrales et diminue les exigences de régularité. Cette formulation est essentielle pour les méthodes numériques modernes, comme la méthode des éléments finis, et offre une interprétation physique cohérente du transfert thermique.

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2.1.

1 Introduction et motivation

L’équation de la chaleur constitue un exemple fondamental d’équation aux dérivées partielles


de type parabolique, largement utilisée pour modéliser les phénomènes de transfert thermique
dans les milieux solides. Dans sa formulation classique, dite formulation forte, on suppose que
la solution est suffisamment régulière pour admettre des dérivées partielles d’ordre deux par
rapport à l’espace et d’ordre un par rapport au temps, et que l’équation est satisfaite point par
point dans le domaine considéré.

Cependant, cette hypothèse de régularité est souvent trop restrictive et ne correspond pas
toujours aux situations rencontrées en pratique. En effet, lorsque le domaine présente une
géométrie complexe ou lorsque les données du problème sont peu régulières, il peut arriver
que la solution classique n’existe pas, bien que le phénomène physique étudié ait un sens réel.

Afin de surmonter ces difficultés, il est nécessaire d’élargir la notion de solution en adoptant
une approche plus souple, connue sous le nom de formulation faible ou formulation
variationnelle. Cette approche consiste à considérer la solution comme un tout global, à travers
des quantités intégrales, plutôt que par ses valeurs ponctuelles. On s’intéresse ainsi à des
expressions de la forme

∫ 𝑢(𝑥) 𝑣(𝑥) 𝑑𝑥,


Ω

où 𝑣désigne une fonction test appropriée.

La formulation faible permet de diminuer les exigences de régularité imposées à la solution,


tout en conservant une interprétation mathématique et physique cohérente du problème. De
plus, elle constitue le cadre théorique fondamental des méthodes numériques modernes,
notamment la méthode des éléments finis.

2.1.2 Formulation forte

On considère l’équation de la chaleur comme modèle fondamental du transfert thermique par


conduction dans un domaine spatial Ω ⊂ ℝ2 , muni de conditions aux limites appropriées. Dans
sa formulation forte, le problème s’écrit sous la forme suivante :
∂𝑢
(𝑡, 𝑥) − Δ𝑢(𝑡, 𝑥) = 𝑓(𝑡, 𝑥), (𝑡, 𝑥) ∈]0, 𝑇[× Ω,
∂𝑡
où 𝑢(𝑡, 𝑥)représente la température au point 𝑥et à l’instant 𝑡, 𝑓(𝑡, 𝑥)désigne un terme source,
et Δest l’opérateur laplacien.
Cette équation est complétée par une condition initiale :

𝑢(0, 𝑥) = 𝑢0 (𝑥), 𝑥 ∈ Ω,

et par des conditions aux limites. Dans le cas de conditions de Dirichlet homogènes, on impose :

𝑢(𝑡, 𝑥) = 0, 𝑥 ∈ ∂Ω.

La formulation forte repose sur l’hypothèse que la solution 𝑢est suffisamment régulière pour
que toutes les dérivées partielles intervenant dans l’équation soient bien définies au sens
classique.

2.1.3 Passage de la formulation forte à la formulation faible

On part de la formulation forte :


∂𝑢
− Δ𝑢 = 𝑓dans Ω,
∂𝑡

avec la condition 𝑢 = 0 sur ∂Ω.

On multiplie cette équation par une fonction test 𝑣 ∈ 𝐻01 (Ω)et on intègre sur le domaine Ω:
∂𝑢
∫ 𝑣 𝑑𝑥 − ∫ Δ𝑢 𝑣 𝑑𝑥 = ∫ 𝑓 𝑣 𝑑𝑥.
Ω ∂𝑡 Ω Ω

En appliquant la formule de Green et en utilisant le fait que 𝑣 = 0sur ∂Ω, on obtient :

− ∫ Δ𝑢 𝑣 𝑑𝑥 = ∫ ∇𝑢 ⋅ ∇𝑣 𝑑𝑥.
Ω Ω

La formulation faible du problème s’écrit alors :


∂𝑢
∫ 𝑣 𝑑𝑥 + ∫ ∇𝑢 ⋅ ∇𝑣 𝑑𝑥 = ∫ 𝑓 𝑣 𝑑𝑥, ∀𝑣 ∈ 𝐻01 (Ω).
Ω ∂𝑡 Ω Ω
2.1.4 Espaces fonctionnels

La formulation faible fait intervenir des intégrales et des dérivées au sens faible. Il est donc
nécessaire de définir des espaces fonctionnels adaptés.

On introduit l’espace 𝐿2 (Ω), constitué des fonctions de carré intégrable sur Ω. Cet espace est
naturellement associé aux termes intégrés de la formulation faible.

Comme la formulation faible fait également intervenir le gradient de la solution, on introduit


l’espace de Sobolev 𝐻1 (Ω), défini par :

𝐻1 (Ω) = {𝑢 ∈ 𝐿2 (Ω) ∣ ∇𝑢 ∈ 𝐿2 (Ω)}.

Dans le cas de conditions de Dirichlet homogènes, on considère l’espace 𝐻01 (Ω), constitué des
fonctions de 𝐻1 (Ω)s’annulant sur le bord ∂Ω.

2.1.5 Interprétation physique

La formulation faible repose sur une approche globale fondée sur des intégrales, ce qui
correspond mieux à l’interprétation physique du transfert thermique.

Le terme
∂𝑢
∫ 𝑣 𝑑𝑥
Ω ∂𝑡

représente la variation temporelle moyenne de l’énergie thermique.

Le terme

∫ ∇𝑢 ⋅ ∇𝑣 𝑑𝑥
Ω

est lié au flux de chaleur à l’intérieur du domaine, conformément à la loi de Fourier.

Le second membre

∫ 𝑓 𝑣 𝑑𝑥
Ω

modélise les sources ou puits de chaleur internes.


Ainsi, la formulation faible exprime le principe de conservation de l’énergie thermique sous une
forme intégrale et constitue un cadre naturel pour la résolution numérique par la méthode des
éléments finis.

Bibliographie

[1] Roux, R., Étude de l’équation de la chaleur, Notes de cours universitaires.

[2] Dib, S., Méthodes d’éléments finis pour le problème de Darcy couplé avec l’équation de la
chaleur, Thèse de doctorat.

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