Fiches de cours – 4ème Math CH 14 : Géométrie dans l’espace Nabil Ammar
A. Rappels et compléments
I. Calcul vectoriel dans l’espace
Un vecteur u dans l’espace comme dans le plan est caractérisé par sa direction, son sens et sa longueur u
Ainsi on a les mêmes propriétés de la colinéarité et de l’addition des vecteurs
On dit qu’une droite est dirigée par un vecteur non nul u lorsqu’ils ont la même direction
Dans ce cas : v un vecteur directeur de si et seulement si u et v sont colinéaires ( v u avec )
On dit qu’un plan P est dirigé par deux vecteurs non nuls u et v lorsque u et v sont non colinéaires et
chacun d’eux est directeur d’une droite contenue dans le plan P (on dit aussi vecteurs du plan)
Dans ce cas ; w un vecteur directeur de P si et seulement si w u v avec , 2
On dit que les trois vecteurs u, v et w sont coplanaires dans P et forment une famille liée
u, v est donc une base cartésienne du plan P.
Si w est un vecteur non nul et non directeur d’un plan P dirigé par deux vecteurs non nuls u et v
Alors les trois vecteurs u, v et w sont non coplanaires et forment une famille libre
u, v, w est donc une base cartésienne de l’espace
Pour tout vecteur t de l’espace, t u v w avec , , 3
Base cartésienne de l’espace
B i, j, k est une base cartésienne de l’espace si et seulement si i, j et k forment une famille libre
Tout vecteur u de l’espace se décompose de manière unique dans la base B et donc il existe un unique triplet
a 0
a,b,c des réels (appelés composantes de u ) tel que u a i b j ck . On écrit u b en particulier 0 0
c 0
a a ' a a'
On a pour tout réel , u b et pour tout vecteur v b ' , u v b b'
c c' c c'
B i, j, k est une base orthogonale de l’espace si et seulement si B i, j, k est une base cartésienne et les
vecteurs i, j et k deux à deux orthogonaux
B i, j, k est une base orthonormée de l’espace si et seulement si B i, j, k est une base orthogonale et les
vecteurs i, j et k sont unitaires ( i j k 1 )
a
Si u b dans une base orthonormée alors la norme de u est u a 2 b2 c2
c
Repère cartésien de l’espace
Un point O et une base B i, j, k cartésienne de l’espace forment un repère O,i, j, k cartésien de l’espace.
Pour tout point M de l’espace, il existe un unique triplet x M , yM ,z M des réels tels que OM x M i yM j zM k
On écrit M x M , yM ,zM . Les coordonnées du point M dans : x M est l'abscisse, y M est l'ordonnée,
zM est la cote du point M dans le repère
AB x B x A i yB yA j z B z A k
O,i, j, k est un repère orthogonal de l’espace lorsque B i, j, k est une base orthogonale.
O,i, j, k est un repère orthonormé de l’espace lorsque B i, j, k est une base orthonormée.
Dans ce cas la distance AB AB x B x A yB yA z B z A
2 2 2
Géométrie dans l’espace 1
Fiches de cours – 4ème Math CH 14 : Géométrie dans l’espace Nabil Ammar
Dans tout le reste du cours on se met dans le cas d’un repère orthonormé O,i, j, k de l’espace
Produit scalaire de deux vecteurs dans l’espace
Pour tous vecteurs u et v de l’espace, le produit scalaire de u et v est le réel noté u v et défini comme dans le
plan puisque ils sont déjà coplanaires. Ainsi on a les propriétés suivantes :
u v 0 u v ( u et v orthogonaux)
Si u et v non nuls alors u v u v cos où u , v 2 c-à-dire AB AC AB AC cos BAC
a a '
Si u b et v b' alors u v a a ' b b' c c'
c c'
u v u v en particulier u v u v si et seulement si u et v sont colinéaires
2 2 2 2
u v v u en particulier u u u u c-à-dire AB AB AB AB AB2
Pour tous réels et , on a : u v u v
u v w u v u w , u v u v 2u v et u v u v u
2 2 2 2 2
v
Produit vectoriel de deux vecteurs dans l’espace
Pour tous vecteurs u et v de l’espace, le produit vectoriel de u et v est un vecteur noté u v et défini par :
u v 0 si et seulement si u et v sont colinéaires (en particulier u u 0 )
Sinon u v w 0 tel que :
w u et w v
u, v, w est une base orientée dans le sens direct de l’espace
w u v sin où u , v 2 c-à-dire
AB AC AB AC sin BAC
Propriétés
a a '
b b' c c' a a'
k bc' cb ' i ca ' ac' j ab ' ba ' k
Si u b et v b' alors u v i j
c c' c c' a a' b b'
u v u v en particulier u v u v si et seulement si u et v sont orthogonaux
u v v u et u v w u v u w
Pour tous réels et , on a : u v u v
Produit mixte (déterminant) de trois vecteurs dans l’espace
Le déterminant de trois vecteurs u, v et w est le réel noté et défini par : dét u , v, w u v w u v w
Propriétés
dét u , v, w dét v, w, u dét w , u, v (cycle) et dét u , v, w dét v, u, w (permutation).
a a' a" a a ' a"
b ' b" c ' c" a ' a"
Si u b , v b' et w b" alors dét u , v, w b b' b" u v w a b c
c c' c" c ' c" a ' a" b ' b"
c c' c"
u, v et w sont coplanaires si et seulement dét u , v, w 0
Géométrie dans l’espace 2
Fiches de cours – 4ème Math CH 14 : Géométrie dans l’espace Nabil Ammar
II. Equations d’une droite, d’un plan et d’une sphère dans l’espace
1) Equations d’une droite
La droite D A ,u est la droite passant par le point A et de vecteur directeur non nul u
Représentation paramétrique de la droite D A,u
a
Soit le point A x A , y A , zA et le vecteur u b tel que a, b, c 0, 0, 0
c
x x A a
L’ensemble des points M x, y, z vérifiant y y A b ; est la droite D A,u
z z c
A
Positions relatives de deux droites D et D’ de l’espace
Les vecteurs directeurs
Les vecteurs directeurs Les vecteurs directeurs de de D et D’ ne sont pas
de D et D’ sont D et D’ sont colinéaires.
D D’ = D = D’. colinéaires D D’ =
colinéaires. Les vecteurs directeurs de
D D’ = . D et D’ sont O . D et D’ ne sont pas
confondues. D et D’ sont colinéaires et
D et D’ sont strictement
parallèles. (D // D’) (D // D’). sécantes D D’ = .
en O.
D et D’ sont coplanaires D et D’ ne sont pas
coplanaires
2) Equation d’un plan
Le plan P (A,u, v) est le plan passant par A et dirigé par les vecteurs directeurs non colinéaires u et v
Représentation paramétrique du plan P (A,u, v)
a a'
Soient le point A x A , y A , zA et u b , v b ' deux vecteurs non colinéaires.
c c '
x x A a a'
L’ensemble des points vérifiant le système y y A b b' avec , 2 est le plan P (A,u,v) .
z z c c '
A
Equation cartésienne d’un plan
Tout plan de l’espace a une équation cartésienne de la forme ax by cz d 0 où a, b, c et d sont des
constantes réelles telles que (a, b, c) ≠ (0, 0, 0).
Toute équation de la forme ax by cz d 0 où a, b, c et d sont des constantes réelles telles que
a
(a, b, c) ≠ (0, 0, 0) est celle d’un plan de l’espace de vecteur normal n b
c
Soit P : ax by cz d 0 un plan de l’espace et soit u un vecteur de l’espace. u est un vecteur du plan P, si
et seulement si, a b c 0
Géométrie dans l’espace 3
Fiches de cours – 4ème Math CH 14 : Géométrie dans l’espace Nabil Ammar
Soit (D) une droite de l’espace L’espace E est rapporté à un Le plan passant par A et
E , un vecteur directeur de repère orthonormé de vecteur normal , est
(D), A un point de E et H son l’ensemble des points M
projeté orthogonal sur (D). Soit le plan P: de E tels que
,
La distance du point A à la
droite (D) est le réel positif
un point de
AH, noté
l’espace et H le projeté
Le point H vérifie les orthogonal de A sur P.
La distance du point A au plan
conditions :
P noté est le réel
positif AH égale à :
Equation d’une sphère
Soient I un point de l’espace et R un réel positif.
On appelle sphère de centre I et de rayon R, l’ensemble des points M de l’espace tels que IM=R. On la note S(I,R)
Théorème :
Soient I (a, b, c) un point de l’espace et R un réel positif. Une équation cartésienne de la sphère S (I, R) de centre I et de
rayon R est : (x - a) ² + (y - b) ² + (z - c) ² = R²
Théorème :
Soit S une sphère de centre I et de rayon R et P un plan de l’espace. On désigne par H le projeté orthogonal du point I sur
le plan P et on pose d = IH.
* Si d > R alors P S = et on dit que P et S sont disjoints.
* Si d = R alors P S = H et on dit que P et S sont tangents en H.
* Si d < R alors P S est le cercle C du plan
PS = P S = H
PS = C
Géométrie dans l’espace 4
Fiches de cours – 4ème Math CH 14 : Géométrie dans l’espace Nabil Ammar
III. Compléments de cours : positions relatives, distances, aires et volumes
Remarques :
Une ligne (droite ou cercle) dans l’espace admette deux équations cartésiennes respectivement de deux surfaces
(plans ou sphères) dont l’intersection est cette ligne.
Soient, dans l’espace, deux plans P : a x + b y + c z + d = 0 et P’ : a’ x + b’ y + c’ z + d’ = 0 de vecteurs normaux
a a'
respectifs N b et N' b' . On a :
c c'
P // P’ N et N' sont colinéaires P P’ N N'
D (A, u ) // P u N D (A, u ) P u et N sont colinéaires
D (A, u ) D (B, v ) u v D (A, u ) // D (B, v ) u et v sont colinéaires
Soient A, B et C trois Deux plans P et P’ sont
Si et sont deux
points non alignés. parallèles si et seulement si,
vecteurs directeurs tout vecteur de l’un est un
L’aire du triangle ABC d’un plan P de l’espace vecteur de l’autre.
est alors le vecteur Soit P :
est un vecteur normal et P’ :
au plan P. avec a’, b’ et c’ trois réels
non nuls.
Activité
Soient un triangle ABC et H le pied de sa hauteur issue de C.
Soit le point D tel que ABDC soit un parallélogramme.
On désigne par A l’aire du parallélogramme ABDC.
1) Montrer que A = AB AC .
2) En déduire l’aire du triangle ABC.
Activité
On considère un point A et une droite passant par un point B et de
vecteur directeur u .Soit H le projeté orthogonal de A sur .
Montrer que la distance AH (distance de A à ) est donnée
AB u
par la formule : AH .
u
Retenons
1) Le volume du prisme droit Le volume du parallélépipède Le volume du tétraèdre ABCD est
ABCA'B'C' est A ABC AA ' OADBCA'D'B' est A OADB OH 1
A BCD AH qui est égale à
2) Le volume du tétraèdre ABCA’ est 3
qui est égale à dét OA,OB,OC
A ABC AA' 1
6
dét AB, AC, AD
3
Géométrie dans l’espace 5
Fiches de cours – 4ème Math CH 14 : Géométrie dans l’espace Nabil Ammar
B. Translation et homothétie dans l’espace
I. Translation
Définition :
Soit u un vecteur de l’espace. L’application qui à tout point M de l’espace associe l’unique point M’ tel que MM' u
est appelée translation de vecteur u et notée t u .
Pour tous point M et M’ de l’espace, t u M M' équivaut à MM' u
Théorème :
Toute translation de l’espace de vecteur u est bijective. Son application réciproque est la translation de vecteur u
Pour tous point M et N de l’espace, N t u M équivaut à M t u N
Théorème (propriété caractéristique)
Une application de l’espace dans lui-même est une translation, si et seulement si, pour tous points M et N d’images
respectives M’ et N’, M'N' MN
Conséquence :
Toute translation de l’espace conserve la distance.
Toute translation de l’espace conserve le produit scalaire.
Toute translation conserve le parallélisme et l’orthogonalité.
Toute translation conserve le milieu
Théorème :
L’image d’une droite par une translation est une droite qui lui est parallèle
L’image d’un plan par une translation est un plan qui lui est parallèle
En particulier : Si u est un vecteur directeur de (droite ou plan) alors t u
Théorème :
L’image d’une sphère S par une translation est une sphère S’ de même rayon et de centre l’image du centre.
Théorème :
l’espace est muni d’un repère O,i, j, k
a
Soit u b un vecteur de l’espace
c
x ' x a
Si M x, y,z est un point de l’espace et M' x', y',z' est son image par la translation de vecteur u alors y' y b
z ' z c
x ' x a
L’application qui à tout point M x, y, z associe le point M' x', y',z' tel que y' y b est la translation
z ' z c
a
de vecteur u b
c
Géométrie dans l’espace 6
Fiches de cours – 4ème Math CH 14 : Géométrie dans l’espace Nabil Ammar
II. Homothétie
Définition :
Soit I un point de l’espace et k un réel non nul. L’application qui à tout point M de l’espace associe l’unique point M de
l’espace associe l’unique point M’ tel que IM' k IM est appelée homothétie de centre I et de rapport k, elle est notée
h I, k . Pour tous points M et M’ de l’espace, h I , k M M ' équivaut à IM' k IM
Théorème :
Toute homothétie de centre I et de rapport non nul k est une bijection de l’espace et admet comme application réciproque
1
l’homothétie de centre I et de rapport . Pour tous point M et N de l’espace, N h I, k M équivaut à M h 1 N
k I,
k
Théorème (propriété caractéristique)
Soit f une application de l’espace dans lui-même et k un réel non nul et différent de I. f est une homothétie de rapport k, si
et seulement si, pour tous points M et N d’images respectives M’ et N’ par f, M'N' k MN
Conséquence :
Soit h une homothétie de l’espace de rapport k.
Pour tous point M et N d’images respectives M’ et N’ par h, M'N' k MN
Toute homothétie conserve le parallélisme et l’orthogonalité
Toute homothétie conserve le milieu.
Toute homothétie de l’espace conserve le contact
Théorème :
L’image d’une droite par une homothétie est une droite qui lui est parallèle.
L’image d’un plan par une homothétie est un plan qui lui est parallèle.
En particulier : Si le centre d’une homothétie h appartient à (droite ou plan) alors h
Théorème :
L’image d’une sphère S de centre I et de rayon R par une homothétie de l’espace de rapport k et une sphère S’ de centre I’
image de I et de rayon k R
Théorème :
L’espace est muni d’un repère orthonormé O,i, j, k
Soit un point I a, b, c , k un réel non nul et différent de 1 et h l’homothétie de centre I et de rapport k.
x ' kx 1 k a
Si M x, y,z est un point de l’espace et M' x', y',z' est son image par h, alors y' ky 1 k b
z ' kz 1 k c
x ' kx
L’application qui à tout point M x, y,z associe le point M' x', y',z' tel que y' ky , k 1 est l’homothétie de
z ' kz
centre I , , et de rapport k.
1 k 1 k 1 k
Géométrie dans l’espace 7