Guide Complet sur les Données Statistiques
Guide Complet sur les Données Statistiques
1 DONNÉES STATISTIQUES 3
1.1 Un peu de vocabulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Notations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.3 Démarches statistiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
4 Analyse bi-variée 30
4.1 Tableau de contingence, distributions marginales, distributions conditionnelles 30
4.1.1 Tableau de contingence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
4.1.2 Distributions marginales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
4.1.3 Distributions conditionnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
1
CONTENTS 2
DONNÉES STATISTIQUES
Exemple 1.1.1 Ensemble des ménages d’une ville. Un "ménage" est un individu.
Le nombre total de ménages est la taille de la population. On peut extraire les
ménages d’un quartier pour avoir un échantillon.
Définition 1.1.2 Une variable ou un caractère est une propriété commune aux
individus de la population que l’on souhaite étudier.
Exemple 1.1.2 Couleur préférée; Niveau d’étude; nombre d’enfants; âge sont des
variables que l’on peut étudier sur une population d’employés.
Définition 1.1.3 Les modalités d’une variable sont les "valeurs" possibles de cette
variable.
3
CHAPTER 1. DONNÉES STATISTIQUES 4
1. Une variable qualitative est une variable dont les modalités ne sont pas des
nombres(non mesurable). Exemple: Couleur préférée, niveau d’étude.
(a) S’il est possible d’ordonner les modalités, on dit que la variable est qualitative
ordinale. Exemple: Niveau d’étude.
(b) Si non, on dit qu’elle est qualitative nominale. Exemple:Couleur
préférée.
2. Une variable quantitative est une variable dont les modalités sont des nombres(mesurable).
Exemple: Nombre d’enfants, âge.
(a) Si les valeurs sont des nombres entiers ou "isolés" (en nombre fini), on
dit que la variable est discrète. Exemple: Nombre d’enfants.
(b) Si par contre la variable est susceptible de prendre n’importe quelle valeur
dans un intervalle de R, on dit qu’elle est continue. Exemple:âge.
Définition 1.1.5 Une série statistique est un ensemble de couples {(Mi , ni )}1≤i≤p
ou {(xi , ni )}1≤i≤p où
1.2 Notations
(pas d’ordre)
Variable qualita ve
(possibilité d’ordonner)
Caractère ou variable
sta s que
(valeurs précises)
Variable quan ta ve
Terminologie Notation
Taille de la population N
Population P = {1, . . . N }
Individu u∈P
Variable ou caractère X, Y, . . .
Valeur de la variable X pour l’individu u X(u)
Série statistique simple brute pour X {X(1), X(2), . . . X(N )}
Série statistique double brute pour X et Y {(X(1), Y (1)) , . . . (X(N ), Y (N ))}
Employés 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
Tableau 1.2.1
Marque C R C N P P P R C N
nominal.
X(1) = Citroen, X(7) = P eugeot.
• La statistique inférentielle
C’est la méthode statistique pour laquelle il est possible de déduire les caractéristiques
quantitatives de toute une population à partir d’une étude sur un échantillon
issu de celle-ci. Elle nécessite des méthodes d’échantillonnage et des méthodes
probabilistes.
ORGANISATION DES
DONNÉES
Dans le chapitre précédent nous avons vu des exemples de séries statistiques simples
dont les données sont écrites sous forme brute : {X(1), X(2), . . . X(N )}. Dans la
pratique, le nombre d’individus étant typiquement très grand, il faut réorganiser ces
données en les regroupant. On dit qu’on fait un dépouillement. La première étape
consiste:
Terminologie Notation
Nombre de modalités/valeur/classes pour X p
Modalités d’une variable qualitative X X(P) = {m1 , . . . mp }
Valeurs prises par une variable discrète X X(P) = {x1 , . . . xp }
Intervalles pour une variable continue X X(P) = {[a0 ; a1 [, . . . [ap−1 ; ap [}
7
CHAPTER 2. ORGANISATION DES DONNÉES 8
On a toujours p ≤ N .
Propriétés 1
p
X p
X
ni = N et fi = 1 (2.1)
i=1 i=1
A l’aide ces quantités, on peut construire un tableau qui permet de résumer ces
données.
Exemple 2.2.3 Revenus moyens (en milliers de F) des ménages d’un quartier.
Revenus [75; 100[ [100; 150[ [150; 200[ [200; 300[ [300; 500[ Total
Tableau 2.2.3 Nbre ménages 12 24 36 6 2 80
Fréquences
• si elle est quantitative discrète, les valeurs sont classées en ordre croissant :
x1 < x2 < · · · < xp ;
k
X p
X
νk = nj et νek = nj (2.2)
j=1 j=k
k
X p
X
ϕk = fj et ϕek = fj (2.3)
j=1 j=k
Remarque 2.2.1
ν1 = n1
νk+1 = νk + nk+1 ∀k ∈ {1 . . . p − 1} (2.4)
νp = N
νep = np
νek−1 = νek + nk−1 ∀k ∈ {1 . . . p − 1} (2.5)
νe1 = N
ϕ1 = f1
ϕk+1 = ϕk + fk+1 ∀k ∈ {1 . . . p − 1} (2.6)
ϕp = 1
ϕep = fp
ϕek−1 = ϕek + fk−1 ∀k ∈ {1 . . . p − 1} (2.7)
ϕe1 = 1
INTERPRÉTATIONS
(a) L’effectif cumulé croissant (νk ) d’une classe [ak−1 ; ak [ représente le nombre
d’individus de la population dont la valeur de la variable est strictement inférieure à ak ;
(b) L’effectif cumulé décroissant (νek ) d’une classe [ak−1 ; ak [ représente le nombre
d’individus de la population dont la valeur de la variable est supérieure ou égale à ak−1 ;
(c) La fréquence cumulée croissante (ϕk ) d’une classe [ak−1 ; ak [ représente le
pourcentage d’individus de la population dont la valeur de la variable est
strictement inférieure à ak ;
(d) La fréquence cumulée décroissante (ϕek ) d’une classe [ak−1 ; ak [ représente
le pourcentage d’individus de la population dont la valeur de la variable
est supérieure ou égale à ak−1 ;
Revenus [75; 100[ [100; 150[ [150; 200[ [200; 300[ [300; 500[ Total
Nbre ménages 12 24 36 6 2 80
Fréquences
Tableau 2.2.5 νk
νek
ϕk
ϕek
2. Dans le cas de classes qui ont toutes la même longueur, il n’est pas nécessaire
de calculer la densité de proportion, il est suffisant d’étudier les fréquences
relatives ou absolues (qui sont directement proportionnelles à la densité de
proportion)
APPLICATIONS
6%
14%
36%
Marié
Célibataire
Divorcé
44%
Veuf(ve)
Diagrammes en barres
Pour obtenir un diagramme en barres, on trace un repère formé d’un axe horizontal
non gradué et d’un axe vertical gradué.
- Sur l’axe horizontal, on trace des rectangles de même largeur, représentant les
modalités, que l’on place à des distances régulières les uns des autres;
- Les hauteurs des rectangles sont proportionnelles aux effectifs ou aux fréquences
des modalités.
fi
li di = li = fi
li
Exemple 2.3.4
• ∀t ∈] − ∞, x1 [, FX (t) = 0;
REPRÉSENTATION GRAPHIQUE
• ∀t ∈] − ∞, a0 [, FX (t) = 0;
REPRÉSENTATION GRAPHIQUE
STATISTIQUE DESCRIPTIVE
UNIVARIEE
Définition 3.1.1 1. Si la variable X est discrète, son mode est la ou les valeurs
de la variable correspondant à la fréquence maximale.
18
CHAPTER 3. STATISTIQUE DESCRIPTIVE UNIVARIEE 19
Exemple 3.1.1
1
m = min xi : i ∈ 1, . . . p, ϕi ≥ (3.1)
2
Exemple 3.1.2
De manière analogue au cas discret, il est plus aisé d’avoir une définition qui
donne un nombre que l’on puisse calculer. On introduit donc la définition
suivante. La médiane d’une variable continue X, notée m, est la plus petite
solution de l’équation:
1
FX (t) = (3.2)
2
où FX est la fonction de répartition empirique de X. Autrement dit,
1
m = min t ∈ [a0 ; ap ] : FX (t) =
2
APPLICATION
• Quantiles d’ordre r:
Définition 3.1.5 • Pour n ∈ {1; 2; 3}, le nème quartile est le quantile d’ordre
n
: Qn .
4
4
Il y a 3 quartiles qui divisent la population en 4 parties égales.
n
• Pour n ∈ {1 . . . 9}, le nème décile est le quantile d’ordre : Qn.
10
10
Il y a 9 quartiles qui divisent la population en 10 parties égales.
n
• Pour n ∈ {1, . . . 99}, le nème centile est le quantile d’ordre : Q n .
100
100
Il y a 99 centiles qui divisent la population en 100 parties égales.
Méthode pratique:
2. Si non,
r − ϕi−1
Qr = (ai − ai−1 ) + ai−1 (3.5)
ϕi − ϕi−1
C’est la formule de l’interpolation linéaire.
APPLICATIONS
Poids en kg [5; 10[ [10; 15[ [15; 20[ [20; 30[ [30; 40[ [40; 50[ Total
Tableau 3.1.1 effectifs 3 4 6 12 15 10 50
f.c.c ϕi 0.06 0.14 0.26 0.50 0.80 1
p p
1 X X
x= ni xi = fi xi (3.7)
N i=1 i=1
APPLICATIONS
APPLICATIONS
Proposition 3.1.2 Une variable X est définie sur une population P subdivisée
en k sous populations P1 , . . . Pk , d’effectifs respectifs N1 , . . . Nk , et de moyennes
respectives x1 , . . . xk , alors la moyenne de la population est:
k
1 X
x = Pk Ni xi (3.8)
i=1 Ni i=1
APPLICATION
2. Moyenne géométrique
En effet,
p( )
1 X
GX = exp ni lnxi (3.10)
N i=1
p
( )
1 X
GX = exp lnxni i
N i=1
( p !)
1
xni i
Y
GX = exp ln
N i=1
p !1
N
ni
Y
GX = exp ln xi
i=1
q
n
GX = N
xn1 1 ∗ · · · ∗ xp p (3.11)
APPLICATION
3. Moyenne harmonique
APPLICATION
4. Moyenne quadratique
APPLICATION
Exemple 3.2.1
Exemple 3.2.2
Exemple 3.2.3
et l’écart-type est: q
σX = V (X)
Exemple 3.2.4
Proposition 3.2.1
p
fi x21 − x2
X
V (X) = (3.18)
i=1
Preuve:
Preuve:
APPLICATION:
Proposition 3.2.3 Une variable X est définie sur une population P subdivisée en k
sous populations P1 , . . . Pk , d’effectifs respectifs N1 , . . . Nk , de moyennes respectives
x1 , . . . xk , et de variances respectives V1 (X) . . . Vp (X) alors la variance de la population
est: p p
1 X 1 X
V (X) = Ni (xi − x)2 + Ni Vi (X) (3.21)
N i=1 N i=1
Variance des moyennes(Variance inter-population)+moyenne des variances(Variance
intra-population).
Preuve:
APPLICATION
APPLICATIONS
Critère d’aplatissement
1. Si γ2 < 0, son histogramme est plus arrondi et possède des queues plus
courtes (distribution plus aplatie que la distribution normale). On dit que
la distribution est platykurtique.
2. Si γ2 > 0, son histogramme est plus pointu et possède des queues plus longues
(distribution moins aplatie que la distribution normale). On dit que la distribution
est leptokurtique.
APPLICATION:
Analyse bi-variée
H Y
HH
y1 y2 ... yj ... yq Total
X HH
H
x1 n11 n12 ... n1j ... n1q n1.
x2 n21 n22 ... n2j ... n2q n2.
Tableau 4.1.1 ... ... ... ... ... ... ... ...
xi ni1 ni2 ... nij ... niq ni.
... ... ... ... ... ... ... ...
xp np1 np2 ... npj ... npq np.
Total n.1 n.2 ... n.j ... n.q n..
30
CHAPTER 4. ANALYSE BI-VARIÉE 31
• Les rapports fij = nnij.. sont appelés fréquences partielles. Il s’agit de la proportion
des individus qui présentent la modalité xi de la variable X et la modalité yj
de la variable Y .
X
fij = 1 (4.2)
i,j
q
ni. X
fi. = = fij (4.3)
N j=1
p
n.j X
f.j = = fij (4.4)
N i=1
Propriétés 5 • (P1):
p
X q
X
ni. = n.j = N (4.5)
i=1 j=1
• (P2):
p
X q
X
fi. = f.j = 1 (4.6)
i=1 j=1
nij
• La fréquence conditionnelle de yj sachant xi est la fréquence fj/i = ni.
Propriétés 6 •
p
X
∀j ∈ {1 . . . q} , fi/j = 1 (4.7)
i=1
• q
X
∀i ∈ {1 . . . p} , fj/i = 1 (4.8)
j=1
Exemple 4.1.1 Le tableau suivant indique les notes en Maths(X) et les notes en
Anglais(Y) obtenues par 50 étudiants à un examen.
HH Y
HH
11 12 13 Total
X HH
10 2 10 3 15
Tableau 4.1.2 11 3 9 6 18
14 1 5 6 12
15 0 2 3 5
Total 6 26 18 50
H Y
HH
11 12 13 Total
X HHH
10
Tableau 4.1.3 11
14
15
Total
HH Y
H
H 11 12 13 Total
HH
Tableau 4.1.5
Effectifs 6 26 18 50
H Y
HH
12 Total
X HH
H
10 10
Tableau 4.1.6 11 9
14 5
15 2
Total 26
H Y
HH
11 12 13 Total
X HH
H
Tableau 4.1.7
14 1 5 6 12
Total
H Y
HH
11 12 13 Total
X HHH
2 10 3
10 6 26 18
3 9 6
Tableau 4.1.8 11 6 26 18
1 5 6
14 6 26 18
0 2 3
15 6 26 18
Total 1 1 1
5. Tableau profils-ligne
H Y
HH
11 12 13 Total
X HHH
2 10 3
10 15 15 15
1
3 9 6
Tableau 4.1.9 11 18 18 18
1
1 5 6
14 12 12 12
1
0 2 3
15 5 5 5
1
Total
HH Y
HH
y1 y2 y3 y4 Total
X HH
x1 2 5 4 1 12
Exemple 4.2.1
x2 4 10 8 2 24
x3 6 15 12 3 36
T otal 12 30 24 6 72
HH Y
HH
y1 y2 y3 y4 Total
X HH
x1 7 0 0 1 8
Exemple 4.2.2
x2 0 0 8 0 8
x3 0 4 0 0 4
T otal 7 4 8 1 20
HH Y
HH
y1 y2 y3 Total
X HH
x1 0 5 0 5
Exemple 4.2.3 x2 3 0 0 3
x3 0 0 4 4
x4 0 0 5 5
Total 3 5 9 17
HH Y
HH
y1 y2 y3 y4 Total
X HH
x1 0 13 0 0 13
Exemple 4.2.4 x2 6 0 0 0 6
x3 0 0 12 0 12
x4 0 0 0 9 9
Total 6 13 12 9 40
q
X q
X p
X
!
X
y= f.j yji = fij yj = fij yj (4.10)
j=1 j=1 i=1 i,j
Application et interprétation
Tableau des notes en Maths(X) et des notes en Anglais (Y) d’une classe de 50
étudiants.
HH Y
H
10 12 Total
X HHH
8 2 3 5
10 15 20 35
12 4 6 10
Total 21 29 50
Attention la variance n’est pas linéaire. Nous verrons un peu plus tard comment
calculer la variance d’une combinaison linéaire.
Exemple:
yj y1 = 10 y2 = 14
x̄j 10.19 ...
Exemple:
xi ȳi
x1 = 8 11.2
x2 = 10 ...
x3 = 12 ...
2. Variances conditionnelles:
Il existe q variances conditionnelles de X sachant Y:
p
fi/j (xi − xj )2 j = 1 . . . q
X
Vj (x) = (4.15)
i=1
sachant X = xi sachant Y = yj
x̄j = pi=1 fi/j xi
P
Moyenne conditionnelle de X
Pq
Moyenne conditionnelle de Y ȳi = j=1 fj/i yj
Pp
Variance conditionnelle de X Vj (x) = i=1 fi/j (xi − xj )2
Pq 2
Variance conditionnelle de Y Vi (y) = j=1 fj/i (yj − y i )
et la variance marginale de Y:
p p
2
X X
V (Y ) = fi. (y i − y) + fi. Vi (Y ) (4.20)
i=1 i=1
4.5.1 Covariance
Soient X et Y deux variables quantitatives.
• Cov(X, X) = V ar(X)
Proposition 4.5.1
1 X X
Cov(X, Y ) = nij xi yj − x ∗ y = fij xi yj − x ∗ y (4.22)
N i,j i,j
Preuve:
•
Cov(aX + b, cY + d) = acCov(X, Y ) (4.23)
•
V ar(aX + bY ) = a2 V ar(X) + 2abCov(X, Y ) + b2 V ar(Y ) (4.24)
Preuve:
Preuve:
Cov(X, Y )
r(X, Y ) = (4.26)
σX .σY
Proposition 4.5.3
−1 ≤ r(X, Y ) ≤ 1 (4.27)
APPLICATION:
APPLICATION:
Définition 4.6.2 La droite de MAYER est l’unique droite qui passe par les points
moyens de G1 et G2 . Elle est définie par:
Y2 − Y1
(DY /X ) : Y = aX + b avec a = et b = Y1 − aX1 (4.29)
X2 − X1
APPLICATION: