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Remerciements et dédicaces académiques

Cette étude a analysé la caractérisation parasitologique des eaux usées des collecteurs A et B du Campus A de l'Université de Dschang et de l'abattoir de la ville de Dschang entre novembre 2013 et juillet 2014. Les résultats ont montré la présence de divers nématodes et protozoaires, avec une prévalence notable des œufs d'Ascaris spp et des kystes d'Entamoeba histolytica/dispar, ainsi qu'une densité parasitaire élevée, indiquant des risques zoonotiques. La réutilisation de ces eaux nécessite un traitement préalable en raison de leur forte contamination parasitaire.

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Remerciements et dédicaces académiques

Cette étude a analysé la caractérisation parasitologique des eaux usées des collecteurs A et B du Campus A de l'Université de Dschang et de l'abattoir de la ville de Dschang entre novembre 2013 et juillet 2014. Les résultats ont montré la présence de divers nématodes et protozoaires, avec une prévalence notable des œufs d'Ascaris spp et des kystes d'Entamoeba histolytica/dispar, ainsi qu'une densité parasitaire élevée, indiquant des risques zoonotiques. La réutilisation de ces eaux nécessite un traitement préalable en raison de leur forte contamination parasitaire.

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DEDICACE

Je dédie ce travail à :

-mon papa TCHAPPI EMALEU Innocent à qui je dis : papa trouve en ce travail un grand mot
de remerciement et une manière pour moi de te montrer que tu n’as pas fait ses efforts pour
rien;

- ma maman SIELENOU NJILA Florence : Aujourd’hui, j’aimerais t’offrir la récompense de


tes efforts en te disant toute la fierté et le bonheur que j’ai de t’avoir comme maman.

i
REMERCIEMENTS
Au terme de ce travail, il m'est agréable d'exprimer toute ma reconnaissance et mes
sincères remerciements à toutes les personnes qui par leurs enseignements, leurs conseils,
leurs soutiens moraux et financiers ont contribué à sa réalisation. Je pense notamment au :

- Dieu Tout Puissant qui m’a donnée la santé, la force et la détermination tout au long
de la réalisation de ce travail ;
- Pr. MPOAME MBIDA qui a accepté de superviser ce travail avec patience et qui a
apporté,conseils et matériels pour sa réalisation;
- Pr. WABO PONE Josué qui a accepté de diriger ce travail, de guider mes premiers
pas dans la recherche avec rigueur scientifique, disponibilité, et qui m’a constamment
encouragée;

- Dr. YONDO Jeannette qui nous a chaleureusement accueillis au Laboratoire de


Biologie et d’Ecologie Appliquées (LABEA). Merci pour vos conseils, votre
disponibilité et surtout pour toute votre assistance;

- tous mes enseignants: PrsKAMANYI Albert, NGUELEFACKTélesphore, WATCHO


Pierre, Drs KHAN PAYNE Vincent, Patricia FAI, FUSI NGWACathérine, WANSI
Sylvie, TAKU AWA, ATEUFACK Gilbert, TAMUNGANG Simon, TCHUINKAM
Timoléon, M. SEINO Richard et Mme KOMTANGI Marie-Claire pour toutes les
leçons dispensées depuis le Niveau I ;

- M. DADEM Grégoire pour ses multiples services au laboratoire.

Mes sincères remerciements vont aussi à l’endroit de :

- mon grand-frère EMALEU TCHAPPI Duplex et ma grande sœur JEUGOUE


TCHAPPI Josiane pour leurs conseils, leur soutien moral et financier pendant mes
études;
- mes petits frères et ma petite sœur pour le soutien et l’attention qu’ils m’ont accordée
durant mon séjour à Dschang;
- mes oncles : DJUICHOKO Lucas et HEMALOCK Victor, pour leurssoutien et
encouragements;
- toute ma famille pour leur soutien financier, moral, matériel et leurs encouragements ;

- mes ainés de laboratoires et plus particulièrement


MBOGNINGGertrude,NGANGOUTAlidou, NKOMBOUCharmance, NOUMEDEM

ii
Nadia, MAFFOClaudine, NGUEMFOArlette, MEGWI Léonellepour leur
collaboration et leurs encouragements;
- mes camarades de promotion : KAMGUAHuguette, DONGMO Christian,
FEULEFACK Nathalie,NJIPGANG Lemaire, DJIMTEBAYE Abel, NGATOU
Blandine, TCHINTCHA Danielle, NDAH Germaine, MAYI Audrey, LONTSI
Michel, KENFACK Martin, TSAGUEBlondo, CHAHDINI Abass, NGUIFFO Daniel,
WONGUIA Suziepour leurs disponibilités, leurs collaborations et leurs
encouragements;

- à mes cadets de promotion : NGOUATEU Erolle, AMELY Frankline, DJOMNANG


Laurel pour leur disponibilité et leur soutien.

J’exprime aussi mes sentiments de reconnaissance à:

- mes amis KOUOGUIA Félicité, HIOM II Théophile, TCHAKOUA Théophile,


FOTSO Thierry pour les encouragements et l’assistance ;

- tous ceux qui de près ou de loin ont contribué à l’accomplissement de ce travail et


dont les noms n’ont pas été cités ici.

iii
TABLE DES MATIERES Pages
DEDICACE................................................................................................................................. i
REMERCIEMENTS ..................................................................................................................ii
TABLE DES MATIERES ........................................................................................................ iv
LISTE DES FIGURES............................................................................................................. vi
LISTE DES PHOTOS ET DU TABLEAU..............................................................................vii
LISTE DES ABBREVIATIONS ............................................................................................viii
RESUME................................................................................................................................... ix
ABSTRACT ............................................................................................................................... x
INTRODUCTION...................................................................................................................... 1
CHAPITRE I :REVUE DE LITTERATURE ............................................................................ 4
I-1 Généralités sur les eaux usées .............................................................................................. 5
I-1-1- Eaux usées domestiques ............................................................................................... 5
I-1-2- Eaux usées industrielles et agricoles ............................................................................ 5
I-2 Problèmes liés à l’utilisation des eaux usées ........................................................................ 6
I-2-1 Problèmes environnementaux........................................................................................ 6
I-2-2 Problèmes sanitaire liés à l’utilisation des eaux usées .................................................. 6
I-2-2-1 Maladies couramment associées aux eaux usées.................................................... 6
I-3 Les helminthes et protozoaires parasites présents dans les eaux usées ................................ 8
I-3-1 Les nématodes ............................................................................................................... 8
I-3-1-1 La Sous-Classe Secernentea ................................................................................... 8
I-3-1-1-1 Ordre des Ascaridida ........................................................................................... 8
I-3-1-1-2 Ordre des Rhabditida........................................................................................... 9
I-3-1-1-3 Ordre des Strongylida.......................................................................................... 9
I-3-1-2 La Sous- Classe des Adenophorea.......................................................................... 9
I-3-1-2-1 Ordre des Enoplida.............................................................................................. 9
I-3-1-3 Epidémiologie des nématodes ................................................................................ 9
I-3-1-4 Cycle de vie des nématodes.................................................................................. 10
I-3-2 Les Protozoaires .......................................................................................................... 12
I-3-2-1 Embranchement des Sarcomastigophora (Rhizoflagellés) ................................... 12
I-3-2-1-1 Ordre des Amoebidés ....................................................................................... 12
I-3-2-1-2 Epidémiologie ................................................................................................... 12
I-3-2-1-3 Cycle de vie ....................................................................................................... 13
I-3-2-2 Embranchement des Apicomplexa ....................................................................... 14
I-3-2-2-1 Ordre des Eucoccidiida ..................................................................................... 14
I-3-2-2-2 Epidémiologie ................................................................................................... 15
I-3-2-2-3 Cycle de vie ....................................................................................................... 15

iv
Pages
CHAPITRE II :MATERIELS ET METHODES ..................................................................... 17
II-1 Description du site d’étude................................................................................................ 18
II-1-1 Dschang ...................................................................................................................... 18
II-2 Collecte et analyse des échantillons d’eaux usées......................................................... 18
II-2-1 Technique de sédimentation ................................................................................... 19
II-2-2 Technique de flottaison........................................................................................... 19
II-2-3 Technique de Mc Master ........................................................................................ 20
II-3 Identification des parasites ............................................................................................ 20
II-4 Paramètres mesurés et analyses statistiques .................................................................. 20
II-4-1 Paramètres mesurés ................................................................................................ 20
II-4-2 Analyses statistiques............................................................................................... 21
CHAPITRE III :RESULTATS ET DISCUSSION .................................................................. 22
III-1 Résultats ........................................................................................................................... 23
III-1-1 Nématodes et protozoaires parasites rencontrés au cours de l’étude ........................ 23
III-1-1-1 Nématodes.......................................................................................................... 23
III-1-1-1-1 Ascaris spp...................................................................................................... 23
III-1-1-1-2 Trichuris spp................................................................................................... 24
III-1-1-1-3 Les Ankylostomes .......................................................................................... 25
III-1-1-1-4 Trichostrongylus spp ...................................................................................... 26
III-1-1-1-5 Toxocara spp .................................................................................................. 27
III-1-1-1-6 Strongyloïdes spp............................................................................................ 28
III-1-1-2 Protozoaires........................................................................................................ 29
III-1-1-2-1 Entamoebahistolytica/dispar .......................................................................... 29
III-1-1-2-2 Eimeria spp..................................................................................................... 30
III-2 DISCUSSION .................................................................................................................. 33
III-2-1 Nématodes et protozoaires parasites rencontrés au cours de l’étude .................... 33
III-2-2 Pourcentage de présence des œufs de nématodes, kystes et ookystes de
protozoaires dans les eaux usées en fonction des sites de collecte ................................... 34
III-2-3 Distribution des parasites en fonction des sites de collecte................................... 34
III-2-4 Densités parasitaires moyennes de contamination des eaux ................................. 35
III-2-5 Implications zoonotiques....................................................................................... 36
CONCLUSION, RECOMMANDATIONS ET PERSPECTIVES .......................................... 38
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES ................................................................................. 41
ANNEXES ............................................................................................................................... 49

v
LISTE DES FIGURES

Pages
Figure 1: Cycle général des nématodes monoxène. ................................................................ 11
Figure 2: Cycle de vie de Entamoebahistolytica/ dispar. ....................................................... 14
Figure 3: Cycle de vie des coccidies ....................................................................................... 16

vi
LISTE DES PHOTOS ET DU TABLEAU
Photos Pages
Photo 1 : Œufs de Ascaris spp décortiqué (a) et mamelonné (b)............................................. 24
Photo 2 : Œuf de Trichuris spp................................................................................................ 25
Photo 3: Œufs des Ankylostomes ............................................................................................ 26
Photo 4: Œuf de Trichostrongylus spp .................................................................................... 27
Photo 5 : Œuf de Toxocara spp ............................................................................................... 27
Photo 6: Œuf embryonné de Strongyloïdes spp....................................................................... 28
Photo 7 : Kyste de Entamoebahistolytica/dispar .................................................................... 30
Photo 8: Ookyste de Eimeria spp ............................................................................................ 31

Tableau
Tableau 1: Pourcentages de présence des œufs de nématodes, kystes et ookystes de
protozoaires dans les eaux usées en fonction des sites de collecte. ......................................... 31

vii
LISTE DES ABBREVIATIONS

CDE : Camerounaise des eaux

IWMI : International Water Management Institute

LABEA: Laboratoire de Biologie et d’Ecologie Appliquées

MIF : Merthiolate Iode Formol

OMS : Organisation Mondiale de la Santé

TIAC : Toxi-Infection Alimentaire Collective.

viii
RESUME

Notre étude a porté sur la caractérisation parasitologique des eaux uséesdes collecteurs
A et Bdu Campus A de l’Université et des eaux usées del’abattoir de la ville de Dschang,
Région de l’Ouest-Cameroun. Entre Novembre 2013 et Juillet 2014, 80 échantillons d’eaux
usées ont été collectés (40 provenant des collecteurs A et B et 40 de l’abattoir). Après les
analyses qualitatives et quantitatives (techniques de sédimentation, de flottaison et de Mc
Master), sur la base de la morphologie des œufs et des kystes, les nématodes Ascarisspp,
Trichurisspp, les Ankylostomes, Trichostrongylusspp, Strongyloïdesspp, Toxocaraspp et les
protozoaires Entamoebahistolytica/dispar et Eimeriaspp ont été identifiés. Au niveau des
collecteurs, les œufs de Ascarisspp ont été plus prévalents (60% et 50% dans les spécimens
des collecteurs A et B respectivement). Les kystes de E. histolytica/dispar ont été plus
prévalents (100% et 85% respectivement au niveau des collecteurs A et B). A l’abattoir,
Trichostrongylusspp a prédominé (85% et 70% en saison sèche et en saison des pluies
respectivement) suivi de Strongyloïdesspp (85% et 65%) et des Ankylostomes (55% et 45%).
Trichurisspp a été le moins rencontré (40% et 25% respectivement en saison sèche et en
saison des pluies). Seuls les ookystes de Eimeriaspp ont été présents (55% et 50%
respectivement en saison sèche et en saison des pluies) à l’abattoir. Quant aux densités
parasitaires, celle des œufs desAnkylostomesa été relativement plus élevée (313,95±441,61
œufs/l et 60,38±97,29 œufs/l respectivement dans les collecteurs A et B).
Entamoebahistolytica/dispar a présenté une densité parasitaire relativementplus élevée
(2902,03±3223,44 kystes/l et 627,90±494,58 kystes/l respectivement dans les collecteurs A et
B) avec une différence significative (p<0,05). Pendant la saison sèche, Strongyloïdesspp a
présenté la densité parasitaire moyenne la plus élevée (378,35±334,57oeufs/l) et
Trichurissppla plus faible(116,273±214,54 œufs/l et 40,25±80,50 œufs/l respectivement en
saison sèche et en saison de pluies). La plupart des parasites identifiés sont reconnus comme
étant responsables des zoonoses et peuvent par conséquent facilement passer des animaux aux
hommes et vice [Link] eaux étant très chargées en parasites, leur réutilisation nécessite un
traitement préalable.

Mots clés : Nématodes, protozoaires, eaux usées, densité parasitaire, zoonoses.

ix
ABSTRACT

Our study focused on the parasitological characterization of wastewater from


collectors A and B of Campus A of the University of Dschang and the wastewater from
slaughter-house in Dschang, West Region ofCameroon. From November 2013 to July 2014,
80 wastewater samples were collected (40 from collectors A and Band 40 from the slaughter-
house). After qualitative and quantitative analyses (sedimentation, flotation and Mc Master
techniques), based on the morphology of the eggs and cysts, the nematodes Ascarisspp,
Trichurisspp, hookworms, Trichostrongylusspp, Strongyloïdesspp, Toxocarasppand
protozoaE. histolytica/dispar and Eimeriaspp have been identified. In both collectors,
Ascarisspp eggs were most prevalent (60% and 50% in collector A and B specimens
respectively). Entamoebahistolytica/dispar cysts were most prevalent (100% and
85%respectively in collectors A and B). At the slaughter-house, Trichostrongylusspp
predominated (85% and 70% during the dry season and rainy season respectively) followed
by Strongyloïdesspp (85% and 65%) and hookworms (55% and 45%). Trichurisspp was
leastencountered(40% and 25% respectively during the dry season and the rainy season). Only
Eimeriasppoocystswere present in the slaughter-house (55% and 50% respectively during the
dry season and the rainy season). As for the parasite density, that of hookworms eggswas
relatively higher (313.95±441.61eggs/l and 60.38±97.29 eggs/l respectively in collector A and
B). Entamoebahistolytica/disparpresented a relatively higher parasite density
(2902.03±3223.44 cysts/l and 627.90±494.58cysts/l respectively in collectors A and B) with a
significant difference (p<0.05). During the dry season, Strongyloïdesspp presented the highest
average parasite density (378.35±334.57eggs/l) and Trichurisspp the lowest
(116.273±214.54eggs/l and 40.25±80.50eggs/l respectively during the dry season and the
rainy season). Almost all parasites identified are recognized as being responsible for zoonosis
and therefore can easily be transmitted from animals to humans and vice versa.

Key words: Nematodes, protozoa, Wastewater,parasiticload, Zoonosis.

x
INTRODUCTION

1
L’eau est le moteur indispensable au fonctionnement de la nature. Elle est au cœur de
nos systèmes écologiques et donc, est d’une importance capitale pour la survie des êtres
vivants. La pollution des ressources en eau menace non seulement la survie de l’homme mais
toute vie sur terre. Cette menace sera d’autant plus sérieuse dans les pays à climat aride, que
vers l’an 2020, les ressources en eau mobilisable seront égales voire même inférieures aux
besoins de la population, de l’agriculture et de l’industrie (Khallaayoune, 1996).

A l’heure actuelle, parmi les problèmes les plus préoccupants de l’environnement,


figure en bonne place le problème de l’assainissement. En effet, l’activité humaine entraîne la
production d’eaux usées qui sont ainsi déchargées dans la nature. Ce rejet d’eaux est une
pratique courante dans la plupart des pays en développement. Cette situation est accentuée
dans les centres urbains à cause de la démographie galopante qui les caractérise(Akpoet al.,
2013). Dans les pays où les ressources en eau sont limitées, la réutilisation des eaux usées
pourl’irrigation des cultures constitue une alternative de choix (Dssoulietal., 2006).Toutefois,
les risques sanitaires pour l’homme et le cheptel constituent une contrainte à la réutilisation de
ces eaux usées en agriculture (OMS, 1989 ; Akpo, 2006). En effet, les éléments parasitaires
et infectieux peuvent se retrouver sur les cultures et même dans l’environnement (Alouiniet
al., 1995 ; Dssouliet al., 2006 ;Raweh et al., 2010). Parmi ces éléments parasitaires, nous
pouvons citer entre autres les œufs d’helminthes tels que ceux de Ascarisspp, Trichurisspp,
les Ankylostomes,Strongyloïdesspp,Trichostrongylusspp, Toxocaraspp,Monieziaspp,
Schistosonaspp, pour ne citer que ceux là. Quant aux protozoaires, les kystes rencontrés sont
ceux de Entamoebahistolytica, Entamoeba coli et les ookystes deEimeriaspp.

Le poids desmaladies liées à la mauvaise eau sur les populations n’est point
négligeable. A titre d’exemple, au Cameroun entre 2003 et 2006, les helminthiases ont touché
plus de 10 millions de personnes pour une dépense moyenne de 7854 FCFA par ménage et
par mois (Global Water Partnership, 2010).

Les eaux usées brutes, en plus de mettre en surface les parasites et microorganismes,
sont à l’origine des nuisances liées à leur stagnation, aux odeurs nauséabondes qu’elles
libèrent, à la perturbation de l’équilibre écologique du milieu naturel, qui peut s’étendre à la
pollution des nappes phréatiques(Khallaayoune, 2005). Il serait donc important de porter une
attention particulière aux eaux usées.

Dans le souci d’apporter notre contribution à l’analyse de la qualité des eaux usées de
la ville de Dschang, nous nous sommes proposé d’évaluer la densité parasitaire en œufs

2
d’helminthes, en kystes et ookystesde protozoaires des eaux usées des collecteurs du Campus
A de l’Université et del’abattoir de la ville de Dschang.

Pour y parvenir, nous avons particulièrement:

- identifié les œufs, kystes et ookystesd’helminthes et de protozoaires présents dans


les eaux usées des différents sites ;
- évalué les pourcentages et lesdensitésen œufs d’helminthes, kystes et ookystes de
protozoaires des eaux usées des sites de collecte;
- comparé les pourcentages et les densités parasitaires des sites ;
- dégagé les implications zoonotiques des parasites rencontrés.

3
CHAPITRE I :

REVUE DE LITTERATURE

4
I-1 Généralités sur les eaux usées
Les eaux usées sont des eaux résiduelles émanant d’une collectivité donnée, qui ont
été préalablement utilisées pour des usages domestiques, agricoles et industriels
(NsomZamo,2003). Cependant l’usage à l’état brut de ces eaux représente un risque potentiel
de pollution de l’environnement et des eaux potables (Beneletal., 2012).Selon leurs origines,
on distingue trois principaux types d’eaux usées(Akpo, 2006) :
- les eaux usées domestiques ;
- les eaux usées industrielles ;
- les eaux usées agricoles.
I-1-1- Eaux usées domestiques

Les eaux usées domestiques sont constituées par les eaux de vannes et leseaux
ménagères. Les eaux de vannes représentent environ le tiers des eaux usées domestiques.
Elles sont issues des toilettes et constituées par les matières fécales, les urines, les boues de
vidange. Elles contiennent aussi des matières minérales, de la cellulose, des glucides et bien
d’autres. Elles sont riches en germes pathogènes(Anonyme, 2003; IWMI, 2011).Les eaux
ménagères quant à elles, regroupent l’ensemble des autres rejets : eaux de cuisine, de bain,
eaux de lessive. Elles contiennent des matières en suspension, des matières dissoutes
organiques ou minérales, des graisses, des savons et divers détergents (Radoux, 1995).

I-1-2- Eaux usées industrielles et agricoles

Les eaux usées industrielles sont caractérisées par leur grande diversité et
comprennent :

- les eaux à charge minérale dominante représentées par les rejets des industries
minières et carrières. Ces eaux sont riches en matières en suspension ;
- les eaux à charge organique dominante issues des industries agro-alimentaires
(abattoirs, tanneries, laiteries, brasseries). Elles sont chargées en matières organiques
biodégradables ;
- les eaux à caractère toxique rejetées par l’industrie chimique. Leur composition peut
inhiber les processus d’épuration biologique en station intensive (boue activée, disques
biologiques) ou extensive (lagunage)(Radoux, 1995 ; IWMI, 2011).
Quant aux eaux usées agricoles, elles renferment d’une part, les effluents zootechniques
(purin, lisier) et d’autre part, les eaux de ruissellement qui peuvent véhiculer des résidus de
pesticides et de fertilisants(Radoux, 1995).
5
I-2 Problèmes liés à l’utilisation des eaux usées
Plus d’un milliard de personnes dans le monde ne bénéficient pas d’un accès à une eau
potable propre à la consommation et les conséquences de ce constat s’avèrent dramatiques
tant au niveau de la subsistance et de la vie que du développement humain(Anonyme, 2008).

I-2-1 Problèmes environnementaux

Les risques environnementaux liés à l’utilisation des eaux usées sont :

- le risque de pollution de la nappe souterraine si les eaux usées coulent de façon continue;
-la réduction du rendement, de la diversité des récoltes, de la qualité du sol (perméabilité)
après des augmentations initiales à cause de la salinisationdes terres ;
- la réduction de la qualité des fruits ;
- la multiplication des mauvaises herbes ;
- la présence de métaux lourds, particulièrement le cadmium ;
- les possibilités d’effets à long terme sur le cycle de production des insectes nuisibles et
sur les populations dans les zones arides et semi-arides à cause de l’introduction de
l’agriculture basée sur l’exploitation des eaux usées(Anonyme, 2003; Jiménez, 2006).
I-2-2 Problèmes sanitaire liés à l’utilisation des eaux usées

Le principal problème lié à la mauvaise utilisation (l’irrigation des légumes ou des


plants de salades) des eaux usées est la menace qu’elle représente pour la santé publique et le
sol. L’impact sur la santé des populations dans les pays en voie de développement se
manifeste d’une part, par des maladies causées par les helminthes tels que les ascaris, les
ankylostomes et le ver de Guinée et d’autre part, par les pathogènes d’origine
microbienne.(Khallaayoune, 2005; Jiménez, 2006).

I-2-2-1 Maladies couramment associées aux eaux usées

Les maladies couramment associées aux eaux usées et aux excrétas sont les maladies
diarrhéiques telles que le cholera et la fièvre typhoïde.

- le cholera est causépar la bactérie Vibriocholerae. Cette bactérie provoque non seulement
des épidémies, mais elle est aussi responsable de plusieurs pandémies. Il est fortement associé
à l’utilisation d’eaux polluées pour l’irrigation ou à l’évacuation inadéquate des boues et des
excrétas(Ashbolt, 2004). D’importants risques surviennent lorsqu’il y a une grande

6
concentration de personnes et une hygiène médiocre (comme dans les camps de refugiés et les
taudis urbains).
- la fièvre typhoïde est causée par la bactérie Salmonella typhi. Cette dernière est responsable
des intoxications alimentaires duesà la consommation des aliments souillés par des
salmonelles entraînantainsi une épidémie de gastro-entérite et provoque, dans le cas d’un
empoisonnement une toxi-infection alimentaire collective (TIAC) (Blumenthal et Peasey,
2002). La fièvre typhoïde est endémique dans les pays en voie de développement avec une
incidence annuelle de 35%.
A côté de ces maladies diarrhéiques, nous avons les helminthiases au rang desquels :
- l’ascaridiose (causée par Ascaris) est la plus courante et elle est endémique en Afrique, en
Amérique Latine et en Extrême-Orient. On estime que 133 millions de personnes souffrent
d’ascaridiose de grande intensité, qui ont souvent des conséquences graves, comme la
déficience cognitive, une dysenterie ou une anémie sévère. Même si les helminthiases ont un
faible taux de mortalité (pour l’ascaridiose, prés de 10 000 personnes par année), la plupart
des personnes touchées sont des enfants de moins de 15 ans qui ont des problèmes de
croissance ou de condition physique réduite. Environ 1,5 millions de ces enfants n’atteignent
jamais la croissance prévue, même s’ils sont traites (Stephenson, 1987; Silva et al., 1997).
- l’ankylostomose, causée par AncylostomaduodenaleetNecatoramericanus, pose un
problème de retard de croissance, d’anémie grave chez l’enfant pouvant conduire à la mort.
Chez la femme enceinte, l’avortement ou l’accouchement prématuré peut survenir. Les larves
de ces parasites ont des exigences thermiques et peuvent évolués à partir de 22°C. Ces
parasites touchent le quart de la population mondiale et surtout les enfants. En Asie du Sud-
Est, 95% des thaïlandais sont infestés par les Ankylostomes (Nnochiri, 1975 ; Schmidt et
Larry, 1981).
- la trichocéphalose produite par Trichuristrichiura, cause lors d’une infestation moyenne
(entre 100 et 200 vers) une diarrhée chronique, un retard de croissance. En cas d’infestation
massive, on note une anémie hypochrome chez les enfants malnutris, un prolapsus rectal, une
pseudotumeur inflammatoire du coecum. Cette parasitose est fréquente en zone tropicale et
subtropicale (Soulsby, 1982 ; Cheesbrough, 1987; Gaspard, 1995).
- les schistosomiases, qui touchent environ 246 millions de personnes à l’échelle mondiale.
Elles causent des dizaines de milliers de décès chaque année, principalement en Afrique
subsaharienne. Elles sont fortement associées à l’évacuation insalubre des excrétas et a
l’absence de sources d’eau salubre.

7
Enfin, on note aussi des maladies de la peau liées aux eaux usées. Des problèmes d’ongles (la
koilonychie), caractérisés par des ongles en forme de cuillère, ont également été signalés
(IWMI, 2011).
I-3Les helminthes et protozoaires parasites présents dans les eaux usées
I-3-1Les nématodes

Ils appartiennent à l’Embranchement des Némathelminthes ou vers ronds,


pseudocoelomates, à sexes séparés. Ils possèdent une symétrie bilatérale et un corps non
segmenté, recouvert d’une cuticule épaisse et élastique pourvue parfois de papilles ou d’ailes
cuticulaires. Ils mènent une vie libre et ou parasitaire. Les nématodes sont des métazoaires
triploblastiques pseudocoelomates avec un tube digestif complet (c’est-à-dire avec une
bouche et un anus). Ils ne possèdent ni appareil respiratoire ni circulatoire. Les nématodes
libres sont rencontrés dans des environnements diversifiés tels que les eaux salées, douces ou
saumâtres alors que les nématodes parasites infestent les invertébrés, les vertébrés et vivent
dans les cavités intestinales, tissulaires et les vaisseaux sanguins. L’Embranchement des
Némathelminthes est divisée en deux Sous-Classes: la Sous-Classe des Secernentea et celle
des Adenophorea (Soulsby, 1982).

I-3-1-1 La Sous-Classe Secernentea

Chez les individus de cette sous classe, les phasmides sont présentes et on note
également de nombreuses papilles caudales. Le pharynx est globuleux. Le système excréteur
est bien développé avec des canaux latéraux et un canal terminal entouré d’une cuticule. Les
œufs sont dépourvus de bouchons et rarement operculés à un pôle. Le troisième stade larvaire
est infestant (Smyth, 1996). Les Phasmideagénéralement présents dans les eaux usées
appartiennent à trois ordres : Ascaridida, Rhabditida et Strongylida.

I-3-1-1-1 Ordre des Ascaridida

Les parasites de cet ordre possèdent trois larges lèvres (une dorsale et deux sub-
ventrales). Le pharynx est cylindrique. Chez les femelles, on note un vaginallongé et
musculaire tandis que chez les mâles, on note la présence d’une queue enroulée ventralement
et de deux spicules(Smyth, 1996).Les espèces qui contaminent généralement les eaux usées
appartiennent à deux familles: Ascarididae et Oxyuridae. Les genres les plus représentés sont
Ascaris, Toxocara et Enterobius.

8
I-3-1-1-2 Ordre des Rhabditida

Les spécimens de cet ordre ont trois à six lèvres. Le pharynx présente généralement un
bulbe postérieur et un renflement prébulbaire. Les femelles sont ovipares ou vivipares et
parfois parthénogénétiques. Certains mènent une vie libretandis que d’autres mènent à la fois
une vie libre et une vie parasite(Soulsby,1982 ; Smyth, 1996). Les espèces présentes dans les
eaux usées appartiennent à la famille des Strongyloididae. Le genre le plus représenté est
Strongyloïdes.

I-3-1-1-3 Ordre des Strongylida

Chez les individus de cet ordre, la bouche ne possède pas de lèvres, mais des dents et
des capsules buccales. Le pharynx est musculaire, cylindrique ou globuleux. La femelle a un
vagin court tandis que le mâle possède une bourse caudale et deux spicules. L’excrétion est
assurée par les canaux latéraux et des glandes sub-ventrales paires(Smyth, 1996). Les espèces
généralement rencontrées dans les eaux usées appartiennent aux familles des
Ancylostomatidae et des Trichostrongylidae plus précisémentTrichostrongylus et les
Ankylostomes.

I-3-1-2 La Sous- Classe des Adenophorea

Chez les individus de cette sous classe, les phasmides sont absentes ou en nombre très
réduit. Le pharynx est tubulaire. Le système excréteur ne présente pas de canaux latéraux et le
canal terminal n’est pas recouvert d’une cuticule. Les œufs présentent des bouchons à chaque
pôle et éclosent inutéro. Le premier stade larvaire est infestant (Smyth, 1996). Les
Aphasmidea généralement présents dans les eaux usées appartiennent à l’ordre des Enoplida.

I-3-1-2-1 Ordre des Enoplida

Leur pharynx a la forme d’un stichosome. Les femelles ont un seul ovaire tandis que
les mâles possèdent un ou aucun spicule(Smyth, 1996).Les espèces de cet ordre qui
contaminent les eaux appartiennent aux familles des Trichuridae et des Capillariidae. Les
genres les plus représentés sont Trichuris et Capillaria.

I-3-1-3 Epidémiologie des nématodes

Plusieurs conditions favorisent l’évolution, la transmission et la persistance des nématodes


telles que :
9
- les conditions environnementales favorables tout au long de l’année ;
- la transmission et l’évolution facile des parasites ;
- la longévité des adultes et la résistance des œufs et des laves dans l’environnement ;
- la présence des hôtes intermédiaires ;
- l’âge et l’état immunitaire de l’hôte.

I-3-1-4 Cycle de vie des nématodes

On distingue deux groupes de Nématodes d’intérêt médico-vétérinaire en fonction de leur


cyclede vie (figure1) :
- les Nématodes parasites de l’intestin à cycle monoxène (un seul hôte);
- les Nématodes parasites tissulaires à cycle hétéroxène (plusieurs hôtes).

Nématodes à cycle monoxène


Ce sont des nématodes à cycle direct, ne faisant intervenir qu’un seul hôte vertébré. Il
existe deux cycles de développement.
-Cycle externe(sexué): les femelles parthénogénétiques qui vivent dans le duodénum
pondent des œufs. Ceux-ci libèrent des larves qui sont par la suite éliminées avec les fèces.
Dans le milieu extérieur, lorsque les conditionsenvironnementales sont favorables (humidité à
80% et température supérieure à 20°C), elles se transforment en adultes mâle et femelle (après
2-5 jours) qui s’accouplent. Les œufs résultantde cet accouplement libèrent des larves de
première génération (L1). Après deux mues, les larves rhabditoïdes donnent les larves
infestantes(L3) qui pénètrent l’hôte par voie transcutanée. Chez l’hôte, la larve migre vers les
capillaires sanguins ou les veinules dans lesquels elle est transportée par le sang et suit le
trajet allant successivement du foie au cœur, poumon, pharynx jusqu’au duodénum pour
devenir adulte. Si les conditions externes sont défavorables, les larves rhabditoïdes de
première génération (L1) émises dans les selles ne se transforment pas en adultes mais
donnent directement les larves infestantes (L3) (Soulsby, 1982 ; Smyth, 1996).

-Cycle interne: ici, il n’y a pas passage dans le milieu extérieur. Les œufs pondus par la
femelle parthénogénétique libèrent directement les larves (L1) dans le tractus digestif du
même hôte. Ces larves rhabditoïdesmuent en larves infestantes(L3) puis traversent la
muqueuse caecale pour se retrouver dans la circulation sanguine et suivent le trajet allant
successivement du foie, cœur, poumon, trachée jusqu’au duodénum pour devenir des adultes.
Cette auto infestation est généralement rencontrée chez les humains. Il y a peu d’évidence sur
ce mode d’infection chez les animaux (Soulsby, 1982).
10
Nématodes à cycle hétéroxène

Ce sont des nématodes à cycle indirect faisant intervenir plusieurs hôtes intermédiaires
invertébrés tels que les insectes, mollusques, crustacés. L’homme s’infeste en consommant
des aliments souillés par les hôtes infestés.
Libération Libération de la mue mue
Vers des œufs larve rhabditoïde Larve de Larveinfestant
adultes avec les (L1) 2estade e (L3)
fèces (L2)

Ingestion des
Ingestion des œufs larvesL3 contenu
dans les aliments, Pénétration des
embryonnés(L2) l’eau ou le sol L3 par la peau
dans le sang

mue Muqueuse
intestinale

Circulation
(L4) sanguine
Tractus digestif (L3) Circulation
sanguine

Foie

Œsophage Trachée Larve de 4estade (L4) Poumon Cœur


Phase exogène (libre)
Phase endogène (parasite)
Figure 1:Cycle général des nématodes monoxènes(Soulsby (1982).

11
I-3-2 Les Protozoaires

Les protozoaires sont des organismes unicellulaires appartenant au Règne Animal. Ils
appartiennent au Sous-Règne des Protistes de même que d'autres organismes unicellulaires
dont le noyau est entouré d'une membrane. On reconnaît généralement deux
embranchements :

- l’embranchement des Sarcomastigophora ;


- l’embranchement des Apicomplexa.

I-3-2-1 Embranchement des Sarcomastigophora (Rhizoflagellés)

Ilest caractérisé par la présence d’organites locomoteurs de types flagelles (Classe des
Flagellés) ou pseudopodes (Classe des Rhizopodes) (Smyth, 1996).Nous nous intéresserons
ici à l’ordre des Amoebida, la classe des Rhizopodesplus précisément le genre Entamoebacar
généralement rencontré dans les eaux usées.

I-3-2-1-1 Ordre des Amoebidés

Ce sont des organismes nus, libres ou parasites. Leur cytoplasme est constitué d’un
endoplasme riche en inclusions et un ectoplasme hyalin. Il existe un ou plusieurs noyaux
pourvus d’un nucléole central. La locomotion est assurée par la formation des pseudopodes.
Ils peuvent s’enkyster lorsque les conditions sont défavorables(Smyth, 1996).

I-3-2-1-2 Epidémiologie

L’aspect épidémiologique des parasites de cet ordre est lié aux facteurs géo-
climatiques (climats chauds et humides) facilitant la transmission, aux facteurs liés à l’agent
pathogène et à l’hôte,ainsi qu’à la résistance des kystes aux conditions environnementales.
Les principales sources de contamination sont les aliments et crudités contaminés, le sol
souillé et l’eau polluée (Lacoste, 2009).L’amibiase est aujourd’hui une maladie cosmopolite.
L’Asie avec ses régions chaudes et humides, est la terre d’élection de cette maladie (Golvan,
1984)

12
I-3-2-1-3 Cycle de vie

- Cycle non-pathogène

Lorsque les kystes mûrs de Entamoebahistolytica /disparsont ingérés par un individu ils
vont arriver dans l'estomac où la coque est lysée sous l'action des sucs gastriques entraînant la
libération d'une amibe à 4 noyaux. Celle-ci va voir diviser une fois ses noyaux et son
cytoplasme, entraînant la formation de 8 amoebules. Ces amoebulesvont donner des formes
minuta quivont se diviser par scissiparité, s'arrondir et donner des formes pré-kystiques. Ces
dernièresvont s'entourer d'une coque et se diviser pour former des kystes à 4 noyaux qui
seront éliminés passivement en dehors de l’organisme avec les matières fécales et déposés sur
le sol, dans l’eau et sur les mains éventuellement 6 à 8 jours après la contamination (Beyls,
2011).
- Cycle pathogène
La forme histolyticaquadrinuclée se multiplie par scissiparité et pénètre dans la sous
muqueuse colique(figure 2). Elle force la paroi des capillaires et des petites veinules, passe
dans la lumière des vaisseaux du système porte et, par cette voie, est emportée passivement
dans le foie. Passant dans les veinules sus hépatiques, par le cœur droit puis les artères
pulmonaires, les amibes hématophages atteignent les capillaires des parois alvéolaires où elles
peuvent s'arrêter. Passant le filtre pulmonaire par voie vasculaire, elles gagneront passivement
le cœur gauche et seront alors lancées dans la grande circulation permettant la constitution de
métastases à distance au niveau du cerveau, du rein et de la rate principalement (Lacoste,
2009).

13
Figure 2: Cycle de vie de Entamoebahistolytica/ dispar(Samieet al., 2012).

I-3-2-2 Embranchement des Apicomplexa

Les Apicomplexasont des parasites intracellulaires obligatoires dépourvus d’organites


locomoteurs. Les formes extracellulaires mobiles présentent un complexe apical qui permet la
pénétration dans la cellule [Link] présents dans les eaux usées appartiennent à l’ordre des
Eucoccidiida(Cable, 1976).

I-3-2-2-1 Ordre des Eucoccidiida

Ce sont des protozoaires intestinauxgénéralement monoxènes qui se transmettent par


ingestion des aliments souillés par les stades infestants (ookystes) (Cable, 1976).Ce sont des
sporozoaires c'est-à-dire des parasites ne comportant ni cil ni flagelle. Ils ont à la fois une
reproduction sexuée et asexuée(FAO, 1996). Ceux-ci regroupent un grand nombre de familles,
dont celle des Eimeriidae. Nous allons nous intéressé au genre Eimeria.

14
I-3-2-2-2 Epidémiologie

Chez les coccidies, on note une spécificité entre le parasite et son hôte. Les facteurs
aggravants la transmission sont la chaleur, l’humidité, les conditions environnementales, la
forte densité animale, l’âge et l’état immunitaire de l’hôte. Des cas de coccidioses ont été
rencontrés en Asie, en Afrique, en France et en Egypte avec une prévalence élevée (Kaya,
2004).

I-3-2-2-3 Cycle de vie

Le genre Eimeria possède un cycle de vie direct et a une spécificité très poussée vis-à-vis
de son hôte. Ce cycle comporte deux parties (Figure 3) :

Une phase interne (schizogonie et gamogonie) qui aboutit à une multiplication du


parasite et à l'excrétion d'oocystes. Elle commence dès l'ingestion de l'oocyste sporulé par
l’hôte et la sortie des sporozoïtes. Ensuite a lieu la multiplication du parasite dans l’hôte. Elle
comporteune, deux ou plusieurs schizogonies (reproduction asexuée) selon les espèces. Elle
peut avoir lieu dans différentes parties de l'appareil digestif (le foie, l'intestin gréle, le caecum).
La dernière schizogonie aboutit à la formation des gamètes. La gamogonie (reproduction
sexuée) quant à elle se termine par la formation d'oocystes qui sont excrétés avec les fèces
dansle milieu extérieur. La durée totale de la partie interne du cycle est une autre
caractéristique des espèces (exemple: E. stiedai, 14 jours; E. perforans, 5 jours) (FAO,
1996).Les phases de multiplication asexuée entraînent plus de dommages au niveau des tissus
intestinaux, causant différents degrés de perturbations digestives, et pouvant ainsi favoriser le
développement d’autres pathogènes.
A la phase externe (sporogonie), l'oocyste devient infestant après un certain temps
lorsqu'il est placé dans des conditions favorables d'humidité, de chaleur et d'oxygénation. Le
temps qui sera nécessaire à cette sporulation est variable avec les espèces (exemple: à 26 °C,
E. stiedai, 3 jours; E. peiforans, 1 jour). Les oocystes sporulés sont extraordinairement
résistants dans le milieu extérieur (Soulsby, 1982 ; Villate, 1997).

15
Figure 3: Cycle de vie des coccidies (Villate, 1997)

16
CHAPITRE II :

MATERIELS ET METHODES

17
II-1 Description du site d’étude

Les échantillons d’eau utilisés pour la réalisation du présent travail ont été collectés à
Dschang, ville située à l’Ouest Cameroun.

II-1-1 Dschang

La ville de Dschang est leChef-Lieu du Département de la Menoua, Région de l’Ouest,


Cameroun. Elle est située entre le 5°20’et le 5°28’ de Latitude Nord et entre le 10°3’ et le
10°6’ de Longitude Est à une altitude comprise entre 1382-1500m. Son climat est du type
Soudano-guinéen avec deux saisons: une saison sèche allant de mi-novembre à mi-mars et
une saison pluvieuse de mi-mars à mi-novembre. La température varie de 15,24°C à 25°C,
l’humidité relative est comprise entre 64,3 % et 97 % et la pluviométrie varie de 0,4 mm à 50
[Link] ville de Dschang est comprise entre la savane d’altitude et la forêt Montagnarde. Les
bas fonds sont recouverts d'une végétation très [Link] sols sont généralement rouges
ferralitiques et particulièrement fertile. Ceci fait de cette ville une zone agricole par
excellence, si bien que l'agriculture représente près de 50% du secteur de l'emploi. Elle est
traversée par un cour d’eau « Dschang Water » qui ravitaille la population en eau d’irrigation
pour les cultures et les ménages. Près de ce cour d’eau on rencontre d’autres sources de
ravitaillement en eau que sont, l’eau de la camerounaise des eaux (CDE), l’eau des forages,
l’eau des sources aménagées et l’eau de captage au campus C. Les eaux usées utilisées dans
l'étude ont été recueillies d’une part, au niveau du collecteur A (collecteur principal) et du
collecteur B (collecteur secondaire)de l’Université de Dschang recevant les effluents
domestiques liquides du dortoir des étudiants du campus Cet d’autre part, au niveau de
l’abattoir de la ville situé dans le quartier Foréké. Les échantillons de l’abattoir ont été
collectéspendant la saison sèche et la saison des pluies.

II-2 Collecte et analyse des échantillons d’eaux usées

Entre Novembre 2013 et Juillet 2014, un total de 80 échantillons d’eaux usées a été
collecté, soit 40 échantillons par site de prélèvement. Des échantillons d’eau de deux litres ont
été prélevés deux fois par semaine dans des bidons en plastique propres. Ceux-ci ont été
ensuite transportés au Laboratoire de Biologie Animale et d’Ecologie Appliquées de
l’Université de Dschang. Au laboratoire, les échantillons d’eaux usées ont été laissés pour
décantation pendant 24h.

18
II-2-1 Technique de sédimentation
Cette méthode est basée sur le fait que les œufs et les kystes de parasitesétant plus
denses que l’eau, vont donc sédimenter par gravité (Thienpont et al., 1979). L’examen au
microscope du culot de sédimentation a permisde mettre en évidence et d’identification les
parasites. La procédure a été la suivante : Le surnageant de la suspension d’eaux usées
laissées au repos pendant 24h(§ II-2)a été rejeté et le culot filtré à travers un passe thé pour le
débarrasser des grosses particules. Le filtrat obtenu pour chaque spécimen a été à nouveau
laissé au repos pendant une heure. Par la suite, le surnageant a été rejeté et une goutte de
sédiment a été prélevé et déposé sur une lame porte objet que l’on recouvre d’une lame
couvre objet. L’ensemble a été porté au microscope pour analyse à l’objectif 10X (Thienpont
etal., 1979). Après analyse pour la recherche d’œufs d’helminthes, une goute de lugola été
alors déposé sur un bord de la lamelle. Ce colorant a diffusé par capillarité et une seconde
analyse à l’objectif 40X, a permis de mettre aisément en évidence les kystes et ookystes des
protozoaires.
II-2-2 Technique de flottaison

C’est une technique qualitative de séparation et de concentration des œufs, des larves
de nématodes, cestodes, des kystes et des ookystes de coccidies. Cette technique est basée sur
la séparation des œufs du culot d’eaux usées, et leur concentration par des moyens de
flottaison de fluide par gravité spécifique appropriée (Soulsby,1982 ; Messaadetal.,
2013).Dans la présente étude, nous avons utilisé une solution saturée de Chlorure de
Sodium(Annexe 1)dont la densité est supérieure à celle de la plupart des œufs, kystes et
ookystes des parasites, permettant ainsi aux éléments parasitaires de remonter à la surface du
liquide où ils sont recueillis puis identifiés (Thienpont etal.,1979).Cette méthode s’est faite
de façon systématique en utilisant le cheminement suivant :

- le reste de sédiment de chaque échantillon conservé du § II-3-1, a été ensuite mélangé


avec la solution d’enrichissement (NaCl 40%) et réparti dans deux tubes à éssai jusqu'à
formation d’un menisque supérieur. Par la suite, deux lamelles couvre objet y ont été
déposées délicatement. Après 30 min, les lamelles ont été ôtées délicatement et déposées sur
la lame porte objet. La préparation ainsi confectionnée a été portée pour lecture au microscope
optique à 10X puis 40Xpour apprécier les détails (Thienpont etal.,1979).

19
II-2-3 Technique de Mc Master

Pour évaluer la charge parasitaire des échantillons des eaux usées de la présente étude,
nous avons utilisé la technique de Mc Master. Cette technique a été réalisée à l’aide d’une
cellule spéciale constituée de deux chambres et chacune des chambres comportant un
quadrillage formé de six colonnes rectangulaires. Le volume d’une chambre étant de 0,15 ml.
Le reste du sédiment mélangé à la solution d’enrichissement du § II-3-2 a servi à remplir les
deux chambres de la cellule de Mc Master. Après 3 à 5 min, les œufs, les kystes et les
ookystes des parasites montent et collent à la lamelle ; ils peuvent alors être compté aisément
lorsque la cellule est placée au microscope à l’objectif 10X. La charge parasitaire pour un
échantillon a été alors évaluée en œufs/litre(OMS, 1997).

II-3 Identification des parasites

L’identification des œufs de nématodes, des kystes et des ookystes des protozoaires
s’est faite selon la clé d’identification décrite par Soulsby (1982)etThienpont etal. (1979).
Les critères utilisés pour l’identification des œufs, des kystes et d’ookystes ont été
essentiellement : la taille, la forme, l’épaisseur de la membrane, l’existence ou non
d’embryon, la présence ou non de bouchons polaires, l’existence ou non d’une larve à
l’intérieur de l’œuf, le nombre de sporozoites, la couleur de la paroi des ookystes.

II-4 Paramètres mesurés et analyses statistiques

II-4-1 Paramètres mesurés

Les paramètres mesurés sont le pourcentage de présence des œufs et des kysteset la
densité parasitaire moyenne. Ils sont calculés suivant les formules ci après :

′é
− = ′é é
×100

− é ( )=

Où :
N = nombre d'œufs, de kystes ou d’ookystes par litre d'échantillon
A = nombre d'œufs, de kystes ou d’ookystes comptés sur la lame de Mc Master

20
X = volume total de la solution examinée (ml)
P = Contenance de la lame Mc Master (0,3 ml pour les deux chambres)
V = volume de l'échantillon initial (2 litres).

II-4-2 Analyses statistiques

Les données collectées ont été enregistrées dans le logiciel Microsoft Office Excel
2007 puis importées dans le logiciel SPSS version 19.0 (Statistical Package for Social
Sciences).Le test du Khi-carré ( ) nous a permis de comparer les pourcentages de présence
des œufs et kystes alors quele test de Mann-Whitney a été utilisé pour comparer les densités
parasitaires moyennes entre les sites. Le seuil de signification pour tous les tests est p= 0,05.

21
CHAPITRE III :

RESULTATS ET DISCUSSION

22
III-1 Résultats
III-1-1 Nématodes et protozoaires parasites rencontrés au cours de l’étude
L’examen microscopique des 80 échantillons d’eaux usées (50% des eaux au niveau
des collecteurs du campus A et 50% des eaux au niveau de l’abattoir) de la présente étude a
permis de mettre en évidence d’une part, les œufs de nématodes tels que Ascaris
spp,Trichurisspp, les Ankylostomes, Trichostrongylusspp, Toxocaraspp, Strongyloïdesspp et
d’autre part, les kystes de Entamoebahistolytica/disparet les ookystes de Eimeriaspp.

III-1-1-1 Nématodes
III-1-1-1-1 Ascarisspp
La classification de Ascarisspp selon Soulsby (1982) peut être rendue de la manière
suivante :

Embranchement : Aschelminthe
Classe : Nematoda
Sous-classe : Secernentea
Ordre :Ascaridida
Famille :Ascaridideae
Genre :Ascaris

Les œufs de Ascarisspp sont de forme ovoïde et pondus en très grande quantité dans
l’intestin grêle soit environ 200 000 œufs par jour. Ils présentent une double coque etsont de
couleur rosé ou brun acajou foncé (coloration donnée par les pigments biliaires). Leur taille
moyenne varie entre 45 à 75 µm de long et 35 à 40 µm de large(photo1). Les œufs de
Ascarisspp ont été plus prévalents avec des pourcentages de 60% et 50% dans les spécimens
des collecteurs A et B respectivement. A l’abattoir, ces œufs ont présenté des pourcentages de
40% et 35% respectivement en saison sèche et en saison des pluies. Ce parasite a présenté des
densités parasitaires de 80,50 œufs/l et 68,43 œufs/l dans les collecteurs A et B
respectivement. Des densités de 136,85 œufs/l et 40,25 œufs/l ont été obtenues à l’abattoir
respectivement pendant la saison sèche et la saison des [Link] différence significative
(p>0,05) n’a été relevée entre les résultats obtenus en fonction des collecteurs et en fonction
des saisons à l’abattoir.

23
Coque
lisse Coque
mamelonnée

11µm 12µm

a b

Photo 1 : Œufs deAscarisspp décortiqué (a) et mamelonné (b)


III-1-1-1-2 Trichuris spp
La classification de Trichuris sppselon Soulsby (1982) peut être rendue comme suit:
Embranchement: Aschelminthes
Classe: Nematoda
Sous-classe: Adenophorea
Ordre: Enoplida
Superfamille: Trichurioidea
Famille: Trichuridea
Genre:Trichuris
Pondus dans la lumière intestinale, les œufsse retrouvent facilement dans les selles et
sont très caractéristique et donc bien reconnaissable. L’œuf de Trichuris(photo2)a une taille
moyenne variant de 50 à 58 µm de long et 22 à 27 µm de large. Cet œuf, non segmenté à la
ponte a la forme d’un citron avec deux bouchons hyalins clairement visibles aux deux pôles et
des parois latérales lisses et bombées. Ces œufs sont très résistants et évoluent parfaitement
dans le milieu extérieur où a lieu l’embryogénèse. Les œufs rencontrés dans les échantillons
d’eaux usées ont eu des pourcentages de 50% (CA)et 40% (CB). A l’abattoir, 40% et 25%
d’échantillons ont été contaminés en saison sèche et en saison des pluies respectivement. Des
densités parasitaires de 169,05 œufs/l et 52,33 œufs/l ont été enregistrées au niveau des
collecteurs A et B respectivement. A l’abattoir,des densités parasitaires moyennes
relativement plus faibles (116,273 œufs/l et 40,25 œufs/l) ont été obtenues dans les eaux
respectivement en saison sèche et en saison des [Link], les différences entre les
valeurs obtenues n’ont pas été significative (p>0,05) au niveau des collecteurs et en fonction
des saisons à l’abattoir.

24
Bouchon
polaire

Contenu granuleux

11µm

Photo 2 : Œuf de Trichurisspp

III-1-1-1-3 Les Ankylostomes


Il existe deux nématodes dans ce groupe :
 Ancylostomaduodenale
 Necatoramericanus
La classification des ankylostomes peut être rendue selon Soulsby (1982) comme suit:
Embranchement: Aschelminthes
Classe: Nematoda
Sous classe: Secernentea
Ordre: Strongylida
Super famille: Ancylostomatoidea
Famille: Ancylostomatidae
Sous- famille: Ancylostominae ; Necatorinae
Genre:Ancylostoma ; Necator
Les œufs de A. duodenale mesurent 56 à 60 µm de long sur 36 à 40 µm de large tandis
que ceux de N. americanus mesurent environ 64 à 70 µm de long sur 36 à 40 µm de large. Ils
sont en général de forme ellipsoïdale, avec une coque lisse, mince et translucide(Photo 3).
Les pôles sont égaux et arrondis avec des parois latérales bombées. Ils contiennent des
blastomères dont le nombre varie de 2 à [Link] pourcentages de contamination des échantillons
d’eaux par les œufs des Ankylostomes collectés au Campus A ont été de 50% et 30%
respectivement dans le CA et CB. Pour les échantillons de l’abattoir, 55% et 45% ont été
contaminés pendant la saison sèche et la saison des pluies [Link] différence
significative (p>0,05) n’a été relevéeentre les pourcentages de contamination au niveau des
collecteurs et à l’abattoir. Les Ankylostomes ont présenté des densités parasitaires
moyennesplus élevéesdans les eaux du Campus A avec 313, 95 œufs/l et 60,38
œufs/lrespectivement au niveau des collecteurs A et B. Dans les eaux de l’abattoir,les

25
densitésparasitaires ont étéde 148,93 œufs/l (en saison sèche) et 92,57 œufs/l (en saison des
pluies). Aucune différence significative (p>0,05) n’a été relevée entre ces densités parasitaires.

Blastomères

12µm
13µm

Photo 3: Œufs des Ankylostomes

III-1-1-1-4 Trichostrongylusspp
La classification de Trichostrongylusspp selon Soulsby (1982) peut être rendue
comme suit :
Embranchement: Aschelminthes
Classe: Nematoda
Sous classe: Secernentea
Ordre: Strongylida
Super famille: Trichostrongyloidea
Famille: Trichostrongylidae
Genre:Trichostrongylus
Eliminés avec les selles, les œufs de Trichostrongylusspp(photo 4) ont une coque lisse
et mince. Leur aspect ressemble beaucoup à celui des Ankylostomes mais ils sont plus gros et
plus allongés que ces derniers. Ils mesurent entre 80 à 90µm de long sur 42 à48µm de large.
Dès leur émission, ils contiennent une morula ayant déjà de nombreux blastomères. Des eaux
usées analysées, les œufs de Trichostrongylusspp ont été les moins représentés au Campus A
(avec des fréquences de 30% pour CA et 25% pour CB)et les plus rencontrés à l’abattoir (85%
et 70% respectivement en saison sèche et pluies). Ces œufs ont présenté des densités
parasitaires moyennes de 60,38 œufs/l dans le collecteur A et44,28 œufs/l dans le collecteur B.
Ces densités étaient plus élevées (205,28 œufs/l)dans les échantillons de l’abattoir en saison
des [Link] saison sèche,297,85 œufs/l ont été enregistré[Link] différence significative
(p>0,05) n’a été relevée entre les pourcentages de contamination et les densités parasitaires en
fonction des collecteurs et des saisons à l’abattoir.

26
Pôle arrondi

Coque lisse et mince

15µm

Photo 4: Œuf de Trichostrongylusspp


III-1-1-1-5 Toxocaraspp
La classification de Toxoraraspp selon Soulsby (1982) peut être rendue comme suit :
Embranchement: Aschelminthes
Classe: Nematoda
Sous classe: Secernentea
Ordre: Ascaridida
Superfamille: Ascarididoidea
Famille: Ascarididae
Genre:Toxocara
Les œufs de Toxocarasppont une forme presque sphérique, parfois oblong avec une coque
épaisse, alvéolée et inégale. Ces œufsont une taille moyenne de 65 µm x 90 µm(photo 5).
Leur contenu est brun foncé à noir, granuleux, non segmenté, remplissant le plus souvent tout
l’intérieur. Les œufs de Toxocaraspp n’ont été observés qu’au niveau du collecteur B avec
unefréquence de 25% et une densité parasitaire de 28,18 œufs/l.

Coque épaisse

Contenu granuleux

13µm

Photo 5 : Œuf de Toxocaraspp

27
III-1-1-1-6 Strongyloïdesspp
La classification de Strongyloïdesspp selon Soulsby (1982) peut être rendue comme suit :
Embranchement: Aschelminthes
Classe: Nematoda
Sous classe: Secernentea
Ordre: Rhabditida
Super famille: Rhabditoidea
Famille: Strongyloididae
Genre: Strongyloïdes

Les œufs de Strongyloïdesspp(photo 6) sont le plus souvent embryonnés et ont une


mince coque transparante. Les parois latérales sont symétriques. Ils mesurent environ 50
à58µm de long sur 30 à 40µm de large. Ces œufs éclosent parfois à l’extérieur de leur hôte
pour donner directement une larve infestante. Les pourcentages de contamination des
échantillons d’eaux par les œufs de Strongyloïdessppcollectés au Campus A ont été de 50% et
40% respectivement dans le CA et CB. Concernant les échantillons de l’abattoir, 85% et 65%
des échantillons ont été contaminés en saison sèche et en saison des pluiesrespectivement.
Aucune différence significative (p>0,05) n’a été relevéeentre les pourcentages de
contamination au niveau des collecteurs et à l’abattoir. En termes dedensités parasitaires,
301,88 œufs/l et 88,58 œufs/l ont été enregistrées respectivement au niveau du CA et CB sans
des différences significatives (p>0,05). La densité parasitaire de Strongyloïdessppdans les
eaux de l’abattoir a étéplus élevée pendant la saison sèche (378,35 œufs/l) qu’en saison des
pluies (197,23 œufs/l) sans différence significative (p>0,05).

Coque
transparente

10µm

Photo 6: Œufembryonnéde Strongyloïdesspp

28
III-1-1-2 Protozoaires

III-1-1-2-1Entamoebahistolytica/dispar

La systématique de Entamoebahistolytica/ disparselon Lacoste (2009) peut être


rendue de la manière suivante :

Embranchement :Sarcomastigophora
Sous-embranchement :Sarcodina
Classe :Lobosasida
Sous-classe : Gymnamoebiasina
Ordre :Amoebidés
Sous-ordre :Tubulinorina
Famille :Entamoebidés
Genre : Entamoeba
Espèce : E. histolytica/dispar

Les kystes de E. histolytica/disparsont des petites sphères de 10 à 20 µm de diamètre


(les kystes à un noyau sont plus grands que les kystes mûrs). Ils sont entourés d'une double
coque. Ces kystes sont réfringents à l'état frais(photo 7). Dans le kyste à un noyau, ce dernier
est gros, arrondi, occupe le tiers du kyste et est repoussé à la périphérie par la vacuole
iodophile lorsqu'elle existe. Dans le kyste à deux noyaux, ceux-ci sont en général disposés
côte à côte près de la [Link] kystes de [Link]/dispar ont été plus prévalents et
identifiés uniquement dans les eaux usées du Campus A avec des pourcentages de 100% et 85%
respectivement au niveau des collecteurs A et [Link] pourcentages n’ont présenté aucune
différence significative (p>0,05).Ces kystes ont eu des densitésrelativement plus
élevées(2902,03 kystes/l et 627,90 kystes/l)au niveau des collecteurs A et
[Link] différences significatives ont été relevées (p<0,05) entre ces densités
parasitaires.

Noyau

5µm

29
Photo7 : Kyste de Entamoebahistolytica/dispar
III-1-1-2-2Eimeriaspp

La classification du genre Eimeria, selon Soulsby (1982)peut être rendue de la


manière suivante :

Embranchement des Apicomplexa

Classe des Sporozoea

Sous-classe des Coocidia

Ordre des Eucoccidiida

Sous-ordre des Eimeriina

Famille des Eimeriidae

Genre : Eimeria

Les ookystes sont des formes de dispersion et de résistances du parasite évacués dans
le milieu extérieur avec les fèces de l’hôte. Ils se présentent sous diverses formestelles
sphériques, sub-sphériques, ovoïdes ou ellipsoïdes. Leurs tailles varient selon les espèces. Ils
possèdent deux membranes bien définies, claires et transparentes. Les ookystes de plusieurs
espèces de coccidies possèdent un micropyle à l’une des extrémités pointues. Les ookystes
deEimeriaspp(photo 8)identifiés dans les échantillons d’eaux usées ont été moins prévalents
au Campus A avec des pourcentagesde 35% et 30% respectivement au niveau des collecteurs
A et B.A l’abattoir, 50% et 55% d’échantillons ont été contaminés en saison des pluies et en
saison sècherespectivement. Des densités parasitaires moyennes de 193,20 ookystes/l
(collecteur A) et 88,55ookystes/l (collecteur B) ont été enregistrées au Campus A. Dans les
eaux usées de l’abattoir 233,45 ookystes/l et 201,25 ookystes/l ont étéenregistrés
respectivement en saison sèche et en saison des [Link] différence significative
(p>0,05) n’a été relevée entre les pourcentages de présence et les densités parasitaires en
fonction des collecteurs et des saisons à l’abattoir.

30
Membrane transparente

Membrane épaisse

7µm

Photo 8: Ookystede Eimeriaspp

III-1-2 Pourcentages de présence des œufs de nématodes, kystes et ookystes de


protozoaires dans les eaux usées.

Le Tableau I présente les pourcentages de présencedes œufs de nématodes, kystes et


ookystes de protozoaires en fonction des sites de collecte.
Tableau 1: Pourcentages de présence des œufs de nématodes, kystes et ookystes de
protozoairesdans les eaux usées en fonction des sites de collecte.

Collecteurs du Campus A Abattoir


Parasites CA CB SS SP
n(%) n(%) n(%) n(%)
Nématodes
Ascaris spp 12(60) 10(50) 8(40) 7(35)
Trichurisspp 10(50) 8(40) 8(40) 5(25)
Ankylostomes 10(50) 6(30) 11(55) 9(45)
Trichostrongylusspp 6(30) 5(25) 17(85) 14(70)
Toxocaraspp 0 5(25) 0 0
Strongyloïdesspp 10(50) 8(40) 17(85) 13(65)
Protozoaires
Entamoebahisto/dispar 20(100) 17(85) 0 0
Eimeriaspp 7(35) 6(30) 11(55) 10(50)

CA= collecteur A ; CB= collecteur B ; SS= saison sèche ; SP= saison des pluies ; n= nombre
d’échantillons contaminés.

Il se dégage du Tableau I que, le collecteur A est plus contaminé par les œufs de
nématodes et kystes de protozoaires comparé au collecteur B sans différence significative
31
(p>0,05). Quel que soit le collecteur, on note une contamination plus accrue des
protozoairescomparé aux nématodes, sans différence significative (p> 0,05). Les eaux
provenant de l’abattoir sont plus contaminées par les œufs de nématodes et les éléments de
dissémination des protozoaires pendant la saison sèche comparée à la saison des pluies. Quel
que soit la saison, les eaux renferment plus d’œufs de nématodes que des kystes de
protozoaires avec des différences significatives (p<0,05). Les œufs de Trichurisspp,
Strongyloïdesspp et des Ankylostomes ont eu des fréquences égales (50%) au niveau du CA.
Pour ce qui est du CB, les œufs de Trichurisspp et Strongyloïdesspp ont aussi montré des
fréquences égales (40%). A l’abattoir,les œufs de Ascarisspp et Trichurisspp ont été identifiés
avec des prévalences relativement égales (40%) en saison sèche et différentes en saison des
pluies (35% et 25% respectivement pour Ascarisspp et Trichurisspp). Aucun œuf de
Toxocaraspp et ni de [Link]/dispar n’ont été identifiés dans les eaux de
l’abattoir.

Les densités parasitaires moyennes de contamination des eaux usées en fonction des
sites sont mentionnées en Annexes 2 et 3.

32
III-2 DISCUSSION
L’analyse parasitologique des eaux usées provenant des effluents domestiques liquides
des dortoirs des étudiants du campus Cde l’Université de Dschang et de l’abattoir de la ville
de Dschang montre une diversité parasitaire.

III-2-1 Nématodes et protozoaires parasites rencontrés au cours de l’étude

L’analyse des eaux usées des collecteurs et de l’abattoir montrequ’elles sont


contaminées par les œufs d’helminthes parasites et des kystes de protozoaires. Cette
observation corrobore celle de Alouini (1993), Bouhoumet al. (1997) et Rawehet al.
(2010)en Tunisie, à Marrakech et à Kénitra respectivement. Par contre, Dssouliet al. (2001),
Hajjamiet al. (2012), Messaadet al. (2013)et Akpoet al. (2013) n’ont mentionné que la
présence des œufs d’helminthes parasites dans leurs travaux effectués au Maroc et au Sénégal
sur les eaux usées domestiques collectées au niveau des collecteurs et dans une station
d’épuration. D’autres auteurs au Maroc tels que Habbari (1992), Belghytiet al. (2003),
Elguamri et Belghyti (2007)et Benelet al. (2012) ont noté en plus des nématodes, la présence
des cestodes avec une prédominance en œufs de nématodes dans leurs études réalisés sur les
eaux usées brutes des villes de Kénitra et de Sidi Yahia du Gharb. La prédominance des œufs
de nématodes serait due à leur transmission facile, leur résistance aux conditions
environnementales et leur pouvoir de contamination élevé(Messaadet al.,2013). L’absence
des œufs de cestodes dans le présent travail pourrait être liée au mode de vie tel que les
habitudes culinaires (consommation de la viande bien cuite) ne favorisant pas la transmission
des cestodes (Mrabet, 1991). De même, aucun œuf de trématodes n’a été identifié. Ces
résultats sont en harmonie avec ceux de Bouhoumet al. (1997) à Marrakech,NsomZamo
(2003), Elguamri et Belghyti (2007) à Kénitra au Maroc, Akpoet al. (2013) à Cambérène au
Sénégal etrestent contraires aux observations faites parHamaidiet al. (2012) au cours de leurs
études réalisées en Algérie sur les eaux usées brutes de l’Oued Beni-Azza. L’absence d’œufs
de trématodes pourrait s’expliquer par le fait que, ces œufs de part leur densité, ont tendance à
s’enfoncer dans les boues (Akpoet al.,2013).

Les nématodes parasites rencontrés dans les eaux usées au cours de notre période
d’étude sont représentés par Ascaris spp, Trichurisspp, les Ankylostomes,
Trichostrongylusspp, Toxocaraspp, Strongyloïdesspp. Hors mis Trichostrongylusspp, nos
résultats sont similaires à ceux de NsomZamoet al.(2003).

33
En ce qui concerne les protozoaires, l’étude a mis en évidence la présence des kystes
de [Link]/dispar et des ookystes de Eimeriaspp. Alouini (1993), Bouhoumet al. (1997)
et Rawehet al. (2010) ont également mis en évidence la présence [Link]/dispar au
cours de leurs travaux réalisés en Tunisie, à Marrakech, et à Kenitra au Maroc respectivement.
Ces auteurs ont également signalé la présence du flagellé Giardia lamblia qui n’a pas été
observé dans nos travaux car son identification nécessite l’utilisation de la solution de Sulfate
de zinc qui n’a pas été employé dans notre étude. De même, nous avons identifié la présence
de Eimeriaspp qui n’a pas été signalé par ces auteurs au cours de leurs études. Les eaux usées
prélevées au cours de nos travaux auraient été contaminé par les déchets d’animaux.

III-2-2 Pourcentage de présence des œufs de nématodes, kystes et ookystes de


protozoaires dans les eaux usées en fonction des sites decollecte

L’analyse des échantillons d’eaux usées prélevées au niveau des collecteurs, a montré
une prédominance des kystes de protozoaires (100% et 85% d’échantillons positifs
respectivement dans les collecteurs A et B) par rapport aux œufs de nématodes (90% et 80%
d’échantillons positifs respectivement dans les collecteurs A et B). Ces résultats corroborent
ceux obtenus par Alouini (1993) et Bouhoumet al.(1997) en Tunisie et au Maroc
respectivement. Par contre, ils s’éloignent de ceux de Hamaidiet al.(2012) qui ont obtenu en
Algérie 57% et 43% d’échantillons positifs en œufs de nématodes et kystes protozoaires
respectivement. En effet, les protozoaires ont un cycle de vie direct, ce qui facilite leur
dissémination.

Les variations saisonnières des œufs de nématodes et des kystes de protozoaires tant
qualitativementque quantitativementdans les eaux usées de l’abattoir de la ville de Dschang
ont également été mises en évidence. Il en ressort que, les œufs de nématodes (100% et 95%
d’échantillons positifs) prédominent au cours des deux saisons comparés aux kystes de
protozoaires (55% et 50% d’échantillons positifs) avec des différences significatives (p<0,05).
Les parasites identifiés sont plus prévalentsen saison sèchequ’en saison des pluies sans
différence significative (p>0,05). En effet, en saison des pluies, les eaux sont diluées par les
précipitations (Chalabi ,1993 ;Syllaet Belghyti, 2008).

III-2-3 Distribution des parasites en fonction des sites de collecte

Les œufs de nématodes parasites et les kystes de protozoaires isolés dans les eaux
usées sont plus prédominant dans le collecteur A que dans le collecteur B. En effet, le

34
collecteur principal A reçoit les eaux usées brutes alors que le collecteur B reçoit les eaux
usées ayant subies une filtration. La répartition des œufs identifiés montre une prédominance
relative des œufs de Ascarisspp(60% et 50% d’échantillons positifs dans les collecteurs A et
B respectivement), suivis de ceux de Trichurisspp (50%et 40%) et des ankylostomes (50% et
30%). Des observations similaires ont été faites par Akpoet al. (2013) au Sénégal dans une
station d’épuration et par Benelet al. (2012) auMaroc, au niveau de trois collecteurs.
Toxocaraspp, a été le parasite le moins prévalent (25%). Ce pourcentage est proche de celui
trouvé (22%) par NsomZamoet al. (2003)à Kénitra. Des résultats similaires ont été rapportés
au Maroc par Hajjamiet al. (2012). Les kystes de [Link]/disparont été plus prévalents
(>85%) dans les échantillons d’eaux usées. Ces résultats s’éloignent de ceux de Alouini
(1993), Bouhoumet al. (1997).es différences pourraientêtre dues à l’origine des eaux usées
analysées.

Les parasites identifiés dans les eaux usées prélevées à l’abattoir sont Ascarisspp,
Trichurisspp, les Ankylostomes, Trichostrongylusspp, Strongyloïdesspp et Eimeriaspp. La
répartition de ces parasites est relativement élevée pendant la saison sèche que pendant la
saison des pluies sans différence significative (p>0,05). Trichostrongylusspps’est révélé être
le parasite le plus prévalent dans les deux saisons (85% et 70%). En effet, c’est un parasite
très fréquent chez les animaux (Belemet al., 2000 ; Tamssar, 2006). Eimeriaspp a été le seul
protozoaire identifié dans les eaux usées de l’abattoir. C’est un parasite toujoursprésent chez
les animaux.

III-2-4 Densités parasitaires moyennes de contamination des eaux

Les analyses parasitologiques des eaux usées des différents collecteurs nous a permis
de constater que la densité parasitaire moyenne la plus élevée enregistrée a été celle des
Ankylostomes (315,95 œufs/l) au niveau du collecteur A. Le collecteur B quant à lui a
montré des densités parasitaires moyennes plus faibles (88,58oeufs/l de Strongyloïdesspp et
28,18 œufs/l de Toxocaraspp). La différence entre les densités trouve son explication dans le
fait que le collecteur B reçoit les eaux usées déjà filtrées. Des densités relativement faibles ont
également été observées au Maroc par Mrabet et Agoumi (1991) et Guessabet al.
(1993) dans les eaux usées. Ces valeurs étaient de 29oeufs/l et 214,4 oeufs/l chez les
Ankylostomes respectivement. En jordanie, Jiménez et al.(2010) ont obtenu une densité
parasitaire moyenne de 300 œufs/l. Des valeurs plus élevées (1490 œufs/l
d’Ankylostomes)ont été observées au Brésil par Mara et Silva (1986). En ce qui concerne la

35
densité en kystes de protozoaires, E. histolytica/dispar, a présenté des densités parasitaires
moyennes de 2902,03 kystes/l et 627,90 kystes/l dans les collecteurs A et B respectivement.
Ces densités sont plus élevées comparées à celles obtenues (100 et 269 kystes/l) par Alouiniet
al. (1995) et (Hamaidiet al.(2012) en Tunisie et en Algérie respectivement. Par contre, elles
sont plus faibles que celle rencontrée (37000 kystes/l) par Bouhoumet al. (1997) à Marrakech.
Les différences entre les densités pourraient être dues au nombre d’échantillons analysés et à
l’origine des effluents raccordés aux différents collecteurs.

Des résultats obtenus, nous constatons que les densités parasitaires sont plus élevées
en saison sèche qu’en saison des pluies. Des observations similaires ont été faites par
Habbari (1992)à Marrakech. Cet auteur a obtenu une densité parasitaire moyenne de 31 et 25
œufs/l respectivement en saison sèche et en saison des pluies. La même tendance a été
observée par Dssouliet al. (2001). Ces derniers ont obtenu pendant ces périodes des densités
de 21,01 et 2,53 œufs/l. En revanche, Firadi (1996) a rapporté des densités parasitaires
moyennes très élevées en œufs d’helminthes pendant la saison des pluies dans les eaux usées
d’Ouarzazate. L’influence des saisons sur la qualité des eaux usées a été soulignée par
plusieurs auteurs. En effet, les pluies jouent un rôle très important dans la variation des
densités parasitaires. Elles diluent les eaux usées et par conséquent font baisser la densité
parasitaire (Hajjamiet al., 2012). Concernant Eimeriaspp, ce parasite a présenté des densités
moyennes de 233,45 ookystes/l et 201,25 ookystes/lrespectivement en saison sèche et saison
des pluies. Comme constaté plus haut, la densité des kystes de protozoaires est une fois de
plus élevée en saison sèche. En 2008, Sylla et Belghyti au cours de leurs travaux ont rapporté
que les eaux usées provenant des abattoirs sont très chargés en œufs d’helminthes (nématodes
et cestodes) et en kystes de protozoaires (E. histolotica et E. coli) pendant la saison sèche.

Les densités parasitaires moyennes obtenues dans le présent travail en termes d’œufs
de nématodes et kystes de protozoaires sont restées supérieures aux normes recommandées
par l’Organisation Mondiale de la Santé (1989) (inférieure ou égale à 1 œuf ou kyste/litre).

III-2-5 Implications zoonotiques

La plupart des parasites rencontrés au cours decette étude sont connus comme étant
responsables des [Link] effet, ils ont un cycle de vie direct (à l’exception de
Toxocaraspp)et par conséquent peuvent être transmis facilement aux humains et aux animaux
et vice [Link] eaux usées présentent un risque potentiel de zoonoses évident pour la
population humaine et pour le cheptel (Dssouliet al., 2001). Les populations les plus
36
vulnérables sont les agriculteurs, les consommateurs des produits irrigués aux moyens des
eaux usées et les éleveurs (OMS, 1989 ;Khallaayoune, 1996 ;El guamriet al., 2007 ;
Rawehet al., 2010).

37
CONCLUSION, RECOMMANDATIONS ET
PERSPECTIVES

38
CONCLUSION
Au terme de notre étude dont l’objectif principal était de caractériser sur le
planparasitologique les eaux usées du Campus Ade l’Université de Dschang et de l’abattoir de
Dschang, nous sommes parvenus aux conclusions suivantes :

- le collecteur A est plus contaminé par les œufs de nématodes et kystes de protozoaires
comparé au collecteur B sans différence significative (p> 0,05) ;

- les œufs de Ascaris spp ont été plus prévalents dans les deux collecteurs (60% et 50% dans
les spécimens des collecteurs A et B respectivement) suivi des œufs de Trichurisspp (50% et
40%). Les œufs de Toxocaraspp ont été les moins représentés (0% et 25% dans les spécimens
respectivement dans les collecteurs A et B);

- des densités parasitaires relativement plus élevées ont été observées au niveau du collecteur
A comparées à celles du collecteur B sans différence significative (p>0,05) ;

- les Ankylostomes ont présentés une densité parasitaire moyenne plus élevée
(313,95±441,61 œufs/l et 60,38±97,29 œufs/l respectivement dans les collecteurs A et B);

- Chez les protozoaires, [Link]/dispar a été le plus prévalent (100% et 85% au niveau
des collecteurs A et B respectivement). Aucune différence significative (p> 0,05) n’a été
observée entre les pourcentages de contamination des échantillons d’eaux en œufs de
nématodes et en kystes et ookystes de protozoaires;

- Entamoebahistolytica/dispar a présenté une densité parasitaire relativement plus élevée


(2902,03±3223,44 kystes/l et 627,90±494,58 kystes/l respectivement dans les collecteurs A et
B) avec une différence significative (p<0,05);

- les eaux provenant de l’abattoir ont été contaminées par les œufs de nématodes et les
éléments de dissémination des [Link] quesoit la saison, ces eaux renferment plus
d’œufs de nématodes que des kystes de protozoaires avec des différences significatives
(p<0,05). Les œufs de nématodes les plus rencontrés ont été ceux de Trichostrongylusspp (85%
et 70% en saison sèche et en saison des pluies respectivement).

- seuls les ookystes de Eimeriaspp ont été présents dans les échantillons d’eaux de l’abattoir
(55% et 50% respectivement en saison sèche et pluies);

39
- les parasites identifiés ont présenté des densités parasitaires relativement plus élevées
pendant la saison sèche comparée à la saison des pluies sans différence significative (p> 0,05);

- les œufs de Strongyloïdesspp présentent une densité parasitaire moyenne plus élevée
pendant la saison sèche (378,35±334,57oeufs/l) ;

- Eimeriaspp présente des densités parasitaires moyennes de 233,45±285,98ookystes/l et


201,25±228,44 ookystes/l respectivement en saison sèche et en saison des pluies;

- les densités parasitaires obtenues ont largement dépassé les normes fixées par l’OMS. Les
eaux usées de cette étude présentent un danger potentiel pour les usages directs et indirects;

- les eaux usées sont des sources potentielles de zoonoses. En effet, la plupart des nématodes
et protozoaires qui ont été identifiés sont communs aux hommes et aux animaux.

RECOMMANDATIONS

Au vu de ce qui précède, nous suggérons:

- Aux agriculteurs de se protéger lors de l’utilisation des eaux usées pour l’irrigation;
- aux consommateurs des cultures maraîchères de bien les nettoyer avant toute
consommation.

PERSPECTIVE

Nous nous proposons dans les études futures de faire une caractérisation physico‐chimique,
parasitologique et bactériologique des eaux usées brutes ainsi qu’une étude de leur impact sur
quelques cultures irriguées aux moyens de ces eaux.

40
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ANNEXES

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Annexe 1 : Préparation de la solution de Chlorure de sodium (NaCl).

La préparation de la solution salée saturée consiste à introduire 400 g de Chlorure de


Sodium dans 1000 ml d’eau et laisser reposer 48h avant l’utilisation.

Annexe2 : Densités parasitaires moyennes en fonction des collecteurs.

Densités parasitaires moyennes (±SD) Œufs/l

Parasites Collecteur A Collecteur B


Ascaris spp 80,50±86,62* 68,43±83,72*
Trichurisspp 169,05±251,73* 52,33±75,13*
Ankylostomes 313,95±441,61* 60,38±97,29*
Trichostrongylusspp 60,38±104,06* 44,28±84,53*
Toxocaraspp 0* 28,18±54**
Strongyloïdesspp 301,88±419,41* 88,58±154,36*
E. histolytica/dispar 2902,03±3223,44* 627,90±494,58**
Eimeriaspp 193,20±336,91* 88,55±147,51*
Sur la même ligne, les chiffres affectés du même nombre d’astérix ne sont pas significativement
différents.

Annexe 3 : Densités parasitaires moyennes de contamination des eaux de


l’abattoir en fonction des saisons.

Densités parasitaires moyennes(±SD) Œufs/l


Parasites
Saison sèche Saison de pluies

Ascarisspp 136,85±239,51 84,53±123,82


Trichurisspp 116,273±214,54 40,25±80,50
Ankylostomes 148,93±183,34 92,57±111,65
Trichostrongylusspp 297,85±372,21 205,28±185,55
Toxocaraspp 0 0
Strongyloidesspp 378,35±334,57 197,23±196,27
E. histolytica/dispar 0 0
Eimeriaspp 233,45±285,98 201,25±228,44

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