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Étude des Matrices : Trigonalisabilité et Diagonalisabilité

Le document présente un devoir libre en mathématiques, axé sur l'étude des ensembles de matrices, en particulier les matrices trigonalisables, diagonalisables et leurs propriétés. Il aborde des questions sur les valeurs propres, les polynômes, les produits scalaires, et l'enveloppe convexe dans un espace vectoriel euclidien. Les exercices incluent des démonstrations et des justifications mathématiques, ainsi que des applications de théorèmes comme celui de Carathéodory.

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Étude des Matrices : Trigonalisabilité et Diagonalisabilité

Le document présente un devoir libre en mathématiques, axé sur l'étude des ensembles de matrices, en particulier les matrices trigonalisables, diagonalisables et leurs propriétés. Il aborde des questions sur les valeurs propres, les polynômes, les produits scalaires, et l'enveloppe convexe dans un espace vectoriel euclidien. Les exercices incluent des démonstrations et des justifications mathématiques, ainsi que des applications de théorèmes comme celui de Carathéodory.

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MP*-IBN TAIMIA Devoir Libre 7 2025-2026

Exercice 1 : Etude de quelques ensembles de matrice

— Soit K l’un des corps R ou C et n un entier supérieur ou égal à 2 .


— On note (Eij )1≤i,j≤n la base canonique de Mn (K).
— On définit les ensembles suivants :

Tn (K) = {M ∈ Mn (K) | M est trigonalisable } ,


Dn (K) = {M ∈ Mn (K) | M est diagonalisable } ,
Bn (K) = {M ∈ Mn (K) | Card (SpK (M)) = n} ,
1. Question préliminaire : Soit A une partie d’un K-evn E et x ∈ E. Montrer que x n’appartient pas à l’intérieur
de A, si et seulement si, x est limite d’une suite d’éléments du complémentaire de A.
2. Justifier les inclusions : Bn (K) ⊂ Dn (K) ⊂ Tn (K).
3. Soit M ∈ Dn (K) une matrice diagonalisable ayant au moins une valeur propre λ de multiplicité m ≥ 2,
soit P ∈ GLn (K) telle que M = PDP−1 , avec D = diag (λ, . . . , λ, λm+1 , . . . , λn ). Pour tout k ≥ 1, on note
Tk = D + k1 E12 et Mk = PTk P−1 .

(a) Justifier que la suite (Mk )k≥1 converge vers M.

(b) Montrer que rg (Mk − λIn ) = n − m + 1 et en déduire que Mk est non diagonalisable.

(c) Conclure que l’intérieur de Dn (K) est inclu dans Bn (K).


4. On suppose dans cette question que K = C. On se donne M ∈ Bn (C), on note λ1 , . . . , λn ses valeurs propres
deux à deux distinctes et on considère une suite (Mk )k ∈ (Mn (C))N convergente vers M. On pose
n
Y n
Y
XM = (X − λi ) et XMk = (X − αi,k )
i=1 i=1

Avec αi,k les valeurs propres complexes de Mk distinctes ou confondues.

(a) Soit δ > 0 et k un entier. On suppose que le disque ouvert D (λ1 , δ) ne contient aucune valeur propre de Mk .

i. Justifier alors que |XMk (λ1 )| ≥ δ n .

ii. Dégager une contradiction lorsque k est assez grand.

iii. En déduire l’existence d’un rang N1 tel que ∀k ≥ N1 , SpC (Mk ) ∩ D (λ1 , δ) ̸= ∅.

1
(b) En considérant 0 < δ < 2 mini̸=j |λi − λj |, montrer qu’il existe un rang N ∈ N tel que ∀k ≥ N, Mk ∈ Bn (C).

(c) Démontrer alors que l’intérieur de Dn (C) est exactement Bn (C).

5. On suppose dans cette question que K = R. On note Pn l’ensemble des polynômes réels de degré n scindés et à
racines simples dans R[X]. Soit P ∈ Pn fixé, on note x1 < . . . < xn ses racines et se donne y0 , . . . , yn des réels
vérifiant :

y0 < x1 < y1 < x2 < y2 . . . xn−1 < yn−1 < xn < yn

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MP*-IBN TAIMIA Devoir Libre 7 2025-2026

Rn [X] −→ Rn+1

On définit l’application : ϕ :
Q(X) 7−→ (Q (y0 ) , . . . , Q (yn ))
Qn Qn
(a) Justifier que la partie U = ϕ−1 n−i R∗+ ∪ ϕ−1 n−i+1 R∗+ est un ouvert de R [X]
 
i=0 (−1) i=0 (−1) n
contenu dans Pn .

(b) Démontrer que le polynôme P appartient à U.

(c) Prouver alors que Pn est un ouvert de Rn [X].

(d) En déduire que Bn (R) est un ouvert de Mn (R).

(e) Conclure encore que l’intérieur de Dn (R) est exactement Bn (R).

6. Soit M ∈ Tn (R) une matrice trigonalisable ayant au moins une valeur propre λ de multiplicité m ≥ 2.

(a) Montrer que M est limite d’une suite (Mk )k formée de matrices réelles non trigonalisables. On pourra
s’inspirer de la question (3).

(b) En déduire que l’intérieur de Tn (R) est aussi égal à Bn (R).

7. Quel est l’intérieur de Tn (C) ?

Exercice 2

1. produit de Dirichlet de deux séries absolument convergentes


P P P
Montrer que si les séries n∈IN ∗ un et n∈IN ∗ vn sont absolument convergentes alors la série n∈IN∗ xn , avec
P P
xn = pq=n up vq = d|n ud v n est absolument convergente et
d


X ∞  X
X  X ∞
X ∞
 X 
xn = up vq = up vq = up vq .
n=1 n=1 pq=n (p,q)∈(IN∗ )2 p=1 q=1

2. La fonction zéta de Riemann est définie par ζ(x) = ∞ 1


P
n=1 nx pour tout réel x > 1.
L’indicateur d’Euler d’un entier naturel non nul n est défini par

φ(n) = Card{k ∈ 1, n | k ∧ n = 1}.


(a) Pour n ∈ N∗ , calculer
P
d|n φ(d).

(b) Pour x ∈]2, +∞ [ , en déduire une expression de la somme Φ(x) = ∞ φ(n)


P
n=1 nx à l’aide de la fonction ζ.
(c) Soit k un entier naturel supérieur ou égal à 2 , pour tout n ∈ N∗ ,
On pose Qk (n) = 0 s’il existe un nombre premier p tel que pk | n et Qk (n) = 1 sinon.
Démontrer la relation

ζ(x) X Qk (n)
∀x ∈]1, +∞[: = .
ζ(kx) nx
n=1

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PROBLEME
Soit E l’espace vectoriel euclidien Rn muni du produit scalaire usuel noté (.|.),
On rappelle que si (X, Y) ∈ (Rn )2 , (X|Y) =t [Link] la norme euclidienne est notée ∥.∥.
Si H est un sous-ensemble quelconque de E, on appelle enveloppe convexe de H, et on note Conv(F), le plus petit
sous-ensemble convexe de E (au sens de l’inclusion) contenant H, c’est-à-dire l’intersection de tous les convexes de E
contenant H.
On note I la matrice identité de Mn (R)
On note GLn (R) le groupe linéaire des matrices de Mn (R) inversibles. et si A ∈ Mn (R) on note t A la matrice
transposée de A et tr(A) la trace de A.
On rappelle que le groupe orthogonal On (R) de Mn (R) est l’ensemble des matrices U de Mn (R) telles que
Ut U = I.
On rappelle qu’une matrice A ∈ Mn (R) est dite symétrique si t A = A.
On rappelle également qu’une matrice symétrique réelle est dite positive si ses valeurs propres sont positives ou
nulles.
On pourra identifier Rn et l’ensemble des matrices colonnes Mn,1 (R) , que l’on suppose muni du produit scalaire
canonique, pour lequel la base canonique de Rn est orthonormée.
On note ∥∥2 la norme sur Mn (R) subordonnée à la norme euclidienne de Rn : pour tout A ∈ Mn (R)

∥A∥2 = sup ∥AX∥.


X∈Rn ,∥X∥=1

On admet les deux résultats suivants :


Si A une matrice symétrique réelle, il existe P matrice orthogonale : t PAP = D avec D diagonale.
Toute A ∈ Mn (R) s’écrit sous la forme A = US , où U ∈ On (R) et S est une matrice symétrique positive.
A. Produit scalaire de matrices
On rappelle que tr(A) désigne la trace de la matrice A ∈ Mn (R)
1. Montrer que pour toute base orthonormée (e1 , e2 , . . . , en ) de Rn , on a la formule tr(A) = Σni=1 ⟨Aej , ej ⟩.
On rappelle que l’application (A, B) → tr(t AB) définit un produit scalaire sur Mn (R) noté ⟨, ⟩.
On note ∥∥1 la norme euclidienne associée à ce produit scalaire.
L’attention du candidat est attirée sur le fait que Mn (R) est désormais muni de deux normes
différentes ∥∥1 et ∥∥2 .
2. Si A et B sont symétriques réelles positives, montrer que ⟨A, B⟩ ≥ 0. On pourra utiliser une base orthonormée
de vecteurs propres de B.
B. Projeté sur un convexe compact
Soit H une partie de E, convexe et compacte, et soit x ∈ E. On note

d(x, H) = inf ∥x − h∥.


h∈H

3. Montrer qu’il existe un unique h0 ∈ H tel que d(x, H) = ∥x − h0 ∥.


(On pourra utiliser pour h0 , h1 dans H la fonction définie pour tout t ∈ R par la formule :
q(t) = ∥x − th0 − (1 − t)h1 ∥2 .)
4. Montrer que h0 est caractérisé par la condition ⟨x − h0 , h − h0 ⟩ ≤ 0 pour tout h ∈ H. On pourra utiliser la même
fonction q(t) qu’à la question précédente.
Le vecteur h0 s’appelle projeté de x sur H.
C. Théorème de Carathéodory et compacité Dans cette partie, on suppose que E est de dimension n. On
dit que x ∈ E est une combinaison convexe des p éléments x1 , x2 , . . . , xp ∈ E s’il existe des réels λ1 , λ2 , . . . , λp
positifs ou nuls tels que :

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p
X p
X
x= λj xj et λj = 1.
i=1 i=1

5. Montrer que l’enveloppe convexe conv(H) d’une partie H de E est constituée des combinaisons convexes d’élé-
ments de H.
On souhaite montrer que l’enveloppe convexe conv(H) est constituée des combinaisons convexes d ’au plus n + 1
éléments de H.
Xp
Soit x = λj xj une combinaison convexe de x1 , x2 , . . . , xp ∈ H avec p ≥ n + 2.
i=1
6. Montrer qu’il existe p réels non tous nuls µ1 , µ2 , . . . , µp tels que :
p
X p
X
µj xj = 0et µj = 0.
i=1 i=1

On pourra considérer la famille (x2 − x1 , x3 − x1 , . . . , xp − x1 ) .


7. En déduire que x s’écrit comme combinaison convexe d’au plus p − 1 éléments de H et conclure que conv(H)
est constituée des combinaisons convexes d’au plus n + 1 éléments de H.
On pourra considérer une suite de coefficients de la forme λj − θµi ≥ 0, i ∈ {1, 2, . . . , p} pour un réel θ bien
choisi.
8. Si H est une partie compacte de E, montrer que conv(H) est compacte.
On pourra introduire l’ensemble compact de Rn+1 défini par : Λ = {(t1 , . . . , tn+1 ) , avec tj ≥ 0 pour tout
n+1
X
i ∈ {1, . . . , n + 1} et ti = 1}.
i=1
D. Enveloppe convexe de On (R)
9. Montrer que l’enveloppe convexe conv (On (R)) est compacte.
On note B la boule unité fermée de (Mn (R) , ∥∥2 ) .
10. Montrer que conv (On (R)) est contenue dans B.
On suppose qu’il existe M ∈ B telle que M n’appartient pas à conv (On (R)) .
On note N le projeté de M sur conv (On (R)) défini à la partie C pour la norme ∥∥1 , et on pose A =t (M − N).
On écrit enfin A = US, avec U ∈ On (R) et S symétrique réelle positive (question 9).
11. Montrer que pour tout V ∈ conv(On (R)) , tr(AV) ≤ tr(AN) < tr(AM) . En déduire que tr(S) < tr(USM) .
12. Montrer que tr(MUS) ≤ tr(S) . On pourra appliquer le résultat de la ques- tion 1).
13. Conclure : déterminer conv (On (R)) .

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