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Exercice 1 : Etude de quelques ensembles de matrice
— Soit K l’un des corps R ou C et n un entier supérieur ou égal à 2 .
— On note (Eij )1≤i,j≤n la base canonique de Mn (K).
— On définit les ensembles suivants :
Tn (K) = {M ∈ Mn (K) | M est trigonalisable } ,
Dn (K) = {M ∈ Mn (K) | M est diagonalisable } ,
Bn (K) = {M ∈ Mn (K) | Card (SpK (M)) = n} ,
1. Question préliminaire : Soit A une partie d’un K-evn E et x ∈ E. Montrer que x n’appartient pas à l’intérieur
de A, si et seulement si, x est limite d’une suite d’éléments du complémentaire de A.
2. Justifier les inclusions : Bn (K) ⊂ Dn (K) ⊂ Tn (K).
3. Soit M ∈ Dn (K) une matrice diagonalisable ayant au moins une valeur propre λ de multiplicité m ≥ 2,
soit P ∈ GLn (K) telle que M = PDP−1 , avec D = diag (λ, . . . , λ, λm+1 , . . . , λn ). Pour tout k ≥ 1, on note
Tk = D + k1 E12 et Mk = PTk P−1 .
(a) Justifier que la suite (Mk )k≥1 converge vers M.
(b) Montrer que rg (Mk − λIn ) = n − m + 1 et en déduire que Mk est non diagonalisable.
(c) Conclure que l’intérieur de Dn (K) est inclu dans Bn (K).
4. On suppose dans cette question que K = C. On se donne M ∈ Bn (C), on note λ1 , . . . , λn ses valeurs propres
deux à deux distinctes et on considère une suite (Mk )k ∈ (Mn (C))N convergente vers M. On pose
n
Y n
Y
XM = (X − λi ) et XMk = (X − αi,k )
i=1 i=1
Avec αi,k les valeurs propres complexes de Mk distinctes ou confondues.
(a) Soit δ > 0 et k un entier. On suppose que le disque ouvert D (λ1 , δ) ne contient aucune valeur propre de Mk .
i. Justifier alors que |XMk (λ1 )| ≥ δ n .
ii. Dégager une contradiction lorsque k est assez grand.
iii. En déduire l’existence d’un rang N1 tel que ∀k ≥ N1 , SpC (Mk ) ∩ D (λ1 , δ) ̸= ∅.
1
(b) En considérant 0 < δ < 2 mini̸=j |λi − λj |, montrer qu’il existe un rang N ∈ N tel que ∀k ≥ N, Mk ∈ Bn (C).
(c) Démontrer alors que l’intérieur de Dn (C) est exactement Bn (C).
5. On suppose dans cette question que K = R. On note Pn l’ensemble des polynômes réels de degré n scindés et à
racines simples dans R[X]. Soit P ∈ Pn fixé, on note x1 < . . . < xn ses racines et se donne y0 , . . . , yn des réels
vérifiant :
y0 < x1 < y1 < x2 < y2 . . . xn−1 < yn−1 < xn < yn
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Rn [X] −→ Rn+1
On définit l’application : ϕ :
Q(X) 7−→ (Q (y0 ) , . . . , Q (yn ))
Qn Qn
(a) Justifier que la partie U = ϕ−1 n−i R∗+ ∪ ϕ−1 n−i+1 R∗+ est un ouvert de R [X]
i=0 (−1) i=0 (−1) n
contenu dans Pn .
(b) Démontrer que le polynôme P appartient à U.
(c) Prouver alors que Pn est un ouvert de Rn [X].
(d) En déduire que Bn (R) est un ouvert de Mn (R).
(e) Conclure encore que l’intérieur de Dn (R) est exactement Bn (R).
6. Soit M ∈ Tn (R) une matrice trigonalisable ayant au moins une valeur propre λ de multiplicité m ≥ 2.
(a) Montrer que M est limite d’une suite (Mk )k formée de matrices réelles non trigonalisables. On pourra
s’inspirer de la question (3).
(b) En déduire que l’intérieur de Tn (R) est aussi égal à Bn (R).
7. Quel est l’intérieur de Tn (C) ?
Exercice 2
1. produit de Dirichlet de deux séries absolument convergentes
P P P
Montrer que si les séries n∈IN ∗ un et n∈IN ∗ vn sont absolument convergentes alors la série n∈IN∗ xn , avec
P P
xn = pq=n up vq = d|n ud v n est absolument convergente et
d
∞
X ∞ X
X X ∞
X ∞
X
xn = up vq = up vq = up vq .
n=1 n=1 pq=n (p,q)∈(IN∗ )2 p=1 q=1
2. La fonction zéta de Riemann est définie par ζ(x) = ∞ 1
P
n=1 nx pour tout réel x > 1.
L’indicateur d’Euler d’un entier naturel non nul n est défini par
φ(n) = Card{k ∈ 1, n | k ∧ n = 1}.
(a) Pour n ∈ N∗ , calculer
P
d|n φ(d).
(b) Pour x ∈]2, +∞ [ , en déduire une expression de la somme Φ(x) = ∞ φ(n)
P
n=1 nx à l’aide de la fonction ζ.
(c) Soit k un entier naturel supérieur ou égal à 2 , pour tout n ∈ N∗ ,
On pose Qk (n) = 0 s’il existe un nombre premier p tel que pk | n et Qk (n) = 1 sinon.
Démontrer la relation
∞
ζ(x) X Qk (n)
∀x ∈]1, +∞[: = .
ζ(kx) nx
n=1
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PROBLEME
Soit E l’espace vectoriel euclidien Rn muni du produit scalaire usuel noté (.|.),
On rappelle que si (X, Y) ∈ (Rn )2 , (X|Y) =t [Link] la norme euclidienne est notée ∥.∥.
Si H est un sous-ensemble quelconque de E, on appelle enveloppe convexe de H, et on note Conv(F), le plus petit
sous-ensemble convexe de E (au sens de l’inclusion) contenant H, c’est-à-dire l’intersection de tous les convexes de E
contenant H.
On note I la matrice identité de Mn (R)
On note GLn (R) le groupe linéaire des matrices de Mn (R) inversibles. et si A ∈ Mn (R) on note t A la matrice
transposée de A et tr(A) la trace de A.
On rappelle que le groupe orthogonal On (R) de Mn (R) est l’ensemble des matrices U de Mn (R) telles que
Ut U = I.
On rappelle qu’une matrice A ∈ Mn (R) est dite symétrique si t A = A.
On rappelle également qu’une matrice symétrique réelle est dite positive si ses valeurs propres sont positives ou
nulles.
On pourra identifier Rn et l’ensemble des matrices colonnes Mn,1 (R) , que l’on suppose muni du produit scalaire
canonique, pour lequel la base canonique de Rn est orthonormée.
On note ∥∥2 la norme sur Mn (R) subordonnée à la norme euclidienne de Rn : pour tout A ∈ Mn (R)
∥A∥2 = sup ∥AX∥.
X∈Rn ,∥X∥=1
On admet les deux résultats suivants :
Si A une matrice symétrique réelle, il existe P matrice orthogonale : t PAP = D avec D diagonale.
Toute A ∈ Mn (R) s’écrit sous la forme A = US , où U ∈ On (R) et S est une matrice symétrique positive.
A. Produit scalaire de matrices
On rappelle que tr(A) désigne la trace de la matrice A ∈ Mn (R)
1. Montrer que pour toute base orthonormée (e1 , e2 , . . . , en ) de Rn , on a la formule tr(A) = Σni=1 ⟨Aej , ej ⟩.
On rappelle que l’application (A, B) → tr(t AB) définit un produit scalaire sur Mn (R) noté ⟨, ⟩.
On note ∥∥1 la norme euclidienne associée à ce produit scalaire.
L’attention du candidat est attirée sur le fait que Mn (R) est désormais muni de deux normes
différentes ∥∥1 et ∥∥2 .
2. Si A et B sont symétriques réelles positives, montrer que ⟨A, B⟩ ≥ 0. On pourra utiliser une base orthonormée
de vecteurs propres de B.
B. Projeté sur un convexe compact
Soit H une partie de E, convexe et compacte, et soit x ∈ E. On note
d(x, H) = inf ∥x − h∥.
h∈H
3. Montrer qu’il existe un unique h0 ∈ H tel que d(x, H) = ∥x − h0 ∥.
(On pourra utiliser pour h0 , h1 dans H la fonction définie pour tout t ∈ R par la formule :
q(t) = ∥x − th0 − (1 − t)h1 ∥2 .)
4. Montrer que h0 est caractérisé par la condition ⟨x − h0 , h − h0 ⟩ ≤ 0 pour tout h ∈ H. On pourra utiliser la même
fonction q(t) qu’à la question précédente.
Le vecteur h0 s’appelle projeté de x sur H.
C. Théorème de Carathéodory et compacité Dans cette partie, on suppose que E est de dimension n. On
dit que x ∈ E est une combinaison convexe des p éléments x1 , x2 , . . . , xp ∈ E s’il existe des réels λ1 , λ2 , . . . , λp
positifs ou nuls tels que :
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p
X p
X
x= λj xj et λj = 1.
i=1 i=1
5. Montrer que l’enveloppe convexe conv(H) d’une partie H de E est constituée des combinaisons convexes d’élé-
ments de H.
On souhaite montrer que l’enveloppe convexe conv(H) est constituée des combinaisons convexes d ’au plus n + 1
éléments de H.
Xp
Soit x = λj xj une combinaison convexe de x1 , x2 , . . . , xp ∈ H avec p ≥ n + 2.
i=1
6. Montrer qu’il existe p réels non tous nuls µ1 , µ2 , . . . , µp tels que :
p
X p
X
µj xj = 0et µj = 0.
i=1 i=1
On pourra considérer la famille (x2 − x1 , x3 − x1 , . . . , xp − x1 ) .
7. En déduire que x s’écrit comme combinaison convexe d’au plus p − 1 éléments de H et conclure que conv(H)
est constituée des combinaisons convexes d’au plus n + 1 éléments de H.
On pourra considérer une suite de coefficients de la forme λj − θµi ≥ 0, i ∈ {1, 2, . . . , p} pour un réel θ bien
choisi.
8. Si H est une partie compacte de E, montrer que conv(H) est compacte.
On pourra introduire l’ensemble compact de Rn+1 défini par : Λ = {(t1 , . . . , tn+1 ) , avec tj ≥ 0 pour tout
n+1
X
i ∈ {1, . . . , n + 1} et ti = 1}.
i=1
D. Enveloppe convexe de On (R)
9. Montrer que l’enveloppe convexe conv (On (R)) est compacte.
On note B la boule unité fermée de (Mn (R) , ∥∥2 ) .
10. Montrer que conv (On (R)) est contenue dans B.
On suppose qu’il existe M ∈ B telle que M n’appartient pas à conv (On (R)) .
On note N le projeté de M sur conv (On (R)) défini à la partie C pour la norme ∥∥1 , et on pose A =t (M − N).
On écrit enfin A = US, avec U ∈ On (R) et S symétrique réelle positive (question 9).
11. Montrer que pour tout V ∈ conv(On (R)) , tr(AV) ≤ tr(AN) < tr(AM) . En déduire que tr(S) < tr(USM) .
12. Montrer que tr(MUS) ≤ tr(S) . On pourra appliquer le résultat de la ques- tion 1).
13. Conclure : déterminer conv (On (R)) .
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