Sujet 1
Accroche : la beauté et l’immensité de la nature provoquent la stupéfaction des humains. Insertion du
sujet : C’est ce que raconte Jules Verne dans son roman Voyage au centre de la Terre. En effet, Au chapitre
XXXI, alors qu’ils viennent de découvrir une mer souterraine qui s’élève d’une dizaine de pieds environ, le
personnage Axel s’exclame : « C’est merveilleux ! » À quoi son oncle lui répond : « Non, c’est naturel. »
Analyse du sujet : Cet échange entre un savant et un homme ordinaire montre deux points de vue différents,
celui du novice qui est fasciné par la nature et celui de l’expert qui ne cherche qu’à analyser et comprendre
froidement et objectivement. La citation montre donc un scientifique qui désamorce l’émerveillement – ce
mélange d’admiration et de surprise – pour signifier à l’ignorant que tout cela s’inscrit dans l’ordre de la
nature. Le contraste oppose donc l’énigmatique et l’inédit, source d’étonnement, à des phénomènes qui
seraient en réalité non seulement explicables, soumis à des lois physiques mais potentiellement présents à
différents endroits du globe. Limites du sujet : Mais, n’est-il pas permis au scientifique de s’émerveiller
devant la nature ? Serait-il alors celui qui ne s’émerveille plus devant la nature parce que cet émerveillement
traduirait une forme de naïveté ou une ignorance ? L’étonnement qui laisse sans voix devrait donc laisser
place à une étude plus analytique, au souci d’observer, de comprendre la nature et de dégager des lois.
Problématique : L’homme doit-il célébrer les beautés de la nature ou en faire l’objet d’une analyse
susceptible de la « désenchanter » ? Annonce des œuvres : Pour étayer notre argumentation, nous nous
appuierons sur Vingt Mille Lieues sous les mers(1870) de Jules Verne, La Connaissance de la vie(1952) de
Georges Canguilhem et Le Mur invisible (1963) de Marlen Haushofer. Annonce du plan : Certes, la nature
ne devrait pas être une source d’émerveillement puisqu’elle relève de phénomènes réguliers et explicables.
Toutefois, l’attitude la plus juste face à la nature pourrait relever de l’émerveillement. Finalement, l’analyse
de la nature et l’émerveillement peuvent non seulement coexister mais en plus ils s’alimentent. S’émerveiller,
ce n’est pas être passif, mais c’est se mettre en mouvement pour tâcher de comprendre ce que l’on
entend par « naturel ».
Conclusion :
Bilan : Loin de laisser l’individu pétrifié ou stupéfait, l’émerveillement peut susciter un élan, une
dynamique : le secret des enchantements de la nature déclenche le désir de savoir et un lent travail
d’analyse. Plus encore, si l’on peut s’émerveiller, c’est aussi parce que tout pourrait s’expliquer,
même si cela requiert des efforts. L’émerveillement viendrait alors de l’émergence de découvertes
face à une nature qui ne se donne pas immédiatement. In fine, l’homme serait cet être à la fois
naturel et merveilleux, partie du Tout mais capable de se perfectionner donc de s’émerveiller de lui-
même. Ouverture : Cette réflexion sur l’émerveillement qui mène à la connaissance se retrouve
chez Galilée, pour qui la nature « est un beau livre écrit en langage mathématique. »
Sujet 1