Institut préparatoire aux grandes écoles d’ingénieurs de Nouakchott
CNIM 2017 MATH 2
Le sujet est composé d’un exercice et un problème tous indépendants. Le problème comporte
trois parties dont la troisième est indépendante des deux autres parties.
EXERCICE
Soit (Ω, T, P) un espace probabilisé et X : Ω → N une variable aléatoire de loi de probabilité
définie par
a
∀n ∈ N, P(X = n) =
3n
où a ∈ R.
1. Déterminer a.
2. Soit n ∈ N. Calculer P(X > n).
3. En déduire que
∀(n, k) ∈ N2 , P(X = n + k | X > n − 1) = P(X = k).
Problème
On désigne par E l’espace vectoriel R[X] des polynômes à coefficients réels, et pour tout entier
naturel n ∈ N, En le sous-espace vectoriel Rn [X] de E formé par les polynômes de degré inférieur
ou égal à n.
Partie 1
On considère l’endomorphisme ϕ : E → E définie par
∀P ∈ E, ϕ(P ) = (1 + X 2 )P 00 + XP 0 .
1. Déterminer le noyau de ϕ. Dans tout ce qui suit de cette partie, on fixe n ∈ N.
2. Montrer que En est stable par ϕ, on note alors ϕn l’endomorphisme induit par ϕ sur En .
3. Déterminer l’image de ϕn .
4. (a) Écrire la matrice An de ϕn dans la base canonique (1, X, · · · , X n ) de En .
(b) En déduire que ϕn est diagonalisable et donner son spectre.
5. Montrer qu’il existe une unique base (P0 , · · · , Pn ) de En formée par des vecteurs propres
de ϕn vérifiant :
- deg(Pk ) = k pour tout k ∈ [[0, n]].
- Pk est de coefficient dominant égal à k + 1 quelque soit k ∈ [[0, n]]. .
6. On pose Qk (X) = Pk (−X) pour tout k ∈ [[0, n]].
(a) Montrer que ϕn (Qk ) = k 2 Qk pour tout k ∈ [[0, n]].
(b) Soit k ∈ [[0, n]]. En déduire la parité de Pk en fonction de k.
1
Partie 2
Soit λ ∈ R et (Eλ ) l’équation différentielle linéaire définie par :
(Eλ ) : (1 + x2 )y 00 + xy 0 = λy.
1. Quelle est la dimension de l’espace vectoriel des solution de (Eλ ).
2. Résoudre (E0 ) et déduire un système fondamental des solutions.
3. Montrer que si P est une solution polynomiale non nulle de (Eλ ) de degré k ∈ N alors
λ = k2.
4. Montrer que la fonction g : t 7→ sh(t) réalise une bijection de R dans R et que
−1
√
∀t ∈ R, g (t) = log t + 1 + t . 2
5. On suppose que λ > 0.
(a) Soit y une solution de (Eλ ). On pose
∀t ∈ R, z(t) = y(sh(t)).
Démontrer que z est une solution de l’équation :
(Eλ )0 : z 00 = λz.
(b) Résoudre (Eλ )0 .
(c) En déduire que les solutions de (Eλ ) sont de la forme :
√ √λ √ √λ
x 7→ α x + 1 + x2 +β 1 + x2 − x
où α, β ∈ R.
6. Soit n ≥ 1 un entier.
(a) Déterminer les solutions polynomiales de (En2 ).
(b) Déterminer les éléments propres de l’endomorphisme ϕn définie dans la partie 1.
Partie 3
Soit I = [a, b] un segment réel non réduit à un singleton et ω : I → R+ une fonction continue
non nulle. On pose
Z
2
∀(P, Q) ∈ E , hP, Qi = P (t)Q(t)ω(t)dt.
I
1. Montrer que h., .i est un produit scalaire.
2. Justifier l’existence d’une base B = (en )n∈N de E vérifiant :
- deg(en ) = n pour tout n ∈ N.
- hen , em i = 0 pour tout (n, m) ∈ N2 vérifiant n 6= m.
- en est unitaire pour tout n ∈ N.
Dans la suite, on fixe un entier n ≥ 1.
2
Z
3. (a) Montrer que en (t)ω(t)dt = 0.
I
(b) En déduire que en admet au moins une racine de multiplicité impaire dans I.
4. Soient α1 , · · · , αr les racines de en de multiplicité impaire situés dans I. On pose
Q = (X − α1 ) · · · (X − αr ).
(a) vérifier que le polynôme Qen garde un signe constant sur I.
Z
(b) Montrer que si r < n alors Q(t)en (t)dt = 0.
I
(c) En déduire que en admet exactement n-racines dans I.
5. Montrer que e0n admet n − 1 racines ans I.