Institut préparatoire aux grandes écoles d’ingénieurs de Nouakchott
CNIM 2018 MATH 2 Énonce et corrigé
Problème
Notations et Rappels
• Dans tout le problème n est un entier naturel non nul fixé et K désigne un corps égal à R ou C.
• Si A est une partie de B, on note B − A le complémentaire de A dans B.
• K[X] désigne l’ensemble des polynômes à une indéterminée et à coefficients dans K et pour tout entier naturel
d, on note Kd [X] l’ensemble des éléments de K[X] de degré inférieur ou égale à d.
• Si P et Q sont deux polynômes, on note P ∧ Q le p.g.c.d de P et Q ; par définition, lorsqu’il n’est pas nul, ce
polynôme est unitaire.
• L’ensemble des matrices carrées de taille n est noté Mn (K) et est muni naturellement d’une structure de
K−algèbre.
• Mn (C) est muni d’une structure de R−algèbre par restriction de la loi externe aux nombres réels.
• On identifie Kn avec Mn,1 (K) l’ensemble des matrices colonnes de taille n.
• Si E est un K−espace vectoriel, L(E) est l’ensemble des endomorphismes de E.
• Pour tout v = (xi )1≤i≤n ∈ Cn , on pose v = (xi )1≤i≤n et pour toute matrice A = (ai,j )1≤i,j≤n ∈ Mn (C), on
pose A = (ai,j )1≤i,j≤n .
• Pour toute matrice A ∈ Mn (K), on note PA (X) = det([Link] −A) le polynôme caractéristique de A. Ce polynôme
est unitaire de degré n.
• Si E est un ensemble quelconque et f : E −→ E, on dit que f est involutive si f ◦ f = idE
Objectifs
Le but de ce problème est d’établir l’assertion suivante :
A B
∀A, B ∈ Mn (C) det ∈ R+ (1)
−B A
Dans la première partie on montre que l’assertion (1) est équivalent à l’assertion :
∀M ∈ Mn (C) det(In + M M ) ∈ R+ (2)
La deuxième partie traite le résultat dans un cas particulier et dans la quatrième partie on montre l’assertion
dans le cas général.
La troisième partie peut être traitée d’une manière indépendante.
La partie IV utilise des résultats des parties II et III
Partie I : Résultats préliminaires
Soient A et B deux matrices de Mn (C)
1. Démontrer l’assertion (1) dans le cas où n = 1.
2. (a) Montrer que l’application f : Mn (C) −→ Mn (C) définie par f (M ) = M est un automorphisme de
R−algèbre involutif.
(b) Montrer que det(A) = det(A)
(c) En déduire que pour tout A ∈ GLn (C), det(AA) ∈ R∗+
3. (a) Montrer qu’il existe η > 0 tel que : ∀λ ∈ C, 0 < |λ| < η =⇒ A − λIn ∈ GLn (C)
(b) En déduire que GLn (C) est dense dans Mn (C).
4. On suppose dans cette question que A est inversible
In 0 A B
(a) Calculer .
BA−1 In −B A
1
(b) En déduire qu’il existe une matrice C ∈ Mn (C) à déterminer telle que :
A B
det = |det(A)|2 det(In + CC)
−B A
5. Montrer que l’assertion (1) et (2) sont équivalentes.
Partie II : Démonstration de (2) dans un cas particulier
On considère Ω = {C ∈ Mn (C)\ PCC est un polynôme scindé à racines simples}
Soit C ∈ Ω
1. Soit A, B ∈ Mn (C)
(a) Montrer que si A est inversible alors PAB = PBA
(b) En déduire que PAB = PBA
(c) Montrer que PCC ∈ R[X]
2. Montrer que CC est diagonalisable. Que dire de la dimension des sous-espaces propres ?
3. Soit λ une valeur propre réelle de CC et v ∈ Cn un vecteur propre associé.
(a) Montrer que CCv = λv
(b) En calculant CCCv, montrer qu’il existe µ ∈ C tel que Cv = µv
(c) Calculer C(µv) de deux manières différentes. En déduire que λ ∈ R+
4. Montrer que det(In + CC) ∈ R+
Partie III : Résultant de deux polynômes
p
X
Soient (p, q) ∈ (N∗ )2 un couple d’entiers naturels non nuls, P = ak X k ∈ K[X] un polynôme de degré p et
k=0
q
X
Q= bk X k ∈ K[X] un polynôme de degré q.
k=0
On appelle résultant de deux polynômes P et Q et on le note ResK (P, Q) le déterminant d’ordre p + q suivant :
q p
z }| {z }| {
a0 0 ······ 0 b0 0 ······ 0
.. .. .. ..
a1 a0 . . b1 b0 . .
.. ..
. a1 0 . b1 0
ResK (P, Q) = .. ..
ap . a0 bq . b0
0 ap a1 0 bq b1
.. .. .. .. .. ..
. . . . . .
0 ······ 0 ap 0 ······ 0 bq
La matrice associée à ce déterminant est dite matrice de Sylvester et est notée Syl(P, Q).
On pose B = (1, 0), (X, 0), · · · · · · , (X q−1 , 0), (0, 1), (0, X), · · · · · · (0, X p−1 ) et Bcan = (X k )0≤k≤p+q−1 .
On considère enfin l’application ϕ : Kq−1 [X] × Kp−1 [X] −→ Kp+q−1 [X] définie par :
ϕ(U, V ) = P U + QV
1. Montrer que B est une base de Kq−1 [X] × Kp−1 [X]
2. Montrer que ϕ est une application linéaire
3. Expliciter la matrice M de ϕ relativement aux bases B et Bcan
4. on suppose que P ∧ Q = 1
(a) Montrer que ϕ est injective
(b) En déduire que ResK (P, Q) 6= 0
2
5. On suppose que P ∧ Q 6= 1, montrer que ϕ n’est pas injective puis que ResK (P, Q) = 0
p(p−1)
(−1) 2
On note ∆(P ) = ResK (P, P 0 ), où P 0 désigne le polynôme dérivé de P .
ap
∆(P ) est dit discriminant de P
6. On suppose ici que P = a0 + a1 X + a2 X 2 est un polynôme de degré 2. Calculer ∆(P )
7. On suppose que P ∈ C[X], montrer que P est scindé à racines simples si et seulement si ∆(P ) 6= 0
Partie IV : Démonstration de (1) dans le cas général
Soit d un entier naturel non nul.
On dit qu’une fonction P : Cd −→ C est polynômiale s’il existe une partie finie S de Nd et une famille (ak )k∈S
de nombres complexes telles que :
X
∀(x1 , . . . , xd ) ∈ Cd , P (x1 , . . . , xd ) = a(k1 ,...,kd ) xk11 . . . xkdd
(k1 ,...,kd )∈S
Pour P une fonction polynômiale, on pose ZP = {(x1 , . . . , xd ) ∈ Cd / P (x1 , . . . , xd ) = 0}
1. Soient I1 , . . . , Id des parties infinies de C. On suppose que I1 × . . . × Id ⊂ ZP , montrer par récurrence sur
d que P est la fonction polynomiale nulle, i.e que tous ses coefficients sont nuls.
2. On suppose que P 6= 0
(a) Montrer que ZP est un fermé d’intérieur vide.
(b) En déduire que Cd − ZP est un ouvert dense dans Cd
3. A l’aide de discriminant ∆(P ) définie dans la partie III que l’ensemble Ω vu dans la partie II est un ouvert
ouvert dense dans Mn (C)
4. Conclure l’assertion (1)
Fin de l’épreuve