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Métropolisation : enjeux et inégalités urbaines

Le document traite de l'urbanisation croissante et de la métropolisation mondiale, soulignant que plus de la moitié de la population vit en ville depuis 2007, avec une concentration de la croissance urbaine dans les pays du Sud. Il met en avant le rôle central des métropoles dans la mondialisation, leur attractivité inégale, ainsi que les défis socio-spatiaux qu'elles rencontrent, tels que la fragmentation et les inégalités. Enfin, il aborde la situation en France, où la métropolisation influence le territoire et les petites villes, tout en soulignant les efforts pour rééquilibrer le développement urbain.

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Métropolisation : enjeux et inégalités urbaines

Le document traite de l'urbanisation croissante et de la métropolisation mondiale, soulignant que plus de la moitié de la population vit en ville depuis 2007, avec une concentration de la croissance urbaine dans les pays du Sud. Il met en avant le rôle central des métropoles dans la mondialisation, leur attractivité inégale, ainsi que les défis socio-spatiaux qu'elles rencontrent, tels que la fragmentation et les inégalités. Enfin, il aborde la situation en France, où la métropolisation influence le territoire et les petites villes, tout en soulignant les efforts pour rééquilibrer le développement urbain.

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Les villes à l'échelle mondiale, le poids croissant des

métropoles

I. Une urbanisation et une métropolisation du monde

1. Un monde de plus en plus urbain

• Une transition urbaine en cours :


● depuis 2007 plus de la moitié de la population mondiale vit en ville ➝ tournant historique
(seulement 1 personne sur 10 vivait en ville en 1900) ;
● villes très attractives car principales sources d'emplois + gage de modernité et d'une vie
meilleure.

• Une urbanisation qui devrait se poursuivre :


● selon l’ONU : 2,5 milliards d'urbains supplémentaires d’ici à 2050 ➝ villes comme lieux
d'absorption de la croissance démographique ;
● croissance horizontale des villes ➝ étalement urbain.

• Une croissance urbaine concentrée dans les pays des Suds :


● pays des Nords et Amérique latine = pays les plus urbanisés (à plus de 80%) mais avec
une croissance faible ;
● pays des Suds portent l’essentiel de la croissance (exode rural) ;
● l’Inde, la Chine et le Nigeria = 35 % de la croissance entre 2018 et 2050.

2. Le poids croissant des métropoles

• Une métropolisation qui se renforce :


● favorise les espaces les plus performants et connectés + processus de concentration des
fonctions de commandement (politique, économique, culturel) ;
● les métropoles = des nœuds essentiels dans les réseaux de communication + attirent
autant qu'elles créent des flux (marchandises, personnes, informations, capitaux).
➜ Métropoles = centres d'impulsion de la mondialisation + rôle d'aimant sur les territoires.

• L’émergence des métropoles des Suds :


● confrontées à de nombreux enjeux (croissance démographique, pauvreté de masse,
problèmes d’infrastructures et de gouvernance) ;
● renforcent leurs fonctions métropolitaines : ex de l'organisation d’évènements mondiaux
(JO, coupe du monde de football, Exposition universelle).
II. Des métropoles inégalement connectées aux réseaux de la mondialisation

1. Une logique de réseau physique et immatériel

• Vers une « mégalopolisation » du monde ?


● les métropoles s'organisent en réseaux + sont fortement connectées entre elles ;
● ex des mégalopoles américaine, européenne et japonaise ou de Shanghai = à la tête
d’un réseau de villes de près de 80 millions d’habitants ;
● émergence de nouvelles régions mégalopolitaines : Amérique latine (autour de Buenos
Aires, Rio de Janeiro), Afrique du Sud (axe Johannesburg/Pretoria).

• Un réseau qui polarise le monde ? Les grandes métropoles revendiquent une place
centrale dans la gouvernance mondiale ➝ archipel mégalopolitain mondial (géographe
O. Dollfus).

2. Une attractivité inégale

• Une puissance économique chiffrable : les métropoles = au cœur de l'économie mondiale.

● Tokyo et New York = Produit urbain brut (PUB) de plus de 1 000 milliards de dollars
(même niveau que le Canada ou l’Espagne) ;
● Séoul = 47,4 % du PIB de la Corée du Sud.

• Classer les métropoles en fonction de leur puissance économique, de leur PUB, du nombre
de sièges sociaux, de leurs fonctions de commandement, du nombre de grandes
universités, etc.
• Des métropoles parfois incomplètes : ex des États fédéraux en Allemagne (Berlin =
capitale politique vs. Francfort = capitale économique).
• Les CBD (Central business district) = cœurs métropolitains :
● symbole + vitrine du pouvoir des métropoles ;
● des skylines impressionnantes = un indicateur de puissance dans un contexte de
concurrence (architecture verticale souvent avant-gardiste).

Des métropoles inégales en mutation

I. Des métropoles fragmentées et inégalitaires

1. Des métropoles qui s’étendent

• Un foncier rare et cher : croissance démographique ➝ manque de place ➝ prix du


foncier augmente (surtout dans les centres-villes).
• Une croissance verticale et horizontale :
● construction de gratte-ciels : inventés à la fin du XIXe siècle à Chicago ➝ loger plus
d'habitants avec une même emprise au sol + construire plus de bureaux et de commerces ;
● étalement urbain : les métropoles deviennent des régions métropolitaines.

• Une organisation spatiale qui reflète généralement les inégalités sociales :


● les centres = quartiers d’affaires + populations aisées ;
● populations pauvres = plus loin des centres, éloignées des lieux d’emplois.
➜ Dans les pays des Suds, étalement sous forme d’habitat informel (bidonvilles en
Afrique, slums en Inde, favelas au Brésil).

2. Une fragmentation socio-spatiale croissante

• Une privatisation des services qui pénalise les plus fragiles : services de base (eau,
énergie, transports) de plus en plus pris en charge par des sociétés privées ➝ leur
prix ↗.
• Les gated communities, une privatisation de l’espace : phénomène qui concerne
principalement les catégories aisées ou moyennes supérieures dans les Nords
(États-Unis) et les Suds.
• La fin du vivre-ensemble ? Aux États-Unis, les gated communities peuvent organiser
un référendum local pour devenir une municipalité : ex du comté d'Orange en
Californie ➝ cession avec les quartiers pauvres, habitants qui payent pour assurer
leurs propres services ;
➜ Fragmentation de la métropole.
II. Gérer durablement les métropoles

1. Des politiques qui ciblent les centres

• Créer de nouveaux centres :


● l'étalement urbain gagne les villes petites et moyennes ➝ constitution de grandes
continuités urbaines et développement de centralités secondaires ;
● nouveaux centres promus par les pouvoirs publics (réduction des trajets domicile travail +
lutte contre la saturation des transports en commun).
➜ La ville devient polycentrique mais les fonctions les plus stratégiques restent souvent
dans l'hypercentre.

• Réhabiliter les centres anciens pour freiner l'étalement urbain : reconquête des
fronts d'eau (ex de Londres, Baltimore) + réhabilitation des emprises portuaires,
ferroviaires et industrielles en friche.
• Une gentrification qui accroît la ségrégation : rénovation des quartiers centraux ➝
hausse du prix foncier ➝ populations pauvres qui ne peuvent plus s’y loger,
remplacées par les ménages aisés.

2. Vers un développement durable des métropoles

• L’émergence des préoccupations sociales et environnementales :


● ↗ le nombre d'espaces verts + promouvoir les modes de transport doux + construire des
immeubles plus écologiques.
● Au Nord : lutte contre la fragmentation.
● Au Sud : problème des mesures d'éviction des habitats informels (ex des favelas de Rio
de Janiero durant les JO) pour masquer la pauvreté.

• Des échelles de gouvernance inadaptées : étalement urbain ➝ périmètre d'actions


des instances n'est plus adapté ➝ grand nombre d'acteurs qui rend complexe la
gouvernance.
• La démocratie participative et ses limites :
● émergence de nouvelles formes de gouvernance lancées par des acteurs de la société
civile qui revendiquent une meilleure prise en compte de leur avis ;
● limites : revendications de type « NIMBY ».

France : la métropolisation et ses effets

I. Le poids croissant des métropoles

1. Métropolisation et polarisation du territoire

• Une emprise croissante :


● métropolisation = dynamique majeure du territoire français depuis la seconde moitié du
XXe siècle ;
● les métropoles renforcent leur rayonnement + polarisent les activités à forte valeur
ajoutée ➝ les 15 plus grandes aires urbaines ont concentré 70 % des créations nettes
d’emplois entre 2007 et 2014 (« métropolarisation »).

• Un processus favorisé par la mondialisation et l’État.


● Métropolisation = traduction spatiale de la mondialisation qui favorise les espaces les
plus performants.
● l’État entretient la dynamique métropolitaine (concurrence entre les métropoles).

2. Paris, ville globale, capitale nationale

• Un héritage de plusieurs siècles de centralisation.


● Paris : seule ville française avec une influence mondiale.
● le réseau urbain français, monocéphale = largement hérité de la construction du
territoire parisien.

• Paris, ville primatiale :


● rassemble près de 20 % de la population urbaine (12 millions d’habitants) ;
● capitale politique + premier bassin d’emploi + quasi-totalité des sièges sociaux des
entreprises françaises et étrangères.

• Une attractivité qui décline ? Attractivité résidentielle qui décline mais continue d'attirer des
investisseurs.
3. Le poids croissant des métropoles régionales

• Un renforcement par l’État depuis les années 1960 pour rééquilibrer le territoire national ➝
aide au développement des capitales régionales.
• Un rayonnement à différentes échelles ➝ influence des métropoles régionales se renforce
: bonne qualité de vie des habitants + investissements dans des secteurs porteurs
(nouvelles technologies, tertiaire supérieur).
• Entre complémentarités et concurrence :
● concurrence pour attirer de nouveaux habitants + accueillir de nouvelles activités ;
● mais complémentarité dans leurs forces (pôles de recherche, cadres supérieurs, etc.).

II. Les villes petites et moyennes face à la métropolisation

1. Des composantes essentielles du tissu urbain français

• Une mosaïque de petites villes (5 000 à 20 000 habitants) et de villes moyennes (20 000 à
200 000 habitants) ➝ un citadin sur deux vit dans une ville de moins de 100 000 habitants.
• Un maillon essentiel pour la cohésion des territoires :
● villes petites et moyennes = un vecteur de cohésion, des « villes à taille humaine »
selon le CGET ;
● maillon intermédiaire entre les métropoles et les territoires ruraux.

2. De nombreux signes de fragilisation

• Des villes affaiblies face à la métropolisation : perte d’attractivité, désindustrialisation,


déficit migratoire et démographique, chômage et pauvreté, fermeture des équipements
publics.
• Une métropolisation qui ne s’oppose pas aux petites villes : le dynamisme des métropoles
= lié à l’importance et à l’enrichissement des relations qu’elles entretiennent avec les villes
environnantes.

3. Des trajectoires variées

• Des villes dynamiques bien connectées : les villes bien desservies par les réseaux de
communication et de transport + situées dans la zone d'influence d'une métropole tirent
profit de l'économie résidentielle.
• Des villes fragilisées qui se mobilisent pour changer leur image : Le Havre, mise à mal par
la désindustrialisation, a beaucoup investi pour gagner un second souffle (nouvelle
bibliothèque, palais des congrès, tramway, réhabilitation des quais, etc.).
• Des actions en faveur de ces villes : mobilisation de l'État + des collectivités locales ➝
politiques d'aménagement du territoire (2017, plan « Action cœur de ville »).

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