Mécanique quantique : Ondes et probabilités
Mécanique quantique : Ondes et probabilités
immediate
1
Cependant :
ZZZ ZZZ
2 2
|Ψ(⃗r, t)| dx dy dz = |A| dx dy dz ⇒ ∞
L'OPPM n'est donc pas normalisable, d'où la nécessité d'introduire la notion de paquet
d'onde.
ψ̃(k) présente également un étalement spectral ni dans l'espace des vecteurs d'onde k.
2
1.4.2 Inégalité d'Heisenberg temporelle
Par un raisonnement analogue au cas spatial, le paquet d'onde peut également s'écrire
sous la forme : Z
1
ψ(x, t) = √ ψ̃(ω) ei(kx−ωt) dω
2π
Ce paquet d'onde possède une extension temporelle nie, ce qui conduit à l'inégalité
d'Heisenberg temporelle :
1
∆ω ∆t ≥
2
car les espaces des variables t et ω sont conjugués par la transformée de Fourier. En utilisant
la relation E = h̄ω , on obtient :
h̄
∆E ∆t ≥
2
2 États stationnaires
Dans de nombreux problèmes, l'énergie potentielle de Schrödinger V (x, t) ne dépend
pas du temps et peut être exprimée comme V (x, t) = V (x). En conséquence, l'hamiltonien
du système ne dépend pas explicitement du temps et est noté H(t) = H . On dit alors que
le système est conservatif. L'équation de Schrödinger prend alors la forme suivante :
h̄2 ∂ 2
∂
− 2
+ V (x) Ψ(x, t) = ih̄ Ψ(x, t)
2m ∂x ∂t
Dans cette situation, des solutions particulières, appelées fonctions d'onde stationnaires ou
états stationnaires, se révèlent très utiles. Ces solutions permettent de séparer les variables
spatiales et temporelles, et peuvent être exprimées de la manière suivante :
Ψ(x, t) = ψ(x)χ(t)
Cherchons ces états stationnaires en utilisant la méthode de séparation des variables. Cette
méthode repose sur la séparation des variables position x et temps t des deux côtés de
l'équation diérentielle. Ainsi, on peut chercher des solutions générales sous la forme d'un
produit entre une fonction de la position ψ(x) et une fonction du temps χ(t) :
L'utilisation de cette expression dans l'équation de Schrödinger conduit à l'équation
suivante : 2
h̄ ∂ 2
∂
χ(t) − 2
+ V (x) ψ(x) = ih̄ψ(x) χ(t)
2m ∂x ∂t
3
Pour que les deux membres de l'équation soient égaux pour tous les x et t, il est nécessaire
que les deux membres soient égaux à une constante. Cette constante, que nous noterons
E, a les dimensions d'une énergie.
Ainsi, nous avons l'équation suivante :
h̄2 1 ∂2
1 ∂
− 2
+ V (x) ψ(x) = ih̄ χ(t) = E
2m ψ(x) ∂x χ(t) ∂t
Ce résultat conduit à deux équations indépendantes :
∂
ih̄ χ(t) = Eχ(t) (1)
∂t
h̄2 ∂ 2
− ψ(x) + V (x)ψ(x) = Eψ(x) (2)
2m ∂x2
L'équation (1) se résout simplement et a pour solution :
χ(t) = e−i(E/h̄)t
Nous pouvons donc conclure que les états stationnaires, correspondant aux valeurs
propres d'énergie {E} réelles, sont des solutions de l'équation (2). Elles s'écrivent sous
la forme :
ψ(x, t) = e−i(E/h̄)t ψ(x)
Remarques :
L'expression de la fonction d'onde suggère que la densité de probabilité est indépen-
dante du temps :
ρ(x, t) = |ψ(x, t)|2 = eiEt ψ ∗ (x)e−iEt ψ(x) = |ψ(x)|2
Un tel état est appelé stationnaire car l'énergie E est constante et les grandeurs
physiques correspondantes sont également indépendantes du temps :
Z Z Z
⟨x⟩ = 2
x|ψ(x)| dx; ⟨p⟩ = 2
p|ψ̃(p)| dp; ⟨H⟩ = ψ ∗ (x)Hψ(x) dx
avec :
h̄2 ∂ 2
H=− + V (x)
2m ∂x2
4
En d'autres termes, la résolution de l'équation de Schrödinger indépendante du temps
consiste à trouver toutes les valeurs de E pour lesquelles des solutions ψ(x) existent.
Il faut trouver ces solutions pour chaque valeur de E. L'ensemble de toutes les valeurs
autorisées de E est appelé le spectre d'énergie de l'hamiltonien H. Une dégénérescence
du spectre se produit lorsqu'il existe plus d'une solution ψ(x) pour une valeur donnée
de l'énergie E.
La solution générale du système, décrivant tout état quantique possible comme une
superposition d'états stationnaires, est alors :
X
Ψ(x, t) = ci e−i(Ei /h̄)t ψi (x)
i
5
Ve (r)
L2
2mr2
− kr Ve (r)
minr0
V (x) (
0, |x| > a2 ,
Puits carré ni : V (x) =
−V0 , |x| ≤ a2 .
x
a V0
6
une énergie potentielle constante par morceaux ore une approximation raisonnable de
situations physiques plus complexes, tout en permettant une analyse analytique claire des
phénomènes de quantication de l'énergie et de connement des particules.
7
2m
• Si (E − V ) < 0 : la solution est exponentielle
h̄2
r
2m(V − E)
ψ(x) = Aeκx + Be−κx , avec κ =
h̄2
Conditions aux limites : Pour que la fonction d'onde soit physiquement acceptable
(c'est-à-dire nie et normalisable), elle doit être :
continue en tout point de l'espace,
et posséder une dérivée première ψ ′ (x) continue au voisinage des discontinuités éven-
tuelles de V (x).
Ces conditions assurent la cohérence physique et mathématique de la solution de l'équa-
tion de Schrödinger.
V (x)
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ψ(0) = 0 implique B = 0.
ψ(a) = 0 donne A sin(ka) = 0. Pour avoir une solution non triviale A ̸= 0, il faut
sin(ka) = 0 =⇒ ka = nπ, n ∈ Z+ .
Z a nπx r
a 2
|An |2 sin2 dx = |An |2 = 1 =⇒ An = .
0 a 2 a
Donc les fonctions d'onde normalisées sont
r
2 nπx
ψn (x) = sin , 0 < x < a.
a a
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Validité du modèle
Le modèle du puits de potentiel inni constitue une idéalisation utile pour décrire le
connement quantique d'une particule dans une région d'espace limitée. Cependant, il n'est
valable que des conditions physiques appropriées. Prenons deux exemples contrastés :
Molécule d'hydrogène H2 dans une cavité de 2 cm : Dans ce cas, la dimension
de la cavité est macroscopique par rapport à l'échelle quantique caractéristique de la
particule (de l'ordre du nanomètre). Le terme
r
2mH2 E
k=
h̄2
devient extrêmement petit, et la quantication de l'énergie,
n2 h2 h2
En = , avec ∼ 10−11 eV
8mH2 L2 8mH2 L 2
λde Broglie ∼ L,
avec
( ( (
0, 0 < x < a, 0, 0 < y < b, 0, 0 < z < c,
V (x) = V (y) = V (z) =
+∞, x ≤ 0 ou x ≥ a, +∞, y ≤ 0 ou y ≥ b, +∞, z ≤ 0 ou z ≥ c.
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À l'intérieur de la boîte, le potentiel est nul (V = 0), tandis qu'à l'extérieur il est inni.
L'équation de Schrödinger stationnaire prend donc la forme :
2mE
∆ψ(x, y, z) + ψ(x, y, z) = 0,
h̄2
avec les conditions aux limites :
ψ(0, y, z) = ψ(a, y, z) = ψ(x, 0, z) = ψ(x, b, z) = ψ(x, y, 0) = ψ(x, y, c) = 0.
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5 Puits carré de profondeur ni
5.1 Modélisation
V (x) (
0, |x| > a2 ,
Puits carré ni : V (x) =
−V0 , |x| ≤ a2 .
x
a
V0 E3
E2
Région I Région II Région III
E1
Figure 4 Puits carré ni de largeur a et profondeur V0 niveaux d'énergie liés illus-
tratifs En et répartition en régions I, II et III.
On distingue deux cas de gures selon la valeur de l'énergie E de la particule par
rapport au potentiel du puits :
Cas 1 : États liés −V0 < E < 0
Approche classique : La particule est piégée dans le puits et ne peut en sortir : son
sion aux interfaces du puits. La fonction d'onde s'étend sur les trois régions, assurant la
continuité de ψ(x) et de sa dérivée première.
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Région III (x > a2 ) :
r
κx ′ −κx 2m|E|
ψIII (x) = Ce +C e , κ=
h̄2
5.2.2 Parité :
Si le puits de potentiel est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées, on a :
V (−x) = V (x)
Ainsi :
e = +1 ⇒ ψ(x) est paire (+),
( iα
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5.2.3 Continuité et énergies propres
Les conditions de continuité de la fonction d'onde ψ(x) et de sa dérivée ψ ′ (x) aux points
x = ± a2 imposent, pour chaque type de solution, deux équations indépendantes :
ψI − a = ψII − a ,
2 2
ψ ′ − = ψ ′ − .
a
a
I 2 II 2
Solutions paires : a
A e−κ 2 = B cos k a ,
2
(1)
A κ e−κ a2 = kB sin k 2 ,a
(2)
En divisant (2) par (1), on obtient la relation de quantication pour les états pairs :
κ
= tan k a2 .
k
Solutions impaires : a
A e−κ 2 = B sin k a ,
2
(1)
A κ e−κ a2 = kB cos k 2 ,a
(2)
En divisant (2) par (1), on obtient la relation de quantication pour les états impairs :
κ
= cot k a2 .
k
Ces deux relations permettent de déterminer les valeurs propres d'énergie E des états
liés, en utilisant les dénitions :
q q
2m(E+V0 ) −2mE
k= h̄2
, κ= h̄2
.
Solutions paires :
κ κ 2 1
= tan k a2 = 1 + tan2 k a2 =
=⇒ 1+ .
k k cos2 k a2
Ainsi,
k02 1 k
cos k a2
= =⇒ =
cos k a2
2
k 2 k0
pour les états pairs.
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Solutions impaires :
κ κ 2 1
= cot k a2 = 1 + cot2 k a2 =
=⇒ 1+ 2
.
k k sin k a2
Ainsi,
k02 1 k
sin k a2
= 2
=⇒ =
sin k a2
2
k k0
pour les états impairs.
Solutions paires
1 | cos(ka/2) |
Solutions impaires
k/k0 = 0.2k
0.5
k/k0 = 0.1k
ka/2
| sin(ka/2) |
0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5
Figure 5 Résolution graphique des équations de quantication du puits carré ni. Les
intersections entre la droite k/k0 et les courbes | cos(ka/2)| (états pairs) et | sin(ka/2)|
(états impairs) déterminent les valeurs propres de k donc les énergies En .
6 Barrière de potentiel
6.1 Présentation et prévisions classiques
On considère une barrière de potentiel rectangulaire de largeur a et de hauteur V0 :
Une particule classique d'énergie E < V0 est toujours rééchie : elle ne peut pas franchir
la barrière, car la région II lui est classiquement interdite.
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V (x)
Région II
V0
Région I : x < 0 La fonction d'onde est une superposition d'une onde incidente et d'une
onde rééchie : √
2mE
ψI (x) = A eikx + B e−ikx , k= .
h̄
Région III : x > a Pas de source à l'inni dans cette région ; on ne garde que l'onde
transmise :
ψIII (x) = F eikx .
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Aux frontières x = a :
ψII (a) = ψIII (a) ⇒ Ce−ρa + Deρa = F eika ,
ψ ′ (a) = ψ ′ (a) ⇒ −ρCe−ρa + ρDeρa = ikF eika .
II III
Coecient de transmission
2
F
T = = |F |2 (car A = 1).
A
Pour E < V0 (barrière classiquement interdite ) on trouve la forme fermée suivante
pour la probabilité de transmission :
4k 2 ρ2
T = 2
(k + ρ2 )2 sinh2 (ρa) + 4k 2 ρ2
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√
où k = 2mE/h̄ et ρ = 2m(V0 − E)/h̄.
p
Remarque :
Pour E > V0 la solution à l'intérieur de la barrière est oscillante : on pose
p
2m(E − V0 )
k2 = (donc ρ = ik2 ).
h̄
En eectuant la substitution ρ 7→ ik2 dans la forme précédente (en remplaçant sinh(ρa) 7→
i sin(k2 a) et en simpliant), on obtient la forme exacte pour E > V0 :
4k 2 k22
T =
(k 2 − k22 )2 sin2 (k2 a) + 4k 2 k22
ou, de façon équivalente,
1
T = .
sin2 (k2 a)
V02
1+
4E(E − V0 )
Cette expression montre immédiatement :
la présence d'oscillations en fonction de E (ou de a) dues aux interférences dans la
région II ; ces oscillations donnent naissance à des résonances de transmission lorsque
sin(k2 a) s'annule ou est petite ;
dans la limite E ≫ V0 (donc k2 ≈ k ), la barrière devient transparente et T → 1.
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que T décroît exponentiellement lorsque la largeur a augmente ;
que T décroît exponentiellement lorsque la profondeur V0 augmente ;
que T décroît quand la masse m augmente (la barrière devient plus opaque pour
des particules plus lourdes) ;
que T augmente lorsque E se rapproche de V0 .
Schéma de T (E) :
0.6
T (E)
0.4
0.2
0 Région tunnel
1
0 0.5 1 1.5 2 2.5
E/V0
19
Dans la limite continue, cette somme devient une intégrale :
s
xf
2m V (x) − E
Z
ln Tglobal ≃ −2 dx.
xi h̄2
On obtient donc nalement l'expression générale du coecient de transmission :
s
xf
2m V (x) − E
Z
Tglobal ≃ exp−2 dx ,
xi h̄2
7 Exercices :
7.1 Radioactivité α
L'exemple le plus célèbre de l'eet tunnel est celui de l'émission des particules α (de
masse mα = 6,64 × 10−27 kg) par des noyaux lourds radioactifs, dont l'interprétation a
été proposée par le physicien russe Georges Gamow. Ces particules sont émises avec une
énergie E ≃ 4 9 MeV.
À l'intérieur du noyau, de rayon r0 , la particule α est soumise à l'interaction nucléaire
forte, de courte portée, modélisée par un puits de potentiel de profondeur V0 > 0. Une fois
que la particule α a quitté le noyau (r > r0 ), son énergie potentielle se réduit uniquement
à l'énergie potentielle coulombienne :
Ze2
V (r) = ,
4πε0 r
où K = Z(Z − 2)e2 et Z est le numéro atomique de l'atome radioactif.
Dans la suite, on se place dans le cas unidimensionnel suivant : la particule α est
représentée par la fonction d'onde Ψ(r, t) qui vérie l'équation de Schrödinger :
∂Ψ(r, t) h̄2 ∂ 2 Ψ(r, t)
ih̄ =− + V (r) Ψ(r, t).
∂t 2mα ∂r2
20
Figure 8 Potentiel V (r) en fonction de r
ψ(r) = D sin(kr),
21
Figure 9 Potentiel V (r) en fonction de r
22
Figure 10 Potentiel V (x) en fonction de x
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