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Mécanique quantique : Ondes et probabilités

Le chapitre II aborde la mécanique de l'onde de probabilité en mécanique quantique, introduisant des concepts clés tels que la fonction d'onde Ψ(⃗r, t) et l'équation de Schrödinger, qui décrivent le comportement probabiliste des particules quantiques. Il explore également les notions de paquet d'onde, les inégalités d'Heisenberg, et les états stationnaires, en mettant en lumière l'importance de la normalisation et de la superposition des états. Enfin, le chapitre discute de la modélisation des puits de potentiel, en particulier le puits carré, pour illustrer les états liés et libres en mécanique quantique.

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Mécanique quantique : Ondes et probabilités

Le chapitre II aborde la mécanique de l'onde de probabilité en mécanique quantique, introduisant des concepts clés tels que la fonction d'onde Ψ(⃗r, t) et l'équation de Schrödinger, qui décrivent le comportement probabiliste des particules quantiques. Il explore également les notions de paquet d'onde, les inégalités d'Heisenberg, et les états stationnaires, en mettant en lumière l'importance de la normalisation et de la superposition des états. Enfin, le chapitre discute de la modélisation des puits de potentiel, en particulier le puits carré, pour illustrer les états liés et libres en mécanique quantique.

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Chapitre II : Mécanique de l'onde de probabilité

immediate

1 Notions de base de la mécanique quantique


1.1 Fonction d'onde Ψ(⃗r, t)
D'après les observations de la première section, qui mettent en évidence le caractère
mystérieux des particules quantiques, la seule façon de modéliser et d'expliquer ce com-
portement est d'adopter un raisonnement probabiliste.
En revenant à l'expérience d'interférence des photons, lorsqu'un photon est émis, la
probabilité qu'il frappe l'écran en un point x est proportionnelle à l'éclairement I(x).
Dans la théorie ondulatoire, on calcule cette intensité sous la forme I(x) ∝ |E(x, t)|2 .
Ainsi, |E(x, t)| peut être interprété comme une mesure de l'amplitude de probabilité
de présence à la position x et à l'instant t, tandis que E(x, ⃗ t) représente l'onde de
probabilité.
Pour rendre la notation plus générale, on introduit la fonction d'onde Ψ(⃗r, t). Elle
contient toutes les informations que l'on peut obtenir sur le système quantique, telle que :

dP (⃗r, t) = |Ψ(⃗r, t)|2 d⃗r

densité de probabilité et dP (⃗r, t) représente la probabilité


où |Ψ(⃗r, t)|2 représente la
de trouver le système quantique entre les positions ⃗r et ⃗r +d⃗r à l'instant t. Propriétés
de Ψ(⃗r, t) :
 Ψ(⃗r, t) doit être complexe.
 Ψ(⃗r, t) doit être normé

1.2 Équation de Schrödinger


C'est l'équation fondamentale décrivant l'évolution dynamique d'un système quantique :
h̄2 2
 
∂Ψ(⃗r, t)
ih̄ = − ∇ + V (⃗r, t) Ψ(⃗r, t)
∂t 2m

Pour une particule quantique libre, l'équation se réduit à :


∂Ψ(⃗r, t) h̄2 2
ih̄ =− ∇ Ψ(⃗r, t)
∂t 2m
Sa solution est l'onde plane de particule matérielle (OPPM) :

Ψ(⃗r, t) = A e−i(ωt−k·⃗r)

1
Cependant :
ZZZ ZZZ
2 2
|Ψ(⃗r, t)| dx dy dz = |A| dx dy dz ⇒ ∞

L'OPPM n'est donc pas normalisable, d'où la nécessité d'introduire la notion de paquet
d'onde.

1.3 Notion de paquet d'onde


L'équation de Schrödinger étant linéaire, elle vérie le principe de superposition.
Ainsi, si plusieurs fonctions ψi (x, t) sont des solutions, alors toute combinaison linéaire de
ces solutions l'est également. On peut donc représenter l'état général du système comme
une superposition d'OPPM : un paquet d'onde.
Exemple : paquet d'onde gaussien à une dimension
Z
1
ψ(x, t) = √ ψ̃(k) ei(kx−ωt) dk

avec
(k−k0 )2

2σ 2
ψ̃(k) = e k

À un instant t, l'extension spatiale de ce paquet d'onde est nie.


ψ̃(k) représente la transformée de Fourier directe de ψ(x), et ψ(x) est la trans-
formée de Fourier inverse de ψ̃(k), telles que :
Z Z
1 −ikx 1
ψ̃(k) = √ ψ(x) e dx, ψ(x) = √ ψ̃(k) eikx dk
2π 2π

ψ̃(k) présente également un étalement spectral ni dans l'espace des vecteurs d'onde k.

1.4 Inégalité d'Heisenberg temporelle


1.4.1 Inégalité d'Heisenberg spatiale
Pour un paquet d'onde à une dimension et à un instant donné (par exemple t = 0), son
extension spatiale est nie, impliquant l'inégalité d'Heisenberg spatiale suivante :
1
∆x ∆k ≥
2
car les espaces des variables x et k sont conjugués par la transformée de Fourier. En utilisant
la relation p = h̄k , on obtient :

∆x ∆p ≥
2
Remarque : pour un paquet d'onde gaussien, l'égalité est vériée :

∆x ∆p =
2
Cette inégalité montre qu'il est impossible de mesurer simultanément et avec
précision la position et l'impulsion d'une particule quantique.

2
1.4.2 Inégalité d'Heisenberg temporelle
Par un raisonnement analogue au cas spatial, le paquet d'onde peut également s'écrire
sous la forme : Z
1
ψ(x, t) = √ ψ̃(ω) ei(kx−ωt) dω

Ce paquet d'onde possède une extension temporelle nie, ce qui conduit à l'inégalité
d'Heisenberg temporelle :
1
∆ω ∆t ≥
2
car les espaces des variables t et ω sont conjugués par la transformée de Fourier. En utilisant
la relation E = h̄ω , on obtient :

∆E ∆t ≥
2

Application : énergie du niveau fondamental


Le niveau fondamental d'un atome est déni par sa stabilité, c'est-à-dire qu'un électron
qui y transite y demeure indéniment. Dans ce cas, ∆t → ∞, d'où :

∆E ≥ →0
2∆t
Ainsi, l'énergie du niveau fondamental est connue avec une précision maximale. Au-
trement dit, la stabilité temporelle parfaite d'un état implique une détermination exacte
de son énergie.

2 États stationnaires
Dans de nombreux problèmes, l'énergie potentielle de Schrödinger V (x, t) ne dépend
pas du temps et peut être exprimée comme V (x, t) = V (x). En conséquence, l'hamiltonien
du système ne dépend pas explicitement du temps et est noté H(t) = H . On dit alors que
le système est conservatif. L'équation de Schrödinger prend alors la forme suivante :
h̄2 ∂ 2
 

− 2
+ V (x) Ψ(x, t) = ih̄ Ψ(x, t)
2m ∂x ∂t

Dans cette situation, des solutions particulières, appelées fonctions d'onde stationnaires ou
états stationnaires, se révèlent très utiles. Ces solutions permettent de séparer les variables
spatiales et temporelles, et peuvent être exprimées de la manière suivante :

Ψ(x, t) = ψ(x)χ(t)

Cherchons ces états stationnaires en utilisant la méthode de séparation des variables. Cette
méthode repose sur la séparation des variables position x et temps t des deux côtés de
l'équation diérentielle. Ainsi, on peut chercher des solutions générales sous la forme d'un
produit entre une fonction de la position ψ(x) et une fonction du temps χ(t) :
L'utilisation de cette expression dans l'équation de Schrödinger conduit à l'équation
suivante : 2
h̄ ∂ 2
 

χ(t) − 2
+ V (x) ψ(x) = ih̄ψ(x) χ(t)
2m ∂x ∂t

3
Pour que les deux membres de l'équation soient égaux pour tous les x et t, il est nécessaire
que les deux membres soient égaux à une constante. Cette constante, que nous noterons
E, a les dimensions d'une énergie.
Ainsi, nous avons l'équation suivante :
h̄2 1 ∂2
 
1 ∂
− 2
+ V (x) ψ(x) = ih̄ χ(t) = E
2m ψ(x) ∂x χ(t) ∂t
Ce résultat conduit à deux équations indépendantes :

ih̄ χ(t) = Eχ(t) (1)
∂t
h̄2 ∂ 2
− ψ(x) + V (x)ψ(x) = Eψ(x) (2)
2m ∂x2
L'équation (1) se résout simplement et a pour solution :
χ(t) = e−i(E/h̄)t

Nous pouvons donc conclure que les états stationnaires, correspondant aux valeurs
propres d'énergie {E} réelles, sont des solutions de l'équation (2). Elles s'écrivent sous
la forme :
ψ(x, t) = e−i(E/h̄)t ψ(x)

Remarques :
 L'expression de la fonction d'onde suggère que la densité de probabilité est indépen-
dante du temps :
ρ(x, t) = |ψ(x, t)|2 = eiEt ψ ∗ (x)e−iEt ψ(x) = |ψ(x)|2

 Un tel état est appelé stationnaire car l'énergie E est constante et les grandeurs
physiques correspondantes sont également indépendantes du temps :
Z Z Z
⟨x⟩ = 2
x|ψ(x)| dx; ⟨p⟩ = 2
p|ψ̃(p)| dp; ⟨H⟩ = ψ ∗ (x)Hψ(x) dx

 La fonction d'onde Ψ(x, t) ne peut être normalisée que si :


Z
|ψ(x)|2 dx = 1

 L'équation (2) est appelée l'équation de Schrödinger indépendante du temps ou sta-


tionnaire : 2
h̄ ∂ 2
 
− + V (x) ψ(x) = Eψ(x)
2m ∂x2
 Cette équation peut être réécrite de manière plus concise :
Hψ(x) = Eψ(x)

avec :
h̄2 ∂ 2
H=− + V (x)
2m ∂x2
4
En d'autres termes, la résolution de l'équation de Schrödinger indépendante du temps
consiste à trouver toutes les valeurs de E pour lesquelles des solutions ψ(x) existent.
Il faut trouver ces solutions pour chaque valeur de E. L'ensemble de toutes les valeurs
autorisées de E est appelé le spectre d'énergie de l'hamiltonien H. Une dégénérescence
du spectre se produit lorsqu'il existe plus d'une solution ψ(x) pour une valeur donnée
de l'énergie E.
 La solution générale du système, décrivant tout état quantique possible comme une
superposition d'états stationnaires, est alors :
X
Ψ(x, t) = ci e−i(Ei /h̄)t ψi (x)
i

où les coecients ci sont déterminés par les conditions initiales.


 Enn, il faut souligner que la superposition de deux états stationnaires n'est généra-
lement pas un état stationnaire. Cela signie que si nous avons deux états station-
naires ψ1 (x, t) et ψ2 (x, t) avec des énergies respectives E1 et E2 , leur superposition
Ψ(x, t) = c1 e−i(E1 /h̄)t ψ1 (x) + c2 e−i(E2 /h̄)tψ2 (x) , où c1 et c2 sont des coecients com-
plexes, ne sera pas un état stationnaire.
 En général, si E1 ̸= E2 ou si k1 ̸= k2 , alors la fonction d'onde superposée Ψ(x, t)
évoluera dans le temps et ne sera pas un état stationnaire. Cependant, il existe des
cas spéciques où les relations entre les coecients c1 et c2 , ainsi que les diérences
d'énergie et les nombres d'onde, peuvent conduire à des superpositions qui conservent
leur forme dans le temps, créant ainsi un état stationnaire.

3 Généralités sur les puits de potentiel


3.1 Modélisation et intérêt du potentiel carré
Origine classique : L'idée de puits de potentiel trouve son origine dans l'étude clas-
sique des états liés, notamment dans le modèle planétaire de l'atome, où l'on cherche à
comprendre la stabilité des trajectoires à partir de la conservation de l'énergie mécanique.
Pour un système soumis à une force centrale attractive de type newtonien, l'énergie po-
tentielle s'écrit :
k
V (r) = − ,
r
où k > 0 est une constante caractéristique de l'interaction.
Sous l'action de cette force, le mouvement est plan. Il est donc naturel d'adopter les
coordonnées polaires (r, θ), dans lesquelles l'énergie mécanique s'exprime sous la forme :
1 2 L2
E = mṙ + + V (r),
2 2mr2
où L = mr2 θ̇ est le moment cinétique, grandeur conservée.
En regroupant les deux derniers termes, on introduit la notion d'**énergie potentielle
eective** : 2 2
L k L
Ve (r) = V (r) + = − + .
2mr2 r 2mr2
Cette énergie potentielle eective permet de décrire le mouvement radial d'une particule
ctive de masse m dans un potentiel unidimensionnel Ve (r).

5
Ve (r)

L2
2mr2

− kr Ve (r)
minr0

Figure 1  Énergie potentielle eective pour une interaction attractive centrale.

L'analyse du mouvement radial à partir de l'énergie potentielle eective permet de


distinguer deux régimes spéciques selon la valeur de l'énergie mécanique totale Em :
1
Em = mṙ2 + Ve (r)
2
• États liés (Em < 0) : La particule reste connée dans le puits de potentiel et décrit
une trajectoire fermée (oscillations elliptiques ou circulaires dans le cas Em = Vemin ).
• États libres ou de diusion (Em ≥ 0) : L'énergie de la particule est susante
pour s'échapper du champ attractif. Les trajectoires sont ouvertes (paraboliques ou
hyperboliques).
Modélisation quantique : L'extension idéalisé du ce puits de potentiel dans le cadre
de la mécanique quantique est un puits carré, ou l'énergie potentiel est modélisée par une
fonction contante par morçeau.

V (x) (
0, |x| > a2 ,
Puits carré ni : V (x) =
−V0 , |x| ≤ a2 .
x

a V0

Figure 2  Puits carré ni de largeur a et profondeur V0 .

Intérêt physique : D'après cette présentation, on comprend que le modèle du puits


de potentiel constitue le cas typique dans lequel peuvent apparaître des états liés. C'est
précisément ce qui en fait un modèle fondamental en mécanique quantique.
L'idéalisaton de ce potentiel  sous la forme d'un puits carré à bords abrupts  vise
principalement à simplier la résolution de l'équation de Schrödinger. En eet,

6
une énergie potentielle constante par morceaux ore une approximation raisonnable de
situations physiques plus complexes, tout en permettant une analyse analytique claire des
phénomènes de quantication de l'énergie et de connement des particules.

États liés ou de diusion (libres) :


Dans l'exemple du puits de potentiel carré, V (x) est une fonction constante par morceau
indépendante du temps, selon la valeur de l'énergie totale E du système quantique par
rapport à cette fonction, on distingue également deux types d'états stationnaires :
États liés (−V0 < E < 0) : Lorsque la particule reste connée dans une région de
l'espace, la probabilité de la trouver à l'inni est nulle à tout moment. Sa fonction d'onde
est donc normalisable et les valeurs de son énergie sont quantiées : Le spectre en énergie
de la particule est dans ce cas discontinu et on dit que la particule se trouve dans des états
liés.
Propriétés dans le cas des potentiels unidimensionnels :
 Le spectre obtenu est non dégénéré
 Les états propres ψ(x) peuvent être choisis réels.
 Si V (−x) = V (x), les états propres peuvent être choisis pairs et impairs.
États libres (E ≥ 0) : Si la particule n'est plus connée dans une région donnée,
elle peut explorer tout l'espace et se trouver même à l'inni. La fonction d'onde n'est plus
normalisable et le spectre en énergie est continu (continuum d'énergie). On dit alors que
la particule se trouve dans des états non liés ou de diusion.
Remarque : Une particule quantique libre est décrite par une fonction d'onde plane.
Bien que cette fonction d'onde ne soit pas normalisable sur tout l'espace, cela ne signie pas
qu'elle n'est pas quantique. En réalité, un état libre isolé n'a pas de signication physique
directe : seule une superposition continue d'ondes planes, appelée paquet d'onde,
permet de décrire une particule localisée se propageant librement. Cette description rend
compte du caractère probabiliste et ondulatoire des états de diusion en mécanique quan-
tique.

3.2 Recherche des fonctions d'onde ψ(x)


La solution de l'équation de Schrödinger stationnaire s'obtient à partir de :
h̄2 d2 ψ(x)
− + V (x)ψ(x) = Eψ(x)
2m dx2
ou, après réarrangement :
2m
ψ ′′ (x) + [E − V (x)] ψ(x) = 0
h̄2
Dans le cas du puits de potentiel, V (x) est une fonction constante par morceaux. Ainsi,
dans chaque région où V (x) = V est constant, l'équation diérentielle devient à coecients
constants.
On distingue deux comportements selon le signe du terme (E − V ) :
2m
• Si (E − V ) > 0 : la solution est sinusoïdale
h̄2
r
2m(E − V )
ψ(x) = A sin(kx) + B cos(kx), avec k =
h̄2

7
2m
• Si (E − V ) < 0 : la solution est exponentielle
h̄2
r
2m(V − E)
ψ(x) = Aeκx + Be−κx , avec κ =
h̄2
Conditions aux limites : Pour que la fonction d'onde soit physiquement acceptable
(c'est-à-dire nie et normalisable), elle doit être :
 continue en tout point de l'espace,
 et posséder une dérivée première ψ ′ (x) continue au voisinage des discontinuités éven-
tuelles de V (x).
Ces conditions assurent la cohérence physique et mathématique de la solution de l'équa-
tion de Schrödinger.

4 Puits de potentiel inni


4.1 Puits unidimensionnel
Modélisation et recherche des états(stationnaires (liés) :
0, 0 < x < a,
Puits carré inni : V (x) =
+∞, x ≤ 0 et x ≥ a.

V (x)

Figure 3  Puits carré inni non symétrique


Les conditions physiques imposent ψ(x) = 0 pour x ≤ 0 et x ≥ a, et donc en particulier
ψ(0) = 0, ψ(a) = 0.
Dans l'intervalle 0 < x < a, l'équation de Schrödinger stationnaire se réduit à
2mE
ψ ′′ (x) + ψ(x) = 0.
h̄2
On pose r
2mE
k≡ > 0,
h̄2
d'où la solution générale
ψ(x) = A sin(kx) + B cos(kx).
Application des conditions aux limites :

8
 ψ(0) = 0 implique B = 0.
 ψ(a) = 0 donne A sin(ka) = 0. Pour avoir une solution non triviale A ̸= 0, il faut
sin(ka) = 0 =⇒ ka = nπ, n ∈ Z+ .

Donc les valeurs admissibles de k sont quantiées :



kn = (n = 1, 2, 3, . . . ).
a
h̄2 k 2
En revenant à l'énergie E = , on obtient les niveaux d'énergie quantiés :
2m
h̄2 kn2 h̄2  nπ 2 n2 π 2 h̄2
En = = =
2m 2m a 2ma2
ou, en utilisant h = 2πh̄,
h2 n2
En = .
8ma2
Les fonctions d'onde stationnaires (non normalisées) correspondantes sont
 nπx 
ψn (x) = An sin , 0 < x < a,
a
et ψn (x) = 0 en dehors de [0, a].
Z a
Normalisation. En imposant |ψn (x)|2 dx = 1 :
0

Z a  nπx  r
a 2
|An |2 sin2 dx = |An |2 = 1 =⇒ An = .
0 a 2 a
Donc les fonctions d'onde normalisées sont
r
2  nπx 
ψn (x) = sin , 0 < x < a.
a a

Solution temporelle. Les états stationnaires temporels s'écrivent


r
−iEn t/h̄ 2  nπx  −iωn t En
Ψn (x, t) = ψn (x) e = sin e , ωn = .
a a h̄

Propriétés physiques importantes.


 Les niveaux d'énergie sont discrets et croissent comme n2 .
 Il n'y a pas de dégénérescence en une dimension pour ce modèle (chaque n donne un
état unique).
 Une solution générale quelconque s'écrit comme une superposition :

X
Ψ(x, t) = cn ψn (x) e−iEn t/h̄ ,
n=1

où les coecients cn sont xés par la condition initiale Ψ(x, 0).

9
Validité du modèle
Le modèle du puits de potentiel inni constitue une idéalisation utile pour décrire le
connement quantique d'une particule dans une région d'espace limitée. Cependant, il n'est
valable que des conditions physiques appropriées. Prenons deux exemples contrastés :
 Molécule d'hydrogène H2 dans une cavité de 2 cm : Dans ce cas, la dimension
de la cavité est macroscopique par rapport à l'échelle quantique caractéristique de la
particule (de l'ordre du nanomètre). Le terme
r
2mH2 E
k=
h̄2
devient extrêmement petit, et la quantication de l'énergie,
n2 h2 h2
En = , avec ∼ 10−11 eV
8mH2 L2 8mH2 L 2

conduit à des niveaux d'énergie si rapprochés qu'ils forment pratiquement un spectre


continu. Le comportement du gaz est alors classique, et le modèle quantique du
puits inni n'a plus de pertinence physique.
 Électron dans un atome : Ici, la dimension caractéristique du connement est de
l'ordre de l'ångström (L)10−10 m), et le potentiel réel est de type coulombien, non
rectangulaire. Néanmoins, le puits inni peut fournir une approximation grossière
pour décrire le caractère discret des niveaux d'énergie. la quantication de l'énergie
est :
n2 h2 h2
En = 2
, avec 2
∼ quelque eV
8mé L 8mé L
En conclusion, le modèle du puits inni est valable uniquement lorsque

λde Broglie ∼ L,

c'est-à-dire lorsque la longueur d'onde de la particule est comparable à la taille du con-


nement. Il décrit avec délité les phénomènes quantiques dans les systèmes de dimensions
nanométriques (électrons dans des boîtes quantiques, couches minces, etc.), mais devient
inapplicable à l'échelle macroscopique.

4.2 Généralisation tridimensionnelle


Le modèle du puits de potentiel inni peut être généralisé à trois dimensions an
de décrire une particule connée dans une boîte rectangulaire de dimensions a, b et c.
Le potentiel est alors déni comme une somme des potentiels unidimensionnels :

V (x, y, z) = V (x) + V (y) + V (z)

avec
( ( (
0, 0 < x < a, 0, 0 < y < b, 0, 0 < z < c,
V (x) = V (y) = V (z) =
+∞, x ≤ 0 ou x ≥ a, +∞, y ≤ 0 ou y ≥ b, +∞, z ≤ 0 ou z ≥ c.

10
À l'intérieur de la boîte, le potentiel est nul (V = 0), tandis qu'à l'extérieur il est inni.
L'équation de Schrödinger stationnaire prend donc la forme :
2mE
∆ψ(x, y, z) + ψ(x, y, z) = 0,
h̄2
avec les conditions aux limites :
ψ(0, y, z) = ψ(a, y, z) = ψ(x, 0, z) = ψ(x, b, z) = ψ(x, y, 0) = ψ(x, y, c) = 0.

Séparation des variables : En raison de la symétrie du problème, on cherche une


solution sous la forme :
ψ(x, y, z) = X(x) Y (y) Z(z).
En reportant dans l'équation de Schrödinger, on obtient :
1 d2 X 1 d2 Y 1 d2 Z 2mE
+ + = − .
X dx2 Y dy 2 Z dz 2 h̄2
Chaque terme ne dépendant que d'une seule variable, ils doivent chacun être constants :
d2 X d2 Y d2 Z
+ kx2 X = 0, + ky2 Y = 0, + kz2 Z = 0,
dx2 dy 2 dz 2
avec
2mE
kx2 + ky2 + kz2 = .
h̄2

Solutions et conditions de quantication : Les conditions aux limites imposent :


X(0) = X(a) = 0, Y (0) = Y (b) = 0, Z(0) = Z(c) = 0,
d'où les solutions normalisées :
r r r
2  nπx  2  mπy  2  pπz 
Xn (x) = sin , Ym (y) = sin , Zp (z) = sin ,
a a b b c c
avec n, m, p ∈ N∗ .
Ainsi, les niveaux d'énergie quantiés sont :
h2 n2 m2 p2
 
En,m,p = + 2 + 2 ,
8m a2 b c
et la fonction d'onde correspondante :
r
8  nπx   mπy   pπz 
ψn,m,p (x, y, z) = sin sin sin .
abc a b c
Pour une boîte cubique de côté a = b = c, la fonction d'onde normalisée correspondante
s'écrit :
r
8  nπx   mπy   pπz 
ψn,m,p (x, y, z) = sin sin sin , n, m, p ∈ N∗ .
a3 a a a
Les niveaux d'énergie associés sont alors donnés par :
h2 2 2 2

En,m,p = n + m + p .
8ma2
Deux ou plusieurs triplets (n, m, p) diérents peuvent correspondre à la même valeur
de En,m,p , on dit alors que les niveaux d'énergie sont dégénérés.

11
5 Puits carré de profondeur ni
5.1 Modélisation
V (x) (
0, |x| > a2 ,
Puits carré ni : V (x) =
−V0 , |x| ≤ a2 .
x
a
V0 E3

E2
Région I Région II Région III
E1

Figure 4  Puits carré ni de largeur a et profondeur V0  niveaux d'énergie liés illus-
tratifs En et répartition en régions I, II et III.
On distingue deux cas de gures selon la valeur de l'énergie E de la particule par
rapport au potentiel du puits :
Cas 1 : États liés −V0 < E < 0
Approche classique : La particule est piégée dans le puits et ne peut en sortir : son

mouvement reste conné à la région centrale.


Approche quantique : La particule reste majoritairement localisée à l'intérieur du puits,

mais la fonction d'onde se prolonge faiblement à l'extérieur : c'est le phénomène de tunnel


quantique. Ainsi, la probabilité de présence dans les régions I et III est non nulle, bien
que très faible.
Cas 2 : États de diusion E > 0
Approche classique : La particule, initialement en mouvement libre, atteint la région
x = − a2 où elle subit une accélération due à la diminution du potentiel. En ressortant à
x , elle est décélérée puis poursuit sa trajectoire librement.
= + a2
Approche quantique : La particule présente une probabilité de réexion et de transmis-

sion aux interfaces du puits. La fonction d'onde s'étend sur les trois régions, assurant la
continuité de ψ(x) et de sa dérivée première.

5.2 États liés (−V0 < E < 0)


5.2.1 Fonction d'onde associée à chaque région
 Région I (x < − a2 ) :
r
κx ′ −κx 2m|E|
ψI (x) = Ae +Ae , κ=
h̄2
 Région II (|x| ≤ a2 ) :
r
2m(E + V0 )
ψII (x) = Beikx + B ′ e−ikx , k=
h̄2

12
 Région III (x > a2 ) :
r
κx ′ −κx 2m|E|
ψIII (x) = Ce +C e , κ=
h̄2

5.2.2 Parité :
Si le puits de potentiel est symétrique par rapport à l'axe des ordonnées, on a :
V (−x) = V (x)

Par symétrie, la densité de probabilité  qui correspond à la grandeur observable  doit


également être paire :
|ψ(x)|2 = |ψ(−x)|2
Cela implique que la fonction d'onde satisfait la relation :
ψ(−x) = eiα ψ(x) = Πψ(x)

où Π représente l'opérateur de parité.


En appliquant l'opérateur deux fois :
ψ(x) = Π2 ψ(x) = ei2α ψ(x)

Or, par dénition Π2 = 1, d'où :


ei2α = 1 ⇒ eiα = ±1

Ainsi :
e = +1 ⇒ ψ(x) est paire (+),
( iα

eiα = −1 ⇒ ψ(x) est impaire ().


Conclusion : Si le potentiel est pair, les fonctions d'onde peuvent être paires et impaires,
correspondant respectivement aux états symétriques et antisymétriques du système.
Le nombre d'inconnues dans les équations précédentes peut alors être réduit grâce à la
symétrie :
A = ±C ′ , B = ±B ′ , C = ±A′
En tenant compte de la parité et de la condition physique de normalisabilité (ou,
de manière équivalente, que ψ(x) soit bornée lorsque |x| → ∞), les termes exponentiels
divergents à l'inni doivent s'annuler. En particulier, pour x → +∞ le terme en eκx diverge,
donc son coecient doit être nul ; on a ainsi C = 0. Par symétrie (et en distinguant les
états pairs des états impairs), les formes nales deviennent :



 ψI (x) = Aeκx , x < − a2
Solutions paires : ψII (x) = B cos(kx),

a
|x| ≤ 2

ψ (x) = Ae−κx ,

x> a
III 2



 ψI (x) = Aeκx , x < − a2
Solutions impaires : ψII (x) = B sin(kx),

a
|x| ≤ 2

ψ (x) = −Ae−κx ,

x> a
III 2

13
5.2.3 Continuité et énergies propres
Les conditions de continuité de la fonction d'onde ψ(x) et de sa dérivée ψ ′ (x) aux points
x = ± a2 imposent, pour chaque type de solution, deux équations indépendantes :

ψI − a = ψII − a ,
 
2 2
ψ ′ − = ψ ′ −  .
a
 a
I 2 II 2

Solutions paires :  a
A e−κ 2 = B cos k a ,

2
(1)
A κ e−κ a2 = kB sin k 2 ,a

(2)
En divisant (2) par (1), on obtient la relation de quantication pour les états pairs :
κ
= tan k a2 .

k

Solutions impaires :  a
A e−κ 2 = B sin k a ,

2
(1)
A κ e−κ a2 = kB cos k 2 ,a

(2)
En divisant (2) par (1), on obtient la relation de quantication pour les états impairs :
κ
= cot k a2 .

k

Ces deux relations permettent de déterminer les valeurs propres d'énergie E des états
liés, en utilisant les dénitions :
q q
2m(E+V0 ) −2mE
k= h̄2
, κ= h̄2
.

En combinant les expressions de k et κ, on déduit la relation fondamentale :


2mV0
k02 = 2 = k 2 + κ2 ,

où k0 correspond à la valeur maximale de k lorsque E = 0.
À partir des relations de quantication précédentes, on obtient pour les deux types de
solutions :

Solutions paires :
κ  κ 2 1
= tan k a2 = 1 + tan2 k a2 =
 
=⇒ 1+ .
k k cos2 k a2
Ainsi,
k02 1 k
cos k a2

= =⇒ =
cos k a2
2

k 2 k0
pour les états pairs.

14
Solutions impaires :
κ  κ 2 1
= cot k a2 = 1 + cot2 k a2 =
 
=⇒ 1+ 2
.
k k sin k a2

Ainsi,
k02 1 k
sin k a2

= 2
=⇒ =
sin k a2
2

k k0
pour les états impairs.

Solutions paires
1 | cos(ka/2) |
Solutions impaires
k/k0 = 0.2k

0.5
k/k0 = 0.1k

ka/2
| sin(ka/2) |
0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5

Figure 5  Résolution graphique des équations de quantication du puits carré ni. Les
intersections entre la droite k/k0 et les courbes | cos(ka/2)| (états pairs) et | sin(ka/2)|
(états impairs) déterminent les valeurs propres de k donc les énergies En .

6 Barrière de potentiel
6.1 Présentation et prévisions classiques
On considère une barrière de potentiel rectangulaire de largeur a et de hauteur V0 :

0, x < 0 (Région I),






V (x) = V0 , 0 ≤ x ≤ a (Région II),

0, x > a (Région III).

Une particule classique d'énergie E < V0 est toujours rééchie : elle ne peut pas franchir
la barrière, car la région II lui est classiquement interdite.

15
V (x)
Région II
V0

Région I Région III


0 a x

Figure 6  Barrière de potentiel rectangulaire de hauteur V0 et largeur a.

6.2 Étude quantique


6.2.1 Fonctions d'onde dans les diérentes régions
On étudie le cas E < V0 .

Région I : x < 0 La fonction d'onde est une superposition d'une onde incidente et d'une
onde rééchie : √
2mE
ψI (x) = A eikx + B e−ikx , k= .

Région II (Barrière) : 0 ≤ x ≤ a Le potentiel est supérieur à l'énergie. Les solutions


deviennent exponentielles :
p
2m(V0 − E)
ψII (x) = C e−ρx + D eρx , ρ= .

Région III : x > a Pas de source à l'inni dans cette région ; on ne garde que l'onde
transmise :
ψIII (x) = F eikx .

6.2.2 Interprétation de leur formes


L'onde incidente pénètre dans la barrière et devient une onde évanescente (exponentielle
décroissante). Si la barrière n'est pas trop large, cette onde n'est pas nulle en x = a. Elle 
ressort  alors de la barrière sous la forme d'une onde plane transmise dans la région III.
La particule possède donc une probabilité non nulle d'être détectée de l'autre côté de la
barrière : c'est ce que l'on appelle l'eet tunnel.

6.2.3 Conditions de continuité


On impose la continuité de la fonction d'onde et de sa dérivée en x = 0 et x = a.
Aux frontières x = 0 :

ψI (0) = ψII (0) ⇒ A + B = C + D,
ψ ′ (0) = ψ ′ (0) ⇒ ik(A − B) = −ρC + ρD.
I II

16
Aux frontières x = a :

ψII (a) = ψIII (a) ⇒ Ce−ρa + Deρa = F eika ,
ψ ′ (a) = ψ ′ (a) ⇒ −ρCe−ρa + ρDeρa = ikF eika .
II III

Ces quatre équations linéaires permettent de déterminer les cinq constantes A, B, C, D, F


à une constante multiplicative près. On xe classiquement la normalisation de l'onde inci-
dente, par exemple A = 1, puis on résout le système pour obtenir B, C, D, F en fonction
des paramètres k, ρ, a.

6.2.4 Coecient de transmission et de réexion


Expression par la densité de courant de probabilité
La densité de courant unidimensionnelle associée à une fonction d'onde ψ(x, t) =
ψ(x)e−iEt/h̄ est  
h̄ ∗ dψ(x)
j(x) = ℑ ψ (x) .
m dx
Pour une onde plane ψ(x) = Aeikx on trouve
h̄k
j= |A|2 .
m
Dans notre problème, pour la région I (onde incidente et rééchie) et la région III (onde
transmise) on a :
h̄k h̄k
jinc = |A|2 , |F |2 ,
jtrans =
m m

(car le nombre d'onde dans les régions I et III est le même : k = 2mE/h̄).
Le coecient de transmission T est déni comme le rapport du courant transmis sur
le courant incident :
h̄k 2
jtrans |F | F
2
T = = m = .
jinc h̄k 2 A
|A|
m
De même, le coecient de réexion est
2
jre B
R= = ,
jinc A
et la conservation du courant implique R + T = 1.

Coecient de transmission
2
F
T = = |F |2 (car A = 1).
A
Pour E < V0 (barrière  classiquement interdite ) on trouve la forme fermée suivante
pour la probabilité de transmission :

4k 2 ρ2
T = 2
(k + ρ2 )2 sinh2 (ρa) + 4k 2 ρ2

17

où k = 2mE/h̄ et ρ = 2m(V0 − E)/h̄.
p

Cette expression peut être réécrite en mettant en évidence V0 et E :


2mV0 1
k 2 + ρ2 = ⇒ T = .
h̄2 sinh2 (ρa)
V02
1+
4E(V0 − E)
Ces deux formes sont équivalentes et utiles selon le contexte :
 la forme avec sinh met clairement en évidence la décroissance exponentielle en ρa
(eet tunnel) ;
 la forme avec k, ρ est plus directe quand on a déjà k et ρ.

Remarque :
Pour E > V0 la solution à l'intérieur de la barrière est oscillante : on pose
p
2m(E − V0 )
k2 = (donc ρ = ik2 ).

En eectuant la substitution ρ 7→ ik2 dans la forme précédente (en remplaçant sinh(ρa) 7→
i sin(k2 a) et en simpliant), on obtient la forme exacte pour E > V0 :

4k 2 k22
T =
(k 2 − k22 )2 sin2 (k2 a) + 4k 2 k22
ou, de façon équivalente,
1
T = .
sin2 (k2 a)
V02
1+
4E(E − V0 )
Cette expression montre immédiatement :
 la présence d'oscillations en fonction de E (ou de a) dues aux interférences dans la
région II ; ces oscillations donnent naissance à des résonances de transmission lorsque
sin(k2 a) s'annule ou est petite ;
 dans la limite E ≫ V0 (donc k2 ≈ k ), la barrière devient transparente et T → 1.

Approximation pour une barrière épaisse et eet tunnel


Pour E < V0 la solution à l'intérieur de la barrière est évanescente et caractérisée par
p
2m(V0 − E)
ρ= .

Dans la limite d'une barrière  épaisse  (ρa ≫ 1), la transmission décroît exponentielle-
ment avec la largeur a. Une approximation standard (obtenue en négligeant les contribu-
tions petites devant l'exponentielle) donne :
T ≈ T0 e−2ρa ,
où T0 est un préfacteur de l'ordre de 1 qui dépend faiblement des paramètres (il résulte du
couplage aux interfaces). En réécrivant explicitement ρ :
 2a p 
T ≈ T0 exp − 2m(V0 − E) .

Cette formule montre clairement :

18
 que T décroît exponentiellement lorsque la largeur a augmente ;
 que T décroît exponentiellement lorsque la profondeur V0 augmente ;
 que T décroît quand la masse m augmente (la barrière devient  plus opaque  pour
des particules plus lourdes) ;
 que T augmente lorsque E se rapproche de V0 .

Schéma de T (E) :

Coecient de transmission en fonction de l'énergie


1
T (E) pour E < V0 Région classique
0.8 T (E) pour E > V0

0.6
T (E)

0.4

0.2

0 Région tunnel
1
0 0.5 1 1.5 2 2.5
E/V0

Figure 7  Coecient de transmission T (E) à travers une barrière de potentiel. Pour


E < V0 , on observe l'eet tunnel avec transmission non nulle. Pour E > V0 , le coecient
présente des oscillations dues aux interférences quantiques.

6.2.5 Cas d'une barrière de potentiel quelconque


Considérons une particule d'énergie E arrivant de la gauche sur une barrière de potentiel
arbitraire V (x). À chaque point de la barrière, l'onde incidente est partiellement rééchie et
partiellement transmise. Pour déterminer le coecient de transmission global, on procède
en découpant la barrière en une succession d'éléments très ns de largeur dx, chacun étant
assimilable à une petite barrière rectangulaire.
Pour chaque élément innitésimal, on peut écrire un coecient de transmission local :
s 
2m V (x) − E
Ti ≃ exp[− 2κ(xi ) dx] , κ(x) = ,
h̄2
valable dans la région classiquement interdite V (x) > E .
Le coecient de transmission global à travers toute la barrière s'obtient alors en mul-
tipliant les transmissions de chaque petite sous-barrière :
Y
Tglobal = Ti .
i

En prenant le logarithme, on obtient :


X X
ln Tglobal = ln Ti ≃ −2 κ(xi ) dx.
i i

19
Dans la limite continue, cette somme devient une intégrale :
s 
xf
2m V (x) − E
Z
ln Tglobal ≃ −2 dx.
xi h̄2
On obtient donc nalement l'expression générale du coecient de transmission :
 s  
xf
2m V (x) − E
Z
Tglobal ≃ exp−2 dx ,
xi h̄2

qui constitue la formule de transmission en approximation WKB à travers une barrière de


potentiel arbitraire.

7 Exercices :
7.1 Radioactivité α
L'exemple le plus célèbre de l'eet tunnel est celui de l'émission des particules α (de
masse mα = 6,64 × 10−27 kg) par des noyaux lourds radioactifs, dont l'interprétation a
été proposée par le physicien russe Georges Gamow. Ces particules sont émises avec une
énergie E ≃ 4  9 MeV.
À l'intérieur du noyau, de rayon r0 , la particule α est soumise à l'interaction nucléaire
forte, de courte portée, modélisée par un puits de potentiel de profondeur V0 > 0. Une fois
que la particule α a quitté le noyau (r > r0 ), son énergie potentielle se réduit uniquement
à l'énergie potentielle coulombienne :
Ze2
V (r) = ,
4πε0 r
où K = Z(Z − 2)e2 et Z est le numéro atomique de l'atome radioactif.
Dans la suite, on se place dans le cas unidimensionnel suivant : la particule α est
représentée par la fonction d'onde Ψ(r, t) qui vérie l'équation de Schrödinger :
∂Ψ(r, t) h̄2 ∂ 2 Ψ(r, t)
ih̄ =− + V (r) Ψ(r, t).
∂t 2mα ∂r2

1) 1er Cas E < 0 : états liés dans un puits de potentiel


Pour r < r0 , la particule α est piégée dans le puits de potentiel nucléaire et possède
une énergie E < 0. On se propose de déterminer les niveaux d'énergie ainsi que les
états liés correspondants.
On suppose que le puits nucléaire est modélisé par le potentiel suivant :
(
−V0 , 0 < r < r0 ,
V (r) =
+∞, r > r0 ,

La particule est donc soumise à un puits de potentiel de profondeur V0 pour r <


r0 , puis à un potentiel coulombien répulsif pour r > r0 . Les solutions recherchées
correspondent aux états liés, c'est-à-dire aux solutions de l'équation de Schrödinger
vériant E < 0 et normalisables.

20
Figure 8  Potentiel V (r) en fonction de r

i) Sachant que la fonction d'onde est nulle pour r ≥ r0 , la solution de l'équation


de Schrödinger indépendante du temps dans le puits (0 < r < r0 ) s'écrit :

ψ(r) = D sin(kr),

où D est une constante à exprimer. Exprimer k en fonction de E et V0 .


ii) Montrer que
kn r0 = nπ, n ∈ N∗ ,
puis en déduire l'expression de l'énergie correspondante En . Commenter.
2) La particule α possède maintenant une énergie E > 0.
i) Justier que la particule a la possibilité de franchir la barrière de potentiel située
entre les points A et B .
ii) Pour l'uranium 238 U de rayon r0 = 3,50 × 10−15 m et pour des particules α
émises avec une énergie E = 4,00 MeV, calculer, en MeV, la hauteur Vmax de la
barrière de potentiel :
3) Étant donné que la barrière de potentiel n'a pas la forme simple étudiée dans la
section précédente, on peut, pour r0 < r < r1 , approcher la fonction V (r) par une
succession de barrières rectangulaires de hauteur V (r) et de largeur dr, susamment
petites pour que l'approximation d'une barrière épaisse soit valable (Figure 4).
i) Montrer que :  
ln T (r + dr) = ln T (r) − 2q dr.
ii) En déduire la relation suivante :
r1
Z r
2 K
ln T = − 2mα − E)dr.
h̄ r0 4πϵ0 r

21
Figure 9  Potentiel V (r) en fonction de r

iii) On admet que :


r1
r

Z
r1 π
− 1 dr = r1 − 2 r0 r1 .
r0 r 2
En utilisant cette approximation, on en déduit que :
a
ln T = b − √ ,
E
où a et b sont des constantes dépendant des paramètres du noyau et du potentiel.
Cette expression conduit à la **loi de Gamow** pour la probabilité de pénétra-
tion du potentiel : " # r
4π m
T ≃ exp − (Z − 2)e2 .
h̄ 2E

7.2 Eet Tunnel


La particule d'énergie E venant de la région I (x < 0) évolue dans un potentiel V (x)
déni par (gure 1) :
(
V0 si 0 < x < a
V (x) =
0 ailleurs
On suppose que 0 < E < V0 et on cherche les états stationnaires de cette particule
dans les trois régions
q (région I q: x < 0, région II : 0 < x < a et région III : x > a).
On pose k = 2mE
h̄2
et q = 2m(Vh̄02−E) .
1) Trouver les solutions ψ(x) dans chaque région. On introduira les constantes d'inté-
gration AI , BI , AII , BII et AIII correspondantes respectivement aux régions I, II et
III.
2) En appliquant les conditions aux limites aux interfaces x = 0 et x = a, écrire un
système de quatre équations dont les inconnues sont AI , BI , AII , BII et AIII . Quelle
condition supplémentaire permet d'établir une cinquième équation ?

22
Figure 10  Potentiel V (x) en fonction de x

3) On dénit les coecients R = jjri et T = jjti , où ji , jr et jt sont les vecteurs densité de


courant de probabilité liés respectivement à l'onde incidente, rééchie dans la région
I et transmise dans la région III.
4) On rappelle que le vecteur densité de courant de probabilité d'une onde plane de
vecteur d'onde ψ s'écrit :

j= (ψ ∗ ∇ψ − ψ∇ψ ∗ )
2mi
Exprimer R et T en fonction des constantes d'intégration. Que représentent ces co-
ecients ? Pourquoi doit-on avoir R + T = 1 ?
5) La résolution du système d'équations précédent donne :
1
T = V02 sinh2 (qa)
1+ 4E(V0 −E)

6) Calculer T dans le cas d'une barrière de potentiel atomique de hauteur V0 = 2, 00 eV


et de largeur a = 0, 1 nm pour les particules suivantes :
 Un électron d'énergie E = 1, 00 eV et de masse me = 9, 11 × 10−31 kg
 Un proton d'énergie E = 1, 00 eV de masse mp ≈ 2000 me
Commenter.
7) Une barrière est dite épaisse si a ≫ 1q .
Montrer que dans ce cas on a :
16E(V0 − E)
T ≈ T0 e−2qa avec T0 =
V02

8) Tracer l'allure de T (E) et discuter les cas limites E = 0 et E = V0 . Calculer la valeur


moyenne de T0 dénie par :
Z V0
1
⟨T0 ⟩ = T0 (E) dE
V0 0

9) En supposant que pour E ̸= 0 et E ̸= V0 , ln T0 ≈ ⟨ln T0 ⟩, montrer que ln T = −2qa.

23

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