Introduction aux Réseaux Électriques
Introduction aux Réseaux Électriques
Plan
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Chapitre 1 :
Introduction aux Réseaux Electriques
Actuellement, la très grande majorité de l’énergie électrique consommée dans le monde est
acheminée par l’ensemble des réseaux électriques existants. En un peu plus d’un siècle, ce
que représente le terme de « réseau électrique » est passé de la mutualisation de quelques
unités de production à une interconnexion généralisée au niveau des continents tout entiers. Si
les étendus et les ramifications qui caractérisent ces réseaux en multiplient les performances et
les potentiels, il faut savoir qu’elle en font également des systèmes complexes, gérés par une
multitude d’intervenant et tiraillés par des contraintes technico-économiques de plus en plus
pesantes.
1.1. Structure générale des réseaux électriques
De façon très générique, un réseau électrique est toujours dissocié en quatre grandes parties :
- La production : elle consiste en la génération de l’ensemble de la puissance active
consommée par réseau tout entier. En grande majorité, les tensions associées à cette
production sont produites sous forme de systèmes triphasés par l’intermédiaire
d’alternateurs entrainés à partir de divers types de sources d’énergies dites
« primaires ».
- Le transport : Il consiste à acheminer les puissances produites par les unités de
production au prés des lieux de consommation. Les grandes centrales étant en général
groupées autour de fleuves, de cours d’eau et des océans, le « grand transport »
consiste à parcourir de longues distances en direction des extrémités des territoires
nationaux. L’ordre de grandeur de ces distances impose, entre autre, le fait de
véhiculer l’énergie électrique sous très haute tension.
- La distribution : Elle consiste en un maillage fin du territoire permettant à chaque
utilisateur d’être à proximité d’une liaison au réseau. C’est l’ultime ramification des
lignes et des installations qui permet également un passage progressif des très hautes
tensions du transport aux bases tensions de la consommation.
- La consommation : Chaque récepteur électrique connecté au réseau consomme une
puissance active et une puissance réactive. La consommation domestique, qui est
généralement majoritaire, est très ramifiée et se fait sous basse tension souvent
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monophasée (100 à 250 V). certains clients industriels (grosses usines, …) sont
directement reliés en moyenne, haute et très haute tension.
Les réseaux, en très grande majorité, transportent l’énergie électrique sous la forme de systèmes
triphasés. Les dispositions et grandeurs caractéristiques de ces systèmes sont ainsi :
- Leur fréquence.
- Leurs niveaux de tension.
- Leurs différents types de couplage.
Fréquence Normalisée
Les grands réseaux électriques sont des systèmes interconnectés qui présentent une fréquence
uniforme afin de garantir le bon fonctionnement de leurs appareillages, ces derniers étant optimisés
pour une valeur précise de la fréquence.
Dans le monde, on ne récence que deux valeurs distinctes de fréquence :
« Le 50 Hz » caractérise les réseaux Européens, Asiatiques, Russes et Africains.
« Le 60 Hz » caractérise les réseaux Américains, Canadiens et Japonais (en réalité, au Japan,
les deux fréquences sont utilisées).
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Tension Normalisée
Chaque réseau électrique est organisé à partir de quelques niveaux de tension normalisés. Le respect
de ces valeurs précises (à quelques % près) est une nécessité pour exploiter les structures de transport
en assurant leur sûreté, le respect contractuelles, et de façon générale afin de réduire les cours et les
contraintes sur les appareillages. A titre d’exemple, les tensions normalisées du réseau électriques
français (EDF) sont indiqué dans le tableau suivant :
En règle générale, les grands réseaux électriques du monde se ressemblent. Cette similitude
s’explique qu’à partir d’une tension relativement élevée. Il suffit, pour s’en convaincre, de
considérer le schéma simplifié d’un transport d’énergie électrique représenté sur la figure 1.3,
et de noter les points suivants :
Tout conducteur électrique possède une certaine impédance. Transporter l’énergie
électrique sur de longues distances revient à utiliser des conducteurs très longs dont
l’impédance équivalente n’est absolument pas négligeable.
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Le transport de l’énergie électrique revient, de façon générale, à la liaison par une ligne (ou
un câble) d’une source vers un récepteur. L’objectif principal de cette liaison est la
fourniture de la puissance P = k .V.I où V est la tension efficace appliqué à la charge, I le
courant efficace et k le facteur de puissance du récepteur.
- La puissance perdue par effet Joule dans la ligne s’écrit ainsi :
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Chapitre 2 :
Considérons le système simple de la figure 2.1. Il comporte deux jeux de barres (ou nœuds
électriques, ou simplement nœuds) reliés par une ligne ou un câble, dont nous supposons que
le schéma par phase consiste en une résistance R en série avec une réactance X.
Soit le courant parcourant la ligne. Soient P12 et Q12 les puissances active et réactive par
phase entrant dans la ligne par le nœud 1 (figure 2.1). On a évidemment:
(2.1)
Il y correspond le diagramme de phaseur de la figure 2.2.
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Figure 2.2 : diagramme de phase relatif au système de la figure 2.1
Etablissons l’expression de la tension en fonction de la tension et des transits de
puissance P12 et Q12. On a:
(2.2)
d’ou l’on tire:
Comme nous le verrons, dans les réseaux de transport à Très Haute Tension (THT), la
résistance R est négligeable devant la réactance X. Si l’on suppose donc R = 0, la relation
(2.3) se simplifie en:
(2.4)
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- le transfert de puissance active crée une chute de tension en quadrature avec . Si l’on
suppose, comme c’est le cas en pratique, que || − || est faible devant V1, on peut
conclure que le transport de puissance active induit principalement un déphasage des
tensions;
- le transfert de puissance réactive crée une chute de tension en phase avec . On peut en
conclure que le transport de puissance réactive induit principalement une chute des
(modules des) tensions.
2.1.3. Transport de puissance réactive à longue distance
Dans les réseaux de transport à THT, il est d’usage de dire que la puissance réactive ne se
transporte pas aisément sur de longues distances. Ce fait peut etre illustré comme suit sur
notre exemple à deux noeuds.
Le bilan de puissance complexe de la liaison fournit:
(2.5)
(2.6)
Comme X >> R, on voit que les pertes réactives sont nettement plus élevées que les pertes
actives. Ainsi, si les puissances active et réactive entrent en quantités égales dans la liaison, il
sort à l’autre extrémité nettement moins de puissance réactive que de puissance active.
Par ailleurs, nous venons de voir que le transfert de puissance réactive va de pair avec une
variation des (modules des) tensions. Transférer beaucoup de puissance réactive requiert des
chutes de tension importantes. En pratique, ceci n’est pas acceptable car les tensions aux
différents noeuds d’un réseau doivent rester dans une plage de quelques pourcents autour des
valeurs nominales, sous peine de fonctionnement incorrect des matériels.
Une telle limitation n’existe pas pour la puissance active car le déphasage des tensions n’a pas
de conséquence directe pour les équipements.
2.1.4. Expressions des transits en fonction des tensions
Etablissons à présent l’expression des puissances P12 et Q12 en fonction des modules et des
phases des tensions aux extrémités. Pour plus de généralité, nous considérerons le cas ou
θ1≠0.
On obtient à partir des relations (2.1, 2.2):
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En développant le numérateur et en égalant parties réelle et imaginaire des deux membres, on
obtient les relations recherchées:
(2.7)
(2.8)
Par simple permutation des indices 1 et 2, on obtient l’expression des puissances entrant dans
la ligne du coté du noeud 2:
(2.10)
(2.11)
(2.12)
Dans cette section, nous nous intéressons à la relation entre la puissance réactive Q injectée en
un jeu de barres et la tension V à celui-ci, toute autre chose restant constante. Choisissons de
compter Q positif quand la puissance entre dans le réseau. Le développement qui suit est
limité à une seule source de puissance réactive et ne rend pas compte des interactions entre
deux sources voisines.
Dans une certaine plage de variation, on peut représenter un réseau vu d’un de ses jeux de
barres par un schéma équivalent de Thévenin (cf figure 2.4.a). Rappelons le :
Théorème de Thévenin. Vu d’un accès, un circuit linéaire peut etre remplacé par
un schéma équivalent composé d’une source de tension en série avec une
impédance. La f.e.m. de la source équivalente est la tension apparaissant à vide à
l’accès considéré. L’impédance équivalente est l’impédance vue de l’accès après
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avoir passifié le circuit, c’est-à-dire avoir annulé les f.e.m. (resp. les courants) des
sources de tension (resp. de courant) indépendantes.
Nous supposons que l’impédance de Thévenin est essentiellement inductive, hypothèse déjà
discutée. Quant è la f.e.m. de Thévenin, dans le cas qui nous occupe, c’est la tension relevée
au jeu de barres lorsqu’aucune puissance n’y est produite ni consommée.
Considérons à présent l’injection d’une puissance réactive Q en ce jeu de barres. Comme
aucune puissance active n’est injectée, la relation (2.9) montre qu’il n’y a pas de déphasage
entre la tension du jeu de barres et la f.e.m. de Thévenin, tandis que (2.10) fournit l’expression
de la puissance réactive Q entrant par phase dans l’équivalent:
(2.13)
Sous les hypothèses adoptées plus haut, l’équation (2.13) nous indique que la relation entre Q
et V est quadratique. Cependant, pour des variations de tension suffisamment faibles autour
de Eth, cette relation peut etre linéarisée. Le coefficient angulaire de la droite correspondante
(figure 2.4.b) est donné par:
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seulement à cause de la relation (2.13) mais surtout à cause du passage en limite de
production réactive des générateurs, ce qui modifie les paramètres de Thévenin;
après une perturbation, la réactance de Thévenin varie dans le temps
car le système est le siège de dynamiques provenant de ses composants et de ses
régulations. La réactance de Thévenin vue dans les tout premiers instants doit etre
calculée en tenant compte du comportement des composants (surtout les générateurs:
voir chapitre 12); elle diffère de la réactance de Thévenin qui caractérise le passage
d’un point de fonctionnement en régime établi à un autre;
lorsqu’un réseau perd un de ses composants (ligne, transformateur,
générateur), les paramères de Thévenin se modifient. Dans de nombreux cas, Eth
diminue et Xth augmente suite à un tel incident.
La notion de puissance de court-circuit est trèes utilisée dans l’analyse des réseaux d’énergie
électrique. Elle est définie par :
(2.14)
ou VN est la valeur nominale de la tension de phase, UN celle de la tension de ligne et Icc le
courant circulant dans (chaque phase d’)un court-circuit triphasé sans impédance au jeu de
barres considéré.
Notons que Scc ne représente pas une puissance au sens physique du terme. En effet, les
grandeurs intervenant dans cette formule ne se rapportent pas à la meme configuration,
puisque VN est la tension avant court-circuit et Icc le courant pendant le court-circuit.
La puissance de court-circuit est utilisée dans le dimensionnement des disjoncteurs. En effet :
un disjoncteur doit être capable d’éteindre l’arc électrique qui
apparait entre ses contacts au fur et à mesure que ceux-ci s’éloignent l’un de l’autre.
Plus le courant de court-circuit Icc est élevé, plus le disjoncteur doit etre puissant pour
éteindre cet arc;
une fois le courant interrompu, le disjoncteur doit etre capable de
tenir la tension qui se rétablit à ces bornes sans qu’il y ait rupture diélectrique du gaz
situé entre ses contacts. Cette tension est d’autant plus élevée que VN est élevé.
Il est donc raisonnable de dimensionner un disjoncteur sur la base du produit de I cc et de VN.
Il existe une relation simple entre la puissance de court-circuit en un jeu de barres et le
schéma équivalent de Thévenin du réseau vu de ce jeu de barres. En effet, si l’on suppose que
la tension au jeu de barres avant court-circuit est égale à la tension nominale VN, c’est
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également la valeur de la f.e.m. de Thévenin et l’amplitude du courant de court-circuit est
donné par :
(2.15)
Il en résulte que la puissance de court-circuit est donnée par :
(2.16)
La puissance de court-circuit donne également une indication sur la tenue de la tension en un
jeu de barres. En effet, plus Scc est élevée, plus |Zth| est faible et, comme on l’a vu à la section
précédente, plus les variations de la tension avec la puissance réactive sont faibles.
C’est pourquoi il importe que des charges fluctuant rapidement soient connectées à des jeux
de barres ou la puissance de court-circuit est suffisamment élevée.
Lorsque l’impédance de Thévenin tend vers zéro, la puissance de court-circuit tend vers
l’infini. A la limite, on parle de jeu de barres infini.
13
14
Chapitre 3 :
La ligne de transport
(3.1)
(3.2)
15
Si nous notons Zl l'impédance longitudinale par unité de longueur, et Yt l'admittance
transversale par unité de longueur, les équations (2) deviennent :
(3.3)
Par séparation des variables, nous obtenons deux équations différentielles du second ordre
indépendantes :
(3.4)
En inversant cette dernière équation, nous obtenons une matrice où tous les termes sont
positifs, appelée également matrice de transfert du quadripôle.
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Nous obtenons que :
Si on ne tient pas compte de la propagation (lignes courtes et avec des déphasages faibles),
nous pouvons simplifier les formules hyperboliques et faire l'approximation suivante :
Avec R, L, C et G, les caractéristiques physiques des lignes et des câbles électriques H.T.
Repartons du schéma simplifié H.T d’une ligne électrique présenté ci-dessous :
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En Basse-Tension, il n’est pas nécessaire dans les modèles de câbles de tenir compte de la
capacité linéique et des pertes diélectriques (Faible niveau de tension, faible champ électrique
et faible contrainte diélectrique), nous pouvons simplifier le schéma précédent et aboutir au
modèle classique des câbles Basse-Tension :
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3.3. L’inductance des lignes et des câbles électriques
Calcul du champ d’induction magnétique
Théorème d’Ampère :
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Cas pratiques :
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3.5. La résistance d’isolement des lignes et des câbles électriques
La résistance d’isolement des câbles
La norme NF C 15-100 admet pour l'isolation B.T. une résistance d'isolement supérieure à 0,5
MΩ. Cette résistance d'isolation est contrôlable avec un contrôleur numérique standard (20
MΩ). Cependant des résistances d'isolation de 200 MΩ à 5000 MΩ sont facilement réalisées.
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La résistance d'isolement :
l : la longueur du câble ;
D : le diamètre extérieur de l'enveloppe isolante ;
d : le diamètre du conducteur ;
ρ : la résistivité du matériau isolant (Ω.cm²/cm).
Le coefficient d'isolation Ki (MΩ.km)
La résistance d'isolement :
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3.7. Les caractéristiques des câbles électriques
L’âme conductrice
L’enveloppe isolante
Les conducteurs
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Les sections des conducteurs sont normalisées dans les valeurs suivantes :
0,5 mm² ; 0,75 mm² ; 1 mm² ; 1,5 mm² ; 2,5 mm² ; 4 mm² ; 6 mm² ; 10 mm² ; 16 mm² ; 25
mm² ; 35 mm² ; 50 mm² ; 70 mm² ; 95 mm² ; 120 mm² ; 150 mm² ; 185 mm² ; 240 mm² ; 300
mm² ; 400 mm² ; 500 mm² ; 630mm² ; 800 mm²; 1000 mm².
L’âme conductrice peut être ronde massive pour des sections inférieures à 4 mm². Pour toutes
les sections l’âme conductrice peut être ronde câblée.
Cette contrainte thermique aussi appelée I².t et s’exprime en A².s. (Puissance = R.I² et
l’Énergie = R.I².t ).
La contrainte thermique correspond à l’énergie dissipée par unité de résistance du circuit, que
l’on pourrait aussi exprimer en J/Ω (joule/ohm).
En fait, si l’énergie est dissipée sur un temps assez important, le câble a le temps de se
refroidir par dissipation thermique. La valeur de la contrainte thermique est alors supérieure à
la valeur donnée précédemment.
L’assemblage
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C’est le cas des câbles à plusieurs conducteurs. Les conducteurs sont groupés de façon
géométrique. Quand le câble a plus de 5 conducteurs, on assemble les conducteurs en
plusieurs couches. Une couche comporte toujours 6 conducteurs de plus que la couche
précédente si les conducteurs ont le même diamètre.
Le bourrage
Le bourrage a pour but de remplir les interstices entre les conducteurs afin de donner au câble
une forme cylindrique.
Le câble
C'est un ensemble comportant plusieurs conducteurs électriquement distincts et
mécaniquement solidaires.
La protection du ou des conducteurs
Le degré de protection requit pour un câble dépend de l’environnement dans lequel il sera
posé et donc de son utilisation courante.
La gaine
C’est la protection la plus simple. Elle est extrudée (PVC, Polychloroprène, Hypalon). Elle
peut également faire bourrage.
Les armures
C’est la protection contre les chocs. Les câbles B.T. 1000 V qui possèdent une armure
peuvent être enterrés sans autre protection. Les armures sont toujours métalliques ; elles
peuvent être réalisées de différentes façons :
les armures en feuillard d’acier ;
les armures en feuillard d’aluminium ;
les armures en fils d’acier galvanisé ;
les tresses en fils d’acier galvanisé sont réservées aux câbles souples ou aux petits
câbles.
Les écrans et blindages
Les écrans ou blindages ne sont pas destinés à la protection mécanique mais à la protection
électrique. Il doivent :
faire barrière aux champs électrostatiques extérieurs au câble ;
répartir le champ électrique à l’intérieur du câble (câble M.T. ou H.T. à champ radial);
écouler les courants capacitifs, ainsi que le courant de court-circuit homopolaire en cas
de défaut.
3.8. La structure des câbles électriques
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26
Chapitre 4:
Systèmes Triphasés Déséquilibrés
Composantes symétriques
Un système triphasé déséquilibré est un système dont les tensions ou les courants ne vérifient
pas les conditions de phases ou d'amplitudes (équilibrage en phase et en amplitude), qui
définissent les systèmes triphasés équilibrés. La fréquence est par contre identique pour les
trois grandeurs.
4.1. Composantes symétriques
Soit un système triphasé quelconque, équilibré ou déséquilibré, dont les éléments sont des
grandeurs sinusoïdales de même fréquence, représentés par les nombres complexes (X1, X2,
X3). Posons
L'étude du système quelconque (X1, X2, X3) peut donc se ramener à celle des trois systèmes
équilibrés précédents, c'est à dire que le système (X1, X2, X3) peut être considéré comme la
superposition de trois systèmes équilibrés de même fréquence: direct, inverse et homopolaire.
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Remarques: On peut noter que les systèmes inverse, direct et homopolaire sont obtenus
respectivement sur la base de progressions géométriques de raisons a, a2 et a3. Ce résultat se
généralise à un système polyphasé à q phases qui peut être considéré comme la superposition
de q système équilibrés obtenus par progressions géométriques.
Si le système triphasé (X1, X2, X3) est équilibré une seule des composantes symétriques est
différente de zéro et en toute rigueur la décomposition reste valable. Cette composante non
nulle s'identifie à:
- Xd = X1 (Xi = X0 = 0) si (X1, X2, X3) est direct,
- Xi = X1 (Xd = X0 = 0) si (X1, X2, X3) est inverse.
La définition des composantes symétriques entraîne une composante homopolaire nulle pour
tous les systèmes dont la somme est égale à zéro.
4.2. Relations entre les composantes symétriques des systèmes de tensions
Soit un système triphasé quelconque de tensions simples (V1, V2, V3) dont les composantes
symétriques sont (Vd, Vi, V0). Il s'écrit
V1 = Vd + Vi + V0 V2 = a2Vd + aVi + V0 V3 = aVd + a2Vi + V0
Les tensions composées s'expriment par :
U12 = V1 - V2 = (1 - a2)Vd + (1 - a)Vi
U23 = V2 - V3 = a(a - 1)Vd + a(1 - a)Vi = a2(1 - a2)Vd + a(1 - a)Vi
U31 = V3 - V1 = (a - 1)Vd + (a2 - 1)Vi = a(1 - a2)Vd + a2(1 - a)Vi
On en déduit les composantes symétriques directes, inverse des tensions composées:
U0 = 0
Par construction, les amplitudes de ces composantes symétriques des tensions simples et
composées vérifient les relations trouvées lors de l'étude des systèmes triphasés équilibrés:
et
Où Udm et Uim sont les amplitudes de Ud et Ui, Vdm et Vim celles de Vd et Vi. Des relations
identiques s'appliquent aux valeurs efficaces de ces tensions. En notant ces valeurs efficaces
respectivement
On a les relations :
et
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Remarque: Notons que la définition des tensions composées entraîne nécessairement la nullité
de la composante homopolaire du système.
I0 = 0
La composante homopolaire est nulle puisque l'alimentation du groupement triangle se fait
forcément à trois fils et que donc I1 + I2 + I3 = 0.
Comme pour les tensions composées, les amplitudes des composantes symétriques des
courants de ligne et de branche vérifient les relations trouvées lors de l'étude des systèmes
triphasés équilibrés:
et
Où Idm et Iim sont les amplitudes de Id et Ii, Jdm et Jim celles de Jd et Ji. En notant les valeurs
efficaces de ces courants respectivement
On a les relations
et
4.4. Taux de déséquilibre
On quantifie le déséquilibre d'un système triphasé par le degré de déséquilibre (ou degré de
dissymétrie), en courant ou en tension, défini comme le rapport des valeurs efficaces, ou des
amplitudes, de la composante (inverse et/ou homopolaire) sur la composante directe :
Xi Xo
Ti (%) = et To (%) =
Xd Xd
X : courant ou tension ;
29
Les systèmes triphasés fonctionnent généralement au voisinage du régime équilibré. Pour de
nombreuses machines tournantes, par exemple, le non respect de cette condition peut
entraîner des échauffements excessifs. Il en résulte que l'une ou les deux composantes,
homopolaire ou inverse, sont largement prépondérante.
4.5. Puissances triphasées en régime déséquilibré
Les puissances triphasées s'expriment par:
- puissance complexe: S = [V1I1* + V2I2* + V3I3*] / 2,
- puissance active: P = P1 + P2 +P3 = V1I1 cos φ1 + V2I2 cos φ 2 + V3I3 cos φ 3,
30
où Vdm et Idm sont les amplitudes de la tension Vd et du courant Id,
et
Leurs valeurs efficaces et φ d le déphasage entre Id et Vd.
De manière similaire, si les systèmes de tensions simples et de courants de ligne sont (Vi, aVi,
a 2Vi) et (Ii, aIi, a2Ii) sur la ligne, elle est le siège d'une puissance complexe
Si = [ViIi* + aVi a2Ii* + a2Vi aIi*] / 2 = (3/2) V iIi*,
Les puissances actives Pi, réactive Qi et apparente Si associées à ce régime étant
Pi = Re{Si} = (3/2) VimIim cos φ i = 3ViIi cos φ i
et
Leurs valeurs efficaces et φ i le déphasage entre Ii et Vi.
Enfin, si le régime de la ligne est caractérisé par les composantes homopolaires V0 et I0on a
S0 = [V0I0* + V0I0* + V0I0*] / 2 = (3/2) V0I0*,
Les puissances actives Pi, réactive Qi et apparente Si associées à ce régime étant
P0 = Re{S0} = (3/2) V0mI0m cos φ 0 = 3V0I0 cos φ 0
et
Leurs valeurs efficaces et φ 0 le déphasage entre I0 et V0.
Remarque: Les expressions des différentes puissances transmises par les composantes
symétriques directe, inverse et homopolaire sont évidemment conformes à celles obtenues
dans l'étude des régimes triphasés équilibrés puisqu'il s'agit précisément des régimes
équilibrés. On aurait pu, à ce titre, écrire directement ces expressions.
La puissance complexe est donc la somme des puissances complexes transmises par les trois
systèmes équilibrés direct, inverse et homopolaire:
S = 3 [VdId* + ViIi* + V0I0*] / 2 = Sd + Si + S0
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Tout ce passe comme si on avait superposition, sans interaction, de ces trois régimes sur la
ligne. On en déduit:
- la puissance active: P = Re{S} = 3[VdId cos φ d + ViIi cos φ i +3V0I0 cos φ 0] = Pd + Pi + P0
32
Chapitre 5:
Calcul de courant de court-circuit dans les lignes de
transport
5.1. Introduction :
Tout réseau électrique doit être protégé contre les courts-circuits. L’intensité du courant de
court-circuit est à calculer aux différents étages du réseau ; ceci pour pouvoir déterminer les
caractéristiques du matériel qui doit supporter ou couper ce courant de défaut. La valeur de
courant de court circuit minimale Iccmin sert pour définir le calibre du déclencheur magnétique
Imag (Imag ≤ Iccmin). La valeur de courant de court circuit maximale Iccmax sert pour définir le
calibre du pouvoir de coupure Pdc ( Pdc ≥ Iccmax).
34
Figure 5.4: Court-circuit phase-neutre.
Court-circuit à la terre (monophasé ou biphasé) : Il correspond à un défaut entre une phase
ou deux phases avec la terre.
Court-circuit triphasé : ;
Court-circuit biphasé-isolé : ;
35
Court-circuit monophasé-isolé :
Avec :
En extrémité de la ligne ;
À la sortie du poste source ;
Court-circuit triphasé: ;
Court-circuit biphasé-isolé : ;
Court-circuit monophasé-isolé : ;
Court-circuit biphasé-terre : ;
Court-circuit monophasé-terre : ;
Avec :
Zccd, Zcci, et Zcco : composante symétrique des impédances de court-circuit pour les 3 phases
Z1cc, Z2cc, et Z3cc ;
36
Chapitre 6:
Puissances et harmoniques en électrotechnique
37
38
6.3. Notions de tensions et courants harmoniques
6.3.1. Valeur efficace (True RMS)
On montre que
De même
Remarque 1: Lorsque le THD est égal à zéro, on peut conclure qu’il n’y a pas d’harmoniques
sur le réseau.
Remarque 2: Il existe une autre définition du taux de distorsion se rapportant à la valeur
39
pour la tension et pour le courant). L’important est de
40
6.4. Puissances en présence d’harmoniques
6.4.1. Puissances actives, réactives et apparentes.
La puissance active P consommée par la charge est la moyenne sur une période de la
puissance instantanée :
On montre que :
41
6.5. Cas d’un dipôle non linéaire alimenté par une tension alternative sinusoïdale
6.5.1. Expression de la tension et du courant
On suppose le courant alternatif : I0 = 0
On a donc
42
Les harmoniques du courant (rang 2) ne jouent aucun rôle en ce qui concerne la
puissance réactive
La puissance déformante est directement liée à la présence des harmoniques de courant
(rang 2).
6.5.3. Expression du facteur de puissance
Remarques:
Quand le taux de distorsion harmonique du courant (THDi) augmente, le facteur de
puissance diminue.
Le terme cos 1 est aussi appelé facteur de déplacement (DPF : Displacement Power
Factor).
On a : PF < DPF
THDi Facteur de puissance PF
(pour DPF = 1)
0 % (charge linéaire) 1
10 % 0,995
20 % 0,981
50 % 0,894
100 % 0,707
150 % 0,555
200 % 0,447
6.6. Problèmes créés par les harmoniques
6.6.1. Les effets
Effets immédiats : pertes par effet Joule
Dégradation du facteur de puissance , Réduction de la puissance des moteurs (couple
négatif)
Surcharges des câbles, transformateurs et moteurs
Augmentation du bruit dans les moteurs
43
Erreur d’enregistrement dans les compteurs
Surdimensionnement des câbles
Réduction de la capacité du réseau
Mauvais fonctionnement des contacteurs
Perturbation des systèmes électroniques
Effets à moyen et long terme
Réduction de la durée de vie des moteurs
Détérioration des batteries de condensateurs
Réduction de la durée de vie des transformateurs
Vieillissement accéléré des isolants et des diélectriques
Pertes Fer (Iron losses) , pertes crées par le champ magnétique + pertes dues aux courants
de Foucault, entrainant un déclassement des transformateurs et des moteurs
6.6.2. Les principaux remèdes envisagés
Solutions générales
Abaisser les impédances harmoniques
Agir sur la structure de l’installation
6.7. Aspects normatifs
6.7.1. Principales normes
Plusieurs normes existent pour cadrer ce sujet et parmi les plus importantes :
CEI 61000-1-1 : Pour définir les harmoniques.
CEI 61000-2-1 à 5 : Pour les réseaux basse fréquence et transmission.
CEI 61000-3-2 à 6 : Pour les limites d'émission de courant harmonique.
CEI 61000-4-1 à 15 : Pour les essais et les immunisations des matériels.
EN 50160 : Pour les caractéristiques de la fourniture de la tension par les
réseaux publics.
Le guide UTE C15-105 : Pour le dimensionnement des câbles en présence
d'harmoniques.
6.7.2. Extrait de la norme CEI 61000-2-2 :
Cette norme définit les niveaux de compatibilité pour les perturbations conduites basse
fréquence sur les réseaux publics d'alimentation basse tension
44
Niveaux tolérables pour les tensions harmoniques sur les réseaux basse tension 50 Hz (selon
IEC61000-2-2)
45
6.7.3. Prise en compte des courants harmoniques par la norme NF C 15-105 (extraits)
Le dimensionnement des câbles en fonction du pourcentage d’harmoniques (TH%) est réalisé
suivant la norme NF C 15-100 éditée par l’UTE C 15-105 (433.3 & 433.4) en tenant compte
du calcul de la section du neutre, suivant le taux d’harmoniques.
Taux d’harmoniques Effets prévisibles
THDU < 5 % et THDI < 10 % Néant
5 % < THDU < 8 % ou Pollution significative,
10 % < THDI < 50 % effets nuisibles possibles
Pollution forte,
THDU > 8 % et THDI > 50 %
dysfonctionnement probables
Taux d’harmoniques de rang 3 Courant non négligeable
en courant > 15 % dans le neutre
Analyse prévisionnelle du taux de distorsion harmoniques en courant
46
Chapitre 7:
Qualité de la tension / Qualité de l’électricité
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Chapitre 8:
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- Le type de FACTs (STATCOM, SVC, ….).
8.2. Compensation shunt (ou parallèle) :
La compensation shunt est utilisé pour compenser les perturbations en courant tel que :
- La puissance réactive ;
- Le déséquilibre en courant;
- Les harmoniques en courant;
Les compensateurs shunts, sont installés par le consommateur d’énergie (client), car c’est lui
le responsable des perturbations causé par le courant qu’il consomme. Dans ce cas, on
considère que la tension au point de raccordement, est non-perturbée, et que la charge est
une charge perturbatrice.
Le model monophasé du compensateur shunt est présenté sur la figure suivante :
65
Dans ce cas, la valeur efficace du courant de la charge Ich est décomposée comme suite :
Avec :
I1da : valeur efficace du courant active, fondamental, et d’ordre direct ;
I1dr : valeur efficace du courant réactive, fondamental, et d’ordre direct ;
I1i : valeur efficace du courant fondamental d’ordre inverse ;
I1o : valeur efficace du courant fondamental d’ordre homopolaire ;
IHM : valeur efficace des harmoniques du courant.
La signification des indices est comme suite :
1 : fondamental ; a : active ; r : réactive ; i : inverse ; o : homopolaire ; HM : harmoniques
Afin d’éliminer totalement les perturbations en courant dans le réseau électrique, il faut que,
le compensateur shunt injecte un courant de compensation de valeur efficace égale à :
Dans ce cas, si le compensateur injecte un courant total qui égale à la somme des courants
perturbateurs, la compensation en courant sera idéale :
Les paramètres qui évaluent ses perturbations dans ce cas, sont comme suite :
- Le DFP = cosφ =1, l’ensemble compensateur + charge, se comportant
comme une charge résistive ;
- Le taux de distorsion harmonique THD = 0%, l’ensemble compensateur +
charge, se comporte comme une charge linéaire ;
- Le taux de déséquilibre inverse et homopolaire Ti = 0% et To = 0%,
l’ensemble compensateur + charge, se comporte comme une charge équilibré ;
L’inconvénient de la compensation total est le surdimensionnement du compensateur, ce qui
signifie une augmentation du cout de l’installation. Pour cela il faut dimensionner le
compensateur afin que chaque paramètre de perturbation ne dépasse pas les limites indiquées
par les normes internationales.
1) Compensation du réactif :
Les limites minimales du DFP pour les réseaux sont :
- 0.8 pour réseau BT et MT ;
66
- 0.9 pour réseau HT et THT ;
La puissance de compensation du réactif est :
- En monophasé : ;
- En triphasé : ;
2) Compensation du déséquilibre inverse :
La puissance de compensation de la composante inverse est :
- En triphasé : ;
- En triphasé : ;
- En monophasé : ;
- En triphasé : ;
67
Figure 8.2 : Model monophasé du compensateur série.
Avec :
Vs : tension simple au poste source;
V : tension simple au point de raccordement ;
D : distance en Km, qui sépare le poste source à la charge ;
D1 : distance en Km, qui sépare le poste source au point de raccordement du compensateur
série ;
D2 : distance en Km, qui sépare le point de raccordement du compensateur série à la charge ;
Zc : impédance caractéristique ;
Vc : tension de compensation ;
Ich : courant de charge ;
Zch : impédance de la charge.
Vch : tension au bornes de la charge ;
- La configuration 1 est utilisée dans le cas ou la tension au poste source Vs est
perturbée ;
- La configuration 2 est utilisée dans le cas ou la tension au point de
raccordement de la charge V est perturbée;
- La configuration 3 est utilisée dans le cas ou la tension est perturbée dans un
point de raccordement quelconque ;
Le compensateur série joue le rôle d’une source de tension montée en série avec la source
perturbatrice. Cette source de tension injecte une tension de compensation Vc, afin de
compenser les perturbations en tension. L’équation complexe de la tension Vch aux bornes de
la charge égale a :
Configuration 1 :
Configuration 2 :
Configuration 3 :
Dans ce cas, la valeur efficace de la tension perturbée est décomposée comme suite :
68
Configuration 1 :
Configuration 2 et 3 :
Avec :
V1d ou Vs1d : tension, fondamental, et d’ordre direct ;
ΔV1d: chute de tension, fondamental, et d’ordre direct ;
V1i : tension fondamental d’ordre inverse ;
V1o : tension fondamental d’ordre homopolaire ;
VHM : Harmoniques de tension.
Afin d’éliminer totalement les perturbations en tension dans le réseau électrique, il faut que, le
compensateur série injecte une tension de compensation de valeur efficace égale à :
Configuration 1 :
Configuration 2 et 3 :
Dans ce cas, si le compensateur injecte une tension totale qui égale à moins la somme des
tensions perturbatrices, la compensation en tension sera idéale :
Les paramètres qui évaluent ses perturbations dans ce cas, sont comme suite :
- Chute de tension relative ε(%)=Vch/Vs = 0, l’ensemble compensateur + poste
source de la ligne se comporte comme une source de tension idéal sans chute ;
- Le taux de distorsion harmonique THD = 0%, l’ensemble compensateur +
poste source de la ligne, se comporte comme une source de tension parfaitement
sinusoïdal ;
- Le taux de déséquilibre inverse et homopolaire Ti = 0% et To = 0%,
l’ensemble compensateur + poste source de la ligne, se comporte comme une source
de tension parfaitement équilibré d’ordre directe ;
Comme le compensateur shunt, l’inconvénient de la compensation total est le
surdimensionnement du compensateur série, donc il faut dimensionner le compensateur afin
que chaque paramètre de perturbation ne dépasse pas les limites indiquées par les normes
internationales.
1) Compensation de la chute de tension :
69
Les limites maximale de la chute de tension relative pour les réseaux est 6%
La puissance de compensation de la chute de tension est :
- En monophasé : ;
- En triphasé : ;
- En triphasé : ;
- En triphasé : ;
- En monophasé : ;
- En triphasé : ;
70
Le compensateur hybride est composé d’une source de compensation en courant Ic, et d’une
source de compensation en tension Vc. La puissance apparente globale du compensateur
hybride égal à :
71
Chapitre 9:
Régulation de la fréquence
Dans tout système électrique de puissance, il importe de maintenir la fréquence dans une
plage étroite autour de sa valeur nominale (50 ou 60 Hz). Le respect strict de cette valeur est
non seulement nécessaire au fonctionnement correct des charges mais, comme on va le voir, il
est également l’indicateur d’un équilibre entre puissances actives produites et consommées.
Le maintien de cet équilibre est essentiel car l’énergie électrique n’est pas emmagasinable, du
moins pas dans les quantités suffisantes pour faire face aux fluctuations de la demande ou aux
incidents. Elle doit donc être produite au moment ou elle est demandée.
Considérons par exemple une augmentation brutale de la demande. Dans les toutes premières
secondes, l’énergie correspondante va être prélevée sur l’énergie cinétique que possèdent les
masses tournantes des unités de production. Ceci va entraîner une diminution de la vitesse de
rotation de ces unités, c’est-à-dire de la fréquence du réseau. Cet écart de vitesse est détecté et
corrigé automatiquement par les régulateurs de vitesse. Dans l’exemple qui nous occupe, ces
régulateurs vont augmenter l’admission de fluide (vapeur, gaz ou eau) dans les turbines de
manière à ramener les vitesses autour de leurs valeurs nominales, et donc la fréquence du
réseau. Une fois le système revenu à l’équilibre, les unités conservent cette admission de
fluide plus élevée, donc une production de puissance plus élevée, équilibrant la demande
également plus élevée. Cette régulation en centrale est appelée régulation primaire1. Elle
intervient la première sur l’échelle des temps: typiquement, quelques secondes après une
perturbation. Comme nous le verrons dans ce chapitre, il existe également une régulation
secondaire, intervenant typiquement en quelques minutes.
72
mu par de l’huile sous pression. Celle-ci est admise dans le cylindre, d’un coté ou de l’autre
du piston selon le sens de la correction, par une vanne pilote. Le piston se déplace tant que la
vanne pilote ne bloque pas l’admission d’huile, c’est-à-dire tant que le signal de correction qui
commande la vanne pilote n’est pas revenu à zéro.
On peut établir un schéma bloc comme à la figure 9.2. Le signal d’entrée ωm est la vitesse de
rotation. z représente la fraction d’ouverture des soupapes de la turbine (0 ≤ z ≤ 1). G(s) est la
fonction de transfert entre z et la puissance mécanique Pm délivrée par la turbine :
(9.1)
F(s) est la fonction de transfert entre ωm et z. Nous allons la détailler quelque peu.
Un premier type de régulateur de vitesse est décrit par le schéma bloc de la figure 9.3. Il s’agit
d’un schéma simplifié; en particulier, on n’a pas représenté les limites imposées à z et à sa
dérivée. p est le nombre de paires de poles du générateur; p.ωm est donc la vitesse électrique.
En régime établi, celle-ci est égale à la pulsation ω = 2πf du système. Le servomoteur est
représenté par un gain et un intégrateur. Lorsque le système est en régime établi, l’entrée de
l’intégrateur est nécessairement nulle. Le régulateur de vitesse ajuste donc les soupapes de
réglage jusqu’à ce que l’erreur de vitesse soit totalement annulée. Un tel régulateur est dit
isochrone.
73
Figure 9.3: schéma bloc d’un régulateur de vitesse isochrone
Dans un réseau comportant plusieurs générateurs, un seul d’entre eux peut etre doté d’un
régulateur isochrone. En effet, d’inévitables petites différences entre les consignes de deux
régulateurs isochrones les conduiraient à “se disputer” la correction des erreurs de fréquence.
Cependant, il n’est pas pensable de faire fonctionner un réseau de grande taille avec un seul
générateur doté d’un régulateur isochrone car ce générateur devrait à lui seul assurer
l’équilibre entre production et consommation de tout le système.
Pour répartir l’effort sur un certain nombre de générateurs on a recours à un autre type de
régulateur, dont le schéma bloc est représenté à la figure 9.4. Ce dernier diffère du régulateur
isochrone par la présence d’une rétroaction de la position de la soupape de réglage z. De plus,
il fait intervenir zo la consigne d’ouverture des soupapes, que l’on peut ajuster pour modifier
la production de l’unité. Comme on le verra dans les sections suivantes, le paramètre σ joue
un role important dans la participation de l’unité à l’équilibre production-consommation.
On tire aisément :
(9.2)
74
Qui fait apparaıtre Tsm comme une constante de temps, relative au servomoteur.
Figure 9.5: schéma bloc d’un régulateur de vitesse avec statisme (seconde version)
Considérons qu’en régime établi, lorsque les soupages de réglage sont ouvertes au maximum
(z = 1), la turbine délivre sa puissance nominale PN. La relation (9.1) seule donne:
75
Le rapport de la variation relative de fréquence à la variation relative de puissance est donné
par :
σ est appelé le statisme du régulateur de vitesse. En Europe, il vaut typiquement 4 % pour les
unités thermiques. Comme le montre la figure 9.6, une variation de fréquence ∆f= σfN
=0.04×50=2Hz provoquerait une variation de puissance mécanique ∆Pm égale à la puissance
nominale PN. Un statisme infini correspond à une machine fonctionnant à puissance constante
et ne participant donc pas à la régulation de la fréquence.
Lorsque l’on ajuste la consigne de puissance Po, la caractéristique se translate comme
représenté à la figure 9.6.
La pente de la caractéristique statique indique clairement que les régulateurs de vitesse sont
du type proportionnel. Ils laissent donc une erreur statique sur la fréquence. Comme nous
allons le voir à la section suivante, cette propriété permet précisément le partage de l’effort
par les différents générateurs interconnectés.
76
9.2.2. Partage des variations de production entre générateurs
Les caractéristiques de tous les générateurs peuvent être combinées en une caractéristique
globale:
(9.7)
ou l’on a considéré que les consignes de production sont inchangées après réglage primaire.
En posant:
(9.9)
La relation ci-dessus s’écrit simplement:
(9.10)
Le paramètre β est appelé énergie réglante du système. On notera qu’il a en effet la dimension
d’une énergie. Il caractérise la précision de la régulation primaire de fréquence dans le
système considéré: pour une meme variation de charge, la variation de fréquence est d’autant
plus faible que l’énergie réglante est élevée.
On en déduit l’erreur de fréquence:
77
tous les statismes étant fixés, un générateur participe d’autant plus que sa
puissance nominale est élevée;
toutes les puissances nominales étant fixées, un générateur participe d’autant plus
que son statisme est petit;
la variation de fréquence est d’autant plus petite que le nombre de générateurs
participant à la régulation est élevé.
9.3. Régulation secondaire
9.3.1. Interconnexion des réseaux
Si l’on excepte les systèmes insulaires autonomes et quelques autres situations, la plupart des
réseaux gérés par des gestionnaires distincts sont regroupés au sein de grandes
interconnexions.
Les avantages de celles-ci sont:
une meilleure régulation de la fréquence, comme montré à la section précédente
une assistance mutuelle en cas d’incident
et donc une réduction de la réserve tournante que chaque partenaire doitmettre en
œuvre pour faire face à la perte de générateurs. La réserve tournante est la puissance
prête à être produite par des unités synchronisées sur le réseau et fonctionnant
évidemment endessous de leur maximum. En simplifiant, on peut dire qu’elle est
assurée par les unités les plus chères, les moins chères étant exploitées au maximum
la possibilité de vendre et d’acheter de l’énergie à des conditions plus
avantageuses
une meilleure tenue de la tension à l’interface entre systèmes, après
interconnexion.
La formation de grands systèmes interconnectés n’est cependant pas exempte
d’inconvénients:
des incidents peuvent se propager d’un réseau à un autre, via les lignes
d’interconnexion
des flux de puissance peuvent traverser un réseau situé au sein d’une structure
maillée, suite à des modifications topologiques ou des injections inattendues ([Link].
variabilité de la production éolienne) dans les réseaux voisins
des oscillations électromécaniques lentes (0.1 à 0.5 Hz) et mal amorties peuvent
apparaıtre.
78
Ces inconvénients peuvent conduire à s’interconnecter via des liaisons à courant continu. Les
réseaux ainsi connectés conservent chacun leur fréquence. Dans ce chapitre, toutefois, nous
nous intéressons à une interconnexion à courant alternatif dans laquelle la fréquence est
unique en régime établi.
9.3.2. Régulation primaire d’une interconnexion : exemple à deux réseaux
Considérons pour simplifier deux réseaux, repérés respectivement 1 et 2, interconnectés via
un certain nombre de lignes de transport (cf. figure 9.7). Comme à la section précédente, nous
supposons pour simplifier qu’il n’y a pas de pertes dans le réseau, en particulier dans les
lignes d’interconnexion. Soit P12 la puissance active totale transitant du réseau 1 vers le réseau
2 via les lignes d’interconnexion.
En adaptant les résultats de la section précédente, on établit aisément:
la caractéristique des générateurs du réseau 1 :
79
l’équilibre des puissances dans le système complet :
Ces différentes caractéristiques sont représentées à la figure 9.8. On suppose que le système
fonctionne initialement à la fréquence fN.
Considérons le cas d’une variation de la demande ∆Poc1 dans le réseau 1.
En utilisant les équations ci-dessus, on établit aisément la relation entre l’augmentation de la
demande, la chute de fréquence et la variation du transit dans les lignes d’interconnexion :
dans le réseau 1 :
80
Figure 9.8: caractéristiques des générateurs et des charges dans les deux réseaux
interconnectés
9.3.3. Objectifs et principe de la régulation secondaire
Le rôle de la régulation secondaire est double: (i) éliminer l’erreur de fréquence sur laquelle
repose le réglage primaire et (ii) ramener les échanges de puissance entre réseaux
interconnectés aux valeurs désirées (spécifiées dans les contrats d’achat d’énergie).
Revenons une dernière fois à l’exemple de la figure 9.8. Pour ramener la fréquence f et
l’échange de puissance P12 à leurs valeurs avant perturbation, il est clair qu’il faut augmenter
la production des générateurs du réseau 1. A cette fin, le réglage secondaire va modifier les
consignes de production Poi de certains générateurs connectés à ce réseau. Comme on l’a vu à
81
la figure 9.6, ceci a pour effet de translater les caractéristiques des générateurs de la région 1.
Quand la fréquence revient à la valeur fN, le transit P12 revient à sa valeur avant perturbation.
Notons que les consignes des générateurs du réseau 2 ne doivent pas être ajustées; les
productions de ces générateurs se modifient suite à la modification de la fréquence induite par
les ajustements dans le réseau 1. Les puissances qu’ils ont apportées via le réglage primaire
sont effacées par le réglage secondaire.
Chapitre 10:
Régulation de la Tension
82
Lorsqu’on augmente la production d’une quelconque des centrales, la fréquence est
ajustée par les régulateurs de vitesse à une valeur un peu supérieure. Il n’y a pas de
signal ni de comportement équivalent pour la régulation de tension. Les réglages ont
une portée locale : lorsque l’on ajuste la tension en un noeud d’un réseau, cela
influence la tension des noeuds situés dans un certain voisinage. Au delà, les effets
sont négligeables;
la fréquence est usuellement tenue prés de sa valeur nominale avec grande
précision, parce que tout écart de fréquence est révélateur d’un déséquilibre entre
puissances actives produite et consommée. En comparaison, la régulation de la tension
est moins précise. Dans un réseau de transport, on admet couramment un écart de •}5
% par rapport à la valeur nominale. En fait, on ne peut empêcher de tels écarts, qui
proviennent des chutes de tension créées par le passage du courant dans les
impédances du réseau.
Il convient toutefois de maintenir la tension dans des limites acceptables:
elle ne doit pas être trop élevée sous peine d’endommager les isolants, les
appareils sensibles, etc. . .
elle ne peut pas être trop basse, sous peine de perturber, voire interrompre le
fonctionnement de certains composants : mise hors service des charges se protégeant
contre les sous-tensions, blocage de l’électronique de puissance dans les redresseurs et
onduleurs, décrochage des moteurs asynchrones, etc. . .
Les deux maniéres les plus usuelles d’ajuster les tensions d’un réseau sont :
produire ou consommer de la puissance réactive en ses nœuds
ajuster le nombre de spires des transformateurs qui permettent de passer d’un
niveau de tension à un autre (dans certains cas, des transformateurs dédiés au réglage
de la tension).
Le moyen le plus économique de corriger une chute de tension en un jeu de barres est d’y
connecter des bancs de condensateurs shunt, afin d’y produire de la puissance réactive. De
même, les augmentations de tension peuvent être corrigées en connectant des selfs shunt1,
afin d’y consommer de la puissance réactive. Le principe de ce contrôle est illustré à la figure
10.1. On suppose que, sous l’effet d’une perturbation, la caractéristique QV du réseau passe
de la droite 1 à la droite 2. En l’absence de compensation shunt au jeu de barres considéré, le
83
point de fonctionnement passe de A en B sous l’effet de la perturbation. La caractéristique
QV de la compensation shunt est simplement:
Q=BV2
avec B > 0 pour un condensateur et B < 0 pour une self, soit une parabole dans le plan (V,Q).
Aprés connexion du condensateur, le nouveau point de fonctionnement est C. La figure 10.1
montre la correction (partielle) de la tension ainsi obtenue. La même figure montre la
correction, au moyen d’une inductance shunt, d’une augmentation de tension due au passage
de la caractéristique 1 à la caractéristique 3.
Ces enclenchements peuvent etre commandés manuellement ou automatiquement. Dans le
premier cas, il est souvent réalisé, depuis un centre de conduite, par un opérateur disposant
d’une télémesure de la tension. Dans le second cas, un dispositif situé dans le poste enclenche
le condensateur automatiquement lorsque la tension passe sous un seuil bas et y reste pendant
un délai spécifié et le déclenche lorsque la tension dépasse un seuil haut pendant un temps
donné.
Evidemment, on ne peut pas parler de “régulation” mais plut ôt de réglage “par tout ou rien”
ou “par paliers” si plusieurs capacités (ou selfs) shunt sont disponibles en paralléle. Par
ailleurs, l’élément shunt étant mis en/hors service par fermeture/ouverture de son disjoncteur,
des manoeuvres répétées et/ou rapides ne sont pas possibles. A la section 10.4, nous nous
intéresserons à un dispositif électronique permettant de faire varier continˆument et
rapidement la valeur de la susceptance shunt.
84
Figure 10.2: schéma de principe du systéme d’excitation d’une machine synchrone
La tension V au jeu de barres MT du générateur est mesurée au moyen d’un transformateur de
potentiel, puis redressée et filtrée pour donner un signal continu Vc, proportionnel à la valeur
efficace de la tension alternative.
Le régulateur de tension compare le signal Vc à la consigne de tension Vo, amplifie la
différence et met le résultat sous la forme adéquate pour la commande de l’excitatrice ([Link].
impulsions pour l’allumage de thyristors, etc. . . ). Le principe général de cette régulation est
d’augmenter la tension d’excitation vf du générateur lorsque la tension terminale V diminue
ou lorsque la consigne Vo augmente, et inversement.
Le régulateur est souvent doté de boucles de compensation internes2 destinées à procurer une
réponse dynamique satisfaisante à l’ensemble régulateur-excitatrice-générateur. Le réglage de
cette compensation se fait généralement en relevant l’évolution de la tension V en réponse à
un échelon de consigne Vo, le générateur fonctionnant à vide. Au départ de cette réponse
indicielle, on ajuste le temps de réponse, le taux de dépassement, l’erreur statique, etc. . . du
systéme.
Trés souvent, le régulateur est aussi doté d’un “stabilisateur”, circuit dont le rôle est d’ajouter
au signal d’erreur Vo − Vc une composante transitoire ∆Vs améliorant la dynamique de la
machine en fonctionnement sur le réseau. Nulle en régime établi, cette composante ∆Vs
améliore l’amortissement des oscillations du rotor suite à une perturbation. ∆Vs est élaborée
au départ de mesures de la vitesse rotorique, de la fréquence, de puissance active, etc. . .
passées au travers de fonctions de transfert appropriées.
L’excitatrice est une machine auxiliaire qui procure le niveau de puissance requis par
l’enroulement d’excitation du générateur. En régime établi, cette machine fournit une tension
85
et un courant continus mais elle doit également être capable de faire varier rapidement la
tension d’excitation vf en réponse à une perturbation survenant sur le réseau.
Une excitatrice peut se présenter sous forme:
d’une machine tournante placée sur le meme axe que la turbine et le générateur.
Cette machine tire donc la puissance d’excitation vf if de la puissance fournie par la
turbine. Dans les systémes anciens, il s’agissait d’une machine à courant continu; dans
les systémes modernes, il s’agit d’une machine à courant alternatif (en fait, une
machine synchrone du type décrit dans ce chapitre, mais de puissance beaucoup plus
faible que le générateur qu’elle alimente) dont la sortie est redressée;
d’un systéme “statique” dans lequel la puissance d’excitation vf est fournie par un
transformateur alimenté lui-même par le réseau et dont la sortie est également
redressée.
10.3. Compensateurs synchrones
Un compensateur synchrone est une machine synchrone équipée d’un régulateur de tension et
utilisée seulement pour réguler la tension en un point d’un réseau. Une tellemachine est
capable de produire ou d’absorber de la puissance réactive, selon nécessité. Par contre, elle
n’est pas équipée de turbine et ne fournit pas de puissance active. Elle fonctionne en fait
comme un moteur synchrone qui n’entraˆıne aucune charge mécanique. Elle consomme donc
une faible puissance active correspondant aux pertes Joule statoriques et aux frottements
mécaniques.
Le diagramme de phaseur de la figure 11.5 se simplifie et devient celui de la figure 10.9, qui
montre séparément les fonctionnements en sur-excitation et sous-excitation.
Le premier type de compensateur statique est le Thyristor Switched Capacitor (TSC) dont le
schéma de principe est donné à la figure 10.11.
Le TSC est constitué d’un certain nombre de condensateurs shunt en paralléle, chacun doté
d’un interrupteur bidirectionnel à thyristors. Lorsque la tension au jeu de barres HT diminue
87
(resp. augmente), le nombre de condensateurs mis en service augmente (resp. diminue). La
variation est donc typiquement par paliers. La logique de contrôle comporte une bande morte
dans laquelle il n’y a pas de réaction du dispositif.
Le processus de commutation d’un TSC est illustré à la figure 10.12. En t = 0, le thyristor B
est en train de conduire. Le courant ic qui traverse le condensateur est en avance de 90o sur la
tension vc à ses bornes, qui est aussi la tension v du réseau (cf fig. 10.11). A l’instant t1, le
courant s’annulle et le thyristor B se bloque. Dans les instants qui suivent immédiatement t1,
le condensateur reste chargé à la tension de crête Vmax, tandis que la tension v du réseau
diminue. La tension vA aux bornes du thyristor A (cf fig. 10.11) valant vc−v > 0, ce dernier
est polarisé dans le bon sens pour la conduction. L’envoi d’un signal sur sa gachette le fait
conduire. Il importe de ne pas attendre pour envoyer ce signal, car la différence de tension aux
bornes du thyristor est en train d’augmenter et sa commutation créerait alors un courant
transitoire important. En pratique, on ne peut empêcher complétement ce dernier; c’est la
raison pour laquelle on place en série avec le condensateur une faible inductance, qui n’est
pas représentée à la figure 10.11.
88
Figure 10.12: commutation dans un TSC
89