Rappels sur les Espaces de Probabilité
Rappels sur les Espaces de Probabilité
Master1
Ecole Nationale Supérieure des Postes, des
Télécommunications et des TIC
Siméon FOTSO
Département de Mathématiques
Ecole Normale Supérieure
Université de Yaoundé 1
e-mail : simeonfotso@[Link]
1 Espaces probabilisables 3
1.1 Expérience aléatoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2 Espaces probabilisables . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1.2.1 Tribu (ou -algèbre) de parties d’un ensemble . . . . . . . . . . . . 3
1.2.2 Espace probabilisable . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2.3 Espace probabilisable associé à une expérience aléatoire . . . . . . . 4
1.2.4 Composition des évènements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
2 Espaces probabilisés 5
2.1 Trois façons de dé…nir une probabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.1.1 Equiprobabilité sur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.1.2 Approche fréquentiste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
2.1.3 Approche subjective . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.2 Probabilité, espace probabilisé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.2.1 Dé…nition et exemple . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
2.2.2 Propriétés immédiates d’une probabilité . . . . . . . . . . . . . . 7
2.2.3 Autres propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
2.3 Probabilités conditionnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3 Indépendance 10
3.1 Généralités sur l’indépendance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
3.1.1 Indépendance de deux évènements . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
3.1.2 Indépendance de deux familles d’évènements . . . . . . . . . . . . . 11
3.2 Indépendance mutuelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
3.3 Théorème de Bayes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1
4.3.3 Espérance mathématique, variance et écart-type de X: . . . . . . . 19
4.3.4 Moments d’une variable aléatoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
4.4 Indépendance de deux v.a.r . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
5 Lois de probabilité 21
5.1 Loi de Bernoulli B(1; p); 0 p 1: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
5.2 Loi binomiale B(n; p); 0 p 1: . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
5.3 Loi de Poisson P( ); 2 R+ : . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
5.4 Loi multinômiale M(n; p1 ; p2 ; :::; pk ): . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
5.5 Loi géometrique G(p): . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
5.6 Loi continue uniforme sur [a; b]; U[a;b] . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
5.7 Loi normale ou loi de Laplace-Gauss N ( ; ): . . . . . . . . . . . . . . . . 24
5.7.1 Loi normale centrée reduite N (0; 1): . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
5.7.2 Cas de N ( ; ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
5.7.3 Quelques approximations par la loi normale . . . . . . . . . . . . . 27
5.8 La loi lognormale LN ( ; ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
5.9 Loi exponentielle; E( ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
5.10 Loi gamma (r; ) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
5.11 Loi du Chi-deux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 30
2
Chapitre 1
Espaces probabilisables
3
1.2.2 Espace probabilisable
Dé…nition 1.2 On appelle espace probabilisable, tout couple ( ; A) où est un ensemble
non vide et A une tribu de parties de :
4
Chapitre 2
Espaces probabilisés
5
probabilité de A est dé…nie par
nA
P (A) = lim :
n!+1 n
Si P est une probabilité sur ( ; A); le triplet ( ; A;P ) est appelé espace probabilisé.
Remarque 2.2 La propriété (i) ci-dessus est appelée -additivité de P:
6
2.2.2 Propriétés immédiates d’une probabilité
Théorème 2.1 Soit ( ; A;P ) un espace probabilisé, A et B deux évènements.
(i) P (A) = 1 P (A):
(ii) P (;) = 0:
(iii) A B ) P (A) P (B) et P (B A) = P (B) P (A):
(iv) 0 P (A) 1:
(v) P (A [ B) = P (A) + P (B) P (A \ B) (c’est le théorème des probabilités totales).
n X
n
P [ Ai = P (Ai ):
i=1
i=1
Preuve 2.1 (i) Cette propriété a déjà été utilisée dans les preuves du théorème précédent ;
montrons la maintenant. On dé…nit la suite (Bi )i 1 par Bi = Ai si i n et Bi = ; si
n n
i > n: Les Bi sont 2 à 2 disjoints et on a [ Bi = [ Bi = [ Ai : La additivité implique
i 1 i=1 i=1
n X
+1 X
n
P [ Ai = P [ Bi = P (Bi ) = P (Ai )
i=1 i 1
i=1 i=1
car P (;) = 0:
(ii) Par recurrence sur n:
X
+1
lim P (An ) = P (Bn ) = P [ Bn =P [ An :
n!+1 n 1 n 1
n=1
7
car [ An = [ Bn :
n 1 n 1
Dans le cas d’une suite décroissante, on se ramène au cas précédent par passage au com-
plémentaire :
lim P (An ) = 1 lim P (An )
n!+1 n!+1
= 1 P [ An
n 1
= 1 1 P \ An
n 1
= P \ An :
n 1
Théorème 2.4 (Sous additivité dénombrable) Soit ( ; A;P ) un espace probabilisé, (An )n 1 une
X
+1
suite d’évènements de A: Alors ou bien la série P (An ) diverge ; ou bien elle converge
n=1
+1 X
+1
et dans ce cas P [ An P (An ):
n=1
n=1
AA = fB \ A; B 2 Ag :
Proposition 2.1 AA est une tribu des parties de A; de sorte que (A; AA ) est un espace
probabilisable.
Soit P une probabilité sur ( ; A) telle que P (A) 6= 0: A l’aide de P; nous allons dé…nir
une probabilité sur (A; AA ): Considérons l’application
P0 : AA ! [0; 1]
P (B\A) :
B\A 7 ! P (A)
Proposition 2.2 P 0 est une probabilité sur (A; AA ); donc (A; AA ; P 0 ) est un espace pro-
babilisé.
Proposition 2.3 Soit ( ; A;P ) un espace probabilisé. Soit A 2 A tel que P (A) 6= 0: On
dé…nit
P ( =A) A ! [0; 1]
B 7 ! P P(A\B)(A)
P ( =A) est une probabilité sur ( ; A): Donc ( ; A;P ( =A)) est un espace probabilisé.
8
Théorème 2.5 (des probabilités composées) Soit ( ; A;P ) un espace probabilisé. Soit A 2
A tel que P (A) 6= 0: Alors 8B 2 A; P (A \ B) = P (A):P (B=A):
P (A1 \ A2 \ ::: \ An ) = P (A1 )P (A2 =A1 )P (A3 =A1 \ A2 ):::P (An =A1 \ A2 \ ::: \ An 1 )
9
Chapitre 3
Indépendance
Remarque 3.1 On a ainsi sur l’espace probabilisable ( ; A); deux évènements qui sont
tantôt indépendants, tantôt dépendants, selon la probabilité de ( ; A):
Théorème 3.2 Soit ( ; A;P ) un espace probabilisé. Pour tout évènement A de A; A est
indépendant de A ssi P (A) = 0 ou P (A) = 1:
10
Preuve 3.1 (i) On a = B [ B; donc A = A \ = A \ (B [ B) = (A \ B) [ (A \ B):
Il vient
P (A) = P (A \ B) + P (A \ B)
= P (A)P (B) + P (A \ B) (car A et B sont indépendants)
On en déduit
Remarque 3.3 On peut choisir F1 et F2 comme deux sous tribus de A; et donc parler
de l’indépendance de deux sous tribus de A:
Preuve 3.2 Soient Aj1 ; Aj2 ; :::; Ajp p des n sous tribus mutuellement indépendantes et
soient Aj1 ; Aj2 ; :::; Ajp quelconques choisis dans ces p sous tribus. Si Ai n’est pas une des
p sous tribus retenues, on choisit dans Ai Ai = : On a donc
n
P \ Ai = P (A1 )P (A2 ):::P (An )
i=1
11
Dé…nition 3.4 Soit ( ; A;P ) un espace probabilisé, A1 ; A2 ; :::; An n évènements de A: On
dit que ces n évènements sont mutuellement indépendants si les sous tribus ;; Ai ; Ai ; ;i =
1; 2; :::; n; qu’ils engendrent respectivement, sont mutuellement indépendantes.
Preuve 3.3 Soient Ai1 ; Ai2 ; :::; Aip p des n évènements mutuellement indépendants. Les
sous tribus Aik = ;; Aik ; Aik ; k = 1; 2; :::; p; engendrées respectivement par ces p
évènements sont p sous tribus choisies parmi les n sous tribus mutuellement indépendantes
Ai = ;; Ai ; Ai ; i = 1; 2; :::; n: Le résultat s’en suit en appliquant le théorème précédent.
Remarque 3.6 La réciproque du résultat précédent est fausse. En d’autres termes, l’in-
dépendance deux à deux de n évènements n’entraine pas l’indépendance mutuelle de ces
évènements.
Interprétation de l’indépendance
En général, pour 2 évènements A et B, on a P (B=A) 6= P (B); ceci a une signi…cation
intuitive évidente : la réalisation ou la non réalisation de A in‡ue sur les chances de
réalisation de B. Autrement dit, "B dépend de A d’une certaine manière". Dans le cas où
A et B sont indépendants, on a P (A \ B) = P (A):P (B) = P (A):P (B=A) d’où l’on tire
P (B) = P (B=A) si P (A) 6= 0: Par symétrie, si P (B) 6= 0 on a aussi P (A) = P (A=B): Donc
A et B sont indépendants ssi la réalisation (ou la non réalisation) de l’un, n’a aucune
in‡uence sur la réalisation (ou la non réalisation) de l’autre.
Théorème 3.7 (de Bayes) Soit ( ; A;P ) un espace probabilisé et B1 ; B2 ; :::; Bn un sys-
tème complet d’évènements tel que P (Bi ) 6= 0 8i = 1; :::; n: Pour tout évènement A de
probabilité non nulle, on a : 8i = 1; :::; n
P (Bi ):P (A=Bi )
P (Bi =A) = P
n :
P (Bk ):P (A=Bk )
k=1
12
P (Bi ) est appelé probabilité a priori de Bi et P (Bi =A) est appelé probabilité a poste-
riori de Bi :
Preuve 3.4 On a
Exemple 3.3 Dans une usine, le montage de 30% des appareils est e¤ectué par un spé-
cialiste hautement quali…é et celui de 70% par un spécialiste de quali…cation moyenne. La
…abilité de fonctionnement de l’appareil est de 0.9 au cas où le montage a été e¤ectué par
un spécialiste hautement quali…é, et de 0.8 si le montage a été e¤ectué par un spécialiste
de quali…cation moyenne. Un appareil choisi au hasard s’est avéré d’un fonctionnement
…able. Calculons la probabilité que son montage ait été e¤ectué par un spécialiste haute-
ment quali…é.
Exemple 3.4 Sur 1000 PME, 50 font faillite dans une année. Sur 1000 grandes entre-
prises, 3 font faillite dans une année. Une entreprise fait faillite, déterminer la probabilité
que ce soit une PME. Il y a 90% de PME dans l’ensemble des entreprises.
13
Chapitre 4
4.1 Généralités
4.1.1 Dé…nition
Soit ( ; A; P ) un espace probabilisé, ( 0 ; B) un espace probabilisable tel que 0
R; X : ! 0 une application.
1
Dé…nition 4.1 X est une variable aléatoire réelle (v.a.r) si 8B 2 B; X (B) 2 A:
Donc X est une v.a.r si l’image réciproque d’un évènement est un évènement.
Remarque 4.1 Pour une application dé…nie sur et à valeurs dans 0 ; le fait d’être
0
une v.a.r dépend des tribus A et B sur et respectivement. Ainsi en changeant les
tribus A et B, l’application peut tantôt être une v.a.r, tantôt cesser de l’être. La propriété
d’être une v.a.r n’est donc pas une propriété intrinsèque (c’est à dire liée à la dé…nition)
de l’application comme la propriété de continuité dans R par exemple.
Remarque 4.2 Cependant on ne véri…era jamais que nos "v.a.r" satisfont la condition
de la dé…nition précédente.
PX : B ! [0; 1]
1
B 7 ! P (X (B)):
1
On peut encore noter PX = P X :
Théorème 4.1 PX est une probabilité sur ( 0 ; B): La probabilité PX est appelée loi de
probabilité ou distribution de probabilité de la v.a.r X: PX est encore appelée probabilité
image de P par X.
14
4.1.3 Fonction de répartition
Dé…nition 4.2 On appelle fonction de répartition de la v.a.r X, la fonction F : R !
[0; 1] dé…nie par : 8x 2 R; F (x) = P (X x) = PX (] 1; x]): C’est la probabilité que
X prenne une valeur x:
p: X( ) ! [0; 1]
x 7 ! px = PX (fxg)):
Notation 4.1 P (X 1 (fxg)) est encore noté P ([X = x]) ; donc X 1 (fxg) = f! 2 ; X(!) = xg est
noté [X = x] : P (X = x) est alors la probabilité que la v.a.r X prenne la valeur x:
Notation 4.2 De façon générale, si X est une v.a.r, on utilise les notations abrégées :
f! 2 ; X(!) ag se note [X a]
f! 2 ; X(!) < ag se note [X < a]
f! 2 ; X(!) ag se note [X a]
f! 2 ; X(!) > ag se note [X > x]
f! 2 ; a X(!) bg se note [a X b]
f! 2 ; a < X(!) bg se note [a < X b]
f! 2 ; a X(!) < bg se note [a X < b]
f! 2 ; a < X(!) < bg se note [a < X < b]
15
Théorème 4.3 Soit X une v.a.r discrète prenant les valeurs (xi )ni=1 avec les probabilités
respectives (pi )ni=1 :
(i) La fonction de répartition de X est dé…nie par
8
< 0 si x 2] 1; x1 [
F (x) = p1 + p2 + ::: + pi 1 si x 2 [xi 1 ; xi [; i = 2; 3; :::; n
:
1 si x xn :
(ii) pi = P (X = xi ) = F (xi ) F (xi 1 ); i = 2; 3; :::; n:
Preuve 4.1 Découle de la dé…nition de F.
la sommation étant faite sur l’ensemble des couples (i; j) tels que zk = xi + yj :
– Le produit XY est la variable aléatoire dé…nie sur par
8! 2 (XY )(!) = X(!)Y (!):
L’ensemble image de T = XY est formée de réels tk tels que tk = xi yj: La
probabilité image (ou loi de probabilité) est alors
X
P (Z = zk ) = pij
(i;j)
la sommation étant faite sur l’ensemble des couples (i; j) tels que tk = xi yj :
– sup(X; Y ) et inf(X; Y ) sont les v.a.r dé…nies par
8! 2 ; sup(X; Y )(!) = sup(X(!); Y (!)) et inf(X; Y )(!) = inf(X(!); Y (!))
Notons qu’en général, on n’a pas sup(X; Y ) = X ou bien sup(X; Y ) = Y (resp.
inf(X; Y ) = X ou bien inf(X; Y ) = Y ): Pour certains ! 2 ; sup(X; Y )(!) =
X(!) et pour les autres sup(X; Y )(!) = Y (!): Il en est de même pour inf(X; Y ):
16
4.2.4 Espérance mathématique de X
Soit X une v.a.r discrète dé…nie de ( ; P( ); P ) à valeurs dans ( 0 ; P( 0 )); de loi de
probabilité PX :
Dé…nition 4.5 On appelle espérance mathématique de X, le nombre réel noté E(X), s’il
existe, dé…ni par X
E(X) = X(!)P (f!g) : (4.1)
!2
Propriétés
– E(X + Y ) = E(X) + E(Y ): L’espérance mathématique de la somme de deux v.a.r
est la somme de leurs espérances mathématiques.
– E( X) = E(X) pour tout réel :
Remarque 4.5 Ainsi E est une forme linéaire sur l’espace vectoriel des v.a.r dé…nies
sur ( ; P( ); P ):
Donc X
E(X) = xk P (X = xk ) : (4.2)
k2I
On retrouve ici la formule classique de calcul de E(X): Dans (4.1) les calculs sont faits à
partir de l’espace de départ ; alors que dans (4.2) ils sont faits dans l’espace d’arrivée.
Intreprétation
Le tableau donnant la loi de probabilité de X peut être considéré comme le tableau
des fréquences d’un caractère statistique qui prend les modalités x1 ; x2 ; :::; xn ; ::: avec les
fréquences respectives P (X = x1 ) ; P (X = x2 ) ; :::; P (X = xn ) ; :::: Dans ces conditions
E(X) est exactement la moyenne du caractère statistique. Ainsi E(X) s’interpréte comme
la valeur moyenne que prend la v.a.r X:
17
4.2.5 Variance et écart-type de X
Dé…nition 4.6 - On appelle variance de X, le nombre réel noté V(X), s’il existe, dé…ni
par X
V (X) = (X(!) E(X))2 P (f!g) :
!2
- L’écart-type de X est p
(X) = V (X):
Comme dans le cas de E(X); avec les mêmes notations, on a la formule équivalente :
X
V (X) = (xk E(X))2 P (X = xk ) :
k2I
Interprétation
V (X) est la moyenne des carrés des écarts à la moyenne E(X); l’écart-type (X)
est la moyenne quadratique des écarts à la moyenne. Il mesure la dispersion de la v.a.r
X autour de sa moyenne E(X):
Remarque 4.6 Si X( ) est …ni, les quantités précédentes existent. Cependant si X( ) est
dénombrable et in…ni, l’existence de ces quantités est liée à la convergence des séries qui
les dé…nissent.
h i
(ii) E (X E(X))k est appelé moment centré d’ordre k de X:
18
4.3.1 Loi de probabilité de X
La loi de probabilité de X est alors dé…nie par l’intermédiaire d’une densité de proba-
bilité. C’est une fonction f : X( ) ! R telle que
(i) fR (x) 0 8x 2 X( ) et
(ii) X( ) f (x)dx = 1:
Dans ce cas, si [a; b] X( );
Z b
P (X 2 [a; b]) = P (a X b) = f (x)dx:
a
Donc
Z b
P (a X b) = P (a X < b) = P (a < X b) = P (a < X < b) = f (x)dx:
a
Remarque 4.7 Si X est une v.a.r continue, la probabilité que X prenne une valeur isolée
x est nulle. Ceci signi…e que 8x 2 X( ); P (X = x) = 0:
Montrons ce dernier résultat
Pour tout " > 0; on a 0 P (X = x) P (x " < X x) = F (x) F (x ") où
F est la fonction de répartition de X: En prenant la limite quand " tend vers 0, on a le
résultat car F est continue (voir ci-dessous).
Propriétés
Soit F la fonction de répartition de X:
(i) F est croissante.
(ii) F est continue.
(iii) lim F (x) = 0 et lim F (x) = 1
x! 1 x!+1
(iv) F 0 (x) = f (x)
Variance de X
Dé…nition 4.10 C’est la quantité notée V (X); si elle existe, dé…nie par
Z
V (X) = (x E(X))2 f (x)dx:
X( )
19
Ecart-type de X
Dé…nition 4.11 C’est (X) dé…ni par
p
(X) = V (X):
Remarque 4.8 E(X); V (X) et (X) ont la même interpêtation et les mêmes propriétés
que pour les variables discrètes.
pour toute fonction h dé…nie sur X( ): En particulier pour les fonctions puissances en-
tières, on a :
Dé…nition 4.13 On dit que les v.a.r X et Y sont indépendantes (relativement à P) si les
deux sous tribus X 1 (B1 ) et Y 1 (B2 ) sont indépendantes.
1 1 1 1
P X (! 1 ) \ Y (! 2 ) = P X (! 1 ))P (Y (! 2 ) = PX (! 1 )PY (! 2 )
ou encore : 8(! 1 ; ! 2 ) 2 1 2;
P (X = ! 1 ; Y = ! 2 ) = P (X = ! 1 )P (Y = ! 2 ):
20
Chapitre 5
Lois de probabilité
Nous présentons ici les principales lois de probabilité que l’on rencontre en pratique.
Rappelons que :
Une loi discrète est connue si on se donne :
- X son ensemble de valeurs possibles et
- P (X = x) la probabilité de l’élément x de X:
Une loi continue est connue si on se donne f (x) sa densité de probabilité ; c’est une
fonction de R vers R+ dont l’intégrale sur R est égale à 1.
Si X est une v.a.r qui suit la loi L, nous noterons X # L.
MX (t) = q + pet
Condition d’application
On considère une expérience aléatoire ayant 2 résultats possibles et 2 seulement : E1
succès et E2 echec par exemple, avec P (E1 ) = p et P (E2 ) = 1 p: Une telle expérience
est appelée expérience de Bernoulli. On dé…nit la v.a.r X par :
1 si succès
X= .
0 si échec.
21
Sa fgm est
MX (t) = (q + pet )n
Condition d’application
On repète n fois une expérience de Bernoulli et les n essais sont supposés indépendants.
Soit X la v.a.r égale au nombre de succès obtenus à l’issue des n essais. La loi de probabilité
de X est une loi B(n; p):
Remarque 5.1 La loi issue d’une expérience de Bernoulli est une loi de Bernoulli. Une
loi de Bernoulli est donc une loi B(1; p): On en déduit qu’une v.a de loi B(n; p) est la
somme de n v.a de Bernoulli indépendantes de loi B(1; p): En e¤et dé…nissons la v.a.r
1 si succès au ieme essai
Xi =
0 si echec.
Alors Xi # B(1; p); de plus X1 ; X2 ; :::; Xn sont des v.a.r indépendantes et on a X =
Pn
Xi :
i=1
22
où Xi est la v.a égale au nombre d’apparitions de l’évènement Ei au cours des n repetitions.
On dit alors que le vecteur aléatoire X = (X1 ; X2 ; :::; Xk ) suit la loi multinômiale
M(n; p1 ; p2 ; :::; pk ): On a :
P
k
X = f(x1 ; x2 ; :::; xk ) : xi = 0; 1; :::; n; i = 1; :::; k avec xi = ng:
i=1
8i = 1; :::; k Xi # B(n; pi ); donc E(Xi ) = npi et V arXi = npi (1 pi ):
Théorème 5.3 Soit (Xn )n2N une suite de v.a telles que Xn # B(n; p): Si n ! +1;
p ! 0 et np ! ; alors Xn converge en loi vers la loi de Poisson P( ).
Théorème 5.4 Soit (Xn )n2N une suite de v.a telles que Xn # B(n; p): Si n ! +1 ( p
reste …xe ) alors Xpnnpqnp converge en loi vers la loi normale centrée reduite N (0; 1):
23
1
Remarque 5.2 Nous noterons encore f (x) = 1 (x)
b a [a;b]
où 1A est la fonction indicatrice
de A, A R; 1A est dé…nie par
1 si x 2 A
1A (x) = :
0 sinon
Fonction de répartition de X
Elle est dé…nie par 8
< 0 si x < a
x a
F (x) = b a
si a x b
:
1 si x > b
Les moments
On peut aisement véri…er que
a+b (b a)2
E(X) = et V (X) = :
2 12
Remarque 5.3 La loi uniforme de réference est la loi U[0;1] : Si X # U[a;b] alors Y =
X a
b a
# U[0;1] et réciproquement si Y # U[0;1] alors X = (b a)Y + a # U[a;b] :
Dé…nition 5.3 Une v.a.r T suit la loi normale centrée reduite si sa densité de probabilité
est
1 t2
f (t) = p exp ; t 2 R:
2 2
La variable est centrée car sa moyenne est nulle et reduite car sa variance est 1.
En dérivant FX et FT on obtient
" #
2
1 1 + t 1 t2
fT (t) = fX ( + t) = p exp = p exp :
2 2 2 2
24
Réciproquement, on montre que si T # N (0; 1) alors X = + T # N ( ; ) et plus
généralement, ceci implique que toute fonction linéaire d’une v.a.r gaussienne est une v.a.r
gaussienne.
Fonction génératrice des moments
Soit u 2 R
Z +1 Z +1 u2 Z +1
uT 1 t2 1 1
u)2 u2 e2 1 2
MT (u) = E(e ) = eut p e 2 dt = p e 2
(t
e dt = p
2 e 2
z
dz
1 2 2 1 2 1
d’où
u2
MT (u) = e 2 :
Calculons E(T ) et V (T ):
u2
MT0 (u) = ue 2 et E(T ) = MT0 (0) = 0:
u2
MT00 (u) = (1 + u2 )e 2 et V (T ) = E(T 2 ) = MT00 (0) = 1
Représentation graphique de f
Ce graphique est appelé la courbe de Gauss, ou courbe en cloche.
Donc pour une loi normale centrée reduite N (0; 1); la quasi totalité des observations
sont rassemblées dans un intervalle de longueur 6 autour de l’origine. Il s’ensuit que pour
N (m; ); la quasi-totalité des observations sont rassemblées dans un intervalle de six
écart-types autour de la moyenne.
Fonction de repartition :
Elle est notée et est dé…nie par
Z t Z t
1 x2
(t) = P (T t) = f (x)dx = p e 2 dx:
1 2 1
Pour tout t; on a
( t) = 1 (t):
Table de (t)
Elle donne la valeur de (t) pour t 0: Comme ( t) = 1 (t); on calcule facilement
(t) quand t < 0:
25
Quelques valeurs particulières
A partir de la table de la fonction de répartition de N (0; 1) (donc celle de ); on peut
obtenir les quantiles d’ordre 0.95, 0.975, 0.99 et 0.995. On a
(1:645) = 0.95
(1:96) = 0.975
(2:326) = 0.99
(2:57) = 0.995
On en deduit que si X # N ( ; ); alors
P( 1:645 X + 1:645 ) = 0:9
P( 1:96 X + 1:96 ) = 0:95
P( 2:326 X + 2:326 ) = 0:98
P( 2:57 X + 2:57 ) = 0:99
5.7.2 Cas de N ( ; )
X
Soit X une v.a.r qui suit la loi N ( ; ): Posons T = ; T suit la loi N (0; 1).
Fonction génératrice des moments
( u)2
MX (u) = E(euX ) = E(eu( + T)
) = e u E(e uT
) = e ue 2
d’où
u+ 12 2 u2
MX (u) = e :
En dérivant cette fonction une première fois et ensuite une deuxième fois, on trouve
successivement E(X) = et V (X) = 2 : Ces 2 moments peuvent être obtenus à partir
de la relation X = + T et en utlisant les valeurs E(T ) = 0 et V (T ) = 1:
Fonction de répartition
Notons FX la fonction de répartition de X: On a
x x
FX (x) = P (X x) = P (T )= :
26
Remarque 5.5 La proposition précedente n’est pas vraie si les v.a.r sont dépendantes.
Ainsi X1 et X2 peuvent avoir des lois marginales gaussiennes, sans pour au tant que toute
combinaison linéaire de celle-ci soit gaussienne, car cela depend de la nature de leur loi
conjointe.
Corollaire 5.1 Soient X1 ; X2 ; :::; Xn n v.a.r indépendantes de loi N ( ; ): Alors X n =
1
P
n
n
Xi suit la loi N ( ; pn ):
i=1
Conditions d’application
- Si une variable X est la résultante d’un très grand nombre de causes indépendantes
se composant de manière additive, chacune de ces causes ayant un e¤et négligeable devant
l’e¤et global, alors X est distribué suivant une loi normale.
- La loi normale peut être obtenue comme limite de autres lois de probabilité. On peut
citer la loi binomiale, la loi de Poisson, la loi de Student, la loi du Chi-deux etc....
- la loi normale est également obtenue comme loi limite de la moyenne d’un gros
échantillon : c’est le théorème central limite.
Proposition 5.3 (Théorème central limite) Soient X1 ; X2 ; :::; Xn n v.a.r indépendantes
et de même loi (on note encore iid) de moyenne et de variance 2 : On pose X n =
P
n
1
n
Xi : Alors X np converge en loi vers N (0; 1):
i=1 n
Dans les formules de calcul 5.1 et 5.2, l’on a ajouté 0.5 à la borne supérieure b et l’on
a retranché 0.5 à la borne inférieure a: Ceci est dû au fait que dans les 2 cas, l’on passe du
discret au continu et pour cela il faut corriger les données pour calculer les probabilités :
c’est la correction de continuité.
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5.8 La loi lognormale LN ( ; )
Dé…nition 5.4 Soit X une v.a.r à valeurs strictement positives. On dit que X suit une
loi lognormale de paramètres et si ln X suit une loi N ( ; ):
Moments
k+ 12 2 k2
E(X k ) = E(ek ln X ) = E(ekY ) = GY (k) = e :
Pour k = 1 puis k = 2; on obtient :
2
E(X) = e + 2
2
E(X 2 ) = e2 +2
d’où
2 2
V (X) = e2 +
(e 1):
Conditions d’application
1. Par analogie à la loi normale, si X est la resultante d’un très grand nombre de causes
indépendantes, à e¤ets positifs, se composant de manière multiplicative, chacune de
ces causes ayant un e¤et négligeable devant l’e¤et global, alors X est distribuée
suivant la loi lognormale.
2. La loi lognormale est souvent un bon modèle pour les v.a.r strictement positives
ayant une distribution asymétrique avec allongement vers les valeurs elevées. En
particulier on rencontre ce type de variable dans les domaines biologique (poids des
personnes par exemple), économique (distribution de salaires, de revenus, de chi¤res
d’a¤aire), physique (les caractéristiques d’un matériel : résistance, conductiblité,
dureté,...) et télécommunication (durée d’un appel téléphonique).
e x si x 0
f (x) = :
0 si x < 0
x
ou encore f (x) = e :1R+ (x):
Fonction de répartition
Elle est dé…nie par
x
1 e si x 0
F (x) = :
0 si x < 0
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Fonction génératrice des moments
Z +1 Z +1
tX
MX (t) = E(e ) = etx e x
dx = e(t )x
dx
0 0
Moments
On a
2
MX0 (t) = et MX00 (t) = :
( t)2 ( t)3
On en deduit
1 2
E(X) = MX0 (0) = ; E(X 2 ) = MX00 (0) = 2
donc
2 1 1
V (X) = E(X 2 ) (E(X))2 = 2 2 = 2:
Condition d’application
I Un processus de Poisson compte le nombre d’occurrences d’un évènement dans
l’intervalle ]0; t]; la loi de Poisson est le nombre d’occurrences dans une unité de temps.
La loi exponentielle est celle du temps X s’écoulant entre 2 occurences successives lors
d’un tel precssus.
Le paramètre de E( ) est le nombre moyen d’occurrences par unité de temps, 1 est
donc la durée moyenne entre 2 occurrences successives. On reparamétrise souvent E( ) en
posant = 1 ; d’où
1 x
f (x) = e ; x 0
Généralisation
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On généralise la loi (r; ) à une valeur de r non entière mais strictement positive, en
remplaçant dans la densité, l’expression (r 1)! par la fonction gamma d’Euler dé…nie
par Z +1
8r > 0; (r) = xr 1 e x dx:
0
Ainsi cette loi de probabilité doit son nom à cette fonction.
(r + k)
E(T k ) = k
:
(r)
Propriétés
1 p de (r)
- 2
= p
3
- 2
= 2
- 8r > 0; (r + 1) = r (r)
- Si r 2 N ; (r) = (r 1)!
- (r) ' 1r si r ! 0:
Conditions d’application de (r; ); r 2 N
(r; ) modélise en particulier le temps séparant une occurrence de la rieme suivante
dans un processus de Poisson. Elle joue un rôle similaire à celui de la loi binomiale néga-
tive3 dans le processus de Bernouilli.
Dé…nition 5.9 Soient X1 ; X2 ; :::; Xn n v.a indépendantes suivant toutes la loi N (0; 1):
Pn
Alors Y = Xi2 suit une loi du Chi deux à n dégrés de liberté. Elle est notée X 2 (n):
i=1
3
Cette loi compte le nombre de répétitions d’une expérience de Berboulli jusqu’au reme succès.
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