République Algérienne Démocratique et Populaire
Faculté de Médecine
Département de Médecine Dentaire
Centre Hospitalo-Universitaire d'Oran
Service de Parodontologie
LE CEMENT
Année universitaire : 2023-2024
Le cément
SOMMAIRE
I. Introduction
II. Définition
III. Historique
IV. Cémentogénèse :
A- Formation du cément primaire
B- Formation du cément secondaire
V. Topographie :
A- Épaisseur
B- Rapport Email / Cément
C- Rapport cément / dentine
VI. Caractères physiques :
A- Couleur
B- Dureté
C- Absorption des rayons x
D- Densité
E- Perméabilité
VII. Composition du cément :
A- Matrice extra-cellulaire :
a.1- Fraction organique
a.2- Fraction minérale
B- Les cellules :
b.1- Les cémentoblastes
b.2- Les cémentocytes
b.3- Les cémentoclastes
Le cément
VIII. Structure histologique du cément :
A- Cément primaire acellulaire :
a.1- Cément primaire avec fibres intrinsèques
a.2- Cément primaire avec fibres extrinsèques
B- Cément secondaire cellulaire :
b.1- Cément secondaire à fibres intrinsèques
b.2- Cément secondaire à fibres mixtes
C- Autres variétés de cément :
c.1- Le cément intermédiaire
c.2- Cément acellulaire afibrillaire
c.3- Cément stratifié mixte
IX. Vascularisation et innervation :
X. Physiologie du cément :
A- Fonction de fixation (ancrage)
B- Fonction d’Apposition
C- Fonction de résorption
D- Fonction de réparation
E- Fonction de perméabilité
F- Fonction de protection
XI. Pathologie du cément :
A. Les perles d’émail
B. Enamélomes
C. Hypercémentose
D. Cémenticules
E. Carie du cément
F. Cément et pathologie parodontale
G. Cémentomes
H. Hypo et aplasie du cément
I. Ankylose
J. Nécrose cémentaire
Le cément
K. Lésions cémentaires :
a- Fracture radiculaire
b- Déchirement
XII. Considérations cliniques
XIII. Conclusion
XIV. Bibliographie
Le cément
I. Introduction :
On appelle le parodonte
l’ensemble des tissus minéralisés ou
non qui assure la fixation et l’ancrage
de la dent dans les maxillaires. Il
comprend la gencive, l’os alvéolaire;
le desmodonte et le cément qui
tapisse la racine dentaire et qui, à
première vue, semble faire partie
intégrante de l’organe dentaire mais
pour des raisons embryologiques
(cellules conjonctives du follicule
dentaire) et d’ordre
physiopathologique, il est inclus
dans l’appareil de soutien de la dent.
- L’organe dentaire -
II. Définition :
Le cément représente le tissu parodontal minéralisé d’épaisseur variable
recouvrant les racines anatomiques des dents.
Il débute au niveau de la portion cervicale de la dent, à la jonction corono-
radiculaire, et se prolonge jusqu'à l’apex. Il pénètre parfois légèrement dans le
canal radiculaire, recouvrant la face pulpaire de la dentine au niveau apical.
Il constitue l’un des moyens d’ancrage des fibres desmodontales, et on peut le
définir comme un tissu conjonctif dur, spécialisé, dépourvu toutefois de
vascularisation et d’innervation.
III. Historique :
En 1767, «TENON» fit le premier à décrire et parla de : corticale osseuse.
En 1835, «FRANKEL » a fait une description détaillée du cément, et ce
n’est qu’en 1899, que «CHAPUT » ait fait son étude morphologique.
«KHONFELD » en 1927 et «GOTTLIEB » en 1933, ont étudié la
physiologie de ce tissu.
En 1955 «ROCKERT TORREL», grâce à ses études
microradiographiques permettant d’étudier son contenu minéral.
Les études récentes de microscopie électronique ont permis mieux de saisir
les données structurales et fonctionnelles du cément.
Le cément
IV. La cémentogénèse :
A- Formation du cément primaire acellulaire : Schéma A :
Quand la dentine radiculaire commence à se former, sous l’influence
organisatrice de la gaine d’Hertwig, elle reste séparée par Celle-ci du conjonctif
environnant. La dislocation du feuillet épithélial amène le contact de la dentine et
du conjonctif péri-dentaire, avec pour conséquence la formation du cément, à la
suite de la réception des messages organisateurs parvenant des dentinoblastes.
a.1- PREMIERE ETAPE : (stade de la Cyto-différenciation) : Schéma B :
Avant la formation du cément, les fibroblastes matrice du
issus de l’ectomésenchyme au contact de la premier cément
surface radiculaire se différencient en formé.
cémentoblastes, au cytoplasme riche en
organelles.
Ces cémentoblastes migrent en direction
apicale, à partir de la zone de fragmentation
de la gaine d’HERTWIG, s’insinuant entre la
dentine nouvellement formée et la gaine
intacte. Les fibres du conjonctif en contact
avec la dentine radiculaire contribuent à la
- La cémentogénèse -
a. 2 - Deuxième étape : (stade sécrétoire) : Schéma C :
Formation de tissu cémentoide non calcifié à base de collagène et de protéo-
glycanes.
a.3 - Troisième étape : transformation du tissu cémentoide en cément
calcifié : Schéma D :
La minéralisation parait contemporaine du dépôt massif de substance
fondamentale. Les cristaux minéraux, d’une longueur de 40 à 100 nm se
déposent dans, sur et entre les fibrilles de collagène, en fonction de la
périodicité des molécules protéiniques. Les premiers cristaux se forment à
l’interface dentine-cément, croissant à partir des cristaux de la dentine.
Au cours de l’élaboration du tissu cémentoide, les cémentoblastes
incorporent à la trame collagénique du néo-cément, les fibres collagènes
fabriquées par les fibroblastes du conjonctif; dans le même temps les
protéo-glycanes subissent des transformations et se polymérisent en se
recombinant avec l’hydroxyapatite pour former le cément primaire.
Le cément
B - Formation du cément secondaire cellulaire :
Le cément secondaire apparait tardivement, au moment ou la dent devient
fonctionnelle et subit dès lors des pressions d’occlusion. Moins minéralisé et plus
rapidement formé que le cément acellulaire, il se dépose sur le tiers apical de la
racine.
Les cémentoblastes sont d’abord étalés sur la matrice organique formée de
protéines non collagènes et de fibrilles collagènes alignées parallèlement à la
surface de la racine. Puis ils secrètent des vésicules matricielles qui vont
permettre la minéralisation. En même temps que les premiers cristaux d’apatite
apparaissent dans les vésicules, les cellules sont peu à peu emprisonnées dans des
lacunes au sein de leur sécrétion. Puis leur activité fonctionnelle décroit et elles
se transforment en cémentocytes.
Au fur et à mesure que s’organise le ligament parodontal, le cément cellulaire
continue à se déposer autour des fibres de Sharpey qu’il englobe et minéralise
partiellement.
V. Topographie :
Il tapisse toute la racine dentaire :
A- Épaisseur :
Elle est variable selon :
a- Région radiculaire :
Son épaisseur est maximale à l’apex (150 à 200μm), il s’amincit dans la
région du collet (20 à 50μm) ou il se termine en biseau.
b- Age:
Ces valeurs peuvent tripler au cours du vieillissement.
B- Rapport email / cément :
On décrit classiquement 03 types de disposition anatomique à la jonction
émail / cément.
a- Sur 30% des dents examinées, le cément est
en bout à bout avec l’email.
Le cément
b- Sur 60% des dents examinées, le cément recouvre l’émail
sur une courte distance; ce profil trouve son origine
dans la dégénérescence de l’épithélium adamantin à son
extrémité cervicale, ce qui favorise le contact entre
le mésenchyme folliculaire et la surface de l’émail.
c- Les 10% restants correspondent à l’absence de contact
entre l’email et le cément sur une certaine distance
(par suite de la persistance du contact entre la gaine de
Hertwig et la dentine).
Cette conformation expliquerait certaines
hyperesthésies dans la région voisine du collet
anatomique.
REMARQUE :
L’email ne recouvre jamais le cément; puisque ce dernier ne commence à se
former que lorsque la formation de l’email est terminée.
C- Rapport Cément / Dentine :
La jonction Cément / Dentine apparaît comme une ligne mince qui correspond
à la couche granuleuse de Tomes; constituée par une étroite zone de petits
espaces interglobulaires et une couche hyaline (de Hopewell Smith, structure
amorphe hautement minéralisée de 10 μm d’épaisseur).
Le cément
VI. Caractères physiques :
A- La Couleur:
Sa couleur est jaunâtre et il se distingue aisément de l’émail par son
absence de brillance et son aspect plus opaque.
B- La Dureté:
Le cément est le 3ème tissu calcifié après l’email et la dentine. Il est le
moins résistant à l’abrasion (son abrasion est 35 fois plus grande que celle de
l’émail et 25 fois plus grande que celle de la dentine).
C- Son absorption:
Aux rayons (x), elle est (2 à 6 fois) plus faible que celle de la dentine.
D- Densité :
Elle est plus faible que celle de l’émail et de la dentine, elle varie entre
2,01 et 2,05.
E- Perméabilité : Le cément est perméable, elle diminue avec l'âge.
Le cément
VII. Composition du Cément :
Le cément mature est le moins minéralisé des 03 tissus durs de la dent. Il
est constitué d’une matrice extra-cellulaire et des cellules.
A- Matrice extra-cellulaire :
Les composés minéraux représentent environs 65% du poids humide, les
substances organiques environs 23% et 12% d’eau.
a.1- Fraction organique :
Essentiellement composée de collagène type I (90% du total des protéines
de la matrice cémentaire) associée à des complexes glyco-proteiniques et des
muccopolysaccharides. La fraction collagénique est constituée de 02 fibres :
* Fibres intrinsèques : synthétisées et secrétées par les cémentoblastes.
* Fibres extrinsèques : fabriquées par les fibroblastes du desmodonte et
traversent le cément perpendiculairement en grand axe de la racine sous forme de
fibres de Sharpey.
a.2- Fraction minérale :
Les matières minérales sont essentiellement des phosphates calciques, du
type hydroxyapatite.
B- Les cellules :
b.1- Les cémentoblastes :
Les cémentoblastes sont responsables de la synthèse et de la sécrétion des
constituants intrinsèques de la matrice. Ils produisent le collagène de type I et
toutes les autres molécules organiques. Ils ont une forme ovale et longent la
surface cémentaire comme les ostéoblastes dans l’os. Leur cytoplasme est riche
en réticulum endoplasmique, appareil de Golgi, vésicules sécrétoires typiques de
cellules à fort pouvoir de sécrétion.
b.2- Les cémentocytes :
Les cémentocytes proviennent de cémentoblastes qui ont été emprisonnés
dans la matrice calcifiée du cément à l’intérieur des lacunes. Ils possèdent de
nombreux prolongements cellulaires orientés vers le desmodonte.
Le cément
b.3- Les cémentoclastes :
Les cémentoclastes sont des cellules géantes, multi nuclées pourvues d’une
bordure cytoplasmique en brosse et de nombreux lysosomes à activité
phosphatases acides élevée et qui, comme les ostéoclastes, possèdent la capacité
de détruire et résorber les matrices minéralisées. Ils créent dans le cément des
lacunes isolées ou confluentes (les cémentoplastes).
VIII. Structure Histologique du Cément :
Classiquement, on distingue 02 types de
cément:
A- Le cément acellulaire primaire :
Fournit l’attache dentaire du ligament.
B- Le cément cellulaire secondaire :
Sujet à des remodelages permanents
(édification et destruction), s’adapte aux
mouvements dentaires physiologiques.
En fait, une classification plus récente tient compte de l’origine des fibres de
collagène de la matrice :
A- Cément primaire acellulaire :
a-1 Cément acellulaire avec fibres intrinsèques :
Ce cément initial est sécrété par les cémentoblastes qui synthétisent la
substance fondamentale et les fibres collagènes.
Il se dépose à partir du collet jusqu’au tiers supérieur de la racine avant que le
ligament alvéolo-dentaire se différencie. C’est seulement après dépôt d’une
couche de (15 à 20μm) de ce cément que s’établissent les connexions entre fibres
du ligament alvéolo-dentaire et frange fibreuse du cément.
Le cément
a-2- Cément acellulaire avec fibres extrinsèques CAFE :
Après formation des faisceaux du ligament et connexion avec la frange
fibreuse du cément initial, se forme le Cément à fibres extrinsèques. IL s’étend
du collet de la dent jusqu’aux 02 tiers coronaux de la racine.
Il est souvent le seul cément au niveau des dents à racine unique et s’étend alors
jusqu’au foramen apical. Son épaisseur s’accroît du collet (50μm) à l’apex
(200μm).
- En microscopie optique :
Il apparaît amorphe avec 02 types de striations
peu marquées:
L’un consiste en lignes parallèles à la surface
radiculaire qui représentent les dépôts cémentaires
successifs,
l’autre, perpendiculaire à la surface radiculaire,
suit le trajet des fibres collagènes minéralisées du
ligament (fibres de Sharpey). Ces fibres sont
insérées dans la matrice et irrégulièrement
minéralisées (minéralisation de la périphérie des
fibres).
- En microscopie
électronique à
transmission :
Le cément
Les fibres collagènes pénètrent dans le cément et
y sont entièrement minéralisées.
Les radiographies à rayons mous montrent que la
couche la plus interne du cément acellulaire est
moins minéralisée que les couches externes.
Ces dernières se caractérisent par l’alternance de
bandes plus ou moins minéralisées parallèles à la
surface de la dent.
B- Cément secondaire cellulaire:
b.1- Cément secondaire cellulaire à fibres intrinsèques :
Il diffère du cément primaire par plusieurs caractères:
Sa sécrétion commence bien avant l’organisation du ligament alvéolo-dentaire,
sous forme d’une matrice et de fibres collagènes. La minéralisation de cette
matrice n’est pas instantanée: comme dans le tissu osseux et la dentine, Il existe
une substance intermédiaire non minéralisée, dite cémentoide (équivalent de
l’ostéoïde et de la prédentine). Il a une épaisseur assez importante (200 à 250
microns) qui va en augmentant en direction apicale.
Il est localisé au tiers apical de la racine et dans les régions interradiculaires.
Il est caractérisé par la présence de cémentoblastes incorporés dans la matrice.
Les cellules présentent un phénotype proche de celui des ostéoblastes du tissu
osseux, mais différent de celui des cémentoblastes producteurs du cément
acellulaire.
b.2- Cément secondaire cellulaire à fibres mixtes :
Après organisation du ligament parodontal, ses fibres s’incorporent dans la
sécrétion continue de cément produite par les cémentoblastes.
- En microscopie électronique :
Ce tissu est creusé de cavités englobant des cémentocytes à prolongements
cytoplasmiques nombreux. Les fibres intrinsèques, fines, entièrement
minéralisées, sont groupées en faisceaux denses parallèles à la surface. Les fibres
extrinsèques plus grosses sont perpendiculaires à la racine et présentent souvent
un centre non minéralisé.
Le cément
C- Autres variétés du cément :
c.1- Le cément intermédiaire :
Cette bande de tissu minéralisé (cément secondaire), étroite, formée de
larges espaces anastomosés irrégulièrement, s’observe entre la dentine et le
cément; elle pourrait résulter de la désintégration trop précoce de la gaine
d’Hertwig ou de l’emprisonnement d’odontoblastes abandonnés par la
dentinogénèse. Elle se localise généralement au tiers apical des prémolaires et
molaires.
c.2- Cément acellulaire afibrillaire CAA :
C’est un cément particulier qui se dépose sur
l’émail sous forme d’éperons ou de plaques. On
l’observe parfois au niveau de la zone cervicale de
la racine des dents ainsi que dans les sillons de la
face coronaire des dents incluses; il peut contenir
des lacunes et des canalicules; les cristallites sont
petits, discoïdes; la matrice est granulaire,
dépourvue de fibrilles collagènes. Il est
vraisemblablement produit par les cellules du
conjonctif péri-dentaire après élimination de
l’épithélium adamantin réduit mettant en contact
fibroblastes du follicule et émail, et induisant la
métamorphose des fibroblastes en cémentoblastes.
Le cément
c.3- Cément stratifié mixte CSM :
Il serait la conséquence d’une adaptation aux mouvements dentaires.
On y voit alterner des couches de cément acellulaire à fibres extrinsèques et des
couches de cément cellulaire à fibres intrinsèques.
CSM
IX. Vascularisation et innervation :
Le cément semble ni innervé ni vascularisé, il n’existe pas un système
lymphatique.
A ce niveau, il est nourri par diffusion à partir du conjonctif desmodontal.
X. Physiologie du cément :
A- Fonction de fixation (ancrage):
De la dent à l’os alvéolaire par l’intermédiaire des fibres desmodontales.
Le dépôt de cément augmente durant toute la vie, il permet la fixation des fibres
de « Sharpey ». Le nombre et le diamètre, la répartition des fibres dans le cément
sont toujours liées aux stimulations fonctionnelles de la dent.
B - Fonction d’apposition:
Le dépôt de cément se fait durant toute la vie, il augmente avec l’âge. La
quantité du cément est plus importante au niveau apical et diminue au fur et à
mesure que l’on se rapproche de la région cervicale. Cette apposition est un
phénomène de compensation à l’abrasion des faces proximales et occlusales.
Cette apposition permet le maintien de la largeur physiologique de l’espace
desmodontal et de la longueur suffisante radiculaire pour conserver la fonction
occlusale et préserver le rapport couronne/racine lors de l’éruption dentaire.
Le cément
C- Fonction de résorption:
Le cément se différentie de l’os par la rareté de sa résorption soit sous forme
de plages ou de petites lacunes. Il ne subit pas de remodelage et s’accroît en
épaisseur tout au cours de la vie.
Elle intervient à titre physiologique dans l’exfoliation des dents temporaires
après résorption parallèle de la dentine radiculaire.
Dans le parodonte des dents permanentes, les cémentoclastes peuvent résorber le
cément dans des conditions pathologiques diverses : surcharge occlusale, lésions
apicales, parodontopathies, tumeurs osseuses…etc.
D- Fonction de réparation :
C’est le cément cellulaire qui comble les résorptions et les pertes de substance
dentinaire ou les fractures radiculaires.
A la fin du comblement, on assiste à l’inclusion des « fibres de Sharpey » donc
un ancrage ligamentaire se forme.
E- Fonction de perméabilité:
Cette perméabilité est prouvée à l’aide des colorants passant à la surface du
cément vers la dentine et de la pulpe vers le cément (dents jeunes).
En microscopie à balayage, le cément présente des canaux accessoires s’ouvrant
sur la racine (surtout sur son tiers apical). Le cément borde ces canaux et
également le ou les foramina apicaux. Cette perméabilité diminue avec l’âge.
F- Fonction de protection :
Le cément assure la protection de la dentine. Dans le cas d’absence de
coalescence cément-émail, la dentine est très vulnérable. Les atteintes
dentinaires sont très fréquentes (hyperesthésie du collet).
[Link] du Cément :
A. Perle d’émail :
La Gaine d’Hertwig reste en contact avec la des furcations des
dentine sur une aire plus ou moins étendue, ce qui molaires.
favorise la différentiation des améloblastes; les
perles se localisent particulièrement dans la région
B. Enamélomes:
Le cément
Ils siègent sur la surface radiculaire. Ils peuvent être en continuité avec
l’émail coronaire ou en être séparés. Il s’agit d’anomalies embryologiques
congénitales ou héréditaires liées à un dysfonctionnement des cellules
épithéliales de la gaine d’Hertwig. Celles-ci se différencient en améloblastes
sécréteurs.
C. Hypercémentose:
Appelée aussi hyperplasie du cément. Elle est un des attributs de la dent
dans la sénescence. Elle peut oblitérer les canaux radiculaires et compromettre la
vitalité de la pulpe.
En pathologie, elle est parfois localisée, portant sur une seule dent, voire sur une
seule racine. Ceci s’observe dans des inflammations, des fractures ou après
dévitalisation dentaire. Elle peut être diffuse au cours de la maladie de Paget.
D. Cémenticules:
Ce sont des masses arrondies faites de
lamelles concentriques et dépourvues de cellules.
Elles sont tantôt attachées au cément ou à l’os
alvéolaire, tantôt libres dans le ligament. Elles
seraient la conséquence d’une minéralisation de
restes épithéliaux de la gaine d’Hertwig ou de
thrombi vasculaires.
E. Carie du cément:
Apanage des sujets âgés, cette carie survient après déchaussement dentaire
et poche parodontale qui mettent à nu le cément .Outre le vieillissement
physiologique, les irradiations, la prise de médicaments anxiolytiques entraînent
la modification qualitatives et quantitatives de la salive créant une situation
hautement cariogène. Comme dans les autres caries, il y a déminéralisation
diffuse des cristaux d’apatite par les acides d’origine bactérienne, puis invasion
bactérienne.
F. Cément et pathologie parodontale :
Le cément, mis à nu par le glissement progressif de l’attache gingivale sur
la racine, perd son aspect pommelé. Il est parsemé de rayures et la dentine est
parfois mise à nu. Dans les poches parodontales constituées, l’aspect pommelé
du cément est conservé mais il est masqué par des plaques bactériennes et du
tartre. La cémentogénèse est inhibée et l’attache ligamentaire se réduit.
G. Cémentomes :
Le cément
Ce sont des masses de cément, généralement situées apicalement par
rapport aux dents auxquelles ils peuvent ou non adhérer. Il s’agit de néoplasme
d’origine dentaire ou de malformation du développement. On les découvre suite à
un examen radiologique.
La dysplasie cémento-osseuse floride regroupe les cémentomes géants, isolés ou
familiaux. Les sujets de race noire sont plus souvent affectés que les blancs.
H. Hypo et aplasie du cément :
Cette anomalie de découvertes radiographique et histologique n’affecterait
que les dents temporaires surtout antérieures ; habituellement avant l'âge de
O3 ans.
L’anomalie consiste en un défaut de dépôt de cément cellulaire superficiel sur le
cément acellulaire qui est aussi plus mince que normalement,
C’est le cas dans le syndrome de dysostose cleido-crânienne, ou il existe aussi
de nombreuses dents surnuméraires, de dents incluses et des hypoplasies de
l’email.
Des aplasies de cément ont été observées en cas d’hypophosphatasie.
I. Ankylose :
C’est la fusion du cément avec l’os alvéolaire avec oblitération de l’espace
parodontal.
Elle est provoquée au niveau des dents qui subissent une résorption cémentaire
J. Nécrose cémentaire :
Observée lors de la maladie parodontale, il faut éliminer tout le cément
nécrosé pour obtenir une réparation.
K. Lésions cémentaires :
a- Fractures radiculaires :
Elles peuvent se produire lorsqu’une dent est soumise à une force extérieure
violente, elle peut être complète, oblique ou horizontale.
b- Déchirement :
C’est le détachement d’un fragment de cément de la surface radiculaire, la
séparation du cément peut être complète avec inclusion d’un fragment dans le
ligament parodontal, ou incomplète avec rattache partielle de la racine d’un
fragment de cément.
[Link]ération Cliniques :
Le cément
Lors des chirurgies parodontales à lambeau, des procédures de comblement
osseux, ou de régénération tissulaire guidée, dans les cas les plus favorables, on
essaie de cureter la surface radiculaire et de la traiter par des acides pour tenter de
stimuler la cémentogénèse et de recréer une attache ligamentaire. L’appareil
d’attache dentaire se reconstitue intégralement, avec apparition de néo-cément,
d’os alvéolaire, et d’un néo-desmodonte.
XIII. CONCLUSION :
Ce tissu « hybride » partie intégrante du desmodonte en dépit de sa liaison
à la racine dentaire, mais aussi dérivé de l’os en raison de l’ origine des pré-
cémentoblastes, est de ceux que la chirurgie parodontale doit ménager, même si
les toxines bactériennes doivent être supprimées en majeur partie.
En effet, il a été prouvé que le cément, même recouvert de tartre, conserve une
capacité d’adhérence et que celle-ci est la base de la régénération tissulaire
guidée du parodonte.
XIV. BIBLIOGRAPHIE :
BENOIT, [Link], [Link] – Embryologie dentaire – Julien
Prélat éditeur.
Etienne PIETTE • Michel GOLDBERG (2001)- La dent normale et
pathologique -De Boeck Université.
M M Auriol, Y Le Charpentier, G Le Naour, Histologie du parodonte,
EMC N° 22-007-C-10.
[Link] - Histologie dentaire – Masson.