Fiabilité et Maintenabilité des Produits
Fiabilité et Maintenabilité des Produits
1
Fiabilité: « la probabilité pour qu’un élément remplisse une fonction
requise dans des conditions définies et pendant une
période définie » ( selon la norme ISO 8927 )
2
Principales raisons au manque de fiabilité
Raisons technique
3
Raisons économiques
4
Objectifs du produit industriel
5
Traduction de cet objectif
Toutes ces données traduisent ce qu’il faut obtenir pour satisfaire le client. Elles
doivent être fixées dès l’origine dans le cahier des charges, au même
titre que les performances et les coûts.
6
Conséquences d’une mauvaise fiabilité
7
Pour l’entreprise : dans de nombreux cas, les pertes sont
sans commune mesure avec les économies faites au cours de
l’étude.
8
Quelques définitions
Qualité
Degré (ou mesure) avec lequel un produit convient aux besoins
du client. La qualité totale est fonction de la qualité du projet, qui
mesure la valeur intrinsèque du projet par rapport aux besoins du
client, et de la qualité de fabrication, qui mesure la fidélité avec
laquelle le produit fabriqué est conforme au projet.
Fiabilité
Caractéristique d’un dispositif mesurée par la probabilité qu’il
accomplisse une fonction requise dans des conditions données,
pendant un temps donné.
9
Maintenabilité
Caractéristique d’un système réparable mesurée par la
probabilité qu’un système en panne soit remis en état dans un
délai maximal donné, lorsque l’entretien et la réparation sont
faits dans des conditions spécifiées.
Disponibilité
Caractéristique d’un système réparable mesurée par la
probabilité que le système fonctionne correctement à un instant
quelconque, lorsqu’il est utilisé et entretenu dans les conditions
spécifiées
10
Éléments théoriques
11
Loi de survie et taux de défaillance
12
Exemple de loi de survie
R (t ) = N (t )/N0 Exemple3
13
14
15
Densité de probabilité des durées de
vie
Prenons une pièce neuve. La probabilité qu’elle tombe en panne
entre l’âge t et l’âge (t + dt ) est égale à :
f (t ) dt
avec f (t) densité des probabilités des durées de vie.
On montre que f (t) est la dérivée de la probabilité de défaillance
avant l’âge t :
il en résulte que
16
On calcule approximativement la densité de probabilité, pour
l’intervalle de durée de vie s’étendant de t i – 1 à t i par :
Donc
18
On calcule approximativement le taux de défaillance, pour l’intervalle
de durée de vie s’étendant de ti-1 à ti en divisant la densité
de probabilité
donc
19
Moyen des temps de bon fonctionnement
(MTBF) et durée de vie moyenne
21
On distingue trois périodes
La première (I) correspond à la jeunesse du produit.
Causes de défaillances :
défauts de fabrication
phénomènes à évolution rapide
Taux de défaillance décroît avec l ’âge.
Durée variable suivant le produit.
Entre quelques heures et quelques centaines d’heures.
La deuxième (II) Cette période correspond à la vie utile
Causes de défaillances : très diverses
Taux de défaillance sensiblement constant.
Durée s’étend de quelques milliers d’heures pour les pièces mécaniques
à plusieurs centaines de milliers d’heures pour les
composants électroniques.
La dernière (III) correspond à la fin de vie
Causes de défaillances :
L’ usure
La fatigue
Taux de défaillance croissant.
22
Vie utile et distribution
exponentielle
[Link] Caractéristiques
Durant la vie utile, le taux de défaillance est constant.
La fiabilité est solution de :
La MTBF est :
23
Exemple : un dispositif a une MTBF de 10 000 h. Quelle est sa
fiabilité pour une mission de durée t = 2 000 h et quelle est sa durée
de vie médiane ?
Solution :
— densité de probabilité :
— fiabilité :
— taux de défaillance:
— moyenne :
— écart type: 24
Estimation
Estimation ponctuelle
Désignons par Tf la durée de fonctionnement totale d’un ensemble
de dispositifs en essais et par k le nombre de défaillances observées.
On a :
25
essais censurés
(c’est-à-dire arrêtés après un nombre de défaillances r fixé)
26
Exemples :
Essai censuré, n= 10 ;r= 3 ;t1= 100 h ;t2= 200 h ;t3 = 300 h :
Tf=[(10 + 1 – 3)×300] + (100 + 200)=2 700 h
27
Essais tronqués :
Exemples :
reprenons les 2 exemples précédents et calculons
l’intervalle de confiance symétrique au niveau de confiance 90 %, d’où
essais censurés :
essais tronqués :
28
[Link] Graphique à échelle fonctionnelle
29
Exemple :
9 dispositifs essayés sans remplacement. L’essai est
arrêté après la 5e défaillance. Les durées de fonctionnement jusqu’à
défaillance sont : t1= 50 h ; t2= 100 h ;t3= 200 h ;t4= 250 h ;t5= 300
Sur le graphique on relève :
30
31
[Link] Tests d’ajustement
On exposera deux tests spécifiques de la distribution
exponentielle : le test de Kolmogorov-Smirnov linéaire et le test des
durées cumulées.
32
— Sur un papier graphique cartésien, on porte en abscisse les
durées d’essai cumulées tci et en ordonnée les valeurs de i/r pour
un essai censuré et de i/(k+ 1) pour un essai tronqué.
— Tracer un graphique en marche d’escalier en reliant verticalement
les points d’abscisse tc,i et d’ordonnée :
(i– 1)/r et i/r [ou (i– 1)/(k+ 1) et i/(k+ 1)]
et horizontalement les points d’ordonnée i/r [ou i/(k+ 1)] et
d’abscisse tc,i et tc;i+ 1.
— Tracer la droite reliant le point origine et le point d’abscisse
Tf et d’ordonnée 1.
-Tracer de part et d’autre de la droite précédente deux parallèles
33
34
— Si le graphique en escalier est entièrement à l’intérieur de la
bande délimitée par les droites tracées en f, on ne peut infirmer l’hypothèse
que la distribution des durées de vie est exponentielle.
Exemple :
reprenons l’exemple précédent. On obtient le graphique
de la figure7. L’essai étant censuré, on a N=r= 5.
En adoptant un niveau significatif α= 0,1 on trouve :
D5 ; 0,1 = 0,510 (faire une interpolation linéaire en ).
Le graphique en escalier étant entièrement dans la bande, on ne
peut infirmer l’hypothèse d’une distribution exponentielle.
35
36
[Link].2 Test des durées cumulées
Ce test s’applique lorsque le nombre de défaillances est supérieur
à 10. On procède comme suit :
— classer les durées jusqu’à défaillance ti en ordre croissant ;
— calculer les durées d’essai cumulées tc,i et la durée totale
d’essai Tf;
— calculer la somme des durées cumulées
37
— si Tc est compris dans l’intervalle :
38
2.3.3 Distribution à taux de défaillance variable
Les distributions de durées de vie pour des taux de défaillance
variables les plus utilisées en fiabilité sont les distributions normales
(ou de Laplace-Gauss), log-normales (ou de Galton), de Weibull et
des valeurs extrêmes. Pour des missions commençant avec
des pièces neuves et pour des essais complets, c’est-à-dire pour
lesquels les durées de vie de toutes les pièces essayées ont été relevées.
2.3.4 Distribution normale (Laplace-Gauss)
[Link] Application à la fiabilité
La distribution normale est utilisée pour représenter la distribution
des durées de vie de dispositifs en fin de vie (usure) car le taux de
défaillance est toujours croissant. On ne l’utilisera que si la moyenne
des durées de vie est supérieure à 3 fois l’écart type.
39
Exemple :
la durée de vie d’un dispositif suit une loi normale de
moyenne μ= 1 000 h et d’écart type σ= 200 h. Pour une mission
t= 700 h, sa fiabilité sera:
40
[Link] Estimation
Estimation ponctuelle :
pour la variance:
41
Remarque : les tables statistiques donnent la
probabilité que les variables soient inférieures ou
égales à la valeur de la table.
Pour la variable de Student, on devra donc prendre la
valeur correspondant à n – 1 degrés de liberté et à une
probabilité p = 1 –α /2. Pour la variable de Khi 2, on
devra prendre la valeur correspondant à une
probabilité f = 1 – α /2 pour la limite inférieure
et p = α /2 pour la limite supérieure.
42
Exemple : les durées de vie de n = 10 pièces sont les suivantes :
330 h ; 390 h ; 430 h ; 460 h ; 490 h ; 510 h ; 540 h ; 580 h ; 610 h ;
660 h.
La moyenne estimée est :
43
[Link] Graphique à échelle fonctionnelle
On utilise le papier gausso-arithmétique dont l’abscisse est
graduée linéairement et dont l’ordonnée est proportionnelle à la
variable normale réduite. On porte sur ce graphique les points
d’abscisse ti et d’ordonnée :
44
2.3.6 Distribution de Weibull
[Link] Caractéristiques générales
Dans sa forme la plus générale, la distribution de Weibull dépend
des trois paramètres suivants :
Υ :décalage à l’origine, Υ >= 0 (homogène au temps) ;
β :paramètre de forme, β >0 (sans dimension) ;
η : paramètre d’échelle (ou de durée de vie), η >= 0(homogène au temps).
— Densité de probabilité :
— Fonction de répartition:
45
— Fiabilité :
— Taux de défaillance :
— Moyenne : avec
-Variance :
46
47
Si γ=0, ou en faisant le changement de variable, t1=t–γ,
obtient la distribution de Weibull à 2 paramètres, définie pour
t (ou t1) positif ou nul, dont les caractéristiques sont:
48
[Link] Estimation
On calculera ensuite:
51
Si les points obtenus ne s’alignent pas sur une droite et semblent
suivre une courbe ayant une asymptote verticale (figure suivante), la
distribution des durées de vie suit une distribution de Weibull à trois
paramètres et l’abscisse de l’asymptote verticale correspond au paramètre
de décalage Υ. Pour s’en assurer, on refera le tracé à partir des durées de
vie t1=t– Y jusqu’à retrouver une droite.
52
Méthode graphique pour déterminer :
- Sur l'axe des F(t), choisir trois points (1, 2, 3)
53
Par contre, si les points s’alignent sur une courbe concave vers
le haut comme celle de la figure suivante, on a affaire à un mélange de
deux populations de Weibull ayant des paramètres différents
54
2.3.7 Distribution d’Erlang
[Link] Caractéristiques générales
Lorsque k est entier, la distribution gamma est duale de la distribution
de Poisson. Elle correspond à la distribution des durées
jusqu’à la ke défaillance d’un dispositif à taux de défaillance constant
dont la durée de réparation est considérée nulle (distribution
d’Erlang ). Dans ce cas, on a :
— densité de probabilité : — fiabilité :
— fonction de répartition:
-taux de défaillance:
[Link] Estimation
Pour On a
Pour On a
et avec 56
Exemple : les durées de vie de n = 7 générateurs électriques sont
les suivantes : 100 h ; 110 h ; 150 h ; 175 h ; 185 h ; 200 h ; 220 h. On
suppose que ces durées de vie suivent une distribution gamma.
— Méthode des moments :
57
2.3.8 Fiabilité d’un dispositif non neuf
Lorsque le taux de défaillance d’un dispositif n’est pas constant,
il faut tenir compte de l’âge du dispositif au début de la mission dont
on veut calculer la fiabilité. Si T est l’âge du dispositif au début de la mission, et
si t est la durée de mission, la fiabilité de ce dispositif devient :
Alors
58
Exemple : un dispositif a une durée de vie qui suit une loi de Weibull
de paramètre d’échelle η = 1 000 h et de paramètre de forme β= 2.
Calculer sa fiabilité pour une mission de durée t = 200 h commençant
lorsque le dispositif a déjà fonctionné T = 500 h.
59
2.3.9 Essais incomplets ou multi censurés
[Link] Principe
Au cours d’un essai, des pièces peuvent être retirées de l’essai
avant d’être défaillantes, soit parce que l’essai est censuré, soit par
retrait pur et simple en cours d’essai.
Dans ce cas on appliquera la méthode suivante (méthode de W. B. Nelson) :
— classer les durées d’essai de chaque pièce en ordre croissant ;
Soit i le rang de chaque durée d’essai ;
— pour chaque durée, calculer le rang décroissant :j=n+ 1 –i;
— pour chaque durée terminée par une défaillance, calculer l’inverse du rang
décroissant : Zi= 1/j (appelé risque)
-calculer la somme H i des Z i ; la quantité H i appelée risque cumulé, est une
estimation de la quantité :
61
[Link] Utilisation de graphique à échelle fonctionnelle
Distribution exponentielle :
Donc
Distribution de Weibull :
Donc
En prenant les logarithmes, on obtient : In H(t) = β (Int– In η).
En portant le risque cumulé Hi en fonction de ti sur du papier logarithmique,
on obtient des points alignés sur une droite de pente β et dont l’intersection
avec l’ordonnée H = 1 correspond au paramètre d’échelle η.
62
[Link] Défaillances de modes multiples
Si les pièces en essais présentent plusieurs modes de
défaillances indépendants et que l’on analyse la distribution
des durées de vie correspondant à l’un de ces modes, les
pièces défaillantes par suite des autres modes peuvent être
considérées comme retirées de l’essai à la date de leur
défaillance.
63
2.4 Fiabilité des systèmes sans réparation
2.4.1 Modèle série
[Link] Fonction fiabilité
Dans un modèle de ce type, la défaillance d’un seul composant
provoque la défaillance du système. Si le système comprend n
composants de types différents (i= 1 à n) dont les fiabilités sont Ri .
figure suivante :
64
Si zi(t) est le taux de défaillance du composant de type i, on aura :
65
Exemple :
soit un système série comprenant 3 composants ; le
premier a un taux de défaillance constant λ1, le deuxième a une durée de
vie suivant une distribution de Weibull de paramètre η et β ; le troisième a
une durée de vie suivant une distribution gamma de paramètre λ et k=2.
Pour la première mission, on aura :
66
2.4.2 Modèle parallèle
[Link] Fonction fiabilité
Dans un système de type parallèle, il faut que tous les composants soient
défaillants pour que le système soit défaillant. Dans ce cas,et si les
défaillances des composants sont indépendantes, la fiabilité Rp du système
est donnée en fonction des fiabilités Ri des composants par :
67
Remarques
— La fiabilité d’un système parallèle (série ) est supérieure (inférieure ) à la
fiabilité du composant de plus forte (faible) fiabilité.
— Il n’y a pas de relation directe entre le schéma de montage
d’un système et le modèle de fiabilité. Par exemple, dans un circuit bouchon,
le condensateur et l’inductance sont physiquement en parallèle, alors que le
modèle de fiabilité est en série.
— Si les défaillances des composants ne sont pas indépendantes,
on doit utiliser le théorème des probabilités conditionnelles.
[Link] Cas des composants à taux de défaillance constant
Chaque composant ayant une fiabilité , on a :
LC parallèle
69
Pour calculer la MTBF, il suffit de se reporter à la formule développée
de Rp (t ) et d’intégrer terme à terme :
70
c) si les composants sont contrôlés et que certains sont défectueux
et ne sont pas remplacés, reprendre le modèle en les éliminant, mais
tenir compte de l’âge des composants survivants.
Exemple :
prenons un système de 2 composants en parallèle dont
le taux de défaillance commun est λ= 1 et considérons le après une
durée de vie T= 1 pour une mission t= 0,1.
71
2.4.3 Redondance
[Link] Différents types de redondance
La redondance consiste à employer plus de composants qu’il n’en
faut strictement pour remplir une fonction. On distingue la
redondance active, dans laquelle tous les composants fonctionnent
en permanence, et la redondance séquentielle (ou de réserve), dans
laquelle les composants surabondants ne sont mis en service qu’au
moment du besoin.
[Link] Redondance active totale
Le système ne devient défaillant qu’avec la défaillance du dernier
composant survivant. En désignant par r la fiabilité d’un composant
et par n le nombre de composants mis en redondance, on a :
73
[Link] Redondance majoritaire
On dispose de n composants (n généralement impair) en parallèle.
Les signaux de sortie de ces n composants sont comparés dans un
dispositif de décision qui fournit un signal conforme à la majorité
des signaux qui lui sont appliqués (figure suivante)
densité de probabilité :
75
[Link] Taux de défaillance non nul en stockage.
Équations générales
Dans le cas de 2 composants, soit le composant mis en service initialement
remplit la mission, soit il est défaillant au cours de la mission et est remplacé par le
second, qui n’est pas tombé en panne pendant le stockage, et qui survit jusqu’à la
fin de la mission. En appelant la fiabilité du système, R0 (t ) et f0 (t ) la fiabilité et
la densité de probabilité en stockage du composant, R1(t ) et f1 (t ) la fiabilité et la
densité de probabilité en service du composant, on a :
76
[Link] Taux de défaillance nul en stockage.
Composants à taux de défaillance constant
Si λ est le taux de défaillance du composant en service, l’intégration
des équations générales conduit à la distribution gamma. On
a donc, si n est le nombre total des composants :
en particulier, pour n = 2 :
77
Remarque : redondance séquentielle partielle
Dans le cas où le système nécessite le fonctionnement simultané
de k composants (modèle série) et que l’on dispose en tout de
n > k composants (donc de n – k en réserve ou stockage), la fiabilité
du système devient :
La MTBF étant:
78
[Link] Taux de défaillance non nul en stockage.
Composants à taux de défaillance constant
Soit λ0 le taux de défaillance en stockage et λ1 le taux de défaillance
en fonctionnement. Les équations générales donnent pour n= 2 composants :
79
2.5 Fiabilité et disponibilité
des systèmes réparables
2.5.1 Équations d’état
[Link] États d’un système
Un système redondant comportant n composants se trouve à un instant donné dans
un des (n+ 1) états Ei caractérisés par le nombre i de composants en état de marche.
En est l’état pour lequel tous les composants sont bons, E0 l’état pour lequel tous les
composants sont défaillants.
Dans un système non réparable, l’état du système ne peut évoluer que dans le sens
d’une décroissance d’indice, tandis que dans un système réparable l’indice de l’état
décroît lors d’une défaillance, mais croît lors d’une réparation.
L’évolution des états d’un système peut être représenté par graphe orienté des états.
Les nœuds constituent les états et les arcs représentent les transitions entre états
80
[Link] Équations générales d’état
On désignera par Pi(t) la probabilité d’être dans l’état Ei à l’instant t, par
di(t) dt la probabilité de passer de l’état Ei l’état Ei– 1entre les instants
t et t + dt (défaillance d’un composant) et par ri (t) dt la probabilité de passer
de l’état Ei à l’état Ei + 1 entre les instants t et t + dt (réparation d’un
composant). En négligeant les termes du 2e ordre, la probabilité d’être dans
l’état Ei à l’instant t + dt est :
associé à la relation :
Pn (0) = 1 ; Pi (0) = 0, .i ≠ n
Pk (0) = 1 ; Pi (0) = 0 ; .i ≠ k
82
[Link] Application à la disponibilité
On détermine, comme pour la fiabilité, l’état Ed d’indice le plus
élevé entraînant la défaillance du système, mais on conserve dans
le système d’équations tous les termes ri (t ).
83
2.5.2 Fiabilité des systèmes à taux de défaillance et de réparation
constants
85
Exemple: Pour n= 2, on aura:
86
La MTBF du système est alors :
Exemple :
redondance 2 parmi 4 ; l’état absorbant est l’état E1 et la matrice des
probabilités de transitions est alors :
87
[Link] Redondance séquentielle totale
Dans un état Ei, il n’y a qu’un seul composant en service, dont le taux de
défaillance est λ1et (i– 1) composants en réserve dont le taux de défaillance est
λ0 (λ 0 pouvant être nul).Le graphe des états autour de l’état Ei est représenté
figure suivante, si μ par est le taux de réparation des composants en réserve et
qu’une seule réparation est faite à la fois.
L’état absorbant du système est l’état E0.
88
[Link] Redondance séquentielle partielle
Le système nécessite k composants actifs et dans l’état initial
En on dispose de (n–k) composants de réserve. Dans l’état Ei, il y aura
K composants actifs dont le taux de défaillance est λ1 et (i–k) composants
en réserve, de taux de défaillance λ0.
L’état absorbant du système est l’état E(k– 1). Le graphe des états
autour de l’état Ei est représenté figure suivante:
89
2.5.3 Disponibilité des systèmes à taux de défaillance et de réparation constants
[Link] Exemple
Pour illustrer la règle énoncée au paragraphe [Link], prenons le
cas d’un système de 2 composants en redondance active totale. Le
graphe des états est donné figure suivante , d’où l’on tire la matrice des
probabilités de transition :
90
[Link] Valeur d’équilibre
Lorsque le temps croît indéfiniment, la disponibilité tend vers une
valeur d’équilibre qui peut être obtenue directement à partir des
équations transformées dont on annule les premiers membres :
et dont on tire :
91
[Link] Évaluation du temps moyen de réparation d’un système
Soit un système comportant n composants différents dont les taux
de défaillance, dans le système, sont λi (i= 1 à n) et soit τi le temps moyen
nécessaire pour réparer le composant de type i lorsqu’il est
dans le système. Le temps moyen de réparation du système est alors :
92
4. Étude de la fiabilité d’un projet
4.1 Analyse prévisionnelle
4.1.1 Allocation de fiabilité
Un système existant a une fiabilité R fonction des fiabilités R1, R 2, ... ,Rn de ses
composants :
Si l’on désire étudier un système semblable, mais amélioré de telle façon que la
fiabilité spécifiée du système futur soit R*, il faudra que les fiabilités spécifiées
R *1, R *2, ..., R *n des composants du système futur, satisfassent la relation :
Dans le cas d’un système de type série ayant des composants à taux de
défaillance constants, cette relation devient :
93
Plusieurs méthodes ont été proposées pour la résolution de ce
problème . On exposera ci-après la méthode des poids.
94
Exemple : sur un système existant comportant 4 composants différents
en montage série, on a relevé, pour 20 000 h de fonctionnement
cumulé du système, les nombres de défaillances suivants :
— composants de type 1 : n1 = 84 défaillances ;
— composants de type 2 : n2 = 52 défaillances ;
— composants de type 3 : n3 = 40 défaillances ;
— composants de type 4 : n4 = 34 défaillances.
soit 210 défaillances pour le système, dont la MTBF est donc :
θ = 20 000/210 = 95,2 h.
On se propose d’étudier un nouveau modèle dont la MTBF devrait être de θ* = 160 h
et d’effectuer une allocation d’objectifs pour les composants. Le taux de défaillance du
système actuel est λ = 210/20 000 = 105 · 10–4, et le taux de défaillance spécifié pour
le futur système est λ* = 1/θ* = 62,5 · 10–4. On dresse alors le tableau d’allocation ci-
après :
95
4.1.2 Prévisions de fiabilité
Il y a deux types de défaillances, les défaillances catalectiques (complètes, soudaines, à
taux de défaillance souvent constant) et les défaillances de dérive (usure, fatigue) qui
provoquent des baisses de performances. La fiabilité intrinsèque RI est le produit de la
fiabilité Rc (défaillances catalectiques) par la fiabilité RD (défaillances de dérive).
[Link] Défaillances catalectiques
On admet généralement que les défaillances catalectiques sont caractérisées par un
taux de défaillance constant, bien que les défaillances mécaniques par rupture de
fatigue, qui sont par essence catalectiques, ne sont pas à taux de défaillance constant
et doivent être traitées comme des défaillances de dérive. Dans le cas général,
le taux de défaillance catalectique d’un composant dépend de son type, des
contraintes appliquées (température, tension électrique, etc.), de son environnement
(vibrations, chocs, humidité, etc.), du niveau de qualité de sa fabrication. Pour effectuer
une prévision, dans un système de type série, on doit dresser une nomenclature fiabilité
des composants, distincte de la nomenclature de fabrication. L’article type de cette
nomenclature doit comporter les informations
suivantes :
— type de composant ;
— classe ;
— environnement ;
— contraintes appliquées ;
— niveau de qualité de fabrication ;
— nombre de composants de ce type utilisé dans les conditions indiquées.
96
Il existe des données assez complètes permettant, à partir de ces informations,
d’évaluer le taux de défaillance du composant dans ses conditions d’emploi. On
peut citer le Standard MIL-HDBK-217 C de l’administration militaire américaine.
97
Les paramètres sont les suivants pour une diode au silicium :
S est le facteur de charge exprimé par S=I0p/IM soit 0,6 dans l’exemple,
T est la température du boîtier, soit 80°C dans l’exemple. On a donc :
ΠQ est un facteur correctif lié à la qualité de fabrication, variant de 0,5 pour les
composants répondant aux clauses de fiabilité les plus sévères, à 25 pour les
composants grand public.
ΠA est un facteur correctif lié au type de diode, et variant de 0,6 pour les diodes de
commutation pour ordinateurs, à plus de 2,5 pour les redresseurs de puissance à haute
tension ; il vaut 1,5 pour les redresseurs de puissance à tension moyenne.
ΠS2 est un facteur correctif lié à la contrainte de tension appliquée, variant de 0,7 à 1 en
fonction du rapport : S2 = tension appliquée/tension maximale
98
dans l’exemple S2 = 0,7 et la table donne . ΠS2=0,75
Πc est un facteur lié au type de construction ; il vaut 1 pour les
diodes à contacts soudés et 2 pour celles à contacts par
pression.
Le taux de défaillance prévisionnel de cette diode dans son
application sera donc : λ= 16,4x 25x 25x 1,5x 0,75x 1 = 11 531 fits
soit environ 1 défaillance pour 100 000 h de fonctionnement. Cela
signifie que si l’on équipe une série de voitures automobiles avec
cette diode, il faut s’attendre à 1 panne sur 100 voitures dans les
1 000 premières heures de fonctionnement des véhicules.
Le Standard MIL-HDBK-217-C comporte des tableaux facilitant les calculs.
99
[Link] Défaillances de dérive
Le paramètre utile d’un type de composant (gain d’un transistor, résistance d’une
pièce mécanique, etc.) est caractérisé par une distribution de probabilité dont les
paramètres (par exemple moyenne et écart type) varient avec l’âge. La contrainte à
supporter (puissance de sortie d’un amplificateur, contrainte mécanique sur une
pièce) est soit constante, soit caractérisée par une distribution de probabilité.
Pour chaque âge on calculera la probabilité que la contrainte soit
inférieure à la résistance. Cette probabilité est la fiabilité du
composant à cet âge.
Exemple : un modèle de résistance électrique a sa valeur caractérisée
par une distribution normale de moyenne μ= 1 000 . et d’écart type σ = 50 . au
moment de sa mise en service. Lorsqu’elle vieillit en fonctionnement la moyenne
décroît sensiblement linéairement avec l’âge à raison de 10 % par 1 000 h et l’écart
type croît linéairement et double en 1 000 h pour des âges inférieurs à 4 000 h.
Une résistance de ce type est utilisée dans un montage qui devient défaillant si la
résistance descend au-dessous de rD = 800Ω
La moyenne est donc : μ(t ) = 1 000 – 0,1 t et l’écart type σ(t)= 50+0,05t. Alors
R(t)=1-F(rD )=1-Φ(rD-μ(t)/σ(t))=Φ(μ(t)-rD/σ(t))=Φ((200-0,1t)/(50+0,05t))
Ainsi, pour t= 500h, on trouve: R(500) =Φ(2)=0,977 2
Et pour t=1 000h:
R(1 000)=0,841 3.
100
Dans les cas plus complexes, on utilisera la méthode des moments lorsque
les distributions statistiques des paramètres suivent des lois normales ou
peuvent y être ramenées, ou la méthode de simulation de Monte-Carlo si l’on
ne dispose que de distributions empiriques (ou si les distributions des
paramètres sont complexes).
[Link] Méthode des moments
Soit un assemblage ou un circuit dont une caractéristique y est fonction des
paramètres x1,x2, ...,xn des n composants de cet assemblage ou de ce circuit :
Soit μ1, μ2…,μn les espérances mathématiques (moyennes) des paramètres x1,x2,
..., xn et σ1, σ2, …, σn leurs écarts types.
La moyenne de y est :
Soit:
Exemple :
soit un circuit électrique de retard comportant une résistance R et un condensateur C
montés suivant le schéma de la figure suivante. La constante de temps de ce circuit
est T=RC. La résistance a une valeur moyenne μr= 10 000 Ω et un écart types σr=
200Ω, tandis que le condensateur a une valeur moyenne μc= 10μF et un écart type
σc= 0,5μF. Quelle est la fiabilité de ce circuit si la constante de temps doit être
comprise entreT1= 0,09 s et T2= 0,11 s et si les dispersions de la résistance et du
condensateur sont indépendantes ?
102
On aura :
Soit:
103
[Link] Méthode de simulation de Monte-Carlo
104
Nombre de tirages nécessaires :
le problème consiste à déterminer, avec un niveau de confiance choisi, le nombre
d’observations nécessaires pour représenter, avec une incertitude donnée, la
fonction de répartition à simuler. En s’appuyant sur la théorie des tests de conformité,
et plus spécialement sur le test de Kolmogorov-Smirnov, on devra avoir :
105
Exemple : si l’on veut limiter à ± 5 % (D = 0,05)
l’incertitude sur la simulation de la fonction de
répartition, et si l’on choisit un niveau de confiance de
95 % (α = 0,05), il faudra au moins :
106
Génération des tirages au hasard: on peut montrer que si l’on sait
tirer au hasard des valeurs ui dans une loi uniforme sur l’intervalle
[0 ; 1[ on peut en déduire des valeurs tirées au hasard xi dont la fonction
de répartition est F(x) en procédant comme suit :
— on tire au hasard une valeur ui dans une loi uniforme sur [0 ; 1] ;
— on lui fait correspondre une valeur xi telle que :
F(xi) =ui
Le problème est donc ramené au tirage au hasard des ui.
Il existe des tables de nombres décimaux au hasard tirés dans une loi
uniforme. Ces nombres ui sont tels que la probabilité de tirer un chiffre entre 0
et 9 est de 1/10, que la probabilité de tirer un nombre de 2 chiffres entre 0 et
99 est de 1/100, etc.
107
Exemple : soit à obtenir 5 tirages au hasard xi dans une distribution de Weibull
de paramètre de forme β= 2 et de paramètre d’échelle η = 100. Appelons ui un
nombre au hasard uniforme ; nous avons :
d’ où
108
[Link] Élément de la théorie de la résistance et de la contrainte
Lorsque la contrainte subie par une pièce est aléatoire et peut être
décrite par une distribution de probabilité des contraintes (variable
ou non en fonction de l’âge de la pièce), que la résistance d’une pièce devant supporter
cette contrainte est elle-même aléatoire (par suite de variabilité du matériau de base, de
variabilité dimensionnelle, variabilité des traitements, etc.) et peut être décrite par une
distribution de probabilité des résistances, généralement variable avec l’âge, on peut
calculer la fiabilité de la pièce en fonction de son âge par la méthode suivante.
Soit, pour un âge t donné, f(x) la distribution de probabilité des résistances et g(x) la
distribution de probabilité des contraintes.
Calculons la probabilité qu’a une pièce de résister à la contrainte.
La probabilité d’avoir une contrainte c au plus égale à x et d’y résister est le produit de
109
Cette intégrale peut être résolue dans le cas de distributions particulières
dont le tableau suivante donne quelques exemples. (0)
Fiabilité d’une pièce
en fonction de sa résistance et de la contrainte appliquée
pour différentes distributions
110
Dans le cas général, on utilisera la transformée de Mellin soit sous forme
graphique, soit sous forme numérique. Son principe est le suivant.
Appelons :
La fiabilité est donc représentée par l’aire comprise sous la courbe Y(X) (figure
suivante). L’aire située au-dessus de la courbe Y(X)et limitée à la droite d’ordonnée
Y= 1 représente le complément = 1 –R de la fiabilité, c’est-à-dire la probabilité de
défaillance qu’il est souvent préférable de calculer. 111
Représentation graphique de la transformée de Mellin
Sachant que la durée de vie (ou le taux de défaillance) sont fortement modifiés
par les contraintes appliquées, on cherchera à réduire les durées d’essai en
augmentant ces contraintes au-delà des contraintes d’utilisation normale.
113
[Link] Application aux composants de l’électronique
La durée de vie médiane d’un composant électronique soumis à une contrainte de
température est généralement déterminée par la loi d’Arrhenius exprimant la vitesse de
réaction v en fonction de la température absolue T et du potentiel d’activation Va de la
réaction par :
114
Exemple : pour certains mécanismes de défaillance des circuits
intégrés, le potentiel d’activation est de l’ordre de 0,7 V, d’où :
eVa /k = 8 123,5 K (e/k = 11 605 K)
Si la température normale d’utilisation est de 25 °C et qu’un essai
est réalisé à 125 °C, soit un écart de température de 100 °C, on aura un
facteur d’accélération de :
ce qui conduit à l’expression souvent entendue : la durée de vie est réduite de moitié
si la température croît de :
116
[Link] Application aux condensateurs
Les taux de défaillance des condensateurs sont fonction de la
tension électrique appliquée et de la température. La loi de variation
est de la forme (Standard MIL HDBK 217-B) :
Exemple :
pour un condensateur au papier dont la tension maximale Vm= 100 V et la température
maximale d’utilisation 85°C, on a :
Pour les relais coupant une tension continue, la durée de vie tc est de la forme :
Exemple :
pour le moteur Sperry-Vickers modèle MFD 80, donne a= – 3,2 et b= – 1,09. Si ce
moteur doit être utilisé avec une pression d’huile P 1= 25 MPa à une vitesse N1= 1 500
tr/min et est essayé avec une pression P2 = 50 MPa à une vitesse N2 = 2 400 tr/min, le
facteur d’accélération de l’essai sera :
119