Chapitre IX : Analyse
asymptotique
Rédigé par Samy Youssoufine
19 décembre 2025
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Table des matières
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Table des matières
Ce chapitre est consacré à l’étude de l’analyse asymptotique des fonctions et des suites.
Les objectifs principaux sont de :
▶ Étudier les comportements asymptotiques des suites et des fonctions.
▶ Présenter des outils d’analyse asymptotique, tels que le développement limité.
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1 Comparaison des suites et fonctions
1.1 Comparaison des suites
[ Définition [Link] (Négligence, domination et équivalence de suites)
Soient (Un ), (Vn ) ∈ CN . On dit que :
▶ (Un ) est négligeable devant (Vn ) lorsque ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , |Un | ≤ ε |Vn |.
On note alors Un = o(Vn ) ou Un = o (Vn ).
n→+∞
▶ (Un ) est dominée par (Vn ) lorsque ∃M ≥ 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , |Un | ≤ M |Vn |. On
note alors Un = O(Vn ) ou Un = O (Vn ).
n→+∞
▶ (Un ) est équivalente à (Vn ) lorsque Un − Vn = o(Vn ), i.e. ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ≥
n0 , |Un − Vn | ≤ ε |Vn |. On note alors Un ∼ Vn ou Un ∼ Vn .
n→+∞
× Remarque [Link]
Il faut faire très attention à l’écriture manuscrite de o(Vn ), pour éviter de la confondre
avec d’autres notations. Il faut, dans l’idéal, qu’elle soit de la même taille/hauteur
que le signe égal (=).
¥ Propriété [Link]
Soient (Un ), (Vn ) ∈ CN .
▶ Si (Vn ) ne s’annule pas à partir d’un certain rang, et que (Un ) est négligeable
devant (Vn ), alors lim UVnn = 0.
n→+∞
Un
Donc Un = o(Vn ) ⇐⇒ −−−−→ 0 .
Vn n→+∞
▶ Si (Vn ) ne s’annulepas à partir d’un certain rang, et que (Un ) est dominée par
(Vn ), alors la suite UVnn est bornée.
Un
Donc Un = O(Vn ) ⇐⇒ est bornée ∈ B (C).
Vn n
▶ Si (Vn ) ne s’annule pas à partir d’un certain rang, et que (Un ) est équivalente à
3
1.1. Comparaison des suites
Un
(Vn ), alors lim = 1.
n→+∞ Vn
Un
Donc Un ∼ Vn ⇐⇒ −−−−→ 1 .
Vn n→+∞
x Exemple [Link]
cos(n)
cos(n) 1
1. n
=O n
car n
1 = cos(n) est bornée.
n
e−n
2. ∀k ≥ 1, e−n = o 1
nk
car 1 = nk e−n −−−−→ 0.
nk n→+∞
1
ln(1+ n )
3. ln(1 + n1 ) ∼ 1
n
car 1 = n ln(1 + n1 ) −−−−→ 1.
n n→+∞
Les propriétés ci-dessus sont des cas particuliers de la définition, où (Vn ) ne s’annule pas à
partir d’un certain rang. En effet, si (Vn ) s’annule infiniment souvent, le quotient UVnn n’est
pas forcément défini pour tout n. Maintenant, nous souhaitons généraliser ces propriétés
même si (Vn ) peut s’annuler à partir d’un certain rang.
¥ Propriété [Link] (Cas général des propriétés ci-dessus)
Soient (Un ), (Vn ) ∈ CN .
▶ Un = o(Vn ) ⇐⇒ ∃(εn )n ∈ CN tel que εn → 0 et ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , Un = εn Vn .
▶ Un = O(Vn ) ⇐⇒ ∃(βn )n ∈ B(C) tel que ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , Un = βn Vn .
▶ Un ∼ Vn ⇐⇒ ∃(αn )n ∈ CN tel que αn → 1 et ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , Un = αn Vn .
Û Preuve
▶ Démonstration de la première équivalence :
▷ Pour démontrer la première équivalence dans le sens indirect, on part du
fait que εn → 0. On a donc ∀ε > 0, ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , |εn | ≤ ε. Donc, pour
n ≥ n0 , on a |Un | = |εn | |Vn | ≤ ε |Vn |, ce qui prouve que Un = o(Vn ).
▷ Pour démontrer la première équivalence dans le sens direct, on part du fait
que Un = o(Vn ). Donc, par définition, ∀ε > 0, ∃n1 ∈ N, ∀n ≥ n1 , |Un | ≤ ε |Vn |.
On peut alors définir la suite (εn )n de la manière suivante :
Un
si Vn ̸= 0
Vn
— εn =
0sinon
— Il est clair que εn → 0 car pour tout ε > 0, on a ∀n ≥ n1 , |εn | ≤ ε (il
faut étudier les cas où Vn = 0 et Vn ̸= 0).
▷ Maintenant, il faut vérifier que Un = εn Vn à partir d’un certain rang.
Un
▷ Si Vn ̸= 0, on a Un = Vn
· Vn = εn Vn .
▷ Si Vn = 0, alors ∀n ≥ n1 , |Un | ≤ 0 ⇐⇒ Un = 0 =⇒ 0 · Vn = εn · Vn .
■
4
1.1. Comparaison des suites
[ Définition [Link] (Relation d’ordre, relation d’équivalence)
▶ Une relation binaire sur un ensemble E ̸= ∅ est une partie R de E × E. Si
(x, y) ∈ R, on note xRy.
▶ Une relation R est dite :
▷ réflexive si et seulement si ∀x ∈ E, xRx.
▷ symétrique si et seulement si ∀x, y ∈ E, xRy =⇒ yRx.
▷ antisymétrique si et seulement si ∀x, y ∈ E, (xRy et yRx) =⇒ x = y.
▷ transitive si et seulement si ∀x, y, z ∈ E, (xRy et yRz) =⇒ xRz.
▶ Une relation R sur E est dite une relation d’ordre si et seulement si R est réflexive,
antisymétrique et transitive.
▶ Une relation R sur E est dite une relation d’équivalence si et seulement si R est
réflexive, symétrique et transitive.
x Exemple [Link]
▶ La relation ≥ sur R est une relation d’ordre. En effet, elle est réflexive (∀x ∈
R, x ≥ x), antisymétrique (si x ≥ y et y ≥ x, alors x = y) et transitive (si x ≥ y
et y ≥ z, alors x ≥ z).
▶ Soit n ∈ N∗ , la relation ≡ mod n sur Z est une relation d’équivalence. En effet,
elle est réflexive (pour tout a ∈ Z, a ≡ a mod n, sachant que a − a = 0 · n, donc
∃k ∈ Z, . . . ), symétrique (si a ≡ b mod n, alors b ≡ a mod n) et transitive (si
a ≡ b mod n et b ≡ c mod n, alors a ≡ c mod n).
¥ Propriété [Link] (Étude des relations o, O et ∼)
▶ Étude de la relation o :
▷ La relation o n’est pas reflexive, car 1 ̸= o(1). Elle est donc ni une relation
d’ordre, ni une relation d’équivalence.
▷ Elle n’est aussi pas symétrique, car 1 = o(n) n’implique pas que n = o(1).
▷ Par contre, elle est transitive : si Un = o(Vn ) et Vn = o(Wn ), alors Un = o(Wn ).
▶ Étude de la relation O :
▷ La relation O est réflexive, car Un = O(Un ) (on prend M = 1 depuis la
définition).
▷ Elle est aussi transitive : si Un = O(Vn ) et Vn = O(Wn ), alors Un = O(Wn ).
▶ Étude de la relation ∼ :
▷ La relation ∼ est réflexive, car Un ∼ Un (on prend αn = 1 depuis la définition).
▷ Elle est aussi symétrique : si Un ∼ Vn , alors Vn ∼ Un (on prend αn′ = 1
αn
).
▷ Elle est aussi transitive : si Un ∼ Vn et Vn ∼ Wn , alors Un ∼ Wn (on prend
αn′′ = αn · αn′ ).
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1.1. Comparaison des suites
▷ Donc, la relation ∼ est une relation d’équivalence.
× Remarque [Link]
▶ Un = o(Vn ) =⇒ Un = O(Vn ).
▶ Un = o(1) ⇐⇒ Un → 0. o(1) représente les suites qui convergent vers 0. On
peut la noter aussi εn → 0.
▶ Un = O(1) ⇐⇒ (Un )n est bornée.
▶ (Un )n converge vers l ∈ C∗ si et seulement si Un ∼ l.
▶ O(1) = αn où (αn )n est une suite bornée.
n ) = Un · o(1)
o(U
▶
O(Un ) = Un · O(1)
o(1) · O(1)= o(1) · o(1) = o(1)
▶
O(1) · O(1) = O(1)
λ · o(1)= o(1)
▶ ∀λ ∈ C,
λ · O(1) = O(1)
▶ o(1) + o(1) = o(1) et O(1) + O(1) = O(1).
▶ o(1) + O(1) = O(1).
▶ o(O(Un )) = O(Un ) · o(1) = Un · O(1) · o(1) = o(Un ).
| {z }
=o(1)
▶ O(o(Un )) = o(Un ) · O(1) = Un · o(1) · O(1) = o(Un ).
| {z }
=o(1)
¥ Propriété [Link] (Conservation de la convergence par équivalence)
Soient (Un ), (Vn ) ∈ CN , telles que Un ∼ Vn .
(Un )n est convergente si et seulement si (Vn )n est convergente.
Dans ce cas, on a lim Un = lim Vn .
n→+∞ n→+∞
Û Preuve
On a Un ∼ Vn ⇐⇒ ∃(αn )n ∈ CN tel que αn → 1 et ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , Un = αn Vn .
Supposons que (Un )n est convergente, et soit l = lim Un . On a donc :
n→+∞
Un l
Vn = −−−−→ = l.
αn n→+∞ 1
Donc (Vn )n est convergente, et lim Vn = l = lim Un . ■
n→+∞ n→+∞
6
1.1. Comparaison des suites
¥ Propriété [Link] (Conservation de la divergence vers ±∞ par équiv.)
Si Un ∼ Vn , avec lim Un = ±∞, alors Vn −−−−→ ±∞. (Note : le signe ± est le
n→+∞ n→+∞
même des deux côtés.)
¥ Propriété [Link] (Produit des équivalences)
Soient (an )n , (bn )n , (un )n , (vn )n ∈ CN telles que an ∼ bn et un ∼ vn . Alors :
▶ an un ∼ bn vn .
an un
▶ Si bn ne s’annule pas à partir d’un certain rang, alors bn
∼ vn
.
▶ ∀k ∈ N∗ , Unk ∼ Vnk .
▶ Si Un > 0 à partir d’un certain rang, alors ∀λ ∈ R, Unλ ∼ Vnλ .
Û Preuve
On sait que ∃αn , βn → 1 telles que an = αn bn et un = βn vn à partir d’un certain
rang. Donc :
▶ an un = αn βn bn vn , avec αn βn → 1, donc an un ∼ bn vn .
an un
̸ 0. Donc, pour n ≥ n0 , on a
▶ ∃n0 ∈ N, ∀n ≥ n0 , bn = bn
= αn et vn
= βn . Donc,
an un
bn
∼ vn .
▶ La démonstration des autres propriétés est similaire.
■
× Remarque [Link]
1. En général, Un ∼ Vn n’implique pas =⇏ f (Un ) ∼ f (Vn ). Par exemple, eUn ∼ eVn
n’est vrai que si et seulement si lim (Un − Vn ) = 0.
n→+∞
2. Un ∼ Vn ̸
=⇒ Un − Vn −−−−→ 0.
| {z } n→+∞
n’implique pas !
3. On ne peut pas toujours additionner des équivalences. Par exemple, si Un = n +
1+ n1 et Vn = n, on a Un ∼ Vn et Un −1 ∼ Vn −1, mais Un +(Un −1) ≁ Vn +(Vn −1).
En général : Un ∼ Vn et An ∼ Bn ̸
=⇒ Un + An ∼ Vn + Bn .
| {z }
n’implique pas !
4. Un ∼ 0 ⇐⇒ Un = 0 à partir d’un certain rang.
Exercice [Link]
1. Soient (Un )n , (Vn )n ∈ R∗+ N telles que Un ∼ Vn . Pour quelle(s) condition(s)
aura-t-on ln(Un ) ∼ ln(Vn ) ?
π
2. (Équivalent de l’intégrale de Wallis) On pose ∀n ∈ N, In = 02 sinn (t)dt.
R
n+1
a) Montrer que ∀n ∈ N, In+2 = n+2 In (Intégration par parties).
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1.2. Comparaison des fonctions
b) Montrer que la suite (n · In · In−1 )n≥1 est constante.
c) Montrer que ∀n ∈ N∗ , In ∼ In−1 .
q
π
d) En déduire que In ∼ 2n
.
e) Calculer I2n et donner un équivalent de Cn2n .
f) On pose Un = n!
n √ . On admet que Un − −−−→ l pour un certain l ∈ R∗ .
( ne ) n n→+∞
n√
Montrer que n! ∼ ne 2πn (c’est la formule de Stirling).
NE
PAS
OU-
BLIER
DE
1.2 Comparaison des fonctions FAIRE
CA
PEN-
DANT
[ Définition [Link]
LES
◦ VA-
Soient f, g : I → C où I est un intervalle non vide de R et I ̸= ∅. CANCES
1. On dit que f est négligeable devant g en x0 ∈ I si et seulement si ∃V ∈
V (x0 ), ∃ε : V → C tel que limx→x0 ε(x) = 0 et ∀x ∈ V, f (x) = ε(x)g(x). On
note alors f (x) = o (g(x)).
x→x0
2. f est dominée par g en x0 ∈ I si et seulement si ∃V ∈ V (x0 ), ∃M : V → C, ∀x ∈
V, f (x) = M (x)g(x). On note alors f (x) = O (g(x)).
x→x0
3. f est équivalente à g en x0 ∈ I si et seulement si f (x) − g(x) = o (g(x)), i.e.
x→x0
∃V ∈ V (x0 ), ∃α : V → C tel que limx→x0 α(x) = 1 et ∀x ∈ V, f (x) = α(x)g(x).
∼ g(x).
On note alors f (x) x→x
0
× Remarque [Link]
Si g ne s’annule pas sur un voisinage de x0 , alors recop