DEVOIR de MATHÉMATIQUES numéro 2
PSI2 2025-2026 à rendre le 16/10/2025
PROBLÈME 1
Dans tout ce problème, on fixe un réel α > −1, et on noteZ +∞Eα l’ensemble des fonctions
continues de IR+ = [0, +∞[ vers IR telles que l’intégrale xα e−x f (x)2 dx converge.
0
1. Pour tout réel x strictement positif, montrer l’existence de l’intégrale
Z +∞
Γ(x) = tx−1 e−t dt .
0
2. À l’aide d’une intégration par parties, montrer que Γ(x + 1) = x Γ(x) pour tout x > 0.
Calculer Γ(1). En déduire la valeur de Γ(n) pour n ∈ IN∗ .
1
3. Montrer que, pour tous réels a et b, on a |ab| ≤ (a2 + b2 ).
2
4. En déduire que, si f et g sont deux éléments de Eα , alors la fonction x 7→ xα e−x f (x) g(x)
est intégrable sur ]0, +∞[.
5. En déduire que Eα est un sous-espace vectoriel de l’espace C(IR+ , IR) des fonctions continues
de IR+ vers IR.
6. Montrer que toute fonction polynomiale sur IR+ appartient à Eα .
Pour tout entier naturel n, on définit les fonctions ϕn et ψn de IR∗+ vers IR par
∀x ∈ IR∗+ ϕn (x) = xn+α e−x et ψn (x) = x−α ex ϕ(n)
n (x) ,
où la notation ϕ(n)
n représente la dérivée n-ième de ϕn .
7. Calculer ψ0 , ψ1 et ψ2 .
8. Montrer que la fonction ψn est polynomiale sur IR∗+ , préciser son degré et son coefficient
dominant.
Dans la suite, on identifiera ψn à son unique prolongement continu sur IR+ , ce qui permettra
(d’après la question 6.) de la considérer comme un élément de Eα .
Z +∞
Pour tout couple (f, g) ∈ Eα2 , on pose (f |g) = xα e−x f (x) g(x) dx.
0
9. Montrer que l’on définit ainsi un produit scalaire sur Eα .
x
10. Pour tout entier k ∈ [[0, n − 1]], prouver que lim+ ϕ(k)
n (x) = 0, et que lim e 2 ϕ(k)
n (x) = 0.
x→0 x→+∞
11. Soient m et n deux entiers naturels. Montrer que
Z +∞
(ψm |ψn ) = (−1)n (n)
ψm (x) ϕn (x) dx .
0
En déduire que (ψm |ψn ) = 0 si m 6= n.
12. Montrer que, pour tout n entier naturel, on a
kψn k2α = n! Γ(n + α + 1) ,
où k · kα est la norme sur Eα associée au produit scalaire (·|·).
PROBLÈME 2: Matrices magiques
Soit l’espace vectoriel E = Mn (IR) avec n ≥ 3. On note Jn la matrice de E dont tous les
coefficients sont égaux à 1. Une matrice M quelconque appartenant à E = Mn (IR) sera
notée M = (mi,j )1≤i,j≤n .
n
X
Pour tout i ∈ [[1, n]], soit li la forme linéaire sur E définie par li (M ) = mi,j (somme
j=1
des coefficients de la i-ième ligne de la matrice M ).
n
X
Pour tout j ∈ [[1, n]], soit cj la forme linéaire sur E définie par cj (M ) = mi,j (somme
des coefficients de la j-ième colonne de la matrice M ). i=1
Soient enfin d et δ les formes linéaires sur E définies par
Xn n
X
d(M ) = tr(M ) = mi,i ; δ(M ) = mi,n+1−i .
i=1 i=1
∗
1. Dans l’espace vectoriel dual E = L(E, IR), montrer que la famille de formes linéaires
F = (l1 , · · · , ln , c1 , · · · , cn ) est liée. On explicitera une relation de dépendance linéaire.
2. Soit F0 l’ensemble des matrices carrées d’ordre n telles que, sur chaque ligne et sur chaque
colonne, la somme des coefficients vaut 0. Montrer que F0 est un sous-espace vectoriel de E.
3. Soit A = (ai,j )1≤i,j≤n−1 une matrice carrée d’ordre n − 1, montrer qu’il existe une unique
matrice M = (mi,j )1≤i,j≤n de F0 telle que mi,j = ai,j pour tout couple (i, j) ∈ [[1, n − 1]]2
et expliciter cette matrice M . En déduire que l’application ϕ : F0 → Mn−1 (IR) qui, à toute
matrice M de F0 , associe la matrice obtenue à partir de M en supprimant la dernière ligne
et la dernière colonne, est un isomorphisme d’espaces vectoriels. En déduire la dimension
de F0 , puis le rang de la famille de formes linéaires (l1 , · · · , ln , c1 , · · · , cn ).
4. Construire une matrice de F0 ayant une trace non nulle. En déduire que
d 6∈ Vect(l1 , · · · , ln , c1 , · · · , cn ) .
5. Quel est le rang de la famille de formes linéaires (l1 , · · · , ln , c1 , · · · , cn , d) ?
On pose G0 = F0 ∩ Ker d. Quelle est la dimension de G0 ?
6. Construire une matrice M de G δ(M ) 6= 0. Indications : pour n ≥ 4, on pourra
0 telle que
1 −1
utiliser un bloc de la forme , les autres coefficients étant nuls ; pour n = 3,
−1 1
faites preuve d’ingéniosité!
7. On pose H0 = G0 ∩ Ker δ. Quelle est la dimension de H0 ?
8. On note enfin H l’ensemble des matrices magiques carrées d’ordre n, c’est-à-dire des
matrices de Mn (IR) telles que la somme des coefficients soit la même sur chaque ligne,
chaque colonne et chacune des deux diagonales. Montrer que H = H0 ⊕ Vect(Jn ).
En déduire la dimension de H.
9. Construire une base de H dans le cas n = 3. Montrer qu’il existe une unique matrice magique
d’ordre 3 dont la première ligne est ( 3 4 5 ) et l’expliciter.