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Convergence des séries et intégrales en analyse

Le document traite de la convergence de séries, en utilisant des techniques telles que la règle de d'Alembert et la transformation d'Abel. Il explore divers cas de convergence selon les valeurs de s et fournit des démonstrations détaillées pour chaque cas. Enfin, il aborde des intégrales et des séries de fonctions, montrant des résultats sur la convergence uniforme et les propriétés des fonctions impliquées.

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Le document traite de la convergence de séries, en utilisant des techniques telles que la règle de d'Alembert et la transformation d'Abel. Il explore divers cas de convergence selon les valeurs de s et fournit des démonstrations détaillées pour chaque cas. Enfin, il aborde des intégrales et des séries de fonctions, montrant des résultats sur la convergence uniforme et les propriétés des fonctions impliquées.

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– CORRIGÉ DS N°4 –


PROBLÈME I (extrait de CCP PC 2004) ✁
Partie I

1. Pour z = 0, la série est évidemment convergente.


Sinon, on peut utiliser la règle de d’Alembert appliquée à la série des modules (qui est bien à
 
|un+1 | |(n + 1)−s z n+1 | n + 1 −s
termes strictement positifs) : = = |z| −→ |z| , et puisque
|un | |(n)−s z n | n n→+∞
|z| < 1, la série est absolument convergente, donc convergente.
1
2. a) Ici, |n−s z n | = n−s = s , qui est le terme général d’une série de Riemann et, directement
n
d’après le cours :
X
- si s > 1, la série n−s z n est absolument convergente, donc convergente.
X
- si s 6 0, la série n−s z n diverge grossièrement, puisque son terme général ne tend pas
vers 0.
X
b) Pour 0 < s 6 1, la série n−s est une série de Riemann qui diverge (cours).

c) i) Sn est la somme des termes d’une suite géométrique de raison z = eiθ 6= 1 donc d’après
les formules du cours :
   
nθ nθ
1− einθ −2i sin 2 einθ/2 sin 2
Sn = eiθ = eiθ   =   ei(n+1)θ/2
1 − eiθ θ
−2i sin 2 eiθ/2 sin θ2
 

sin 2 ) 1
donc |Sn | =   6   .
θ θ
sin 2 sin 2

n
X n
X n
X n−1
X n−1
X 
ii) k−s z k = k−s (Sk −Sk−1 ) = k−s Sk − (k+1)−s Sk = k−s −(k+1)−s Sk +n−s Sn ,
k=1 k=1 k=1 k=0 k=1
car S0 = 0 (cette manipulation sur les sommes s’appelle une transformation d’Abel).
 k−s − (k + 1)−s
iii) • Posons ak = k−s − (k + 1)−s Sk . D’après ce qui précède, |ak | 6   .
θ
sin 2
n
X 1 − (n + 1)−s 1
Par sommation et télescopage, il vient |ak | 6   6   .
θ θ
k=1 sin 2 sin 2
X
Ainsi les sommes partielles de la série à termes positifs |ak | sont majorées ; cette
X
série est donc convergente, c’est-à-dire que la série ak est absolument convergente,
donc convergente.
n
X n−1
X
• On a vu plus haut que k−s z k = ak + n−s Sn . On vient de montrer que la somme
k=1 k=1
du membre de droite −s
X converge, et le terme n Sn tend vers 0 car s > 0 et (Sn ) est
−s n
bornée. La série n z est donc convergente.

+∞
X ϕ(t, s) +∞
−s n
X
3. a) Pour tout t ∈ I et tout réel s , on a ϕ(t, s) = n t d’où pour t 6= 0, = n−s tn−1 ,
n=1
t n=1
cette dernière expression pouvant se prolonger pour t = 0.
Posons, pour n > 1 : un (t) = n−s tn−1 et soit x ∈] − 1, 1[ . Pour tout t ∈ [0, x] (ou [x, 0]), on
a n−s tn−1 6 n−s |x|n−1 , donc kun k[0,x] ∞
6 n−s |x|n−1 , qui est le terme général d’une série
convergente d’après la question 1.

Problèmes – © [Link] – Lycée d’Arsonval 1/6


– CORRIGÉ DS N°4 –

X
Cela signifie que la série de fonctions un (t) est normalement, donc uniformément,
n>1
convergente sur le segment [0, x].
De plus, les fonctions un sont continues, et, d’après un théorème du cours, on peut donc
intégrer terme à terme sur le segment [0, x] :
+∞ +∞ +∞
xn
Z x Z x
ϕ(t, s) X X X
dt = n−s tn−1 dt = n−s = n−s−1 xn = ϕ(x, s + 1) .
0 t n=1 0 n=1
n n=1
+∞
X x
b) ϕ(x, 0) = xn = (somme d’une série géométrique de raison x et de premier terme
n=1 Z
1−x
x ϕ(t, 0) Z x
1
x) et ϕ(x, 1) = dt = dt = − ln(1 − x).
0 t 0 1−t
+∞
X xn
On retrouve, pour x ∈] − 1, 1[ , l’égalité = − ln(1 − x) (développement en série déjà
n=1
n
vu en cours et à savoir par coeur).
 
1
4. a) fn est continue sur [0, +∞[ (car s > 1) et fn (t) = o puisque lim t2 fn (t) = 0
t→+∞ t2 t→+∞
1
d’après les croissances comparées. Or la fonction t 7→ 2 est intégrable et positive au voisinage
t
de +∞. D’après les théorèmes de comparaison, fn est intégrable sur [0, +∞[ .
Le changement de variable u = nt (qui est un C 1 -difféomorphisme de R+ sur R+ ) donne
directement Z +∞ Z +∞
fn (t) dt = n −s
e−t ts−1 dt = n−s Γ(s) .
0 0
b) Posons un (t) = X n (t) = znf s−1 −t n
Pour t > 0, |ze−t | 6 e−t < 1, donc la
t (ze ) .
série de fonctions un converge simplement sur ]0, +∞[ et sa somme est la fonction
ze−t z ts−1
S : t 7→ ts−1 = , qui est continue sur ]0, +∞[ .
1 − ze−t et − z
Chaque fonction un est continue et intégrable sur ]0, +∞[ , puisque |un | 6 fn et que fn
l’est.
Z +∞ Z +∞
n
|un (t)| dt = |z| fn (t) dt = |z|n n−s Γ(s) 6 n−s Γ(s), qui est le terme général
0 0
d’une série convergente, car s > 1.
D’après le théorème de convergence d’une série en norme k k1 , on en déduit que S est
Z +∞ +∞
X Z +∞
intégrable sur ]0, +∞[ et que S= un , ce qui s’écrit :
0 n=1 0
Z +∞ ts−1 +∞
X
z dt = z n n−s Γ(s)
0 et − z n=1
ou encore
z +∞ ts−1 Z
ϕ(z, s) =
dt .
Γ(s) 0 et − z
Rem : on a bien Γ(s) > 0 puisque c’est l’intégrale d’une fonction continue positive et non
identiquement nulle...

Partie II
1. a) On reprend ici la technique utilisée en I.2 (transformation d’Abel) :
+∞ +∞ +∞ +∞ +∞ +∞
X eiθ X 1 X Sk X Sk−1 X Sk X Sk
= (Sk − Sk−1 ) = − = −
k=n+1
k k=n+1
k k=n+1
k k=n+1
k k=n+1
k k=n
k+1
+∞  
X 1 1 Sn
= Sk − −
k=n+1
k k+1 n+1

Problèmes – © [Link] – Lycée d’Arsonval 2/6


– CORRIGÉ DS N°4 –

1
donc, en utilisant l’inégalité triangulaire et l’inégalité |Sn | 6   démontrée en I.2.c
θ
sin 2
 
 
+∞ +∞   +∞  
 
X eiθ X 1 1 |Sn | 1  X 1 1 1 
6 |Sk | − + 6    − + 
k=n+1
k k=n+1
k k+1 n+1 sin θ 
 k=n+1
k k+1 n + 1

| {z } 2 | 
>0
{z }
1
= n+1
1 2
6   · ·
sin θ n+1
2

Donc, pour θ ∈ [α, β] ⊂]0, 2π[ :


[α,β]  
+∞
X eiθ 1 1 2
6 max  α
 ,   · −→ 0
k=n+1
k sin 2 sin β n + 1 n→+∞
∞ 2

X einθ
Les restes de la série de fonctions convergent donc uniformément vers 0 sur [α, β],
n n>1
ce qui signifie que cette série de fonctions converge uniformément sur cet intervalle.
N N Z N
einθ 1 − tN eiN θ
X X 1 Z 1X  n−1 Z 1
inθ n−1 iθ iθ iθ
b) • = e t dt = e te dt = e dt .
n=1
n n=1 0 0 n=1 0 1 − teiθ
En effet, on peut ici intervertir la somme et l’intégrale puisqu’il s’agit d’une somme finie, et
on a utilisé la formule qui donne la somme des N premiers termes d’une suite géométrique
de raison teiθ 6= 1.
N
einθ eiθ 1 tN ei(N +1)θ
X Z 1 Z
• On a donc : = dt − rN avec rN = dt . On a alors
n=1
n 0 1 − teiθ 0 1 − teiθ
tN ei(N +1)θ tN
Z 1 Z 1
|rN | 6 dt = dt
0 1 − teiθ 0 |1 − teiθ |
2
Or 1 − teiθ = 1 − 2t cos θ + t2 et une rapide étude des variations de la fonction
t 7→ 1 − 2t cos θ + t2 montre que son minimum, pour t ∈ [0, 1], est atteint pour t = cos θ
si cos θ > 0 et pour t = 0 sinon. Dans le premier cas, ce minimum est sin2 θ et dans
le second cas, il vaut 1. Puisque θ ∈]0, 2π[ , on aura donc toujours l’existence d’un réel
m > 0 tel que, pour tout t ∈ [0, 1], 1 − teiθ > m > 0.
Z 1
1 1 1
On en déduit |rN | 6 tN dt = , donc lim rN = 0.
m 0 mn+1 N →+∞

• Il en résulte :
+∞
einθ eiθ
X Z 1
= dt .
n=1
n 0 1 − teiθ

c) • Supposons d’abord 0 < θ < π .

Problèmes – © [Link] – Lycée d’Arsonval 3/6


– CORRIGÉ DS N°4 –

eiθ
Z 1 Z 1 1 Z
dt dt
dt = =
0 1 − teiθ 0 e −iθ − t
0 cos θ − t − i sin θ
Z 1 Z 1
t − cos θ dt
=− 2
dt + i sin θ 2 2
0 t − 2t cos θ + 1 0 (t − cos θ) + sin θ
   1
1h i1 t − cos θ
= − ln(t2 − 2t cos θ + 1) + i Arc tan
2 0 sin θ 0
   
1 2 θ 1 − cos θ
= − ln 4 sin + i Arc tan − Arc tan(− cot θ)
2 2 sin θ
       
θ θ π
= − ln 2 sin + i Arc tan tan − Arc tan tan θ −
2 2 2
 
θ π−θ
= − ln 2 sin +i
2 2

• Supposons maintenant π < θ < 2π . En posant θ ′ = 2π − θ , de sorte que 0 < θ ′ < π , on


a, en utilisant le résultat précédent :
′ ′
eiθ eiθ
Z 1 Z 1 1Z
e−iθ
dt = dt = dt
0 1 − teiθ 0 1 − te
−iθ ′
0 1 − te
iθ ′
 
θ′ π − θ′
= − ln 2 sin −i
2 2
 
θ π−θ
= − ln 2 sin +i
2 2

donc le résultat est encore valable dans ce cas.


eiπ
Z 1 Z 1
dt
• Enfin, si θ = π , iπ
dt = − = − ln 2, et la formule reste vraie.
0 1 − te 0 1 +t
d) • Compte tenu des deux questions précédentes, on a
+∞  
einθX θ π−θ
∀θ ∈]0, 2π[ , = − ln 2 sin +i
n=1
n 2 2
d’où en prenant la partie imaginaire des deux membres :
+∞
X sin nθ π−θ
∀θ ∈]0, 2π[ , = .
n=1
n 2
• On a vu que la série de fonctions précédente est uniformément convergente sur tout segment
[ε, θ] de ]0, 2π[ , ce qui permet d’écrire :
Z +∞
! +∞ +∞
θ X sin nt XZ θ sin nt X cos nε − cos nθ
∀θ ∈]0, 2π[ , dt = dt =
ε n=1
n n=1 ε
n n=1
n2
Or, pour θ ∈]0, 2π[ fixé, la série de fonctions de la variable ε ∈]0, 2π[ est normalement
cos nε − cos nθ 2
convergente puisque 2
6 2 ; elle est donc aussi uniformément convergente
n n
sur ]0, 2π[ , et le théorème d’interversion des limites permet alors d’écrire
Z +∞
! +∞
! +∞
θ X sin nt cos nε − cos nθ
X X 1 − cos nθ
∀θ ∈]0, 2π[ , dt = lim = .
0 n=1
n ε→0
n=1
n2 n=1
n2
Z θ  
π−t θ θ
Puisque dt = π− , on obtient bien :
0 2 2 2
+∞  
1 − cos nθ
X θ θ
∀θ ∈]0, 2π[ , 2
= π−
n=1
n 2 2
cette égalité restant évidemment valable pour θ = 0 et θ = 2π .

Problèmes – © [Link] – Lycée d’Arsonval 4/6


– CORRIGÉ DS N°4 –

e) • Pour θ = π , l’égalité ci-dessus donne :


+∞
X 1 − (−1)n π2
=
n=1
n2 4

Or 1 − (−1)n = 0 si n est pair. Il ne reste donc dans la somme ci-dessus que les termes
d’indice impair d’où
+∞
X 1 π2
= .
p=0
(2p + 1)2 8

+∞
X 1
Si l’on note S = , on a
n=1
n2

+∞ +∞ +∞
X 1 X 1 X 1 S
S= 2
+ 2
= 2
+
p=0
(2p + 1) p=1
(2p) p=0
(2p + 1) 4

3S π2 π2
soit finalement = puis S = .
4 8 6
• On aura alors, pour θ ∈ [0, 2π] :

+∞ +∞      2
X cos nθ X 1 θ θ π2 θ θ π−θ π2
2
= 2
− π− = − π− = − .
n=1
n n=1
n 2 2 6 2 2 2 12
+∞ +∞
X einθ , X cos nθ π2
2. a) ϕ(eiθ , 2) = donc R ϕ (θ) = = g(θ) − , pour θ ∈ [0, 2π] d’après la
n=1
n2 n=1
n2 12
question précédente, cette égalité se prolongeant à θ ∈ R par périodicité.

t eiθ (et − e−iθ )


Z +∞ +∞ Z
t
b) D’après I.4.b, ϕ(eiθ , 2)
= eiθ dt = dt .
0 et − eiθ 0 e2t − 2 cos θ et + 1
En prenant la partie réelle et en appliquant 2.a, il vient

t (cos θ et − 1) π2
Z +∞
dt = R ϕ (θ) = g(θ) − ·
0 e2t − 2 cos θ et + 1 12
c) En prenant θ = 0, puis θ = π dans 2.b, et en simplifiant dans l’intégrale par et − 1 ou par
et + 1, on obtient :
π2 π2 π2 π2
I1 = g(0) − et −I2 = g(π) − , soit I1 = et I2 = ·
12 12 6 12
1 2 et (et + 1) + (et − 1) 1 1 ,
On remarque ensuite que = 2t = = t +
sh t e −1 (et + 1)(et − 1) e − 1 et + 1
π2
donc I3 = I1 + I2 = ·
4
3. a) I.4.b donne :

+∞
einθ eiθ ts ts eiθ (et − e−iθ )
Z +∞ Z +∞
X
iθ 1
= ϕ(e , s + 1) = dt = dt
n=1
ns+1 Γ(s + 1) 0
t
e −e iθ Γ(s + 1) 0 e2t − 2 cos θ et + 1

Il suffit alors de séparer la partie réelle et la partie imaginaire pour obtenir les deux égalités
demandées.

b) On procède comme à la question 2.c. En prenant θ = 0 et θ = π dans la première des


égalités du 3.a, on obtient :

Problèmes – © [Link] – Lycée d’Arsonval 5/6


– CORRIGÉ DS N°4 –

+∞ +∞
ts ts X (−1)n+1
Z +∞ X 1 Z +∞
dt = Γ(s + 1) et dt = Γ(s + 1) ·
0 et − 1 n=1
ns+1 0 et + 1 n=1
ns+1
1 1 1
Comme on l’a vu en 2.c, = t + t · En ajoutant les deux égalités ci-dessus, il
sh t e −1 e +1
ne reste dans la somme que les termes d’indice impair, et on obtient donc

J(s) = 2 Γ(s + 1) S1 (s)


π
En prenant maintenant θ = dans la seconde égalité du 3.a et en remarquant que
2
+∞ +∞
et 1 , I(s) X sin(nπ/2) X (−1)k ,
= on obtient = Γ(s + 1) = Γ(s + 1)
e2t + 1 2 ch t 2 n=1
ns+1 k=0
(2k + 1)s+1
soit :

I(s) = 2 Γ(s + 1) S2 (s)

Problèmes – © [Link] – Lycée d’Arsonval 6/6

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