LE SILENCE DES MURS
Le dialogue est une chose,
mais écouter son interlocuteur en est une autre.
Je me cache entre quatre murs,
là où nul ne me réduit au silence,
là où je ne suis point jugée,
là où mes peines ne sont point négligées.
Les excuses les plus plates,
tremblantes comme celles d’un élève
exposant devant une foule,
n’ont servi qu’à raviver la haine,
à nourrir le doute,
à feindre le pardon
en y mêlant le vide et la distance.
Quand mes mots seront-ils compris
dans leur juste emploi ?
Quand me sentirai-je enfin
moins seule ?
Ces murs m’abritent
et m’isolent des préjugés du monde,
me rendant prisonnière
d’un univers
où moi seule peux accéder.
Dans le silence,
j’ai trouvé un refuge,
un arbre de paix.
Avec leurs mots,
ils en ont fait des armes,
pointant du doigt
le diable ou la colère,
pour dissimuler
leur véritable identité.
J’ai crié si fort,
mais dans le vide,
personne ne m’entend.
J’ai fait des efforts
que des mots ont suffi
à réduire à néant.
Mon âme s’est tendue,
ma conscience m’interroge :
qui suis-je réellement ?
À qui appartient ma vie ?
À peine majeure, certes,
mais lorsque la soif
d’autorité parentale s’accroît,
l’enfant se tait
et s’abaisse.
À quand un adulte
osera-t-il s’excuser
auprès de son enfant,
reconnaître ses abus,
réconforter sans écraser,
et imposer sa place
par la douceur ?
Un jour, lorsque je partirai,
remarqueront-ils mon absence ?
Reconnaîtront-ils enfin
mon utilité ?
Holy.
Holy