Responsabilité civile et maladies mentales en RDC
Responsabilité civile et maladies mentales en RDC
UNIVERSITE DE KINSHASA
FACULTE DE DROIT
DEPARTEMENT DE DROIT PRIVE ET JUDICIAIRE
Par :
YEKOLO MUIDI Jackson
Troisième Licence LMD
ÉPIGRAPHE
"La responsabilité civile délictuelle est l'obligation de réparer le dommage que l'on a
causé à autrui par son propre fait, par le fait des personnes dont on doit répondre, ou
par le fait des choses que l'on a sous sa garde1."
1
Jean Carbonnier, droit civil, Paris, 2ieme éd., Coll. Quadrige-Manuels, 2017, p. 2253.
ii
DÉDICACE
À mes parents;
À tous les hommes et toutes les femmes amoureuses de la justice, à tous ceux qui
souhaitent voir la justice congolaise être toujours à même de replacer les victimes à leur état
initial ;
iii
REMERCIEMENTS
Le parcours universitaire est l’une des périodes difficiles de la vie estudiantine
qui nécessite de consentir d’énormes sacrifices pour parvenir à atteindre la finalité qui n’est
autre que l’obtention d’un diplôme universitaire.
De prime abord, nos remerciements sont tournés vers Dieu le Tout-Puissant, le
Maître des temps et des circonstances, pour sa grâce, son accompagnement, ses multiples
bénédictions, son intelligence, son soutien dont nous sommes bénéficiaire jusqu’à ce jour, sa
compréhension et sa protection au cours de notre parcours universitaire sanctionné à ce jour
par cette grandiose œuvre qu’est l’obtention du diplôme de licence.
Dans cette même lancée, nous ne pouvons nous passer des orientations
scientifiques tant sur le plan de la forme que de celui du fond en vue de l’édification de ce
mémoire. Que le Professeur Tony MWABA KAZADI soit honoré par ce travail.
Que l'assistant Dane KABANDA KABUYA soit également remercié.
Par ailleurs, il nous est agréable de témoigner tout ce que nous devons à la
faculté de Droit de l’université de Kinshasa, aux principes de son enseignement de qualité
dont nous sommes bénéficiaire, aux maîtres éminents que sont nos professeurs ainsi qu’à
l’appui généreux de leurs Chefs des Travaux et assistants.
Pour toutes leurs abnégations tant morales et spirituelles que matérielles et
financières, ainsi que pour leur amour envers notre modeste personne, notre reconnaissance
déférente est adressée à nos très chers et aimables père et mère MUIDI NKETI Pierre et
DIAMONA YEKOLO Ruth.
Nous ne pouvons pas nous en passer sans toutefois remercier nos frères et
sœurs pour leur soutien, leur accompagnement, leur aide tant morale que matérielle apportée
pour la réalisation de cette énorme œuvre qui tire sa référence par l’obtention du diplôme de
licence. Il s’agit à ce stade de : NSUNGI MUIDI Bibiche, MUIDI NKETI Abdoulaye, NZUZI
MUIDI Charmante, SOLA MUIDI Nanouche, MAKAYA MUIDI Berline.
Dans cette même optique, nous faisons une mention spéciale à tous ceux qui
constituent notre base la plus immédiate : MUKANYA LWADUA Arcel, TSHISEKEDI
KALALA Juslin, NSAKALA Junior, PELO Exaucé, MAVUNGU THETHE LISA,
MAMPUYA Jemira, BINSIKA NKULA Prisca, MATIZILA Bénédicte et les autres.
Enfin, nous ne pouvons guère oublier dans ces remerciements
l’accompagnement de nos amis de lutte, les chers membres de la composition :
TSHILOMBO BEYA Franklin et TSHIMBUNDU MBAYA Merveille. Mention spéciale à
vous.
1
INTRODUCTION
1. PROBLÉMATIQUE
Tout est parti du principe de la responsabilité civile qui se résume donc par l'obligation
de réparer le dommage que l'on a causé à autrui3. Or, cette responsabilité, pour être dégagée,
requiert l'existence de certains éléments. Donc, il ressort des articles 258 et 259 du code civil,
livre III que la responsabilité civile délictuelle ou extracontractuelle suppose l'existence d'une
faute, d'un dommage et d'un lien de causalité4. Ces éléments sont donc cumulatifs et non pas
alternatifs.
2
Art 16 de la Constitution de la République Démocratique du Congo du 18 février 2006 telle que modifiée par
la Loi n°11/002 du 20 janvier 2011 portant révision de certains articles de la Constitution de la République
Démocratique du Congo.
3
HENRI MAZEAUD et LÉONMAZEAUD, Traité théorique et pratique de la responsabilité civile délictuelle et
contractuelle, Paris :Librairie du recueil de Sirey, 1938, P.3.
4
KALONGO MBIKAYI, Droit civil Tome 1 les obligations, Kinshasa, CRDJ, 2007. p.184.
5
Idem.
6
Ibidem.
7
François Terré et al.,Droit civil les obligations Tome 2, Paris : Dalloz, 11e édition, 2013, N°733, p.786.
2
Le Code civil congolais, Livre III, ne traite pas explicitement de la responsabilité civile
des malades mentaux, laissant place à des incertitudes tant pour la protection des victimes que
pour le traitement juridique des personnes vulnérables
Le débat doctrinal en RDC reste timide et peu approfondi sur cette question, faute de
jurisprudence significative. Cependant, la doctrine dominante, influencée par le droit belge et
français, tend à se lancer tant soit peu dans les eaux profondes de cette réflexion.
OMBUM SIELELE Cédric, dans son article intitulé : « Que dit le Droit congolais sur les
malades mentaux : responsabilité ou irresponsabilité de dommages causés par les malades
mentaux ? »8 ne se limite qu’à rappeler l'irresponsabilité pénale voire civile des malades
mentaux sans indiquer les personnes qui, à leur place, seront tenues pour civilement
responsables, notre étude par contre se distingue de la sienne par le fait que, nous, en dehors
du fait que nous ayons rappelé à l'instar de OMBUM SIELELE Cédric tous les principes qui
s'appliquent actuellement en cette matière, nous avons reformulé plusieurs propositions qui
permettront justement aux victimes d'obtenir réparation.
Alors, nous nous sommes posé plusieurs questions qui constituent notre problématique.
✓ Puisqu'en vertu de tous les principes évoqués ci-dessus le malade mental lui-même ne
peut pas engager personnellement sa responsabilité, est-ce à dire que le principe de la
responsabilité accuse ses limites et que les victimes de ces dommages restent à leur triste
sort ?
✓ Est-ce l'absence du discernement d'un malade mental doit toujours être considérée
comme une cause de non imputabilité qui l'exonérerait de toute responsabilité ?
✓ Est-ce que la liste des personnes civilement responsables citées à l'article 260 du code
civil livre III doit toujours rester exhaustive ou il est nécessaire d'y ajouter l'État comme le
civilement responsable des actes posés par les malades mentaux dans la rue ?
8
OMBUM SIELELE Cédric, « Que dit le Droit congolais sur les malades mentaux : responsabilité ou
irresponsabilité de dommages causés par les malades mentaux ?, [Link] Consulté le 15
octobre 2024 à 15h.
3
2. HYPOTHÈSES
Nous pensons que l'on ne peut pas dire que le principe de la responsabilité civile trouve
ses limites parce qu'en effet, la fonction première de la responsabilité civile, en imputant à
celui qui a agi de manière illicite l’obligation de compenser les conséquences dommageables
de son acte, ni plus ni moins, est une fonction réparatrice9. Celle-ci, longtemps fondée sur
l'existence de la faute liée à son auteur, trouve actuellement des atténuations dans la mesure
où plusieurs théories civilistes ont été échafaudées, à cet effet, pour rencontrer la
préoccupation de ne laisser aucune victime sans réparation. On peut, sans être exhaustif, citer
la théorie du risque avec toutes ses variantes jusqu’à la théorie de la responsabilité sans faute
communément appelée la théorie de la responsabilité objective10.
En France, lors de la réforme du droit des incapables majeurs, réalisée par la loi du 3
janvier 1968, la solution traditionnelle qui faisait la différence entre l'inconscience totale et la
demi-folie a été abandonnée. L'article 489-2 de l'ancien code civil français disposait en effet
que « Celui qui a causé un dommage à autrui alors qu'il était sous l'empire d'un trouble mental
n'en est pas moins obligé à réparation ». Rédaction reprise à l'article 414-3 du code civil
français12. Sont visées de la sorte, toutes les personnes majeures ou mineures privées de
raison, que ce soit ou non par leur faute, que la privation soi temporaire ou définitive, qu'elles
9
Widmer Pierre et Wessner Pierre, Révision et unification du droit de la responsabilité civile Rapport explicatif,
Berne 200, p.19.
10
M. KENGE NGOMBA, la réforme du droit des obligations en RD Congo, Paris : édition l'Harmattan 2020 ( coll.
« Comptes rendus » ), p. 300.
11
KALONGO MBIKAYI, op. cit., p.198.
12
François Terré et al.,Droit civil les obligations Tome 2, Paris : Dalloz, 11e édition, 2013, N°733, P.788.
4
soient ou non soumise à un régime particulier de protection. Ces diverses extensions du cadre
de réparation n'empêchent pas la victime de s'adresser, le cas échéant, à d'autres personnes qui
auraient dû mieux garder l'auteur du dommage et peuvent présenter l'avantage d'être plus
solvables que lui13.
Quant à troisième préoccupation, nous croyons que la ratio legis de l'énumération faite
par l'article 260 du code civil livre III est l'obligation d'éducation et de surveillance qui
incombe à ces civilement responsables14. La responsabilité du fait d'autrui est favorable aux
victimes car elle leur fournit un second responsable qui est généralement plus solvable que
l'auteur direct du dommage.
Enfin, pour la quatrième préoccupation, comme nous l'avons dit précédemment, les
personnes citées à l'article 260 du code civil livre III comme responsables des dommages
causés par les personnes placées sous leur surveillance le sont par le fait de l'irrespect de
l'obligation à laquelle elles sont soumises à savoir : l'éducation et la surveillance.
Ici, nous plaidons pour la responsabilité civile de l'État parce que, d'après les articles 1er
et 2 de l'ordonnance-loi n° 11-83 du 14 Février 1959 portant logement des individus dont la
libre circulation offrirait du danger pour eux-mêmes ou pour autrui, l'obligation de garde et de
surveillance de ces personnes incombent à l'État. Alors à l'instar des personnes citées à
l'article 260 du code civil livre III, l'irrespect de cette obligation de la part de l'État a donc
pour conséquence la responsabilité de celui-ci.
3. INTÉRÊT DE L'ÉTUDE
Sur le plan théorique ou scientifique, le choix de ce sujet dans cette étude, après mise aux
points de toutes les problématiques y afférentes, permettra à tout chercheur du domaine
juridique d’obtenir ou d’acquérir des capacités essentielles en vue de perpétuer cette étude de
la responsabilité de l'État pour les actes posés par les malades mentaux se trouvant dans la rue
dans les jours à venir car c'est aussi par plusieurs écrits que nous donnerons au législateur la
matière sur laquelle il devra se prononcer promptement. De plus, le postulat posé par cette
étude n’est rien d’autre que celui d’engendrer une législation unique et spécifique sur la
question de malades mentaux, à défaut, adapter les dispositions de différents codes
13
Ibid.
14
KALONGO MBIKAYI, op. cit., p. 211.
5
Sur le plan pratique, nous, chercheur en droit, avons émis notre choix sur ce sujet qui
traite de la responsabilité de l'État pour les actes posés par les malades mentaux dans le souci
d'amener le législateur à se prononcer de manière claire et sans équivoque sur cette question
pour un changement radical.
Nous insistons sur ce point parce que notre souci est celui de protection de toute
éventuelle victime d'un acte dommageable résultant d'un malade mental. Nul n’ignore qu'en
République démocratique du Congo en général et plus particulièrement à Kinshasa l'on trouve
partout et surtout dans des grandes artères de personnes qu'on qualifie de fou. Et généralement
ces dernières ne vagabondent pas bredouille ou mains vides. Elles ont toujours en leur
possession plusieurs objets dont les autres peuvent être pris comme les armes et plus
généralement certaines s'attaquent contre les passagers à l'occasion de rien.
Alors, si l'auteur du fait dommageable lui-même de ne pas être poursuivi mieux engagé
sa responsabilité pénale15 comme civile16, la victime devra au moins voir le dommage lui
causé être intégralement réparé dans la mesure où l'obligation de réparer existe même en
l'absence de faute de la part de l'aliéné17.
4. DÉLIMITATION DU SUJET
a. Dans le temps
En faisant l’analyse de notre sujet d’étude, nous nous sommes proposé de considérer la
période allant de 1959 à nos jours pour la simple raison que la responsabilité civile de l'État
dont nous parlons ici se fonde , d'après nous, sur la violation de l'ordonnance-loi n° 11-83 du
14 février 1959 portant logement des individus dont la libre circulation offrirait du danger
pour eux-mêmes ou pour autrui.
b. Dans l'espace
Par rapport à la délimitation spatiale de notre champ d’étude, nous pensons que l’espace
d’étude dans lequel se limiteront nos recherches scientifiques par rapport à ce travail est toute
15
Puisque la démence étant une cause de non imputabilité, elle exclut donc l'imputabilité du dément et rend impossible
toute faute et toute responsabilité pénale. R. NYABIRUNGU, Traité de droit pénal congolais, 2e édition, EUA, Kinshasa, 2007,
p.282.
16
Parce que la responsabilité civile délictuelle ou extra-contractuelle requiert pour son existence trois éléments cumulatifs:
la faute, le dommage et le lien de causalité. Mais il n'y a faute que si la culpabilité et l'imputabilité de l'auteur de celle-ci
sont démontrées. En d'autres termes, pour parler de la faute l'on doit avoir le fait illicite lequel doit être imputable à son
auteur. Et l'imputabilité , quant à elle, n'existe que si la volonté de l'autre du fait illicite est consciente, capable et libre, or un
dément n'a pas de volonté consciente et la conséquence logique dit le professeur Kalongo est l'irresponsabilité de
l'inconscient. B. KALONGO MBIKAYI, Droit civil Tome 1 les obligations, Kinshasa, CRDJ, 2007. P.198. F. Terré, et al., Droit civil
les obligations Tome 2, Paris : Dalloz, 11e édition, 2013, N°733, p.788.
17
C. Renault-Brahinsky, Droit des obligations, Paris : Gualino, 16e édition, 2019, p.158.
6
Ainsi délimitée, cette recherche a aussi une méthode de collection des données.
5. MÉTHODOLOGIE
a. Méthode juridique
Elle consiste à identifier et à définir le sujet d’étude, puis observer les faits suivis de la
description du fait juridique à ses différents éléments18.
Elle nous sera utile en ce sens que nous ferons plus souvent recours aux dispositions
légales ou à l’interprétation des différents textes juridiques en vigueur dans notre pays et
lesquels instruments juridiques ont trait à notre sujet d’étude qu’est la responsabilité de l'État
pour les actes posés par les malades mentaux se trouvant dans la rue. Ces textes légaux sont
notamment l'ordonnance-loi n° 11-83 du 14 février 1959 portant logement des individus dont
la libre circulation offrirait du danger pour eux-mêmes ou pour autrui, la loi n°16/008 du 15
juillet 2016 modifiant et complétant la loi n°87/010 du 1er août 1987 portant code de la
famille, le décret du 30 juillet 1888- Des contrats ou des obligations conventionnelles, le
décret du 30 janvier 1940 portant code pénal congolais tel que modifié et complété à ces
jours.
Elle repose sur l’idée selon laquelle chaque fait social a une origine, une genèse ou un
commencement19. Elle nous sera d’une grande utilité en ce sens qu’elle nous aidera à
remonter aux origines de la notion de la responsabilité civile des malades mentaux dans le
temps. Elle nous aidera en outre de ressortir les faits ayant été à la base de l’émergence de
cette notion dans le temps.
c. Méthode sociologique
Cette méthode consiste quant à elle à définir rigoureusement les phénomènes étudiés et à
rechercher les causes dans les faits sociaux antérieurs20. Elle nous sera utile pour confronter
les données obtenues dans nos investigations à la réalité sociale en vue décider adéquatement
sur la responsabilité civile lorsqu’un malade mental commet un fait dommageable.
18
A. SANGO MUKALAY ., Notes de cours d’Initiation à la Recherche Scientifique, Deuxième Graduat, UNIKAL,
Faculté de Droit, 2016-2017, p.37, inédit.
19
A. SANGO MUKALAY ., op. cit, p.38.
20
E. DURKHEIM, les règles de la méthode sociologique, Paris: coll. Petite bibliothèque Payot, p.23.
7
6. PLAN SOMMAIRE
21 e
S. FOURNIER et P. MAISTRE DU CHAMBO, responsabilité délictuelle, PUG, 4 Edition, 2015 p. 6.
22
S. FOURNIER et P. MAISTRE DU CHARBON. , Op. Cit. p. 6.
23
Ibidem.
24
KENGE NGOMBA TSHILOMBAYI, réforme du droit civil des obligations en RDC : mélange à la mémoire du
doyen KALONGO MBIKAYI, paris, harmattan, 2020, p. 213.
9
articles 258 à 262 code civil livre. Cependant cette division ne met pas en cause l’unicité
fondamentale de la responsabilité civil au point d’ailleurs qu’un mouvement important la
doctrine la juge rn grande partie artificielle. A ce jour en matière de la responsabilité civile,
lorsqu’on lit attentivement le code civil livre III l’on perçoit sans ambages que le dualiste
n’est pas évident. La seule analyse correcte de cette source de droit et le rédacteur du code
civil n’ont pas nettement perçu la question du dualisme de la responsabilité civile. 25 Quelles
soit la nature de la responsabilité civile on observe que la finalité poursuivie est identique, à
savoir la réparation du dommage subi par la victime.
B. Approche historico évolutive de la responsabilité civile
Le fait pour nous de réfléchir sur cette approche nous amène à considérer deux grands
périodes :
1. Avant le code civil
a. Dans les droits dits primitifs
Dans une approche historico évolutive, si sommaire soit elle, on constate a l’origine est la
vengeance privée ; la victime d’un vol ou d’un meurtre se venge par lui-même ou par les
siens, afin d’apaiser le mal qui l’a frappé.26 Alors la responsabilité est toute à la fois une
réparation qui apporte un remède au mal et une punition .pendant cette période de la
vengeance privée, caractéristiques des droits dits primitifs, la distinction entre responsabilité
civile et pénale n’existe pas, la peine et la réparation sont confondues. Par la suite, c’est
institué un système de composition dans lequel la victime obtient du coupable une somme qui
est fixée au gré des circonstances puis qui devient tarifié est l’émanation des lois saliques
qu’elles nommaient Zelgheld qui ; littéralement signifiât le prix du sang.27 Dans ce système,
la victime était d’abord vengée et puis indemnisée sans que l’on puisse examiner la conduite
de l’auteur du fait dommageable.
b. En droit romain
La séparation entre la responsabilité civile et la responsabilité pénale commencent à se faire
acquitter. Dans cette période, l’idée de la réparation prend du relief. Intérieurement, l’autorité
sociale fixera une sorte de tarif de composition pécuniaire due à la victime ou sa famille. Et
puis lorsque l’autorité de l’Etat s’est affirmée, peut taper va s’établir la distinction entre d’une
part les peines affligées par l’Etat, et d’autre la réparation qu’à la victime.
2. À l’époque du code civil
À l’époque de l’élaboration du code civil napoléon, actuel code civil français, 5 articles sont
consacrées à la responsabilité civile : il y a les articles 1382 à 1386. Le rédacteur du code
avait consacré un principe général de la responsabilité emprunté à DOMAT, principe de
l’article 1382 qui est l’équivalent de l’article 258 du code civil livre III.
25
FABIEN JURAD BAROS. , la responsabilité civile délictuelle ou contractuelle : la fin d’un monisme absolu ? Une
lettre juridique n°232 du 19 octobre 2006.
26
P. MALAURIE et L. AYNES, OP. cit., p. 21
27
Ibidem.
10
28
Http://[Link]/Responsabilité pénale, consulté le 10 mars 2024 à 9h.
29
[Link] et MAISTRE DU [Link].P.6.
30
Idem
31
[Link] WA LUTUMBA., Droit civil : les obligations, édition C.C.D.A, Kinshasa, 2019, p.8.
11
Le dommage est toute atteinte aux droits et intérêts d’ordre patrimonial et économique de la
victime.32 Il s’agit d’une atteinte à u bien, à un patrimoine soit intérêt de quelqu’un.
Il est donc de principe que tout dommage mérite sa réparation.
La règle actori incumbit probatio se traduit en langage facile comme la charge de la preuve
incombe à la partie accusatrice lorsqu’elle sollicite la réparation devant le juge pour le
préjudice qu’elle a subi.
De ce fait, l’étape de la démonstration de la preuve par la victime devant le juge est une étape
très décisive, puisqu’elle détermine même in limine litis l’issue du procès en responsabilité
civile : réparation au cas où la victime réussie à démontrer le dommage ; à le prouver noir et
blanc ; abandonné à son triste sort au cas où la victime n’arrive pas à faire.
Seul le dommage matériel, corporels, ainsi que moraux sont réparables.
Quant au dommage matériel, est celui qui est causé aux biens et plus généralement au
patrimoine de la victime. par exemple, la perte de revenu, le dégât causé à un
[Link] englobe la perte subie et le gain manqué.33
Ainsi pour que le dommage donne lieu à la réparation, il faut que le dommage remplisse les
critères suivants : le dommage doit être direct, certain et consister à la violation d’un intérêt
juridiquement protégé.34
Le dommage certain va de soi pour être indemnisé, la victime doit prouver l’existence qu’il a
subie. La certitude du dommage s’apprécie généralement au moment où le juge est saisi pour
son évolution, c’est-à-dire le préjudice à réparer doit être actuel. Le professeur KALONGO
MBIKAYI affirme même que la notion de la certitude a toujours été une notion problématique
puisqu’elle soulève la notion de la certitude a toujours été une notion problématique, elle
soulève dans les pratiques nombreuses discussions qui ont donné lieu aux conclusions
suivantes.35
Pour ce qui est du dommage direct, celle-ci permet d’écarter dans un cas donné la réparation
de nombreux autres dommages indirectes et lointains qui peut être n’auraient pu être
provoqué par la faute de l’auteur du dommage.
Le dommage corporel, l’article 16 de la constitution du 18 février 2006 dispose ; que
la personne humaine est sacrée. l’Etat a l’obligation de la respecter et de la
protéger .Toute personne a droit à la vie, à l’intégrité physique, ainsi qu’au libre
développement de sa personnalité dans le respect de la loi, de l’ordre public, du droit
d’autrui et des bonnes mœurs.36
Le dommage moraux, c’est lorsque le dommage subi cesse d’être corporel soit
matériel et revêt un caractère extra patrimonial, sa réparation peut susciter des
objections, soit d’une manière générale, parce qu’il est difficile d’aménager une
réparation adéquate, soit de manière plus particulière lorsqu’il s’agit d’une douleur
32
M.T KENGE NGOMBA TSHILOMBAYI, droit civil les obligations, paris, harmattan, 2017, p.99
33
Idem
34
R .GRUNGER, in savoir juridique, économique fiscale et politique, tome 1, Edilec, 1973, p .170 .
35
KALONGO MBIKAYI, op .cit. P .218 à 219.
36
Constitution de la RDC du 18 février 2006 telle que révisée par la loi n°11/002 du 20 janvier 2011, article 16.
13
morale car il peut choquant d’aller en quelque sorte monnayer ses larmes devant les
tribunaux.
B. La faute
La faute s’étend comme la défaillance de l’homme qui n’accomplit pas son devoir. 37 C’est
d’abord une notion morale, saisie par une évidence ressentie par tous sauf dans le cas
limites.38
La faute doit répondre a certains critères :
Faute en l’absence de la violation d’un texte, l’on peut commettre une faute que
l’on ait forcement transgressé un texte légal soit règlementaire existant. c’est donc
une erreur de conduite qu’un homme normalement avisé n’aurait commise dans la
même circonstance.
La faute civile s’apprécie en se référant aux besoins moraux de la vie en société, aux usages
professionnels.39
La faute dans l’exercice d’un droit, peut se comprendre comme un abus d’un droit,
c’est-à-dire en faisant usage d’un droit que l’on sait légitime et protégé par la loi et
aux bonnes mœurs.
La faute dans la violation d’un texte, c’est-à-dire que les textes violés peuvent être
pénaux, d’ordre administratif, d’ordre privé.40
Il suffit qu’il soit un comportement social défectueux, une erreur de conduite c’est-à-dire une
injustice.41
S’agissant des critères de la faute ; il ne suffit pas qu’une faute ait été commise pour que la
responsabilité de son auteur soit engagée, il faut qu’il lui soit imputable. D’où l’imputabilité
implique que l’auteur du dommage soit doué de discernement, autrement dit, il doit avoir
conscience de ses actes, soit être capable de savoir s’il commet.
Parmi ces critères on cite entre autre :
La volonté libre, les seules volontés conscience et capable ne suffisent pas pour rendre
le défendeur responsable de son acte. La victime est alors contrainte de prouver que le
défendeur a agi en toute liberté.
La volonté capable : est celle de l’auteur d’un comportement délictuel, d’où c’est la
volonté de l’auteur d’un comportement délictuel qui doit être capable. La capacité
délictuelle est plus largement reconnue, parce qu’il suffit pour ne pas commettre la
faute, d’une expérience plus élémentaire que pour contracter et aussi parce que n’ayant
pas choisi leur rôle mérite plus de protection que les contractants.42
37
Etymologie : du latin fallo ere qui veut dire tomber
38
P .MALAURIE et [Link]. Obligations : responsabilité délictuelle, Edition Cujas, 2001-2002, p.41.
39
KALONGO MBIKAYI, op, cit, p .227.
40
KALONGO MBIKAYI. [Link]., p.197.
41
P .MALAURIE et [Link]., op .cit. p.43.
42
Idem
14
La volonté consciente, d’après l’article 258 du code civil livre trois, un seul individu
conscient peut commettre une faute, c’est-à-dire celui qui agissant avec toute lucidité,
est celui qui peut commettre une faute. L’irresponsabilité de l’inconscient tout comme
celle de l’animal est donc la règle. S’agissant des personnes morales, le principe retenu
est celui veut que la faute des organes puis engager la personne morale.
C. Le lien de causalité
La causalité est tout évènement sans lequel le dommage n’aurait pas eu lieu, par conséquent
tout évènement qui participe à la chaine causale doit être considéré comme une cause du
dommage, c’est une conception large de la causalité.43
§2 : Fondement
Le fondement de la responsabilité civile doit s’entendre de sa recherche, de sa raison, la
philosophie sociale qui sous-entend le droit de la responsabilité civile.
A. La théorie classique fondée sur la faute
C’est le comportement fautif de l’auteur du dommage qui est sanctionné, car selon la
philosophie libérale, chacun doit répondre personnellement de ses fautes .il s’agit là de la
responsabilité civile subjective fondée essentiellement sur le fait fautif de l’auteur du
dommage.
Dans le fondement classique de la responsabilité civile fondée sur la faute, la victime du
dommage était assujettie à l’obligation de l’apport de la preuve de la faute de l’auteur du
dommage, afin d’obtenir de lui l’indemnisation.
Qu’il y ait un dommage, un préjudice à réparer, il faut qu’il y ait une faute, et la preuve de ce
préjudice incombe à la victime.
Cette théorie classique comme fondement unique de la responsabilité civile devenait de plus
en plus obsolète à l’époque de la révolution industrielle. L’apparition du machinisme multiplia
les sources anonymes des dommages qui ne répondaient pas à la structure de la responsabilité
civile fondée sur la faute. Le besoin indemnitaire était ressenti acquitté. A cet effet, les auteurs
classiques proposèrent deux théories, lesquelles pallieront les limites acquises par la
responsabilité civile fondée par la faute.
B. La théorie des risques
Cette théorie à deux versions à savoir :
1. La théorie du risque profit
Celle-ci prévoit l’indemnisation de la victime conformément aux critères de justice
distributive. Elle est limitée en effet, au cas où le dommage est causé par la société pour
laquelle l’identification de l’auteur du fait dommageable est pratiquement impossible.
C’est l’hypothèse classique à cette époque à savoir : les accidents du travail.
D’après les partisans de la théorie du risque dans la première version, il est possible d’y voir
aussi les bases d’une collectivisation des risques. Défendue avec enthousiasme sur ses mérites
43
[Link] et [Link].,[Link]. .,p.47.
15
par les bases d’une collectivisation des risques, le parlement français en 1898 fait rapidement
adopté la première loi française sur les accidents du travail par le biais de la loi du 9 avril
1898.44
Désormais, le patron sera automatiquement responsable du dommage causé à l’occasion d’un
accident du travail. Il ne s’agit plus de savoir si celui-ci a commis une faute, mais c’est à la
faveur d’un risque social bien déterminé, que l’employé mérite une indemnisation.
La responsabilité revient, si l’on suit cette théorie à celui qi dirige le risque et en tire profit.
Cette solution est en effet selon certains partisans limitée qu’au seul domaine de
l’indemnisation des dommages relatifs aux activités des entreprises et pas assez au
comportement des victimes.45
2. La théorie de risque crée
La théorie des risques dans sa deuxième version dite risque crée, voulait pallier par la suite,
ces carences, était responsable celui qui exerçait une puissance du fait, celui qui utilisait la
chose au moment où l’accident s’est produit…
Cela s’est particulièrement manifesté dans la jurisprudence française dans une application
ayant pour objet la garde de la chose : refusant en cela de distinguer les différentes choses qui
peuvent être à l’origine d’un dommage.
Cette version s’inscrit dans une version plus générale. Elle est devenue ainsi le véritable
régime de la responsabilité sans faute en droit français déduit de l’ancien article 1384 du code
civil depuis la jurisprudence jand’heur.
C. La théorie de garantie
Selon cette théorie, on a eu tort d’enfermer le problème de fondement de la responsabilité :
faute ou risque, c’est le type du faux dilemme qui provient du fait que le problème a été mal
posé. Jusqu’ici pour répondre à la question : pourquoi faut-il réparer les dommages parce qu’il
a commis une faute disent les uns ; parce qu’il a profité d’une activité dont il doit assumer les
risques, déclarant les autres, on a eu raison d’observer que la théorie du risque, comme celle
de la faute, sont toutes deux subjectives, en ce sens qu’elles se cherchent les raisons de
condamner du côté de l’auteur du dommage.46
Cette façon de réfléchir n’est pas du tout complet, car elle met de côté de la victime du
dommage qui, en principe devrait aussi être au centre de la question liée à la réparation.
Il est évident que toute personne n’a droit à la vie et à son intégrité physique ainsi que celle de
ses proches, chacun a droit à l’intégrité physique ainsi que celle de ses proches, chacun a droit
à l’intégrité matérielle de ses biens, et plus généralement à sa sécurité matérielle et morale47.
44
[Link]., la règle morale dans l’obligation civile, 4eme édition, LGDJ, 1949, n°116, p.53.
45
La loi du 9 aout 1898 sur la responsabilité des accidents dont les ouvriers sont victimes dans leur travail ;
bulletin du travail n°2.
46
BORIS STARCK. Obligations : responsabilité délictuelle, 2eme édition, paris, Litec, 1985 ; p.35.
47
BORIS STARCK.,[Link]. ;p.35.
16
D. Fonction
Par fonction d’une institution, il faut entendre l’objectif qu’elle poursuit, ou ce qui revient au
même le résultat auquel elle est compte aboutie. S’agissant ici de la responsabilité civile, trois
principales fonctions dont l’importance n’a pas toujours été égale à travers les époques qui lui
sont assignées, à savoir la réparation soit l’indemnisation de la victime, la prévention des
comportements antisociaux et la dilution de la charge des dommages.
1. La fonction réparatrice ou indemnitaire
Depuis belle lurette, l’institution de la responsabilité a été confondue avec celle de la
responsabilité pénale en raison de l’unicité dans certains cas, quoique légion de la faute qui
occasionne deux responsabilités successives. Lorsqu’il fut établi nettement la séparation entre
la responsabilité civile et la responsabilité pénale ; ce fut d’ores et déjà la fonction
indemnitaire que celle-ci la responsabilité civile désormais être caractérisée.
Désormais cette fonction de la responsabilité aquilienne demeure et s’impose de nos jours au
point ou quiconque invoque la responsabilité civile, pense en tout premier lieu à la
réparation.48
2. la fonction préventive
Il est certes vrai que la responsabilité civile à bien évidement de nos jours une fonction
préventive très éloquente .la fonction a pour fondement, la conscience individuelle de toute
personne, connaissant le risque d’être condamné s’il commet un dommage, s’efforce
normalement d’agir avec prudence.49
3. Fonction de dilution de la charge des dommages
Il arrive fréquemment qu’en tenant compte des circonstances qu’il serait illogique en cas de
dommage, de laisser la charge de la réparation à l’auteur du dommage tout seul, c’est-à-dire la
charge d’indemniser la victime. La justice sociale voudrait que la charge de la réparation soit
supportée par l’ensemble de la société.
48
M.T KENGE NGOMBA., op .cit. p .214.
49
[Link] TOURNEAU, responsabilité civile professionnelle, 2eme édition, Dalloz, 2019, p.62.
17
50
R. NYABIRUNGU, Traité de droit pénal général congolais, 2e édition, 2007. p.281.
51
L. Tranchant et V. Égéa, Droit des obligations, Paris : Dalloz les Mentos, 26e édition, 2023. p. 246.
52
L. Tranchant et V. Égéa, op. cit. p.247.
53
Ibid.
54
C. Renault-Brahinsky, Droit des obligations, Paris : Gualino, 16e édition, 2019, p.143.
18
55
François Terré et al.,Droit civil les obligations Tome 2, Paris : Dalloz, 11e édition, 2013, N°733, p.789.
56
Ibid.
57
KALONGO MBIKAYI, Droit civil Tome 1 les obligations, Kinshasa, CRDJ, 2007. p.198.
58
François Terré et al., op. cit. p.788
59
Ibid.
60
Rapport de l'organisation mondiale de la santé de 2001, [Link] consulté le 08 novembre
2025 à 12h.
19
classique du mot, elle a estimé, en effet, que n'ayant pas conscience de leurs actes, les aliénés
ou déments ne pouvaient engager leur responsabilité61.
En ce qui nous concerne, nous parlerons particulièrement de la démence et de
l'imbécillité.
1. Démence
En médicine, selon l'[Link] > France62, la démence est un terme général désignant un
déclin des aptitudes mentales assez grave pour interférer avec la vie quotidienne. Les pertes
de mémoire en sont un exemple. La maladie d’Alzheimer est la forme la plus commune de
démence. Elle renchérit en précisant que la démence n’est pas une maladie spécifique. C’est
un terme global qui décrit un large éventail de symptômes associés à un déclin de la mémoire
ou d’autres aptitudes cognitives assez grave pour réduire la capacité d'une personne à exécuter
les activités quotidiennes.
Selon l'organisation mondiale de la santé, Le terme « démence » couvre plusieurs
maladies qui affectent la mémoire, la pensée et la capacité à réaliser des tâches quotidiennes63.
Eu égard à ses formes courantes, l'OMS précise que la démence est causée par diverses
maladies ou lésions qui endommagent directement et indirectement le cerveau. La maladie
d’Alzheimer est la forme la plus fréquente et serait à l’origine de 60 à 70 % des cas. Les
autres formes répandues sont notamment la démence vasculaire, la démence à corps de Lewy
(dépôts anormaux de protéines à l’intérieur des cellules nerveuses) et plusieurs autres
maladies qui aboutissent à une démence fronton-temporale (dégénérescence du lobe frontal du
cerveau). La démence peut également se développer après un accident vasculaire cérébral ou
dans le contexte de certaines infections telles que le VIH, à la suite d’un usage nocif de
l’alcool, de lésions corporelles répétitives au cerveau (appelées encéphalopathie traumatique
chronique) ou de carences nutritionnelles. Les frontières entre les différentes formes de
démence ne sont pas nettes et les formes mixtes sont fréquentes.
En droit, les auteurs ne recourent pas à la notion qu'en ont les médecins ou psychiatres.
En droit pénal notamment, la démence désigne toutes les formes de l'aliénation mentale64.
Nous pouvons encore relever ces autres définitions:
o la démence désigne tous les états où le jugement est manifestement troublé par des
altérations importantes de la perception et des associations d'idées65.
o La démence désigne l'ensemble des troubles mentaux graves, l'aliénation ou la folie.
Elle peut également désigner une personne ayant une conduite extravagante66
o la démence désigne tout désordre pathologique grave qui aliène les facultés de
discernement et de contrôle de celui qui en est atteint67.
61
Rapport de l'organisation mondiale de la santé de 2001, [Link] consulté le 08 novembre
2025 à 12h.
62
[Link] > France , fondée en 1980, l'Alzheimer's Association est une organisation de santé bénévole de
premier plan dans les soins, le soutien et la recherche de l'alzheimer.
63
Rapport de l'OMS du 2 septembre 2021, [Link] consulté le 11 novembre 2025 à 12h.
64
R. NYABIRUNGU, op. cit. p. 281.
65
[Link] in POROT, Manuel alphabétique de psychiatrie, paris, 1965, p. 24.
66
Ndomba kabeya, droit civil les personnes, notes de cours , premier graduat, UNIKIN, Faculté de droit 2021-2022, inédit p.
49.
20
2. Imbécillité
Au terme de l'article 300 de la loi n° 16/008 du 15 juillet 2016 modifiant et complétant la
loi n°87-010 du 01 août 1987 portant code de la famille, les personnes qui sont dans un état
habituel de démence ou d'imbécillité peuvent être interdites dès l'âge de la majorité ou après
leur émancipation judiciaire, même lorsque cet état présente des intervalles lucides.
Pour le professeur Ndomba, l'imbécillité désigne le deuxième degré de l'aliénation
mentale entre l'idiotie et la simple aliénation mentale. C'est le manque grave d'intelligence qui
pousse quelqu'un à agir ou parler bêtement, c'est le crétinisme69.
Eu égard à ces définitions de la santé mentale et de la maladie mentale, il est important
de souligner que la personne atteinte d’une maladie mentale a perdu cet état de bien-être qui
permet de se sentir un membre à part entière de sa communauté et d’y exercer un rôle
productif et valorisant. Au contraire, elle peut vivre un état de détresse important et voir
restreindre ses habiletés personnelles, sociales, familiales, comportementales et
communautaires. « Les maladies mentales, aussi appelées ‘troubles mentaux’, sont
diagnostiquées sur la base des symptômes présentés et sont traitées par une ou des actions
thérapeutiques pouvant comprendre, entre autres, un traitement dans un hôpital psychiatrique
ou dans la communauté, selon la gravité de la maladie et de ses répercussions sur la personne
et sur son entourage70 ».
Ainsi, en présence d'une personne souffrant d'une maladie mentale ou d'un trouble
mental qui cause à autrui un dommage, le vrai problème de droit se pose quant à
détermination de celui sur qui pèsera l'obligation de réparation dans la mesure où plusieurs
législation consacre l'irresponsabilité de l'auteur de l'acte fautif.
§2. Fondement du principe d'irresponsabilité
Comme nous l'avons dit ci-haut, Le principe de l'irresponsabilité civile des malades
mentaux reflète une considération importante pour les droits de ces derniers. Il souligne le
besoin de traiter les personnes vulnérables avec compassion et respect, tout en cherchant à
établir un équilibre entre la protection de la société et les droits individuels71.
A. Fondement
67
Moïse ADDAD et Michel BENEZECH, l'irresponsabilité pénale des handicapés mentaux, Paris: librairies
techniques 1978, p. 27.
68
Ibid.
69
Ndomba Kabeya, op. cit., p. 47.
70
OUELLET LUCIE, Les yeux grands ouverts, Paris 2024, p.47.
71
L. Tranchant et V. Égéa, Droit des obligations, Paris : Dalloz les Mentos, 26e édition, 2023. p. 246.
72
H. MAZEAUD et L. MAZEAUD, Traité théorique et pratique de la responsabilité civile délictuelle et
contractuelle, Tome 1, Paris: 3ième édit. 1938, p 67.
21
- Capacité juridique : L'irresponsabilité civile se base sur l'idée que, en raison de leur état
mental, certaines personnes ne sont pas capables d'exercer leurs droits ou d'assumer des
obligations légales. Cela signifie qu'elles ne peuvent pas pleinement comprendre les
conséquences de leurs actes ou prendre des décisions éclairées.
- Protection des personnes vulnérables : Les lois reconnaissent que les malades mentaux
peuvent être plus vulnérables à l'exploitation et aux abus. Par conséquent, le principe
d'irresponsabilité civile vise à les protéger en tenant compte de leur incapacité à gérer leurs
affaires de manière rationnelle.
- Critères médicaux et psychologiques : Pour établir l'irresponsabilité civile, il est
souvent nécessaire de se baser sur des évaluations médicales et psychologiques qui
déterminent l'état de santé mentale d'un individu. Ces évaluations aident à juger de la capacité
d'une personne à comprendre ses actes et à gérer ses affaires.
- Alternatives à la responsabilité : Dans de nombreux systèmes juridiques, lorsque
quelqu'un est déclaré irresponsable civilement en raison de problèmes de santé mentale, des
mesures telles que la mise sous tutelle ou curatelle peuvent être mises en place pour gérer ses
affaires. Cela reflète une approche visant à protéger l'individu tout en assurant une certaine
forme de prise en charge de sa situation.
- Philosophie éthique : Sur le plan éthique, l'idée d'irresponsabilité civile s'inscrit dans
une volonté de justice et de dignité. Reconnaître que certains individus ne peuvent pas être
tenus responsables de leurs actes en raison de troubles mentaux reflète une approche
compatissante qui tient compte des circonstances personnelles et de la santé de chacun.
En somme, le principe d'irresponsabilité civile des malades mentaux est justifié par la
nécessité de protéger les personnes en situation de vulnérabilité, en tenant compte de leur
capacité à comprendre et à gérer leurs actions dans le cadre du droit73.
B. Abandon du principe en droit français
Très mal compris par plusieurs, car l'on a pensé que l'on voulait rendre les personnes
dépourvues de discernement (mineurs, malade mental) civilement et personnellement
responsables de leurs actes, l'abandon de l'élément psychologique de la faute dans le droit
français fait référence à une évolution dans la façon dont la responsabilité civile est
appréhendée, notamment à travers un déplacement de l'accent sur la faute (comportement
fautif) vers d'autres critères de responsabilité74. Traditionnellement, en droit français, comme
dans plusieurs autres systèmes juridiques, la responsabilité civile était fondée sur la faute.
Cela impliquait de prouver l'existence de la faute et le lien de causalité entre cette faute et le
dommage subi. L'élément psychologique de la faute renvoie à l'intention ou à la négligence de
l'auteur de l'acte, qui devait être démontré pour engager sa responsabilité. Au fil du temps, le
droit français a évolué vers une approche plus objective de la responsabilité civile,
particulièrement à travers certaines réformes et décisions judiciaires.
Pour Corinne Renault-Brahinsky75, dans la conception classique, la faute implique la
faculté de discernement, c’est-à-dire l’aptitude à apprécier la portée de ses actes. En l’absence
73
H. MAZEAUD et L. MAZEAUD, op. cit. p.68.
74
L. Tranchant et V. Égéa, op. cit. p. 249.
75
C. Renault-Brahinsky, Droit des obligations, Paris : Gualino, 16e édition, 2019, p.158.
22
de cette faculté, le comportement, même objectivement anormal, ne pouvait pas être considéré
comme fautif. Cette exigence de l’imputabilité du comportement a servi pendant longtemps à
justifier l'irresponsabilité des personnes privées de discernement. Le principe
d’irresponsabilité de ces personnes a été abandonné en deux temps:
- loi du 3 janvier 1968 pendant longtemps, on a considéré que lorsqu’il n’avait pas de
conscience, il n’y avait pas de liberté et donc irresponsabilité. La victime ne pouvait donc être
indemnisée pour le dommage qui lui était causé par un aliéné. La loi du 3 janvier 1968
relative aux incapables majeurs a modifié l’article 489-2 du Code civil, devenu ultérieurement
l’article 414-3 ,qui prévoit désormais que « celui qui a causé un dommage à autrui alors qu’il
était sous l’empire d’un trouble mental n’en est pas moins obligé à réparation ». L’obligation
de réparer existe même en l’absence de faute de la part de l’aliéné. L’exigence d’imputabilité
du comportement, c’est-à-dire d’élément psychologique, est écartée même pour les personnes
victimes de troubles mentaux;
- dans cinq arrêts du 9 mai 1984 (Cass. ass. plén, 9 mai 1984: nº79-16612, Fullenwarth; nº80-
93481, Derguini; nº80-93031, Lemaire; nº82-92934, Djouab; nº80-14994, Gabillet), la Cour
de cassation a écarté la question du discernement en matière de responsabilité civile d’un
mineur. L’enfant peut commettre une faute sans qu’il soit nécessaire de se demander s’il est
doué de discernement. Ces arrêts consacrent une conception objective de la faute. La faute est
un comportement objectivement anormal.
Le professeur François Terré, lavant tout malentendu, précise qu'en visageant la situation
de certains auteurs de dommages, la loi ne les déclare ni fautifs, ni même responsables, et se
borne à disposer que celui qui a causé le dommage sous l'empire d'un trouble mental « n'en est
pas moins obligé à réparation », ce qui n'est pas dire qu'il est responsable. Par cette subtilité
de rédaction, l'auteur du texte avait semble-t-il entendu marquer qu'il n'est pas possible de
retenir faute à l'égard du dément mais que celui-ci est malgré cela obligé à réparation76.
Section 2. CONDITIONS ET FONDEMENT
§1. Conditions de la responsabilité civile des malades mentaux
A. L’existence d’un fait générateur de responsabilité
L’engagement de la responsabilité civile des malades mentaux, comme pour toute autre
personne, repose sur un fait générateur qui peut être une faute ou un acte dommageable.
Responsabilité délictuelle : Elle repose sur l’article 258 du Code civil congolais, qui
énonce que "tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige
celui par la faute duquel il est arrivé à le réparer".
Responsabilité quasi-délictuelle : Elle découle d’un acte involontaire, mais qui cause
néanmoins un préjudice.
Dans le cas des malades mentaux, le fait générateur peut être un acte de violence, une
destruction de biens, ou encore un accident causé par l’individu.
76
François Terré et al., op. cit. p.788
23
Pour engager la responsabilité civile d’un malade mental, il faut que la victime subisse un
dommage. Ce dommage doit être certain, direct et réparable.
En droit congolais, la victime a droit à réparation du dommage subi, même si celui-ci a été
causé par une personne atteinte de troubles mentaux.
Le lien de causalité est essentiel pour établir la responsabilité civile. Il doit être prouvé que
l’acte du malade mental est directement à l’origine du dommage subi par la victime.
Dans le cas des malades mentaux, la responsabilité peut être atténuée si une cause extérieure,
indépendante de leur volonté, est identifiée comme étant la cause principale du préjudice.
Le malade mental peut-il comprendre et contrôler ses actes ? Cette question est déterminante
pour l’engagement de sa responsabilité.
Si l’individu est atteint d’une maladie mentale grave qui empêche toute appréciation des
conséquences de ses actes, sa responsabilité peut être exonérée.
Dans certains cas, même en présence d’un trouble mental, la responsabilité peut être retenue
si :
En droit congolais, la responsabilité civile des malades mentaux repose sur plusieurs
fondements qui justifient leur obligation de réparer les dommages qu’ils causent.
L’article 258 du Code civil congolais prévoit que "chacun est responsable du
dommage qu’il cause non seulement par son fait, mais encore par sa négligence ou son
imprudence".
La responsabilité peut être transférée à un tiers (tuteur, institution).
B. L’idée de la garantie
Si le tuteur ou l’institution psychiatrique n’a pas pris les mesures nécessaires pour
prévenir le dommage.
Si le malade mental a été laissé sans surveillance alors qu’il était connu pour être
dangereux.
Si un traitement inadéquat ou un manque de soins a contribué à l’incident.
Le tuteur ou la famille peut donc être tenu responsable du fait du malade mental si une
négligence est démontrée.
Certains auteurs soutiennent que la responsabilité civile des malades mentaux repose sur une
approche fondée sur le risque social et la solidarité nationale.
La société doit assumer une part de responsabilité pour les personnes souffrant de maladies
mentales.
Les victimes ne doivent pas être laissées sans réparation, même si l’auteur du dommage est
irresponsable juridiquement.
77
KALONGO MBIKAYI, op. cit. p.210.
25
de ces personnes visées par l'article 260 du code précité, ne se fonde pas sur leur faute
personnelle mais sur une présomption de faute.
La responsabilité du fait d'autrui est favorable aux victimes dans la mesure où elle leur
fournit un second responsable qui est généralement plus solvable que l'auteur direct du
dommage78.
§1. Fondement général de la responsabilité des personnes visées par l'article 260
La responsabilité des personnes susvisées se fonde d’abord sur la présomption que ces
personnes n’ont pas bien surveillé ni éduqué l’auteur du dommage dont elles répondent79.
C'est ce qu'il convient d'appeler le défaut de surveillance et d’éducation car l'idée véhiculée
est celle de faire doubler ces personnes de vigilance afin que les personnes dont elles
répondent ne causent pas des dommages80.
Il convient aussi de dire que ces responsabilités sont instituées dans le but de protection
de la victime et se conçoivent comme une exception au principe de la responsabilité pour fait
personnel des articles 258 et 259 du code civil, livre III en rendant responsables certaines
personnes responsables, appelées civilement responsables, non pour leurs fautes personnelles
mais pour les fautes causées par d’autres personnes81.
Le principe de la responsabilité civile du fait d'un tiers visant ainsi la protection des
victimes d'actes dommageables, elle permet de garantir qu'une personne puisse obtenir
réparation, même si la personne directement responsable du dommage est incapable ou ne
dispose pas nécessairement de ressources pour indemniser sa victime. Et cette responsabilité
est engagée sans qu'il soit nécessaire de prouver la dans le chef du civilement responsable.
Cela suppose que, pour le cas du mineur par exemple, même sans preuve de négligence ou du
défaut de surveillance ou encore du manque d'éducation de la part des parents, ils peuvent être
tenus responsables des actes de leurs enfants. Cette faute est présumée dans leur chef 82. À
moins ces derniers justifient d'avoir surveillés de la manière usitée et avec l'attention
commandée par les circonstances. Cette présomption peut être renversée s’il y a cas fortuit ou
de force majeure, faute de la victime ou faute d’un tiers 83. Il a été jugé qu’ « il ne suffit pas
que le père prouve que l’enfant était bien surveillé d’une manière générale, mais encore qu’en
fait et eu égard au cas concret, cette surveillance a été suffisante et que le dommage s’est
produit alors qu’il ne pouvait pas normalement mieux surveiller l’enfant84 ».
78
C. Renault-Brahinsky, op. cit. p.159.
79
KALONGO MBIKAYI, op. cit. p.211.
80
Ibid.
81
Kenge Ngomba Tshilombayi (M.T), Droit civil les obligations, Paris, L’Harmattan, 2017.p. 184.
82
C. Renault-Brahinsky, op. cit. p.165.
83
M. KENGE NGOMBA, la réforme du droit des obligations en RD Congo, Paris : édition l'Harmattan 2020 ( coll.
« Comptes rendus » ), p.166.
84
1ère Inst. Elis., 13 octobre 1960, RJC 1964, p. 15.
26
La responsabilité civile des père et mère pour les actes délictuels posés par leurs enfants
mineurs, interdits comme ceux atteints de maladie mentale trouve son fondement légal aux
articles 713 du code de la famille et 260 al. 2 et 5 du code civil livre III.
D’après l’article 260, alinéa 2 du Code civil, livre III, «le père et la mère, après le décès
du mari, sont responsables du dommage causé par leurs enfants habitant avec eux» (art. 260,
al. 2). « Cette responsabilité a lieu «à moins que le père et la mère ne prouvent qu’ils n’ont pu
empêcher le fait qui donne lieu à cette responsabilité ». (Art. 260 al. 5).
En effet, l'article 713 du code de la famille vient, en cette matière, compléter, renforcer le
régime de la responsabilité des parents pour les actes posés par leurs enfants placé par l'article
260 al. 2 du code civil livre III. De ce fait, les conditions d'application de cette responsabilité
sont les mêmes.
Le principe étant ainsi fixé par la loi vaut aussi bien pour les mineurs que pour les
enfants atteints de maladie mentale. Il en est ainsi du droit belge par exemple, où lorsqu’une
personne atteinte de troubles mentaux a commis un acte objectivement illicite étant mineur, la
responsabilité des parents pourra être recherchée, conformément à l’article 1384, alinéas 2 et
5, du Code civil. Cette disposition instaure une présomption irréfragable de faute dans la
surveillance et/ou dans l’éducation, en lien causal avec le dommage subi85. Renverser cette
présomption n’est toutefois pas chose aisée pour les parents, un enfant dément requérant un
degré élevé de surveillance86.
Trois conditions sont donc nécessaires pour engager cette responsabilité: le dommage
doit être causé par un enfant, cet enfant doit habiter avec ses parents et enfin, le dommage doit
résulter du fait personnel de l'enfant.
Le dommage doit être causé par la faute de l’enfant. Mais qui est enfant ? L’article 260
alinéas 2 n’exige pas la condition de la minorité. Il s’agit donc de tout enfant quel que soit son
âge. Le législateur congolais en son article 260 alinéa 2 n’a pas ajouté l’adjectif « mineur »
comme dans le code civil belge qu’il a reproduit, et ce, à dessein. Ainsi, l’article 260 a un
caractère d’ordre public et doit être interprété de façon stricte.
85
Cass., 20 octobre 1999, Pas., 1999, I, p 1360, [Link].B., 2001, p. 80.
86
Po. Liège, 11 ma 1983, Jur. Liège, 1983, p.300.
27
Il est à croire donc que cet article a voulu se confirmer à la conception d'une
responsabilité civile collective de droit coutumier qui ne fait pas la distinction de minorité ni
de majorité parmi les auteurs du dommage dont la famille étendue est rendue responsable
grâce à la solidarité clanique87. Il s’agit par conséquent des enfants indistinctement, majeurs
et mineurs. Une autre partie de la doctrine a estimé que la minorité de l’enfant est une
condition nécessaire de la responsabilité civile des parents comme en droit civil belge. Pour
éviter toute cette controverse, une doctrine à estimer il faut réformer l’article 260 alinéa 2
pour ne viser que les enfants mineurs conformément à la loi sur la protection de l’enfant88,
mais en cas de la mise en place d'une telle réforme, quelle sera la solution si l'enfant ayant
posé l'acte dommageable est majeur atteint de maladie mentale de trouvant sous la garde de
ses parents ? Personnellement, nous croyons que cette proposition n'est pas la bonne et ne
tient surtout pas compte des victimes car un enfant de 18 ans naturellement n'a pas de quoi
indemniser sa victime.
En droit congolais, la loi n'ayant pas parlé de l'enfant mineur, on ne pense pas que cette
responsabilité soit fondée sur l'idée de l'exercice de l'autorité parentale sur l'enfant mineur
comme c'est le cas en France. La responsabilité, ici, n'est pas la contrepartie de l'autorité
parentale et par conséquent, la majorité et l'émancipation ne font pas cesser cette
responsabilité des parents. L'enfant ici, doit plutôt être compris au sens de l'article 647, 721 du
code de la famille.
L’enfant doit habiter avec ses parents. Cette condition de cohabitation justifie la
présomption de faute dans le défaut de surveillance ou le défaut d’éducation qui pèse sur le
père et la mère.
Si l’enfant habite loin de ses parents, ces derniers cessent d’être responsables parce qu’ils
ne peuvent le surveiller. Ceux qui habitent avec l’enfant dans ce cas seront responsables sur
base des articles 258 ou 259 CCLIII s’il est prouvé leur faute personnelle. De même, si
l’enfant est légalement sous la garde d’autrui, tel l’instituteur, les père et mère ne seront pas
responsables89. Ce problème est différemment résolu en droit français. En effet, il est à noter
que la question qui se pose régulièrement à la jurisprudence française est celle de savoir si les
parents demeurent responsables du fait de leur enfant lorsque celui-ci se trouve hors du
domicile parental et donc pas physiquement chez eux. La jurisprudence reste instable mais
tend à considérer que la cohabitation avec les parents persiste même si l'enfant est en internat
ou chez ses grands-parents par exemple90
87
KALONGO MBIKAYI, op. cit. p.213.
88
M. KENGE NGOMBA, la réforme du droit des obligations en RD Congo, Paris : édition l'Harmattan 2020 ( coll.
« Comptes rendus » ), p.166.
89
KALONGO MBIKAYI, op. cit. p.214.
90
C. Renault-Brahinsky, op. cit. p.163.
28
C’est une responsabilité qui n’est pas solidaire: c’est le père ou à défaut, la mère en cas
décès du père ou d’incapacité de celui-ci91 .
Il faut que le dommage soit causé par le fait personnel de l’enfant, c’est-à-dire par sa
faute. Normalement, cette faute doit être imputable à l’enfant mais pour les petits enfants, il
suffit que ce fait soit «objectivement illicite», c’est-à-dire imputable à l’enfant. C’est là un
contour qu’impose la nécessité d’indemniser la victime. Sinon le défaut de faute chez l’enfant
devrait aboutir normalement au débouté de la victime, l’enfant (très jeune) n’ayant pas de
volonté consciente92.
D. Fondement
On fonde la responsabilité civile des père ou mère sur la présomption des fautes selon
laquelle le père ou la mère n’ont pas surveillé ni bien éduqué leur enfant. S’ils l’avaient fait,
leur enfant n’aurait pas pu causer le dommage dont ils sont rendus responsables93.
Cette présomption est, selon l’article 260, alinéa 5, renversable. Elle sera écartée lorsque
les parents prouveront :
1°.que le fait de l’enfant n’est que le résultat d’une force majeure ou du fait d’un tiers
revêtant le caractère d’une force majeure;
2°.qu’ils n’ont pas manqué à leur devoir de surveillance et d’éducation, «qu’ils se sont
conduits avec toute la prudence désirable et que, malgré cette prudence, ils n’ont pu prévoir
ou empêché le dommage»94.
Dans la pratique, le père ou la mère ont rarement réussi à renverser cette présomption de
faute95.
En effet, il a été dit que la responsabilité civile des parents est engagée lorsque ces
derniers font une surveillance directe sur l'enfant, c'est-à-dire, lorsque la condition de la
cohabitation est respectée.
Alors qu'arrive-t-il si l'enfant reste chez un autre membre de la famille de ses parents ?
C'est justement à ce stade qu'est envisagée la responsabilité de la personne auprès de laquelle
l'enfant demeure.
91
M. KENGE NGOMBA, op. cit. p. 167.
92
KALONGO MBIKAYI, op. cit. p. 215.
93
Cité par KALONGO, Déveoppements in Sohier (A), Drot cvl du Congo II par M. Rae, n°14; Sace (J), La
responsabilité des parents suivant l’article 260 du code civi congoais RJCB 1958, p. 335.
94
Cité par KALONGO, 469Jullot de la Morandère (L) op cit n°645 n fine; Cass. fr, cv. 20 décembre 1960, D. 1961
141 2 novembre 1961, D. 1982, 48.
95
Ollier (P.D.) La responsabilité civile des père et mère, Paris, LGDJ 1961.
29
Si l’enfant habite loin de ses parents, ces derniers cessent d’être responsables parce qu’ils
ne peuvent le surveiller. Ceux qui habitent avec l’enfant dans ce cas seront responsables sur
base des articles 258 ou 259 CCLIII s’il est prouvé leur faute personnelle96.
Ainsi, l'on peut donc dire que la responsabilité du tireur se fonde sur l'article 260 al.1 du
code civil livre III au terme duquel « On est responsable non seulement du dommage que l’on
cause par son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on
doit répondre, ou des choses que l’on a sous sa garde ».
Cette responsabilité civile est engagée dans les conditions requises pour la responsabilité
civile des parents.
La victime du fait d’une personne atteinte de troubles mentaux peut songer, dans
certaines circonstances, à invoquer a responsabilité personnelle des institutions de protection
sociale, en leur faisant grief ou en faisant grief à leurs employés d’avoir commis une faute,
principalement dans a surveillance97.
En droit belge, cette responsabilité se fonde sur les articles 1382 et 1383 lesquels
équivalent aux articles 259 et 260 du code civil congolais livre III.
Dans bien des cas, toutefois, l’existence d’une telle faute de surveillance est difficile à
prouver, notamment en raison du caractère soudain et imprévisible de l’accident 98 Il faut en
outre établir avant toute chose que l’institution est tenue d’une obligation de surveillance. Le
cas échéant, la jurisprudence considère que la surveillance d’un malade mental est une
obligation de moyens qui doit être évaluée in concreto. Si des exigences plus strictes que pour
un malade ordinaire s’appliquent99, l’ampleur de cette surveillance sera plus ou moins
importante en fonction de la gravité du handicap mental, du danger qu’il représente, et du
caractère fermé ou non de l’institution. En d’autres termes, une surveillance stricte n’est
exigée que s’il existe des raisons pour ce faire (telles que des tendances suicidaires accrues ou
des antécédents sérieux). Une obligation de résultat ne se justifierait pas, notamment au regard
des thérapies actuelles qui visent à accorder plus de liberté aux malades en vue de leur
guérison et de leur réinsertion, sauf à encourager les surveillants à privilégier la sécurité et
donc l’isolement, voire l’enfermement100.
A ainsi été jugé fautif le fait de laisser s’échapper au bout de quelques heures un malade
mental d’une section fermée d’une institution psychiatrique101, ou le fait de ne pas veiller de
96
M. KENGE NGOMBA, op. cit. p. 167.
97
Voy pour des centres de placement : Bruxeles, 16 janvier 2002, RG.A.R., 2002, n°13.570; Bruxelles, 30 mars
1953, R.G.A.R., 1955, no 5517. Voy. pour des institutions psychiatriques : Comm. Bruxelles, 31 mai 2005, Rev.
dr. santé, 2005-2006, p. 398.
98
P. Colson et N. Estienne, « Le mineur confié à un tiers : la responsabilité des mouvements de jeunesse et des
centres de placement », in Responsabilités autour et alentour du mineur, Limal, Anthemis, 2011, p. 33.
99
Anvers, 11 octobre 2005, Rev. dr. santé, 2005-2006, p. 393.
100
B. Decleyre, « La responsabilité civile des déments et anormaux : analyse critique de l’article 1386bis du Code
civil », op. cit., p. 408.
101
Civ. Tongres, 15 mai 1995, R.W., 1996-1997, p. 362.
30
façon accrue à ce que les personnes handicapées qui descendent d’un car ne courent pas pour
rejoindre leur foyer102.
N’a, cependant, pas commis de faute l’institution qui laisse s’échapper une personne
handicapée, accidentée à proximité, dont rien ne préconisait une privation de liberté103, ou
celle qui laisse jouer des jeunes gravement handicapés avec des jouets destinés à des bambins
de moins d’un an104. Ne constitue pas non plus une faute le fait de laisser subsister un risque,
celui créé par les thérapies modernes de traitements, au nom du bien-être du malade, de sa
réintégration sociale et de ses droits d’homme à part entière105.
Tout sera évidemment question de circonstances, mais il faut bien admettre que, dans la
grande majorité des cas, y compris dans l’arrêt commenté, lorsque la victime agira contre
l’institution, elle invoquera principalement la responsabilité de celle-ci en raison d’une faute
imputable à ses préposés106.
102
Bruxelles, 25 janvier 1994, R.G.A.R., 1995, no 12.457.
103
Civ. Tongres, 15 mai 1995, R.W., 1996-1997, p. 362 ; Pol. Turnhout, 18 février 2002, Rev. dr. santé, 2006-
2007, p. 108.
104
Gand (1re ch.), 9 décembre 1994, T.G.R., 1996, p.8.
105
Civ. Bruxelles, 30 octobre 1989, R.G.A.R., 1993, no 12.107.
106
Voy. aussi Civ. Bruxelles, 10 janvier 1992, J.T., 1992, p. 643 (responsabilité d’un organisateur de camp pour
avoir laissé une hache à disposition d’un handicapé mental).
107 Ken Katz, La responsabilité délictuelle des autorités publiques ,Revue de la jurisprudence, Québec : 5ième édi. 2002, p.1.
108
C'est pourquoi nous avons proposé ,à la deuxième section de ce chapitre, l'ajout de l'État dans la liste des
personnes civilement responsables cités à l'article 260 du code civil livre III.
109
Ken Katz, op. cit. Voir également l'article 30 al. 1 de l'acte uniforme relatif aux procédures simplifiées de
recouvrement et voies d'exécution.
31
son statut d'employeur ou de mandant relativement aux délits commis par ses employés ou
mandataires dans l'exercice de leurs fonctions110.
En droit congolais, c'est par l'ordonnance-loi du 01 octobre 1969 relative aux dommages
causés par les troubles que cette question est partiellement traitée. En effet au terme de ses
articles 1 et 2 il est dit: Toute action fondée sur le droit commun en matière de responsabilité
civile et tendant à faire condamner l’État à réparer les dommages causés soit par des
émeutiers ou insurgés, soit par les forces de l’ordre agissant contre ceux-ci, sera déclarée non
fondée par les cours et tribunaux.
Toutefois, dans le cas de dommages causés à des tiers par les forces de l’ordre, l’action
pourra être déclarée fondées s’il est établi que le fait ou l’acte dommageable s’inscrit en
dehors du déroulement même des opérations dirigées contre les émeutiers ou insurgés et qu’il
constitue une faute des forces de l’ordre.
Toutefois, dans le cas de dommages causés à des tiers par les forces de l’ordre, les
décisions susvisées pourront être exécutées si elles apportent la preuve que le fait ou l’acte
dommageable s’inscrit en dehors du déroulement même des opérations dirigées contre les
émeutiers ou insurgés et qu’il constitue une faute des forces de l’ordre.
Nous pensons qu'avec cette ordonnance-loi, ce problème était partiellement résolu dans
la mesure où il est ici traité le problème de la responsabilité de l'État quand ce dernier a agi
directement par ses préposés.
110
Ken Katz, op. cit. p. 3.
111
KALONGO MBIKAYI, op. cit. p. 211.
32
gouvernement112, ce serait notamment le cas d'une autorité administrative qui prend un acte
qui préjudicie un individu, alors il faudra réparer. En droit congolais l'on parle de la procédure
du contentieux de pleine juridiction113.
Donc il nous semble que la modification de dispositions de l'article 260 du code civil
livre III ne poserait aucun problème. En sus de la responsabilité civile l'État, l'on peut
envisager plusieurs autres responsabilités civiles par cette modification pourquoi pas jusqu'à
organiser même la réparation du préjudice écologique comme c'est le cas en France où toute
personne responsable d'un préjudice écologique est tenue de le réparer114.
En matière de responsabilité civile délictuelle, l'État est assimilé à une personne
physique, majeure et capable, pour :
a) les délits civils commis par ses préposés;
b) les manquements aux obligations liées à la propriété, à l'occupation, à la possession ou
à la garde de biens ou personnes115.
B. Dommages survenus avant la garde par l'État
Nous le disons depuis l'amorce de cette étude. La volonté du législateur exprimée à
l'article 1 de l'ordonnance-loi n° 11-83 du 14 février 1959 portant logement des individus dont
la libre circulation offrirait du danger pour eux-mêmes ou pour autrui est celle de soumettre
l'État à l'obligation de garde de personnes présentant un trouble mental afin d'éviter qu'elles
circulent librement car elles s'offrent elles-mêmes au danger mais elles constituent également
un danger pour la société.
1. Principe
La responsabilité civile de l'État ici sera fondée d'abord sur le défaut de surveillance de
personnes présentant un trouble mental par l'État et ensuite sur l'idée que, ces personnes,
auteurs des dommages, ne seraient pas elles-mêmes solvables et les victimes n'auront pas la
possibilité de réclamer réparation d'où seul celui qui les surveille et les contrôle sera garant,
responsable116.
Quant aux conditions, puisque nous sommes en train de parler de la responsabilité de
l'État pendant la période avant la garde, alors il faudra préciser que l'État ne sera tenu pour
responsable que si ces personnes se trouvent dans la rue, d'où la condition de la libre
circulation.
En effet, l'ordonnance du 14 février 1959 ne soumet l'État à l'obligation de garde
seulement quand les malades mentaux se trouvent dans la rue. Cela va de soi dans la mesure
où il n'y a que deux options. Si un malade mental n'est pas dans la rue, il est alors soit garder
par l'État ou par sa famille.
112
Ken Katz, op. cit. p. 31.
113
F. VUNDUAWE te PEMAKO et J-M. MBOKO DJ'ANDIMA, Traité de droit administratif de la République
démocratique du Congo, 2ieme éd., Bruxelles, Bruylant, 2020, p.1057.
114
Art. 1247 du code civil français.
115
Daniel Jutras, Loi sur la responsabilité civile de l'État et le contentieux administratif, rapport soumis au
ministère de la Justice du Canada, 31 mars 1996, https:// [Link], consulté le 24 janvier 2025 à
12h.
116
KALONGO MBIKAYI, op. cit. p. 211.
33
Dans la deuxième hypothèse, c'est-à-dire celle selon laquelle un malade mental serait
gardé par sa famille, la responsabilité civile de l'État ne pourrait donc pas être engagée lorsque
celui-ci s'échappe de la surveillance de sa famille et part causer un préjudice à une personne.
Dans ce cas, le défaut de surveillance ne sera pas retenu contre l'État mais plutôt contre le
membre de la famille qui exerce cette surveillance. Dans ce cas, la victime devra orienter son
action contre cette personne et non l'État.
Alors, nous aurions compris que la responsabilité civile de l'État est, ici, tributaire du
défaut de respect de l'obligation de garde ou de surveillance à laquelle est soumis l'État.
2. Conditions
La formule l'annonce, la responsabilité civile délictuelle = faute + dommage + lien de
causalité, il est ici question d'analyser la faute de l'État dans les actes dommageables que
posent les malades mentaux et le lien de causalité.
3. La faute
L'existence d'un comportement, qualifié de fautif, est exigé pour engager la
responsabilité civile117. Selon l'article 258 du code civil livre III " Tout fait quelconque de
l’homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé à le
réparer ". Cela revient à dire que le fait dont parle la loi est fautif. C'est pourquoi dans son
arrêt du 23 février 1971 la Cour suprême de justice a dit que " Pour mettre à charge d'une
partie, la responsabilité délictuelle qui découle des articles 258 et suivants du code civil livre
III, le juge doit constater que le dommage résulte d'une faute ou d'une négligence de cette
partie 118".
Alors qu'est-ce que la faute ?
D'emblée, il faut dire que le code civil n'a pas défini la faute par conséquent la doctrine et
la jurisprudence ont tenté de donner à cette notion plusieurs définitions théoriques119.
Il existe sur ce point des divergences doctrinales et celle qui semble correcte est la
suivante : la faute comprend trois hypothèses.
- faute violation d'un texte préexistant
- faute d'un acte illicite, contraire au droit ou abus de droit.
- faute comme tous les comportements qui paraissent anormaux : imprudence, ou simple
maladresse120.
Les jalons étant posés, il sied de préciser directement que la faute retenue pour la
responsabilité civile de l'État est issue de sa négligence. Et puisque la faute civile peut être
une faute de commission ou une faute d’omission, celle retenue contre l'État est d'omission
dans la mesure où la faute de commission a lieu lorsqu'on pose un acte positif présentant les
caractères d’une faute or ici l'État n'a pas posé un acte mais a par contre manqué à une
obligation, celle de la garde.
117
C. Renault-Brahinsky, op. cit. p.155.
118
CSJ. 23.2.1971 RJZ. n° 2 et 3,1972, p 274.
119
KALONGO MBIKAYI, op. cit. p. 192.
120
C. Renault-Brahinsky, op. cit. p.155.
34
La faute de l'État sera retenue à partir du moment où la victime aura démontré le défaut
de surveillance de la part de ce dernier.
4. Le lien de causalité
Le lien de causalité est un élément fondamental dans la responsabilité civile, y compris
dans le cadre de la responsabilité du fait d'un tiers121. En matière de responsabilité civile, il est
essentiel d'établir un lien de causalité entre la faute, le dommage et le préjudice.
Contrairement à ce que pensent plusieurs, ici le lien de causalité à démontrer est entre la
faute et le dommage et non entre la faute et le défaut de surveillance.
Le principe sera alors le même, l'on doit démontrer que c'est l'acte d'un malade mental
que la victime a subi un dommage. Le lien de causalité requiert donc que le dommage causé
résulte directement, certainement et immédiatement de la faute122. Le professeur Évariste
BOSHAB le dit autrement lorsqu'il estime que les articles 259, 260 à 262 du code civil
congolais, livre III, posent les principes d’indemniser presque la plupart des dommages, il
n’empêche cependant que la nécessité de démontrer l’existence de la faute, mieux le lien de
causalité entre la faute commise et le préjudice causé, ne semble pas de nature à faciliter la
tâche aux victimes123.
Et même si ce lien de causalité devrait être apprécié sur la personne du civilement
responsable, ça ne compliquerait rien car il faudra seulement démontrer que le dommage subi
par la victime a été causé par les actes ou les omissions du tiers et que la personne responsable
(parent, employeur, l'État, etc.) avait un devoir de contrôle ou de surveillance.
C. Dommages survenus pendant la garde
Aux termes de l'article 1 de l'ordonnance du 14 février 1959, dans les localités où il
n’existe pas d’établissement sanitaire susceptible de les recevoir, les individus atteints de
troubles mentaux et dont la libre circulation pourrait constituer un danger, soit pour eux-
mêmes, soit pour autrui, peuvent, à la requête du service médical, être logés d’office dans le
quartier spécial réservé dans les maisons de détention aux détenus préventifs. Ils sont séparés
de ces derniers. Ils sont l’objet d’un traitement approprié à leurs besoins et à leur état.
Lorsque l'État décide alors de loger ces malades mentaux, l'obligation de garde ou de
surveillance pèse sur lui et de ce fait, il sera tenu responsable des actes dommageables que ces
derniers peuvent poser.
1. Principe et conditions
La responsabilité civile d'une personne soumise à l'obligation légale d'éducation ou de
surveillance se fonde sur la présomption de faute et a pour assiette légale les articles 259 et
260 al. 1 du code civil livre III.
Article 259 : " Chacun est responsable du dommage qu’il a causé, non seulement par son
fait, mais encore par sa négligence ou par son imprudence ". Dans ce cas, l'imprudence de
121
L. Tranchant et V. Égéa, Droit des obligations, Paris : Dalloz les Mentos, 26e édition, 2023. p. 187.
122
L. Tranchant et V. Égéa, op. cit. p 188.
123
M. KENGE NGOMBA, la réforme du droit des obligations en RD Congo, Paris : édition l'Harmattan 2020 ( coll.
« Comptes rendus » ), p. 300.
35
l'État ou de ses préposés est retenue à partir du moment où ces malades mentaux, censés être
dans les locaux où ils sont logés, se trouvent dans la rue.
Article 260 al. 1 : " On est responsable non seulement du dommage que l’on cause par
son propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit
répondre, ou des choses que l’on a sous sa garde ".
En droit français, pour admettre l’existence de nouveaux cas de responsabilité du fait
d’autrui, l’Assemblée plénière de la Cour de cassation s’est fondée sur la généralité des
termes de l’art.1242 : " On est responsable non seulement du dommage que l'on cause par son
propre fait, mais encore de celui qui est causé par le fait des personnes dont on doit répondre,
ou des choses que l'on a sous sa garde ". Et dans l'Arrêt l’arrêt Blieck, la même Assemblée
plénière a retenu la responsabilité d’une association gérant un centre d’accueil de personnes
handicapées mentales, dont l’une avait causé un dommage à un tiers, en relevant que cette
institution « avait accepté la charge d’organiser et de contrôler, à titre permanent, le mode de
vie de cet handicapé et devait répondre de celui-ci, au sens de l’art.1242, al.1 124».
Nous signalons qu'en droit français, cet article est susceptible d'une interprétation
extensive en responsabilisant même les personnes non expressément citées par lui, tel a été le
cas de l'arrêt précité et de tant d'autres.
Toujours en parlant l'interprétation extensive, cette responsabilité du fait d’autrui fondée
sur l’art.1242, al. 1, a ensuite été retenue dans d’autres hypothèses, par exemple à l’encontre
d’un établissement de rééducation ou d’une clinique psychiatrique, qui doivent répondre des
dommages provoqués par leurs pensionnaires, ou d’un tuteur, qui est présumé responsable des
actes de l’incapable. Des associations sportives (ex., un club de rugby) ont également été
déclarées responsables dédommages causés par le fait de leurs joueurs, au motif qu’elles ont
pour mission « d’organiser, de diriger et de contrôler l’activité de leurs membres au cours des
compétitions sportives auxquelles ils participent ». Le caractère permanent de la mission de
contrôle (relevé dans l’arrêt Blieck) n’est donc pas nécessaire puisque, dans ce dernier cas, ce
contrôle n’est exercé que pendant les compétitions125.
Donc nous aurions compris que la responsabilité de l'État se fonde sur son imprudence et
sur son défaut de surveillance.
Quant à la condition, pour que l'on retienne l'État civilement responsable des actes
dommageables posés par un malade mental, il faut que celui-ci soit, avant ces actes, sous la
surveillance de l'État.
Cette condition, comme nous le verrons au point suivant, est logique puisque le
fondement de cette responsabilité réside dans la présomption d'une mauvaise surveillance126.
124
L. Tranchant et V. Égéa, op. cit. p 175.
125
Ibid, p. 176.
126
KALONGO MBIKAYI, op. cit. p. 214.
36
2. Fondement
Le fondement de cette responsabilité réside dans la présomption d'une mauvaise
surveillance, la faute de l'État qui renvoie ici au défaut de surveillance.
C'est donc la faute, sous l’angle de la violation d’un devoir de diligence, qui fonde, du
moins historiquement, la responsabilité civile de personnes citées à l'article 260 du code civil
livre III127. Alors, comme nous l'avons dit le fondement de la responsabilité du fait d'un tiers
repose principalement sur le principe selon lequel une personne peut être tenue responsable
des dommages causés par une autre personne qu'elle est censée contrôler, surveiller ou
encadrer. Ce fondement reste le même qu'il s'agisse de la période avant ou après la garde des
malades mentaux par l'État.
Aussi, les principaux fondements de cette responsabilité se regroupent autour de
plusieurs concepts juridiques, il peut s'agir de la responsabilité subjective, dans ce cas, la
responsabilité dépend de la faute du maître (parent, employeur, l'État, etc.). Il faut démontrer
que celui-ci a fait preuve de négligence dans l'exercice de son devoir de surveillance ou de
contrôle. Par exemple, si un parent ne surveille pas correctement son enfant et que celui-ci
cause un dommage, cela peut engager la responsabilité du parent128. Mais il peut aussi s'agir
la responsabilité objective comme c'est le cas en France notamment où dans certains cas, la
responsabilité peut être engagée indépendamment de la faute du responsable. Par exemple, en
matière de responsabilité du fait des produits, le fabricant peut être tenu responsable des
dommages causés par un produit défectueux, même sans faute de sa part129.
D. Vers un principe général de responsabilité du fait d’autrui ?
On l’a vu, la personne qui est victime d’un dommage causé par une personne atteinte de
troubles mentaux risque de ne pas être indemnisée si elle ne parvient pas à prouver une faute
dans le chef de l'institution qui l’accueille, de l'établissement de garde de l'État ou la qualité
d’instituteur d’un de ses éducateurs lorsqu'elle est gardée dans un hôpital dont la spécialité est
le traitement de ce genre de cas.
Certains auteurs estiment qu’une solution à ce problème serait de consacrer un principe
général de responsabilité du fait d’autrui.
La Cour de cassation française a déjà franchi le pas dans un cas d’espèce quasi identique
à l’arrêt commenté130 : un handicapé dans un centre d’aide par le travail avait bouté le feu à
une forêt. À défaut de pouvoir établir une faute de surveillance dans le chef du centre, les
victimes décident d’assigner celui-ci sur la base de l’article 1384, alinéa 1er, du Code civil. La
Cour de cassation confirme la décision de la Cour d’appel de Limoges qui avait appliqué cet
article, au motif qu’il énonce le principe d’une présomption de responsabilité du fait des
personnes dont on doit répondre. À la suite de cet arrêt, la jurisprudence française est venue
préciser les contours du régime, précisant qu’il s’agissait d’une présomption irréfragable 131, et
127
CHAPPUIS, Christine (Ed.), WINIGER, Bénédict (Ed.). Responsabilité civile et responsabilité pénale. Journée de
la responsabilité civile 2014. Genève : Schulthess, 2015, p.31.
128
Ibid, p.32.
129
L. Tranchant et V. Égéa, op. cit. p 177.
130
Cass. fr. (ass. plén.), 29 mars 1991, J.T., 1991, p 600, JC.P., 1991, n° 21673, conc. Dontenvlle, note J Ghestin,
Dall., 1991, p 324, note C. Larroumet.
131
Cass fr, 26 mars 1997, Dall, 1997, p 496, note P Jourdan.
37
qu’elle avait vocation à s’appliquer à toute personne qui organise et contrôle le mode de vie
d’autrui132.
Ces développements ont retenti en Belgique. La Cour d’appel de Mons a ainsi retenu la
responsabilité du centre de placement qui avait laissé un mineur s’échapper et commettre un
incendie volontaire quelques heures après son arrivée133. Après avoir rappelé la jurisprudence
française, la cour déclare que l’article 1384, alinéa 1er, du Code civil belge instaure une
présomption de responsabilité à tout le moins irréfragable. La Cour de cassation a toutefois
cassé l'arrêt de la cour d’appel, estimant que « l’article 1384 du Code civil n’établit pas, en
son alinéa premier, un principe général de responsabilité du fait d’autrui. Cette responsabilité
n’existe que dans les limites des régimes particuliers, différents les uns des autres, qu’il
instaure de manière exhaustive dans les alinéas suivants134. »
Cette situation n’est pas satisfaisante pour les victimes de personnes atteintes de troubles
mentaux, qui peuvent se retrouver privées de toute forme d’indemnisation. En fait, ce risque
ne fait que croître puisque les nouvelles méthodes de réinsertion favorisent le contact avec le
monde extérieur135.
Certains auteurs préconisent dès lors la reconnaissance d’un principe général de
responsabilité du fait d’autrui lequel permettrait à la victime de trouver un débiteur solvable,
sans devoir prouver une faute dans le chef de ce dernier. Les institutions de placement
assumeraient ainsi, dans une large mesure, en lieu et place des victimes, le risque créé par les
méthodes qu’elles mettent en œuvre136.
La situation risquerait néanmoins de décourager les personnes qui ont la lourde et
difficile mission de surveiller les personnes handicapées137. Une obligation d’assurance et la
mise en place de critères stricts permettraient de limiter les effets néfastes d’un tel régime138.
132
Th. Papart, Responsabiité du fait d’autrui… Vers une responsabiité objective ?, in Droit de la responsabilité,
Liège, Anthemis, 2008, p 58.
133
B. Dubusson, Autonomie et irresponsablité du mineur , in L’autonomie du mineur, Bruxelles, Éditions des
Facutés universitaires SantLouis, 1998, p 146.
134
Cass., 19 juin 197, Pas., 1997, I, p. 700, R.G.A.R., 1997, n° 12.852, J.L.M.B., 1997, p. 1122, obs. Th. Papart.
135
[Link]. Roman, Existe-t-il un principe général de responsabilté présumée pour autrui en matière
extracontractuelle (art 1384, al. 1er, C. civ.) , R.G.A.R., 1997, n° 12.851.
136
P. Colson et N. Estenne, le mineur confié à un tiers : la responsabiité des mouvements de jeunesse et des
centres de placement , op cit., p 38.
137
Decleyre, la responsabiité civile des déments et anormaux analyse critique de l’article 1386bis du Code civil,
op. cit., n°108.
138
JL Hrsch, Est-il justfié d’étendre la responsablité du fait des personnes dont on doit répondre ? », [Link].,
1996, n°12.554.
38
§1. Le demandeur
Le demandeur est la partie qui introduit une action en responsabilité civile pour obtenir
réparation du dommage subi. En matière de responsabilité civile des malades mentaux,
plusieurs catégories de demandeurs peuvent être identifiées :
- La victime directe : Il s'agit de la personne qui a subi un préjudice du fait d'un malade
mental. Ce préjudice peut être matériel, corporel ou moral.
- Les ayants droit de la victime : Dans le cas où la victime est décédée, ses héritiers ou
ayant droits peuvent intenter une action en justice pour obtenir réparation.
- L'assureur subrogé : Lorsqu'un assureur a indemnisé la victime, il peut exercer une
action subrogatoire contre le responsable ou son représentant légal.
- L'État ou une institution publique : Lorsqu'une structure publique prend en charge
une victime, elle peut se retourner contre le responsable pour obtenir remboursement
des dépenses engagées.
§2. Le défendeur
Le défendeur est la partie contre laquelle l'action en responsabilité est dirigée. En fonction du
régime juridique applicable, plusieurs défendeurs peuvent être considérés :
L'indemnisation du dommage causé par un malade mental suit les principes généraux de la
responsabilité civile en droit congolais. Deux formes principales d'indemnisation existent :
L'indemnisation en nature vise à remettre la victime dans la situation où elle se trouvait avant
la survenance du dommage. Elle peut prendre plusieurs formes :
b. La réparation d'un dommage corporel : Une institution hospitalière peut être tenue
de fournir des soins gratuits à une victime blessée par un patient atteint de troubles
mentaux.
c. L'exécution forcée : Dans certains cas, un tribunal peut ordonner une action
spécifique pour corriger un préjudice causé par le malade mental.
Lorsque la réparation en nature n'est pas possible ou suffisante, la victime peut obtenir une
compensation financière sous forme de dommages et intérêts.
La victime doit apporter la preuve du dommage et du lien de causalité avec l'acte du malade
mental. Les principaux moyens de preuve sont :
1. Les témoignages : Des personnes présentes lors de l'incident peuvent attester des
faits.
2. Les rapports médicaux : Un expert psychiatrique peut être sollicité pour déterminer
le degré de responsabilité du malade mental.
3. Les documents écrits : Contrats, certificats médicaux et correspondances peuvent
constituer des preuves.
La responsabilité civile du malade mental peut être éteinte dans certaines circonstances :
a. L'accord amiable : Les parties peuvent convenir d'un arrangement amiable pour
réparer le préjudice.
b. La prescription extinctive : En droit congolais, une action en responsabilité civile
doit être intentée dans un délai légal après la survenance du dommage.
c. La force majeure : Si l'acte était inévitable et imprévisible, la responsabilité peut être
écartée.
d. Le cas fortuit : Si le dommage résulte d'un événement imprévisible et indépendant de
la volonté du malade mental, sa responsabilité peut ne pas être engagée.
40
CONCLUSION
Dans les droits modernes, le principe de la responsabilité civile est celui d’une
responsabilité individuelle : chacun n’est responsable que pour son fait personnel et la
réparation du dommage ne peut être demandée qu’à son auteur. Ce principe connaît une
dérogation avec le mécanisme de la responsabilité du fait d’autrui dans lequel une personne
est tenue de réparer un dommage à l’origine duquel se trouve l’action d’une autre personne139.
Distinct d’une responsabilité individuelle, le régime de la responsabilité du fait d’autrui
met en scène trois personnes au lieu de deux : l’auteur direct du dommage, la victime de ce
dernier et le civilement responsable. Cette responsabilité trouve sa justification dans l’autorité
dont le dernier dispose sur le premier et a pour objectif initial de pallier l’insuffisance d’une
responsabilité individuelle dans l’indemnisation de la victime. Certains auteurs étant
présumés, en général, insolvables pour réparer le dommage subi par les victimes, le droit
désigne alors d’autres personnes lorsque les auteurs se trouvent sous leur autorité. Sa fonction
particulière explique également la reconnaissance universelle de cette notion à côté de la
responsabilité personnelle dans tout système juridique140. La République démocratique du
Congo n'a pas fait exception.
Le régime de responsabilité civile du fait d’autrui dans notre système juridique a fait
l’objet de la présente étude. Et nous avons eu le soin de préciser d'abord le cadre de cette
étude avant de présenter l’évolution historique de ce régime en droit congolais comme en
droit franco-belge d'où est issu le droit congolais.
En effet, nous avons eu le temps de rappeler les principes prévus par le droit congolais en
matière de responsabilité civile du fait d'autrui.
Nous sommes partis du principe de la responsabilité civile pour faut personnel placé par
les articles 258 et 259 du code civil livre III tout en précisant que la responsabilité civile
délictuelle en droit commun est d'abord une responsabilité pour fait personnel et que les autres
constituent des exceptions141.
Eu égard à la responsabilité civile du fait d'autrui, nous avons rappelé que le principe en
cette matière est posé par l'article 260 du code civil livre III tout en précisant que, cette
disposition dont aucune interprétation extensive n'est admise, cite limitativement les
personnes qui peuvent être tenues pour civilement responsables. L’État et les autres
institutions telles que centres psychiatriques qui tous peuvent à tout moment avoir la garde de
malades mentaux ne sont pas cités. D'où la difficulté pour les victimes de trouver réparation.
Face à la passivité du législateur, la doctrine et la jurisprudence ont essayé, depuis de
nombreuses années, de combler Ie vide législatif qui existe dans ce domaine en faisant du
bricolage juridique pour chercher comment indemniser les victimes et sur qui faire peser cette
responsabilité puisque la victime souhaitant être indemnisée intégralement du fait commis par
une personne atteinte de troubles mentaux ne dispose pas encore de moyens clairement
détaillés en droit congolais.
139
H.L.J. MAZEAUDet F. CHABAS, Leçons de droit civil les obligations, Montchrestien, 9e éd. 1998, n°425.
140
V. Pour une étude de droit comparé, H. SLIM, Recherches sur la responsabilité du fait d’autrui en droit
comparé, in La responsabilité du fait d’autrui, actualité et évolutions, Resp. civ. et assur., nov. 2000, p. 52 et s.
141
KALONGO MBIKAYI, op. cit. p. 184.
41
BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE
I. Textes légaux et réglementaires
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révisée par la Loi n° 11/002 du 20 janvier 2011(Textes coordonnés), JO, n°spécial, 5
février 2011.
Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, ratifiée par la R.D.C le 20
Juillet 1987, O-L n°87-027 du 20 Juillet 1987, J.O, N° Spécial, Septembre 1987.
Décret du 30 juillet 1888 Des contrats ou des obligations conventionnelles. (B.O.,
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circulation offrirait du danger pour eux-mêmes ou pour autrui. (B.O., 1959 ).
Loi n° 87-010 du 1er août 1987 portant code de la famille, telle que modifiée et
complétée par la loi n°16/008 du 15 juillet 2016, [Link]., Numéro spécial 2016.
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II. Jurisprudences
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Léo, 13 novembre 1926, Jur. Col.1929.
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OMBUM SIELELE Cédric, « Que dit le Droit congolais sur les malades mentaux :
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rapport soumis au ministère de la Justice du Canada, 31 mars 1996, https://
[Link].
45
ÉPIGRAPHE.................................................................................................................... i
DÉDICACE .................................................................................................................... ii
REMERCIEMENTS ...................................................................................................... iii
INTRODUCTION .......................................................................................................... 1
1. PROBLÉMATIQUE ............................................................................................. 1
2. HYPOTHÈSES ..................................................................................................... 3
3. INTÉRÊT DE L'ÉTUDE ...................................................................................... 4
4. DÉLIMITATION DU SUJET .............................................................................. 5
5. MÉTHODOLOGIE .............................................................................................. 6
6. PLAN SOMMAIRE ............................................................................................. 7
Chapitre 1. LES GENERALITES SUR LA RESPONSABILITE CIVILE .................. 8
Section 1 : PRELIMINAIRES..................................................................................... 8
§1 : Notion de la responsabilité civile ...................................................................... 8
A. Définition de la responsabilité civile ................................................................. 8
B. Approche historico évolutive de la responsabilité civile .................................. 9
§2 : Distinction entre responsabilité civile et responsabilité voisine ..................... 10
A. Distinction entre la responsabilité civile et la responsabilité pénale ............... 10
B. Distinction entre la responsabilité civile et la responsabilité morale .............. 10
C. Distinction entre la responsabilité civile et la responsabilité administrative .. 10
D. Intérêt de distinction ........................................................................................ 11
Section 2. FONDEMENT ET CONDITION DE LA RESPONSABILITE CIVILE
................................................................................................................................... 11
§1 : Conditions de mise en œuvre de la responsabilité civile personnelle............. 11
A. Le dommage .................................................................................................... 11
B. La faute ............................................................................................................ 13
C. Le lien de causalité .......................................................................................... 14
§2 : Fondement ....................................................................................................... 14
A. La théorie classique fondée sur la faute .......................................................... 14
B. La théorie des risques ...................................................................................... 14
C. La théorie de garantie ...................................................................................... 15
46
D. Fonction ........................................................................................................... 16
CHAPITRE 2. PRINCIPES ET CONDITIONS DE LA RESPONSABILITE CIVILE
DES MALADES MENTAUX ...................................................................................... 17
Section 1. PRINCIPE D’IRRESPONSABILITE DES MALADES MENTAUX .... 17
§1. Définitions de concepts .................................................................................... 17
A. Irresponsabilité .................................................................................................. 17
B. Maladie mentale ................................................................................................ 18
§2. Fondement du principe d'irresponsabilité ........................................................ 20
A. Fondement ....................................................................................................... 20
B. Abandon du principe en droit français ............................................................ 21
Section 2. CONDITIONS ET FONDEMENT .......................................................... 22
§1. Conditions de la responsabilité civile des malades mentaux ........................... 22
A. L’existence d’un fait générateur de responsabilité .......................................... 22
B. L’existence d’un dommage certain et réparable ............................................. 23
C. L’existence d’un lien de causalité entre le fait et le dommage ....................... 23
§2. Les fondements de la responsabilité civile des malades mentaux ................... 24
A. Le principe de réparation du préjudice ............................................................ 24
B. L’idée de la garantie ........................................................................................ 24
Lorsque la responsabilité directe du malade mental ne peut être retenue, la
responsabilité peut être transférée à son représentant légal. .................................. 24
Section 3. RESPONSABLES OU CIVILEMENT RESPONSABLES .................... 24
§1. Fondement général de la responsabilité des personnes visées par l'article 26025
§2. Les père et mère ............................................................................................... 26
A. Dommage causé par un enfant .......................................................................... 26
B. Enfant habitant avec ses parents ........................................................................ 27
C. Dommage causé par le fait personnel de l’enfant ............................................. 28
D. Fondement ......................................................................................................... 28
§3. Les tuteurs ........................................................................................................ 28
§4. La responsabilité personnelle des institutions de protection sociale ............... 29
§5. Responsabilité de l’Etat.................................................................................... 30
A. Proposition de l'ajout de l'État dans la liste des responsables de l'article 260 31
47
C’est à bon droit que les rédacteurs de l’avant-projet de nouveau Code civil belge, faisant
écho à une certaine doctrine et jurisprudence, ont décidé d’élargir les régimes de
responsabilité du fait d’autrui, afin de tenir compte des évolutions de la société en matière de
prise en charge des incapables. Le droit congolais par contre est retard sur cette matière étant
donné que jusqu'à présent aucune disposition légale en règlemente de façon claire et précise.
Face à cette passivité, la doctrine et la jurisprudence ont essayé, depuis de nombreuses années,
de combler le vide législatif qui existe dans ce domaine en faisant du bricolage juridique pour
chercher comment indemniser les victimes. Et c'est dans le souci de mettre fin à cette situation
et d'aider les victimes à obtenir facilement réparation et ainsi permettre au droit congolais
d'élargir les régimes de responsabilité civile du fait d'autrui que nous avons mis à la
disposition de la société.