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Comprendre la gravitation : Histoire et théories

La gravitation, sujet d'intérêt humain depuis l'Antiquité, a évolué de conceptions aristotéliciennes à la mécanique newtonienne, puis à la relativité d'Einstein et à la mécanique quantique. Newton a établi la loi de la gravitation universelle, tandis qu'Einstein a redéfini la gravitation comme une manifestation de la courbure de l'espace-temps. Aujourd'hui, la compréhension de la gravitation continue d'évoluer, soulevant des questions sur sa nature profonde.

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Comprendre la gravitation : Histoire et théories

La gravitation, sujet d'intérêt humain depuis l'Antiquité, a évolué de conceptions aristotéliciennes à la mécanique newtonienne, puis à la relativité d'Einstein et à la mécanique quantique. Newton a établi la loi de la gravitation universelle, tandis qu'Einstein a redéfini la gravitation comme une manifestation de la courbure de l'espace-temps. Aujourd'hui, la compréhension de la gravitation continue d'évoluer, soulevant des questions sur sa nature profonde.

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La GRAVITATION.

La gravitation a toujours constitué un sujet de grand intérêt pour l'humanité. Sa nature omniprésente et
"immatérielle", presque "magique", en est peut-être la raison profonde. Avant la révolution newtonienne,
la gravitation était assimilée à une propriété intrinsèque des corps. Selon les conceptions
aristotéliciennes, la nature était composée de quatre éléments fondamentaux : l'air, le feu, l'eau et la
terre. Chacun de ces éléments possédaient en eux-mêmes les principes qui présidaient à leurs
mouvements. Ainsi, le feu, de même essence que les astres, cherchait-il à rejoindre ses derniers ce qui
lui imprimait naturellement un mouvement ascendant. A l'inverse, la terre, et tous les corps composés à
partir de cet élément, tendaient-ils à se déplacer vers le sol. L'image du Monde que nous renvoie la
philosophie d'Aristote et de ses prédécesseurs est celle d'un univers hiérarchisé, constitué de niveaux de
perfection croissants, allant de l'imperfection (la Terre) à la perfection absolue des Dieux (les astres).
Dans cette vision du monde en forme de pelures d'oignon concentriques, la Terre occupait donc
nécessairement la position centrale.
La mécanique newtonienne et classique a jeté un éclairage rationnel sur la gravitation, l'intégrant au
grand édifice des lois de la nature. La gravitaiton y jouissait même du statut de loi universelle. A l'aide
d'une formule très simple, l'Homme pouvait dès lors calculer la trajectoire des planètes et bientôt celle
des satellites artificiels. Cependant, les bouleversements qui ont frappé la physique du XXième siècle - la
relativité et la mécanique quantique - n'ont pas épargné notre vision et notre compréhension du
phénomène gravitationnel. De force universelle, la gravitation a été "reléguée" à une simple manifestation
de la courbure d'un espace-temps relativiste "élastique" pour finalement se dissoudre dans les
incertitudes et l'indéterminisme de la physique quantique. Aujourd'hui, trois siècles après la publication
des Philosophiae Naturalis Principia Mathematica (Principes mathématiques de philosophie naturelle) de
Newton, il est tout à fait légitime de se poser la question de la nature profonde de la gravitation. Après
tout ce chemin parcouru par l'aventure scientifique, cette question revient avec encore plus de
résonnance : qu'est-ce que la gravitation ?
Je n'ai pas l'ambition de répondre à cette question mais plutôt celle de tenter de décrire le plus
simplement possible les idées maîtresses qui ont guidé le parcours des sciences sur ce sujet. Le
découpage que j'ai adopté pour cette présentation ne fait pas preuve d'une grande originalité. Il
comprend quatre parties :

1. La gravité selon Newton


2. La gravité selon Einstein
3. La gravité quantique
4. Conclusion

A titre d'introduction à la gravitation newtonienne, je vous propose l'extrait d'un article paru dans le
magazine scientifique La Recherche (numéro de novembre 1997) intitulé La Gravitation. L'auteur de cet
article est Stéphanie RUPHY, journaliste à La Recherche, avec la collaboration de
Jean-Marie Lévy-Leblond, professeur de physique à l'université de Nice. Pour obtenir la totalité de cet
article, cliquez ici.

Pourquoi les corps tombent-ils ?

Parce qu'ils sont attirés par la Terre. C'est la manifestation la plus familière de la force de gravitation,
l'une des forces fondamentales à l'oeuvre dans l'Univers. Quand elle est exercée par la Terre, cette force
attractive est souvent appelée gravité ou pesanteur. On doit à Galilée la première théorie physique de la
chute des corps. Auparavant, l'explication aristotélicienne prévalait depuis près de deux mille ans. Elle
s'inscrivait dans la conception d'un monde hiérarchisé, formé de lieux différenciés. Dans le monde
sublunaire, ce qu'on nommait «gravité» était une qualité des corps lourds qui tendaient à rejoindre leur
«lieu naturel» au centre de la Terre, identifié à celui de l'Univers. Les corps légers, comme le feu, se
mouvaient, eux, naturellement vers le haut. Galilée montra que si l'on fait abstraction de la résistance de
l'air, tous les corps, lourds et légers, tombent vers le sol avec une même accélération (on sait aujourd'hui
que cette accélération vaut environ 9,8 mètres par seconde carrée). Galilée aurait vérifié
expérimentalement cette loi, à plusieurs reprises, en lâchant du haut d'un édifice des poids inégaux : les
poids venaient heurter le sol pratiquement au même instant. Il réalisa également de nombreuses
expériences de boules roulant le long de plans inclinés. Toutes ces expériences lui permirent de saisir
correctement la relation entre force et mouvement : seule l'application d'une force peut modifier l'état
demouvement d'un corps. En l'absence de force, cet état reste inchangé et le corps garde un mouvement
rectiligne uniforme ou reste au repos (c'est le principe d'inertie). Mais la relation entre force et mouvement
demeurait qualitative chez Galilée. C'est Newton qui en donnera une version quantitative dans ses
Principes mathématiques de philosophie naturelle parus en 1687, sous la forme de sa seconde loi du
mouvement : l'accélération d'un corps est proportionnelle à la force imprimée et s'effectue dans la
direction de la droite d'action de cette force. Cette loi est inséparable de deux autres lois énoncées par
Newton (la première reprend le principe d'inertie galiléen, la troisième stipule l'égalité de l'action et de la
réaction) et l'ensemble de ces trois lois du mou-vement ouvrira la route vers la loi de la gravitation
universelle.

Que dit la loi de la gravitation universelle ?

Newton formule l'hypothèse audacieuse selon laquelle la Lune «tombe» sur la Terre de la même manière
qu'un objet (une pomme par exemple...) tombe sur le sol. Mais en raison de sa vitesse initiale, la Lune
décrit une trajectoire curviligne. Chute verticale et mouvement orbital sont donc des mouvements de
même nature. Puis Newton étend cette hypothèse à tout corps céleste en orbite et aboutit à la loi
suivante : «Deux corps quelconques s'attirent selon une force proportionnelle au produit de leur masse et
inversement proportionnelle au carré de la distance qui lessépare». En combinant cette loi et ses lois du
mouvement, il peut alors retrouver par le calcul les trois lois kléperiennes régissant le mouvement des
planètes autour du Soleil. Newton achève ainsi d'abolir la frontière aristotélicienne entre phénomènes
terrestres et célestes. Sa loi de la gravitation devint universelle à double titre. D'abord parce qu'elle
s'applique à tous les corps. Ensuite parce que la notion de force attractive est adoptée comme hypothèse
de principe dans toute la physique du XVIIIe siècle. Son domaine d'application déborde alors largement
le champ de la mécanique céleste. Cohésion de la matière, interactions physico-chimiques, propagation
de la lumière, etc., tous ces phénomènes doivent pouvoir s'expliquer selon Newton et ses successeurs
en termes de forces attractives physiquement analogues à la gravitation et tout aussi mathématiquement
explicables.
Ce n'est qu'avec la mise en évidence de la nature spécifique des forces électriques et magnétiques à la
fin du XVIIIe siècle, puis des interactions au sein du noyau de l'atome au XXe siècle que la gravitation
perdra ce caractère universel en ne devenant que l'une des forces fondamentales de l'Univers.

Quelle est la force de l'attraction gravitationnelle ?

Elle est de loin la plus faible des quatre interactions fondamentales aujourd'hui identifiées. Heureusement
pour nous, les effets des forces électriques, qui peuvent être répulsives ou attractives, s'annulent à notre
échelle en raison de la neutralité de la matière. Imaginons que deux personnes situées à un mètre l'une
de l'autre aient chacune un pour cent d'électrons en excès par rapport au nombre de protons. On peut
calculer que la force électrique de répulsion entre ces deux individus chargés négativement serait alors
gigantesque, un milliard de milliards de fois supérieure à leur poids ! Quant aux autres types
d'interactions fondamentales, leur très courte portée confine leurs effets au monde du noyau des atomes.
A notre échelle, la force gravitationnelle, qui est toujours attractive, finit par l'emporter et devient donc la
force dominante : c'est en tout cas la seule force dont nous ayons en permanence l'expérience en sentant
notre propre poids (lorsqu'on monte un escalier par exemple !). Cette notion de poids mesure la force
d'attraction subie. Elle varie avec la position de l'objet dans l'Univers. Un homme pèse, par exemple, six
fois moins sur la Lune que sur la Terre car, notre satellite étant moins massif, la force d'attraction qu'il
exerce est plus faible. Ce qui permet de bien comprendre la distinction entre poids et masse. La masse
mesure la quantité de matière constituant un corps. Contrairement au poids, c'est une grandeur
intrinsèque à l'objet, indépendante de sa position dans l'Univers. Poids et masse sont reliés par un
facteur de proportionnalité qui est l'intensité du champ de pesanteur à un endroit donné.

Comment s'explique le phénomène des marées ?

L'attraction gravitationnelle mutuelle de la Lune et de la Terre tend à les faire se rapprocher l'une de
l'autre. Mais cette attraction est compensée par la force centrifuge de rotation de la Terre, comme de la
Lune, autour de leur centre d'inertie. Au centre de la Terre, la force centrifuge et la force d'attraction
exercée par la Lune se compensent. Mais ce n'est pas le cas en un point quelconque de la surface
terrestre car les deux forces varient en sens contraire : plus un point est éloigné du centre de gravité
Terre-Lune, plus la force centrifuge qu'il subit sera grande, alors qu'au contraire l'attraction
gravitationnelle exercée par la Lune décroît avec la distance. Les deux forces ne se compensent donc
pas à la surface de la Terre et leur différence est à l'origine des marées : au point A, la force centrifuge
est insuffisante pour contre-balancer l'attraction gravitationnelle, A va donc tendre à se déplacer vers la
Lune. Inversement, au point B la force centrifuge est plus grande que la force exercée par la Lune et B va
donc tendre à s'en éloigner. Voilà pourquoi il y a sur Terre une marée deux fois par jour. Ce phénomène
d'attraction différentielle affecte l'ensemble de la surface terrestre, mais seule la déformation des océans
est facilement perceptible, la croûte terrestre étant trop rigide pour que sa forme soit significativement
altérée. Cette déformation s'accentue lorsque le Soleil est aligné avec la Lune et la Terre et ajoute alors
son effet de marée propre. C'est donc à la pleine Lune et à la nouvelle Lune que les marées sont les plus
spectaculaires.
Quel rôle joue la gravitation dans les astres ?

C'est elle qui assure la cohésion des quelque 1057 atomes qui composent une étoile comme notre Soleil.
Une traduction visuelle immédiate de ce rôle est la forme sphérique des étoiles, et plus généralement des
planètes, satellites et autres astres de taille supérieure à une valeur critique de l'ordre d'une centaine de
kilomètres. Les objets de dimension plus modeste, comme les astéroïdes, présentent au contraire des
formes variées, souvent très irrégulières. Cette différence s'explique par la nature des forces qui assurent
principalement la cohésion de la matière. Pour les petits corps, ce sont les forces électriques qui
l'emportent. Ces forces étant à courte portée effective, elles sont indifférentes à la forme globale de
l'objet. Alors que pour les plus gros corps, c'est la gravitation qui domine et impose une compacité
maximale qui se traduit par une forme sphérique.
La gravitation gouverne toute la vie d'une étoile. Celle-ci se forme par effondrement gravitationnel d'un
nuage de gaz : les particules, d'abord dispersées, s'attirent et se rapprochent. Cette contraction libère de
l'énergie qui se convertit en énergie thermique et en rayonnement lumineux. La gravitation est donc pour
une étoile une première source directe de rayonnement. Mais si c'était la seule, une étoile comme notre
Soleil ne pourrait briller qu'environ trente millions d'années ! Grâce à l'énergie thermique libérée,
température et pression de l'étoile augmentent à mesure qu'elle se contracte, jusqu'au déclenchement
des réactions nucléaires. La gravitation assure ainsi un confinement suffisant du gaz au coeur de l'étoile
pour que se produise la fusion de l'hydrogène en hélium, principale source du rayonnement stellaire.
L'étoile se trouve alors dans un état d'équilibre hydrostatique où force de pression interne et gravitation
se compensent.

Quelles sont les limites de la théorie newtonienne ?

Marées, aplatissement de la Terre aux pôles, retour de la comète de Halley, découverte de Neptune, les
confirmations de la théorie newtonienne étaient si nombreuses qu'Henri Poincaré put écrire en 1915 : «La
mécanique céleste n'a pas d'autre objet que les vérifications sanscesse approfondies de la loi
newtonienne d'attraction». Seul bémol à ces succès répétés, une petite irrégularité dans le mouvement
de Mercure : son périhélie tourne très lentement, de 575 secondes de degré par siècle.
Or tous calculs newtoniens faits, les perturbations gravitationnelles engendrées par les autres planètes
induisaient un déplacement de 532 secondes de degré. Restaient inexpliquées 43 petites secondes de
degré par siècle, soit 8 % seulement de l'effet total. Observations et calculs étaient cependant
suffisamment précis pour qu'un désaccord aussi faible ne pût être ignoré.
Urbain Le Verrier y vit même la preuve de l'existence d'une planète très proche du Soleil, la fantomatique
Vulcain. Mais ce sont en réalité des considérations toutes théoriques qui amenèrent Einstein à
s'interroger sur la vali-dité de la théorie newtonienne. Celle-ci implique le caractèreinstantané de l'action à
distance. «Hypotheses non fingo» («Je ne feins pas d'hypothèses») répondait Newton à l'embarrassante
question du «comment» soulevée par les cartésiens sur ce point. La théorie de la relativité restreinte
élaborée par Einstein en 1905 posait pour tout phénomène physique une vitesse limite de propagation,
égale à la vitesse de la lumière. Il fallait donc élaborer une nouvelle théorie de la gravitation. Einstein la
baptisa relativité générale.

Albert Einstein a été l'architecte de la théorie de la relativité générale. Il publia ses travaux en 1917.
L'image de la gravitation que donne la théorie de la relativité générale est très différente de celle qu'avait
façonnée la loi universelle de la gravitation de Newton.
La physique classique repose sur le concept d'un espace et d'un temps absolus. Ainsi, si l'on synchronise deux
horloges sur la Terre, puis que l'on transporte l'une d'entre elles dans une galaxie éloignée, ces deux horloges
resteront synchronisées. Le temps, en mécanique classique est le même partout, dans tout l'Univers. L'espace jouit
lui aussi du même statut de grandeur physique absolue. En mécanique classique, la mesure des distances est
totalement indépendante de la position et des déplacements des observateurs qui procèdent à cette mesure. L'espace
peut être imaginé comme un réseau quadrillé à trois dimensions, de taille infinie, et dont la maille serait
infinitésimale (afin de satisfaire la contrainte de continuité de l'espace). En mathématique un espace de ce type est
connu sous le nom d'espace euclidien.
Exemple d'un espace euclidien à 2 deux
dimensions

C'est dans un tel espace muni d'une horloge universelle - qui bat le tempo pour l'ensemble de l'Univers -
que les lois de la physique classique ont été énoncées.
Considérons l'une des lois les plus simples de la mécanique classique : la loi d'addition des vitesses.
Cette loi nous dit, notamment, que les vitesses colinéaires (alignées selon un même axe) s'ajoutent si
elles sont orientées vers la même direction et se retranchent si leurs directions sont opposées. Cette loi
est très simple et peut être appréhendée de façon quasi "naturelle".
Au siècle dernier, les physiciens pensaient que la loi d'addition des vitesses était toujours vraie mais cette
certitude allait tomber au tournant du XXième siécle. Reprenons l'expérience précédente mais en
remplaçant la sirène de l'ambulance par une source de lumière ou un émetteur d'ondes
électromagnétiques (la théorie de l'électromagnétisme de Maxwell avait établi à la fin du XIXième siècle
que la lumière était une onde électromagnétique, c'est-à-dire de même nature qu'une onde radio).
Paradoxalement, quelque soit la direction du véhicule (rapprochement ou éloignement), la mesure de la
vitesse du rayon lumineux donne toujours le même résultat : 300.000 km/s ! Cette expérience a été
réalisée par Michelson et Morley (dans un cadre expérimental différent mais équivalent) et a
irrémédiablement amené les physiciens à conclure que la lumière se déplace toujours à la même vitesse
quelque soit la vitesse de l'observateur.

Ce résultat a profondément ébranlé les fondements même de la physique classique et a donné naissance
à une nouvelle description des lois de la nature : la théorie de la relativité restreinte. Selon la relativité
restreinte, il n'existe pas d'observateur privilégié dans l'univers. En effet, rien ne permet de dire dans la
nature si un observateur est fixe et son environnement mobile ou l'inverse. Le seul absolu qui existe est
la vitesse de la lumière. C'est une constante universelle, c'est-à-dire que sa valeur est la même pour
tous les observateurs, qu'ils soient immobiles ou mobiles (si tant est que cette distinction ait un sens
comme il l'a été mentionné plus haut). Ceci découle, d'un point de vue plus mathématique, de
l'universalité de l'équation des ondes électromagnétiques :

Cette équation est la même pour tous les observateurs dans l'univers. Comme elle contient
intrinsèquement la valeur de la vitesse de la lumière (notée c) elle implique l'invariance de cette vitesse.
Ainsi le principe de relativité a notablement modifié notre conception de l'espace, du temps et des lois
physiques. En mécanique classique l'espace et le temps constituent une trame fixe et absolue et les lois
physiques peuvent s'exprimer différemment selon les observateurs. La relativité restreinte postule
l'invariance des lois physiques (indépendance de l'expression des lois physiques vis-à-vis des
observateurs) et accepte donc, a contrario, le caractère non absolu de l'espace et du temps.
L'invariance de la vitesse de la lumière nécessite une modification radicale de la loi d'addition des
vitesses. Pour que deux observateurs A et B, A étant en mouvement par rapport à B (remarquez que la
notion de mouvement est relative car pour A, c'est B qui est en mouvement) mesurent la même valeur
pour la vitesse de la lumière il faut que les distances et les durées n'aient pas les mêmes valeurs pour A
et pour B. En effet, la relativité restreinte prévoit que :
 les durées mesurées par l'observateur fixe sont plus grandes que celles mesurées par
l'observateur mobile (dilatation du temps),
 les distances mesurées par l'observateur mobile sont plus courtes que celles mesurées par
l'observateur fixe (contraction des distances).
Ces phénomènes sont d'autant plus visibles que les vitesses mises en jeu sont proches de celle de la
lumière.
Cette prévision est couramment vérifiée dans les accélérateurs de particules. En effet, certaines
particules ont une durée de vie très courte (très inférieure à la seconde). Comme ces particules sont
accélérées au point d'atteindre des vitesses très proches de celle de la lumière (99,999 % de la vitesse
de la lumière), la durée de vie observée dépasse largement plusieurs heures !

Le principe d'équivalence
Le principe de relativité sur lequel repose la théorie de la relativité restreinte ne s'applique qu'à des corps
ou objets se déplaçant avec des vitesses constantes (ou uniformes). Ce principe n'est plus valable dans
le cas de corps uniformément accélérés puisqu'alors, la vitesse croît sans cesse et n'est donc plus
constante. Or, dans la nature, on observe peu ou pas de phénomènes mettant en jeu des vitesses
uniformes. Notamment, toute masse est soumise à la gravitation qui a pour effet de lui appliquer une
force (le poids) et donc une accélération (l'accélération de la pesanteur). Dans le cas des objets situés
près de la surface terrestre, cette accélération possède la valeur de 9,81 m/s2. La limitation du principe de
relativité aux seuls objets animés de vitesses uniformes n'était donc pas acceptable au regard des
physiciens. Cette faiblesse de la relativité restreinte a amené Albert Einstein à tenter d'élargir le principe
de relativité à des corps accélérés, donnant ainsi naissance à l'une des plus élégantes - sinon la plus
élégante - des théories physiques : la théorie de la relativité générale.
Le point de départ de la relativité générale est le principe d'équivalence qui postule l'égalité entre la
masse inerte et la masse gravitationnelle.
La masse gravitationnelle est celle qui intervient dans la loi de la gravitation universelle telle qu'énoncée
par Isaac Newton. Elle détermine l'intensité avec laquelle un objet va être attiré par un autre objet via la
force gravitationnelle. Sous l'effet du champ gravitationnel terrestre, la masse gravitationnelle est à
l'origine du poids des corps. En physique il existe un autre concept de masse qui lui, est lié aux
phénomènes d'inertie. L'inertie d'un objet peut être interprétée comme sa "résistance" à toute
modification de l'état de son mouvement. Pour illustrer simplement la notion d'inertie, prenons deux objets
très distincts : un poids lourd entièrement chargé de blocs de fonte et une balle de tennis. Il est clair qu'il
est beaucoup plus facile de modifier le mouvement d'une balle de tennis (avec une raquette par exemple)
que celui d'un camion, même au repos ! Plus un corps est massif, plus il est inerte (plus il résiste à la
modification de son mouvement). De même, l'inertie croît avec la vitesse. Une voiture au repos peut être
déplacée par une ou deux personnes. En revanche, il est impossible pour un individu d'en modifier la
trajectoire lorsque celle-ci est animée d'une vitesse de 100 km/h. L'inertie est donc proportionnelle à la
masse inerte et à la vitesse (p = mv).
Ces deux notions de masse - masse gravitationnelle et masse inerte - sont, on le voit, de nature
totalement différente et n'ont aucune raison, a priori, d'être identiques. Pourtant, on démontre que ces
masses sont équivalentes : elles sont proportionnelles. Le principe d'équivalence postule qu'elles sont
égales.

Principe d'équivalence : Masseinerte = Massegravitationnelle


L'égalité de la masse gravitationnelle et de la masse inerte montre qu'il existe un lien étroit entre les
phénomènes d'inertie et la gravitation. En étendant le principe d'équivalence, Albert Einstein a énoncé le
principe suivant :
Un référentiel uniformément accéléré est équivalent localement à un
champ gravitationnel. Il n'existe pas de moyen pour un observateur
situé dans ce référentiel de faire la distinction entre les deux.

L'expérience des ascenseurs


De façon très étonnante, le principe d'équivalence a une conséquence directe sur la géométrie de
l'Univers. Albert Einstein l'a mise en évidence à l'aide de la célèbre expérience imaginaire des
ascenseurs.
Considérons un ascenseur auquel on imprime une accélération dirigée vers le haut. Pour un observateur
situé dans l'ascenseur tout se passe comme si il se trouvait dans un espace baigné par un champ
gravitationnel g dirigé vers le bas (c'est là une illustration directe du principe d'équivalence). Supposons
maintenant qu'à un instant t1 un rayon lumineux dont la trajectoire est perpendiculaire au mouvement de
l'ascenseur entre dans la cage de l'ascenseur en un point A1. Il en ressort à un instant t2 en un point A2.
Entre les deux instants, t1 et t2, l'ascenseur s'est déplacé, A2 se trouve donc à une hauteur plus basse
que A1. Pour l'observateur situé dans l'ascenseur, tout se passe comme si le rayon lumineux a suivi une
trajectoire courbe (parabolique dans le cas présent).
Si cette expérience est reproduite alors que l'ascenseur est au repos, la trajectoire observée par
l'observateur sera cette fois rectiligne. Pour cet observateur, ce qui différencie les deux expériences c'est
la présence d'un champ gravitationnel dans le premier cas, qui est absent dans le second. Il en tirera
logiquement la conclusion que la présence d'un champ gravitationnel a pour effet de courber la trajectoire
des rayons lumineux.
Bien sûr, pour un observateur fixe, extérieur à l'ascenseur, le rayon lumineux a dans les deux cas une
trajectoire rectiligne. D'autre part, cet observateur fixe sait qu'il n'y a pas de champ gravitationnel dans la
cage de l'ascenseur mais qu'en fait cette dernière est accélérée vers le haut. Mais il faut bien admettre
que l'observateur se trouvant dans l'ascenseur n'a aucun moyen de le savoir et que sa conclusion - la
présence d'un champ gravitationnel a pour effet de courber la trajectoire des rayons lumineux - est
rigoureusement exacte !

Si l'on revient au champ gravitationnel terrestre, le principe d'équivalence nous apprend que ce champ
dirigé vers le bas ne peut être distingué d'une accélération dirigée vers le haut. Finalement, tous les
terriens se retrouvent dans la même situation que notre observateur enfermé dans la cage d'ascenseur :
ils ne peuvent affirmer que le champ qui les environne est un champ gravitationnel ou le résultat d'une
accélération vers le haut. Et pour les mêmes raisons, le résultat obtenu dans l'expérience de l'ascenseur
peut être transposé à l'ensemble des habitants de la Terre. Ainsi, le champ gravitationnel terrestre -et
d'une façon générale, tout champ gravitationnel - courbe les rayons lumineux !
La gravité et l'espace-temps
A partir de ce résultat étonnant, Albert Einstein a réinterprété la gravitation comme une manifestation de
la courbure de l'espace-temps. Une masse - et plus généralement la présence d'énergie (E = mc2 !) -
courbe l'espace-temps qui l'environne en créant une sorte de "creux" en quatre dimensions dans lequel "tombent" les
masses qui s'en approchent (voir la figure ci-dessous).

- figure a : espace-temps euclidien ou "plat"


en l'absence de masses
- figure b : espace-temps courbé au
voisinage d'une masse formant un "creux"
dans l'espace-temps

INCLUREIMAGE \d "../images/[Link]"
Selon la relativité générale, la gravitation n'est donc plus une force centripète comme la décrit la loi
universelle de la gravitation de Newton mais la conséquence de déformations géométriques de l'espace-
temps causées par la présence de masses ou d'énergie.
Faire de la géométrie dans un espace à quatre dimensions courbe requiert des outils mathématiques
nettement plus complexes que ceux employés en géométrie euclidienne. Cet outillage mathématique a
été développé par Riemann au XIXième siècle dans le cadre de ce que l'on appelle aujourd'hui la
géométrie de Riemann. Les lois physiques, pour se conformer au formalisme de la relativité générale,
doivent être réécrites en respectant les règles de la géométrie de Riemann. Notamment, on redéfinit la
notion de distance comme suit :

INCLUREIMAGE \d "../images/[Link]"
Au delà des aspects purement mathématiques de ces formules, il est important de noter les points
suivants :
INCLUREIMAGE \d "../images/[Link]"
Les géodésiques (chemin le plus court entre deux points) de l'espace-temps sont les chemins empruntés
par la lumière. Ce résultat est la version moderne du principe de Fermat ! Il a pour conséquence que la
trajectoire de la lumière, tout comme celle de la matière, est modifiée par la présence de masses dans
l'espace-temps.

Les trous noirs


En mécanique newtonienne, pour se libérer de la gravitation d'un astre (planète ou étoile) c'est-à-dire
pouvoir s'en éloigner sans jamais y être ramené par la force gravitationnelle, il est nécessaire d'avoir une
vitesse minimale qui dépend de la masse de l'astre. Plus l'astre est massif, plus la vitesse doit être
élevée. Cette vitesse minimale est appelée vitesse de libération.
En relativité générale, la notion de vitesse de libération est toujours valable avec une définition toutefois
un peu différente : pour que le chemin spatio-temporel d'un corps partant d'un astre ne revienne pas à
son point de départ, il est nécessaire de lui imprimer une vitesse minimale - la vitesse de libération - qui
dépend de la masse de l'astre.
Comme nous l'avons vu, la lumière emprunte les géodésiques d'espace-temps. Ces géodésiques autour
d'un astre sont d'autant plus courbées que la masse de l'astre est élevée (ce qui revient à dire que le
champ gravitationnel est plus intense). A partir d'un certain seuil, les géodésiques sont si courbées
qu'elles se referment sur elles-même. Il s'ensuit que la lumière ne peut plus se libérer de l'astre. L'astre
n'émet donc plus aucun rayonnement. C'est un trou noir !

Dans le cadre d'une interprétation classique de ce phénomène, l'on pourrait dire que la vitesse de
libération d'un trou noir est supérieure à la vitesse de la lumière. Dans ces conditions, l'astre n'est plus
capable d'émettre le moindre rayon lumineux !

Quelle est l'origine d'un trou noir ?


La gravitation, malgré sa faible intensité, agit sur toute forme de matière et d'énergie. L'autre
caractéristique fondamentale de la gravitation est d'être toujours attractive. Toute quantité de matière
dispersée dans l'Univers aura tendance, inéluctablement, à se regrouper et à constituer des amas de
matière qui donnent naissance à des astres. Sous l'action attractive de la force gravitationnelle, cette
matière va se comprimer de plus en plus au point d'atteindre des densité inconcevables (plusieurs
milliards de tonnes par cm3 au coeur de certaines étoiles !).
La gravité doit cependant lutter contre les autres forces (électromagnétique, faible et forte). Dans un
premier temps, les électrons, tous négatifs, des atomes ont tendance à s'opposer à la compression de
ceux-ci par simple répulsion électrostatique. La gravitation augmentant, ce premier obstacle vole vite en
éclat. Puis, les noyaux d'hydrogène, confinés dans un espace de plus en plus réduit, vont fusionner : c'est
le phénomène de fusion thermonucléaire qui est responsable en grande partie de la production d'énergie
dans les étoiles. L'émission de cette énorme quantité d'énergie a pour effet de s'opposer à la gravitation,
mais jusqu'à un certain seuil seulement, au delà duquel les protons disparaissent en se transformant en
neutrons. L'étoile devient alors une sorte d'immense boule de neutrons appelée étoile à neutron. Avec
cette transformation, la gravitation a gagné une manche supplémentaire contractant encore davantage
l'étoile sur elle-même. Enfin, les forces fortes qui éloignent les neutrons finissent elles aussi par céder
provoquant l'effondrement de l'étoile sur elle même en un trou noir.
Pour que cette séquence d'événements se réalisent, il faut que la masse initiale de matière mise en jeu
soit supérieure à un certain seuil. Si ce seuil n'est pas atteint, l'étoile va demeurer à un stade de son
évolution jusqu'à sa disparition par explosion (nova, supernova) ou son extinction. Bien sûr, l'évolution
décrite ici est très simplifiée. Les choses sont, selon les théories élaborées par les astrophysiciens,
beaucoup plus complexes, mais aboutissent globalement aux mêmes scénarios.

Les trous noirs existent-ils vraiment ?


De par sa nature même, il est impossible de voir un trou noir directement puisqu'il n'émet pas de lumière.
En revanche, le champ gravitationnel très fort qu'il produit a pour effet d'accélérer de façon
impressionnante la matière qui l'environne. Cette très vive accélération provoque l'émission de
rayonnements très intenses. Ainsi, un trou noir se révélerait-il par un très intense rayonnement !
Rechercher les trous noirs dans l'Univers revient donc à traquer les sources très intenses de
rayonnement.
De telles sources ont déjà été découvertes et répertoriées. Certaines présentent les caractéristiques d'un
trou noir comme par exemple le coeur de la galaxie NGC 4261 qui a la taille du système solaire et une
masse [Link] fois supérieure à celle de notre soleil ! Cet objet est probablement un trou noir.

De même M87, une galaxie très active, constitue un candidat très intéressant. On y a repéré un objet de
la taille de notre système solaire et possédant une masse [Link] de fois plus grande que celle du
soleil. Tout porte à penser que nous tenons là un trou noir !
Comment identifier les trous noirs ?
L'intensité extraordinaire du champ gravitationnel qui règne autour des trous noirs confère à ces derniers
des propriétés paradoxales. L'étude de ces propriétés pourraient permettre de reconnaître la présence
d'un trou noir.
Comme nous l'avons dit plus haut, un trou noir est entouré de matière soumise à une accélération très
élevée et donc rayonnant des ondes électromagnétiques (c'est-à-dire de la lumière). La matière attirée
par le trou noir, devrait, selon toute vraisemblance, former un disque autour du trou noir, un peu à la
manière des disques concentriques autour de la planète Saturne. La trajectoire de la lumière émise par
ce disque serait courbée par le champ gravitationnel au point qu'un observateur pourrait voir à la fois la
face supérieure et inférieure du disque !

L'image ci-dessous est une simulation de ce à quoi pourrait alors ressembler un trou noir.
La théorie du "Big Bang"
La théorie du "big bang" est née d'un ensemble d'observations qui semblent converger vers une même
interprétation et le besoin, pour l'esprit humain, d'associer à tout phénomène, une cause. L'existence de
l'Univers peut être perçu comme un phénomène, complexe sans aucun doute, mais suivant les lois de la
nature. Selon le principe de causalité, ce phénomène doit avoir une cause. Cette exigence
épistémologique de la pensée humaine a amené les astrophysiciens a bâtir une théorie de la naissance
de l'Univers. Un tel projet peut paraître prétentieux ou à la rigueur voué à l'échec car hors de portée de
l'Humanité. Pourtant, un faisceau de faits majeurs tend à montrer, comme nous l'avons dit, que notre
Univers a peut-être effectivement eu un commencement.
La théorie du big bang repose sur l'hypothèse que l'Univers se trouvait, il y a environ 15 milliards
d'années, dans un état hyper-dense (plusieurs milliards de milliards de milliards de tonnes par cm3) et
qu'il aurait alors "explosé" à la suite de quoi il se serait "dispersé" et étendu. L'état de l'Univers avant le
big bang ne peut être appréhendé par la physique actuelle car il échappe totalement à toute forme
d'expérience (si tant est que cela ait un sens !).

L'expansion de l'Univers
La première observation remarquable a été notée par Hubble. Hubble a découvert que les galaxies
s'éloignaient de nous avec une vitesse proportionnelle à la distance qui nous sépare d'elles (voir figure ci-
dessous). A première analyse, ce résultat est étonnant car il pourrait réveiller les vieilles tentations du
géocentrisme (théorie qui affirme que la Terre est située au centre de l'Univers et qui a été mise à défaut
par Copernic, Képler, Galillée et Newton) et même de l'anthropocentrisme. Mais les physiciens ont appris
à relativiser les observations et à ne pas tirer de conclusions trop simplistes ! Comme la Terre n'a, a
priori, aucune raison de se trouver au centre de l'Univers, Hubble proposa, pour interpréter sa
découverte, que l'Univers était partout en expansion. Cette hypothèse est une solution possible des
équations de la théorie de la relativité générale et avait même était déjà étudiée.

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Pour bien comprendre ce que cette expansion signifie, il faut imaginer l'espace-temps comme constitué
d'une "substance" élastique pouvant s'étirer ou se contracter. Nous avons déjà vu que cette "substance"
pouvait se tordre et se distordre étant ainsi à l'origine de la gravitation. Il faut admettre qu'elle peut
également s'allonger et se rétrécir comme un élastique.
L'image traditionnelle qui illustre bien cette idée est celle d'un ballon de baudruche que l'on gonfle. En se
gonflant, la surface du ballon s'étire uniformément. Si l'on repère des points sur cette surface en
dessinant des points avec un stylo feutre, on remarquera que ces points s'éloignent tous les uns des
autres pendant que le ballon se gonfle. Aucun point ne possède de position privilégiée par rapport aux
autres. Notamment, aucun d'entre eux n'occupe de position centrale et pourtant, chacun pourrait affirmer
que tous les autres points s'éloignent de lui, comme s'il se trouvait effectivement au centre. Il est
intéressant de noter également que les vitesses d'éloignement des points les uns par aux autres sont
proportionnelles aux distances qui les séparent. Bref, nous avons retrouver les caractéristiques de la
découverte de Hubble.

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Cet exemple constitue donc un bon modèle de phénomène d'expansion de l'Univers et des propriétés
géométriques de l'Univers lui-même. Tout comme la baudruche, l'espace-temps est élastique et peut
s'étirer ou se contracter. Si l'Univers s'étend, il a donc été plus contracté dans le passé !

Le rayonnement micro-ondes de fond


En 1964, deux chercheurs des Bell Laboratories (USA), Penzias et Wilson, découvrirent, par hasard,
l'existence d'un rayonnement électromagnétique de fond isotrope (possédant les mêmes propriétés dans
toutes les directions) situé dans le domaine des micro-ondes et qui remplit tout l'espace. Le rayonnement
électromagnétique peut être assimilé à de l'énergie (voir chapitres suivants sur la physique quantique) et
l'énergie à de la chaleur. On peut donc mesurer l'énergie d'un rayonnement par des unités de
température. La température du rayonnement de fond découvert par Penzias et Wilson s'élève à environ
3,5°K (c'est-à-dire 3,5° au dessus du zéro absolu qui a pour valeur -273,15° C) ou -269,5° C.
Le rayonnement de fond de l'Univers présente deux caractéristiques essentielles :
5. il est isotrope, c'est-à-dire identique dans toutes les directions d'observation,
6. son spectre (la répartition des fréquences) est absolument identique à celui d'un "corps noir"
élevé à une température de 3,5°K.
Qu'est-ce qu'un corps noir ? Lorsque l'on chauffe un objet métallique, celui-ci émet de la lumière. Plus sa
température augmente, plus la fréquence de la lumière croît (d'abord infra-rouge, puis rouge, jaune,
blanche, etc. ). Un corps noir est le modèle physique qui permet d'interpréter ce phénomène. On peut
concevoir un "corps noir" comme une cavité résonnante dans laquelle résonne ntdes ondes
électromagnétiques. Max Planck, en 1900, a établi une loi qui permet de calculer avec exactitude le
spectre du rayonnement d'un objet que l'on chauffe en fonction de sa température.
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Le fait que le spectre du rayonnement de fond soit identique à celui d'un corps noir chauffé à 3,5°K
signifie que l'univers se comporte comme une immense cavité résonnante, comme un objet en soi porté à
une température de 3,5°K - de la même façon qu'un objet métallique chauffé.
Selon la loi de Planck, le produit du volume d'un corps noir par le cube de sa température est une
constante ce que l'on peut exprimer mathématiquement par : VT3 = Constante. Puisque l'Univers s'étend,
son volume augmente et donc sa température décroît. On en conclut alors que dans le passé, l'Univers
était plus chaud !

Nucléosynthèse des éléments légers


En remontant le temps, l'Univers aurait donc été plus chaud et plus contracté et donc plus dense. Sans
entrer maintenant dans le détail de l'histoire de notre Univers, un moment donné, les quarks qui se
trouvaient à l'état libre ont été confinés dans les hadrons dont les protons et les neutrons. Cependant
l'énergie ambiante trop élevée étaient suffisante pour empêcher les protons et les neutrons de fusionner.
Toutefois, l'Univers poursuivant son expansion et son refroidissement, à un moment donné, l'énergie ne
fut plus suffisante pour éviter cette fusion. Les protons et les neutrons, en fusionnant, donnèrent
naissance aux éléments légers comme le deutérium (D), l'hélium 3, l'hélium 4 et le lithium. Les théories
actuelles permettent de prédire la proportion de ces éléments. Les estimations fournies par les mesures
opérées par les astrophysiciens donnent des valeurs en bon accord avec la théorie.

Formation des galaxies et des structures à grande échelle


Pendant environ 10.000 ans selon la théorie du big bang, l'énergie contenue dans l'Univers était
essentiellement constituée, en proportion, par du rayonnement (de la lumière). L'univers, en s'étendant
toujours davantage, la densité de rayonnement a baissé au point de devenir inférieure à celle de la
matière. La matière a alors prédominé dans l'Univers. Ce phénomène eut pour conséquence que les
forces gravitationnelles devinrent plus significatives et commencèrent à prendre le dessus sur les forces
électromagnétiques. De ce fait, toute petite variation de densité de matière dans l'Univers fut accentuée
par la gravitation. Dix milliards d'années plus tard, les galaxies et des structures à plus grande échelle
encore comme les amas de galaxies, sont le résultat des infimes variations qui sont apparues pendant la
"prime enfance" de l'Univers.
Le satellite COBE (COsmic Bacground Explorer) a mesuré avec une très grande précision l'intensité du
rayonnement de fond dans toutes les directions. Il a relevé d'infimes fluctuations de cette intensité d'une
région de l'espace à une autre comme le montre la photographie qui suit (expérience COBE). Ces infimes
fluctuations observées aujourd'hui seraient le reliquat des variations qui seraient apparues 100.000 ans
après le big bang (soit quinze milliards d'années dans le passé).
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Ainsi, le modèle du "big bang" - car il ne s'agit que d'un modèle, les physiciens n'ont pas la prétention
d'avoir compris dans sa totalité la genèse de l'Univers - permet d'expliquer très aisément les quatre
phénomènes précédemment décrits : l'expansion de l'Univers, le rayonnement de fond, la
nucléosynthèse des éléments légers et la formation des galaxies.

L'avenir de l'espace-temps
L'astrophysique moderne nous renvoie l'image d'un Univers en expansion et froid (5°K). L'espace-temps
constituerait une sorte de "substance" non matérielle mais élastique qui s'affaisserait (se courberait) en
présence de matière et d'énergie. Des modèles théoriques décrivant un tel espace-temps en donnent une
image dynamique dans le temps. Une nouvelle science est née : la cosmologie, dont l'objet est l'étude
de la forme et de l'évolution de l'Univers. Très schématiquement, la cosmologie prévoit quatre types
d'évolution pour l'Univers :
7. un Univers stationnaire,
8. un Univers en expansion,
9. un Univers en contraction,
10. un Univers oscillant pour lequel des phases de contraction et d'expansion se succèdent.
La loi de Hubble tend à favoriser l'hypothèse d'un Univers en expansion, sans exclure toutefois la
possibilité d'un Univers oscillant se trouvant dans une phase d'expansion. Ce qui détermine l'évolution de
l'Univers est sa courbure globale. Si la courbure de l'espace-temps est positive, alors l'Univers va se
contracter. Si elle est nulle, l'espace-temps est euclidien et s'étend en tendant vers un état stationnaire.
Enfin, si sa courbure est négative, alors il va s'étendre indéfiniment.
La courbure de l'espace-temps est déterminée par la densité de la matière se trouvant dans l'Univers.
Nous savons que notre univers est en expansion mais est-il euclidien et donc stationnaire ou bien
possède-t-il une courbure négative et donc est-il voué à s'étendre pour toujours ? Pour répondre à cette
question, les astrophysiciens doivent mesurer la densité de l'Univers. Si l'on s'en tient à la matière visible,
les mesures actuelles aboutissent à la conclusion d'un univers à courbure nulle, c'est-à-dire un Univers
stable, n'évoluant plus. Ce résultat ne satisfait pas les astrophysiciens car cette solution est un cas trop
particulier pour accepter l'idée que, par hasard, nous nous trouvons dans ce cas-là. Il est plus
intellectuellement satisfaisant de penser que notre Univers se trouve dans un état statistiquement plus
probable, à savoir avec une courbure négative.
C'est pour cette raison que les astrophysiciens parlent de matière cachée dans les trous noirs, dans les
particules qui interagissent peu comme les neutrinos, etc. En l'état actuel des recherches, l'Univers
semble toujours aussi plat (c'est-à-dire euclidien) !
Les preuves de la relativité générale
La théorie de la relativité générale a révolutionné la physique du XXième siècle autant dans le domaine
de l'infiniment grand que dans celui de l'infiniment petit. Elle constitue l'une des plus belles constructions
de l'esprit et du génie humains cependant il est légitime de se demander si elle est exacte ! En d'autres
termes, existe-t-il des preuves tangibles de la validité de la théorie de la relativité générale. La réponse
est OUI !!!

Précession de Mercure
Mercure est la planète la plus proche du Soleil. Elle est donc soumise à un champ gravitationnel
beaucoup plus intense que celui qui règne dans le voisinage de l'orbite terrestre. Le traitement du calcul
de la trajectoire de Mercure par la relativité générale est donc justifié car les effets relativistes
commencent à être sensibles.
Mercure est la planète la plus proche du Soleil. Elle subit fortement les effets de la gravitation solaire. En
appliquant la loi universelle de la gravitation de Newton au mouvement de Mercure on trouve que la
trajectoire n'est pas tout à fait une ellipse car son grand axe tourne sur lui-même. Cependant l'angle de
rotation du grand axe observé est de 43" par siècle alors que le résultat obtenu avec la théorie de Newton
donne une valeur différente. En effectuant le calcul avec la nouvelle loi de la gravitation de la relativité
générale, le calcul théorique est en parfait accord avec la valeur observée.
Ce phénomène ne peut être clairement expliqué par la loi de la gravitation de Newton. En revanche, le
résultat obtenu par la théorie de la relativité générale est en parfait accord avec l'observation.

Déplacement des étoiles autour du Soleil


Lors des éclipses de Soleil, les astronomes ont observé un phénomène curieux qui n'a trouvé aucune
explication avec les théories classiques. Les étoiles se trouvant dans la région de l'espace visée par l'axe
Terre-Soleil semblent s'éloigner su Soleil.

Ce phénomène s'explique très simplement par la relativité générale en faisant intervenir la courbure des
rayons lumineux à la périphérie du Soleil (phénomène prédit par A. Einstein et mis en évidence par
Eddington lors de l'éclipse de Soleil de 1919). Les calculs relativistes ont donné des résultats en parfait
accord avec les observations.
Ondes gravitationnelles
La théorie de la relativité générale prévoit l'existence d'ondes gravitationnelles générées par l'oscillation
des étoiles sur leur axe de rotation. Ces ondes n'ont pas été, jusqu'à ce jour, découvertes. La
découvertes d'ondes gravitationnelles viendrait couronner le succès de la relativité générale.

La gravitation quantique
La physique quantique
La théorie des quanta
La physique quantique est née avec le XXième siècle, en 1900, à la suite des travaux de Max Planck.
Max Planck étudiait le phénomène de "rayonnement des corps noirs". Selon la théorie classique, les
échanges d'énergie à l'intérieur du corps noir s'effectuaient de manière continue. Cette théorie prédisait
que l'intensité du rayonnement d'un corps noir pour une longueur d'onde donnée était proportionnelle à la
quatrième puissance de la valeur de cette longueur d'onde. Ce résultat n'était pas en accord avec les
observations expérimentales d'une part, et impliquait que l'énergie totale rayonnée par un corps noir était
infinie d'autre part. Il fallait donc réviser en profondeur la théorie.
Max Planck prit le problème à l'envers et tenta de trouver une formulation analytique de la courbe
expérimentale observée. Cette formulation obtenue, il lui fallut l'interpréter physiquement. La seule
interprétation acceptable qu'il trouva consistait à remplacer les échanges continus d'énergie par des
quantités finies qu'il baptisa quanta. La quantité d'énergie transportée par un quantum d'énergie est alors
proportionnelle à la fréquence du rayonnement associé. Le rapport de proportionnalité est égal à une
constante nommée constante de Planck et représentée par la lettre h.

Ainsi, selon la théorie des quanta de Planck, tout échange d'énergie entre quelques corps que ce soit,
s'opère par des transferts de quantités d'énergie finies. On dit que les échanges d'énergie sont
quantifiés.

La mécanique ondulatoire, l'équation de Schrödinger et le principe de


complémentarité
Dès 1905, Albert Einstein interpréta avec succès l'effet photo-électrique à l'aide de la toute jeune théorie
des quanta de Planck (ce qui lui valut le prix Nobel de physique). L'idée force de cette interprétation
réside dans le fait que le quantum d'énergie associé à une fréquence de lumière se comporte comme une
particule de matière. Einstein baptisa ce corpuscule de lumière le photon.
Ce qui est véritablement révolutionnaire dans l'idée d'Einstein tient dans le fait que la lumière avait
acquis, avec la théorie de l'électromagnétisme achevée par Maxwell, une nature résolument ondulatoire.
La lumière était alors perçue comme une onde électromagnétique. Avec l'hypothèse du photon, la
lumière apparut tout à coup comme une entité hybride, se comportant tantôt comme une onde, tantôt
comme une particule. L'invention par Einstein du concept de photon fut le premier pas vers une révolution
en profondeur des fondements mêmes de la physique classique.
Alors que le photon conférait à la lumière - l'onde lumineuse - un caractère corpusculaire, Louis de
Broglie appliqua l'idée inverse aux particules matérielles. Il émit l'hypothèse que le comportement des
particules (les particules connues à l'époque étaient l'électron, le proton et le neutron) pouvait à son tour
être décrit à la fois comme la manifestation d'un corpuscule et la manifestation d'une onde. Il associa
donc une onde à chaque particule matérielle et développa une mécanique pour manipuler ces nouveaux
êtres : la mécanique ondulatoire.
Selon la mécanique ondulatoire, à toute particule est associée une onde dont la longueur d'onde est
inversement proportionnelle à l'énergie de la particule. Il s'ensuit que plus une particule est énergétique
(plus sa vitesse est grande), plus la longueur d'onde qui lui est associée est courte.
L'équation des ondes associées à ces particules fut finalement énoncée par Erwin Schrödinger en 1926
comme suit :

Les ondes associées aux électrons furent mises en évidence par Clinton Davisson en 1925 par une
expérience d'interférence (dite expérience des trous d'Young en référence au physicien britannique
Thomas Young qui en 1801 mis en évidence des interférences lumineuses en faisant passer un faisceau
lumineux entre deux fentes). Les électrons sont émis par une source, sont accélérés puis sont envoyés
sur un cristal dont l'alignement atomique joue le rôle des fentes dans l'expérience de Young. Selon une
interprétation purement corpusculaire de la nature des

électrons, la répartition des électrons après le passage de la plaque devrait être celle-ci :

Or, l'expérience a montré que les électrons se répartissaient en franges similaires à des franges
d'interférence. L'observation de franges d'interférence implique nécessairement que les objets observés
sont des ondes et non des corpuscules !

Pour résumer, les électrons se comportent comme des corpuscules dans le phénomène photo-électrique
et comme des ondes dans l'expérience des trous d'Young.
Ainsi les physiciens durent conclure que, d'une part les ondes électromagnétiques possédaient
également une nature corpusculaire, et que d'autre part les particules de matière possédaient aussi une
nature ondulatoire. Il y avait là un paradoxe insurmontable. Niels Bohr trancha le débat en énonçant le
principe de complémentarité qui fit la synthèse de ces résultats apparemment inconciliables.

Principe de complémentarité : les particules et la lumière sont des


quanta d'énergie dont le comportement est à la fois corpusculaire et
ondulatoire (dualité onde-corpuscule).
"Effondrement" de l'onde et relations d'incertitude d'Heisenberg
Qu'est-ce qui détermine le comportement ondulatoire ou corpusculaire d'une particule ? Ou en d'autres
termes, qu'est-ce qui explique que dans certains phénomènes, les particules se comportent comme des
ondes et dans d'autres comme des corpuscules ?
Avant tout, il faut dire que les particules sont toujours décrites comme des entités duales onde-
corpuscule. En fait, selon les phénomènes, la nature ondulatoire l'emporte sur la nature corpusculaire ou
inversement, mais ces deux natures sont toujours présentes simultanément.
Comme nous l'avons dit précédemment, la longueur d'onde de l'onde associée à une particule est
inversement proportionnelle à l'énergie de la particule. Lorsque cette longueur d'onde est inférieure ou est
de l'ordre des dimensions des "objets" qui interviennent dans le phénomène, alors la nature corpusculaire
de la particule est prépondérante. Inversement, si cette longueur d'onde est supérieure aux dimensions
des "objets" impliqués, la nature ondulatoire de la particule va être observée. Or, la longueur d'onde est
courte pour des particules très énergétiques. On en conclut que les phénomènes se produisant à hautes
énergies mettront plutôt en évidence un comportement corpusculaire des particules alors que,
inversement, les phénomènes à basses énergies seront plutôt de nature ondulatoire.

De façon imagée, on peut dire qu'une particule ayant une onde avec une grande longueur d'onde n'est
pas bien localisée et donc son comportement est plutôt celui d'une onde (une onde est un phénomène
non localisé). Lorsque la longueur d'onde se raccourcit, la particule apparaît de plus en plus localisée et
se comporte de plus en plus comme un corpuscule (un corpuscule est une entité ayant une dimension et
une position bien déterminées). En fait, Werner Heisenberg a étudié de près cette question et en a déduit
des relations liant la précision que l'on peut obtenir de la vitesse et de la position d'une particule d'une
part, et la précision de la mesure de son énergie en fonction de la durée de la mesure d'autre part. Ces
relations sont connues sous le nom de relations d'incertitude d'Heisenberg.
Ce que disent ces relations c'est que :
11. Si l'on connaît parfaitement la position d'une particule, on ne peut en connaître la vitesse et
inversement,
12. Sur de très courtes durées l'incertitude sur la mesure de l'énergie est très grande, c'est-à-dire que
l'énergie peut fluctuer considérablement sur de très courtes durées !
Les bases mêmes de la mécanique sont sérieusement ébranlées par ces relations d'incertitude !!!

Interprétation de la fonction d'onde


L'équation de l'onde associée aux photons est l'équation des ondes électromagnétiques alors que celle
de l'onde associée aux particules matérielles est l'équation de Schrödinger. C'est là que réside la
principale différence entre les particules de matière et les photons. C'est une différence de taille car
l'onde des photons est bien réelle (les ondes électromagnétiques sont bien réelles) alors que l'onde
associée aux particules de matière est purement abstraite (les solutions de l'équation de Schrödinger ne
sont pas des fonctions réelles mais complexes). Dans ce cas, comment interpréter cette onde associée
aux particules de matière ?
Pour interpréter la fonction d'onde, revenons aux photons. Dans une expérience d'interférence comme
celle qui est représentée ci-dessous, on obtient sur l'écran un ensemble de franges qui déterminent
l'intensité lumineuse en chaque point de l'écran. Si l'on se souvient de ses cours de physique, l'on sait
que l'intensité lumineuse en un point n'est pas la somme de l'amplitude des ondes qui passent par
chacun des deux trous mais le carré de la somme des amplitudes de ces ondes.

Raisonnons maintenant en termes de photons, c'est-à-dire de quanta. Les franges sombres de la figure
d'interférence sont sombres parce qu'aucun photon n'est parvenu à cet endroit. Ceci peut paraître une "la
palissade" cependant si l'on considère les photons émis par la source lumineuse comme une population
de particules (ou de quanta) que l'on ne peut distinguer les unes des autres, l'étude de la répartition de
ces dernières sur l'écran peut être traitée d'un point de vue statistique. Il est alors possible d'affirmer que
les franges sombres sont des endroits où les photons ont une probabilité nulle d'arriver, ou de se
trouver. A l'inverse, à l'endroit des franges brillantes, la probabilité de trouver un photon est maximale.
Par ce raisonnement très simple, nous avons associé la luminosité observée à un endroit de l'écran à la
probabilité de trouver un photon à cet endroit. Or la luminosité n'est rien d'autre que l'intensité de l'onde
lumineuse, c'est-à-dire le carré de l'amplitude de l'onde. Ainsi, la probabilité de trouver un photon à un
endroit donné est-elle proportionnelle au carré de l'amplitude de l'onde électromagnétique à cet endroit !
Ce résultat peut être transposé aux partricules de matière telles que les électrons, les protons, etc. On
obtient ainsi une interprétation de la fonciton d'onde associée à un quantum : la probabilité de trouver un
quantum (ou une particule) à un endroit de l'espace est proportionnelle au carré de l'amplitude de la
fonction d'onde à cet endroit.
Comme on le voit, en physique quantique, il n'est possible de calculer que des probabilités de réalisation
de prédictions. La description quantique des phénomènes n'est donc plus déterministe (c'est-à-dire
permettant de prévoir avec exactitude les valeurs des grandeurs physiques mises en jeu) mais
indéterministe. En cela la physique quantique se distingue radicalement de la physique classique qui est
fondamentalement déterministe.
Les physiciens mirent au point un formalisme et un cadre généraux permettant de décrire et de calculer
les prédictions des phénomènes quantiques. Ce formalisme a été baptisé la mécanique quantique.

La théorie des champs


Qu'est-ce qu'un champ en physique classique ?
Dans la nature, de nombreux phénomènes font intervenir une action à distance comme, précisément, la
gravitation, l'attraction et la répulsion électrostatiques ou magnétiques, etc. Prenons un exemple
accessible à l'expérience quotidienne : l'attraction de deux aimants. Si l'on approche les pôles opposés
de deux aimants, ils s'attirent. Cette attraction est d'autant plus forte que la distance qui les sépare est
petite. Tout se passe comme si la "force" attractrice des aimants les entoure, cette "force" étant plus
intense lorsque l'on se rapporche des aimants. On peut montrer que, pour un aimant donné, la "force"
attractrice en un point donné conserve toujours la même valeur (à condition, bien sûr, de ne pas déplacer
l'aimant !). Ainsi, il est possible d'associer à ce point de l'espace une valeur unique qui indique la valeur
de l'intensité de la force d'attraction de l'aimant. L'ensemble des valeurs de l'intensité de la force
d'attraction en chaque point de l'espace est appelé un champ. Cette définition a un caractère purement
mathématique mais, comme nous l'avons vu, elle repose sur l'observation de phénomènes physiques.
Les valeurs associées à chaque point de l'espace peuvent être des nombres réels (ou scalaires), des
vecteurs (valeur + orientation), des tenseurs (êtres mathématiques plus complexes), etc. La figure ci-
dessous représente un champ de vecteurs.
Au delà de cette définition mathématique, un champ est avant tout la manifestation d'un phénomène
d'action à distance. La description que donnent les physiciens d'une action à distance consiste à dire que
tous les ingrédients de cette action à distance sont déjà présents sous forme de champ. Il ne reste plus
qu'à introduire le second aimant pour que l'action ait effectivement lieu. Le nom scientifique d'une telle
action à distance est interaction (mot à mot : "action entre").
La description classique des champs amène la remarque suivante. Un champ est continu dans l'espace,
c'est-à-dire que les variations des valeurs d'un point à un autre point infiniment voisin s'effectuent sans
sauts brutaux. Au contraire, ces variations sont "douces", continues.

Les champs en physique classique possèdent également la particularité d'être définis immédiatement
dans tout l'espace. Si, par exemple, la puissance de l'aimant croît brusquement, l'intensité du champ
magnétique augmente alors brusquement dans tout l'espace. En d'autres mots, les variations de l'origine
du champ sont répercutées immédiatement dans tout l'espace. La vitesse à laquelle les variations sont
répercutées dans l'espace est donc infinie. Ce point est en totale contradiction avec le principe relativiste
selon lequel aucune information ne peut se déplacer à une vitesse supérieure à celle de la lumière.
Cependant, la description relativiste des champs, tout en intégrant la notion de déplacement des
variations du champ à une vitesse finie (celle de la lumière) est, dans le fond, très semblable à la
description classique. Ce ne sera pas le cas avec la physique quantique !

Qu'est-ce qu'un champ en physique quantique ?


Pour décrire le concept de champ en physique quantique, prenons l'exemple d'un électron fixe. D'après la
théorie de l'électromagnétisme, l'électron crée un champ électrique autour de lui. Supposons maintenant
qu'un second électron s'approche du premier. Il va être soumis au champ électrique de ce dernier. Les
effets du champ électrique vont se manifester par une modification de la trajectoire et une accélération du
second électron. D'un point de vue mécanique, on peut décrire l'interaction des deux électrons par un
transfert d'énergie et de variables dynamiques de l'un à l'autre. Or, en physique quantique tout transfert
d'énergie est réalisé par un - ou plusieurs - quantum ! En d'autres mots, l'interaction des deux électrons
consiste en l'échange d'un quantum, c'est-à-dire finalement, en l'échange d'une particule !!!!

La particule échangée est baptisée le quantum de l'interaction. Comme les électrons ne peuvent être
distingués les uns des autres, il s'ensuit que l'interaction de n'importe quel électron avec un autre électron
impliquera le même quantum d'interaction. De plus, l'interaction électrique des électrons est déterminée
par leur charge électrique exclusivement. On en conclut que toute interaction causée par la charge
électrique de particules implique le même quantum d'interaction que celui qui a été mis en évidence dans
le cas de deux électrons. Nous verrons plus loin que ce quantum n'est rien d'autre qu'un photon !!!
La physique quantique met en jeu des énergies qui peuvent être très élevées, donc les vitesses des
particules impliquées appartiennent au domaine relativiste (c'est-à-dire proches de la vitesse de la
lumière). De ce fait, la physique quantique doit nécessairement intégrer la théorie de la relativité, au
moins restreinte. L'un des résultats fondamentaux de la relativité restreinte est la célèbre équation E =
mc2 qui traduit le fait que la masse est de l'énergie et réciproquement, toute énergie peut potentiellement
prendre la forme d'une masse (de particules). En physique quantique cette équation a des conséquences
majeures car les quantités d'énergie déployées lors des interactions ne sont plus négligeables en
comparaison de la masse des particules. Il en résulte que l'énergie impliquée dans une interaction peut
se matérialiser sous forme de particules. Il s'ensuit que le nombre de particules après l'interaction peut
être supérieur (parfois même très supérieur) au nombre de particules avant l'interaction. Ce phénomène
est observé courramment dans les accélérateurs de particules.
L'interaction de n particules produisant m particules met en jeu des mécanismes sans doute complexes
que l'on n'appréhende pas tous dans leur totalité. Aussi, les interactions sont souvent traitées comme une
"boîte noire" avec des particules en entrée et d'autres en sortie. Cette "boîte noire" possède une
représentation mathématique nommée la matrice de diffusion ou matrice S (S pour "scattering" qui
signifie" diffusion).

Pour passer de n particules en entrée à m particules en sortie (n et m étant différents) il faut que
certaines particules disparaissent et d'autres soient créées. Comme nous l'avons dit plus haut, la
mécanique quantique ne permet pas de prédire les phénomènes avec certitude mais fournit seulement
les probabilités pour que ces phénomènes se produisent. Les mêmes n particules en entrée, se trouvant
dans les mêmes états physiques (les physiciens disent "les mêmes conditions initiales") vont pouvoir
produire une multitude de résultats différents en sortie. La mécanique quantique permet de calculer la
probabilité pour que chacun de ces résultats se réalise. La situation se complique encore davantage
quand on a à l'esprit qu'un même résultat en sortie peut mettre en oeuvre des mécanismes intermédiaires
différents. Finalement, la probabilité d'obtenir un résultat donné en sortie est donc la somme des
probabilités de l'occurence de chaque mécanisme intermédiaire aboutissant à ce résultat. Il suffit donc de
recenser l'ensemble des mécanismes intermédiaires possibles, d'en calculer la probabilité puis d'en faire
la somme, pour connaître la probabilité pour qu'une interaction donnée ait lieu.
Cette procédure paraît simple sur le papier mais dans la réalité le recensement des mécanismes
intermédiaires aboutit à un nombre infini ! Pour comprendre cet état de fait, reprenons le cas de notre
électron et du champ électrique qu'il crée autour de lui.
Comme nous l'avons déjà expliqué, plus on se rapproche de l'électron et plus l'énergie de l'interaction
croît au point que cette énergie est susceptible de se matérialiser sous forme de paires particule-
antiparticule. A partir d'une certaine distance - notée de dans le schéma ci-dessous - l'énergie est
suffisante pour provoquer la création spontanée de paires électron-antiélectron. Puis avec
l'accroissement de l'énergie, la formation de particules plus lourdes est possible. Toutes ces particules et
anti-particules créées spontanément partcicipent à l'intercation et doivent être prises en compte dans le
calcul de la matrice de diffusion. Or, plus l'on se rapproche de l'électron, plus le nombre de paires
particules-antiparticules augmente. Comme la physique moderne modélise les particules élémentaires
par des objets ponctuels sans dimension, l'énergie peut donc croître jusqu'à l'infini (1/r = infini pour r = 0);
le nombre de particules créées spontanément peut donc devenir infini. Ce phénomène de création
spontanée de particules est à l'origine des difficultés rencontrées pour le calcul de la matrice de diffusion
S (les physiciens idenfient ces difficultés en parlant des "divergences de la matrice de de diffusion").

Energie disponible à la périphérie d'un électron


Création spontanée de paires de particule-antiparticule à la périphérie d'un électron.
Les physiciens sont cependant parvenus à mettre au point une technique mathématique permettant de
supprimer les termes infinis dans le calcul de la matrice de diffusion (qui donne, rappelons-le, la
probabilité pour qu'une interaction ait lieu). Cette technique s'appelle la renormalisation. La
renormalisation a été appliquée avec succès à l'interaction électromagnétique mais cette technique ne
fonctionne pas avec toutes les interactions.

Les interactions fondamentales


Les expériences en physique des particules ont mis en évidence quatre interactions différentes :
 l'interaction gravitationnelle,
 l'interaction électromagnétique,
 l'interaction faible,
 l'interaction forte.
Nous possédons une connaissance empirique des interactions gravitationnelle et électromagnétique car
leur portée est infinie ce qui leur permet de se manifester à l'échelle macroscopique. En revanche, les
interactions faible et forte ont une portée très faible (de l'ordre de la taille des noyaux atomiques soit 10-15
m) ce qui confine leurs effets au monde des particules exclusivement. Nous n'avons donc aucune
expérience de ces interactions autres que celles que nous renvoient les expérimentations réalisées par
les physiciens dans les accélérateurs de particules.
L'interaction faible est responsable de la désintégration ou radioactivité béta. Spontanément, un
neutron se trouvant dans un noyau atomique peut se désintégrer en donnant un proton, un électron et un
anti-neutrino. Le proton reste dans le noyau atomique alors que l'électron et l'anti-neutrino sont éjectés
avec une grande énergie. Le neutrino est une particule qui interagit très peu avec ses "congénaires". En
revanche, l'électron interagit très facilement avec les autres particules, pouvant briser des noyaux
atomiques sur son passage, ce qui rend le rayonnement béta très dangeureux.
L'interaction forte est responsable de la cohésion des noyaux atomiques. Les noyaux atomiques (à
l'exception du noyau d'hydrogène) sont constitués de plusieurs protons (le proton possède une charge
électrique +e) et de neutrons (électriquement neutres). Or la taille d'un noyau est de l'ordre de 10-15 m. A
cette distance les forces électrostatiques qui repoussent deux protons sont énormes. Si on les ramenait à
une masse d'un kilogramme, elles s'élèveraient à [Link] de Newton ou [Link] de kg-
poids. Les noyaux atomiques devraient donc voler en éclat, or ces noyaux existent dans la nature et la
plupart sont stables. Il existe donc une autre force qui compense la répulsion électrostatique des protons.
Cette force a été baptisée la force forte, ou interaction forte.
A chacune de ces interactions correspond un quantum d'interaction que l'on appelle aussi un boson. Le
tableau ci-dessous fournit les principales caractéristiques des quatre interactions fondamentales. L'unité
GeV signifie Giga-électron-volt. 1GeV = 1.000.000 eV. L'électron-volt (noté eV) est une unité d'énergie
(ou de masse puisque la masse est équivalente à de l'énergie selon la célèbre formule E = mc2) qui
représente la quantité d'énergie acquise par un électron lorsuq'il est accéléré par une différence de potentiel de 1
Volt, soit :
Masse des Spin des Constante de Durée de
Interactions Bosons Portée
bosons bosons couplage l'interaction
Graviton ? -40
Gravitation 0 infinie 2 10 ?
??
Electromagnéti
Photon 0 infinie 1 1/137 10-8 s
que
W+, W - 80 GeV
Faible 10-18 m 1 10-6 10-10 s
Z0 91 GeV
< 10-15
Forte Gluons ? 1 proche de 1 10-23 s
m
Dans la nature, les physiciens ont recensé deux grandes familles de particules :
 les fermions : particules ayant un spin demi-entier (1/2, 3/2, 5/2, etc.),
 les bosons : particules ayant un spin entier (0, 1, 2, etc.).
Le spin d'une particule peut être interprété, en première approximation, comme la rotation de la particule
sur elle-même. Comme toute grandeur physique en mécanique quantique, le spin est quantifié, c'est-à-
dire qu'il ne peut prendre que certaines valeurs particulières. De plus, on peut établir des relations
d'incertitude pour le spin assez semblables à celle d'Heisenberg pour la vitesse et la position. Ce que
disent ces relations d'incertitude pour le spin c'est qu'il n'est pas possible de connaître à la fois la valeur
du spin et son orientation.
Le spin est en fait une grandeur physique directement liée aux propriétés géométriques des particules. Le
spin apparaît naturellement lorsque l'on tente de donner une description relativiste des ondes associées
aux particules. Une telle description implique une réécriture de l'équation de ces ondes qui aboutit aux
équations de Klein-Gordon pour les bosons et l'équation de Dirac pour les fermions.
Il est intéressant de noter également que le spin a une incidence directe sur le comportement statistique
des particules. Ainsi, les bosons obéissent à la statistique de Bose-Einstein c'est-à-dire que les bosons
ont tendance à se concentrer dans le même état. A l'inverse, les fermions, répondent à la statistique de
Fermi-Dirac qui prédit que deux fermions ne peuvent se trouver dans le même état (principe d'exclusion
de Pauli).

Extension du concept de champ en physique quantique


Jusqu'à présent nous n'avons fait que traduire dans le cadre de la physique quantique les champs définis
en physique classique, à savoir, le concept de force à distance a été remplacé par l'échange d'un
quantum ou particule. En effet, la notion de champ en physique classique est étroitement liée aux forces
agissant à distance (gravitation et électromagnétisme). Dans un contexte quantique, les quanta associés
aux forces, donc aux champs classiques, ne diffèrent en rien des autres types de quanta, c'est-à-dire les
particules de matière (électrons, protons, neutrons, neutrinos, muons, etc.). Il est donc tout à fait légitime
de considérer les particules de matière comme les quanta de champs que les physiciens ont baptisé
champs de matière. Nous nous trouvons donc en présence de deux types de champs :
 Les champs de force, qui sont la transposition dans le domaine quantique des interactions
classiques (plus d'autres interactions n'existant qu'à l'échelle quantique comme les interactions
forte et faible),
 Les champs de matière qui sont des "êtres" totalement nouveaux propres à une descritpion
quantique de la nature.
Cette généralisation du concept de champ qui englobe, dans cette nouvelle acceptation, l'ensemble des
particules, a des conséquences profondes sur notre vision du monde telle que la bâtissent les physiciens.
L'entité physique la plus fondamentale ne serait plus la particule mais le champ. Les particules ne sont
alors que les états du champ : le champ peut se trouver dans son état fondamental c'est-à-dire l'état
d'énergie la plus basse qui correspond à un état sans particule, dans un état excité à 1 particule, 2
particules, n particules.
Le champ, qu'il soit un champ de force ou de matière, peut être représenté symboliquement (et
mathématiquement aussi) comme un ensemble d'ondes qui s'ajoutent les unes aux autres. L'énergie du
champ est alors la somme de l'énergie transportée par chaque particule, ou quantum du champ, energie
qui a la valeur hv (constante de Planck x fréquence du quantum). L'image que nous pourrions donner du
champ est celle d'une corde vibrante (à 3 dimensions et occupant tout l'espace) pouvant vibrer selon une
infinité de modes mais dont seuls un nombre fini d'entre eux seraient effectivement actifs à un moment
donné. Chacun des modes de vibration observés ne serait rien d'autre qu'un quantum du champ ! Ces
quanta peuvent être de la matière ou de l'antimatière, c'est là un apport très important de la physique
quantique. Enfin, le nombre de quanta dans un mode donné va déterminer l'amplitude de l'onde dans le
mode correspondant. D'un point de vue physique, cela va déterminer la probabilité de mesurer le champ
dans ce mode ou état, ou, en d'autres mots, de trouver une particule ayant la fréquence associée à ce
mode.
Cette image est quelque peu abstraite, mais il est difficile de fournir une représentation concrète d'une

entité physique aussi abstraite qu'un champ quantique !

=++
Champ total = quantum fréquence f + quantum fréquence 2f + quantum fréquence 3f

=+2+5
Champ total = quantum fréquence f + 2 quanta fréquence 2f + 5 quanta fréquence 3f

Interactions et symétries
Action, principe de moindre action et Lagrangien
Il existe en physique un principe fondamental appelé le principe de moindre action. L'action est une
grandeur physique qui est définie, sur une trajectoire donnée, comme le produit de l'énergie (en fait il ne
s'agit pas tout à fait de l'énergie totale. Voire plus loin la formulation exacte) par le temps mis pour
parcourir cette trajectoire. L'énoncé du principe de moindre action est le suivant : parmi toutes les
trajectoires possibles sur une durée donnée, la seule à être choisie par la nature est celle pour laquelle
l'action est minimale (d'où le nom de principe de moindre action !). Ce que nous dit en gros ce principe
c'est que la nature opte toujours pour la consommation minimale d'énergie dans le temps.
A ce jour, le principe de moindre action ne connaît pas d'exception. Il a toujours été vérifié. Il constitue
l'un des piliers de la physique prise dans son ensemble. Toute la mécanique (domaine de la physique qui
s'intéresse aux lois du mouvement) peut être dérivée de ce principe. En physique quantique, il joue un
rôle tout aussi majeur qu'en physique classique.
D'un point de vue mathématique, l'action se définit comme la somme de la valeur à tout instant et le long
d'une trajectoire donnée d'une grandeur physique nommée le Lagrangien (ou fonction de Lagrange).
La seule trajectoire physiquement possible est celle pour laquelle l'action est minimale, c'est-à-dire celle
pour laquelle la somme des valeurs du Lagrangien en tout point de la trajectoire est minimale. Le
Lagrangien se définit lui même comme la différence entre l’énergie cinétique (énergie associée au
mouvement d’un corps) et l’énergie potentielle (énergie rayonnée au travers d’un champ par exemple).
L = T - U (L= Lagrangien, T = énergie cinétique, U = énergie potentielle)
Le Lagrangien dépend, on le voit, à la fois du mouvement et des champs environnants par le biais de l'énergie
potentielle. Il acquiert au travers du principe de moindre action un rôle fondamental en physique. Contenant la
description complète du mouvement, ses propriétés mathématiques vont donc avoir des conséuences directes sur les
caractéristiques physiques du mouvement. Par exemple, si l'on considère un mouvement donné, ce dernier n'est pas
modifié si l'on procède à une translation dans l'espace de chaque point de la trajectoire.
Le Lagrangien pour aller de A à B est
identique à celui du mouvement allant
de A' à B'

Les symétries et les invariants


La section précédente a montré qu'une interaction mettait en oeuvre des mécanismes sous-jacents très
complexes. Les physiciens ont donc recherché les moyens de simplifier la description de ces
phénomènes de façon à pouvoir en calculer plus aisément la probabilité de réalisation. Lorsque l'esprit
humain se heurte à un problème complexe, il essaye en général de le simplifier en tentant d'en extraire
les caractéristiques fondamentales, c'est-à-dire ce qui est propre au problème étudié. L'une des façons
de procéder consiste à faire varier les différents paramètres du problème et faire ainsi apparaître
l'incidence de ces variations sur le comportement du système étudié. Deux classes de variations, ou
transformations, se dessinent alors :
13. celles qui ont pour effet de modifier le comportement du système,
14. celles qui ont pour effet de ne pas modifier le comportement du système.
Pendant longtemps les physiciens se sont surtout penchés sur la première catégorie de transformations
mais ils se sont aperçus, au fil du temps, que la seconde classe de transformations contenait des
indications encore plus fondamentales que la première dans la mesure où elles mettent en évidence des
propriétés plus profondes du système. En effet, les transformations qui laissent le système inchangé font
apparaître des propriétés plus générales, qui peuvent être appliquées à d'autres systèmes du même type
et qui ne sont plus liées au seul contexte expérimental étudié.
Prenons un l'exemple d'un système composé de deux boules de billard qui s'entrechoquent. En
reproduisant l'expérience tout en faisant varier les masses et les vitesses des boules de billard, on finit
par déduire que la somme des quantités de mouvement est une grandeur toujours conservée. Ce résultat
ne peut être facilement généralisé à un nombre quelconque de boules de billard sans nécessiter d'autres
expériences toujours plus compliquées. Il est possible de parvenir au même résultat, de façon purement
théorique, en constatant le fait évident que toute expérience est inchangée si l'on déplace le lieu
d'expérimentation (à condition de conserver les mêmes conditions initiales). En d'autres mots, la
translation de l'expérience dans l'espace ne modifie pas l'expérience. Lorsque cette invariance est
injectée dans les équations du mouvement, on obtient immédiatement que la quatité de mouvement est
une grandeur toujours conservée, quelque soit le système.

Qu'est-ce qu'une symétrie en physique ?


Dans le langage courant, le mot symétrie signifie une correspondance exacte en forme, taille et position
de parties opposées (définition du Petit Robert). On parlera ainsi de la symétrie entre un objet et son
image dans un miroir. En géométrie, le terme symétrie prend un sens plus général qui peut se définir
comme suit : transformation qui ne change ni la forme, ni les dimensions d'une figure. On peut remarquer
que le sens courant du mot symétrie correspond à un cas particulier de symétrie au sens géométrique du
terme, qui consiste à inverser les objets par rapport à un plan.
En physique, la définition d'une symétrie est semblable à sa consoeur géométrique mais s'applique aux
lois de la nature et non plus aux figures géométriques. Ainsi une symétrie en physique est une
transformation des variables du système - qui peuvent être des variables géométrique ou plus abstraites -
qui ne change pas la formulation des lois physiques. Une fois de plus, la symétrie selon le sens commun
est encore une fois le cas particulier d'une transformation qui consisterait à remplacer les positions des
différentes composantes d'un système physique par leur opposé (transformation de x en -x). A noter que
ce type très particulier de symétrie porte un nom spécifique en physique : il s'agit d'une transformation de
parité.
Les physiciens ont très vite remarqué que les lois de la nature n'étaient pas modifiées par les
transformations suivantes :
 La transformation de parité (notée transformation P) qui revient à réaliser des phénomènes qui
sont l'image dans un miroir des phénomènes observés. Il est évident que si l'on considère le
reflet dans un miroir de n'importe quel phénomène physique, on obtient un nouveau phénomène
qui est bien sûr physiquement possible.
 La transformation par inversion de toutes les charges électriques impliquées dans un phénomène
(notée transformation C) ne change en rien les lois qui régissent ce phénomène.
 La transformation par inversion du sens du temps (notée transformation T) ne modifie en rien les
lois de la physique.
Ainsi, pour résumer, les lois de la nature sont invariantes c'est-à-dire non modifiées par les
transformations C,P et T. En fait, nous verrons plus loin que ceci n'est plus vrai en physique quantique.

Symétries globales et locales


Il est possible de distinguer deux grandes familles de symétries en physique (et en géométrie aussi
d'ailleurs) :
 Les symétries globales : la même transformation s'applique partout,
 Les symétries locales : la transformation dépend de la valeur de la variable à trasnformer,
notamment, s'il s'agit d'une transformation géométrique, cette transformation va dépendre de la
position.
Exemples de symétries globales :
 Symétrie vis-à-vis des transformations CPT,
 Symétrie par rapport aux translations dans l'espace : la formulation des lois physiques est
indépendante de la position de l'observateur,
 Symétrie par rapport aux translations dans le temps : la formulation des lois physiques est
indépendante du moment choisi comme instant initial t0,
 Symétrie par rapport aux changements de repères animés d'une vitesse uniforme (repères dits
galliléens) : cette symétrie est la formulation géométrique du principe de relativité. Les lois de la
nature s'expriment de la même manière, que l'observateur soit fixe ou en mouvement uniforme.
Si la nature est intrinsèquement invariante ou symétrique pour certaines transformations globales ce n'est
en général pas le cas vis-à-vis des symétries locales. Citons quand même un exemple remarquable de
symétrie locale : la translation locale du temps et de la position. Cette transformation consiste à modifier,
en chaque point de l'espace-temps, le point et l'instant de référence. Il peut paraître étonnant que les lois
de la physique restent invariante après ce genre de transformation car elle met violemment à mal la
notion même d'espace et de temps. Pourtant, nous allons le voir dans la section suivante, cette symétrie
est possible et conduit à une autre formulation de la relativité générale.

Symétries locales
Imaginons un avion qui survole la surface parfaitement plane d'un désert. Supposons que sa trajectoire
est rectiligne et parallèle à la surface du désert. Cette trajectoire peut être calculée à partir des équations
du mouvement qui ont le statut de lois de la nature. Si, à la suite d'un fantastique tremblement de terre, il
advenait tout à coup que le désert soit soulevé, ou s'effondre, sur toute sa surface, sans en changer le
caractère parfaitement plan, il est clair que ce cataclysme n'affecterait en rien les équations du
mouvement de l'avion. Ce tremblement de terre revient à appliquer à notre système une transformation
globale, plus précisément une translation dans l'espace. Or nous savons que la nature est symétrique
pour ce genre de transformation.
Maintenant supposons qu'une partie seulement (1 km2 par exemple) du désert s'effondre. Cette
transformation est alors, comparativement au tremblement de terre précédent, une transformation locale.
Les lois de la physique sont normalement affectées par une transformation locale. La trajectoire de l'avion
devrait donc être affectée par cet affaissement local et reproduire, en quelque sorte, la même forme dans
les airs. Or, l'expérience nous montre clairement qu'en réalité la trajectoire de l'avion n'est en rien
modifiée par ce genre de transformation. Quelle en est la raison ? La réponse est simple : la trajectoire de
l'avion n'est pas affectée grâce à l'intervention de la gravitation. La gravitation permet de compenser les
irrégularités du sol. En termes plus abstraits, la gravitation compense les translations locales opérées
dans l'espace (et le temps, faut-il rajouter pour être rigoureux).
Maintenant prenons le problème à l'envers. Supposons que nos physiciens ignorent l'existence de la
gravitation. Ils savent que les lois de la nature sont symétriques pour les translations globales dans
l'espace et le temps. Forts de la connaissance de cette propriété remarquable, ils s'interrogent sur la
possibilité de l'étendre à une symétrie locale. Pour ce faire, ils imposent aux lois de la nature d'être
invariantes pour des translations locales dans l'espace et le temps et injectent cette contrainte dans les
équations du mouvement. Le résultat qu'ils obtiennent est alors extraordinaire : un nouveau terme
apparaît dans les équations, terme qui décrit une entité qui n'est rien d'autre qu'un champ. En étudiant de
plus près ce champ, ils s'apercevront que ce champ n'est autre que la gravitation !!!
En 1923 Hermann Weyl a retrouvé les résultats de la relativité générale en procédant de la sorte. La
gravitation apparaît dans cette nouvelle approche comme une condition à ajouter dans les équations du
mouvement pour qu'une symétrie globale (les translations dans l'espace-temps) puissent devenir une
symétrie locale. Une symétrie locale est également nommée une symétrie de jauge et les théories
bâties sur de telles symétries sont appelées des théories de jauge. Les travaux de H. Weyl ont donc
montré que la théorie de la relativité générale était une théorie de jauge.
On a représenté ci-dessous de façon imagée le concept central des théories de jauge. Sur ce schéma, la
transformation globale consiste à relever le terrain sur lequel se déplace un objet. Pour illustrer la
symétrie locale, on impose que l'objet ait la même trajectoire alors que le terrain est totalement cahotique.
Pour parvenir à cela, il est nécessaire de bâtir un pont sur lequel va glisser l'objet conformément aux
trajectoires précédentes. Ce pont symbolise le champ qui apparaît dans les théories de jauge.

Masse des quanta d'un champ de jauge


On appelle champ de jauge un champ qui prend son origine dans les propriétés de symétrie de jauge ou
locale.
Pour qu'une symétrie locale soit parfaite ou "exacte" il est nécessaire qu'elle puisse être appliquée
parout. Ceci implique que si l'on considère deux points arbitraires dans l'espace, le respect de la symétrie
locale va résulter en la création d'un champ entre ces deux points. Comme ces deux points peuvent être
a priori n'importe quel point de l'espace, ils peuvent notamment être choisis aussi éloignés que l'on
souhaite l'un de l'autre. On en conclut que le (ou les) champs de jauge créés par une symétrie locale
exacte doit nécessairement avoir une portée infinie; les quanta associés à ces champs ont donc une
masse nulle. C'est là une propriété essentielle de tous les chmaps de jauge que d'avoir des quanta de
masse nulle.
Nous verrons par la suite que cette propriété a posé des difficultés aux théoriciens car manifestement, la
plupart des champs de jauge observés dans la nature ont des quanta massifs. Les physiciens ont dinc
cherché pendant de nombreuses années les mécanismes permettant d'attribuer une masse aux quanta
des champs de jauge. Une solution communément admise, bien que présentant des aspects encore
sujets à discussion, a été proposée par Higgs.

Interaction électromagnétique et symétries


L'électro-dynamique quantique ou QED
La description quantique de l'interaction électromagnétique a été réalisée dans les années 40 et s'est
achevée par une théorie nommée électro-dynamique quantique (ou QED pour Quantum Electro-
Dynamics). La QED repose sur la théorie invariante des perturbations, formalisme théorique
parachevé par Richard Feynman. La théorie invariante des perturbations est issue de la méthode
classique des perturbations élaborée au XIXième siècle pour résoudre le problème à trois corps en
mécanique céleste essentiellement.
La loi universelle de la gravitation de Newton donne des résultats très précis lorsque le nombre d'objets
impliqués se limite à deux. Pour un nombre d'objet supérieur à deux, la loi de Newton aboutit à des
équations qui ne sont pas solubles de façon analytique dans la plupart des cas. C'est ce que l'on appelle
de manière générique le problème à trois corps. Les astronomes ont donc mis au point une méthode
reposant sur l'idée qu'il est possible de traiter le problème comme un système à deux corps auquel on
ajoute de petites perturbations engendrées par le troisième astre. Les équations du mouvement sont
alors solubles et des solutions analytiques existent, cependant, cette méthode n'est applicable qu'à la
seule condition que le champ du troisième astre soit effectivement beaucoup plus faible que celui des
deux autres afin de pouvoir le traiter comme une petite perturbation. Cette méthode a permis à John
Couch et Urbain Le Verrier de supposer l'existence de la planète Neptune en étudiant les irrégularités de
la trajectoire d'Uranus. Neptune fut effectivement découverte en 1846 par Johann Galle.
Richard Feynman a étendu cette méthode à l'électrodynamique dans une contexte quantique. Les
interactions quantiques sont alors décrites comme des petites perturbations locales du champ
électromagnétique. Les résultats ainsi obtenus sont en accord jusqu'à la huitième décimale avec
l'expérience, faisant de la QED la théorie la plus exacte que l'Humanité ait jamais conçu. Selon la QED,
les interactions électromagnétiques se ramènent à l'échange de photons entre particules chargées. Le
photon est donc le quantum de l'interaction électromagnétique. La constante de couplage a la valeur
de 1/137. Enfin, la QED est renormalisable, c'est-à-dire qu'il est possible, après des manipulations
mathématiques spéciales, d'obtenir une valeur finie pour le calcul des probabilités de diffusion
électromagnétique.

Cependant, malgré ses succès retentissants, la QED ne répond pas a une question fondamentale : quelle
est la nature profonde de l'interaction électromagnétique ? Un début de réponse à cette question a été
donné en abordant la QED sous l'angle des symétries.

Les symétries de la QED


L'interaction électromagnétique possède une caractéristique qui lui est propre : si l'on modifie
globalement, partout à la fois, le potentiel électrique, les phénomènes électromagnétiques ne sont en rien
affectés. Ceci montre clairement, que l'interaction électromagnétique est invariante pour des
modifications globales du potentiel électrique. En fait, modifier globalement le potentiel électrique revient
à changer la phase des ondes associées aux particules. Ce phénomène était déjà bien connu en
électrodynamique classique. La phase d'une onde peut être assimilée à un angle dans un cercle.
L'invariance des lois de l'électrodynamique par changement global de la phase signifie donc que l'on peut
prendre n'importe quel angle comme phase sans affecter pour autant les phénomènes de
l'électrodynamique.
Adoptons la démarche de la construction des théories de jauge à savoir, imposons maintenant que la
modification locale du potentiel électrique n'affecte pas non plus les lois de l'électrodynamique. En
pratique, cette symétrie locale n'est pas observée dans la nature mais nous souhaitons étudier comment
l'électrodynamique réagit lorsque celle-ci lui est imposée. Pour illustrer de façon imagée le phénomène,
représentons le potentiel électrique en chaque point de l'espace par la phase de l'onde associée, c'est-à-
dire par l'angle de cette phase. Dans une région vide de l'espace, cette phase est partout identique. On
peut imaginer que les extrémités de chaque segment représentant la phase dans chaque cercle sont
reliées les unes aux autres par des ressorts. Dans le cas d'un espace vide, ces ressorts sont au repos et
n'exercent donc aucune tension.
Phase en 3 points A, B et C de l'espace
Si l'on procède à un changement global du potentiel, cela revient à modifier partout la valeur de la phase
de la même quantité, donc à faire tourner tous les segments d'un même angle. Du coup, après cette
opération, les ressorts ne seront toujours pas ni tendus, ni comprimés et n'exerceront donc toujours
aucune tension.

Maintenant, modifions localement la phase. Cela revient à touner le segment d'un angle différent en
chaque point de l'espace. A ce moment, les ressorts vont être tendus par endroits, comprimés à d'autres.
Ils vont donc exercer une tension en chaque point de l'espace. Cette tension, qui est une force, n'est rien
d'autre que la manifestation d'un champ. Ce champ n'existait pas initialement mais il est apparu à partir
du moment où l'on a fait varier localementle potentiel électrique, c'est-à-dire la phase.
La description qui vient d'être faite n'est bien sûr qu'une image qui illustre, tant bien que mal, des
opérations mathématiques très abstraites. Lorsque l'on étudie de plus près les propriétés du champ qui
est apparu après avoir imposé une symétrie locale, on s'aperçoit que ce champ n'est rien d'autre que le
champ électromagnétique !!! L'électrodynamique quantique peut donc être interprétée comme une
théorie de jauge.
Le champ électromagnétique prend donc son origine dans la symétrie de la nature vis-à-vis du potentiel
électrique. L'électrodynamique quantique est symétrique pour toute rotation de l'angle de la phase de
l'onde associée à une particule. Les rotations dans un cercle constituent un groupe noté U(1) (Unitaire
1). On se réfère souvent à la théorie de l'électrodynamique quantique par le groupe qui représente
l'interaction électromagnétique, c'est-à-dire par le nom cabbalistique U(1).

Théorie des quarks


La théorie des quarks est interessante à plusieurs titres. D'abord elle fournit un modèle cohérent et fiable
de l'interaction forte en bon accord avec l'expérience. Ensuite, elle constitue une illustration simple de
l'application des théories de jauge.
Dans les années soixante, les physiciens avaient accumulé beaucoup de données expérimentales sur le
comportement des particules élémentaires. Les progrès réalisés dans la technologie des accélérateurs
de particules permirent d'atteindre des énergies élevées. Ceci eut pour conséquence immédiate
l'observation d'une multitude de nouvelles particules (des centaines) dont certaines avaient une durée de
vie très brève (10-24 s). Cette profusion de particules incita les physiciens de l'époque à abandonner le
qualificatif élémentaire pour décrire le monde des particules. Dans un souci de simplification, ils
entreprirent la synthèse des résultats expérimentaux obtenus. Les observations tendaient à montrer
l'existence d'une structure plus fine des particules sensibles à l'interaction forte (famille de particules
baptisée hadrons). Trois propriétés se détachèrent des informations recueillies :
15. un nombre purement abstrait, le nombre baryonique qui dénombre les baryons impliqués dans
une interaction, est une quantité conservée durant l'interaction,
16. les particules ayant une durée de vie très courte ressemblent à des états liés instables de
particules sous-jacentes. Un peu à la manière des noyaux atomiques instables, elles se
désintègrent après une durée de vie très courte,
17. les expériences à haute énergie ont mis en évidence des corportements qui ne peuvent être
pleinement expliqués qu'en émettant l'hypothèse de sous-constituants (observation de jets de
particules).
L'ensemble de ces faits donnèrent naissance à la théorie des quarks, selon laquelle, les hadrons
(particules sensibles à l'interaction forte) seraient composées d'autres particules plus fondamentales : les
quarks.
D'après cette théorie, les quarks possèdent une propriété unique dans la nature : leur charge électrique
est fractionnaire (1/3 e ou 2/3 e où e est la charge de l'électron). Or, aucune expérience n'a pu mettre en
évidence, pour l'instant, l'existence de charges fractionnaires. Cela signifie, qu'un quark ne peut exister à
l'état isolé. Il est forcément lié à d'autres quarks dans un hadron de façon à ce que la charge électrique
totale soit nulle ou égale à un multiple entier de e. Aux niveaux d'énergie auxquels les accélérateurs de
particules travaillent aujourd'hui, il semble impossible de pouvoir isoler un quark. Cette propriété est
connue sous le nom de confinement des quarks dans les hadrons.
Le tableau suivant donne un aperçu des principales caractéristiques des quarks.
u d s c b t
(up) (down) (strange) (charm) (bottom) (top)
Charge électrique 2/3 -1/3 -1/3 2/3 -1/3 2/3
170
Masse 2 à 8 MeV 5 à 15 MeV 100 à 300 MeV 1 à 1,6 GeV 4,1 à 4,5 GeV
GeV
Spin 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2 1/2
Les principales hadrons connus sont composés des combinaisons de quarks suivantes :
Hadrons Composition en quarks
proton u, u, d
neutron u, d, d
pi + u, anti-d
pi - d, anti-u
pi 0 u, anti-u ou d, anti-d
K+ u, anti-s
K- anti-u, s
K0 d, anti-s
phi s, anti-s
A partir de ces données, les physiciens ont développé un modèle pour les quarks et l'interaction forte.
L'équivalent de la charge électrique pour l'interaction forte a été baptisée la "couleur". Il va de soi que
cette couleur dont il est question ici n'a rien à voir avec la couleur des objets. En fait, il s'agit d'une
grandeur abstraite qui peut prendre 3 valeurs distinctes : les trois couleurs fondamentales (rouge, bleu,
jaune) et les anti-quarks pouvant avoir les trois couleurs complémentaires à ces couleurs fondamentales.
Le principe étant qu'un hadron est toujours neutre du point de vue de l'interaction forte c'est-à-dire que la
somme des "couleurs" de tous les quarks contenus dans le hadron est blanche.
Il existe deux façons d'obtenir du blanc :
1. en ajoutant les 3 couleurs fondamentales ou leurs couleurs complémentaires,
2. en ajoutant une couleur et sa couleur complémentaire.
Ainsi, il existe deux sortes de hadrons : des hadrons à trois quarks de couleur différente (couleurs
fondamentales ou couleurs complémentaires aux couleurs fondamentales), des hadrons à deux quarks
ayant chacun la couleur complémentaire à l'autre. C'est en effet ce qui est observé dans la nature. Le
premier type de hadrons forme la famille des baryons (qui veut dire lourd en grec) et le second type
constitue la famille des mésons (milieu en grec).
Le champ de force liant les quarks entre eux est la force forte. Les quanta de cette interaction s'appellent
les gluons (de "glue" qui signifie "colle" en anglais). A la différence du quantum de l'interaction
électromagnétique - le photon - qui n'est pas chargé, les gluons ont deux charges fortes, c'est-à-dire deux
couleurs. Si l'on combine par paires l'ensemble des couleurs et des couleurs complémentaires (que l'on
nomme aussi anti-couleurs) l'on obtient 8 combinaisons possibles ce qui nous donne donc 8 gluons.
La formulation théorique de la théorie des quarks a très vite adopté celle d'une théorie de jauge. La
théorie porte le nom de chromodynamique quantique (Quantum chromodynamics en anglais ou QCD).
Comme nous l'avons dit, les hadrons doivent toujours être "blancs". Si l'on permute les couleurs des
quarks contenus dans un hadron, le résultat final n'a pas changé : le hadron est toujours de même nature
et reste "blanc". Cette opération de permutation met donc en évidence l'invariance de l'interaction forte
par permutation des couleurs des quarks. Si l'on permute partout dans l'univers les couleurs des quarks,
alors les phénomènes impliquant l'interaction forte restent inchangés. La permutation de tous les quarks
dans l'univers est une transformation globale.
Forts de cette symétrie globale, les physiciens ont imposé à l'interaction forte d'être de plus symétrique
(ou invariante) pour des transformations "locales" - c'est-à-dire ponctuelles - de couleur des quarks. En
d'autres mots, les lois de l'interaction forte doivent rester identiques si l'on change la couleur de quelques
quarks pris isolément. Prenons le cas d'un proton (composition en quarks = uud). Initialement il contient
un quark u rouge, un quark u bleu et un quark d jaune; il est donc "blanc". Si l'on permute la couleur de
tous les quarks du proton, il conserve sa couleur "blanche" et reste un proton (les quarks n'ont pas
changé et sont toujours uud) . En revanche, si l'on modifie de façon arbitraire la couleur d'un seul quark,
la couleur totale du hadron ne sera plus "blanche". L'une des principales règles qui régit les interactions
fortes est donc violée, ce qui revient à dire que, naturellement, l'interaction forte n'est pas symétrique
pour des transformations ponctuelles et arbitraires de couleur des quarks (pas de symétrie locale). En
imposant l'invariance locale, il apparaît alors dans les équations un terme qui vient compenser la
modification de la couleur du quark en provoquant le changement de couleur d'un autre quark du proton
de manière à ce que ce dernier reste "blanc". Ce terme compensateur n'est rien d'autre qu'un champ dont
les quanta sont, comme vous l'aurez deviné, des gluons !!!

Ainsi le champ de gluons prend-il sa source dans la symétrie de l'interaction forte vis-à-vis du
changement de couleur des quarks.
D'un point de vue mathématique, on peut représenter la couleur d'un quark par une flêche qui s'oriente
selon un axe dans un espace qui en compte trois : un axe bleu, un axe rouge et un axe jaune (les trois
couleurs possibles d'un quark). La modification de la couleur d'un quark consiste à faire tourner la flêche
dans cet espace à trois dimensions de manière à l'aligner avec l'axe de la nouvelle couleur. Cette
opération revient donc à faire une rotation dans un espace à trois dimensions.

Les rotations que nous avons décrites ne s'appliquent pas sur des vecteurs mais sur des êtres
mathématiques plus complexes : les spineurs. L'ensemble de ces rotations forme un groupe nommé
SU(3) (Symétrique Unitaire 3). Tout comme dans le cas de la QED, on se réfère souvent à la théorie des
quarks ou QCD par le groupe qui représente l'interaction électromagnétique, c'est-à-dire par le nom de
SU(3).

Unification des interactions


Les physiciens ont recensé quatre interactions fondamentales dans la nature. Il n'est pas impossible que
d'autres interactions existent sans que les moyens expérimentaux dont nous disposons aujourd'hui ne
nous permettent de les mettre en évidence. En tout état de cause, qu'il y ait 4, 10 ou 20 interactions
fondamentales, aucune indication dans la nature ne nous renseigne sur les raisons pour lesquelles il y en
aurait 4, 10 ou 20 !
Quelque soit le véritable nombre d'interactions, leur multiplicité est inexplicable et la contingence de ce
nombre soulève de graves difficultés d'ordre épistémologique et philosophique. Finalement, il est tout à
fait légitime de se demander pourquoi la nature compte quatre interactions fondamentales et non 3 ou 5.
Pourquoi n'en existe-t-il pas une seule ?
Les physiciens aiment la simplicit qu'ils ont presque élevé en principe universel. Or quatre interactions,
cela fait désordre et compliqué, alors que le principe de simplicité nous ferait plutôt pencher vers une
interaction unique, synthèse parfaite de toutes celles observées à ce jour. Cette recherche de la simplicité
a permis de débroussailler, avec un grand succès, la multitude des particules (les hadrons). Alors
pourquoi ne pas tenter la même aventure avec les interactions ?
Pour unifier les interactions, deux approches sont possibles :
18. Une approche synthétique : les interactions seraient des manifestations différentes d'un même
phénomène plus global qui pourrait être décrit par un seul cadre théorique à très haute énergie,
19. Une approche "historique" : les interactions étaient unifiées au moment du "big bang" et elles se
seraient différenciées au fil du temps, un peu à la manière des cellules d'un embryon.
La beauté de la chose réside dans le fait, qu'au fond, ces deux approches sont équivalentes. En effet,
augmenter l'énergie mise en jeu dans les interactions revient à se rapprocher des conditions qui
prévalaient lors du big bang. Augmenter l'énergie est donc équivalent à remonter le cours de l'histoire de
l'univers. S'il existe effectivement une interaction unique à très haute énergie, synthèse des interactions
observées à notre niveau d'énergie, alors cela signifie que cette interaction était celle qui existait au
moment du big bang.
Certains faits expérimentaux tendent à laisser soupçonner l'existence d'une telle synthèse à très haute
énergie. Notamment, les expériences ont montré que les valeurs des constantes de couplage des
diverses interactions se modifient avec l'augmentation de l'énergie et semblent, en première
approximation, converger vers une valeur unique (à l'exception de la gravitaiton, toutefois).

Ainsi, l'on prédit qu'à des énergies de l'ordre de 1016 GeV (1 GeV = 1 milliard d'électron-Volt), les
interactions électromagnétiques, faible et forte ne formeraient qu'une seule et unique interaction. Le
modèle théorique permettant de décrire cette interaction s'appelle GUT pour Grand Unified Theory.
Cette interaction unifiée se combinerait ensuite avec la gravitation à des niveaux d'énergie encore plus
élevés de l'ordre de 1019 GeV pour ne constituer qu'une seule interaction universelle. Les physiciens
disposent de plusieurs théories décrivant cette "super-interaction". L'une d'entre-elle retient aujourd'hui
toute l'attention du monde de la physique des particules : la théorie des super-cordes à laquelle nous
reviendrons plus loin.

Unification des interactions électromagnétique et faible : l'interaction


électrofaible
L'interaction faible se manifeste naturellement dans la nature dans deux phénomènes :
 La désintégration béta,
 La capture électronique.
Dans le cas de la désintégration béta, un neutron se transforme spontanément en un proton en émettant
un électron et une particule non chargée nommée anti-neutrino électronique.
La capture électronique est un phénomène curieux qui consiste en l'absorption par un proton contenu
dans un noyau atomique d'un électron de cet atome. Le proton se transforme alors en neutron en
émettant un anti-neutrino électronique.

Dans le détail, on remarque que deux types de particules interviennent : des hadrons (le proton et le
neutron) et une famille de particules dénommée leptons à laquelle appartiennent l'électron et le neutrino.
Nous avons vu, les hadrons sont constitués de particules plus élémentaires : les quarks. Il n'en est rien
des leptons, du moins selon l'état actuel de nos connaissances. Les leptons sont des particules
véritablement élémentaires. En fait, ce n'est pas le hadron qui interagit mais l'in des quarks contenus
dans le hadron. Ainsi, l'interaction faible est ressentie par les quarks d'une part, et les leptons d'autre
part.
Les observations expérimentales ont montré que l'électron et l'anti-neutrino ainsi que le neutron et le
proton jouent des rôles symétriques dans ces réactions. Il est possible de les permuter sans modifier le
phénomène.

Dit autrement, cette observation peut s'énoncer comme suit : l'interaction faible est symétrique (ou
invariante) vis-à-vis des permutations entre anti-neutrinos et électrons. Donc si l'on transforme
globalement tous les électrons en anti-neutrinos et inversement, l'interaction faible se comportera de la
même manière. Nous tenons là l'amorce d'une théorie de jauge. Cette remarque s'applique également au
proton et au neutron. Ces deux particules jouent en effet un rôle symétrique dans les réactions faisant
intervenir l'interaction faible.
Pour pouvoir introduire l'invariance de l'interaction faible dans les équations, les physiciens ont dû
inventer une grandeur physique abstraite qui se prêtait mieux à des manipulations mathématiques que
les noms des [Link] grandeur abstraite est le spin isotopique ou encore l’isospin faible noté I.
Pour l’électron et le neutrino, les valeurs de l’isospin sont respectivement +1/2 et -1/2. Ainsi, l’électron et
le neutrino électronique ne diffèrent que par la valeur de leur isospin pour l’interaction faible. La symétrie
globale évoquée plus haut peut alors s’énoncer comme une invariance vis-à-vis de la valeur de l’isospin.
Tout comme dans le cas des quarks, il est possible de construire un espace abstrait pour représenter
l’état d’isospin faible d’une particule.

Ce que nous dit la symétrie globale d’isospin c’est que l’on peut procéder à une rotation de 90° dans
l’espace d’isospin - ce qui a pour effet de permuter les électrons et les neutrinos - sans pour autant
affecter les phénomènes liés à l’interaction faible.
Pour construire une théorie de jauge à partir de cette symétrie globale, imposons à présent une symétrie
locale d’isospin, c'est-à-dire l’invariance de l’interaction faible pour des changements d’isospin pour une
seule ou un nombre limité de particules. Si cette symétrie locale existait effectivement dans la nature, l’on
pourrait observer des réactions comme :
p + e- ---> n + e-
où l’on a transformé l’anti-neutrino en un électron dans la seconde partie de la réaction. Or une telle
réaction ne peut être observée car elle viole la loi de conservation de la charge électrique (lacharge totale
est nulle dans le membre gauche de la réaction et négative dans le membre droit). Notons au passage
que cette remarque est importante car elle montre que la symétrie locale d’isospin n'est pas
rigoureusement exacte. En effet l'interaction faible est invariante par symétrie d'isospin à la charge
électrique près ! Dit autrement, imposer une symétrie locale de l'isospin pour l'interaction faible peut
affecter les charges électriques, qui elles, relèvent de l’interaction électromagnétique. Il apparaît donc une
connexion entre l’interaction faible et l’interaction électromagnétique.
Imposons la symétrie locale d’isospin, même si celle-ci donne des résultats physiques en apparence
aberrants. Que se passe-t-il ? On constate l’apparition de quatre champs dans les équations : deux
champs neutres, un champ chargé positivement et un dernier chargé négativement.

L’un de ces champs est constitué de quanta neutres, de masse nulle et de spin égal à 1. Ces propriétés
sont celles du photon et le champ correspondant n’est donc rien d’autre que le champ
électromagnétique. Les trois autres champs sont spécifiques à l’interaction faible proprement dite. La
symétrie locale d’isospin a donc entraîné de facto l’unification des interactions électromagnétique et
faible. Selon ce modèle, ces deux interactions seraient donc la manifestation d’une seule et unique
interaction : l’interaction électrofaible.
Dans la première formulation de cette théorie, les trois champs spécifiques à l’interaction faible ont des
quanta de masse également nulle ce qui n’était pas en accord avec les observations expérimentales. En
effet, des quanta de masse nulle impliquent une interaction de portée infinie. Or, comme nous l’avons
mentionné plus haut, l’interaction faible est confinée à des distances très courtes ce qui nécessite
l’intervention de quanta de masse non nulle. En fait, en retravaillant la théorie, les physiciens ont
démontré que les quanta associés à ces trois champs possédaient une masse. Nous verrons plus loin
par quel mécanisme ces quanta acquièrent cette masse.
Finalement la description complète de l’interaction unifiée électrofaible fait intervenir quatre champs dont
les quanta sont :
 Le photon de charge nulle, de spin 1 et de masse nulle
 Le Z0 de charge nulle, de spin 1 et d’une masse approximative de 90 GeV
 Le W+ de charge positive, de spin 1 et de masse avoisinant les 80 GeV
 Le W- de charge négative, de spin 1 et dont la masse est identique à celle du W+
Ce résultat peut être obtenu de manière intuitive à partir des constats établis précédemment :
3. L’invariance d’isospin peut affecter la charge électrique ce qui implique l’existence de quanta
chargés (positifs et négatifs) c'est-à-dire les W+ et W-
4. La symétrie locale d’isospin, pour être exacte, doit être compensée par l’interaction
électromagnétique (c’est en cela que les interactions faible et électromagnétique sont unifiées) et
donc impliquer l’intervention du champ électromagnétique
L’existence du Z0 est moins « triviale ». En fait, les observations tirées de la multitude d’expériences
réalisées ces dernières décennies ont indiqué l’existence d’un médiateur neutre dans certaines
interactions faibles que l’on appelle communément un courant neutre. Ce médiateur est le Z0.
L'interaction électrofaible, ne l'oublions pas, est le résultat de l'imposition de la symétrie locale d'isospin.
Comme nous l'avons indiqué, le changement d'isospin revient à inverser (faire tourner de 180°) l'isospin
dans l'espace abstrait de l'isospin. L'ensemble des rotations des spineurs 1/2 est un groupe noté SU(2).
Si la symétrie d'isospin était rigoureusement exacte, l'interaction faible pourrait être décrite intégralement
par ce gourpe. Cependant, pour que la symétrie soit parfaite, il faut introduire l'interaction
électromagnétique qui est elle même décrite par le groupe U(1). Le groupe des symétries de l'interaction
électrofaible est donc la combinaison de ces deux groupes et est notée SU(2) x U(1). Dans le détail, le
groupe de symétrie est SU(2)L x U(1), le L en indice signifie que les seules rotations permises sont celles
orientées vers la gauche (L pour Left en anglais). Ceci vient d'une propriété très étrange des neutrinos
nommée l'hélicité.
Il reste cependant deux questions essentielles auxquelles il faut répondre :
1. Pourquoi à notre échelle d'énergie les interactions faible et électromagnétiques paraissent
distinctes ?
2. Pourquoi les Z0, W+ et W- ont-ils une masse non nulle ?
La réponse à ces deux questions nous oblige à faire un détour par ce que l’on appelle en physique le
mécanisme de brisure spontanée de symétrie.

Brisure spontanée de symétrie - Mécanisme de Higgs


Une brisure spontanée de symétrie est un phénomène par lequel un système physique perd en degrés
de symétrie. La rupture spontanée de la symétrie joue un rôle très important dans beaucoup de domaines
différents de la physique. Comme nous l’avons vu, les équations de la physique possèdent en général
des solutions qui présentent une ou plusieurs symétries internes. L'idée fondamentale réside dans le fait
que certaines solutions de ces équations peuvent casser ou briser cette symétrie. L’un des exemples les
plus connus d’un tel phénomène est la transition de phase du paramagnétisme au ferromagnétisme du
fer.
Lorsque l’on chauffe un aimant, ses pouvoirs magnétiques décroissent pour disparaître subitement
lorsque la température dépasse un seuil nommé température de Curie. Inversement, si l’on refroidit ce
même aimant, ses propriétés magnétiques vont tout aussi subitement réapparaître lorsque la température
passe au dessous de la température de Curie.
Chaque atome individuel de fer possède un moment magnétique propre c'est-à-dire qu’il se comporte un
peu comme un aimant ou un dipôle magnétique en langage physique. Pour des températures situées au-
dessus de la température de curie tous ces dipôles se dirigent dans des directions aléatoires. Dans ce
cas-ci le système et les équations qui le décrivent ont une symétrie par rotation dans l’espace. En effet,
en faisant tourner de façon aléatoire le morceau de fer dans l'espace, les propriétés magnétiques de ce
dernier ne sont globalement pas altérées. Quand la température tombe au-dessous de la température de
curie, les interactions entre les dipôles magnétiques ont pour effet de les aligner selon une direction
unique (le morceau de fer devient ce que l'on appelle dans le langage courant un aimant). Avant la
transition de phase le système était inchangé par n'importe quelle rotation dans trois dimensions, tandis
qu’après la transition de phase le système est inchangé seulement par des rotations dans le plan
perpendiculaire à la direction des dipôles. La symétrie tridimensionnelle initiale a été spontanément
brisée en une symétrie bidimensionnelle.

Il est important de noter que la direction dans laquelle s'alignent les atomes de fer après la transition de
phase est totalement aléatoire. Il n'est pas possible de connaître a priori cette direction. C'est là une
caractéristique majeure des phénomènes de brisure spontanée de symétrie.
Les physiciens ont imaginé qu’un processus similaire de brisure de symétrie pouvait expliquer la
décomposition de l’interaction électrofaible en deux interactions - l’interaction faible et l’interaction
électromagnétique - présentant un niveau de symétrie moins élevé.
transition de phase
SU(2) x U(1) [interaction électrofaible] ---> SU(2) [interaction faible classique] + U(1) [interaction
électromagnétique]
La transition de phase du paramagnétisme au ferromagnétisme du fer s’explique relativement simplement
à l’aide de l’agitation thermodynamique des atomes de fer qui, baissant avec la température, permet aux
atomes de s’aligner spontanément au dessus d’une certaine température. Dans le cas de l’interaction
électrofaible, qu’est-ce qui est à l’origine de la brisure de la symétrie ?
Supposons que le potentiel de l’interaction électrofaible ait la forme suivante :
Pourquoi cette forme et pas une autre ? Parce que ce potentiel présente une propriété très intéressante.
A haute énergie (énergie supérieure ou égale à Es sur la figure), le potentiel possède une symétrie
cylindrique, c'est-à-dire qu’il reste inchangé après des rotations selon l’axe V. En revanche, au dessous
de l’énergie Es, la symétrie cylindrique n’existe plus : plusieurs valeurs sont possibles pour le même
niveau d’énergie (on dit que le niveau d’énergie est dégénéré). Le système peut alors tomber dans un ou
l’autre des deux états avec la même probabilité. Au moment où la symétrie est brisée, il n’est pas possible de prédire
lequel des deux états d’énergie le système va adopter. Nous nous trouvons dans une situation très similaire à celle
que nous avons décrite dans le cas de la transition de phase paramagnétique à ferromagnétique du fer.

Pour le niveau d'énergie E il existe 4 états possibles du champ


S1, S2, S3 et S4

Il se trouve que le potentiel de l’interaction électrofaible se comporte de façon semblable à celui illustré
par cet exemple. Au delà d’une certaine énergie (~ 100 GeV) le potentiel électrofaible possède la
symétrie SU(2)L x U(1). En deça, les états d’énergie sont dégénérés et ce qui conduit briser
spontanément la symétrie.
Pourquoi le potentiel électrofaible a-t-il cette forme ? Ceci est du au fait que d’autres champs se
superposent à ceux de l’interaction électrofaible : les champs de Higgs dont les quanta sont appelés
bosons de Higgs. Ces champs ne possèdent pas les mêmes symétries que ceux de l’interaction
électrofaible. A haute énergie, leur effet n’est pas décelable et donc la symétrie de l’interaction faible est
apparente. En revanche, à partir d’un certain seuil, la forme du potentiel est affectée par les champs de
Higgs au point de provoquer la dégénérescence des états d’énergie, et du coup, ils provoquent la brisure
spontanée de la symétrie électrofaible.
La présence des bosons de Higgs induit un autre phénomène d’une importance majeure : ils font
anormalement baisser l’état d’énergie du vide. Par conséquent, les bosons de l’interaction électrofaible
(W+, W- et Z0) ne se trouvent pas dans leur état fondamental (on dit qu’ils ne sont pas sur leur « couche
de masse ») et acquièrent une masse ! En acquérant une masse, leur portée devient finie et comme
cette masse est très élevée (entre 80 et 90 GeV) cette portée est très courte.
Voilà, tout s’explique. Malheureusement, malgré tous les efforts déployés jusqu'à ce jour, les physiciens
n’ont toujours pas mis en évidence les bosons de Higgs. Certains physiciens croient que ces particules
ne sont que des artifices mathématiques qui n’ont aucune réalité physique. La prochaine grande étape de
la physique des particules expérimentale est donc la découverte des bosons de Higgs. Si cette quête
reste infructueuse, le modèle actuel de l’interaction électrofaible pourrait être remis en question.

Le modèle standard
Le modèle standard est un cadre théorique qui décrit les interactions électromagnétique, faible et forte.
Selon ce modèle, ces trois interactions seraient intimement liées les unes aux autres de la même manière
que le sont les interactions électromagnétique et faible dans l’interaction électrofaible. Dit autrement, les
interactions électromagnétique, faible et forte seraient des manifestations différentes d’une même
interaction qui, à la suite de brisures spontanées de symétries, se serait différenciée. Cette différenciation
se serait opérée en deux étapes :
1. Première brisure spontanée de symétrie à une énergie de 1016 GeV résultant en la différenciation
des interactions forte et électrofaible,
2. Seconde brisure spontanée de symétrie à une énergie de l’ordre de 103 GeV résultant en la
différenciation des interactions électromagnétique et faible (modèle de Glashow-Salam-
Weinberg).
Cependant, le modèle standard ne décrit la super-interaction qui fédérerait les interactions
électromagnétique, faible et forte. Il se contente de fournir une explication possible de la différenciation de
cette interaction plus fondamentale. Dans le modèle standard, chaque interaction sous-jacente (fédérerait
les interactions électromagnétique, faible et forte) conservent leurs propriétés intrinsèques.
Nous avons vu que l’interaction forte pouvait être modélisée comme un champ de jauge dont le groupe
de représentation est SU(3) (rotations dans l’espace). De la même façon, l’interaction électrofaible peut
être représentée par le groupe U(1) x SU(2) (rotations dans le cercle et dans le plan). Le modèle standard
fait la synthèse de l’ensemble en proposant des symétries locales (ou de jauge) dans le cercle, le plan et
l’espace. Le groupe de représentation est alors U(1) x SU(2) x SU(3). On le voit, les symétries de chaque
interaction sous-jacente sont conservée dans la nouvelle interaction unifiée.
Le modèle standard permet de rendre compte de la plupart des phénomènes observés à ce jour, c'est-à-
dire à des niveaux d’énergie de l’ordre de 103 GeV. De plus, comme toute théorie de jauge, il est
renormalisable, c'est-à-dire que les quantités infinies qui apparaissent dans les équations s’annulent
mutuellement pour donner des résultats finis, donc calculables et physiquement observables.
Le modèle standard constitue à ce titre une grande avancée de la physique théorique mais reste un
ensemble incomplet qui ne permet pas de donner véritablement un cadre unifié pour les interactions
électromagnétique, faible et forte. Cette étape suivante sera franchie par les théories dites de grande
unification ou Grand Unified Theories (GUT).

Les GUT (Grand Unified Theories)


Avant d’entrer dans le vif du sujet, je souhaiterais d’abord faire observer que l'utilisation du pluriel (Les
GUT) n’est pas accidentelle mais totalement volontaire. Il existe, en effet, plusieurs théories ayant pour
objectif d’unifier les les interactions électromagnétique, faible et forte. Cependant, nous n’allons pas
toutes les passer en revue. Nous nous limiterons à la plus « populaire » d’entre elles : la théorie SU(5).
L’idée directrice des GUT est de réduire encore le nombre de particules vraiment fondamentales. Avec le
modèle standard, le zoo des particules fondamentales se limitait
 aux leptons (électron, neutrino électronique, muon, neutrino muonique, tau, neutrino tau) et leurs
anti-particules,
 aux quarks (quarks u, d, s, c, b, t) et leurs anti-quarks,
 aux bosons des interactions (photon, Z0, W+, W-, gluons).
Toutes les particules observées sont alors soit des leptons, soit composées de quarks. A noter que les
leptons et les quarks appartiennent à la famille des fermions (particules de spin demi-entier).
Bien que le nombre de particules est très réduit par rapport à la situation qui prévalait dans les années
60, les physiciens ne pouvaient se satisfaire pour autant de l’existence de deux familles de fermions
distinctes : les leptons et les quarks. Cette distinction ne peut s’expliquer par les théories existantes elles-
mêmes mais nécessite d’être posée de façon ad hoc.
Les GUT recherchent de nouvelles symétries, englobant celles du modèles standard et les étendant bien
au delà de ce qui est du domaine observable par l'expérience (les niveaux d'énergie auxquels
apparaissent ces nouvelles symétries se situent aux alentours de 1016 GeV ce qui est très loin des
possibilités expérimentales d'aujourd'hui). La symétrie de base des GUT repose sur l'invariance des
propriétés de la nature par permutation d'un lepton et d'un quark. Aux niveaux d'énergies auxquels
intervient cette nouvelle symétrie (1016 GeV et au delà) les quarks et les leptons deviennent identiquent.
Au dessous du seuil des 1016 GeV, les quarks et les leptons deviennent "différents" c'est-à-dire que leur
comportement physique est distinct. La symétrie qui permet de confondre quark et lepton est donc
spntanément brisée au dessous du seuil d'énergie de 1016 GeV.
Vers un univers supersymétrique
Finalement, les théories de jauge et la tentative d'unification des interactions nous enseignent un fait
majeur : la symétrie de l’univers croit avec les énergies mises en jeu dans les interactions entre les
particules. Mais rappelons nous que l’augmentation de l’énergie nous rapproche des conditions
physiques du « big bang ». Donc, on en conclut que plus l’on se rapproche des conditions physiques du «
big bang », plus l’univers est riche en symétries.
Dit autrement, si l’on part de l’instant du « big bang », on constate qu’au contraire les symétries vont se
briser successivement au fur et à mesure que l’univers s’étend et se refroidit. En d’autres mots, il perd en
symétries au fil du temps.

Les GUT ont pour objectif d’unifier les interactions faibles, forte et électromagnétiques. Il manque dans
cette énumération une interaction d’importance majeure : la gravitation !
Guidés par la démarche testée dans l’édification de la théorie de l’interaction électrofaible, de celle du
modèle standard et des GUT, les physiciens ont déduit que l’incorporation de la gravitation au corpus des
interactions ou en d’autres termes, l’unification de l’ensemble des interactions, nécessitait un plus grand
niveau de symétrie encore. Ce niveau de symétrie ultime devrait non seulement permettre de permuter
n’importe quel particule avec n’importe quelle autre, mais en plus, il devrait indifférencier les champs de
matière et celui créé par la gravitation, c'est-à-dire l’espace-temps lui même ! ! !
La recherche de cette ultime symétrie est l’objet de la théorie supersymétrique (notée SUSY).

Gravitation et mécanique quantique


Pour unifier la gravitation aux autre interactions fondamentales il est nécessaire de parvenir à décrire la gravitation
dans le formalisme de la physique quantique. La seule description théorique de la gravitation dont nous disposons
aujourd’hui est celle fournie par la relativité générale. Or la relativité générale et la mécanique quantique ne font pas
bon ménage. Sur de nombreux points fondamentaux, le monde de la relativité générale et celui de la physique
quantique ont une vision totalement divergente. Notamment :
Relativité générale Mécanique quantique
les lois physiques sont indépendantes de les résultats des mesures dépendent de
l’observateur l’observateur
théorie déterministe théorie non déterministe
les interactions sont continues les interactions sont quantifiées (discontinues)
gravité est décrite comme un champ classique => gravité est décrite par des quanta nommés gravitons.
un champ n’interagit pas avec lui même Les gravitons interagissent entre eux
Cela tient peut être du fait que la relativité générale tente d’expliquer l’infiniment grand alors que la
physique quantique s’intéresse à l’infiniment petit. Les moyens mathématiques employés par les
physiciens pour atteindre ces objectifs sont radicalement différents.
Pour unifier la gravitation aux autres interactions fondamentales il est nécessaire de parvenir à décrire la
gravitation dans le formalisme de la physique quantique. La seule description théorique de la gravitation
dont nous disposons aujourd’hui est celle fournie par la relativité générale. Or la relativité générale et la
mécanique quantique ne font pas bon ménage. Sur de nombreux points fondamentaux, le monde de la
relativité générale et celui de la physique quantique ont une vision totalement divergente.
Cela tient peut être du fait que la relativité générale tente d’expliquer l’infiniment grand alors que la
physique quantique s’intéresse à l’infiniment petit. Les moyens mathématiques employés par les
physiciens pour atteindre ces objectifs sont radicalement différents. Cependant, il est évident que,
quelque soit l’échelle des phénomènes décrits, il ne devrait exister qu’un modèle unique pour aborder
aussi bien l’infiniment petit que l’infiniment grand.
Dans un cadre quantique, la gravitation doit être transporté par des quanta associés au champ
gravitationnel. Ces quanta ont été baptisés gravitons. Il est possible de définir de façon purement
théorique les principales caractéristiques du graviton :
20. Il a une masse nulle car la portée de la gravitation est infinie
21. Il a un spin égal à 2 car la gravitation est représentée par un tenseur (le tenseur métrique) qui
possède 5 degrés de liberté (un spin j peut prendre 2j+1 valeurs ce qui fait 5 dans le cas d’un
spin 2)
22. L’interaction gravitationnelle étant très faible (il faut des quantités immenses de matière pour
commencer à pouvoir la déceler) les interactions impliquant des gravitons deviennent
prépondérantes à des niveaux d’énergie très élevés (de l’ordre de 1019 GeV)
23. Les gravitons étant des quanta d'énergie, ils transportent de facto de l'énergie. Or la gravitation
est sensible à la masse et à l'énergie. Par conséquent, les gravitons interagissent entre eux
Quand on essaye de représenter la gravitation - telle que proposée par la relativité générale - avec le
formalisme de la théorie quantique des champs, on se heurte immédiatement à une difficulté majeure. La
seconde relation d’incertitude d’Heisenberg nous enseigne que l’incertitude sur la mesure de l’énergie est
d’autant plus grande que la durée de la mesure est courte. Ce qui peut être interprété différemment en
disant que l’énergie peut fluctuer avec une amplitude d’autant plus grande que la durée d’observation est
courte. Ces fluctuations se rencontrent partout, même dans le vide absolu. Cela implique que dans le
vide total, sur des très courtes durées, la quantité d’énergie présente n’est pas nulle et peut même être
gigantesque. Ce phénomène porte le nom de fluctuations du vide. Il peut paraître paradoxal, voire
aberrant et pourtant récemment il a clairement été mis en évidence dans une expérience reproduisant
l’effet Casimir.
Les fluctuations de l’énergie dans le vide se matérialisent sous forme de champ de matière ou de force.
Ainsi, le vide n’est pas vide du tout, mais rempli de particules et d’anti-particules qui se créent
spontanément et s’annihilent presque aussitôt. Quand l’amplitude des fluctuations d’énergie atteint des
valeurs pour lesquelles la gravitation devient prépondérante (c'est-à-dire aux alentours de 1019 GeV),
l’énergie va pouvoir se « matérialiser » sous forme de gravitons. Or selon la théorie de la relativité
générale, l’interaction gravitationnelle créée l’espace-temps. Il s’ensuit que la production spontanée de
gravitons dans le vide va modifier profondément la topologie de l’espace-temps localement au point
d’affecter la notion même de position et d’instant. Ainsi, à des échelles de distance et de temps très
courtes - typiquement l'échelle de Planck à savoir 10-43 s et 10-33 cm - l’espace-temps est tellement «
secoué » par les fluctuations d’énergie qu’il n’est plus vraiment possible de parler d’espace et de temps ! !
! Les fluctuations de l’énergie dans le vide ont donc pour effet de « faire fluctuer » l’espace-temps.
Illustration des fluctuations de l'espace-temps provoquées par les fluctuations d'énergie du vide.
Sans espace et sans temps « solide » sur lequel la physique peut s’appuyer, toutes les théories
physiques se dissolvent dans le « néant ».
Comme on peut l’imaginer cette situation ne satisfait pas les physiciens. Pour y remédier, la physique
théorique s’est lancée dans plusieurs directions de recherche passionnantes mais également
incroyablement abstraites. Il faut dire qu’aux niveaux d’énergie auxquels ces nouvelles théories
s’attaquent, l’expérience ne peut être d’une grande aide.
Trois grands axes de recherche canalisent aujourd’hui les efforts des physiciens :
5. Les théories de la supergravité reposant elles-mêmes sur des théories supersymétriques
(SUSY)
6. La théorie des supercordes
7. La remise en question de la topologie classique de l’espace-temps.

Théorie de la supersymétrie et supergravité


La "matière-espace-temps"
La supersymétrie a pour objectif d’unifier toutes les interactions. Unifier toutes les interactions signifie en
fait que toutes les entités susceptibles d’interagir jouent exactement les mêmes rôles vis-à-vis de
l’interaction unifiée. Or, quelles sont les entités dont il s’agit ? On a :
 Les quanta de « matière » qui sont des fermions (particules de spin demi-entier),
 Les quanta de « force » qui sont des bosons (particules de spin entier),
 L’espace-temps au travers de la gravitation.
Dans le contexte de la théorie supersymétrique, la matière, les « forces » et l’espace-temps jouent donc
des rôles symétriques et peuvent être intervertis dans les équations de la nature. C’est pour cela que
certains physiciens utilise le néologisme « matière-espace-temps » pour parler des entités physiques
manipulées par la théorie supersymétrique.
Concrètement, en quoi cela consiste ?

Les symétries des théories supersymétriques


Les symétries auxquelles satisfont les théories supersymétriques sont les suivantes :
 Invariance par permutation d’un fermion par un boson et vice-versa
 Invariance relativiste c'est-à-dire symétrie vis-à-vis des transformations de Poincaré
(transformation de Lorentz + translations)
 Invariance par transformations CPT (C = inversion de Charge, P = Parité, T = inversion du
Temps)
 Symétries associées à la conservation des nombres quantiques comme les charges, l’isospin,
etc.
Les théories supersymétriques permettent effectivement d’unifier les quatre interactions fondamentales
mais elles butent sur la valeur infinie de certains résultats. Aujourd’hui, ces théories servent de socle à la
théorie des supercordes.

Théorie des supercordes


La théorie des cordes "classiques"
Historiquement, la théorie des supercordes est née d’une théorie plus ancienne - la théorie des cordes -
qui avait été élaborée par Veneziano en 1968 pour tenter d’expliquer le confinement des quarks dans les
hadrons. Veneziano avait introduit les cordes pour tenter d’expliquer pourquoi les quarks restaient
confinés dans les baryons et les mésons. Les cordes jouaient le rôle de « ressorts » tendus entre les
quarks, les maintenant ainsi dans un espace confiné. Avec la construction de la chromodynamique
quantique, la théorie des cordes fut abandonnée, cependant certains résultats théoriques éveillèrent
l’intérêt des [Link] effet, en 1969 Schwarz et Scherk montrèrent que les cordes fermées, c'est-à-
dire en forme de boucles se comportaient comme des particules de masse nulle et de spin 2. Par
conséquent, les cordes fermées n’étaient rien d’autre que des gravitons ! ! ! La théorie des cordes
enfermait donc en elle-même la gravitation, sans devoir l’introduire de façon ad hoc.

La théorie des supercordes


La théorie des cordes n’était pas relativiste, c'est-à-dire que la description des cordes ne répondait pas
aux exigences d’invariance par transformation de Lorentz (schématiquement, une transformation de
Lorentz consiste en la contraction des distances et la dilatation des temps, conformément à des formules
de transformation qu’il n’est pas nécessaire de détailler ici). Le monde de la physique entreprit de faire de
la théorie des cordes une théorie relativiste donnant ainsi naissance à la théorie des supercordes.
La théorie des supercordes devaient également incorporer les dernières avancées théoriques sur le front
des symétries. Ainsi, on imposa aux supercordes d’obéir à la supersymétrie, d’où le nom de
supercordes.
Selon le modèle de la nouvelle théorie, les supercordes sont des cordes vibrantes de taille minuscule (~
10-33 cm). Il existe deux types de cordes : les cordes ouvertes et les cordes fermées.
Comme les cordes d’un instrument de musique, les supercordes peuvent vibrer selon plusieurs modes.
Le premier mode comprend un ventre et deux noeuds (les ventres sont les points où l’amplitude de
l’oscillation est la plus forte, les noeuds sont les points où cette amplitude est nulle, comme c’est le cas
aux extrémités de la corde vibrante). Le second mode comprend deux ventres et trois noeuds. Le
troisième mode trois ventres et quatre noeuds et ainsi de suite.
Chaque mode de vibration correspond à un type de particule.

La modélisation théorique des supercordes laisse la liberté de choix de certains paramètres initiaux, que
l’on appelle traditionnellement des conditions aux limites. Notamment, le mouvement des extrémités des
supercordes n’est pas soumis à des contraintes rigides posées a priori mais peut être considéré comme
un paramètre libre de la théorie. On distingue ainsi deux types d’extrémités pour les supercordes
ouvertes :
24. Celles qui peuvent se déplacer mais en étant entraînées uniquement par le mouvement de la
supercorde. Elles obéissent à la condition aux limites de Neuman.
25. Celles qui restent fixes dans un hyperplan. Elles répondent à la condition aux limites de Dirichlet.
L’interaction entre deux supercordes prend une signification physique très simple. Lorsque deux
supercordes interagissent, elles se fondent l’une à l’autre. Elles peuvent par la suite se scinder de
nouveau en une ou plusieurs supercordes. Dans tous les cas, les processus mis en jeu sont intuitivement
simples.

Très schématiquement, les supercordes présentent deux intérêts majeurs :


8. Les cordes fermées possèdent les mêmes propriétés que les gravitons et peuvent donc être
assimilées comme tels
9. Les cordes sont des entités physiques ayant une dimension non nulle, alors que les particules,
selon l’acceptation courante, sont ponctuelles et sans dimension.
La première propriété permet à la théorie des supercordes d’inclure naturellement la gravitation.
La seconde propriété permet de s’affranchir de toutes les difficultés inhérentes à la nature ponctuelle des
particules, notamment les divergences dans le calcul des probabilités de diffusion (divergences de la
matrice S). Le développement perturbatif d’une interaction selon la théorie des supercordes donne un
résultat fini qui est illustré dans la figure suivante.
La théorie de Kaluza-Klein
Dans les années 1920, Thomas Kaluza et Oskar Klein ont tenté d’unifier les interactions
électromagnétique et gravitationnelles à partir du formalisme de la relativité générale. On le sait, la
théorie de la relativité générale permet d’interpréter la gravitation comme une déformation de l’espace-
temps causée par la présence de matière et/ou d’énergie. La gravitation se ramène alors à un
phénomène purement géométrique. Kaluza et Klein s’étaient fixés comme objectif d’attribuer à
l’interaction électromagnétique une nature également géométrique.
Les équations de la relativité générale telle que formulée par A. Einstein ne parviennent pas à fournir une
telle description géométrique pour l’électromagnétisme. Kaluza et Klein ont alors eu l’idée de rajouter une
cinquième dimension à l’espace-temps et de façon très surprenante, ils parvinrent à un résultat
satisfaisant.
Bien évidemment, cette cinquième dimension n’a jamais été observée mais Kaluza et Klein proposèrent
que cette dimension additionnelle pouvait être enroulée sur elle-même en tout point de l’espace dans un
cylindre dont le diamètre serait inférieur à 10-33 cm ! ! ! A notre échelle, cette cinquième dimension ne peut
être visible compte tenu de sa "taille". Cependant, si l'on disposait d'un "microscope" hyper puissant, la
cinquième dimension deviendrait petit à petit perceptible au fur et à mesure que le grossissement
augmenterait.

Selon la théorie de Kaluza-Klein - comme on l’appelle - la symétrie propre à l’électromagnétisme -


rotations dans un cercle ou groupe U(1) - serait réalisée dans la cinquième dimension qu’ils ont ajoutée.
Dans notre espace-temps à 4 dimensions, cette symétrie n’apparaît pas de façon explicite dans les
équations de la relativité générale. La cinquième dimension imaginée par Kaluza et Klein joue donc le
rôle de l’espace des phases de l’électromagnétisme. En quelques sortes, au travers de cette théorie,
l’espace des phases de nature purement abstraite prendrait une forme réelle (bien que situé dans une
cinquième dimension enroulée sur elle-même ! !). Jusqu’à présent, aucune expérience n’a permis de
mettre en évidence la cinquième dimension de la théorie de Kaluza-Klein car ses dimensions sont
beaucoup trop petites pour être accessibles par nos moyens technologiques.

Théorie des supercordes et espace-temps


Les physiciens ont appliqué les principes de la théorie de Kaluza-Klein à la théorie des supercordes.
Ainsi, pour chaque symétrie respectée par les supercordes, ils ont ajouté une dimension dans l’espace-
temps dans laquelle se réalise cette symétrie. Lorsque l’on fait la somme des dimensions additionnelles
nécessaires, on obtient le chiffre extraordinaire de 7 ! ! ! Ce qui est extraordinaire ce n’est pas la valeur
particulière de ce chiffre, mais le fait que l’univers ainsi obtenu possède alors 11 dimensions ! ! ! !
Si l’on reprend la représentation de l’univers que propose la théorie de Kaluza-Klein, en chaque point de
l’espace-temps de la théorie des supercordes 7 dimensions s’enroulent sur elles-mêmes sur une distance
de 10-33 cm. Cette longueur est précisément celle des supercordes. Pour les supercordes donc, l’univers
tel qu’elles le « perçoivent » est « complet » puisqu’à leur échelle les 7 dimensions enroulées sur elles-
mêmes sont bien réelles et « palpables ».

Conclusion
A titre de conclusion, je propose un article trouvé dans la revue "Space News" et rédigé par M. Jean
Etienne.

Vers l'apogée de la physique théorique


Que l'on parvienne ou non a découvrir la ou les théories ultimes de l'Univers, la physique théorique aura
réussi à accomplir le programme que Platon avait assigné aux astronomes: "sauver les apparences",
c'est-à-dire rendre compte des phénomènes.
Née dans la contemplation des astres, elle arrivera peut-être, à la fin de ce siècle, au terme de sa vie. Si
elle parvient, d'ici là, à résoudre complètement le mystère de l'Univers et de ses lointaines galaxies.
A la fin du vingtième siècle, la physique théorique semble proche de son apogée. Mais, paradoxalement,
sa réussite n'annonce-t-elle pas sa disparition en tant que science, et son retour vers ses origines
philosophiques ? Telle est la question que les perpectives actuelles suggèrent à bon nombre de
théoriciens.
Depuis toujours, l'Homme a levé ses yeux éblouis vers le ciel. La contemplation de l'espace, le mystère
des sphères étoilées l'ont amené, au-delà du rêve, à reconnaître un ordre déterminé par la régularité du
mouvement des astres. Magiques, mythiques, religieuses, métaphysiques, puis scientifiques, les pensées
des hommes ont été structurées à la fois par leurs rapports avec les autres hommes et par leurs relations
avec la nature. Et si les premiers éléments de géométrie et de numération, probablement apparus au
cours du troisième millénaire avant notre ère, avec l'invention de l'écriture, semblaient répondre à des
besoins pratiques, les mathématiques babyloniennes, essentiellement algébriques, témoignaient déjà de
préoccupations beaucoup plus abstraites et d'une recherche plus tournée vers le désir de connaissance
que vers les applications (1).
L'observation du ciel, le désir de décrire le monde et de le comprendre, le besoin d'abstraction ont conduit
les penseurs de la Grèce antique à se forger une cosmogonie et à élaborer des philosophies de la nature.
Ces dernières devaient se révéler être à la fois des sources puissantes d'inspiration pour l'édification de
la pensée scientifique et des obstacles sérieux à son développement. L'absence d'un outil mathématique
suffisant ne peut, en effet, être invoquée pour expliquer pourquoi il s'est écoulé près de dix-huit siècles
entre la rédaction des Eléments d'Euclide, aboutissement des mathématiques grecques, et la publication
du Dialogue sur les deux grands systèmes du monde de Galilée, qui marque la naissance de la physique.
Cette grande aventure, qui commence au sixième siècle avant notre ère, et qui verra la science éclore de
la philosophie, puis s'en séparer, va conduire, dans une première étape, à l'énoncé du principe de
relativité de Galilée, puis à la formulation des lois d'Isaac Newton qui fondent définitivement la mécanique
classique (2). Cet édifice sera achevé, au début du vingtième siècle, par la découverte de la relativité
restreinte, en 1905, puis de la relativité générale, en 1915, par Albert Einstein.
Quatre grandes interactions répertoriées dans la nature et s'il nous faut redescendre sur terre pour y
assister, au début du vingtième siècle, à la première révolution que la mécanique quantique a introduite
dans la physique classique, afin de répondre à l'incapacité de cette dernière à expliquer le rayonnement
du corps noir et la stabilité des atomes, nous nous apercevons maintenant que c'est de nouveau en
regardant vers les plus lointaines galaxies, vers l'origine de l'Univers, que nous trouverons peut-être un
jour la réponse aux grandes questions actuelles.
La situation de la physique, en 1994, est complètement différente de celle qui prévalait à la fin du dix-
neuvième siècle. Contrairement à ce qui se passait à cette époque, aucun phénomène directement
observable connu ne vient remettre actuellement en cause la validité de ses trois grandes théories: la
mécanique quantique, la relativité générale et la thermodynamique. En revanche, il n'existe pas, à l'heure
actuelle, de théorie cohérente et complète de l'Univers, et les quatre grandes interactions répertoriées
dans la nature (3) ne sont pas encore décrites par un formalisme unifié.
Or les différents progrès de la physique se sont toujours accompagnés d'un travail de synthèse et
d'unification. James Clerk Maxwell avait déjà prouvé, en 1850, que l'électricité et le magnétisme étaient
deux aspects d'une même interaction, l'électromagnétisme. Théodor Kaluza et Oscar Klein, en
développant la théorie de la relativité générale dans un univers à quatre dimensions d'espace au lieu de
trois (avec, naturellement, une cinquième dimension pour le temps), montraient, de 1920 à 1926, que,
pour un observateur percevant comme nous seulement trois dimensions (la quatrième dimension
d'espace, repliée sur elle-même, demeurant invisible), la gravitation et l'électromagnétisme
apparaissaient comme des déformations géométriques de la courbure de cet espace, et pouvaient se
décrire dans un même formalisme. Ces idées furent négligées à l'époque, à cause des immenses succès
de la mécanique quantique et de la découverte des deux autres interactions, qui ne semblaient en aucun
cas pouvoir être décrites par la relativité générale, théorie non quantique.
En 1967, Steven Weinberg et Abdus Salam purent montrer théoriquement, grâce à l'électrodynamique
quantique, que l'interaction électromagnétique et l'interaction faible étaient deux aspects d'une même
interaction, la force "électrofaible". Lorsque les conséquences expérimentales de cette théorie furent
vérifiées par la découverte, en 1973 puis en 1983, de deux nouvelles particules prévues, respectivement
les bosons Z et W, l'espoir augmenta de parvenir à décrire, par un même formalisme, les interactions
électromagnétiques faible et forte par des théories dites de "grande unification".
Malheureusement, il est clair que les trois forces précédentes ne pourraient fusionner en une interaction
unique que pour des énergies beaucoup trop élevées pour être jamais réalisées par l'homme. On sait
désormais qu'il sera impossible de vérifier directement par l'expérience la validité de toutes les théories
de grande unification. En revanche, on peut espérer tester certaines de leurs prédictions indirectes,
comme la durée de vie finie du noyau de l'atome d'hydrogène.

Décrire le commencement et la fin de l'Univers.


Les recherches laissent complètement de côté l'interaction gravitationnelle. Indépendamment, en effet,
des difficultés théoriques, quasi insurmontables, que cette inclusion susciterait, l'interaction
gravitationnelle entre particules est si faible, comparée aux autres forces, qu'elle serait masquée par les
trois autres interactions dans toutes les expériences concevables en laboratoire: l'action de la gravitation
ne pourrait, en effet, être observée sur des particules qu'à des énergies irréalisables par l'homme.
Il n'en reste pas moins qu'une théorie réellement unifiée devrait absolument inclure les forces de
gravitation. Mais il est une autre raison, beaucoup plus fondamentale, qui oblige à édifier une théorie
quantique de la gravitation: c'est que la relativité générale, à la base de tous les modèles cosmogoniques
d'Univers, prévoit l'existence de "singularités", c'est-à-dire de points de l'espace-temps où la densité de
matière et la force de gravitation deviennent infinies. Et ce, à la fois dans le passé, au début de
l'expansion de l'univers (Big Bang), mais aussi dans le futur, au cours de l'effondrement gravitationnel
des étoiles et peut-être de l'Univers lui-même (Big Crunch). La relativité générale étant inapplicable au
voisinage de ces points singuliers, cela signifie que nous ne possédons pas encore d'instrument
théorique pour décrire l'univers à son commencement et, éventuellement, à sa fin.
La recherche d'une théorie quantique décrivant de manière unifiée toutes les interactions, y compris la
gravitation, ne procède donc pas d'une pure exigence esthétique. Cela para être une nécessité si l'on
veut résoudre le mystère de la formation initiale de l'Univers et peut-être aussi celui des derniers instants
de sa disparition éventuelle. Mais une théorie englobant l'ensemble des loi de l'Univers est-elle
concevable ? Stephen Hawking (4) considère trois éventualités:
1) il existe une théorie unifié complète.
2) il y a une suite infinie de théories qui permettraient d'expliquer n'importe quelle classe particulière
d'observations.
3) Une telle théorie n'existe pas et on ne peut pas décrire l'évolution de l'Univers au-delà d'un certain
point.

Les énergies du temps de la Genèse


Si l'on s'en tient à la première hypothèse, plusieurs conjectures audacieuses ont déjà été formulées, sur
ce qu'il sera possible d'attendre d'une théorie de la gravitation quantique. Donnons-en trois exemples:
1) L'irréversibilité du temps et l'accroissement de l'entropie d'un système isolé, c'est-à-dire le deuxième
principe de la thermodynamique, deviendraient une conséquence de la nouvelle théorie (5) et perdraient
leur statut de postulat fondamental. La théorie de la gravitation quantique engloberait alors la
thermodynamique, et unifierait complètement l'ensemble de la physique.
2) On devrait aboutir à une reformulation complète de la mécanique quantique contribuant, entre autres,
à lever les difficultés inhérentes à la "théorie de la mesure" qu'elle renferme.
3) Une description complète de l'Univers, depuis l'explosion initiale jusqu'à son implosion éventuelle,
pourrait être envisagée sans avoir besoin de connaître "I'état" du monde à son début.

Que dire du réel ?


Indépendamment de ces spéculations, on peut remarquer que la physique théorique est déjà entrée dans
une nouvelle phase. En effet, seules les conséquences indirectes des modèles d'Univers et des théories
de grande unification peuvent être soumises à l'expérience, puisque leurs implications directes
nécessiteraient, pour être vérifiées, des énergies que l'homme n'arrivera jamais à réaliser, mais qui
existaient lors de la genèse de l'Univers.
C'est ainsi que la fuite des galaxies, mise en évidence par Edwin Hubble en 1929, apparaît explicable par
les modèles d'expansion de l'Univers d'Alexander Friedmann, dérivés des équations de la relativité
générale. De même, le rayonnement électromagnétique à la température de 2,7 degrés Kelvin (proche du
zéro absolu), découvert par hasard par Arno Penzias et Robert Wilson en 1965, est-il interprété comme la
trace d'une explosion gigantesque ayant donné naissance à l'Univers, il y a environ quinze milliards
d'années (6). Mais, aussi loin que nous regarderons dans l'espace, c'est-à-dire aussi loin que nous
remonterons dans le temps, nous ne pourrons jamais "voir" la naissance de l'Univers, ni surtout la revivre.
Nous ne pouvons émettre que des "postdictions" sur des événements passés, en exigeant qu'elles soient
cohérentes avec nos observations présentes.
L'expérimentation, à ce stade, devient impossible. La physique théorique sortirait-elle tout doucement du
paradigme strict de la science pour revenir dans le giron de la métaphysique qui lui a donné naissance ?
Que l'on parvienne ou non à découvrir la ou les théories ultimes de l'univers, la physique théorique aura
réussi à accomplir le programme que Platon avait assigné aux astronomes: "Sauver les apparences",
c'est-à-dire rendre compte des phénomènes. Née dans la contemplation des astres, elle arrivera peut-
être, à la fin de ce siècle, au terme de sa vie, si elle parvient, d'ici là, à résoudre complètement le mystère
de l'Univers et de ses lointaines galaxies.
Mais les interrogations fondamentales, qui lui ont donné naissance demeurent: que pouvons-nous dire du
réel ? Où se situent l'être et la conscience ?
Jean Etienne (source particulière)
8262-59SDML
(1) Otto Neugebauer, les Science exactes dans l'Antiquité, Actes Sud Arles, 1990.
(2) Aux fondements de la mécanique de Newton viendront bientôt s'ajouter l'électromagnétisme de
Maxwell, la thermodynamique de Sadi Carnot et la mécanique statistique de Ludwig Boltzmann.
(3) Il s'agit, par ordre d'intensité de la gravitation, des interaction électromagnétiques, de l'interaction
"faible" (qui intervient dans 10 processus de désintégration des noyaux instables) et, enfin, de I'interaction
"forte", à très courte portée, qui assure la cohésion de particules constituant le noyau de l'atome.
(4) Stephen Hawking, Commencement du temps et fin de la physique ? Flammarion, Paris, 1992.
(5) Roger Penrose, l'Esprit, l'Ordinateur et les Lois de la physique InterEditions, Paris, 1992.
(6) Stephen Weinberg, les Trois Premières Minutes de l'Univers, Editions du Seuil, Paris, 1978. La
présence de ce rayonnement fossile avait été prévue, dès 1948, par Georges Gamov sur la base des
modèles cosmologiques de Friedmann.

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