Outil didactique sur la grammaire française
Outil didactique sur la grammaire française
Le sens grammatical
Outil didactique à l’usage
des enseignants
3
INTRODUCTION
On ne parle pas pour ne rien dire. On le dit bien souvent. Dès lors, lorsque l’on parle, lorsque
l’on écrit, notre intention est théoriquement de transmettre une information, de communiquer
à autrui (ou à soi-même dans le cas d’un journal intime) un message qu’il aura à interpréter.
Ce message dit quelque chose du monde qui entoure celui qui parle, représente ce monde, ou
essaie d’agir sur lui. Il rend compte d’un point de vue posé sur le monde et le traduit en mots à
des fins tantôt utilitaires de transmission de message ou d’action sur le monde, tantôt
gratuites, plus esthétiques.
Dans le monde qui nous entoure, nous distinguons des objets (personnels, animés ou non),
nous les regardons en telle manière que nous les mettons en relation les uns avec les autres.
Nous émettons des jugements à leur propos, les décrivons, les précisons. Nous parlons de
situations, de faits, nous développons des points de vue à leur propos, nous défendons ces
points de vue, les argumentons. Bref, nous sommes bavards…
Nous enchainons les phrases, les paragraphes, construisons des textes, voire des livres.
La plupart du temps, nous choisissons de parler à propos de quelque chose. Ce quelque chose
est la base d’un développement plus ou moins long : nous apportons de l’information à propos
de ce qui peut être vu comme un support. On pourrait considérer que tout acte de langage
consiste en la mise en relation d’un apport de signification à un support de signification. Cette
relation apport-support est l’élément primordial de la communication. Dès lors, pour pouvoir
4
rendre compte de la communication, il nous a semblé essentiel de retrouver sous tous les
mécanismes grammaticaux cette même relation apport-support de signification.
C’est ainsi que nous la verrons à l’œuvre jusque dans l’orthographe grammaticale où l’apport
transmet une information à propos du support, lui confère un élément de signification
supplémentaire. En retour, le support transmettra à l’apport ses marques morphologiques
spécifiques (le genre et le nombre pour l’accord de l’adjectif ; la personne et le nombre pour
l’accord du verbe…). Toute la grammaire d’accord se résume en fait à la mise en évidence de
cette relation entre apport et support.
Ce manuel recouvre les parties de la grammaire qui nous ont semblé concourir à la
construction du sens (classes et fonctions des mots, système verbal, orthographe
grammaticale). Nous avons volontairement évité de nous étendre sur des données – que l’on
trouve par ailleurs dans de nombreux ouvrages de référence – qui ne suscitent guère de
réflexion. Ainsi, nous renvoyons le lecteur aux ouvrages spécialisés pour tout ce qui relève
par exemple des paradigmes de conjugaison et de l’orthographe d’usage (avec, notamment,
l’épineuse question de la transcription des homophones).
Car ce manuel est avant tout destiné aux enseignants. La manière dont il est rédigé vise à leur
montrer que ce discours rénové peut trouver une forme applicable en situation
d’enseignement-apprentissage. La transposition didactique finale en classe est évidemment de
leur seul ressort, mais nous avons voulu tracer quelques pistes à titre d’exemple. Le langage
choisi pourra paraitre hybride mais nous avons souhaité, au moins pour la première partie,
5
mettre l’enseignant lui-même dans la situation de l’élève qui lit un manuel. Cette première
partie est ainsi présentée comme une séquence, certes assez longue, d’appréhension du double
système des classes et des fonctions, double système qui constitue à tout prendre la partie la
plus originale du présent manuel.
6
1. I NTRODUCTION AUX
CLASSES ET AUX FONCTIONS
7
1.1. CLASSE ET FONCTION : NE CONFONDONS PAS !
Dans la vie, chaque individu a une identité propre et appartient à l’un ou l’autre groupes qui
rassemblent des personnes qui possèdent des caractéristiques semblables aux siennes.
Par ailleurs, chaque personne a également, en principe, des relations avec d’autres personnes,
que ce soit dans la famille, au travail, dans une équipe sportive etc. Chacune a donc un rôle à
jouer par rapport aux autres, une certaine fonction.
! Voici quelques personnages. Donne leur identité et indique le groupe auquel ils appartiennent,
ainsi que le rôle lié à cette appartenance.
Identité : Hippocrate
Groupe : médecin
Rôle: soigner
Identité : ...........................................................
Groupe : ...........................................................
Rôle: ...........................................................
Identité : ...........................................................
Groupe : ...........................................................
Rôle: ...........................................................
8
De la même manière que les individus dans la vie, les mots de la langue, qui sont comme une
étiquette indiquant l’identité (par exemple le mot Julie) appartiennent à un groupe (leur
classe). Lorsqu’ils se trouvent en présence d’autres mots, ils acquièrent alors en plus un rôle
par rapport à ceux-ci : ils exercent une fonction.
Par exemple, je choisis de faire une phrase avec les mots Julie et danse.
Julie danse.
Ces deux mots, pris indépendamment l’un de l’autre, appartiennent à une classe :
En outre, lorsqu’on les met ensemble pour construire une phrase, les mots, puis les groupes,
occupent une fonction :
- le mot Julie représente ici ce dont on parle ; on va en dire quelque chose (qu’elle
danse). Ce mot est donc le support d’information : il occupe la fonction de noyau de
phrase ;
- le mot danse représente ici ce qu’on dit de ce dont on parle ; il dit quelque chose de
Julie. Ce mot est donc l’apport d’information : il occupe ici la fonction de prédicat.
9
1.2. LES CLASSES DE MOTS
! Pourquoi et comment a-t-on rangé les mots dans différentes classes ?
Pour exprimer une même idée, la langue met à notre disposition différents types de mots.
Par exemple, le concept de lumière peut être rendu par les mots lumière (qui peut être repris
par le mot elle), lumineux, allumer, lumineusement, à la lumière de… Si ces mots ont des
formes différentes, ils sont néanmoins faits à partir de la même matière, du même sens.
- un nom : lumière
- un pronom : elle
- un adjectif : lumineux
- un verbe : allumer
- un adverbe : lumineusement
- un connecteur : à la lumière de
10
L’idée de ‘lumière’
Les formes ainsi obtenues sont rangées minutieusement dans une grande armoire à tiroirs. Ces
tiroirs sont divisés en compartiments et les formes y sont rangées par affinités : les carrés
ensemble, les ronds ensemble, les croix ensemble etc.
11
1.2.1. SUBDIVISION DE L’ARMOIRE EN TIROIRS
La grande armoire ‘langue’ est tout d’abord organisée en trois tiroirs qui rassemblent des mots
qui partagent certaines propriétés. Observons-les.
- un « soleil »
- le « Père Noël »
- « elle »
Quand tu penses à ces mots, tu te représentes et dessines directement l’image. C’est facile, on
n’a besoin de rien d’autre pour se les représenter ; ces mots renvoient directement à eux-
mêmes.
Ces mots n’ont pas besoin de support, on accède directement à l’ensemble des objets que
ces mots représentent.
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Deuxième grand tiroir de mots :
l’adjectif et le verbe
- « rectangulaire »
- « gris»
- « sourit »
- « danse »
" tu te représentes et dessines directement l’image (c’est facile, on n’a besoin de rien
d’autre pour se les représenter ; ces mots renvoient directement à eux-mêmes).
Pour pouvoir se représenter ces mots, il faut passer par un support, c’est-à-dire par un
objet qui porte la caractéristique ou qui fait ou subit l’action. Donc on n’accède pas
directement à l’ensemble des objets auxquels ces mots peuvent être appliqués.
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Troisième grand tiroir de mots :
l’adverbe et le connecteur
- « dangereusement »
- « gentiment »
- « dans »
" tu te représentes et dessines directement l’image (c’est facile, on n’a besoin de rien
d’autre pour se les représenter ; ces mots renvoient directement à eux-mêmes).
" tu te représentes et dessines encore moins facilement l’image que dans le cas
précédent (c’est plus complexe à dessiner, puisqu’il faut représenter toute une
action ou une situation, c’est-à-dire un processus qui implique au moins deux
éléments).
Pour pouvoir se représenter ces mots, il faut passer par un support double, c’est-à-dire par une
situation / un fait qui implique deux éléments mis en relation (par exemple le noyau de phrase
et le prédicat, le verbe et son déterminant, etc.). Donc on n’accède pas directement à
l’ensemble des objets auxquels ces mots peuvent être appliqués ; on y accède en fait de
manière doublement indirecte.
Ce sont les ............................................... (ex : Jean caresse son chien gentiment) : c’est le
processus de caresse du chien qui se fait gentiment.
Les mots liens, les .................................. (ex : à, parce que, mais, et, que ...), fonctionnent de
la même façon.
14
Il y a donc 3 grands tiroirs pour classer les mots. Le critère de répartition est la manière dont
on accède à l’ensemble des objets auxquels ces mots peuvent être appliqués.
15
! Lis chacun de ces mots et figure-toi son image.
- Pour te représenter ce mot, passes-tu par un support ? Si oui, écris celui qui te
vient à l’esprit !
- Dans le cas où un support est nécessaire à la représentation, ce support est-il
simple ou double ?
- Précise enfin dans quel grand tiroir il se range !
- un → ................................................................ → ..............................................................
- il →................................................................ → ..............................................................
Les exemples vus jusqu’à présent peuvent être dessinés, mais la répartition que nous avons
opérée est également valable pour des objets qui ne peuvent l’être (ex : une situation, la
beauté, la psychologie, etc.).
Prenons l’exemple de beauté. On n’a pas besoin de support pour concevoir la beauté, car ce
qui est visé, c’est le caractère commun à tout ce qui est beau, le commun dénominateur, et
non un support qui serait beau. Le nom beauté renvoie donc directement à l’ensemble des
êtres ou des objets auxquels il peut être appliqué : comme le nom homme ne renvoie qu’à lui-
même (on ne dit normalement homme que d’un homme, alors que vert se dit de nombreux
êtres ou objets porteurs de cette caractéristique), le nom beauté ne renvoie qu’à elle-même,
c’est-à-dire seulement à la beauté. En conséquence de cette caractéristique, l’accès direct à
l’ensemble des objets auxquels le nom est applicable, le nom, lorsqu’il est employé dans une
phrase sera généralement le support des éléments qui sont dans le même groupe que lui.
Dans la phrase Les chapeaux verts sont grands, le nom chapeau sera le support des adjectifs
verts et les. Dans ce mode de fonctionnement, on dira de lui qu’il est noyau.
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Pour reprendre, l’armoire langue est constituée de trois grands tiroirs qui sont le résultat d’un
tri des mots de la langue en fonction du mode d’accès à l’ensemble des êtres ou des objets
auxquels ils sont applicables ; en fonction de la manière directe, indirecte ou doublement
indirecte dont ils renvoient à cet ensemble.
! À présent, voici le même exercice que le précédent, mais avec des mots que l’on ne peut pas
nécessairement dessiner.
- Lorsque tu te représentes ce mot (ou lorsque tu l’insères dans un groupe), passes-tu par
un support ? Si oui, écris celui qui te vient à l’esprit !
- Dans le cas où un support est nécessaire, ce support est-il simple ou double ?
- Précise enfin le mode d’accès de ce mot à l’ensemble des objets auxquels il est
applicable !
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1.2.2. SUBDIVISION DES TIROIRS EN COMPARTIMENTS
Chaque grand tiroir (rassemblant les mots qui donnent accès de la même manière à
l’ensemble des êtres et objets qu’ils représentent) est subdivisé en deux compartiments, en fait
en deux classes. Par exemple, dans le tiroir des mots qui donnent accès de manière directe à
l’ensemble des êtres et objets auxquels ils renvoient, se trouvent le compartiment des noms et
celui des pronoms.
Au sein d’un même tiroir, les compartiments (donc les classes) sont le résultat d’un tri
particulier. Les critères de tri utilisés sont au nombre de deux : le mode de fonctionnement et
le type de définition. Observons comment ils agissent pour compartimenter les tiroirs.
Classe 1
Essaie de donner une définition des mots ci-dessous :
- « table » : ...................................................................................................................................................
- « soleil » : ...................................................................................................................................................
- « gentillesse » : .........................................................................................................................................
Pour donner leur définition, on doit dire ce que c’est, c’est-à-dire donner tous les éléments de
sens qui permettent de les reconnaitre. Si tu peux énoncer les éléments de sens qui définissent
le mot ; on dit que leur définition est « notionnelle ». C’est le cas des noms.
Classe 2
Essaie à présent de donner une définition des mots ci-dessous :
- « elle » : ...................................................................................................................................................
- « nous » : ...................................................................................................................................................
- « se » : .........................................................................................................................................
Pour donner une définition à ces mots, il n’est pas possible d’en énoncer les éléments de sens
constitutifs, dans la mesure où ces mots peuvent renvoyer à différentes choses ou personnes
selon le contexte. Pour dire ce que sont ces mots, on est obligé de mentionner les marques
grammaticales dont ils sont porteurs : le genre (masculin ou féminin), le nombre (singulier ou
pluriel), la personne (1ère, 2e ou 3e), la fonction (noyau de phrase, déterminant du verbe…),
etc. On a regroupé ces marques grammaticales sous le terme de catégories grammaticales.
Dès lors que l’on doit faire appel à ces catégories grammaticales pour dire ce que sont ces
mots, on dit que la définition est « catégorielle ». C’est le cas des pronoms.
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[Link].2. Le mode de fonctionnement
Dans les groupes suivants, souligne le nom ou le pronom et tente de définir leur
fonctionnement au sein de leur groupe (support / noyau ; apport / déterminant ; lien ?).
Ex 1: Un homme bon
Ex 2 : Quelqu’un de bien
- L’ordinateur de Lionel
- Rien d’autre
Tu en déduis que les noms et les pronoms sont généralement des supports d’information et
occupent la fonction de noyau au sein du groupe dans lequel ils sont intégrés.
Étant donné que cette fonction est prototypique pour le nom comme pour le pronom, ce n’est
donc pas à partir du critère du mode de fonctionnement que la compartimentation s’opère
dans ce tiroir.
19
Premier grand tiroir
=
Mots qui ......................................................................................................................................
20
[Link]. Dans le deuxième grand tiroir : le compartiment de l’adjectif et le compartiment du
verbe
Classe 3
Voici quelques exemples de groupes de mots. Fais une flèche vers le mot ou le groupe de
mots auquel se rapporte selon toi le mot souligné.
- un petit pot
- la Belgique francophone
- l’école primaire
Quelle est la classe du mot auquel se rapporte ici le mot souligné ? ..........................
" On prend tout l’ensemble, parce que tous les objets ou les personnes auxquels
renvoie le nom sont dotés de cette caractéristique. Ce qui veut dire que, dans notre
exemple, tous les enfants sont sages et auront donc une récompense.
" On ne prend pas tous les objets ou les personnes, mais seulement ceux ou celles
qui possèdent cette caractéristique. Dans notre exemple, ce sont seulement les
enfants sages qui auront une récompense, pas l’ensemble de tous les enfants
En effet, l’adjectif sages, lorsqu’il apporte son information au nom enfants, réduit l’ensemble
des personnes que l’on se représente quand on lit ce nom. Ici, il y a moins d’enfants sages
que d’enfants. L’adjectif sages permet de construire un sous-ensemble d’enfants sages à
l’intérieur de l’ensemble d’enfants.
21
Ex : Les enfants sages auront une récompense.
enfants
Ce sont seulement les enfants sages (donc le petit
ensemble) qui auront une récompense, pas
enfants sages
l’ensemble de tous les enfants.
En général, les adjectifs fonctionnent de cette même façon. Ils fixent les limites de l’ensemble
à considérer. On dit qu’ils déterminent, qu’ils caractérisent le nom. Le mécanisme général mis
en oeuvre dans ce type de fonctionnement est la détermination.
La détermination consiste aussi à donner des indications de quantité, à quantifier sans dessiner
un sous-ensemble ; d’autres adjectifs prennent en charge ce type de détermination : ce sont les
adjectifs un, une, du, des, le, la, les...
La classe qui regroupe les mots qui ont comme fonctionnement préférentiel la détermination,
soit en dessinant un sous-ensemble dans l’ensemble de départ, soit en indiquant la quantité
des éléments pris en compte, est la classe des adjectifs.
Classe 4
Voici quelques exemples de phrases. Fais une flèche vers le mot ou le groupe auquel se
rapporte selon toi le mot souligné.
- Travailles-tu ?
Quelle est la fonction du groupe auquel se rapporte ici le mot souligné ? .............................
22
Ces mots apportent une information au noyau de phrase. De quelle manière agit cet apport
d’information sur le noyau de phrase, par exemple dans une phrase comme Les vieilles dames
déambulaient ? (Coche la proposition qui convient)
" On prend tout l’ensemble des vieilles dames, parce que toutes les personnes
auxquelles renvoie le noyau de phrase sont concernées par cette information. Ce
qui veut dire que, dans notre exemple, toutes les vieilles dames sont concernées
par le mouvement déambulatoire.
" Seules certaines des vieilles dames sont concernées par le mouvement
déambulatoire. On ne prend donc pas toutes les vieilles dames considérées dans la
phrase, mais seulement celles qui possèdent cette caractéristique.
En effet, le verbe déambulaient, lorsqu’il apporte son information au noyau de phrase les
vieilles dames, s’applique à l’ensemble d’entre elles et non à un sous-ensemble. Elles sont
donc toutes concernées. L’information apportée par le verbe ne réduit donc pas l’ensemble
des vieilles dames.
En général, les verbes fonctionnent de cette même façon. Ils ne réduisent pas l’ensemble à
considérer. On dit qu’ils prédiquent le noyau de phrase. Le mécanisme général mis en œuvre
dans ce type de fonctionnement est la prédication.
La classe qui regroupe les mots qui ont comme fonctionnement préférentiel la prédication,
c’est-à-dire qui donnent une information qui ne crée pas de sous-ensemble, est la classe des
verbes.
Voici quelques adjectifs et verbes. Tente d’en donner une définition et de dire si celle-ci est
notionnelle (si, pour définir ce mot, tu utilises des éléments de sens) ou catégorielle (si, pour
définir ce mot, tu as besoin de donner ses catégories grammaticales).
- s’exclamer :
……………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………
- hexagonal :
……………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………
23
- potable :
……………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………………………
- tronçonner :
……………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………
- naviguer :
……………………………………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………………………
L’ensemble des mots du deuxième tiroir ont le même type de définition. Il s’agit de mots qui
ont une définition notionnelle. Tant les adjectifs que les verbes sont pourvus de définitions
correspondant à l’énumération des éléments de sens constitutifs.
Ce n’est donc pas sur le critère du type de définition que la compartimentation s’opère dans ce
tiroir.
Une autre manière de différencier l’adjectif du verbe est de regarder leur forme et la variation
de celle-ci.
[Link].3.1. L’adjectif
Dans les groupes de mots ci-dessous, indique ce qui a changé dans le mot souligné.
Ex : un petit garçon / une petite fille → +e (le genre)
L’adjectif complète le sens du nom ou indique la quantité des éléments pris en compte. En
échange, le nom lui transmet aussi quelque chose : ses marques de genre (masculin ou
féminin) et de nombre (singulier ou pluriel). L’adjectif voit donc sa forme dépendre des
caractéristiques de genre et de nombre du nom auquel il se rapporte.
24
[Link].3.2. Le verbe
Dans les groupes de mots ci-dessous, indique ce qui a changé dans le mot souligné.
Ex : L’enfant chante / Les enfants chantent → +ent (nombre)
Par ailleurs, tu remarques qu’en plus de prendre le même nombre (singulier ou pluriel) et la
même personne (1ère, 2ème ou 3ème) que le noyau de phrase, le mot souligné est aussi porteur,
dans sa terminaison, d’autres indications… Lesquelles selon toi ?
Pour t’aider, essaie de trouver la différence de sens entre les phrases ci-dessous :
25
Deuxième grand tiroir
=
Mots qui ......................................................................................................................................
Tu l’auras compris, la différence essentielle entre l’adjectif et le verbe réside dans le mode de
fonctionnement préférentiellement mis en œuvre par chacun d’eux. L’adjectif détermine ; le
verbe prédique.
Cependant, il existe quand même des cas où on trouve des adjectifs qui prédiquent et des
verbes qui déterminent.
1° Dans l’exemple Sages, les enfants ont reçu une récompense, en ajoutant sages, on ne réduit
pas l’ensemble des personnes auquel renvoie les enfants : tous les enfants considérés sont
sages. Dans ce cas, l’adjectif prédique.
2° Dans l’exemple On recherche les trésors cachés, cachés est une forme du verbe cacher
conjugué au participe. Le participe détermine ici le nom trésor : on ne recherche pas tous les
trésors, seulement les trésors qui appartiennent au sous-ensemble des trésors cachés. On dit
d’ailleurs souvent que le participe fonctionne comme un adjectif et qu’il est donc la forme
adjectivale du verbe. Il est dès lors normal que, dans ses emplois de participe, le verbe puisse
parfois déterminer.
26
[Link]. Dans le troisième grand tiroir : le compartiment de l’adverbe et le compartiment du
connecteur
Voici quelques exemples de phrase. Répartis les mots soulignés dans les deux colonnes ci-
dessous. Observe pour t’aider la manière dont ils fonctionnent par rapport aux mots qui les
entourent.
1) La musique adoucit les mœurs, mais elle ne réunit pas encore les peuples.
2) Antoine a gentiment prêté sa canne à pêche à Xavier.
3) Françoise entretient correctement son petit jardin.
4) L’homme hua le président, puis lui lança ses chaussures au visage.
5) Parce qu’il décriait le système, l’opposant fut emprisonné.
6) Maggy, la petite chienne du château, semble fort câline.
7) Tire la bobinette et la chevillette cherra.
8) Soudain, l’énorme vague envahit la côte thaïlandaise.
9) Alice est médecin. Or elle n’exerce pas.
10) Franchement, tu exagères !
Classe 5 Classe 6
2 1
Classe 5
Tu en déduis que les mots de cette classe sont des mots qui ont pour rôle
(Coche la proposition qui convient)
" d’apporter du sens pour préciser une action, une situation, un fait, qui implique au
moins deux éléments.
" d’établir un lien entre deux parties de la phrase, ou entre deux phrases.
Ces mots qui servent à apporter du sens pour préciser une action, une situation, un fait, sont
les adverbes.
En fait, l’ensemble de ce à quoi les adverbes peuvent être appliqués recouvre autre chose que
des personnes ou des objets ; il s’agit d’un ensemble de situations, de faits ou d’actions, qui
impliquent au moins deux éléments. Par exemple, correctement s’applique ici au processus
d’entretien (élément 1) du jardin (élément 2).
Les plus communs sont ceux qui se terminent en –ment (doucement, prudemment…).
27
Classe 6
Les mots de cette classe sont des mots qui ont pour rôle
(Coche la proposition qui convient)
" d’apporter du sens pour préciser une action, une situation, un fait, qui implique au
moins deux éléments.
" d’établir un lien entre deux parties de la phrase, ou entre deux phrases.
Ces mots qui servent à lier deux phrases ou deux morceaux de phrase sont les connecteurs.
Il faudra distinguer ces trois types de connecteurs sur base de leur fonctionnement respectif.
Nous y reviendrons.
En ce qui concerne le type de définition des mots du troisième tiroir, si l’on peut dire assez
facilement que les adverbes ont une définition notionnelle (correctement = de manière
correcte, conforme à la règle), la situation n’est pas aussi évidente pour les connecteurs. En
effet, le fait de marquer le lien entre deux éléments les rangerait du côté des définitions
catégorielles. À l’inverse, sur la base du type de relation qu’ils expriment (la signification du
rapport de temps, de lieu…) on pourrait être tenté de les ranger du côté des définitions
notionnelles.
Nous préférons conclure que le type de définition n’est pas suffisamment discriminant pour
être utilisé dans la compartimentation de ce tiroir.
28
Troisième grand tiroir
=
Mots qui ......................................................................................................................................
29
! As-tu bien compris ?
Rappelle-toi d’abord le nom des différentes classes de mots :
Classe 1 : …………………………………………………………
Classe 2 : …………………………………………………………
Classe 3 : …………………………………………………………
Classe 4 : …………………………………………………………
Classe 5 : …………………………………………………………
Classe 6 : …………………………………………………………
! Essaie ensuite de compléter l’armoire ‘langue’ à la page suivante, en mentionnant les critères
de tri des grands tiroirs, et les critères de tri des compartiments.
! Tente ensuite de dresser ton propre tableau de synthèse qui t’aidera à retenir l’organisation
des classes de mots (en fonction des critères vus).
30
31
! À toi de mettre une croix dans les cases qui conviennent pour discriminer les différentes classes de mots.
Nom
Pronom
Adjectif
Verbe
Adverbe
Connecteur
Note : Tu remarqueras que nous n’avons pas intégré le type de flexion comme facteur discriminant. En effet, il ne s’agit que d’une aide.
32
! Un même mot peut parfois avoir des emplois différents selon le contexte. On a parfois pu dire
que ce mot changeait de classe, alors que souvent, ce n’est qu’une question d’emploi. Par
exemple, marron est un nom, mais il a un emploi adjectival dans une robe marron.
Cependant, il existe également des formes identiques qui relèvent de classes différentes à la
base. Vague peut être une forme du nom vague (= flot) ou de l’adjectif vague (= flou).
Essaie de retrouver les différents emplois possibles pour le même mot ou la même forme, et
insère-le dans une phrase qui l’illustre.
Ex : Vague
1) Nom : La vague qui s’est jetée sur les baigneurs était immense.
2) Adjectif : Le thème de la rédaction était trop vague.
Droit
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
Rêve
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
Livre
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
Brave
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
La
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
33
- .......................................... :
..........................................................................................................................
Rose
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
Garde
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
Tout
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
Fort
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
34
À toi de trouver 5 mots susceptibles d’avoir des emplois différents selon le contexte.
..................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
..................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
.................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
..................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
35
..................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
- .......................................... :
..........................................................................................................................
36
1.3. DES MOTS À LA PHRASE
Les mots ne restent pas éternellement rangés dans leur tiroir… Lorsque nous voulons
exprimer une idée, parler au sujet de quelque chose, nous utilisons des mots. Nous devons en
choisir un ou plusieurs qui correspondent à ce que nous voulons dire, et les organiser avec
précision.
Cette organisation s’effectue à deux niveaux: les rapports qu’entretiennent les mots entre eux
(les fonctions) dans un réseau de transmission de l’information (la phrase) d’une part, et le
point de vue de l’énonciateur sur le procès dont il parle d’autre part (les voix). Commençons
par ce dernier point.
Voici une image représentant un procès. Coche les propositions qui pourraient (avec parfois
un peu d’imagination) correspondre à ce que tu vois.
Tu constates qu’un même procès peut parfois être rendu de bien des façons. Tout dépend du
point de vue choisi par l’énonciateur pour en parler, qu’il choisira de prendre comme thème
de son propos, par exemple, soit l’origine, soit l’aboutissement du procès. Ce choix de thème
va engendrer une construction logique et syntaxique particulière de la phrase que l’on appelle
voix. Elles sont au nombre de cinq. Cependant, quels que soient le thème (donc l’élément de
la phrase pris comme point de départ) choisi et la voix utilisée par l’énonciateur, le procès
dont il est rendu compte reste le même:
37
Origine Aboutissement
1 2
Attraper
chat souris
Dans le cas représenté ci-dessus, le procès dont l’énonciateur rend compte consiste en
l’action d’attraper ; cette action implique deux acteurs : celui qui est à l’origine de l’action (le
chat) et celui auquel elle aboutit (la souris).
1. La voix 1 est celle qui est le plus fréquemment utilisée ; elle prend comme thème et
comme noyau de phrase l’élément à l’origine du procès (ici, le chat).
2. Dans la voix 2 l’énonciateur choisit comme thème pour sa phrase (et donc comme noyau
de phrase) le point d’aboutissement du procès (ici, la souris).
38
3. Il existe une sorte d’intermédiaire entre la voix 1 et la voix 2 : la voix moyenne ; le point
d’origine et d’aboutissement du procès sont un seul (ou une partie d’un seul) et même
élément (ici, prenons la souris) choisi à la fois comme thème et rhème, comme noyau de
phrase et, par exemple, déterminant du verbe. L’énonciateur décide de parler de la souris,
et de ne parler que d’elle par l’intermédiaire d’un pronom personnel “se”. Comme il n’est
pas possible de décliner un même procès à toutes les voix qui existent, nous devons
changer de type de procès : prenons le procès laver.
En fait, avec le procès attraper, il est possible de construire un énoncé à la voix moyenne,
mais d’un genre particulier : cet énoncé aurait un sens qui le rapproche de la voix 2. On
parle dans ce cas d’un verbe pronominal à sens passif. L’utilisation de la voix moyenne
dans ce cas particulier permet, en effet, d’exprimer la même information que dans la voix
2, avec l’avantage d’être la plupart du temps dispensée de noter l’agent : on donne
l’impression que le procès se fait de la souris à la souris, alors qu’en réalité la souris n’est
pas à l’origine du processus.
4. La voix factitive prend comme noyau de phrase un élément extérieur au procès initial
(ici, ni le chat ni la souris), mais un tiers qui fait en sorte que le procès se déroule. Il est
déclencheur du procès; il fait faire.
tiers
IL
unipersonnel
En t’aidant des explications ci-dessus, tente d’associer à chaque phrase la voix qui semble lui
correspondre.
À présent, observe comment se comporte le verbe attraper dans les phrases que nous avons
déjà vues ; compare, pour t’aider, la forme du verbe avec celle que l’on rencontre à la voix 1
(Le chat attrape une souris).
...........................................................................................................................................
...........................................................................................................................................
40
Une souris s’attrape par la queue
...........................................................................................................................................
...........................................................................................................................................
...........................................................................................................................................
...........................................................................................................................................
...........................................................................................................................................
...........................................................................................................................................
Les exemples présentés ci-dessus illustrent chacun une seule voix. Cependant, comme tu le
constateras dans les phrases suivantes, il se peut que plusieurs voix (2 à 3) soient combinées.
41
4) Il est permis d’attraper des souris.
! À présent, crée toi-même une phrase illustrant chacune des combinaisons de voix proposées.
1) 2 + unipersonnelle
2) moyenne + factitive
3) moyenne + unipersonnelle
On remarque que seules les deux dernières voix (factitive et unipersonnelle) sont susceptibles
de se combiner avec les trois autres. En effet, il est impossible de combiner les trois premières
voix (1, 2 et moyenne) entre elles.
Dans le texte ci-dessous, repère toutes les formes verbales et identifie le type de voix en
présence dans chacune des phrases.
Nous avions l’habitude, le week-end, de nous évader quelques heures à la campagne. Cela
nous faisait prendre un peu l’air et, à notre retour, nous étions immanquablement attendus
par nos deux chiens, Lafayette et Toto. C’est si agréable de se savoir, sinon désiré, au moins
guetté et notre retour espéré. Il arrivait, parfois, que les voisins s’y trouvent eux aussi, dans
la ferme voisine, et, ensemble, nous allions regarder les étoiles ; elles s’étalaient dans le noir
céleste en un spectacle majestueux. Il se prend beaucoup de photos du ciel nocturne, dans la
région, parce qu’il y est peu éclairé par les lampadaires urbains. Il arrive même que des
étoiles filantes croisent notre objectif ou soient capturées grâce aux réflexes de mon frère, qui
manie la caméra comme un as. Il me faisait parfois essayer d’enregistrer de courtes
séquences mais jamais il n’est arrivé que nous en gardions étant donné mes gestes
tremblants, qui s’impriment dans le flux d’images et rompent avec le calme de l’instant.
Aucune raison, néanmoins, que nous nous disputions. À vrai dire, je préférais que ma
contemplation ne soit interrompue par aucun filtre de manière à ce que les souvenirs, eux
aussi, ne s’appuient sur aucun artifice.
42
1.3.2. LES FONCTIONS
Ainsi, dans chaque groupe et chaque phrase, l’ordre des mots est important : c’est lui qui va
guider le sens : dans telle position, tel mot sera plutôt un support, qui reçoit de l’information ;
dans telle autre position, tel mot sera plutôt un apport d’information. C’est leur fonction. Dans
chaque groupe, il y a un mot support ; il est l’élément de base qui organise autour de lui les
informations véhiculées par les autres mots (les apports) qui s’y rapportent. Autrement dit, la
fonction d’un mot, c’est le rôle qu’il exerce par rapport aux autres mots.
Dans une phrase, comme dans un orchestre, on trouve des musiciens-supports, qui, à l’aide de
leur instrument-apport, produisent des groupes de sonorités, qui participent à musique de la
phrase. La mise en musique dépend bien entendu du chef d’orchestre-énonciateur qui va
organiser (ordre des mots, structure cohérence) ces sonorités grâce aux mouvements de sa
baguette de direction.
Lien
apport
apport
apport
43
[Link]. La fonction de support
Quand tu fermes les yeux et que tu imagines les phrases ou les groupes suivants, que vois-tu
en premier ?
(Coche la proposition qui convient)
- Dan s’amuse.
" Dan
" s’amuse
" petite
" patate
" une
Le mot ou groupe que l’on visualise comme élément de base est le support d’information. En
grammaire, on dira qu’il a la fonction de noyau.
Dans les groupes encadrés et les phrases ci-dessous, souligne le chef d’orchestre / support /
noyau. Attention ! parfois, il y a plusieurs groupes encadrés, dont certains intégrés à d’autres,
avec à chaque fois un noyau !
Comme on l’a vu, le musicien, en tant que support, a besoin de son instrument pour que la
partition soit mise en musique. Ces mots instruments sont donc des apports. Les apports
peuvent donner une information au support de deux manières différentes.
! Lis attentivement les phrases ci-dessous et associe chacune d’elles à une des représentations
en ensembles proposées.
Pour t’aider, lis d’abord toutes les phrases et essaie de sentir la nuance de sens qui les
différencie l’une de l’autre, dans les groupes en italique.
A B C D
Tu peux déduire
- que les phrases ............ et ............ ont les mêmes représentations en ensembles.
- que les phrases ............ et ............ ont les mêmes représentations en ensembles.
Êtres intelligents
les animaux
[Link].1.1. La détermination
! Voici des phrases courtes. Pour chacun des groupes proposés, entoure dans le cadre d’objets
dessinés ou de mots écrits l’ensemble des éléments dont on parle.
Pierre adore [manger des pommes] manger des céréales manger des tomates
47
! À toi d’établir (seul, ou avec un camarade) une synthèse de ce que tu as compris concernant la
détermination. Utilise tes propres mots et tes propres exemples. Ensuite, confronte ta synthèse
avec celle des autres élèves et défends ta vision des choses.
! Lorsque le mécanisme te semble familier, lis la synthèse suivante pour apprendre à manier les
termes conventionnels.
Pour représenter le mécanisme de détermination, on utilise, par convention, une flèche simple.
Ainsi, dans le groupe déterminatif pomme verte le noyau pomme est déterminé par le
caractérisant verte. De même, dans le groupe déterminatif Sois gentil, le noyau sois est
déterminé par gentil.
Pomme verte
Sois gentil
[Link].1.2. La prédication
! Pour chacune des phrases proposées, entoure dans le cadre d’objets dessinés ou de mots écrits
l’ensemble des éléments dont on parle.
48
Tous les médecins ont le titre de docteur.
49
! Comme pour la détermination, à toi d’établir une synthèse de ce que tu as compris concernant
la prédication. Utilise tes propres mots et tes propres exemples. Ensuite, confronte ta synthèse
avec celle des autres élèves et défends ta vision des choses.
! Lorsque le mécanisme te semble familier, lis la synthèse suivante pour apprendre à manier les
termes conventionnels.
Pour représenter le mécanisme de prédication, on utilise, par convention, une flèche double.
Ainsi, dans la séquence La pomme est verte le noyau de la phrase, pris en charge par le GDN
la pomme, est support du prédicat pris en charge par le GDV (groupe déterminatif verbal) est
verte.
Dans la phrase Intelligents, les animaux comprennent les humains, le GDN les animaux, est
support de deux prédicats pris en charge respectivement par l’adjectif intelligents et par le
GDV comprennent les humains.
Intelligents
Il existe deux types de prédicats. Dans les phrases suivantes, ils ont été encadrés et une flèche
indique le mot ou le groupe auquel ils se rapportent. À toi de saisir ce qui caractérise chaque
type de prédicats.
50
[Link].1.2.1. Type 1
- Michelle [, qui est l’épouse de Barack Obama,] est donc devenue première dame des États-Unis.
[Link].1.2.2. Type 2
- Les projets humanitaires rassemblent beaucoup de jeunes, [tout dévoués à la cause qu’ils défendent].
Ici, le prédicat se rapporte à un élément qui n’est pas nécessairement le noyau d’une phrase ou
d’une sous-phrase, mais un groupe déterminatif quelconque déjà formé (sa fonction n’importe
pas), qui ne contient pas de verbe conjugué à un temps fini (aux modes indicatif ou
subjonctif). On l’appelle le prédicat second, parce qu’il ne constitue pas avec son support la
relation constitutive première de la phrase.
Les fonctions dans la phrase sont prises en charge par des mots ou des groupes de mots
organisés.
51
Voici des groupes de mots désordonnés. À toi de leur rendre un ordre pour que la phrase ainsi
reconstituée ait du sens.
Pour ce faire, commence par lire à haute voix chacun des blocs constituants, puis numérote-
les dans l’ordre qui te semble adéquat. Ensuite, recopie la phrase reconstituée.
…………………………………………………………………………………………
- ses cahiers Heureuse que l’année scolaire soit terminée Chloé a brulé
…………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………
52
! À présent, il te revient, dans les phrases suivantes, de proposer des regroupements de mots
d’après les blocs de sens que tu peux reconstruire. Parfois, un bloc peut être intégré dans un
autre.
Dans une phrase, on peut repérer facilement quelques blocs clés susceptibles de s’intégrer
l’un à l’autre. Ce sont des groupes (qui ont un noyau nominal, verbal, adjectival, etc.) et des
sous-phrases (qui sont construites à partir d’un noyau de phrase auquel on rapporte un
prédicat).
Pour t’aider à appréhender ces deux sortes de groupes, tente de trouver les deux sens que peut
recouvrir dans la phrase suivante le groupe la fenêtre ouverte.
Sens 1 : …………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………
Sens 2 : …………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………
Les sens que peut prendre cette phrase sont tributaires de l’analyse syntaxique qu’on va en
proposer. En effet, si l’on sélectionne le sens de « Pierre peint une toile en ayant la fenêtre
ouverte », cela suppose une analyse de la fenêtre ouverte en groupe prédicatif ; tandis que si
l’on sélectionne le sens de « Pierre applique une couche de peinture sur une fenêtre ouverte »,
cela revient à faire l’analyse de la fenêtre ouverte en groupe déterminatif. La différence entre
ces deux types de groupes réside dans la différence de mécanisme grammatical mis en œuvre
en leur sein.
53
Ainsi, on trouve des structures, que l’on peut appeler intégratives, qui en leur sein mettent en
œuvre le mécanisme de :
- détermination : il s’agit des groupes déterminatifs (GD) qui peuvent être nominaux
(GDN, leur noyau est un (pro)nom), adjectivaux (GDAdj., avec noyau adjectival),
verbaux (GDV, avec noyau verbal), adverbiaux (GDAdv., avec noyau adverbial),
connectifs (GDC, avec noyau connectif).
- prédication : il s’agit des groupes prédicatifs (GP) qui peuvent être premiers (GP1, ils
correspondent alors à la phrase ou à la sous-phrase). On trouve également des
structures solidaires qui mettent en œuvre un mécanisme de prédication, mais sans
l’intervention d’un verbe à un temps fini (indicatif ou subjonctif) : Le chat parti, les
souris dansent ; J’entends les enfants chanter ; On dit Pierre pressé ; Il marche la tête
haute… Dans les structures soulignées, il y a toujours un prédicat second qui se
rapporte à un noyau, l’ensemble seul portant une fonction dans le reste de la phrase.
On parlera dans ce cas de groupe prédicatif second (GP2).
54
[Link].3. Apport à un terme >< apport à une relation
Cependant, dans l’exemple suivant, à quoi se rapporte d’après toi le terme souligné ?
alphabétiquement
Dans ce cas donc, le terme porte sur un support qui n’est pas unitaire, comme le sont les
supports que nous avons vus jusqu’à présent (un nom, un verbe…), mais bien une relation
entre deux termes. Cette relation n’est pas matériellement présente dans la phrase : elle est
évoquée par ses deux pôles (le verbe et son déterminant par exemple : ranger – ses fiches) et
traduit un processus (par exemple le rangement des fiches).
On retrouve des relations à différents niveaux de la phrase. Chacune de ces relations peut
servir de support à un apport de sens.
55
[Link].3.1. Portée large >< portée étroite
Pour définir exactement la relation à laquelle ce type d’apport reverse son sens, il suffit de se
poser la question suivante: l’apport est-il sous la portée de la négation ou pas ?
Autrement dit, si je rends la phrase négative, c’est-à-dire que je choisis de nier le prédicat,
l’apport est-il inclus dans cette séquence négative ?
En fait, on ne peut nier ce dont on parle, mais uniquement ce qui est dit (prédicat) du thème
(noyau de la phrase). La négation normale d’une phrase en français correspond, en effet, à la
négation de son prédicat, et donc à l’affirmation de son prédicat nié. Par exemple, dans la
phrase Pierre mange une pomme, on dit de Pierre qu’il mange une pomme. La négation de
cette phrase serait Pierre ne mange pas de pomme : on dit de Pierre qu’il ne mange pas de
pomme. Le thème Pierre n’est pas nié, il n’est pas atteint par la négation. Si l’on souhaite nier
Pierre, il est nécessaire de l’inclure dans une structure où il rejoindrait le prédicat. Par
exemple : Ce n’est pas Pierre qui mange une pomme.
Autrement dit, si l’apport est sous la portée de la négation, c’est qu’il porte sur une relation à
l’intérieur du prédicat. Dans le cas contraire, s’il est hors d’atteinte de la négation, il porte sur
une relation extérieure au prédicat, en l’occurrence la relation Prédicat – Noyau de phrase.
Phrase
(GP1)
Noyau Prédicat
(GDN) (GDV)
le professeur
Noyau Déterminant
(V) (GDN)
écoute son élève
Évidemment
56
Ex 2 : Pierre range ses fiches alphabétiquement.
Phrase
(GP1)
Noyau Prédicat
(GDN) (GDV)
Pierre
Noyau Déterminant
(V) (GDN)
range ses fiches
alphabétiquement
Dans les phrases ci-dessous, encadre les deux pôles de la relation support du terme souligné,
et rends compte du processus exprimé. Dis ensuite, si l’apport (souligné) a une portée large ou
étroite.
Test de la portée : Léa [ne range pas ses poupées par ordre de grandeur] # portée
étroite
Processus : ………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………...
Processus 1: ……………………………………………………………………………..
Processus 2 : ………………………………………………………………………….....
…………………………………………………………………………………………...
57
4) Heureusement, l’accident n’a pas fait de victime.
Processus : ………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………...
Processus : ………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………...
Processus : ………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………...
Processus : ………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………...
Processus : ………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………...
Processus : ………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………...
58
10) Finalement, on a décidé de dormir sur place ; la route était trop longue.
Processus : ………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………...
Ces apports fonctionnent comme les apports à un terme : soit par détermination, soit par
prédication.
Dans l’exemple Le matin, le ramoneur arpente les toits en chantant, le matin réduit la portée
de la séquence qui suit, dans la mesure où ce n’est pas à tous les moments de la journée que le
ramoneur arpente les toits, mais seulement le matin. Le matin joue donc un rôle de
déterminant de la relation entre le noyau de la phrase et le prédicat.
Le matin
Dans l’exemple Heureusement, l’accident n’a pas fait de victime, heureusement ne réduit pas
la portée de la séquence qui suit, il dit seulement le jugement de l’énonciateur à propos du fait
qu’il n’y a pas eu de victime dans l’accident. C’est donc le fait qu’il n’y a pas eu de victime
dans l’accident qui est considéré comme heureux. Heureusement joue donc un rôle de
prédicat second de la relation entre le noyau de la phrase et le prédicat. Parmi les
prédicats seconds de la relation, on trouve des apports qui concernent l’évaluation statistique
(Probablement, Pierre viendra demain).
Heureusement
Dans l’exemple Franchement, je trouve que tu exagères, franchement ne réduit pas la portée
de la séquence qui suit, ni n’exprime le jugement de l’énonciateur à propos du fait qu’il
trouve que son interlocuteur exagère (ce n’est pas ce fait qui est qualifié de franc) ; en fait,
l’énonciateur se dit lui-même franc lorsqu’il dit que son interlocuteur exagère. C’est donc la
manière de dire les choses qui est qualifiée de franche. Franchement joue ici un rôle de
déterminant de l’énonciation. Ce type de déterminant se note par une flèche triple. Parmi les
déterminants de l’énonciation, on trouve également des apports qui concernent la forme de
l’énoncé (En bref, je trouve que tu exagères), le destinataire (Antoine, tu exagères), le propos
(À la mer/La mer, elle y va chaque année)…
59
je trouve que tu exagères
Franchement
Il faut faire attention au fait qu’un même apport (par exemple : franchement, légalement ou le
matin) peut trouver comme support des relations différentes. Dans Franchement, tu exagères,
Légalement, Pierre conduit une voiture volée et Le matin, le boulanger pétrit son pain, la
portée des déterminants de relation est large. Dans Il a ouvert franchement la lettre, Pierre
conduit légalement la voiture qu’il a empruntée et La boulangerie ne ferme pas le matin, la
portée des déterminants est étroite, même si pour le dernier exemple, une lecture en portée
large reste possible (la position en fin de phrase est une position ambigüe). Parfois, le
changement de portée s’accompagne d’un changement de sens de l’apport. Franchement en
portée large détermine l’énonciation et signifie en toute franchise ; en portée étroite, il
détermine l’énoncé (la relation Dét. V – Verbe) et signifie de façon nette. Légalement en
portée large détermine l’énoncé et signifie d’un point de vue légal ; en portée étroite, il
détermine la relation Dét. V – Verbe et signifie en toute légalité. Dans le cas de Le matin,
comme dans le cas de la plupart des apports qui signifient le temps, le lieu, etc., l’apport peut
garder la même signification quelle que soit sa portée.
Parfois, la relation n’est effectivement représentée que par un seul de ses deux pôles. Dans
l’exemple Pierre boit trop, le support de trop devrait être la relation entre le verbe boit et son
déterminant. Or ce déterminant n’est pas exprimé ; la position fonctionnelle n’est pas
occupée, pas saturée (on la note Ø). Cependant, on se doute bien que si Pierre boit trop, il
boit bien quelque chose en trop grande quantité. Le support de trop sera en fait la relation
entre le verbe et son déterminant, dont la position n’est pas saturée.
boit Ø
trop
On peut considérer qu’il en va de même lorsque les verbes sont plutôt d’emploi intransitif : Il
dort souvent. Souvent a comme support la relation entre le verbe dort et le déterminant non
saturé (marqué Ø).
dort Ø
souvent
Les fonctions d’apport à une relation sont souvent prises en charge par des adverbes ; cela
correspond intuitivement au mode d’accès doublement indirect des mots de cette classe à
l’ensemble des êtres ou des objets auxquels ils sont applicables. On trouve également d’autres
structures comme des GDN (La nuit, le boulanger pétrit la pâte ; Pierre lui offre des fleurs),
des GDPrép. (Pendant la nuit, le boulanger pétrit la pâte ; Pierre offre des fleurs à Marie ; La
60
lettre est envoyée par Sarah), des sous-phrases (Quand la nuit tombe, le boulanger pétrit la
pâte), des GP2 (La nuit tombée, le boulanger pétrit la pâte), etc.
Exemple :
Nous allons à la mer. Dans cette phrase, le GDPrép à la mer, qui exprime le lieu, est passé du
stade de déterminant de la relation à celui de déterminant du verbe. Le verbe aller, verbe de
mouvement construit sans déterminant direct, trouve dans le déterminant de relation à la mer
le complément de sens dont il a besoin (la destination du mouvement). À la mer en devient
donc déterminant du verbe.
Dans les schémas ci-dessous, place une flèche simple (déterminant), double (prédicat second)
ou triple (déterminant de l’énonciation) sur la relation qui convient.
Phrase
Noyau Prédicat
(N) (GDV)
Gisèle
Noyau Déterminant
(V) (GDN)
ferme ses volets
Déterminant Déterminant
(GDN) (GDprép.)
Chaque soir avec difficulté
Phrase
Noyau Prédicat
(N) (GDV)
Aurélie
Noyau Déterminant
(V) (Adj.)
est chanceuse
61
2) Il m’a parlé franchement.
Phrase
Noyau Prédicat
(Pro.) (GDV)
Il
Noyau Déterminant
(V) (Pro.)
a parlé m’
Phrase
Noyau Prédicat
(Pro.) (GDV)
il
Noyau Déterminant
(V) (GDN)
achetait des petits pains au chocolat
Phrase
Noyau Prédicat
(N) (GDV)
Paul
Noyau Déterminant
(V) ( )
viendra
62
5) Élise a toujours adoré les vêtements très originaux.
Phrase
Noyau Prédicat
(N) (GDV)
Elise
Noyau Déterminant
(V) (GDN)
a adoré
Noyau Dét.Q
(GDN) (Adj.)
les
63
[Link]. La fonction de ligateur
Pour indiquer le lien entre les différents éléments de la phrase ou d’un groupe, notamment
entre les apports et les supports, il existe des outils, des mots-liens qui jouent le rôle de
ligateurs. Cette fonction est généralement prise en charge par des mots qui appartiennent à la
classe des connecteurs.
Dans les phrases ci-dessous, les connecteurs ont été classés en trois groupes selon le
fonctionnement (ou la combinaison de fonctionnements) qui les caractérise.
Dans un premier temps, tente de trouver par toi-même quel est le rôle que joue ce mot lien (en
italique) par rapport aux séquences qui l’entourent.
Groupe 1
Rôle commun :
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
Groupe 2
Rôle commun :
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
64
Groupe 3
Rôle commun :
………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………
! Ensuite, pour t’aider, coche les cases qui correspondent selon toi au(x) fonctionnement(s)
préférentiel(s) de ces mots.
- 1° Le mot lien qui relie un élément (un mot, un groupe ou une phrase) à l’autre est
ligateur.
- 2° Le mot lien qui lie deux éléments en indiquant la dépendance de l’un par rapport à
l’autre est subordinateur.
- 3° Le mot lien qui permet d’intégrer une sous-phrase dans la phrase matrice, et de
former ainsi une phrase complexe (contenant deux verbes conjugués) est enchâsseur.
Groupe 1
Ces mots liens caractérisés par le rôle de …………………………… sont employés pour
relier deux éléments de même fonction. Généralement, ce fonctionnement de ligature est
assumé par des mots appartenant à la classe des connecteurs, et plus spécifiquement aux
connecteurs coordonnants.
65
Groupe 2
Le groupe nominal son ami ne peut fonctionner seul comme déterminant du nom présence.
Pour fonctionner comme le déterminant amicale, le groupe nominal doit être introduit par un
connecteur subordonnant.
66
Groupe 3
Ces mots liens cumulent trois rôles : celui, commun à tous les liens, de
……………………………, souvent celui de ………………………………., et enfin celui d’
……………………………………… .
Ils ont ainsi pour tâche 1° de relier entre eux deux éléments, 2° souvent d’indiquer une
dépendance de l’un par rapport à l’autre, et 3° de former avec l’élément qu’il introduit une
sous-phrase, et d’intégrer celle-ci dans une phrase matrice. La combinatoire des fonctions de
ligateur – subordinateur - enchâsseur est généralement prise en charge par des mots de la
classe des connecteurs enchâsseurs.
Soit la phrase J’ai appelé mes parents dès que j’ai appris la nouvelle.
La phrase j’ai appris la nouvelle ne peut fonctionner seule comme déterminant de la relation
entre le prédicat et le noyau de phrase. Pour fonctionner comme le groupe dès l’annonce de la
nouvelle, la phrase doit être introduite par un connecteur enchâsseur.
67
[Link].2. Les autres types de ligateurs
est ligateur-transposeur-enchâsseur-représentant-foncteur.
68
- 5° Le mot lien qui
est ligateur-foncteur
est ligateur-(enchâsseur)-foncteur
69
- 7° Le mot lien qui
1° relie un élément à l’autre (ligateur),
2° peut dans certains cas permettre d’intégrer une sous-phrase dans la
phrase matrice, et de former ainsi une phrase complexe (contenant deux
verbes conjugués) (enchâsseur)
3° occupe une fonction dans la séquence phrastique qu’il introduit
(foncteur)
est ligateur-enchâsseur-foncteur
70
À toi de dresser un récapitulatif des fonctions. Il t’est demandé d’établir une méthode pour
déterminer facilement la fonction d’un terme ou d’un groupe.
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
71
1.4. MÉTHODE D’IDENTIFICATION DE LA FONCTION D’UNE STRUCTURE
INTÉGRATIVE
1.4.1. S’IL S’AGIT D’UN MOT (OU D’UNE RELATION) AUQUEL EST APPORTÉE UNE
INFORMATION, IL EST SUPPORT.
Dans le GDN sa bicyclette bleue, le mot bicyclette est support d’information. En tant
que terme support, il a la fonction de noyau du groupe.
Dans le GDV adore sa bicyclette bleue, le mot adore est support d’information. En
tant que terme support, il a la fonction de noyau du groupe.
Dans le GP1 La belle Laetitia adore sa bicyclette bleue, le groupe La belle Laetitia est
support de l’information apportée par le prédicat premier. Ce terme de la phrase a la
fonction de noyau.
Dans le GP2 Laetitia partie, le terme Laetitia est support de l’information apportée par
le prédicat second partie. Il occupe la fonction de noyau du GP2.
Il peut s’agir d’un support auquel est rapporté un prédicat second (hors GP) :
Le GD déjà formé la belle Laetitia est support du groupe toute nostalgique. S’agissant
de deux groupes clos et distincts, le premier ne peut être noyau du second.
72
un autre support (classe), ne peut occuper la fonction de noyau : dans ce cas-ci, c’est
classe qui occupe donc la fonction de noyau de GDV.
[Link]. Synthèse
TERMINOLOGIE EXEMPLE
Noyau du GP1 (de la
phrase)
Noyau du groupe prédicatif 1 Cette photo est superbe. Si tu avais su, tu aurais fait davantage
d’efforts.
Noyau du GDN
Noyau du GDV
Noyau du GDAdj.
Noyau du GDAdv.
Noyau du GDC
Noyau du GP2
Noyau du groupe prédicatif Le chat parti, les souris dansent. Elle en vacances, lui
second s’éclate ! Nous voyons les comédiens jouer…
73
1.4.2. S’IL S’AGIT D’UN MOT QUI AJOUTE UNE INFORMATION À UN SUPPORT, IL EST APPORT.
Pour identifier la fonction précise de l’apport, il faut avant tout trouver son support. Pour
certains apports, il suffit de se poser la question appropriée :
Pour rappel, il se peut que le support soit une relation entre deux termes.
Une fois le support identifié, il importe de préciser le mécanisme grammatical mis en œuvre
par l’apport : détermination ou prédication.
[Link]. Déterminant
74
[Link]. Prédicat
S’il n’y pas de réduction de l’extension du support, et que le terme ou le groupe se rapporte à
un groupe déterminatif (Noyau + déterminants) déjà formé et donc clos,
Dans la phrase La belle Laetitia adore sa bicyclette bleue, le GDV adore sa bicyclette porte
sur le groupe déterminatif noyau de la phrase la belle Laetitia, avec lequel il constitue la
phrase. Ce GDV ne réduit pas l’extension du GDN noyau. Il occupe donc la fonction de
prédicat premier.
Le terme nostalgique porte sur le groupe déterminatif la belle Laetitia, sans en réduire
l’extension. Cependant, il ne contient pas de verbe conjugué à un temps fini (indicatif ou
subjonctif) et ne constitue pas la phrase avec le GDN noyau, comme le ferait un prédicat
premier. Il occupe donc la fonction de prédicat second du groupe la belle Laetitia.
75
[Link]. Synthèse
[Link].1. Détermination
TERMINOLOGIE EXEMPLE
Déterminant du nom
Déterminant du noyau du GD nominal Le coq, la poule, les poussins, l’œuf (un, une,
(quantifiant) des, de, chaque, tout, un deux, trois, beaucoup
de, nul, Ø...)
Déterminant Déterminant du noyau du Mon, sa, leur, votre, nos, cet, ces, cette, quelques,
GD nominal (quantifiant-caractérisant) certains...
Déterminant du verbe
Déterminant de l’adjectif
Déterminant du noyau du GD adjectival Une belle robe rouge foncé ; une bouteille pleine
de vin…
Déterminant de l’adverbe
76
Déterminant du connecteur sub.
2 S’il peut paraître facile de distinguer un fonctionnement quantifiant ou caractérisant lorsque l’on détermine un
terme de phrase (nom, verbe…), il est déjà plus difficile d’opérer la distinction lorsque la détermination porte sur
une relation et donc un processus. Lorsqu’un verbe est impliqué dans la relation, les deux sont parfois possibles ;
lorsque le noyau impliqué est adjectival ou adverbial, c’est généralement de quantification qu’il s’agit.
77
Déterminant [Dét. Ø – Noyau GDAdj.]
Déterminant [Dét. – Noyau GDC] On s’est donné rendez-vous juste devant la porte
de la bibliothèque.
Déterminant [P2 – Support P2] Légalement volée, cette voiture est à la fourrière.
(caractérisant)
Déterminant de l’énonciation
Franchement, tu m’énerves ; En bref, je suis
géniale... ; Julien, tu viens ? ;
Déterminant de l’énonciation Moi, ma maman, elle fait les crêpes comme
personne.
Sarah a ouvert la lettre avec, si j’ose dire, un
empressement douteux.
3 Dans l’exemple, l’adverbe très porte sur la relation entre le noyau du groupe déterminatif adjectival gentille et
le déterminant non saturé de celui-ci Ø, plutôt que sur la relation [Dét. – Noyau SV].
78
[Link].2. Prédication
TERMINOLOGIE EXEMPLE
Prédicat du GP1
Prédicat premier du noyau du Richard aime les oiseaux ; La ville est calme...
GP1
(de la phrase matrice ou de la Je pense que la fête est finie ; Sandy, qui joue du violon, est
sous-phrase) aussi une brillante gymnaste.
Prédicat de GDN
Prédicat second de GDN Noyau [Une de perdue], [dix de retrouvées] ; J’entends [les
à l’intérieur d’un groupe enfants chanter] ; [Le chat parti], les souris dansent ; On
prédicatif dit [Pierre pressé] ; Il marche [la tête haute].
TERMINOLOGIE EXEMPLE
Prédicat [P–Noyau de phrase]
Prédicat second [P – Noyau de Heureusement, Robert s’était bien préparé à cette épreuve ;
phrase] Geoffrey et Gilles y viendront probablement...
79
1.4.3. S’IL S’AGIT D’UN MOT QUI RELIE DES MOTS OU GROUPES DE MOTS DANS LA PHRASE,
OU DES SÉQUENCES PHRASTIQUES DANS LE TEXTE, IL EST LIGATEUR.
- Le mot lien qui relie un élément (un mot, un groupe ou une phrase) à l’autre
est ligateur-subordinateur.
est ligateur-subordinateur-enchâsseur.
est ligateur-subordinateur-enchâsseur-représentant-foncteur.
80
- Le mot lien qui
est ligateur-foncteur
est ligateur-(enchâsseur)-foncteur
est ligateur-enchâsseur-foncteur
81
TERMINOLOGIE EXEMPLE
Connecteur
Connecteur
Connecteur
Connecteur
Ligateur subordinateur L’homme qui figure sur cette photo est recherché par la
enchâsseur représentant foncteur police. Celui dont je te parlais a déjà purgé sa peine.
Connecteur
Ligateur foncteur Ricardo a mangé tard ; ensuite, il a fait une longue sieste.
Connecteur
Ligateur (enchâsseur) foncteur Plus elle croit en elle, plus tout lui sourit. Tel père, telle
fille.
(pris en charge par un
connecteur corrélatif)
Connecteur
82
1.5. DE LA PHRASE SIMPLE À LA PHRASE COMPLEXE ; DE LA PHRASE
UNIQUE À LA PHRASE MULTIPLE
Comme on l’a vu plus haut par manipulation, les phrases peuvent être composées de groupes
et/ou de sous-phrases.
Observe les phrases suivantes et compare-les à l’aide du tableau en cochant les cases
adéquates.
3. a) Les garçons préparent les légumes. Les filles ont épluché les légumes.
b) Les garçons préparent les légumes que les filles ont épluchés.
c) Les garçons ne préparent pas les légumes, les filles les mettent dehors.
4. a) Les garçons préparent les légumes que les filles ont épluchés. Ils les cuisent.
b) Les garçons préparent les légumes que les filles ont épluchés et ils les cuisent.
5. a) Les garçons préparent les légumes que les filles ont épluchés. Les garçons dressent
b) Les garçons préparent les légumes que les filles ont épluchés et ils dressent la table
83
1 2 3 4 5
a a b c a b c a b a b
Les deux phrases sont autonomes
Les deux phrases sont liées
(avec un mot lien ou sans (un signe de
ponctuation le remplace))
Une phrase est intégrée dans l’autre
(avec un mot lien ou sans (un signe de
ponctuation le remplace))
Comme tu peux le constater, dans les séquences a), les deux phrases initiales sont autonomes.
C’est à partir de ces deux phrases que l’on va construire une nouvelle phrase englobante (b et
c).
Il existe des phrases uniques et multiples, chaque phrase unique pouvant être simple ou
complexe.
- Phrase unique (c’est la phrase de base ; elle constitue une phrase simple ou complexe).
- Phrase simple (elle ne contient qu’un verbe conjugué à un temps fini).
- Phrase complexe (elle contient une phrase matrice, de laquelle dépend au moins une
sous-phrase introduite par un connecteur enchâsseur ou non).
- Phrase multiple (elle contient au moins deux phrases uniques, coordonnées ou
juxtaposées).
84
Intuitivement, essaie de les reconnaitre.
unique ou multiple
85
Exercice
Exemple
a) Les garçons sont au fourneau. Les filles regardent la télévision. Elles n’aiment pas cuisiner.
b) Les garçons sont au fourneau et les filles regardent la télévision parce qu’elles n’aiment pas
cuisiner.
1. J’adore me promener en forêt, mais j’ai peur des sangliers qui y errent.
86
Lis une fois pour le plaisir le résumé de livre qui se trouve ci-dessous (extrait du Journal de
Zlata, Zlata Filipovic, 2004).
Ensuite, repère les noyaux de phrase (en les soulignant), ainsi que les [prédicats] premiers des
phrases et des sous-phrases (entre crochets). Repère également les phrases uniques, multiples,
simples et complexes en adoptant le code vu ci-avant.
1991. Zlata a onze ans lorsque la guerre éclate à Sarajevo. Du jour au lendemain,
l'insouciance de la jeunesse laisse place à l'indignation. Les jeux, l'école et les rires
ont disparu devant les tirs incessants, la mort des proches, les nuits d'angoisse dans
les caves. Pour dire sa colère, il ne reste à Zlata que son journal, tendrement
surnommé Mimmy. " L'horreur a remplacé le temps qui passe ", écrit-elle avec une
lucidité poignante. Un texte exceptionnel qui nous fait partager le quotidien d'une
enfant de la guerre.
Source : [Link]
87
Voici des mots placés dans un contexte particulier. C’est grâce à ce contexte que tu vas
pouvoir déterminer la fonction des mots soulignés.
Donne leur classe (par exemple nom) ou la classe de la structure (par exemple groupe
déterminatif nominal), ainsi que leur fonction (par exemple déterminant du verbe).
Fonction : ..................................................
Fonction : ..................................................
Fonction : ..................................................
Fonction : ..................................................
Fonction : ..................................................
Fonction : ..................................................
Fonction : ..................................................
Fonction : ..................................................
88
Vivre dans un bidonville Classe : ......................................................
Fonction : ..................................................
Fonction : ..................................................
Fonction : ..................................................
Fonction : ..................................................
Fonction : ..................................................
Fonction : ..................................................
Fonction : ..................................................
Fonction : ..................................................
Fonction : ..................................................
Fonction : ..................................................
89
2. L A CONJUGAISON
90
2.1. LES ZONES TEMPORELLES
! Prends ta plume pour décrire en quelques phrases succinctes
- un évènement qui t’est arrivé dans ton enfance,
- la personne que tu es aujourd’hui,
- ton horoscope pour demain.
Reprends une à une ces phrases, numérote-les et situe-les sur la ligne du temps.
Lorsque l’on s’exprime au sujet d’un fait, d’un évènement, on utilise généralement des
phrases qui contiennent un verbe. En effet, le verbe est le plus à même de rendre compte
d’une action, voire d’un processus. C’est donc lui qui va prendre en charge le facteur
temporel de l’action décrite et donc se doter des marques de la conjugaison.
! Soit le procès d’aller à la bibliothèque. Indique dans la colonne de droite s’il est présenté au
présent (Maintenant…), au passé (Hier…) ou au futur (Demain…).
2 Il va à la bibliothèque
3 Il ira à la bibliothèque
4 Il allait à la bibliothèque
5 Il alla à la bibliothèque
91
2.2. L’ASPECT
Gardons le même procès. Indique à présent dans les cases ci-dessous, à quelle représentation
chaque phrase pourrait correspondre, en imaginant qu’à l’origine de la flèche, se trouve
l’énonciateur qui pourrait dire ‘moi, ici, maintenant je parle de tel fait à tel moment’.
Explique tes choix en tentant de légender ces schémas (Je pense que la phrase n°…
correspond à telle représentation parce que, selon moi, les pointillés représentent…).
Ce qui va discriminer les formes verbales au sein d’une même zone temporelle (la zone du
passé par exemple), c’est l’ASPECT. Il nous dit par exemple si le procès est vu de l’extérieur,
de l’intérieur, ou juste après son terme.
Ainsi, un même procès au passé peut être rendu différemment selon l’aspect choisi ; cela aura
des conséquences sur l’effet de sens produit :
- Il allait à la bibliothèque
- Il alla à la bibliothèque
C’est un procès au passé, où l’énonciateur, qui est bien dans le présent, examine le fait
de l’extérieur. Le procès est présenté comme clos et borné. C’est le passé 1, qui est un
temps idéal pour présenter des faits ponctuels, soudains ou successifs dans le passé.
C’est un procès au passé, mais que l’énonciateur exprime à partir du présent (rendu
par le temps présent et l’aspect intérieur de l’auxiliaire) en y ajoutant un participe qui
permet de renvoyer à un procès dépassé. L’énonciateur se situe en fait (juste) après la
fin du procès. Cependant, les valeurs de ce temps se sont élargies et reprennent de plus
en plus les valeurs de la forme précédente (Il alla à la bibliothèque) qui n’est plus
92
guère utilisé que dans des écrits de type littéraire (ou parfois sportif, pour souligner le
caractère épique). C’est le présent composé.
Ensuite, dis de quelle zone temporelle il s’agit (présent, passé ou futur) et essaie de
représenter l’aspect de la forme verbale (intérieur ; ou extérieur ).
Passé Passé
Tom jouait dans le jardin avant, pendant et probablement après que son chien arrive en
courant. Le début et la fin du temps pendant lequel Tom joue n’étant pas déterminé, il
s’agit d’un aspect intérieur qui permet de dresser le cadre de l’action. En revanche,
l’arrivée du chien est bien un évènement ponctuel à l’intérieur du cadre de l’action et
doit donc être relatée par un aspect extérieur.
- Ce soir-là, alors que nous étions tous sur la terrasse, un terrible orage éclata.
93
Tu as donc trouvé des formes verbales
intérieur Passé 2
Au passé
extérieur Passé 1
94
2.3. LES FORMES COMPOSÉES
Mais ce ne sont dans ce tableau que les formes simples des temps de l’indicatif. En effet, on
utilise aussi très fréquemment des formes verbales composées de deux (voire trois) mots,
comme en atteste le présent composé vu plus haut :
- un auxiliaire (être ou avoir), qui a pour seule fonction la construction d’un temps
composé et est porteur des marques de mode, de temps, d’aspect et de personne;
ET
- le participe 2 du verbe.
À chaque temps simple correspond un temps composé dont l’auxiliaire est précisément
conjugué à ce temps simple.
Il chanta
Il chantait
Il chantera
Il chanterait
Note : il existe aussi des formes dites surcomposées, où l’on pourrait croire que l’auxiliaire est
lui-même composé et est suivi du participe (Il a eu mangé, Il avait eu mangé…).
! Lis les phrases ci-dessous afin de découvrir l’effet de cette forme composée par rapport à la
forme simple correspondante. Pour t’aider, essaie de les replacer dans un contexte qui fasse
sens !
95
Ex 4 : À la lecture du résumé, je suis certaine que j’aimerai ce roman.
>< En refermant ce roman, je suis certaine que je l’aurai aimé.
La forme composée apporte simplement un sens d’antériorité par rapport à la forme verbale
simple correspondante. Au niveau de l’aspect, les formes composées donnent une vision
dépassée du procès : on se trouve dans une phase postérieure à celui-ci.
96
Exercices de conjugaison
10
9 9
1
10 10
3 4 5
6 8
7
Présent Présent Passé 1 Passé 1 Futur 1 Futur 1 Passé 2 Passé 2 Futur 2 Futur 2
composé composé composé composé composé
Je vois J’ai Je vis J’eus Je verrai J’aurai Je voyais J’avais Je verrais J’aurais
vu vu vu vu vu
97
2.5. LES MODES
! Jusqu’à présent, nous avons vu toutes les formes verbales simples et composées que l’on peut
placer sur la ligne du temps. Toutes ces formes sont du mode indicatif et ont pu être
organisées à l’intérieur de ce mode. Mais qu’est-ce qu’un mode ?
Le mode est un principe qui organise les formes verbales autour de la personne (1ère, 2e,
3e) et du temps (passé, présent, futur).
Ainsi, il existe d’autres modes que l’indicatif, qui sont aussi fréquents, et contiennent chacun
un ensemble de formes verbales propres.
Voici des formes du verbe être à des modes différents. Tente de placer les numéros
correspondants sur la ligne du temps ci-dessous.
Y es-tu parvenu sans encombre, ou as-tu rencontré un quelconque problème ? Si oui, lequel ?
……………………………………………………………………………………………….......
……………………………………………………………………………………………….......
……………………………………………………………………………………………….......
……………………………………………………………………………………………….......
Si tu as réussi, es-tu certain(e) que ce n'est pas le verbe de la matrice (falloir) que tu as placé
(donc ancré) sur la ligne du temps?
Si tu as éprouvé des difficultés, c'est tout à fait normal : cela tient au fait que pour certaines
formes verbales, il n’est pas possible de les placer précisément dans les zones temporelles du
passé, du présent ou du futur. En fait, en fonction du mode grammatical en présence, soit les
formes verbales sont ancrées, soit elles ne le sont pas ; dans ce dernier cas, elles ne sont pas
sensibles à ce paramètre.
98
! Dans les tableaux ci-dessous, observe les phrases contenant le verbe venir et vois si celui-ci
varie en temps et en personne selon le mode choisi.
Tableau 1
Variation en
temps ?
Il vient Il venait Il viendra
Je viens Je venais Je viendrai OUI – NON
Tableau 2
Variation en
temps ?
Il faut Il fallait Il faudra
qu’il vienne qu’il vienne qu’il vienne
OUI – NON
Il faut Il fallait Il faudra
que je vienne que je vienne que je vienne
Variation en OUI – NON
personne ?
Tableau 3
Variation en
temps ?
Il faut venir Il fallait venir Il faudra venir
/ / / OUI – NON
99
Il y a 3 modes :
! Ainsi, le mode indicatif est le seul à s’organiser en fonction des deux paramètres de temps et
de personne et est donc généralement utilisé pour la forme verbale principale (celle de la
phrase matrice).
A’ A
Moi, Là, Alors
marchais marcherais
marchai marche marcherai
Toutes ces formes sont susceptibles de composition (ai vu, avais vu) et de surcomposition (ai
eu vu, avais eu vu).
100
Par contre, comme tu l’as constaté plus haut, le subjonctif et l’infinitif / participe ne sont,
quant à eux, pas ancrables sur la ligne du temps.
En effet, dans les exemples repris dans les tableaux à la page précédente, venir n’exprime ni
le présent ni le passé ni le futur, mais la simultanéité ou la postériorité évidente par rapport au
verbe principal (faut / fallait / faudra). De même, vienne n’exprime ni le présent ni le passé ni
le futur, mais la simultanéité ou la postériorité évidente par rapport au verbe principal (faut /
fallait / faudra).
101
2.5.1. LES EFFETS DE SENS
De cet ancrage (ou non-ancrage) sur la ligne du temps vont découler des effets de sens.
! Afin de te familiariser davantage avec les formes verbales correspondant aux trois modes, et
plus particulièrement celles du subjonctif, tente de remplir le tableau suivant avec les
exemples ci-dessous. Attention, il se pourrait qu’une même forme, en apparence, appartienne
à deux modes différents.
Je vienne – Je venais – Je vins – Je viendrai – Je viens – Je viendrais – Venir – Venu –Je sois
venu – J’étais venu - Je fus venu – Je serai venu – Je suis venu – Je serais venu – Être venu –
Été venu – Nous chantions – Chanter – Nous ayons chanté – Avoir chanté – Tu boives – Tu
aies bu – Bu – Ayant bu
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
102
! Voici un extrait. Essaie d’identifier les formes à l’indicatif présent, celles au subjonctif et
celles à l’infinitif. Ensuite essaie de déduire l’effet de sens majoritaire qui découle de l’emploi
de l’un ou l’autre mode.
La morale
Chaque soir, en rentrant de l’école, mes parents souhaitent que je fasse mes devoirs, non pas
parce que je n’ai pas l’habitude de regarder dans mon journal de classe les travaux et leçons
que le professeur demande que nous préparions, mais dans un souci de protection. Ils
s’inquiètent continuellement de mon épanouissement et voient en la réussite scolaire le moyen
que je puisse trouver, plus tard, une profession qui me plaise. J’ai toujours été d’accord avec
eux sur ce point même si je ne suis pas sûr que ce soit la seule voie d’accomplissement
personnel qui existe. Bien entendu, quand j’étais plus jeune, à plusieurs occasions, je
préférais toute autre occupation aux devoirs scolaires mais, depuis peu, tant par souci de les
satisfaire que par curiosité, intérêt et confiance, j’ai terminé, chaque jour, ce que j’avais à
faire avant même qu’ils ne me l’aient demandé.
En fait, plus un procès est ancré, plus on donnera l’impression de sa réalité. Il est donc évident
que les procès à l’indicatif induisent un effet de réalité, de réalisation effective, tandis que les
procès au subjonctif donnent davantage un effet de doute, d’hypothèse, de procès en suspens ;
l’infinitif / participe enfin, qui n’est ancré ni en temps ni en personne, aura tendance à faire du
procès un bloc qui se comporte comme un nom (pour l’infinitif) ou comme un adjectif (pour
le participe).
103
Cependant, dans certains cas, il arrive que l’on trouve des procès effectivement réalisés qui
demandent pourtant le mode subjonctif. Par exemple, dans la phrase « Je regrette que tu sois
venu », pourquoi mettre un subjonctif alors que le fait est bien réel (tu es effectivement
venu) ?
Les verbes de sentiment (par exemple regretter) demandent un subjonctif (pas d’ancrage
nécessaire de la sous-phrase que tu sois venu), car c’est le sentiment exprimé par le verbe de
la matrice qui est le fait présenté comme important, posé, et qui donc ancré.
De même, les formes de l'indicatif peuvent avoir des effets de sens d'hypothèse, de potentiel.
Par exemple, les formes verbales au futur 2 dans ses emplois d’hypothèse, sont situables sur
la ligne du temps à droite du repère A’ (Si j’étais riche…). C’est un espace énorme de
potentialités, qui donne l’impression d’un futur 2 omnitemporel.
Ex : Si j’étais riche, je m’installerais sur une ile avec tous mes amis !
A’
A’ A’ A’ A
La possibilité d’être riche (A’) n’est pas positionnable précisément sur la ligne du temps ; à
vrai dire, on peut la placer partout. En conséquence, le procès au futur 2 qui en découle (le fait
de s’installer sur une ile) se place aussi n’importe où sur cette ligne du temps ; il est ancré,
mais cet ancrage est potentiellement situable à de nombreux endroits sur la ligne du temps ;
cependant, cette forme sera toujours située en postériorité par rapport à Si j’étais riche.
104
2.6. LES VALEURS DE L’INDICATIF
! Les procès à l’indicatif étant tous ancrés sur la ligne du temps, ils ont en commun de donner
un effet de sens de réalité. En outre, chacun d’eux a également des effets de sens possibles
découlant de sa zone temporelle d’une part, et de son aspect d’autre part.
EXTRAIT 1
Elle était assise, au milieu du banc, toute seule ; ou du moins il ne distingua personne, dans l’éblouissement que
lui envoyèrent ses yeux. En même temps qu’il passait, elle leva la tête ; il fléchit involontairement les épaules ;
et, quand il se fut mis plus loin, du même côté, il la regarda.
Elle avait un large chapeau de paille, avec des rubans roses qui palpitaient au vent derrière elle. Ses bandeaux
noirs, contournant la pointe de ses grands sourcils, descendaient très bas et semblaient presser amoureusement
l’ovale de sa figure. Sa robe de mousseline claire, tachetée de petits pois, se répandait à plis nombreux. Elle était
en train de broder quelque chose ; et son nez droit, son menton, toute sa personne se découpait sur le fond de
l’air bleu.
EXTRAIT 2
105
EXTRAIT 3
La tortue d'Hermann est l'unique tortue terrestre en France. Testudo hermanni boettgeri se rencontre dans les
Balkans et de la Grèce au sud de la Roumanie. D'autres espèces proches se rencontrent dans le bassin
méditerranéen et ont parfois été introduites en France. La tortue d'Hermann atteint 20cm. C'est une espèce diurne
qui s'expose au soleil le matin, se cache aux heures les plus chaudes et reprend son activité en soirée. Les milieux
fréquentés sont généralement chauds et secs (maquis, pelouses, vergers, lisières de forêts ou de cultures). Elle
hiberne pendant l'hiver. Elle dépose une dizaine d'œufs au printemps sur des sites chauffés par le soleil.
L'éclosion a lieu à la fin de l'été.
EXTRAIT 4
Flaubert, Madame Bovary, 1857
Charles fut surpris de la blancheur de ses ongles. Ils étaient brillants, fins du bout, plus nettoyés que les ivoires
de Dieppe, et taillés en amande. Sa main pourtant n’était pas belle, point assez pâle, peut-être, et un peu sèche
aux phalanges ; elle était trop longue aussi et sans molles inflexions de lignes sur les contours. Ce qu’elle avait
de beau, c’étaient les yeux : quoiqu’ils fussent bruns, ils semblaient noirs à cause des cils, et son regard arrivait
franchement à vous avec une hardiesse candide. [...]
Mademoiselle Rouault ne s’amusait guère à la campagne, maintenant surtout qu’elle était chargée presque à elle
seule des soins de la ferme. Comme la salle était fraîche, elle grelottait tout en mangeant, ce qui découvrait un
peu ses lèvres charnues, qu’elle avait coutume de mordiller à ses moments de silence.
Son cou sortait d’un col blanc, rabattu. Ses cheveux, dont les deux bandeaux noirs semblaient chacun d’un seul
morceau, tant ils étaient lisses, étaient séparés sur le milieu de la tête par une raie fine, qui s’enfonçait
légèrement selon la courbe du crâne ; et, laissant voir à peine le bout de l’oreille, ils allaient se confondre par
derrière en un chignon abondant, avec un mouvement ondé vers les tempes, que le médecin de campagne
remarqua pour la première fois de sa vie. Ses pommettes étaient roses. Elle portait, comme un homme, passé
entre deux boutons de son corsage, un lorgnon d’écaille.
106
Extrait n°…
A’ A
Intérieur Extérieur
Extrait n°…
107
! Selon toi, quelle est la fonction dominante commune de ces extraits?
Ils cherchent à
On peut constater que dans ce type de textes, les formes verbales sont majoritairement
(Coche la proposition qui convient)
" futur 2
L’emploi de ce mode produit un L’emploi de ce(s) tiroir(s) a pour L’emploi de cet aspect a pour effet
effet de sens de effet de décrire de
" réalité, certitude " dans un présent qui " présenter un décor ou un
" doute, hypothèse semble durer personnage, tout en durée,
" autre : " dans un passé qui semble et appréhender ce qui se
durer passe de l’intérieur.
" dans un passé où se " décrire des actions qui se
succèdent les actions succèdent rapidement, et
" dans un futur par rapport appréhender ce qui se
au présent passe de l’extérieur.
" dans un futur par rapport
au passé
Donc dans les des textes du type descriptif, les formes verbales sont généralement de
Mode Tiroir Aspect
108
! Voici un exemple de description de série télévisée. Transforme-la en la mettant au passé, mais
en maintenant l’aspect des formes verbales.
Friends
Friends est avant tout une des meilleures sitcoms des années 90. La mécanique millimétrée des épisodes ne loupe
jamais et procure toujours un bon moment aux spectateurs. Friends est ensuite une chronique d’un groupe d’amis
qui passe à la vie d’adulte. Les cinq premières saisons sont consacrées à l’entrée dans cette vie d’adulte. Les cinq
dernières aux premiers pas qu’ils font dans cette nouvelle vie. Dire que l’évolution des personnages est l’aspect
le plus intéressant de Friends serait mentir. En effet, les auteurs de Friends veulent surtout nous faire rire, au
détriment d’une certaine cohérence au fil des saisons. Les fans s’amusent d’ailleurs à relever les erreurs de
continuité entre les personnages, il y en a en effet beaucoup.
([Link]
Friends était avant tout une des meilleures sitcoms des années 90. ……………………………
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109
! À toi de jouer.
Imagine-toi dans vingt ans, racontant à tes enfants les séries télé de ton adolescence. Choisis
ta série préférée, et décris-la. Tu peux aussi inclure le portrait de quelques-uns des
personnages.
Titre de la série :
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110
! Maintenant que tu as compris le fonctionnement des modes, des temps et des aspects de
l’indicatif, tu peux t’intéresser au classement des formes verbales.
Choisis un verbe que tu insères dans une phrase et fais varier le cadre temporel pour obtenir
toutes les possibilités de formes du même verbe à la même personne.
Avec ces formes, crée pour toi un tableau de synthèse reprenant les formes verbales, les
modes, les temps et les aspects de l’indicatif.
! Prolongement
111
Article du Soir en ligne, Perturbations sur le rail ce jeudi
Quelques trains seulement ont circulé ce jeudi matin à partir du dépôt de Hasselt, en raison d'une action
sociale spontanée des conducteurs. La ligne Hasselt-Tongres-Liège a été la plus touchée puisque aucun
train ne circulait. L'action a pris fin jeudi à 8 heures mais le trafic ferroviaire connaîtra des perturbations
pendant toute la matinée. Un avant-goût de la grève de ce vendredi.
Les conducteurs de train du dépôt de Hasselt ont mené une action spontanée jeudi matin pour protester contre le
manque de personnel, dû à l'arrêt des engagements, décidé en 2006 pour des raisons budgétaires.
Trop peu de personnes travaillent au dépôt de Hasselt et dans d'autres gares belges, ne permettant bientôt plus
aux conducteurs de prendre des congés. Leur vie sociale est également compromise, dénonce le secrétaire
syndical Peter Vanderborgt (CSC-Transcom). La grève spontanée était également soutenue par la CGSP.
La grogne était palpable depuis quelque temps, mais après une concertation avec la direction de la SNCB, qui ne
pouvait garantir l'engagement de conducteurs en gare de Hasselt dès le mois de novembre, la paix sociale n'était
plus tenable, a expliqué M. Vanderborgt.
Concrètement, les syndicats réclament l'engagement d'une dizaine de conducteurs rien qu'au dépôt de Hasselt.
Mais selon le scénario qui se trouve actuellement sur la table des négociations, seuls sept conducteurs seraient
engagés, "dans le cas le plus favorable", pour toute la région, gare de marchandises de Genk comprise.
Ce nombre n'est absolument pas satisfaisant pour assurer tous les horaires, dénoncent encore les syndicats.
L'action spontanée au dépôt de Hasselt a été levée jeudi à 08h00, ont assuré les représentants syndicaux.
Les plus grosses perturbations ont été enregistrées à l'est de Hasselt. La ligne Hasselt-Tongres-Liège a été la plus
touchée puisque aucun train ne circulait. Sur la ligne Hasselt-Genk, seuls quelques trains étaient en service. Les
lignes en direction d'Anvers et Hasselt-Louvain-Bruxelles, ont moins subi les conséquences de cette action,
puisque neuf trains sur dix assuraient le transport de voyageurs.
112
3. L E MÉCANISME D ’ ACCORD
113
3.1. ÉCRIRE ET PARLER, C’EST TRANSMETTRE DES INFORMATIONS
Quand nous nous exprimons à l’oral ou à l’écrit, nous devons choisir plusieurs mots qui
correspondent à ce que l’on veut dire, et les organiser avec précision pour être compris au plus
près de l’idée que l’on veut communiquer.
! Si je veux exprimer l’idée de l’image ci-dessous, je choisis les mots Lionel, un bel opéra et
chanter, et je les mets dans un certain ordre… Lequel ?
! Si je veux maintenant exprimer l’idée de l’image ci-dessous, je choisis les mots Lionel, un
plat de pâtes au fromage et manger.
Ainsi, dans chaque groupe et chaque phrase, pour éviter l’anarchie des informations et les
confusions de sens, on organise les mots d’une manière bien particulière. Et, dans la
transmission de l’information, chaque mot a un rôle par rapport aux autres : il y a les mots
musiciens et les mots instruments. Les mots musiciens portent l’information principale et
ramènent à eux les informations secondaires apportées par les autres mots. Le mot principal,
le musicien, c’est le mot SUPPORT ; il reçoit des informations portées par d’autres mots, les
instruments, qu’on appelle APPORTS. (voir le module sur les classes et les fonctions).
Dans la phrase Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, le support principal
d’information, ce dont on parle, c’est le groupe Le monde. Ce support reçoit un apport
d’information : on dit du monde qu’il appartient à ceux qui se lèvent tôt.
114
! Dans les phrases et [groupes] ci-dessous, on a souligné les apports. À toi de retrouver
intuitivement leur support, c’est-à-dire le mot ou le groupe auquel ils se rapportent.
- [Les pommes roses] sont plus chères que [les pommes vertes] !
Dans un deuxième temps, vérifie que tu avais une bonne intuition en utilisant la méthode
suivante : on trouve le support d’information en posant la question très simple « Qui / qu’est-
ce qui est … (adjectif / participe 2) ? » / « Qui / qu’est-ce qui … (verbe) ? »
À présent, reprends les phrases ci-dessus et encadre les supports d’information ; puis fais une
flèche qui va des apports (soulignés) à leur support pour bien voir la relation de l’un à l’autre.
Le support, c’est la base du groupe, qui en constitue le noyau fonctionnel. C’est à lui que
l’information est rapportée.
L’apport, c’est l’information apportée au support.
115
! Si tu fermes les yeux et que tu penses à « une voiture rouge », que visualises-tu d’abord ?
(Coche la proposition qui convient)
O une voiture ?
O de la couleur rouge ?
! Si tu fermes les yeux et que tu penses à la phrase « Une petite fille joue », que visualises-tu
d’abord ? (Coche la proposition qui convient)
116
! À l’intérieur des phrases et groupes de mots entre crochets ci-dessous, encadre le support et
souligne les apports.
Fais ensuite une flèche qui va des apports d’information à leur support.
[Mon grand frère] a toujours préféré [les romans épais] plutôt que [les minces BD].
Toi et moi assisterons bien au match de ce week-end ! J’ai obtenu [des places gratuites] !
117
3.2. L’ACCORD DE L’ADJECTIF
! Dans les phrases ci-dessous,
Dans [la classe], [les rideaux jaunes] sentaient [la vieille poussière].
1) Si on n’a pas le décodeur adéquat, on ne peut pas regarder les derniers films.
2) Un enfant ressemble toujours, au moins dans une moindre mesure, à ses chers parents.
3) De nos jours, l’informatique est devenu un outil indispensable, même pour les gens âgés.
4) Aujourd’hui, les groupes musicaux se multiplient mais résistent à peine quelques années.
5) Toute expérience est une bonne occasion de découvrir des choses sur sa propre personnalité.
7) Je déteste porter les vêtements ridicules que maman m’achète sur les marchés dominicaux.
118
! À présent, reprends dans le tableau ci-dessous, parmi les GDN que tu as trouvés, les supports
des GDN qui contiennent un adjectif apport ; indique leur genre et leur nombre. Fais de même
pour l’apport.
Ensuite, change le mot support par un mot qui possède un autre genre ou un autre nombre, et
vois l’effet de ce changement sur le mot apport.
1 2 3 4
Supports Genre et nombre Apports Genre et nombre
Ex : décodeur Masculin singulier adéquat masculin singulier
↓
machine Féminin singulier adéquate féminin singulier
120
Observe à présent sur une même ligne quelles modifications le changement de genre ou de
nombre du support entraine sur l’apport. Établis ainsi une relation entre les colonnes 2 et 4,
c’est-à-dire le rapport entre le genre et le nombre des apports et ceux de leurs supports.
Tu observes que le genre et le nombre des adjectifs apports varient en fonction du genre et du
nombre de leur support.
En effet, dans un groupe déterminatif nominal (une feuille blanche), le lecteur ou l’auditeur
doit percevoir les liens entre les informations : tel mot (blanche) se rapporte à tel autre
(feuille) et ils forment ensemble un groupe ; pour rendre visible cette cohésion de groupe, on
marque la terminaison de l’apport d’après les marques de genre et de nombre de son support.
On dit que l’apport s’accorde avec son support.
Si le support est au féminin singulier, l’apport recevra donc les marques du genre féminin et
du nombre singulier.
121
! D’après ce que tu viens d’observer et de lire dans l’encadré ci-dessus, essaie, avec tes mots,
de donner une définition plus générale de l’accord.
…………………………………………………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………………..
transmet de l’information
……………........................ …………………………………
Ex : ………………………… Ex : …………………………...
Un accord, c’est un mécanisme grammatical par lequel on établit un lien entre deux termes
dont l’un (l’apport) apporte de l’information au second (le support), lequel, en échange, lui
transmet les marques de catégories grammaticales pertinentes (par exemple son genre et son
nombre). Il en va ainsi pour absolument tous les types d’accords (de l’adjectif, du verbe, du
participe passé…).
122
! Dans les groupes déterminatifs nominaux ci-dessous,
encadre le support que tu trouves en posant la question « Qui/Qu’est-ce qui est… ? »,
identifie le genre et le nombre du support,
accorde les apports avec le support auquel ils se rapportent.
- un toit (pentu)
- de (vieux) coutumes
123
- des automnes (multicolore)
(À partir des erreurs des élèves, structuration possible sur la formation du féminin et le pluriel graphique des
adjectifs)
124
! Nous avons, pour les besoins de l’exercice, « trafiqué » un texte de Victor Hugo, où il décrit
un personnage. Lis une première fois l’extrait du portrait ci-dessous pour en saisir le sens et
réponds aux questions suivantes :
Ensuite, relis-le attentivement et souligne les groupes déterminatifs nominaux [nom support +
adjectifs apports].
Nous n’essayerons pas de donner au lecteur une idée de ce nez tétraèdre, de cette bouche en
fer de cheval ; de ce petit œil gauche obstruée d’un sourcil roux en broussailles, tandis que
l’œil droit disparaissait entièrement cachés sous une énorme verrue ; de ces dents
désordonnée, ébréchée ça et là, comme les créneaux d’une forteresse ; de cette lèvre calleuse,
sur laquelle une de ces dents empiétait comme la défense d’un éléphant ; de ce menton
fourchue ; et surtout de la physionomie répandue sur tout cela ; de ce mélange de malice,
d’étonnement et de tristesse. Qu’on rêve, si l’on peut, cette ensemble.
Ou plutôt toute sa personne était une grimace. Une grosse tête hérissé de cheveux rous ; entre
les deux épaules une bosse énorme dont le contre-coup se faisait sentir par devant ; un
système de cuisses et de jambes si étrangement fourvoyés qu’elles ne pouvaient se toucher
que par les genoux, et, vus de face, ressemblaient à deux croissants de faucilles qui se
rejoignent par la poignée ; de larges pieds, des mains monstrueux ; et, avec toute cet
difformité, je ne sais quel allure redoutable de vigueur, d’agilité et de courage ; étrange
exception à le règle éternelle qui veut que la force, comme la beauté, résulte de l’harmonie.
Tel était le pape que les fous venaient de se donner.
125
! À toi à présent de vérifier si les adjectifs déterminants du nom sont bien accordés ! Si non,
propose une correction dans la grille suivante !
126
! Choisis un des personnages ci-dessous et fais-en le portrait, en veillant à bien accorder les
adjectifs apports avec leur support
127
Portait de .................................................................................
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3.3. L’ACCORD DU VERBE
L’objectif est le suivant : prendre du recul sur ta manière d’accorder spontanément le verbe.
Pour ce faire, au fur et à mesure que tu accordes les verbes, tu vas décrire la méthode que tu
utilises : pour pouvoir accorder, que fais-tu ? dans quel ordre ? Quelles questions te poses-tu ?
Quelles difficultés éprouves-tu ? etc.
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Allo le Monde, Pauline, 2007
[REFRAIN]
Allô le monde
Est-ce que tout (aller) …………………………… bien ?
Allô le monde
Je n'y (comprendre)……………………………………………. plus rien
Allô le monde
(Prendre) ……………………………….. soin de toi
Allô le monde
Ne te (laisser) …………………………………….. pas aller, comme ça
Comme ça
[REFRAIN]
130
! Après cet exercice, es-tu en mesure de dire comment s’accorde le verbe ? Quelles sont les
catégories grammaticales (genre ? nombre ? personne ?) selon lesquelles il varie ?
Le verbe s’accorde en personne (1re, 2e et 3e) et en nombre (singulier ou pluriel) avec son
support, quelle que soit sa place ! On retrouve ce support en posant la question « Qui / Qu’est-
ce qui … (verbe) ? » Ce support est généralement le noyau du GP1.
Allô le monde
Ne te laisse pas aller, comme ça
Essaie de trouver dans quelles conditions on se passe de ce ‘S’. Pour ce faire, observe les
phrases suivantes.
131
Tu remarques que :
- Il s’agit de verbes au présent ;
- L’énonciateur parle de manière injonctive (il donne un ordre, un conseil…) ;
- Il s’adresse à un interlocuteur singulier qui n’est pas représenté par un pronom qui serait
le noyau de la phrase (Tu).
On observe deux cas de figure : 1° on met généralement la marque ‘S’ (vendre ! vends ;
courir ! cours ; boire ! bois ; etc.), mais 2° pour les verbes qui ont un infinitif en –er, cette
marque typique de la deuxième personne du singulier est absente (chanter ! chante ; manger
! mange ; etc.).
Aller ! va
Avoir ! aie
Couvrir ! couvre
Cueillir ! cueille
Offrir ! offre
Ouvrir ! ouvre
Savoir ! sache
etc.
132
! Voici une nouvelle chanson. Dans un premier temps, essaie d’accorder les adjectifs, les
participes et les verbes (dont l’infinitif est entre parenthèses) en lisant simplement les paroles.
Ensuite, aide-toi de l’écoute de la chanson et, grâce à la méthode pour retrouver les supports,
essaie d’améliorer tes réponses.
133
Je (être) ……………… prêt……….. à tout accepter
Figaro, Madame ou Libé
Prêt…………. à trahir mes convictions
Manger des huitres au réveillon
Je (être) ……………… prêt……….. à tout pour que ça (passer) ………………………
Dire du mal du voisin d'en face
Supporter les Opel Vectra
Et même regarder Thalassa
134
3.4. L’ACCORD DU PARTICIPE 2
! Dans les phrases ci-dessous, encadre le support des mots apports soulignés et fais une flèche
qui va de l’apport vers le support (sens de la transmission de l’information).
Les raviolis que j’ai engloutis les yeux fermés étaient complètement moisis.
Agacée par ces interminables discours, Suzan est partie plus tôt.
Nous sommes rentrés ce matin de vacances qui furent, il faut le dire, chahutées.
As-tu remarqué que ces mots se comportent exactement comme des adjectifs ?
En quoi ressemblent-t-ils à des adjectifs et en quoi sont-ils différents ?
…………………………………………………………………………………………………………………….
…………………………………………………………………………………………………………………….
…………………………………………………………………………………………………………………….
Ce type d’apport d’information est appelé « participe ». Il est nommé ainsi parce qu’il semble
participer de deux classes dans le système des classes de mots. En effet, le participe vient
d’un verbe, et donc est une forme verbale (englouti < engloutir ; fermé < fermer ; agacé <
agacer etc.) ; mais en discours, il se comporte souvent comme un adjectif, puisqu’il
s’accorde en genre et en nombre avec son support. On dit dès lors que le participe est la forme
adjectivale du verbe. Par ailleurs, pour trouver le support du participe, on pose la même
question que pour trouver celui d’un adjectif (Qui/ qu’est-ce qui est… (adjectif / participe 2)
?).
Participe // Adjectif
135
! Dans les phrases ci-dessous, retrouve les participes en t’aidant de la méthode suivante :
Pour pouvoir distinguer les participes dans les phrases suivantes, tu dois pouvoir répondre
OUI aux deux questions.
L’accompagnateur de train, agrippé par le voyageur mécontent, est tombé sur les rails.
Ivan, le petit garçon de Laura, très éveillé, s’exprime déjà en deux langues.
136
! À toi d’accorder.
Dans les phrases ci-dessous,
……………………………………………………………………………………………………………..
Quand je pense aux heures que j’ai passées à étudier en vue de ce diplôme que j’ai finalement
obtenu, je suis contente d’avoir fourni cet effort.
……………………………………………………………………………………………………………..
……………………………………………………………………………………………………………..
……………………………………………………………………………………………………………..
……………………………………………………………………………………………………………..
Les universités sont remplies d’autant de gens insensés que de gens érudits.
……………………………………………………………………………………………………………..
……………………………………………………………………………………………………………..
137
! Produis 5 phrases avec des participes et accorde-les correctement !
…………………………………………………………………………………………………
…………..
…………………………………………………………………………………………………
…………..
…………………………………………………………………………………………………
…………..
…………………………………………………………………………………………………
…………..
…………………………………………………………………………………………………
…………..
Il est possible qu’après correction avec ton professeur, tu te sois aperçu(e) que tu avais fait
l’une ou l’autre erreur, alors que tu pensais avoir accordé correctement.
En effet, la règle proposée ici ne constitue que la règle générale d’accord du participe. Or, il y
a des cas dans les phrases que nous formons où cette règle est transgressée.
Dans les phrases suivantes (et dans tes propres phrases erronées), repère les cas où l’accord ne
respecte pas la règle vue. Prends ensuite un peu de recul pour émettre des hypothèses sur le(s)
facteur(s) qui intervien(nen)t pour bloquer le transfert des marques (liées au genre et au
nombre) du support vers l’apport.
J’ai choisi cette date plutôt que la suivante ; elle me convenait mieux.
Cette année, nous avons rempli nos déclarations de contributions sur Internet.
Un petit indice : fais des flèches du participe apport vers son support et constate le sens de
celles-ci ; entoure ensuite l’auxiliaire avec lequel est construit le verbe.
138
Que constates-tu ?
………………………………………………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………………………………..
Lorsqu’il est employé avec l’auxiliaire avoir et qu’il est suivi de son support, le participe reste
invariable. C’est une exception à la règle générale de l’accord.
ATTENTION ! la place du support n’intervient que dans ce cas précis d’emploi avec
l’auxiliaire avoir4. Normalement, pour les autres cas d’accord, le positionnement du support
n’a pas d’importance. Cependant, ce facteur joue également les trouble-fêtes dans le cas du
participe de certains verbes pronominaux ou dans d’autres cas que tu verras plus tard.
En outre, il arrive très régulièrement qu’il n’y ait pas d’accord possible, tout en respectant la
règle cette fois. En observant les phrases ci-dessous, trouve la raison de l’absence d’accord.
Cet élève a sagement lu ; il persiste cependant un doute quant à savoir s’il a compris…
Georges a téléphoné pour savoir s’il pouvait nous emprunter la tondeuse ce samedi.
Un participe ne peut recevoir un genre et un nombre que s’il a un support qui les lui donne! Si
ce n’est pas le cas, le participe demeure non accordé.
4
S’il n’y a pas d’accord avec le support lorsqu’il suit, c’est pour la simple raison que les moines copistes, au
Moyen Âge, ne pouvaient se permettre, pour une raison pratique de gain de temps et d’espace sur la page, de
retourner accorder le participe une fois l’éventuel déterminant direct du noyau verbal apparaissant dans la
phrase.
139
T ABLE DES MATIÈRES
INTRODUCTION 3
INTRODUCTION 4
2. LA CONJUGAISON 90
141