Stratégie d’Encadrement des Secteurs d’Activités
Professionnelles
THEME : LE MYSTERE DE JOSEPH D’ARIMATHEE
Introduction
Lorsque nous faisons défiler des pages des livres de
la Bible, une liste de personnages qui ont vécu des
évènements exceptionnels avec l’Éternel Dieu, s’offre à
nous. Et, nos yeux se rivent souvent sur les récits de
Moïse, Aaron, Josué, Gédéon, Déborah, Barak, Samson,
Jephté, Samuel, David, Salomon, des prophètes, du Christ,
de Pierre, Paul, et des autres apôtres ; pour en tirer les
leçons pratiques de la vie avec Dieu et nos semblables.
Mais, est-ce qu’un jour, chrétiens que nous sommes,
avons-nous été préoccupé à lire et à méditer la vie de
Lémec, de la sixième descendance de Caïn (Genèse
4 :17 à 18), d’Éliphaz de Théman, un ami du célèbre Job
(Job 2 :11), de Schalum, fils de Jabesch et roi d’Israël
(2Rois 15 :13), d’Aquilas (nom signifiant « Aigle » en
Latin), le mari de Priscille, qui joua le rôle de collaborateur
et d’hôte de l’apôtre Paul (Romains 16 :3 à 4 ;
1Corinthiens 16 :19), partageant avec lui le métier de
fabricant de tentes (Actes 18 :2 à 3), évangélisant
ensemble à Corinthe, à Éphèse et à Rome (2Timothée
4 :19 ; Actes 18 :19), et de Joseph d’Arimathée,
membre du Sanhédrin au temps du ministère du Christ
sur terre ? La vie de Joseph d’Arimathée qui passe
presqu’inaperçue est pourtant une Lumière qui jaillit des
ténèbres, une foi privée qui devient publique, un
accomplissement parfait d’une prophétie vieille de sept
cents ans. Cette prédication nous permet de lever le voile
sur la vie de Joseph d’Arimathée. Une vie considérée
comme mineure, tombée dans l’anonymat et finalement
rendue mystérieuse par notre manque d’intérêt.
1-Contexte de la vie de Joseph d’Arimathée
1
Pour distinguer ce Joseph, disciple de Jésus-Christ,
des autres personnages bibliques qui portent ce même
nom, les écrivains de la Bible ont ajouté le nom
Arimathée qui est celui de la ville d'où il était originaire.
Cette ville était située non loin de Jérusalem.
L’Évangile de Matthieu le présente comme un
homme riche qui alla trouver Pilate pour lui demander le
corps de Jésus et l'enterra dans son propre tombeau
creusé dans le roc (Matthieu 27 :57). L’Évangile de Marc
le décrit ainsi : « On sait que Joseph était un membre
respecté du Sanhédrin qui, attendant le royaume de Dieu,
avait eu le courage de demander le corps de Jésus à
Pilate » (Marc 15 :43). L’Évangile de Luc le distingue
comme étant un homme bon et juste qui n'avait pas
consenti à la décision du Sanhédrin de condamner Jésus
(Luc 23 :50 à 51). L’Évangile de Jean le précise comme
un disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs
et relata son association avec Nicodème qui apporta des
aromates pour l'embaumement du corps de Jésus-Christ
(Jean 19 :38).
La convergence de ces récits renforce l'importance
de Joseph d'Arimathée. Et, pour découvrir ses qualités, il
est nécessaire de nous replacer dans un contexte plus
large du 1er siècle après Jésus-Christ, période où la Judée
était sous occupation romaine. La mort du Christ survint à
la veille d'un Sabbat majeur, en l'occurrence Celui de la
Pâque juive, il fallait donc enterrer son corps le plus
rapidement possible pour éviter toute contamination
rituelle. Seulement, les Romains avaient pour habitude
d'exposer le corps des crucifiés jusqu’à sa décomposition
totale sur la croix pour démontrer la puissance de Rome
en décourageant les soulèvements et les révoltes. C'est
dans ce contexte que Joseph d'Arimathée, soucieux de ne
pas laisser le corps de Jésus suspendu pendant le Sabbat,
qu’il alla demander au gouverneur romain Ponce Pilate de
2
lui accorder le droit de retirer le corps de Jésus-Christ
pour l'enterrer.
En vérité, cette requête exigeait l’influence et le
courage de Joseph d’Arimathée. Car, elle impliquait de
reconnaître publiquement son lien avec Jésus-Christ, le
crucifié. Même l'évangéliste Marc dit que Joseph
d’Arimathée avait « osé » approcher le puissant
gouverneur romain Ponce Pilate (Marc 15 :43). Cela
suggère qu'il s'agissait d'un moment de risque et de
détermination. Cependant, nous pouvons aussi croire que
l'acte de demander le corps de Jésus-Christ témoigne non
seulement du statut social élevé de Joseph d’Arimathée,
mais aussi de son influence sur le gouverneur romain
Ponce Pilate.
2-Avec Joseph d’Arimathée, la foi privée qui
devient publique
Combien d'entre nous gardent leur foi pour eux-
mêmes, dans la pièce privée de leur cœur ou de leur
maison ? Est-ce par peur du jugement, de la moquerie, ou
des conséquences professionnelles ? En effet, Joseph
d'Arimathée était exactement comme cela : un disciple en
secret de Jésus. Jusqu'au moment le plus critique de
l'histoire de l’humanité, celui de la mort du Christ. Sa vie
nous pose cette question : qu'est-ce qui transforme une
foi privée en un courage public ? Car, il était insensé
qu'un influent membre du Sanhédrin juif risque tout ce
qu'il possède comme privilège, y compris sa propre vie,
pour enterrer le corps de quelqu'un tué de la manière la
plus ignoble de l'époque et tout cela uniquement pour
lancer la rumeur de la résurrection du condamné
(Matthieu 27 :62 à 66). Quelqu'un d'aussi influent que
Joseph d'Arimathée qui avait tant à perdre n'aurait agi
ainsi que s’il était véritablement certain de l'identité de
Jésus-Christ.
3
3-Joseph d’Arimathée, la Lumière qui jaillit des
ténèbres
Imaginons-nous la scène au Calvaire. Jésus vient de
rendre son dernier soupir. Ses disciples les plus proches
se sont enfuis, cachés par peur. La foule se moquait. Tout
n'était que désespoir, abandon et mort. Dans cette
noirceur absolue, qui inondait l’atmosphère de Jérusalem,
qui oserait défier les autorités, braver la foule, et
réclamer le corps d'un supposé criminel exécuté ? Contre
toute attente, ce n'est pas un apôtre vaillant, un frère
téméraire, mais un riche membre du Sanhédrin, un
homme de pouvoir, nommé Joseph d'Arimathée. Sa foi
secrète éclate alors au grand jour par un acte créateur
soutenu par la connaissance profonde, l'amour parfait et
de l’engagement sans faille pour le Christ. Acte de Joseph
d'Arimathée nous rappelle l’œuvre primordiale du
Créateur : « La terre était désolation et vide, et il y avait
des ténèbres sur la face de l’abîme. Et l’Esprit de Dieu
planait sur la face des eaux. Et Dieu dit, Que la lumière
soit ! Et la lumière fut » (Genèse 1 :2 à 3 ; version
Darby ; 2Corinthiens 4 :6)
4-Avec Joseph d’Arimathée pour l’intégralité de
l’Évangile
« Je vous ai enseigné avant tout, comme je l’avais
aussi reçu, que Christ est mort pour nos péchés, selon les
Écritures ; qu’il a été enseveli, et qu’il est ressuscité le
troisième jour, selon les Écritures » (1Corinthiens 15 :3
à 4). L'Évangile ne se limite pas à la mort et à la
résurrection du Christ, mais aussi à son ensevelissement
(enterrement), prouvant ainsi la réalité de Sa mort. Jésus-
Christ n'avait pas seulement semblé mort, il avait
véritablement succombé à la mort (Jean 19 :38 à 40).
Joseph d'Arimathée fut témoin et acteur de ce moment
4
crucial d'humiliation extrême du fils de Dieu précédant
son exaltation future. Son ensevelissement est
l’accomplissement parfait de la mort de Jésus-Christ.
Joseph d'Arimathée est celui qui nous a confirmé Sa mort
expiatoire pour le pardon de nos péchés (1Jean 2 :2 ;
Hébreux 2 :14).
5-Avec Joseph d’Arimathée, l’accomplissement
d’une prophétie
Parfois, nous pensons que Dieu est absent dans les
moments de chaos et de détresse. Pourtant, la mort de
Jésus, l'acte le plus injuste de l'histoire, était sous le
contrôle total de Dieu. Il y a 700 ans, le prophète Ésaïe
avait révélé et écrit : « On avait ordonné son sépulcre
avec les méchants, mais il a été avec le riche en sa mort ;
car il n’avait point fait d’outrage, et il ne s’est point
trouvé de fraude en sa bouche. » (Ésaïe 53 :9 ; version
Martin). Comment cette prophétie biblique pouvait-elle
s’accomplir alors que Jésus mourait comme un criminel ?
Mais, après avoir prouvé la mort de Jésus, Pilate autorisa
Joseph d'Arimathée à l'enterrer. Joseph d'Arimathée,
accompagné d'autres, se rendit au calvaire, et fit
courageusement descendre le corps de Jésus-Christ de la
croix. Au-delà de cette intervention improbable de cet
homme riche et juste, Joseph d'Arimathée offrit aussi
son propre tombeau neuf pour l’ensevelissement du corps
de Jésus-Christ. Ainsi, bien qu'il fut mort comme un
criminel condamné par les Romains sous la pression des
autorités juives, le corps de Jésus-Christ fut finalement
enterré dignement dans un tombeau de riche. Par Joseph
d'Arimathée, la prophétie d’Ésaïe 53 :9 s’accomplissait
pour achever parfaitement le plan divin pour le rachat de
nos âmes.
6-Ce que nous enseigne la vie de Joseph
d’Arimathée
5
Aujourd'hui, l'appel pour nous est le même. Nous ne
vivons peut-être pas sous la menace directe du
Sanhédrin, et du gouverneur romain Ponce Pilate, mais
nos lieux de travail, nos familles, nos cercles sociaux nous
forcent souvent à « mettre notre foi sous le boisseau »
(Matthieu 5 :15). Par cette histoire de Joseph
d'Arimathée qui a permis de participer à
l’accomplissement parfait du glorieux programme de
Dieu, doit nous pousser jusqu’aux tréfonds de notre
conscience pour nous poser cette lancinante
question : qu'est-ce qui nous empêche de réclamer
publiquement notre appartenance au Christ ? En
tant que cadre chrétien, quel « Ponce Pilate » ou quel
« Sanhédrin » devons-nous craindre plus que Dieu ? Et
pourtant, l’Ecclésiaste l’a dit et écrit : « La sagesse vaut
mieux que la force. Cependant la sagesse du pauvre est
méprisée, et ses paroles ne sont pas écoutées »
(Ecclésiaste 9 :16). Oui, aujourd’hui plus qu’hier, le
savoir, le pouvoir et la puissance financière sont des
appuis solides qui nous donnent l’assurance d’affronter et
surmonter des obstacles dans différents domaines de la
vie (agriculture, santé, finance, sécurité, éducation,
juridiction, etc.), lorsque des individus, des entreprises, et
mêmes des Etats nous sollicitent. Alors, levons-nous et
agissons à ces moments critiques de la vie du Corps de
Christ, pour l’accomplissement du programme de Dieu à
la faveur de Son Royaume (Actes 2 :41 à 47 ; 4 :32) ?
Avec toi, cadre chrétien, comme Joseph d’Arimathée,
l’Évangile doit devenir vrai, entier, propre à être
enseigné, défendu et à se répandre dans le monde entier
(Romains 1 :16).
Conclusion
L'histoire de Joseph d'Arimathée n'est pas seulement
une anecdote historique sur la gestion d'un corps après
6
une exécution. C'est l'histoire d'un homme qui a permis
que l’ultime prophétie biblique s'accomplisse et, surtout,
qui a trouvé le courage de transformer sa foi secrète en
un témoignage public à un moment critique de
l’histoire de l’amour profond de Dieu envers les hommes.
Finalement, l'acte de Joseph d'Arimathée a été crucial
pour une raison suprême. Il a fourni un tombeau neuf et
inviolé, un lieu où le corps d’un défunt n'avait jamais été
déposé. Pourquoi était-ce si important ? Parce que trois
jours plus tard, quand les femmes y étaient venues, ce
tombeau était devenu le « tombeau vide ! » (Matthieu
28 :5 à 6). Ce geste de générosité et de courage fut le
prélude à la victoire de la Pâque Nouvelle. Joseph
d'Arimathée a donné un tombeau à Jésus, et le Christ le
lui a redonné, et encore plus nous a donné la Vie
éternelle.
Puissions-nous trouver la force de vivre notre foi
ouvertement, en sachant que nous servons notre
Seigneur qui n'est plus dans le tombeau, mais qu'Il est
vivant aux siècles de siècles ? Sortons donc de nos
« tours d’ivoire », de nos « zones de confort »,
débarrassons-nous de nos « peurs », de « notre moi » qui
nous fait de nombreuses suggestions et nous empêche
d’aller au large, pour changer le cours de l’histoire de
notre vie, de la vie de notre communauté, de notre pays,
en faveur du Royaume de Dieu.
Que Dieu nous bénisse !
Rév. Dr KOUASSI Koffi Thomas