côte d'ivoire : la paix malgré l'onu ?
Côte d'ivoire
la paix
malgré l'onu ?
Xavier Zeebroek
2008/2
© Groupe de recherche et d'information
sur la paix et la sécurité (GRIP)
rue de la Consolation, 70
B-1030 Bruxelles
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côte d'ivoire : la paix malgré l'onu ?
Sommaire
1. Un conflit de succession atypique 5
2. Fermeté et impuissance du mandat de l’ONUCI 9
3. Une mission entravée par la méfiance 11
ONUCI, une mission semi-intégrée (organigramme) 13
4. Crise humanitaire soft 14
La Côte d’Ivoire en chiffres 15
5. Confiance critique vis-à-vis de l’ONU et des humanitaires 16
6. Dérive et échec de la communauté internationale 18
Annexe 1. Conseil de sécurité : Résolution 1721
(1er novembre 2006) 20
Annexe 2. Accord politique de Ouagadougou (4 mars 2007) 26
Annexe 3. Accords complémentaires à l'Accord politique
de Ouagadougou (28 novembre 2007) 35
Rapport du GRIP 2008/02
côte d'ivoire : la paix malgré l'onu ?
Après quelques semaines de combats, le terri-
1. Un conflit de succession toire était de fait séparé en deux parties, provoquant
atypique une crise humanitaire sans précédent dans ce pays
qu’on surnommait la Suisse de l’Afrique de l’Ouest.
Après trente ans de stabilité, de prospérité Selon les Nations unies, le bilan des affrontements
et de parti unique sous la poigne de fer de Félix oscillait entre 1 000 et 2 000 morts tous bords
Houphouët-Boigny, la Côte d’Ivoire n’en finit pas confondus mais l’ampleur de la crise se mesurait
de régler ses querelles de succession. Trois prési- surtout en nombre de personnes déplacées : entre
dents se sont succédé depuis 1993 qui – à travers 600 000 et 800 000 au nord et au centre du pays
le concept de l’ivoirité – ont attisé l’attitude xéno- et 300 000 dans l’ouest.
phobe des populations du sud du pays contre celles Grâce aux efforts entrepris par une délégation
du nord, souvent issues de l’immigration burkinabé diplomatique de la CEDEAO, un accord de ces-
et malienne. La constitution a été amendée pour sez-le-feu entre le gouvernement et les rebelles
empêcher les candidats qui ne seraient pas issus de du MPCI fut signé le 17 octobre 2002, et des
parents ivoiriens de se présenter, ce qui mit notam- négociations s’ouvrirent entre les deux parties. À
ment l’ancien Premier ministre Alassane Ouattara la demande de la CEDEAO, les troupes françaises
sur la touche lors des élections de 2000. acceptèrent de veiller à l’instauration effective du
Élu après un scrutin contesté, Laurent Gbagbo cessez-le-feu et à la surveillance de la ligne de
dut faire face le 19 septembre 2002 à une tentative démarcation établie entre les belligérants, dans l’at-
de coup d’État mené par une rébellion armée, le tente qu’une force d’interposition ouest-africaine
MPCI (Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire) prenne effectivement position. Parallèlement, des
qui prit le contrôle de tout le nord du pays mais pourparlers commençaient à Lomé le 30 octobre
échoua à s’emparer d’Abidjan. Très rapidement, sous la médiation du président togolais Gnassingbé
une force française appelée opération Licorne et Eyadéma. Composée initialement de 1 264 soldats,
comptant 4000 militaires, s’interpose entre les le contingent de la CEDEAO (Écoforce) devait voir
deux protagonistes et crée une zone démilitarisée augmenter ses effectifs à environ 3 500 hommes
baptisée « zone de confiance ». au cours des mois suivants.
Deux autres groupes rebelles sont apparus Après l’échec des négociations de Lomé, le
quelques semaines plus tard dans la région occiden- gouvernement français reprit l’initiative en orga-
tale, le MPIGO (Mouvement patriotique ivoirien nisant la Table ronde de Linas-Marcoussis du 15
du Grand Ouest) et le MJP (Mouvement pour au 24 janvier 2003 où les délégations ivoiriennes
la justice et la paix). Dès janvier 2003, ces trois furent soumises à une importante pression pour
mouvements fusionnent en une seule formation, les inciter à conclure. Les points prioritaires qui
appelée les « Forces nouvelles ». Les revendica- ressortent de l’accord de paix qui y fut signé visent
tions avancées par les rebelles sont résolument à la restauration de la paix en Côte d’Ivoire grâce
politiques : démission du président Gbagbo, re- aux mesures suivantes :
tour aux élections dans un cadre qui assure leur
transparence et fin des mesures discriminatoires
visant essentiellement les populations étrangères . Rapport de la mission d’urgence des Nations
et originaires du nord. unies sur la situation des droits de l’homme en Côte-
d’Ivoire (S/2003/90).
. IRIN, « Côte-d’Ivoire : Humanitarian Operations
. Certaines des informations contenues dans ce Threatened by Lack of Funds », Abidjan, 4 février
chapitre proviennent de Claudio Gramizzi – « La crise 2003. Selon les Nations unies, environ 500 000
ivoirienne : de la tentative de coup d’État à la nomination personnes avaient également quitté le pays depuis le
du gouvernement de réconciliation nationale », Rapport début de la crise. Parmi ceux-ci, on comptait environ
du GRIP 2003/2, avec la collaboration de Matthieu 150 000 Burkinabé, 60 000 Guinéens, quelque 40 000
Damian, 48 p. et aussi de l’agence IRIN et du site web Maliens, plusieurs centaines de Nigérians et environ
du Réseau francophone de recherche sur les opérations 45 000 Libériens. 40 000 Ivoiriens avaient également
de paix (ROP, [Link] traversé la frontière pour chercher refuge à l’étranger,
consulté le 3 janvier 2008. surtout au Liberia et en Guinée.
Rapport du GRIP 2008/02
- La formation d’un gouvernement de réconci- Par la suite, le processus de négociation a
liation Nationale comprenant des éléments de repris sous l’égide de l’Afrique du Sud puis de
chaque délégation ayant pris part à la Table l’Union africaine mais a buté, à chaque fois, sur
ronde. l’organisation des élections et sur le désarmement
- L’organisation d’élections crédibles et transpa- des milices, aucun camp ne voulant céder sur ce
rentes. qu’il considérait comme un préalable. Si bien que
- La nomination d’un Premier ministre de consen- le 30 octobre 2005, le mandat constitutionnel du
sus qui restera en place jusqu’à la prochaine président Gbagbo prend fin sans que de nouvelles
élection présidentielle, sans pouvoir cependant élections aient pu avoir lieu. Maintenu en fonc-
y participer. tion par décision des Nations unies (résolutions
- La restructuration des forces de défense et de 1633), le président doit toutefois composer avec
sécurité. Charles Konan Banny comme Premier ministre
- Le regroupement des forces en présence puis intérimaire, lui aussi désigné par la communauté
leur désarmement, ainsi que le départ des mer- internationale.
cenaires. Le 16 janvier 2006, 200 jeunes partisans du
- La libération et l’amnistie de tous les militaires président ivoirien, dont certains armés de ma-
détenus pour atteinte à la sûreté de l’État et des chettes et de bâtons, manifestent pour protester
mesures identiques pour les soldats exilés et contre la recommandation du Groupe de travail
tous les prisonniers politiques. international (GTI) de ne pas prolonger le mandat
- La redéfinition du régime foncier rural. de l’Assemblée nationale. Le lendemain, plusieurs
- L’amélioration de la déontologie des médias. centaines de manifestants tentent d’envahir le siège
Dès le retour des délégations en Côte d’Ivoire, de l’ONUCI à Abidjan, provoquant en réaction
de nombreux points de l’accord sont dénoncés et des tirs de sommation et de grenades lacrymogè-
sa mise en œuvre est rendue fort difficile. nes de la part des Casques bleus. Le 18 janvier,
À la sutie de la résolution 1528 du Conseil de deux contingents de Casques bleus bangladais de
sécurité du 27 février 2004, l’Opération des Nations l’ONUCI quittent deux localités de l’ouest du pays,
unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) prend le relais Guiglo et Duékoué, après des affrontements avec
de la CEDEAO en faisant passer le contingent des manifestants partisans du président ayant fait
d’Écoforce sous couleur de l’ONU. La mission est quatre morts et douze blessés. Le même jour, 2 à
officiellement appuyée par le contingent militaire 3 000 manifestants tentent à nouveau de pénétrer
français de l’opération Licorne. L’ensemble est dans le siège de l’ONUCI à Abidjan. Une dizaine
appelé « Forces impartiales ». d’organisations humanitaires internationales, dont
six agences de l’ONU, sont saccagées en quatre
Alors que les forces gouvernementales re-
jours d’émeutes dans l’ouest du pays.
commencent à bombarder des positions rebelles
à l’automne 2004, une base française est attaquée Le 27 janvier, la présidence ivoirienne annonce
par l’aviation ivoirienne le 6 novembre, faisant officiellement que l’Assemblée nationale « de-
plusieurs morts. Après des représailles françaises meure en fonction avec tous ses pouvoirs ». En
contre l’aviation ivoirienne, des émeutes anti-fran- revanche, le Secrétaire général de l’ONU, Kofi An-
çaises accompagnées de pillages à grande échelle nan, demande à Laurent Gbagbo le remboursement
provoquent le départ de nombreux expatriés. Le de plus de 3,5 millions de dollars pour réparer des
Conseil de sécurité adopte un embargo sur les four- dégâts subis lors des violences contre l’ONU.
nitures d’armement, sur la coopération technique Après que le Conseil de paix et de sécurité de
militaire étrangère ainsi que des sanctions sur les l’UA a décidé le 18 octobre 2006 de décharger le
déplacements internationaux et sur les avoirs à
l’étranger de trois personnalités ivoiriennes (ré-
. Créé par la résolution 1633 du 21 octobre 2005,
solution 1572).
le GTI regroupe la France, les États-Unis, la Grande-
Bretagne, l’Afrique du Sud ainsi que plusieurs pays
. Voir Claudio Gramizzi, « La paix s’éloigne voisins de la Côte d’Ivoire et plusieurs organisations
de Côte d’Ivoire », Note d’analyse du GRIP, internationales dont l’ONU, l’UA et l’UE. Il est chargé
10/11/2004. de suivre le processus de paix.
côte d'ivoire : la paix malgré l'onu ?
président sud-africain Thabo Mbeki, accusé de Fin mars, le président ivoirien confirmait la
partialité par l’opposition ivoirienne, de son rôle de nomination du chef de la rébellion des Forces
médiateur, le pays semble de plus en plus isolé sur nouvelles (FN), Guillaume Soro, au poste de
la scène internationale. Agacé par l’immobilisme Premier ministre de la Côte d’Ivoire et le 13 avril,
des autorités, le Conseil de sécurité adopte le 1er une amnistie était signée, couvrant les atteintes à
novembre la résolution 1721 qui rallonge à nouveau la sécurité de l’État commises par les militaires et
le mandat présidentiel tout en donnant de plus en les civils vivant dans le pays et à l’étranger, mais
plus de pouvoir à son Premier ministre. excluant les crimes de guerre et les infractions
Après avoir dénoncé certains passages de la économiques.
résolution comme contraires à la constitution ivoi- De mi-avril à mi-septembre, les Casques bleus
rienne, Laurent Gbagbo propose le 20 décembre, de l’ONUCI et les soldats français de l’opération
dans un discours télévisé à la nation, « l’instaura- Licorne se retirent de la zone de confiance divisant
tion, en vue du désarmement et de la réunification le pays depuis 2002. À cette occasion, environ
du pays, d’un dialogue direct avec la rébellion ». 500 soldats de la force Licorne déployée en Côte
Après un refus initial, Guillaume Soro, se dit dis- d’Ivoire sont rapatriés en France. Des brigades
posé à accepter l’offre. mixtes composées de troupes du gouvernement et
Moins de trois mois plus tard, le 4 mars 2007, des anciens rebelles ainsi que de policiers de l’ONU
le président ivoirien et le dirigeant rebelle signent patrouillent désormais l’ancienne zone-tampon. Ils
à Ouagadougou un accord de paix prévoyant la forment une « ligne verte » composée en principe
formation d’un nouveau gouvernement de tran- de 17 postes d’observation s’appuyant sur des
sition, la relance du processus d’identification et moyens logistiques très faibles. C’est probablement
d’enregistrement des électeurs en vue d’élections une des raisons pour lesquelles, selon Médecins
en fin d’année ainsi que l’intégration des chefs sans frontières (MSF), les attaques armées contre
rebelles dans l’état-major de la future armée uni- les populations ivoiriennes se multiplient dans la
fiée. La mise en œuvre de l’accord sera supervisée partie ouest de la zone depuis le début de son dé-
par un Cadre permanent de concertation (CPC) mantèlement. Par ailleurs, beaucoup d’observateurs
composé de MM. Blaise Compaoré (président en restent sceptiques sur les motivations réelles des
exercice de la CEDEAO), Gbagbo, Soro et des protagonistes, y voyant « davantage un compromis
leaders de l’opposition dont Alassane Ouattara entre deux camps qui veulent une sortie de crise
(ancien Premier ministre) et Henri Konan Bédié préservant leurs intérêts particuliers qu’un accord
(ancien président). Après l’échec des divers accords qui garantirait une paix durable ».
de paix des cinq dernières années, l’accord de Dès lors, dans son rapport sur la Côte d’Ivoire,
Ouagadougou, redonne espoir à la population car le Secrétaire général de l’ONU estime prématuré
les ennemis d’hier montrent une certaine volonté de réduire l’ONUCI et recommande la prorogation
de travailler ensemble et les organes régionaux du mandat de la mission jusqu’à la fin de l’année
africains soutiennent fermement le processus. et le maintien de ses effectifs, tout en conseillant
L’accord reprend de nombreux aspects contenus certains redéploiements sur le terrain.
dans les résolutions de l’ONU mais s’en éloigne Le 29 juin 2007, alors qu’il venait présider
sur plusieurs points. Notamment, il appelle l’ONU une cérémonie de lancement du redéploiement
et l’opération Licorne à supprimer la zone de de l’administration judiciaire, Guillaume Soro,
confiance et à la remplacer par une ligne verte sort indemne d’une attaque à la roquette perpétrée
avec des postes d’observation occupés par des contre son avion à l’aéroport de Bouaké, dans le
forces impartiales dont le nombre sera réduit de centre du pays, faisant trois morts. Une enquête
moitié tous les deux mois jusqu’à leur retrait total, indépendante est demandée à l’ONU mais le pré-
le désarmement, le démantèlement des milices et sident la juge inopportune.
l’intégration des rebelles à la future armée ivoi-
rienne, avec notamment la création d’un centre de
commandement intégré (CCI) avec la participa- . International Crisis Group, « Côte d’Ivoire :
tion des états-majors des deux armées loyalistes Faut-il croire à l’accord de Ouagadougou ? », Rapport
(FANCI) et nouvelles (FAFN). Afrique n°127, 27 juin 2007, 27 pages.
Rapport du GRIP 2008/02
Par ailleurs, en raison de dénonciations par des Une nouvelle fois, fin novembre, Laurent
associations ivoiriennes de défense des droits de Gbagbo, et Guillaume Soro se rencontrent à
l’homme d’abus sexuels sur la population locale, Ouagadougou et s’entendent pour organiser des
l’ONUCI a annoncé la suspension de toutes les élections d’ici juin 2008 au plus tard.
activités d’un contingent marocain basé à Bouaké
et son cantonnement dans sa base à la suite d’une
enquête interne.
Fin juillet, Laurent Gbagbo, se rend pour la
première fois à Bouaké, en zone rebelle, depuis
l’insurrection de 2002. Des armes y sont symboli-
quement brûlées lors d’une cérémonie de la Flamme
de la paix mais les experts de l’ONU chargés de
surveiller les sanctions affirment que la plupart de
ces armes étaient « probablement non fonctionnel-
les » et que d’autres ont simplement disparu.
Le 18 octobre 2007, le Secrétaire général de
l’ONU, Ban Ki-moon, annonce la nomination
de Choi Young-jin, (Corée du Sud), au poste de
Représentant spécial en Côte d’Ivoire en remplace-
ment de Pierre Schori (Suède), parti le 15 février.
Dans la foulée, le Conseil de sécurité exprime « sa
préoccupation devant les retards constatés » du
processus de paix en Côte d’Ivoire et « appelle
fortement les parties à mettre en œuvre (…) leurs
engagements ». Un mois plus tard, le nouveau
SRSG annonçait que l’ONUCI resterait en Côte
d’Ivoire « jusqu’au retour définitif de la paix, avec
l’organisation des élections libres, transparentes,
démocratiques et ouvertes à tous ». Edgar Morin,
le ministre français de la Défense, a quant à lui
exclu un retrait complet mais a procédé à plusieurs
réductions des effectifs de Licorne jusqu’à 1 800
hommes.
Le Conseil de sécurité, par la résolution 1782,
décide de prolonger jusqu’au 31 octobre 2008 les
sanctions sur la Côte d’Ivoire et renouvelle le man-
dat de l’ONUCI et des forces françaises jusqu’au
30 juillet 2008 (résolution 1795). Le Secrétaire
général, Ban Ki-moon, recommande que « la mis-
sion se poursuive jusqu’à ce que les objectifs clés
aient été atteints » dont le désarmement, la tenue
d’élections et le redéploiement de l’administration
dans tout le pays.
. Voir les rapports d’experts du Comité des
sanctions de l’ONU : S/2007/611 et S/2007/349,
[Link]
. AFP, « UN force in Ivory Coast should stay for
another year », 30 octobre 2007.
côte d'ivoire : la paix malgré l'onu ?
► Élaboration d’une feuille de route par le GTI
2. Fermeté et impuissance pour la tenue d’élections ;
du mandat de l’ONUCI ► Consultations par le GTI pour assurer le bon
fonctionnement des institutions, notamment
Dès les débuts de l’ONUCI en février 2004, l’Assemblée nationale et le Premier minis-
Conseil de sécurité a autorisé la mission, en vertu tre ;
du Chapitre 7 de la charte des Nations unies, à Bien que certaines de ces décisions aient été
utiliser tous les moyens nécessaires pour s’ac- inspirées par l’Union africaine ou la CEDEAO,
quitter de son mandat. Pourtant, aux termes de la elles seront néanmoins perçues comme attentatoi-
résolution 1528, c’est un mandat plutôt classique res à la souveraineté du pays, spécialement dans
que reçoit l’ONUCI, en coordination avec les le clan présidentiel. Désormais, le Président et le
forces françaises : Premier ministre doivent leur mandat à l’ONU et
► Observation du cessez-le-feu et des mouve- le GTI supervise le fonctionnement des institutions
ments de groupes armés ; politiques. Beaucoup d’Ivoiriens auront dès lors
► Désarmement, démobilisation, réinsertion, le sentiment que leur pays est mis sous la tutelle
rapatriement et réinstallation ; de la communauté internationale.
► Appui aux opérations humanitaires ; Devant la persistance du blocage politique qui
► Appui à la mise en œuvre du processus de paix, a une fois encore empêché les élections de se dé-
notamment en facilitant la tenue de consulta- rouler, le Conseil de sécurité hausse à nouveau le
tions électorales libres, honnêtes et transparen- ton dans la résolution 1721 (1er novembre 2006).
tes, en particulier d’élections présidentielles ; Quatre mesures s’en dégagent particulièrement :
► Assistance dans le domaine des droits de ► Prolongation du mandat du président Gbagbo
l’homme ; jusqu’au 1er novembre 2007 ;
► Installer un service de radiodiffusion des ► Confirmation du Premier ministre Charles
Nations unies ; Konan Banny pour la même durée et fixation
► Aider au retour de l’ordre public, notamment extrêmement détaillée de son mandat et de
par la réorganisation des services de sécurité ses pouvoirs (renforcés) ;
intérieure et par le rétablissement de l’autorité ► Confirmation du rôle central du Groupe de tra-
du système judiciaire et l’état de droit partout vail international (GTI) et de ses décisions ;
en Côte d’Ivoire. ► Renouvellement du mandat du Haut Repré-
Toutefois, après l’attaque du 6 octobre 2004 sentant pour les élections (HRE), « seule
contre les forces françaises, la substance et le ton autorité habilitée à rendre les arbitrages
des résolutions commencent à se durcir progressi- nécessaires » ;
vement. Dans un premier temps, un embargo sur À présent, les mesures prennent une tournure
les fournitures d’armes et des sanctions ciblées sont qui est perçue comme anti-présidentielle. Les
votées (résolution 1572). Puis, devant le report des prérogatives du Premier ministre sont renforcées,
élections et la fin officielle du mandat présidentiel, le programme du gouvernement est fixé d’autorité
la résolution 1633 (21 octobre 2005) n’hésite pas à et son action est verrouillée par le contrôle du GTI
s’immiscer dans la politique intérieure ivoirienne et du HRE. Le président Gbagbo aura beau jeu de
en se déclarant favorable à plusieurs mesures dont dénoncer certains aspects anticonstitutionnels de la
l’impact s’avérera discutable, voire négatif : résolution et de menacer de ne pas s’y conformer.
► Prolongation du mandat du président Gbagbo Par ailleurs, le rôle majeur qu’a joué la France
jusqu’au 31 octobre 2006 ; dans la rédaction et l’adoption de ces documents
► Nomination d’un nouveau Premier ministre n’a fait qu’aggraver le sentiment anti-français de
acceptable pour toutes les parties ivoiriennes certaines élites ivoiriennes.
et dont les pouvoirs sont précisés ; En revanche, dès que le principe d’un dialogue
► Création du Groupe de travail international direct avec la rébellion est acquis, le Conseil de
(GTI) et du Groupe de médiation coprésidés sécurité change son fusil d’épaule et la première
par le SRSG ; résolution votée en 2007 (résolution 1739 du 10
10 Rapport du GRIP 2008/02
janvier 2007) prolonge (et précise) comme prévu
le mandat de l’ONUCI mais se garde bien d’évo-
quer les sujets qui fâchent. Rien sur les pouvoirs
du Premier ministre, ni sur le GTI. Tout au plus
confirme-t-elle l’autorisation pour les Casques
bleus et les forces françaises d’utiliser tous les
moyens nécessaires pour s’acquitter de leur mandat,
notamment « en cas d’éventuelles actions belligé-
rantes » et pour « aider à protéger les civils ».
En juillet, la résolution 1765 déroule le tapis
rouge devant l’accord de Ouagadougou que le
Conseil a entériné quatre mois plus tôt. Non seule-
ment l’ONUCI est priée de soutenir l’accord mais
il est mis fin au mandat du HRE, une demande
émanant clairement du clan présidentiel. Enfin, le
GTI disparaît sans qu’il soit besoin de l’annoncer
mais est remplacé par « un organe consultatif
international (…) chargé d’accompagner les
forces politiques ivoiriennes et le Facilitateur
dans la mise en œuvre de l’accord politique de
Ouagadougou ». L’initiative vient clairement de
changer de mains et l’ONU retourne à son rôle
d’appui à des acteurs nationaux redevenus maîtres
du processus de paix.
Enfin, malgré les retards qui s’accumulent dans
la mise en œuvre de l’accord, la résolution 1795
(15 janvier 2008), si elle considère toujours que
« la situation en Côte d’Ivoire continue de mettre
en péril la paix et la sécurité internationale dans la
région », maintient le cap en limitant les priorités
au soutien à apporter au Facilitateur et à la prépa-
ration des élections. Concernant ces dernières, il
n’est plus question pour l’ONU de les organiser
mais plutôt de certifier que chacune des étapes du
processus électoral se déroule de façon impartiale
et en consultation avec toutes les parties.
côte d'ivoire : la paix malgré l'onu ? 11
l’échange et la tolérance. La radio continue à
3. Une mission entravée déployer des efforts pour couvrir tout le territoire
par la méfiance national.
Outre la présence du contingent français, une des
Le dispositif de l’ONUCI comprend environ spécificités des tentatives de résolution du conflit
8 000 Casques bleus, provenant de 55 pays, quel- ivoirien par l'ONU fut le GTI. La Résolution 1633
ques 400 officiers de police d’une vingtaine de du 21 octobre 2005 entérine en effet la création
nationalités différentes et à peu près 1 000 civils d’un Groupe de travail international (GTI) et d’un
issus de plus de 60 nations, dont une majorité Groupe de Médiation au sein du GTI10. Quoique ces
d’Ivoiriens. Conformément à la résolution 1528, institutions furent tout à fait distinctes de l'ONUCI,
la force française Licorne, forte au départ de 4 000 la co-présidence du GTI et du Groupe de Médiation
hommes soutient les troupes de l’ONUCI, en tant revint au SRSG de l’ONUCI, qui assura également
que « force d’action rapide ». la coordination du Secrétariat.
Les effectifs de l’ONUCI sont répartis en plu- Le GTI devait, entre autres tâches :
sieurs points de la Côte d’Ivoire, selon un découpage • Vérifier que le Premier ministre ivoirien dispose
géographique en deux zones – les secteurs Ouest de tous les pouvoirs et de toutes les ressources
et Est – avec pour bases respectives les villes de dont il a besoin pour s'acquitter de ses fonc-
Daloa et de Bouaké. tions ;
Comme on peut le voir dans le graphique ci- • Participer à l'élaboration d'une feuille de route
dessous, l’ONUCI est dirigée par un Représentant en vue de tenir des élections libres, régulières,
spécial du Secrétaire général des Nations unies ouvertes et transparentes ;
(SRSG), secondé par deux Représentants spéciaux • Vérifier l'application par les Forces nouvelles
adjoints dont l’un est en charge de la coordination du programme de DDR ;
des affaires humanitaires et des agences onusiennes. • Veiller à la mise en oeuvre de l'opération d'iden-
Le commandement de la Force des Casques bleus tification des électeurs ;
de l’ONUCI et celui de la police des Nations unies • Stimuler l'élimination des incitations à la vio-
rendent également compte au SRSG. lence et à la haine dans les médias ;
La mission comporte également des unités • Promouvoir le désarmement et démantèlement
civiles qui s’occupent de divers aspects de son immédiats des milices sur l'ensemble du terri-
mandat, dont les droits de l’homme, l’assistance toire national ;
électorale, l’état de droit, le DDR (désarmement, dé- • S’assurer du non recours par toutes les parties
mobilisation, réinsertion) et l’information publique. ivoiriennes à la force, à la violence, et toutes
Toutefois, OCHA, responsable de la coordination formes de manifestations de rue de nature à
humanitaire, reste en dehors de la structure de la créer des troubles.
mission pour s'assurer une certaine indépendance Doté d'un tel mandat issu directement du Conseil
d'action réclamée par les ONG humanitaires. De ce de sécurité, le GTI est vite devenu un instrument
fait, l'ONUCI est une mission semi-intégrée. politique clé aux mains de la communauté interna-
Pour mieux faire comprendre le processus de tionale dans le but de faire respecter son agenda. Une
paix et le rôle de l’ONUCI aux collectivités locales initiative qui échouera finalement après seulement
et aux parties ivoiriennes, l’ONUCI a mis sur pied un peu plus de deux ans d'activité.
un service de radiodiffusion connu sous le nom Enfin, un réel effort de mise en œuvre du concept
d’ ONUCI-FM. Lancée en août 2004, la radio, a de mission intégrée a été réalisé au sein de l’ONUCI
pour but d’encourager le dialogue inter-ivoirien, entre 2005 et 2007. Il s’est notamment traduit par
les mesures suivantes :
. Pour davantage de détails sur les missions
intégrées, voir Xavier Zeebroek, « La difficile mise en
œuvre de l’intégration au sein des missions de paix », 10. Sur ces deux institutions, la plupart des
in Jocelyn Coulon et alii, Guide du maintien de la informations proviennent du site web de l’ONUCI
paix 2006, Éd. CEPES/Athéna, Montréal, octobre ([Link] consulté le
2005, p. 81-97. 3 janvier 2008.
12 Rapport du GRIP 2008/02
• Intensification de l’échange d’information grâce redéploiement de l’administration en zone rebelle
à la multiplication des réunions de coordination est très peu effectif en raison du manque d’argent
au sein de la mission (Senior Management et des réticences des Forces nouvelles à participer
Group, Programme Operations Group, Joint pleinement au processus de normalisation.
Operations Cell, réunions bilatérales, …) ; En matière de sécurité, les Casques bleus, avec
• Développement d’un système de sécurité in- l’aide des soldats de l’opération Licorne, ont certai-
tégré couvrant la mission et toutes les agences nement contribué à remplir la mission d’interposi-
du système des Nations unies présentes dans tion qui leur était assignée mais ont été débordés à
le pays ; plusieurs reprises lors des différentes émeutes qu’a
• Amélioration de la coopération entre les connues le pays en 2004 et en 2006.
différentes missions ONU de la sous-région Le retour des personnes déplacées – souvent ré-
(UNMIL, UNIOSIL, UNOGBIS) ; vélateur de la fin de l’insécurité – fut très modeste et
• Régularisation des contacts avec les autorités a essentiellement touché certaines zones de l’ouest
ivoiriennes, les décideurs politiques ou écono- du pays. Selon un rapport de OCHA/Côte d’Ivoire,
miques locaux ainsi que la société civile et les moins de 75 000 personnes ont été concernées en
médias. 2006 et 2007, soit un dixième des déplacés11.
En revanche, de l’aveu de nombreux respon- Toutefois, ces carences ne doivent pas être
sables onusiens, plusieurs difficultés importantes attribuées aux seules Nations unies car elles re-
n’ont pu être surmontées : flètent davantage le blocage politique ivoirien et
• La réticence des responsables locaux d’agences la méfiance extrême qui règne entre les anciens
onusiennes envers le concept même de mission belligérants et vis-à-vis de la communauté inter-
intégrée ; nationale, même après l’accord de Ouagadougou.
• Le peu d’esprit d’équipe, le manque de dis- La lutte pour le pouvoir est toujours très vive et
cipline et de confidentialité au sein même de semble primer sur toute autre considération de
l’ONUCI, en particulier parmi le personnel bonne gouvernance, d’État de droit, de meilleure
local ; répartition des richesses ou de bien-être des popu-
• Le manque de ressources financières, logistiques lations. Tant qu’un compromis durable ne sera pas
et humaines, notamment pour permettre à la trouvé entre tous les leaders politiques majeurs,
mission d’assurer sa propre sécurité ; il semble peu probable que l’ONUCI puissent
• La suspicion permanente des responsables efficacement remplir le mandat que le Conseil de
politiques locaux entre eux et vis-à-vis de la sécurité lui a attribué.
mission ;
• Les intérêts divergents des acteurs extérieurs,
tant au sein du Conseil de sécurité que du GTI,
ont brouillé la réponse de la communauté in-
ternationale face à la crise, en particulier en ce
qui concerne les sanctions ciblées.
Il est vrai qu’on serait bien en peine de présenter
un succès majeur enregistré par l’ONUCI depuis
sa création. De report en report, l’organisation des
élections – plus de deux ans après la date initiale-
ment fixée – en est toujours à ses prémisses et on
commence à nouveau à douter de la faisabilité de
la dernière échéance promise par le gouvernement
(juin 2008). Le désarmement des anciens com-
battants reste bloqué tant que la confiance n’est
pas revenue entre belligérants. L’intégration des
rebelles dans la nouvelle armée ivoirienne se heurte 11. « IDPs in Côte d’Ivoire – Immediate priorities
au refus du président de nommer certains officiers and further perspectives », OCHA/Côte d’Ivoire, juin
supérieurs issus des Forces nouvelles. Enfin, le 2007.
ONUCI : UNE MISSION SEMI-INTÉGRÉE OPÉRATION LICORNE
(Début 2007)
GOUVERNEMENT DE
RÉCONCILIATION GROUPE DE TRAVAIL
NATIONALE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ONU INTERNATIONAL (GTI)
Ban KI-Moon
REPRÉSENTANT SPÉC. SG
SRSG ADJOINT Pierre Schori SRSG ADJOINT/HC/RC/PNUDRR
pour Opérations et Etat de droit Coordination humanitaire -
Abou Moussa Redressement - Reconstruction
SECTION Abdoulaye Mar Dièye
DIVISION
côte d'ivoire : la paix malgré l'onu ?
Bureau de la ADMINISTRATION
COMM. &
COMMANDANT SECTION DDR
police civile INFO PUB.
DE LA FORCE Désarmement, démobilisation et
Bureau des droits
de l’homme Section Sécurité réintégration
JMAC
Section
Bureau
État de droit, SECTION AFFAIRES CIVILES
d’assistance SENIOR MANAGEMENT GROUP
syst. judiciaire
électorale
et prisons
Unité Unité Unité
sexo- SIDA Protection
HAC spécifique de
DONATEURS (Coordination de l’aide humanitaire) l’enfance
OCHA
CICR
ONG Autres
Comité international de ONG Locales Agences
Internationales PNUD HCR UNICEF PAM
la Croix-Rouge ONU
UN COUNTRY TEAM
13
14 Rapport du GRIP 2008/02
vaccination de routine, la lutte contre la tuberculose
4. Crise humanitaire soft et le SIDA/VIH ne sont plus assurés.
Au début, le gouvernement s’est montré très
Dès le début des troubles, la Côte d’Ivoire a peu coopératif avec les organismes de Nations
connu d’importants déplacements de populations, unies, allant même jusqu’à confisquer ou détruire
des violations généralisées des droits de l’homme des véhicules d’agences onusiennes. Dans le nord
et une détérioration du tissu économique et social en revanche, le MPCI s’est rapidement engagé à
garantir un accès libre et sûr aux travailleurs huma-
qui a touché de plein fouet les communautés les
nitaires. Dans l’ouest, la prolifération de groupes
plus vulnérables. Au début 2003, l’ONU avançait le armés incontrôlés pillant et terrorisant la population
chiffre de 800 000 déplacés et 400 000 réfugiés12. a longtemps rendu l’accès plus difficile.
Le conflit a divisé le pays en deux. Dans le nord Toute la crise humanitaire ivoirienne s’est
et dans l’ouest du pays, des centaines de milliers caractérisée par un sous-financement chronique
de personnes n’eurent plus eu accès aux soins de la part des pays donateurs. L’appel « éclair »
de santé primaires ainsi qu’à beaucoup d’autres lancé par l’ONU dès le début des événements ne
services publics du fait de la fuite de nombreux rassembla que moins de 20 % des besoins et à peine
fonctionnaires ou de l’arrêt du paiement de leur 40 % pour l’appel global de 2003. Cette situation
perdure encore aujourd’hui.
salaire. Les écoles furent également fermées dans
ces deux zones. Parallèlement, le recrutement En janvier 2006, beaucoup d’organisations
d’enfants soldats fut pratiqué par toutes les parties furent forcées d’évacuer du fait des émeutes et
au conflit13. Au cours du premier trimestre 2003, de manifestations contre les organisations inter-
la production industrielle avait baissé de 17,8 % nationales.
et le commerce de détail de 10,2 %. Le taux de En 2007, la violence et l’instabilité se mani-
croissance du pays devenait négatif festent encore sporadiquement en Côte d’Ivoire
Dans le nord du pays, les cultivateurs de coton malgré l’accord de Ougadougou. Le personnel du
ont connu de graves pénuries alimentaires du fait ministère de la Santé revient progressivement sur
de leur manque à gagner durant le conflit et dans les lieux de travail et les services médicaux repren-
l’ouest, des réfugiés libériens installés de longue nent mais pour la majorité des gens, il n’y a pas
date ainsi que des cultivateurs et des ouvriers ou peu de soins. La prévalence de l’infection par
agricoles burkinabés et maliens ont été chassés le VIH est estimée à 15 % dans certaines régions.
de leurs maisons, engendrant l’insécurité et la C’est dans les régions les plus isolées (à l’ouest)
malnutrition.
et dans l’ancienne « zone de confiance », zone
L’accès aux ressources alimentaires et aux tampon entre le nord et le sud, que les besoins de
services sanitaires en général dans les régions de santé primaire restent importants.
l’Ouest de la Côte d’Ivoire, a quasiment disparu.
Malgré le fait que les combats ont cessé après
Cette région, surnommée « le Wild West »,
novembre 2004, une majorité de fonctionnaires
apparaît comme exsangue. Les différentes actions
n’ont pas réintégré leur poste, le conflit n’étant
entreprises par les organisations humanitaires
pas résolu. Ce n’est que dans le courant 2007 que,
nationales et internationales ne peuvent, à elles
progressivement, les structures du ministère de la
seules, combler les besoins. Les ONG constatent
Santé retrouvent leurs capacités de fonctionnement.
une hausse sensible des taux de malnutrition, de
Les centres de santé périphériques sont mainte-
morbidité et de mortalité. Du fait du conflit et de
nant en mesure d’assurer des soins primaires à
la partition du pays, les routes ont été coupées. Les
l’essentiel de la population. Des écoles ont repris
grands programmes nationaux sanitaires comme la
les cours et des distributions de repas de midi
sont organisées. Toutefois, dans l’ouest, moins de
75 000 personnes déplacées ont pu retourner chez
12. Rapports du Secrétaire général de l’ONU sur
elles en 2006 et 2007 car l’insécurité et l’absence
la Côte d’Ivoire du 26 mars 2003 (S/2003/374) et du 4
novembre 2003 (S/2003/1069). de cadre juridique ne leur permet pas de récupérer
leurs biens. Beaucoup d’ONG humanitaires ont
13. Voir le rapport du Secrétaire général de l’ONU
décidé de se retirer ou de fortement réduire leurs
du 21 décembre 2007 sur l’enfance et les conflits, qui
détaille le cas de la Côte d’Ivoire (S/2007/757).
activités en 2007.
côte d'ivoire : la paix malgré l'onu ? 15
Si la plupart des écoles ont provisoirement versement des indemnités d’installation ne sont pas
rouvert leurs portes, un tiers seulement des ensei- faits pour encourager les enseignants à reprendre
gnants a repris le travail. L’insécurité persistante, le travail. La crise de 2006 n’a fait qu’aggraver la
l’état de délabrement des établissements scolaires, situation du réseau scolaire, plusieurs écoles ayant
le manque de matériel pédagogique et la lenteur du été mises à sac ou détruites.
La Côte d’Ivoire en chiffres
Population 15 366 000 habitants
Mortalité en-dessous de 5 ans 195 pour 1 000
Espérance de vie 45,9 ans
Prévalence de la malnutrition dans la population totale 13 %
Revenu national brut par habitant 870 USD
Pourcentage de la population vivant avec moins d’un dollar par 14,8 %
jour
Proportion de la population n’ayant pas accès à l’eau potable 84 %
Déplacés (chiffres absolus et pourcentage de la population) 709 380 (4,6 %)
Réfugiés ► en Côte d’Ivoire 24 155 Libériens et 453 autres
► à l’étranger 15 000
Indice de crise et de vulnérabilité d’ECHO 3/3 (niveau le plus élevé)
Indice de développement humain du PNUD (IDH, 2006) 0,421 (soit 164e sur 177)
Sources : UNICEF 2005, UNDP Human Development Report 2006, FAO Statistical Division 2004 estimate, World Bank Key Development
Data and Statistics 2005, WHO Statistical Information System 2005, MDG 2004, UNHCR 2006 et 2007.
16 Rapport du GRIP 2008/02
Le deuxième problème cité est l’insécurité et
5. Confiance critique vis-à-vis l’impunité qui comptent parmi les facteurs qui ont
de l’ONU et des humanitaires contribué à affaiblir le niveau de confiance des
populations dans les institutions publiques.
À la demande du GRIP, une enquête14 a été Par ailleurs, une grande partie de la classe di-
réalisée en Côte d’Ivoire sur la base d’interviews rigeante a profité de la situation d’exception pour
menées auprès d’un échantillon de trente personnes commettre toute sorte d’abus.
vivants dans les villes d’Abidjan (capitale écono- S’agissant de l’impact de l’aide humanitaire sur
mique), Yamoussoukro (capitale politique), Daloa la vie des gens, la grande majorité des personnes
(ouest du pays), Toumodi (sud de Yamoussoukro) interrogées donne un avis positif. Les personnes
et Ayama à quelques kilomètres d’Abidjan. interviewées n’ont, dans la majorité, pas reçu
Les personnes interrogées ont eu un lien avec d’aide humanitaire mais connaissent, dans leur
la mission de l’ONUCI ou avec des organisations entourage, des personnes ayant bénéficié d’une
humanitaires, notamment sur le plan professionnel aide de cette nature. À ce sujet, il est pertinent de
ou en tant que bénéficières de l’aide humanitaire souligner que :
dispensée. Parmi elles, on retrouve notamment • même les personnes considérant de manière
des victimes de guerre, des déplacés de guerre ou positive les effets de l’aide humanitaire estiment
réfugiés, des personnes vulnérables et des membres que celle-ci n’est pas ciblée correctement ;
d’ONG locales. • la majorité des personnes interrogées jugent
D’autres, appartenant à des catégories plus l’attitude des organisations humanitaires ac-
éduquées – travailleurs, étudiants, autorités locales ceptable. Presque toutes leur font confiance.
– n’ont jamais bénéficié d’aide humanitaire mais Les organisations humanitaires jouissent d’une
ont néanmoins entretenu des relations privilégiées assez bonne image, même si, localement, on leur
avec la mission de maintien de la paix ou avec les accorde parfois moins de crédit. Les répondants,
organisations humanitaires. pour la plupart, n’accordent pas d’importance à la
Toutefois, cet échantillon ne peut pas être consi- provenance de l’aide ; elles considèrent plutôt que le
déré comme représentatif, tant du fait du choix jugement devrait s’élaborer sur la base des résultats
orienté des répondants que de leur petit nombre. obtenus auprès des personnes en détresse.
Parmi les problèmes les plus importants aux- À la question de citer les organisations qui ont
quels sont confrontées les populations ivoiriennes, fourni de l’aide humanitaire dans les régions visitées
les répondants identifient avant tout le chômage, lors de l’enquête, l’ONUCI vient en tête, 16 fois
phénomène qui frappe à présent toutes les couches citée, suivi par la Croix-Rouge, citée 14 fois, le
de la société ivoirienne. Cela n’étonne guère eu Haut commissariat aux réfugiés (HCR) cité 12 fois
égard aux différents troubles qu’a connu le pays et le Programme alimentaire mondial (PAM) cité
depuis le coup d’état de 1999. À titre d’exemple, 11 fois. Aucune ONG n’arrive dans le peloton de
les évènements de novembre 2004 qui ont eu des tête. De manière générale, la présence des acteurs
effets directs sur plusieurs moyennes et petites humanitaires est relativement bien perçue, même
entreprises et fortement découragé la présence des si le travail de ces mêmes acteurs, autrement dit la
communautés étrangères impliquées dans le secteur manière dont ceux-ci répartissent l'aide n'est pas
privé. Parallèlement, depuis le cycle d’instabilité toujours considérée comme équitable ou juste.
qui frappe le pays depuis 1999, les investissements Enfin, le gouvernement et les associations locales
privés (et étrangers) restent très faibles. sont aussi considérés comme des pourvoyeurs
d’aide importants.
Plus de la moitié des personnes interrogées
14. Constant Toboula, « Rapport d’enquête sur font modérément confiance en la Licorne tandis
l’évolution de l’acceptation des missions de maintien que douze autres ne lui font pas du tout confiance,
de la paix et des organisations humanitaires par les évoquant les tueries de novembre 2004. En résumé,
populations locales : le cas de la Côte d’Ivoire », selon les personnes interviewées, l’opération Li-
document imprimé et non publié, GRIP 2007, 16 corne se serait déployée en Côte d’Ivoire avec de
pages.
côte d'ivoire : la paix malgré l'onu ? 17
bonnes intentions, mais elle aurait quelque peu peu de patrouilles dans les villes et les banlieues.
perdu de sa crédibilité au cours des évènements Curieusement, un certain nombre de personnes
Toutefois, douze personnes pensent que l’opéra- interrogées pense que les Casques bleus sont sous
tion Licorne a contribué positivement à augmenter la dépendance de l’opération Licorne. La plupart
le niveau de sécurité des communautés, qu’elle des personnes interrogées leur reconnaît néanmoins
a joué un rôle dissuasif, souvent par sa simple une participation active en matière d’aide d’urgence
présence, tant dans la zone de confiance que dans aux populations civiles, ainsi que d’avoir contribué
les tentatives de prise de certaines localités par à la sécurité des actions humanitaires.
les rebelles. De plus, selon certains, elle aurait La présence des contingents des Forces impar-
permis d’éviter que davantage d’exactions ne tiales est perçue comme un élément positif pour ce
soient commises. qui est de l’aide humanitaire par le fait qu’elles ont
L’attitude de l’ONUCI, est jugée globalement garanti les conditions de sécurité nécessaires pour
acceptable et elle jouit également d’une confiance que les acteurs humanitaires puissent effectivement
modérée. Malgré cela, la présence des Casques travailler. Une distinction est à faire pour ce qui
bleus ne semble avoir apporté que peu de sécurité est des Forces impartiales, entre l'ONUCI et le
car on leur reproche de ne sécuriser que leurs diffé- contingent Licorne, la perception du second étant
rentes bases et lieux de résidence en organisant trop moins positive pour des raisons politiques.
18 Rapport du GRIP 2008/02
le camp présidentiel. En imposant un Premier
6. Dérive et échec de la ministre aux pouvoirs élargis et en s’érigeant en
communauté internationale arbitre sur la question électorale, le Conseil de
sécurité n’a-t-il pas outrepassé son rôle ? N’a-t-il
La Côte d’Ivoire connaît depuis cinq ans une pas placé l’ONUCI et toutes les agences locales
crise particulièrement atypique. Tout d’abord, le des Nations unies dans une position intenable qui a
pays n’a jamais connu de guerre à proprement par- finalement mis en danger son personnel ? Il s’agit
ler. Après le coup d’État raté du 19 septembre 2002, en tout cas d’une dérive des résolutions onusiennes
les positions géographiques des différents acteurs à partir d’un schéma classique d’interposition et de
se sont rapidement figées du fait de l’interposition maintien de la paix vers une irruption inhabituelle
du contingent français de l’opération Licorne au sein de la politique intérieure ivoirienne
puis des Casques bleus de l’ONUCI. Au total, il Aujourd’hui, le résultat le plus notable en est la
y eut très peu de victimes ou de dégâts matériels. perte par la communauté internationale de ses prin-
Paradoxalement, il y eut plus de destructions et cipaux outils de pression (GTI et HRE), l’ONUCI
de pillages lors des émeutes de 2004 et de 2006, étant réduite au rôle de témoin et de soutien lo-
surtout à Abidjan et dans l’ouest du pays. gistique. Car finalement, le plus remarquable dans
En outre, l’État n’est pas en faillite, les in- l’accord de Ouagadougou est son initiative pure-
frastructures sont fonctionnelles mais elles ont ment ivoirienne, même si son contenu reprend de
été désertées dans le nord et l’ouest du pays de- nombreux éléments des résolutions onusiennes.
puis 2002 et le redéploiement des fonctionnaires Malgré tout, l’ONUCI semble garder une cer-
prévu par les résolutions de l’ONU et l’accord de taine confiance auprès de la population qui l’ap-
Ougadougou reste limité. Même dans l’espace précie surtout pour la sécurisation des opérations
restreint qu’elles connaissent depuis le début de la humanitaires. Le contraste avec la Force Licorne
crise, les institutions politiques nationales ont tant dont la crédibilité a fortement baissé, est notable,
bien que mal continué de fonctionner. La classe surtout depuis les évènements de 2004.
moyenne ivoirienne a souffert du conflit mais reste À l’image de beaucoup d’autres missions
active. Enfin, il n’y a pas eu de crise humanitaire modernes, l’ONUCI a d’emblée reçu un mandat
d’envergure même si les besoins non satisfaits ont ambitieux qui impliquait une mission multidimen-
évidemment augmenté de manière considérable sionnelle à la structure semi-intégrée. Des efforts
depuis le début du conflit. Aujourd’hui, après un importants de cohérence ont été consentis par les
important travail réalisé dans l’urgence entre 2002 responsables onusiens mais le manque de confiance
et 2004, les organisations humanitaires réduisent (parfois au sein même de la mission) et le blocage
leurs activités ou se retirent complètement, sauf politique persistant n’ont pas permis d’engranger
dans l’ouest du pays. Toutefois, les souffrances des résultats majeurs. En fait, tout au long de cette
des plus pauvres restent préoccupantes. crise, l’action traditionnelle de l’ONUCI – au delà
Dans ce contexte, une grande partie de la de la simple interposition et du maintien de l’ordre
classe politique ivoirienne ne s’est pas montrée – n’a jamais véritablement pu être mise en œuvre,
prête à suivre docilement toutes les orientations spécialement en ce qui concerne le désarmement des
de la communauté internationale, singulièrement belligérants, la réforme du secteur de sécurité et bien
lorsque celles-ci étaient inspirées par la diplomatie sûr les élections sans cesse reportées depuis 2005.
française. Ce fut le cas à plusieurs reprises, no- Cette impuissance a miné la vie des responsables
tamment à l’occasion des multiples tentatives de de la mission de l’ONU car elle les discréditait
médiations françaises puis sud-africaines qui ont vis-à-vis de la classe politique ivoirienne et même
accouché de nombreux accords de paix rarement au sein du système onusien tout en renforçant la
mis en pratique. Mais ce ne fut pas différent lorsque méfiance entre la communauté internationale et les
les Nations unies et le GTI ont tenté d’imposer une autorités nationales. Si bien qu’aujourd’hui, on ne
solution politique à la crise. Sous la pression de peut affirmer que la situation soit débloquée. En
la France, l’ONU a voté deux résolutions (1633 effet, alors que les deux principaux protagonistes
et 1721) très intrusives qui ont fortement entamé se sont partagés le pouvoir et ont mis au point leur
son image d’impartialité et n’ont fait que raidir propre scénario de sortie de crise, l’ONU maintient
côte d'ivoire : la paix malgré l'onu ? 19
ses effectifs et reconduit régulièrement le mandat
de l’ONUCI et l’opération Licorne a certes dimi-
nué sa présence mais n’est pas prête à quitter le
territoire. Tous les protagonistes restent braqués sur
l’enregistrement des votants et sur l’organisation
des élections, véritable nœud gordien de la lutte de
pouvoir dans le pays depuis plus de dix ans.
20 Rapport du GRIP 2008/02
Annexe 1.
Conseil de sécurité : Résolution 1721 (1er novembre 2006)
Nations Unies S/RES/1721 (2006)
Conseil de sécurité Distr. générale
1er novembre 2006
Résolution 1721 (2006)
Adoptée par le Conseil de sécurité à sa 5561e séance,
le 1er novembre 2006
Le Conseil de sécurité,
Rappelant ses résolutions antérieures et les déclarations de son président
concernant la situation en Côte d’Ivoire,
Réaffirmant son ferme attachement au respect de la souveraineté, de
l’indépendance, de l’intégrité territoriale et de l’unité de la Côte d’Ivoire, et
rappelant l’importance des principes de bon voisinage, de non-ingérence et de
coopération régionale,
Rappelant qu’il a entériné l’Accord signé par les forces politiques ivoiriennes
à Linas-Marcoussis le 24 janvier 2003 (S/2003/99) (l’Accord de Linas-Marcoussis)
approuvé par la Conférence des chefs d’État sur la Côte d’Ivoire tenue à Paris les 25
et 26 janvier 2003, l’Accord signé à Accra le 30 juillet 2004 (l’Accord d’Accra III)
et l’Accord signé à Pretoria le 6 avril 2005 (l’Accord de Pretoria),
Félicitant l’Union africaine, la Communauté économique des États de
l’Afrique de l’Ouest et les dirigeants de la région des efforts qu’ils continuent de
déployer en vue de promouvoir la paix et la stabilité en Côte d’Ivoire, et leur
renouvelant son plein soutien,
Rendant hommage au Président Thabo Mbeki, de la République sud-africaine,
pour les efforts inlassables qu’il a déployés au service de la paix et de la
réconciliation en Côte d’Ivoire et les nombreuses initiatives qu’il a prises pour faire
avancer le processus de paix, en sa qualité de Médiateur de l’Union africaine, mû
par sa profonde détermination à trouver des solutions africaines aux problèmes
africains,
Saluant les efforts continus du Représentant spécial du Secrétaire général,
M. Pierre Schori, du Haut Représentant pour les élections, M. Gérard Stoudmann, et
du Groupe de travail international (GTI), et leur réitérant son plein appui,
Réaffirmant son appui aux forces impartiales, à savoir l’Opération des Nations
Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) et les forces françaises qui lui apportent leur appui,
Ayant pris note de la décision que le Conseil de paix et de sécurité de l’Union
africaine, réuni au niveau des chefs d’État et de gouvernement, a adoptée à sa
06-59737 (F)
*0659737*
côte d'ivoire : la paix malgré l'onu ? 21
S/RES/1721 (2006)
soixante-quatrième réunion, tenue le 17 octobre 2006 à Addis-Abeba (« la décision
du Conseil de paix et de sécurité ») (S/2006/829),
Ayant entendu, le 25 octobre 2006, le rapport de M. Saïd Djinnit, Commissaire
de l’Union africaine,
Ayant pris note du rapport du Secrétaire général en date du 17 octobre 2006
(S/2006/821), notamment ses paragraphes 68 à 80,
Ayant à l’esprit que le mandat constitutionnel du Président Laurent Gbagbo a
expiré le 30 octobre 2005 et que le mandat de l’ancienne Assemblée nationale a
expiré le 16 décembre 2005,
Se déclarant vivement préoccupé par la persistance de la crise et la
détérioration de la situation en Côte d’Ivoire, notamment par leurs graves
conséquences humanitaires qui sont à l’origine de souffrances et de déplacements à
grande échelle parmi la population civile,
Condamnant à nouveau fermement toutes les violations des droits de l’homme
et du droit international humanitaire commises en Côte d’Ivoire,
Considérant que la situation en Côte d’Ivoire continue de mettre en péril la
paix et la sécurité internationales dans la région,
Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies,
1. Souscrit à la décision du Conseil de paix et de sécurité, souligne que son
application sans entrave exige le plein appui du Conseil, considère en conséquence
que les dispositions ci-après de la présente résolution, fondées sur la décision du
Conseil de paix et de sécurité, visent à mettre pleinement en œuvre le processus de
paix en Côte d’Ivoire et à organiser des élections libres, ouvertes, régulières et
transparentes dans ce pays d’ici au 31 octobre 2007, et affirme que ces dispositions
sont destinées à s’appliquer durant la période de transition jusqu’à ce qu’un
président nouvellement élu prenne ses fonctions et qu’une nouvelle assemblée
nationale soit élue;
2. Prend note du dixième communiqué final du GTI en date du 8 septembre
2006;
3. Prend note également de l’impossibilité d’organiser des élections
présidentielle et législatives à la date prévue et de l’expiration, le 31 octobre 2006,
de la période de transition et des mandats du Président Laurent Gbagbo et du
Premier Ministre, M. Charles Konan Banny;
4. Rappelle les paragraphes 5 et 8 du dixième communiqué final du GTI
daté du 8 septembre 2006, le paragraphe 10 de la décision du Conseil de paix et de
sécurité et le paragraphe 75 a) du rapport du Secrétaire général daté du 17 octobre
2006 (S/2006/821) et déclare, par conséquent, que la pleine application de la
présente résolution, conformément aux paragraphes 13 et 14 de la décision du
Conseil de paix et de sécurité, et du processus de paix conduit par le Premier
Ministre exige que toutes les parties ivoiriennes s’y conforment totalement et
qu’elles ne puissent se prévaloir d’aucune disposition juridique pour faire obstacle à
ce processus;
2 06-59737
22 Rapport du GRIP 2008/02
S/RES/1721 (2006)
5. Souscrit à la décision du Conseil de paix et de sécurité selon laquelle le
Président Laurent Gbagbo demeurera chef de l’État à partir du 1er novembre 2006
pour une nouvelle et dernière période de transition n’excédant pas 12 mois;
6. Approuve la décision du Conseil de paix et de sécurité de proroger le
mandat du Premier Ministre, M. Charles Konan Banny, à partir du 1er novembre
2006, pour une nouvelle et dernière période de transition n’excédant pas 12 mois, et
sa décision selon laquelle le Premier Ministre ne pourra se présenter à l’élection
présidentielle qui sera organisée avant le 31 octobre 2007;
7. Souligne que le Premier Ministre aura pour mandat de mettre en œuvre
toutes les dispositions de la feuille de route établie par le GTI et des accords conclus
entre les parties ivoiriennes en vue de l’organisation d’élections libres, ouvertes,
régulières et transparentes d’ici au 31 octobre 2007 au plus tard avec l’appui de
l’Organisation des Nations Unies et de donateurs potentiels, et de conduire en
particulier :
– Le programme de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR);
– Les opérations d’identification de la population et d’enregistrement des
électeurs en vue d’établir des listes électorales crédibles;
– Les opérations de désarmement et de démantèlement des milices;
– La restauration de l’autorité de l’État et le redéploiement de l’administration et
des services publics sur l’ensemble du territoire ivoirien;
– La préparation technique des élections;
– La restructuration des forces armées, conformément au paragraphe 17 de la
décision du Conseil de paix et de sécurité et à l’alinéa f) du paragraphe 3 de
l’Accord de Linas-Marcoussis;
8. Souligne que le Premier Ministre, pour l’exécution du mandat mentionné
au paragraphe 7 ci-dessus, doit disposer de tous les pouvoirs nécessaires, de toutes
les ressources financières, matérielles et humaines requises et d’une autorité totale
et sans entraves, conformément aux recommandations de la CEDEAO en date du
6 octobre 2006, et qu’il doit pouvoir prendre toutes les décisions nécessaires, en
toutes matières, en Conseil des ministres ou en Conseil de gouvernement, par
ordonnance ou décret-loi;
9. Souligne également que le Premier Ministre, pour l’exécution du mandat
mentionné au paragraphe 7 ci-dessus, doit disposer également de toute l’autorité
nécessaire sur les Forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire;
10. Rappelle l’alinéa iii) du paragraphe 10 de la décision du Conseil de paix
et de sécurité de l’Union africaine en date du 6 octobre 2005 (S/2005/639) ainsi que
la déclaration du Président du Conseil en date du 9 décembre 2005
(S/PRST/2005/60), réaffirme les dispositions des paragraphes 6 et 7 de la résolution
1633 (2005) et rappelle que le Premier Ministre exercera sa pleine autorité sur le
gouvernement qu’il constituera;
11. Réaffirme que les opérations de DDR et d’identification doivent être
conduites de façon concomitante, souligne le rôle central des deux opérations dans
le processus de paix, engage le Premier Ministre à les mettre en œuvre sans délai, et
demande à toutes les parties ivoiriennes de coopérer pleinement avec lui à ce sujet;
06-59737 3
côte d'ivoire : la paix malgré l'onu ? 23
S/RES/1721 (2006)
12. Exige la reprise immédiate du programme de désarmement et de
démantèlement des milices sur l’ensemble du territoire national, souligne que ce
programme est un élément clef du processus de paix et souligne aussi la
responsabilité personnelle des chefs des milices dans la mise en œuvre complète de
ce processus;
13. Demande instamment au Premier Ministre de prendre immédiatement,
par la voie d’ordonnances qu’il signera dans les conditions énoncées au paragraphe
8 ci-dessus, toutes les mesures appropriées en vue d’accélérer la délivrance des
certificats de naissance et de nationalité dans le cadre du processus d’identification,
dans un esprit d’équité et de transparence;
14. Exige de toutes les parties ivoiriennes concernées, en particulier des
forces armées des Forces nouvelles et les Forces armées de Côte d’Ivoire, qu’elles
participent pleinement et de bonne foi aux travaux de la commission quadripartite
chargée de surveiller la mise en œuvre du programme de DDR et des opérations de
désarmement et de démantèlement des milices;
15. Invite le Premier Ministre à établir immédiatement, en liaison avec toutes
les parties ivoiriennes, l’ONUCI et les forces françaises qui la soutiennent, un
groupe de travail chargé de lui soumettre un plan sur la restructuration des forces de
défense et de sécurité et de préparer d’éventuels séminaires sur la réforme du
secteur de la sécurité qui seraient organisés par l’Union africaine et la CEDEAO, en
vue de refonder des forces de défense et de sécurité attachées aux valeurs d’intégrité
et de moralité républicaines;
16. Encourage l’Union africaine et la CEDEAO à organiser des séminaires
sur la réforme du secteur de la sécurité, en collaboration avec des partenaires et avec
la participation d’officiers de commandement et d’officiers supérieurs de pays
d’Afrique de l’Ouest sortant d’un conflit, afin d’examiner, entre autres questions, les
principes du contrôle civil des forces armées et de la responsabilité personnelle pour
des actes d’impunité ou des violations des droits de l’homme;
17. Invite le Premier Ministre à établir immédiatement, en liaison avec toutes
les parties ivoiriennes concernées et le Haut Représentant pour les élections, un
groupe de travail chargé de l’aider à mettre en œuvre les opérations d’identification
de la population et d’enregistrement des électeurs, afin d’assurer leur crédibilité et
leur transparence;
18. Encourage le Premier Ministre à solliciter, en tant que de besoin, la
participation active de la société civile, afin de faire avancer le processus de paix, et
demande instamment aux parties ivoiriennes, au Haut Représentant pour les
élections et à l’ONUCI de tenir compte des droits et des ressources des femmes et
des sexospécificités, conformément à la résolution 1325 (2000), en tant que
questions intersectorielles, dans la mise en œuvre du processus de paix, y compris
par des consultations avec les groupes de femmes locaux et internationaux;
19. Exige de toutes les parties ivoiriennes qu’elles mettent un terme à toutes
les incitations à la haine et à la violence, à la radio, à la télévision et dans tous les
autres médias, et engage le Premier Ministre à établir et à mettre en œuvre sans
délai un code de bonne conduite à l’intention des médias, conformément aux
décisions prises à Yamoussoukro le 5 juillet 2006 et à la décision du Conseil de paix
et de sécurité;
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24 Rapport du GRIP 2008/02
S/RES/1721 (2006)
20. Approuve la décision du Conseil de paix et de sécurité selon laquelle,
pour éviter des médiations multiples et conflictuelles, le Président de la République
du Congo, M. Denis Sassou Nguesso (« le Médiateur »), en sa qualité de Président
de l’Union africaine, dirigera les efforts de médiation en liaison avec les Présidents
de la Commission de l’Union africaine et de la CEDEAO et, si nécessaire, en liaison
avec tout autre dirigeant africain disposé à apporter une contribution à la recherche
de la paix en Côte d’Ivoire, et souligne que le représentant du Médiateur dans ce
pays conduira, en liaison avec le Représentant spécial du Secrétaire général, la
médiation au quotidien;
21. Demande à l’Union africaine et à la CEDEAO de continuer à surveiller et
à suivre de près la mise en œuvre du processus de paix, les invite à examiner les
progrès accomplis avant le 1er février 2007 et, si elles le jugent approprié, à
réexaminer la situation après cette date et avant le 31 octobre 2007, et les prie de lui
rendre compte, par l’intermédiaire du Secrétaire général, de leur évaluation et, au
besoin, de lui soumettre toutes nouvelles recommandations;
22. Renouvelle pour une durée de 12 mois le mandat du Haut Représentant
pour les élections défini au paragraphe 7 de la résolution 1603 (2005), souligne que
le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a encouragé le Haut
Représentant pour les élections à jouer un rôle plus important dans le règlement des
différends liés au processus électoral, ou des difficultés issues des procédures et
processus devant être adoptés pour assurer des élections ouvertes, libres, régulières
et transparentes, et décide par conséquent qu’en plus de ce mandat, le Haut
Représentant pour les élections, avec le plein appui du Premier Ministre et en
consultation avec celui-ci :
– Sera la seule autorité habilitée à rendre les arbitrages nécessaires en vue de
prévenir ou résoudre toute difficulté ou contentieux liés au processus électoral,
en liaison avec le Médiateur;
– Certifiera que tous les stades du processus électoral, y compris les opérations
d’identification de la population et d’établissement des listes électorales et la
délivrance de cartes d’électeur, fourniront toutes les garanties nécessaires pour
la tenue d’élections présidentielle et législatives ouvertes, libres, régulières et
transparentes, conformément aux normes internationales;
23. Demande à l’ONUCI, conformément au mandat énoncé dans la
résolution 1609 (2005) concernant la protection du personnel des Nations Unies,
d’assurer la sécurité du Haut Représentant pour les élections dans les limites de ses
capacités et de ses zones de déploiement;
24. Rappelle le paragraphe 9 ci-dessus, et souligne qu’il en découle que le
personnel des Forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire qui assure la
protection rapprochée et la sécurité des bureaux du Premier Ministre doit être sous
l’autorité de celui-ci, qui doit notamment le nommer, sans préjudice des dispositions
du paragraphe 2 l) de la résolution 1609 (2005);
25. Rappelle le rôle de garant et d’arbitre impartial du processus de paix du
GTI, et demande à celui-ci :
– D’établir dès que possible, en liaison avec le Premier Ministre, un calendrier
précis pour la mise en œuvre des principaux aspects de la feuille de route;
06-59737 5
côte d'ivoire : la paix malgré l'onu ? 25
S/RES/1721 (2006)
– D’évaluer, de surveiller et de suivre de près, chaque mois, les progrès réalisés
dans la mise en œuvre de la feuille de route;
– De lui rendre compte, par l’intermédiaire du Secrétaire général, de son
évaluation à ce sujet et de tout obstacle rencontré par le Premier Ministre dans
l’exercice de son mandat, tel qu’énoncé au paragraphe 7 ci-dessus;
– De lui soumettre, en tant que de besoin, ainsi qu’à toutes les parties ivoiriennes
concernées, toutes les recommandations qu’il jugera nécessaires;
26. Exige de toutes les parties ivoiriennes qu’elles s’abstiennent de tout
recours à la force et à la violence, y compris contre les civils et les étrangers, et de
toutes formes de manifestations de rue de nature à créer des troubles;
27. Exige également de toutes les parties ivoiriennes qu’elles garantissent la
sécurité et la liberté de circulation sur l’ensemble du territoire ivoirien de tous les
ressortissants ivoiriens;
28. Exige en outre de toutes les parties ivoiriennes qu’elles coopèrent
pleinement aux opérations de l’ONUCI et des forces françaises qui la soutiennent,
de même qu’à celles des organismes des Nations Unies et des personnels associés,
notamment en garantissant la sécurité et la liberté de circulation de leur personnel et
des personnels associés sur tout le territoire ivoirien, et réaffirme qu’aucune entrave
à leur liberté de mouvement et à la pleine mise en œuvre de leur mandat ne sera
tolérée;
29. Demande instamment aux pays voisins de la Côte d’Ivoire d’empêcher
tout mouvement transfrontière de combattants ou d’armes vers la Côte d’Ivoire;
30. Se déclare à nouveau gravement préoccupé par toutes les violations des
droits de l’homme et du droit international humanitaire commises en Côte d’Ivoire,
et demande instamment aux autorités ivoiriennes d’enquêter sans retard sur ces
violations afin de mettre un terme à l’impunité;
31. Rappelle la responsabilité individuelle de toutes les parties ivoiriennes, y
compris des membres des Forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire et des
forces armées des Forces nouvelles, quel que soit leur grade, dans la mise en œuvre
du processus de paix;
32. Souligne qu’il est totalement prêt à imposer des sanctions ciblées contre
les personnes, désignées par le Comité établi par le paragraphe 14 de la résolution
1572 (2004), qui sont reconnues, entre autres choses, comme entravant la mise en
œuvre du processus de paix, y compris en attaquant ou en faisant obstacle à l’action
de l’ONUCI, des forces françaises qui la soutiennent, du Haut Représentant pour les
élections, du GTI, du Médiateur ou de son représentant en Côte d’Ivoire, comme
responsables de violations graves des droits de l’homme et du droit international
humanitaire perpétrées en Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002, comme
incitant publiquement à la haine et à la violence ou agissant en violation de
l’embargo sur les armes, conformément aux résolutions 1572 (2004) et 1643 (2005);
33. Décide de demeurer activement saisi de la question.
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26 Rapport du GRIP 2008/02
Annexe 2.
Accord politique de Ouagadougou (4 mars 2007)
PREAMBULE
A l’invitation de Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Burkina Faso, en
sa qualité de Président en exercice de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de
la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), agissant sur mandat
exprès de celle-ci, deux délégations de la République de Côte d’Ivoire, l’une représentant le
Président de la République et l’autre les Forces Nouvelles, se sont rencontrées à Ouagadougou
du 05 février au 03 mars 2007...
Cette rencontre fait suite à l’annonce, le 19 décembre 2006, du plan de sortie de crise du
Président Laurent GBAGBO qui a saisi, le 23 janvier 2007, le Président en exercice de la
CEDEAO pour faciliter le dialogue direct entre les ex-belligérants du conflit armé en Côte
d’Ivoire.
Le Président Blaise COMPAORE, après avoir consulté le Secrétaire Général des Forces
Nouvelles, Monsieur Guillaume SORO, les différents acteurs de la scène politique ivoirienne,
ainsi que le Premier Ministre, Monsieur Charles Konan BANNY, y a marqué son accord et a
préconisé que ce dialogue direct s’inscrive dans le cadre de la résolution 1721 (2006) adoptée
par le Conseil de sécurité des Nations Unies le 1er novembre 2006.
Au cours de leurs échanges, la Délégation de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire,
conduite par Monsieur Désiré TAGRO, Conseiller Spécial du Président Laurent GBAGBO,
Porte-parole de la Présidence de la République de Côte d’Ivoire, et la Délégation des Forces
Nouvelles, conduite par Monsieur Louis-André DACOURY-TABLEY, Secrétaire Général Adjoint
des Forces Nouvelles et Ministre de la Solidarité et des Victimes de guerre, profondément
attachées à une sortie heureuse de la crise en Côte d’Ivoire, ont procédé à une analyse de la
situation intérieure.
Elles ont souligné l’impérieuse nécessité de construire la paix et la stabilité ; de lutter contre
l’insécurité grandissante, le chômage et la pauvreté ; de restaurer l’autorité de l’Etat sur
l’ensemble du territoire national et de garantir la libre circulation des personnes et des biens sur
toute l’étendue du territoire national.
En raison de la responsabilité particulière qu’elles ont dans la conduite du processus de sortie
de crise, les deux Parties au conflit armé en Côte d’Ivoire ont reconnu l’impérieuse nécessité de
se mettre ensemble pour consolider la paix, promouvoir une véritable réconciliation nationale
et parvenir à une normalisation politique et institutionnelle, à travers un dialogue permanent et
une confiance mutuelle.
Après avoir identifié les problèmes rencontrés dans la mise en œuvre des Accords de Linas-
Marcoussis, d’Accra et de Pretoria, ainsi que des Résolutions de l’ONU sur la Côte d’Ivoire, les
Parties, en vue d’arrêter des décisions, ont réaffirmé :
- leur attachement au respect de la souveraineté, de l’indépendance, de l’intégrité territoriale et
de l’unité de la Côte d’Ivoire ;
- leur attachement à la Constitution ;
- leur attachement aux Accords de Linas-Marcoussis, d’Accra et de Pretoria ;
- leur attachement à toutes les Résolutions des Nations Unies sur la Côte d’Ivoire, en particulier
aux Résolutions 1633 (2005) et 1721 (2006) du Conseil de Sécurité de l’ONU ;
- leur volonté de créer les conditions d’élections libres, ouvertes, transparentes et démocratiques ;
- leur volonté de mettre en commun leurs efforts et leurs énergies en vue d’un fonctionnement
normal des Institutions de la Côte d’Ivoire et d’un retour à la normalité politique, administrative
et militaire en Côte d’Ivoire.
côte d'ivoire : la paix malgré l'onu ? 27
Pour faciliter la mise en œuvre des Accords et des résolutions ci-dessus visés, notamment la
Résolution 1721 (2006), les Parties ont arrêté les décisions suivantes :
1. DE L’IDENTIFICATION GENERALE DES POPULATIONS
Les Parties signataires du présent Accord ont reconnu que l’identification des populations
ivoiriennes et étrangères vivant en Côte d’Ivoire constitue une préoccupation majeure. Le
défaut d’une identification claire et cohérente, de même que l’absence de pièces administratives
uniques attestant l’identité et la nationalité des individus constituent une source de conflits. Elles
ont, en conséquence, décidé de mettre fin à cette situation par les mesures suivantes :
1.1. La relance des audiences foraines d’établissement de jugements supplétifs d’actes
de naissance
1.1.1. Les audiences foraines seront relancées sur l’ensemble du territoire national dès la
mise en place du nouveau Gouvernement issu du présent Accord. Dans le but d’accélérer
la délivrance des jugements supplétifs d’acte de naissance, les magistrats appelés à animer
les nouvelles juridictions créées pour les besoins des audiences foraines seront nommés par
décret Présidentiel et dotés de moyens nécessaires pour leur mission.
1.1.2. Les opérations exceptionnelles d’audiences foraines qui dureront trois (03) mois délivreront
uniquement des jugements supplétifs tenant lieu d’actes de naissance aux personnes nées en
Côte d’Ivoire qui n’ont jamais été déclarées à l’état civil.
1.1.3. A l’occasion de la relance des audiences foraines, une campagne de sensibilisation,
d’information et de mobilisation impliquant les acteurs politiques, les Etats Majors Militaires et la
Société civile sera organisée pour inviter les personnes concernées à se présenter devant les
juridictions foraines de leur lieu de naissance pour se faire délivrer un jugement supplétif tenant
lieu d’acte de naissance.
1.1.4. Les Parties s’engagent à garantir la sécurité des opérations d’audiences foraines sur
toute l’étendue du territoire national.
1.2. La reconstitution des registres de naissance perdus ou détruits
Parallèlement aux audiences foraines d’établissement de jugements supplétifs d’actes de
naissance, les registres d’état civil perdus ou détruits dans certains centres d’état civil seront
reconstitués conformément aux dispositions de l’Ordonnance du 17 janvier 2007 et de son
Décret d’application qui devra être pris dans les meilleurs délais.
1.3. L’organisation d’une opération d’établissement de nouveaux titres d’identité (cartes
nationales d’identité et titres de séjour)
Les Parties s’engagent à organiser une opération exceptionnelle d’établissement de nouveaux
titres d’identité selon les modalités ci-après.
1.3.1. Identification ordinaire
[Link]. Les ivoiriens, assujettis à l’obligation de détention de la carte nationale d’identité,
disposant d’un certificat de nationalité et d’un acte de naissance ou d’un jugement supplétif d’acte
de naissance en tenant lieu, pourront bénéficier de la nouvelle carte nationale d’identité.
[Link]. Les non ivoiriens disposant d’un acte de naissance ou d’un jugement supplétif d’acte
de naissance en tenant lieu et d’un document consulaire indiquant leur nationalité pourront
bénéficier d’un nouveau titre d’identité correspondant à leur statut.
28 Rapport du GRIP 2008/02
1.3.2. Identification sur la base de la nouvelle liste électorale
[Link]. Dans un souci d’accélération de l’identification et compte tenu de la situation actuelle
de l’Administration en Côte d’Ivoire et des nécessités subséquentes de la sortie de crise, les
Parties conviennent de privilégier l’identification basée sur la liste électorale.
[Link]. A l’issue des audiences foraines, la CEl procèdera, sur la base de la liste électorale de
2000, à un recensement électoral, avec collecte des données biométriques sur toute l’étendue
du territoire national. Pourront s’inscrire sur la liste électorale les ivoiriens âgés de dix-huit (18)
ans au moins, munis d’un extrait d’acte de naissance ou d’un jugement supplétif d’acte de
naissance en tenant lieu.
[Link]. Tous les citoyens qui se seront fait enrôler sur la liste électorale se verront délivrer un
récépissé comportant leur numéro d’identification unique qui sera nécessaire pour le retrait de
la carte d’électeur et de la nouvelle carte nationale d’identité.
[Link]. Après la procédure de validation de la liste électorale par la CEl, un décret pris en
Conseil des ministres autorisera l’attribution de la nouvelle carte nationale d’identité à tous ceux
qui figureront sur la liste électorale définitive. Celle-ci servira de base de données commune
pour la délivrance des nouvelles cartes nationales d’identité et de la carte d’électeur.
1.3.3. Normes sur les nouveaux titres d’identité
[Link]. Les nouveaux titres d’identité seront infalsifiables, hautement sécurisés et comporteront
un numéro d’identification unique pour chaque titulaire.
[Link]. La confection et la délivrance des nouveaux titres d’identité seront assurées par l’Office
National d’Identification (ONI), sous la supervision de la Commission nationale de supervision
de l’Identification (CNSI).
[Link]. Pour l’opération d’identification, le Gouvernement fera appel, avec l’accord des deux
(02) Parties, à un opérateur technique désigné par décret pris en Conseil des Ministres.
II. DU PROCESSUS ELECTORAL
Soucieuses de parvenir, dans les meilleurs délais, à une paix durable et à une normalisation
politique et institutionnelle en Côte d’Ivoire, les Parties au Dialogue Direct réaffirment leur
engagement à préparer, à l’issue de l’opération d’identification, des élections Présidentielles
ouvertes, démocratiques et transparentes, conformément aux accords de Linas Marcoussis,
d’Accra et de Pretoria par les Forces politiques ivoiriennes. A cette fin, elles décident ce qui suit :
2.1. L’inscription sur la liste électorale
2.1.1. Les Parties conviennent que l’inscription sur la liste électorale sera établie par l’Institut
National de la Statistique (INS) et l’opérateur technique désigné par le Gouvernement pour
l’identification. Ces deux opérateurs accompliront leur mission sous la responsabilité de la
CEl.
2.1.2. Tous les citoyens ivoiriens en âge de voter pourront s’inscrire sur la liste électorale. A cet
effet, ils devront se munir d’une des pièces suivantes : un extrait d’acte de naissance ou un
jugement supplétif d’acte de naissance en tenant lieu.
2.1.3. Un décret pris en Conseil des Ministres fixera les modalités d’inscription sur la liste
électorale conformément aux dispositions du Code électoral.
2.2. La publication de la liste électorale définitive
2.2.1. La liste électorale définitive, validée par la CEl, sera publiée conformément aux dispositions
de l’article 11, al. 2 du Code électoral, ou par toute autre voie convenue par les Parties.
côte d'ivoire : la paix malgré l'onu ? 29
2.3. L’établissement et la distribution des cartes électorales
2.3.1. Après sa publication, la liste électorale définitive donnera lieu à l’établissement des cartes
d’électeurs sous la responsabilité de la CEl.
2.3.2. La distribution des cartes d’électeurs sera assurée par la CEl à travers ses démembrements
deux semaines au plus tard avant la date des élections, conformément à l’article 5 du Code
électoral.
2.3.3. L’électeur qui n’aura pas pu retirer sa carte d’électeur dans le délai prévu dans le
paragraphe ci-dessus pourra néanmoins voter avec sa nouvelle carte nationale d’identité, s’il
est régulièrement inscrit sur la liste électorale.
2.4. Collaboration entre les structures intervenant dans le processus électoral
2.4.1. Dans un souci de transparence et d’efficacité, sous l’autorité de la CEl, l’INS et
l’Opérateur technique désigné par le Gouvernement collaboreront pour l’établissement des
cartes d’électeur.
2.4.2. Un décret pris en Conseil des ministres précisera les modalités de cette collaboration.
III. DES FORCES DE DEFENSE ET DE SECURITE DE CÔTE D’IVOIRE
Les Parties au présent Accord, conscientes que l’Armée nationale doit être le reflet de l’unité
et de la cohésion nationales et la garante de la stabilité des institutions républicaines, se sont
engagées à procéder à la restructuration et à la refondation des deux armées en vue de la mise
en place de nouvelles forces de défense et de sécurité attachées aux valeurs d’intégrité et de
moralité républicaine.
Un mécanisme spécial de restructuration et de refondation de l’Armée sera adopté par
ordonnance pour fixer le cadre général d’organisation, de composition et de
fonctionnement des nouvelles Forces de Défense et de Sécurité. En conséquence, les deux
Parties décident de procéder à l’unification des deux forces en présence par la création d’une
structure opérationnelle intégrée.
3.1. La mise en place d’un Centre de commandement intégré (CCI)
3.1.1. Dans un esprit de cogestion des questions liées à la Défense et à la Sécurité, les deux
(02) Parties ex-belligérantes conviennent de créer un Centre de commandement intégré
chargé d’unifier les forces combattantes en présence et de mettre en œuvre les mesures de
restructuration des Forces de Défense et de Sécurité de Côte d’Ivoire.
3.1.2. Le Centre de commandement intégré adoptera son organigramme et sera placé sous le
commandement conjoint du Chef d’Etat Major Général des FANCI et du Chef d’Etat Major des
FAFN. Il sera paritairement composé d’Officiers désignés par les deux (02) Chefs d’Etat Major.
3.1.3. Le Centre de commandement intégré aura pour missions essentielles :
- la contribution à l’élaboration de la politique de défense et de sécurité ;
- la mise en œuvre du Programme National de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion
(PNDDR), sous la supervision des Forces impartiales ;
- l’opérationnalisation des tâches militaires et de sécurité liées au processus de sortie de crise ;
- la sécurisation des audiences foraines, des opérations d’identification, ainsi que la sécurité du
processus électoral ;
- la mise en place d’unités militaires et paramilitaires mixtes ;
- la coordination des mesures visant à garantir la protection et la libre circulation des personnes
et des biens sur toute l’étendue du territoire national.
30 Rapport du GRIP 2008/02
3.2. Du Programme National de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion
3.2.1. Les Parties au présent Accord conviennent de procéder, dans les meilleurs délais, au
désarmement des forces en présence conformément aux
recommandations des Accords de Linas-Marcoussis et aux modalités prévues dans les accords
militaires suivants :
Le Plan Conjoint des Opérations du DDR (PCO) signé le 09 janvier 2004 et actualisé lors du
séminaire sur le désarmement organisé du 02 au 06 mai 2005 à Yamoussoukro sous l’égide de
la médiation Sud-Africaine ;
Le Programme national de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion (PNDDR/RC) et
son chronogramme, adoptés le 9 juillet 2005 à Yamoussoukro ;
Les conclusions de la séance de travail tenue à Yamoussoukro le samedi 14 mai 2005 entre les
Chefs d’Etat-major (CEM) des FOS et des FAFN.
3.2.2. Les Parties conviennent d’accélérer le démantèlement et le désarmement des milices.
3.2.3. Les Parties conviennent d’accélérer le processus de regroupement sur les dix sept (17)
sites préalablement localisés et d’exécuter le chronogramme du PNDDR actualisé.
3.3. Le Service civique
3.3.1. Les deux (02) Parties conviennent que le Service civique, destiné à encadrer toute la
jeunesse de Côte d’Ivoire et à la former en vue d’un emploi, accueillera également tous les
jeunes qui se sont familiarisés avec le maniement des armes pour les besoins de la guerre,
dans le but de les encadrer et de les former pour de futurs emplois civils ou militaires.
3.3.2. L’organisation et le fonctionnement du Service civique seront définis par décret pris en
Conseil des Ministres.
IV. DE LA RESTAURATION DE L’AUTORITE DE L’ETAT ET DU REDEPLOIEMENT DE
L’ADMINISTRATION SUR L’ENSEMBLE DU TERRITOIRE NATIONAL
4.1. Fermement déterminées à parvenir à la normalisation politique et institutionnelle en Côte
d’Ivoire, les Parties au présent Accord s’engagent à
restaurer l’autorité de l’Etat et à redéployer l’administration et tous les services publics sur
l’ensemble du territoire national.
4.2. Le redéploiement de l’administration et des services publics se fera par l’ensemble des
ministères concernés, sous l’autorité du Premier Ministre, dès la suppression de la zone de
confiance et l’établissement des postes d’observation. Le redéploiement de l’administration
concernera l’ensemble des services publics, y compris les services sociaux de base, notamment
ceux de l’éducation, de la santé, de l’eau et de l’assainissement.
4.3. La désignation des responsables des principaux services administratifs se fera après
concertation entre les deux Parties.
4.4. Les Forces de Police et de Gendarmerie, comprenant les 600 éléments issus de l’Accord
de Pretoria, seront chargées d’assurer la sécurité de l’ensemble du corps préfectoral et des
services techniques déployés.
V. DU CADRE INSTITUTIONNEL D’EXECUTION
5.1. Les deux (02) Parties au Dialogue Direct exerçant un contrôle effectif, administratif et
militaire, de part et d’autre de la zone de confiance, conscientes de leurs hautes responsabilités
dans le fonctionnement de l’Etat et déterminées à parvenir à une normalisation politique et
côte d'ivoire : la paix malgré l'onu ? 31
institutionnelle fondée sur la gestion concertée du pouvoir politique et la réconciliation nationale,
décident de mettre en place un nouveau cadre institutionnel d’exécution.
5.2. Le Gouvernement de transition travaillera dans un esprit de concertation permanente, de
complémentarité et d’ouverture aux autres forces politiques de Côte d’Ivoire pour aboutir à
la réunification de la Côte d’Ivoire, au désarmement et à l’organisation d’élections ouvertes,
transparentes et démocratiques, tels que prévus dans les différents accords et résolutions
relatifs à la sortie de crise.
VI. MESURES VISANT A CONSOLIDER LA RECONCILIATION NATIONALE, LA PAIX,
LA SECURITE ET ET LA LIBRE CIRCULATION DES PERSONNES ET DES BIENS
Afin de consolider la paix, la réconciliation nationale et la libre circulation des personnes et des
biens, les Parties au Dialogue direct conviennent des mesures ci-après :
6.1. De l’embargo sur l’importation des armes
6.1.1. Les deux Parties au Dialogue direct conviennent de demander au Conseil de Sécurité
des Nations Unies, avec le concours du Facilitateur et de la CEDEAO, la levée de l’embargo
sur les armes qui pèse sur la Côte d’Ivoire dans un délai de trois mois après l’organisation de
l’élection Présidentielle.
6.1.2. Elles conviennent aussi de demander au Conseil de Sécurité de l’ONU, avec le concours
du Facilitateur et de la CEDEAO, une autorisation spéciale immédiate d’importer les armements
légers nécessaires au maintien de l’ordre et de la sécurité publique, sous le contrôle du Centre
de commandement intégré visé dans le paragraphe 3.1. ci-dessus.
6.2. De la zone de confiance
6.2.1. Les deux Parties au Dialogue direct, dans le but de permettre la libre circulation des biens
et des personnes, conviennent de demander aux Forces impartiales de la Licorne et de l’ONUCI
la suppression de la zone de confiance, conformément au paragraphe A.4. du document portant
« Gestion de la zone de confiance », dénommé Le « Code 14 ».
6.2.2. A titre transitoire, une ligne imaginaire, dite ligne verte, allant d’Est en Ouest suivant la ligne
médiane de la zone de confiance, sera établie et sera jalonnée par des postes d’observation
installés sur les axes d’infiltration. Les postes d’observation seront occupés par les Forces
impartiales et seront réduits de moitié tous les deux mois jusqu’à leur suppression totale.
6.2.3. Des unités mixtes, composées paritairement des membres des FAFN et des FDS et
chargées d’assurer les missions de police et de sécurité, seront déployées dans la zone de
confiance. Ces unités seront supprimées avec la réforme et la restructuration de l’Armée.
6.3. De la loi d’amnistie
Afin de faciliter le pardon et la réconciliation nationale et de restaurer la cohésion sociale et
la solidarité entre les Ivoiriens, les deux Parties au Dialogue direct conviennent d’étendre la
portée de la loi d’amnistie adoptée en 2003. A cet effet, elles ont décidé d’adopter, par voie
d’ordonnance, une nouvelle loi d’amnistie couvrant les crimes et délits relatifs aux atteintes à la
sûreté de l’État liés aux troubles qui ont secoué la Côte d’Ivoire et commis entre le 17 septembre
2000 et la date d’entrée en vigueur du présent Accord, à l’exclusion des crimes économiques,
des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.
6.4. Des sanctions
Les Parties au présent Accord conviennent de saisir l’Union Africaine, par l’intermédiaire de la
CEDEAO, pour demander au Conseil de Sécurité des Nations Unies la levée immédiate des
sanctions individuelles frappant les acteurs de la crise Ivoirienne.
32 Rapport du GRIP 2008/02
6.5. Du Programme d’aide au retour des déplacés de la guerre
Dans la perspective de la réconciliation nationale et de la normalisation politique et institutionnelle,
les Parties au Dialogue direct conviennent de mettre en place, dans les meilleurs délais, un
Programme d’aide au retour des déplacés de la guerre. Ce Programme vise à assurer la
réinsertion sociale des personnes et des familles qui ont abandonné leur domicile ou leurs
biens du fait de la guerre. Les deux (02) Parties conviennent de donner au Ministère technique
concerné les moyens de mise en œuvre de ce Programme.
6.6. Du Code de bonne conduite
En raison de l’impérieuse nécessité d’apaiser et de moraliser la vie publique, d’instaurer
un nouvel environnement politique en Côte d’Ivoire et d’éviter toute interprétation partisane
et démagogique du présent Accord, les Parties s’engagent à observer un code de bonne
conduite.
6.6.1. Les Parties s’engagent à organiser une vaste campagne d’information et de sensibilisation
auprès des populations vivant en Côte d’Ivoire, afin de les
amener à adhérer pleinement au processus de sortie de crise et de réconciliation nationale.
6.6.2. Elles s’interdisent toute propagande, notamment médiatique, tendant à nuire à l’esprit
de la cohésion et de l’unité nationales. Elles font appel à la presse nationale et internationale
pour qu’elle accompagne, de manière constructive, la consolidation de la paix et l’esprit de
tolérance.
6.6.3. Les Parties s’engagent à entretenir entre elles un esprit de dialogue permanent basé sur
la confiance mutuelle, à s’abstenir de toute attitude belligérante et outrageante et à appeler
leurs militants respectifs à adopter des comportements empreints de respect et de retenue.
6.6.4. Elles conviennent de conjuguer leurs efforts en vue de renforcer l’éthique et la moralité
républicaines au sein de leurs forces respectives, dans le respect de la dignité et des droits
fondamentaux de la personne humaine. Elles s’engagent à conduire leurs forces respectives à
travailler ensemble en bonne intelligence.
6.6.5. Les Parties s’interdisent toute utilisation abusive et contraire à l’esprit du présent Accord
de la société civile et des organisations syndicales.
VII. DES MECANISMES DE SUIVI ET DE CONCERTATION
Aux fins du suivi du présent Accord et de la poursuite du Dialogue direct, les Parties
conviennent de créer un Cadre permanent de concertation (CPC) et un Comité d’évaluation et
d’accompagnement (CEA).
7.1. Le Cadre permanent de concertation (CPC)
Le Cadre permanent de concertation est un organe de veille et de Dialogue permanent dans le
but de renforcer la cohésion nationale.
Il est composé ainsi qu’il suit :
- Monsieur Laurent GBAGBO, Président de la République ;
- Monsieur Guillaume K. SORO, Secrétaire général des Forces Nouvelles ;
- Monsieur Alassane Dramane OUATTARA, Président du RDR ;
- Monsieur Henri Konan BEDIE, Président du PDCI ;
- Monsieur Blaise COMPAORE, Président en exercice de la CEDEAO, en sa qualité de
Facilitateur.
Hormis le Président Laurent GBAGBO et le Président en exercice de la CEOEAO, les autres
membres du CPC ont rang de Président d’institution.
côte d'ivoire : la paix malgré l'onu ? 33
Le CPC est compétent pour examiner toute question relative au présent Accord.
7.2. Le Comité d’évaluation et d’accompagnement (CEA)
Le Comité d’évaluation et d’accompagnement est chargé de l’évaluation périodique de la mise
en œuvre des mesures prévues dans le présent Accord. Il est également chargé de suggérer
toutes dispositions pratiques et nécessaires à la bonne exécution du présent Accord.
Il est composé ainsi qu’il suit :
- Président : le Facilitateur ou son Représentant ;
- Membres : trois (3) représentants pour chacune des deux (02) Parties signataires ;
- Observateurs : les six (06) autres signataires de l’Accord de Linas Marcoussis ;
En outre, le Facilitateur fera appel à tout autre observateur, représentant de pays et d’organisations
internationales ou interafricaine qu’il jugera nécessaire.
Le CEA est présidé par le Facilitateur ou son représentant. Il se réunit au moins une fois par
mois en session ordinaire et, en tant que de besoin, en session extraordinaire, sur convocation
de son Président.
Aux fins de l’exécution de sa mission, le CEA rendra compte au CPC de la mise en œuvre de
l’Accord et en informera le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies.
VIII. DISPOSITIONS DIVERSES ET FINALES
8.1. Les Parties s’engagent à s’en remettre à l’arbitrage du Facilitateur en cas de litige sur
l’interprétation ou la mise en œuvre du présent Accord.
8.2. Les Parties conviennent de demander des troupes militaires africaines supplémentaires
pour participer à la mission de paix des Forces impartiales en Côte d’Ivoire.
8.3. Le chronogramme joint au présent Accord en fait partie intégrante. Les Parties conviennent
d’exécuter les opérations convenues conformément à ce chronogramme.
8.4. Le présent Accord entre en vigueur dès sa signature par les Parties. Les Parties conviennent
de demander au Facilitateur, en sa qualité de Président en exercice de la CEDEAO, de saisir,
par le biais de l’Union Africaine, le Conseil de Sécurité des Nations Unies aux fins d’entériner
le présent Accord.
Fait à Ouagadougou, le 4 mars 2007
Laurent GBAGBO
Président de la République de Côte d’Ivoire
Guillaume Kigbafori SORO
Secrétaire général des Forces Nouvelles
de la République de Côte d’Ivoire
Blaise COMPAORE,
Président du Burkina Faso,
Président en exercice de la CEDEAO, Facilitateur
34 Rapport du GRIP 2008/02
ANNEXE CHRONOGRAMME DE MISE EN ŒUVRE DE L’ACCORD DE OUAGADOUGOU
1. Signature de l’Accord politique de Ouagadougou
Jour J
2. Mise en place du Centre de commandement intégré
Commence deux (02) semaines après le jour J
3. Mise en place du cadre institutionnel d’exécution
Se fait quatre (04) semaines après la signature de l’Accord.
4. Formation du Gouvernement
Se fait cinq (05) semaines après la signature de l’Accord
5. Suppression de la zone de confiance et mise en place des unités mixtes
Commencent une (01) semaine après la formation du Gouvernement
6. Démantèlement des milices
Commence deux (02) semaines après la formation du Gouvernement et dure deux semaines
7. - Regroupement (rassemblement par unité des ex-combattants dans les sites de
regroupement et stockage des armes sous la supervision des Forces Impartiales)
- Redéploiement de l’Administration
- Début des audiences foraines
Commencent deux (02) semaines après la formation du Gouvernement et durent trois (03)
mois
8. Enrôlement en vue de l’inscription sur la liste électorale et de l’identification
Commence un (01) mois après le début des audiences foraines
9. Unification des forces en présence et enrôlement pour le Service civique
Commence quinze jours après le début de «enrôlement
10. Etablissement et distribution des nouvelles cartes nationales d’identité et des cartes
d’électeurs à partir de la liste électorale
Commencent à l’adoption officielle de la liste électorale définitive
11. Fin du processus DDR et organisation des élections
L’ENSEMBLE DU CHRONOGRAMME PREVU CI-DESSUS SE DEROULERA DANS UN
DELAI DE DIX (10) MOIS.
ACCORDS COMPLEMENTAIRES A L'ACCORD POLITIQUE DE OUAGADOUGOU
côte d'ivoire : la paix malgré l'onu ?
Accords complémentaires à l'Accord Politique de Ouagadougou 35
Reprise du Processus de Désarmement des Ex-combattants le 22 décembre prochain
Annexe 3.
Accords complémentaires à l'Accord politique de Ouagadougou
Les opérations de désarmement des ex-combattants ivoiriens et le démantèlement des milices débuteront au
plus tard(28 novembre
le 22 décembre,2007)
selon le communiqué final qui a sanctionné la 4e réunion du Comité d'Evaluation et
d'Accompagnement de l'Accord Politique de Ouagadougou ce jeudi 28 novembre 2007.
En application des paragraphes 1.2, 3.2, 3.3, 4.2 et 4.4. de l'accord politique de Ouagadougou du O4 mars
2007, en vue d'accélérer sa mise en œuvre, les deux Parties conviennent de ce qui suit :
Article 1 : les deux Parties décident que le Regroupement des ex-combattants, le stockage des armes et le
démantèlement des milices débuteront au plus tard le 22décembre 2007, sous la conduite du Centre de
commandement intégré(CCI) et la supervision des Forces impartiales. Pour opérationnaliser le
Regroupement, les deux Parties décident de démarrer le recrutement pour le service civique au plus tard le
22décembre 2007, conformément au paragraphe 3 de l'accord politique de Ouagadougou, sur la base des
sites déjà aménagés à cet effet.
Article 2 : Aux fins de facilitation du processus de Désarmement, de Démobilisation et de Réinsertion(DDR),
prévu au paragraphe 3.2.1. de l'Accord politique de Ouagadougou, les deux Parties conviennent de faire
verser par le Gouvernement une allocation forfaitaire mensuelle, dont les montant seront précisés par décret
pris en Conseil des Ministres, pour assurer les opérations de démobilisation, l'alimentation et la prise en
charge des ex-combattants, jusqu'à leur réinsertion ou leur intégration dans les nouvelles Forces de Défense
et de Sécurité(FDS) ou dans la vie civile.
Article 3 : Afin d'accélérer la restauration de l'autorité de l'Etat et le redéploiement de l'Administration sur
l'ensemble du territoire national, les Parties décident de démarrer, au plus tard le 30 décembre 2007, le
redéploiement fiscale et douanière, sur la base du principe de l'unicité de caisses, dont les modalités sont
définies par le Gouvernement.
Article 4 : Les deux Parties décident que le redéploiement de l'Administration et des services publics sur
l'ensemble du territoire national, prévu par le paragraphe 4.2 de l'Accord politique de Ouagadougou sera
achevé au plus le 30 janvier 2008.
Article 5 : aux fins de la sécurisation de l'ensemble des opérations liées au processus de paix, prévue aux
paragraphes 3.1.3. et 4.4. de l'Accord politique de Ouagadougou, les deux Parties conviennent que les
Forces de Défense et de Sécurité(FDS) mettront à la disposition du Centre de commandement intégré(CCI)
des éléments de la Police Nationale et de la Gendarmerie Nationale, en vue de la mise en place des unités
mixtes, qui seront appuyées par les Forces impartiales.
Article 6 : En application de l'Ordonnance n°2007-457 du 12 avril 2007 portant loi d'amnistie, les deux
Parties conviennent que le Gouvernement rétablira les soldes avec rappel des éléments des FAFN ayant
appartenu aux Forces Armées Nationales de Côte d'Ivoire, à la Gendarmerie et aux corps paramilitaires,
pour compter de la de signature de ladite ordonnance.
Article 7 : Les deux Parties conviennent que tous les militaires des FAFN ayant appartenu régulièrement aux
Forces Armées Nationales de Côte d'Ivoire, à la Gendarmerie et aux corps paramilitaires seront réintégrés
dans la Nouvelle Armées Nationales et bénéficieront d'une reconstitution de leur carrière.
Article 8 : Pour les quotas d'intégration d'éléments des FAFN, les deux Parties conviennent de s'en remettre
à l'arbitrage du Facilitateurs.
2/4
En application des paragraphes [Link] et 2.1.1 de l'Accord politique de Ouagadougou du 04 mars 2007,
relatifs à l'identification et à l'inscription sur la liste électorale, es Parties signataires dudit Accord conviennent
de ce suit :
Article 1 : Les deux Parties s'accordent sur la désignation, par le Gouvernement, de la société SAGEM
Sécurité(Groupe SAFRAN), dont le siège est sis au 27,rue Leblanc, 75512 Paris Cedex 15, France en qualité
d'Opérateur technique pour les opérations prévues aux paraphes [Link] et 2.1.1 de l'Accord politique de
Ouagadougou du 04 mars 2007.
Article 2 : Un décret pris en Conseil des ministres entérinera la désignation de la Société SAGEM Sécurité
comme opérateur technique.
Article 8 : Pour les quotas d'intégration d'éléments des FAFN, les deux Parties conviennent de s'en remettre
à l'arbitrage du Facilitateurs.
En application des paragraphes [Link] et 2.1.1 de l'Accord politique de Ouagadougou du 04 mars 2007,
36
relatifs Rapport
à l'identification et à l'inscription sur la liste électorale, es Parties signataires dudit du conviennent
Accord GRIP 2008/02
de ce suit :
Article 1 : Les deux Parties s'accordent sur la désignation, par le Gouvernement, de la société SAGEM
Sécurité(Groupe SAFRAN), dont le siège est sis au 27,rue Leblanc, 75512 Paris Cedex 15, France en qualité
d'Opérateur technique pour les opérations prévues aux paraphes [Link] et 2.1.1 de l'Accord politique de
Ouagadougou du 04 mars 2007.
Article 2 : Un décret pris en Conseil des ministres entérinera la désignation de la Société SAGEM Sécurité
comme opérateur technique.
Article 3 : Le présent accord complémentaire entre en vigueur dès sa signature.
Fait à Ouagadougou, le 28 novembre 2007
Laurent Gbagbo
Président de la République de Côte d'Ivoire
Guillaume Kigbafori Soro Secrétaire Général
des Forces Nouvelles
de la République de Côte d'Ivoire
Blaise Compaoré Président du Burkina Faso
Président en exercice de la CEDEAO,
Facilitateur
TROISIEME ACCORD COMPLEMENTAIRE A L'ACCORD POLITIQUE DE OUAGADOUGOU
En application des dispositions du paragraphe 3 de l'Accord politique de Ouagadougou, les deux Parties
conviennent de demander au Gouvernement d'adopter, au plus tard le 15 décembre 2007, les textes fixant le
cadre général d'organisation, de composition et de fonctionnement des nouvelles Forces de Défense et de
Sécurité.
Article 9 : Pour la question des grades des militaires ayant changé de catégorie dans les FAFN, les deux
Parties conviennent de s'en remettre à l'arbitrage du Facilitateur.
Article 10 : Afin de donner plein effet aux dispositions du paragraphe 1.2 de l'accord politique de
Ouagadougou, les deux Parties décident de lancer, avant la fin du mois de décembre 2007, l'opération de
reconstitution des registres d'état civil perdus ou détruits dans certains centres d'état civil, conformément aux
dispositions de l'Ordonnance du 17 janvier 2007. A cet effet, la reconstitution des registres d'état civil se fera
concomitamment avec les audiences foraines d'établissement de jugements supplétifs d'actes de
naissances.
Article 11 : Soucieux de maintenir la concertation permanente, afin de lever les obstacles à la mise en
œuvre de l'Accord politique de Ouagadougou, les deux Parties conviennent de tenir régulièrement, autour du
Représentant spécial du Facilitateur à Abidjan, des réunions hebdomadaires.
Article 12 : Les deux Parties conviennent que l'élection 3/4 Présidentielle aura lieu au plus tard à la fin du
premier semestre de l'année 2008, selon un calendrier qui sera proposé au Gouvernement par la CEI,
conformément aux dispositions pertinentes du Code électoral. Pour ce faire, les opérations d'identification et
d'inscription sur la liste électorale devront être entièrement réalisées.
Article 13 : Les deux Parties décident que le gouvernement mettra à disposition les ressources financières
nécessaires à la réalisation des opérations sus visées dans les délais prévus par le présent accord
complémentaire.
Article 14 : Le présent complémentaire entre en vigueur dès sa signature.
Fait à Ouagadougou, le 28 novembre 2007
œuvre de l'Accord politique de Ouagadougou, les deux Parties conviennent de tenir régulièrement, autour du
Représentant spécial du Facilitateur à Abidjan, des réunions hebdomadaires.
Article 12 : Les deux Parties conviennent que l'élection Présidentielle aura lieu au plus tard à la fin du
premier semestre de l'année 2008, selon un calendrier qui sera proposé au Gouvernement par la CEI,
côte d'ivoire : la
conformément paix
aux malgré l'onu
dispositions ?
pertinentes 37
du Code électoral. Pour ce faire, les opérations d'identification et
d'inscription sur la liste électorale devront être entièrement réalisées.
Article 13 : Les deux Parties décident que le gouvernement mettra à disposition les ressources financières
nécessaires à la réalisation des opérations sus visées dans les délais prévus par le présent accord
complémentaire.
Article 14 : Le présent complémentaire entre en vigueur dès sa signature.
Fait à Ouagadougou, le 28 novembre 2007
Laurent Gbagbo
Président de la République de Côte d'Ivoire
Guillaume Kigbafori Soro
Secrétaire Généraldes Forces Nouvelles
de la République de Côte d'Ivoire
Blaise Compaoré
Président du Burkina Faso
Président en exercice de la CEDEAO, Facilitateur
4/4
Les publications du GRIP
Depuis sa fondation, le GRIP est surtout connu pour son travail d’édition. Au
fil du temps, les publications ont changé, tant au niveau du contenu, de la
GROUPE DE RECHERCHE présentation que de la périodicité. Depuis l’automne 1997, elles se présentent
ET D'INFORMATION sous trois formes :
SUR LA PAIX ET LA SÉCURITÉ
1. Les Nouvelles du GRIP
Fondé en 1979 à Bruxelles,
Une lettre d’information trimestrielle de 8 pages : regard sur les grands dossiers
le GRIP est un institut de recherche
indépendant qui étudie les ques
du moment, nouvelles insolites, aperçu des activités du centre, etc.
tions de défense, de sécurité Cette lettre est envoyée d’office à tous les membres du GRIP en règle de coti-
et de désarmement. Par ses sation de même qu’aux abonnés aux « Livres du GRIP ».
travaux, le GRIP veut contribuer
à une meilleure compréhension 2. Les Livres du GRIP
de ces problématiques dans la Chaque année, le GRIP publie 5 ouvrages en collaboration avec les éditions
perspective d'une amélioration Complexe, abordant les questions internationales dans les domaines de la
de la sécurité internationale en géostratégie, de la défense et de la sécurité internationale.
Europe et dans le monde.
Ces 5 ouvrages font partie de l’abonnement aux « Livres du GRIP » ; ils sont
Adresse : rue de la Consolation, 70
également disponibles en librairie et au GRIP.
B -1030 Bruxelles
Tél.: (32.2) 241.84.20 3. Les Rapports du GRIP
Fax: (32.2) 245.19.33 Cette nouvelle collection (format A4, sans périodicité) valorise des travaux de
Courriel: admi@[Link] recherche réalisés pour la plupart au GRIP.
Site web: [Link] Ces rapports sont envoyés d’office à tous ceux qui souscrivent un abonnement
(bureaux ouverts du lundi de soutien ; ils peuvent aussi être commandés au GRIP.
au vendredi de 8h30 à 13h et
de 13h30 à 17h)
Directeur : Bernard Adam Tarifs 2008
Coordination : Bernard Adam,
Belgique Autres Autres
Luc Mampaey, Caroline Pailhe,
Europe Monde
Marc Schmitz, Xavier Zeebroek
Recherche : Bernard Adam, Holger 1. Cotisation
Anders, Georges Berghezan, Abonnement aux 15 euros 16 euros 18 euros
«Nouvelles du GRIP»
Ilhan Berkol, Claudio Gramizzi,
Luc Mampaey, Pierre Martinot,
2. Les Livres du GRIP
Caroline Pailhe, Cédric Poitevin, Abonnement annuel 80 euros 90 euros 95 euros
Federico Santopinto, Pamphile aux 5 livres 1et
Sebahara, Marc Schmitz, Xavier aux «Nouvelles du GRIP»
Zeebroek
3. Abonnement complet 2
Secrétariat et administration :
Abonnement à toutes les 135 euros 150 euros 160 euros
Dominique Debroux, Deyanira publications (Rapports inclus)
Martinez, Chantal Schamp
Centre de documentation : 4. Abonnement de soutien 250 euros 250 euros 250 euros
Alain Reisenfeld
Édition, relations publiques : 1. L'abonnement couvre 5 livres (équivalant à 10 numéros), plus le trimestriel «Les Nouvelles du GRIP».
Denys Detandt, Danièle Fayer- 2. L'abonnement annuel complet inclut la collection des Rapports (non périodiques), avec en moyenne six
parutions par année.
Stern, Sabine Fiévet, Marc
Schmitz Vous souhaitez vous abonner ?
Vous pouvez le faire par téléphone (02/241.84.20), par fax (02/245.19.33), par courriel
Informatique : Pascal Derycke, (publications@[Link]) ou en nous envoyant votre demande d'abonnement, accompagnée
Luc Mampaey de votre paiement, au GRIP, rue de la Consolation, 70 B -1030 Bruxelles.
Conseil d'administration :
Modes de paiement : Belgique (virement au compte 001-1711459-67 du GRIP à Bruxelles; virement
Bernard Adam (administrateur
au CCP 000-1591282-94 du GRIP à Bruxelles; bulletin de virement) / France (chèque barré; mandat
délégué), Rik Coolsaet, Laurent postal international) / Luxembourg (soit verser au CCP 86464-37 du GRIP à Luxembourg; soit envoi
Dumont, Jean-Paul Marthoz, d'un chèque au GRIP / Autres pays (virement au CCP 000-1591282-94 du GRIP à Bruxelles; mandat
Carl Vandoorne, Guy Vaerman. postal international / Autre moyen de paiement (carte de crédit - VISA, Eurocard, Mastercard -
Précisez votre n° de carte et la date d'expiration.
Les Rapports du GRIP
1/01 Le micro-désarmement - Le désarmement concret 2/05 Iran - Regard vers l'Est : la politique asiatique de
en armes légères et ses mesures associées, la république islamique, Mohammad-Reza Djalili et
Michel Wéry avec la contribution de Georges Berghe- Thierry Kellner, 35p., 7 euros.
zan et Félix Nkundabagenzi, 64p., 13 euros.
3/05 Burundi - Armes légères et violence armée: quel
2/01 Le réarmement de la Sierra Leone - Un an après impact sur les femmes, Edward B. Rackley, 27p., 7
l'accord de paix de Lomé, Eric G. Berman, une euros.
étude de Small Arms Survey, 42p., 8,50 euros.
4/05 Afrique de l'Ouest : Vers une Convention sur les
3/01 La disponibilité des armes à feu - Quel impact sur armes légères, Albert Chaïbou et Sadou Yattara,
la sécurité et la santé publique ?, collectif, 40p., 20p., 6 euros.
8,50 euros.
5/05 Afrique de l'Ouest: L'harmonisation des légis-
4/01 La conférence des Nations unies de juillet 2001 lations nationales sur les armes légères, Hélène
sur les armes légères - Analyse du processus et N.V. Cissé, 22p., 6 euros.
de ses résultats, Ilhan Berkol, 58p., 11 euros.
6/05 Afrique centrale : l'harmonisation des législa-
5/01 L'ONU face au terrorisme, Sandrine Santo, 38p., tions nationales sur les armes légères, Pierre
8,50 euros. Huybrechts et Ilhan Berkol, 105p., 15 euros.
1/02 La Chine et la nouvelle Asie centrale - De l'in- 7/05 Guerres et déficits - Les deux piliers de l'écono-
dépendance des républiques centrasiatiques mie des Etats-Unis, Luc Mampaey, 31p., 7 euros.
à l'après-11 septembre, Thierry Kellner, 40p.,
8/05 Le régime nucléaire - Les efforts de la communau-
8,50 euros.
té internationale en matière de désarmement et de
2/02 L'Union européenne et la prévention des conflits - non-prolifération, Céline Francis, 40p., 8 euros.
Concepts et instruments d'un nouvel acteur, Félix
1/06 Trafics d'armes - Enquête dans la plaine de la
Nkundabagenzi, Caroline Pailhe et Valérie Peclow,
Ruzizi (RDC-Burundi), Jacques Ntibarikure, avec la
72p., 13 euros.
collaboration de Charles Nasibu Bilali, Nicolas Flor-
3/02 L'Inde et le Pakistan - Forces militaires et nucléai- quin et Georges Berghezan, 32 p., 7 euros.
res en présence, Françoise Donnay, 40 p., 8,50
2/06 La Conférence internationale sur l'Afrique des
euros.
Grands Lacs - Enjeux et impact sur la paix et le
4/02 Les exportations d'armes de la Belgique, Bernard développement en RDC, Pamphile Sebahara, 28 p.,
Adam, Sarah Bayés, Georges Berghezan, Ilhan 7 euros.
Berkol, Françoise Donnay, Luc Mampaey et Michel
3/06 RD Congo - Acquis et défis du processus électo-
Wéry, 72 p., 13 euros.
ral, Pamphile Sebahara, 21 p., 6 euros.
1/03 Les relations arméno-turques - La porte close de
4/06 Trafics d'armes - Enquête de terrain au Kivu
l'Orient, Burcu Gültekin et Nicolas Tavitian, 32p., 7
(RDC), coordination Georges Berghezan, 46 p.,
euros.
8,50 euros.
2/03 La crise ivoirienne - De la tentative du coup d'Etat
5/06 Dépenses militaires et transferts d'armements
à la nomination du gouvernement de réconcilia-
conventionnels - Compendium 2006, Luc Mam-
tion nationale, Claudio Gramizzi et Matthieu Da-
paey, 33p., 7,50 euros.
mian, 45p., 9 euros.
1/07 Agenda humanitaire à l'horizon 2015 - Principes,
3/03 Enfants soldats, armes légères et conflits en Afri-
pouvoir et perceptions, collectif, 54p., 9 euros.
que - Les actions de la coopération au dévelop-
pement de l'Union européenne et de la Belgique, 2/07 La Convention de la CEDEAO sur les armes
Claudio Gramizzi, Félix Nkundabagenzi, Sophie légères et de petit calibre - Analyse et recomman-
Nolet et Federico Santopinto, 44p. dations pour un plan d'action, Ilhan Berkol, 55p., 9
euros.
4/03 Questions juridiques sur la régionalisation des
licences d'armes, Nicolas Crutzen, 28p., 7 euros. 3/07 Afrique de l'Ouest - L'harmonisation des législa-
tions nationales sur les armes légères - Burkina
1/04 Le contrôle du courtage des armes - Prochaines
Faso, Luz Marius Ibriga et Salamane Yameogo, 24p.,
étapes pour les Etats membres de l'UE, Holger
6 euros.
Anders, 34p., 7 euros.
4/07 Radiographie de l'industrie d'armements en
2/04 Bilan d'un an de guerre en Irak - Analyse des
Belgique, Clément Dumas et Luc Mampaey, 44p.,
coûts et des éléments déclenchants, Caroline
8 euros.
Pailhe avec la collaboration de Valérie Peclow et
Federico Santopinto, 52p., 9 euros. 5/07 Le traité de Lisbonne et l'action extérieure de
l'Union européenne, Federico Santopinto, 25p.,
3/04 L'Union européenne et le renseignement - Pers-
6 euros.
pectives de coopération entre les Etats membres,
Thierry Coosemans, 52p., 9 euros.
4/04 Marquage, enregistrement, traçage des armes légè-
res et de petit calibre: projet de convention, Ilhan
Berkol, 44p., 8,5 euros.
5/04 Qui arme les Maï-Maï? - Enquête sur une situation
originale, Charles Nasibu Bilali, 26p., 7 euros.
1/05 RDC - Ressources naturelles et transferts d'ar-
mes, Anne Renauld, 33p., 7euros.
La liste complète des Rapports est disponible sur [Link]
Côte d’Ivoire
La paix malgré l’ONU ?
Après trente ans de stabilité, de prospérité et de parti unique sous la
poigne de fer de Félix Houphouët-Boigny, la Côte d’Ivoire n’en finit
pas de régler ses querelles de succession. Engluée depuis cinq ans
dans une crise particulièrement atypique, une grande partie de la
classe politique ivoirienne ne s’est pourtant pas montrée prête à suivre
docilement toutes les orientations de la communauté internationale,
singulièrement lorsque celles-ci étaient inspirées par la diplomatie
française.
De son côté, le Conseil de sécurité n’a-t-il pas outrepassé son rôle en
faisant irruption au sein de la politique intérieure ivoirienne ? N’a-t-il
pas placé la Mission de l’ONU en Côte d’Ivoire (ONUCI) et toutes les
agences locales des Nations unies dans une position intenable qui a
finalement mis en danger son personnel ? Aujourd’hui, le résultat le
plus notable de cette dérive onusienne est une perte de crédibilité pour
la communauté internationale, réduite au rôle de témoin et de soutien
logistique d’un processus de paix qui lui échappe.
Xavier Zeebroek est chargé de recherche au GRIP.
P.V. 8 euros