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Guide complet du commentaire français

Ce manuel propose une méthode progressive pour réussir le commentaire français, essentiel pour le Bac. Il couvre la compréhension du texte, l'identification des thèmes et des registres, ainsi que des exercices pratiques et corrigés. Les chapitres incluent des figures de style, des textes intégraux, et des fiches de révision pour aider les élèves à s'entraîner efficacement.

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Guide complet du commentaire français

Ce manuel propose une méthode progressive pour réussir le commentaire français, essentiel pour le Bac. Il couvre la compréhension du texte, l'identification des thèmes et des registres, ainsi que des exercices pratiques et corrigés. Les chapitres incluent des figures de style, des textes intégraux, et des fiches de révision pour aider les élèves à s'entraîner efficacement.

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Sommaire

1. Introduction générale
2. Chapitre 1 : Comprendre le commentaire français
1.1 Qu’est-ce qu’un commentaire ?
1.2 Lire et comprendre le texte
1.3 Identifier le thème et le registre
1.4 Exercices pratiques
3. Chapitre 2 : Méthode pas à pas
4. Chapitre 3 : Figures de style et registres littéraires
5. Chapitre 4 : Exercices corrigés sur figures et registres
6. Chapitre 5 : Textes intégraux et commentaires
7. Chapitre 6 : Sujets types corrigés
8. Chapitre 7 : Fiches de révision essentielles
9. Conclusion générale
Introduction générale
Le commentaire français est un exercice central au Bac. Il demande plus que
la simple lecture : il faut analyser les procédés littéraires, comprendre les
effets produits et structurer sa pensée.
Ce manuel a pour objectif :
Fournir une méthode claire et progressive pour réussir le commentaire.
Présenter des textes intégrals, pour que l’élève travaille sur des œuvres
complètes.
Donner des corrigés détaillés, pour comprendre ce qu’attend le correcteur.
Offrir des exercices pratiques, pour s’entraîner comme en conditions
d’examen.
Fournir des fiches de révision synthétiques, pour mémoriser l’essentiel avant
l’épreuve.

Chapitre 1 : Comprendre le commentaire français


1.1 Qu’est-ce qu’un commentaire ?
Un commentaire est un exercice d’analyse littéraire. Il consiste à :
1. Identifier le thème principal du texte.
2. Repérer les procédés stylistiques et figures de style.
3. Expliquer l’effet produit sur le lecteur.
4. Relier le fond et la forme pour répondre à une problématique.
⚠ Attention : un résumé du texte ne constitue pas un commentaire. Il faut analyser
le texte, pas seulement raconter ce qu’il dit.
1.2 Lire et comprendre le texte
Étapes pour bien lire :
1. Lire le texte au moins deux fois.
2. Surligner les mots et expressions importantes.
3. Identifier les éléments récurrents : répétitions, champs lexicaux, images.
4. Poser des questions sur le sens : que veut dire l’auteur ? quel effet cherche-t-il ?
1.3 Identifier le thème et le registre
Thème : idée centrale du texte (ex : le deuil, l’amour, la justice).
Registre : tonalité ou effet produit sur le lecteur (lyrique, tragique, comique,
pathétique, etc.).
Exemples : Hugo, Demain dès l’aube → thème : le deuil ; registre : lyrique
Racine, Phèdre → thème : passion destructrice ; registre : tragique

1.4 Exercices pratiques


Exercice 1: Identifier le thème et le registre
Texte intégral: Demain dès l’aube – Victor Hugo
Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Questions:
1. Quel est le thème central ?
2. Quel est le registre dominant ?
3. Relevez deux procédés stylistiques qui traduisent la douleur du poète.
Corrigé:
1. Thème : le deuil et la perte d’un être cher.
2. Registre : lyrique, expression des sentiments personnels.
3. Procédés :Anaphore « j’irai » → insistance sur la détermination
mélancolique.
Champ lexical de la tristesse (triste, seul, inconnu).
Exercice 2: Reformuler en analyse
Reformule cette phrase pour en faire une analyse :
« Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées. »

Corrigé:
« L’auteur insiste sur l’isolement du poète et sa plongée dans le deuil en
indiquant qu’il marche les yeux fixés sur ses pensées, soulignant ainsi la
solitude et l’intensité de sa douleur. »
Chapitre 2 : Méthode pas à pas pour rédiger un commentaire
Le commentaire français suit une méthode précise. Chaque étape permet de
construire une copie claire et structurée.
2.1 Comprendre le texte
1. Lire au moins deux fois le texte.
2. Identifier :
Le genre : poème, roman, théâtre, texte argumentatif.
Le thème principal.
Le registre dominant (lyrique, tragique, comique, pathétique, argumentatif).
3. Relever les procédés stylistiques et figures de style.
2.2 Trouver la problématique
La problématique est la question centrale à laquelle le commentaire répond.
Elle relie fond et forme.
Elle se formule ainsi :
« Comment [l’auteur] exprime-t-il [thème] à travers [procédés / style] ? »
Exemple:
Texte : Demain dès l’aube – Hugo
Problématique : « Comment Hugo exprime-t-il la douleur du deuil à travers
le lyrisme et les images poétiques ? »
2.3 Élaborer le plan
Plan en 2 ou 3 parties, chacune avec sous-parties.
Types de plan :
1. Par thèmes : ex. douleur, solitude, mémoire.
2. Par procédés : ex. anaphores, lexique du deuil, rythme.
3. Par mouvements du texte : suivre la progression du texte.
2.4 Rédiger l’introduction
Structure de l’introduction :
1. Accroche (culturelle ou littéraire).
2. Présentation du texte (auteur, œuvre, siècle, contexte).
3. Problématique.
4. Annonce du plan.
Exemple:
« La poésie romantique du XIXe siècle explore souvent le thème du deuil.
Dans Demain dès l’aube, Victor Hugo exprime la perte de sa fille
Léopoldine. Nous pouvons nous demander comment le poète parvient à
traduire cette douleur à travers le lyrisme. Nous verrons d’abord la marche
vers l’absence, ensuite le silence et le vide, puis la sublimation de la douleur
par la poésie. »
2.5 Développer le commentaire
Chaque paragraphe suit le schéma Idée – Citation – Analyse – Interprétation.
Toujours analyser le procédé, pas seulement le relever.
Exemple :
« L’anaphore “je marcherai” traduit la détermination mélancolique du poète,
montrant qu’il ne peut échapper à sa douleur et que chaque pas est un
hommage à sa fille. »
2.6 Rédiger la conclusion
Résumer les idées principales.
Répondre à la problématique.
Faire une ouverture.
Exemple:
« Ce poème exprime la douleur intime d’Hugo mais en fait un deuil
universel. Plus largement, il illustre la puissance de la poésie pour
transformer une souffrance personnelle en émotion partagée. »
Chapitre 3: Figures de style et registres littéraires
3.1 Figures de style essentielles
Figure Définition Exemple
Comparaison: Rapproche deux éléments avec un outil (comme, tel) «Douce
comme une fleur »
Métaphore: Rapproche deux éléments sans outil « Cet homme est un lion »
Personnification: Attribue des qualités humaines à un objet ou idée « La
nature pleure »
Hyperbole: Exagération « Je meurs de faim »
Litote: Dire moins pour suggérer plus « Va, je ne te hais point »
Antithèse: Opposition de deux idées « Je vis, je meurs »
Anaphore: Répétition en début de phrase « J’accuse… J’accuse… »
Allégorie: Représentation d’une idée abstraite « La Mort brandissant sa
faux»
3.2 Registres littéraires principaux
Lyrique : émotions personnelles (amour, deuil)
Épique : exploits, grandeur, amplification
Tragique : fatalité, souffrance inéluctable
Comique : humour, satire
Pathétique : pitié, larmes
Didactique : volonté d’instruire ou convaincre
Polémique : critique, attaque vive

Exercices pratiques – Partie 2


Exercice 1 : Identifier figures et registres
Texte intégral : « L’Albatros » – Baudelaire
Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.
Questions :
1. Relevez deux figures de style.
2. Identifiez le registre dominant.
Corrigé :
1. Figures :
Comparaison : « Le Poète est semblable au prince des nuées »
Personnification : « Ses ailes de géant l’empêchent de marcher »
2. Registre : pathétique → le poète est exilé et souffre.

Exercice 2 : Rédiger une phrase d’analyse


Citation : « Le Poète est semblable au prince des nuées. »
Corrigé :
« Cette comparaison transforme le poète en être majestueux mais isolé,
montrant sa grandeur et sa souffrance face à l’incompréhension des
hommes.»

Chapitre 3 : Figures de style et registres littéraires


3.1 Les figures de style essentielles

Les figures de style sont des procédés utilisés par l’auteur pour donner de la
force, de la beauté ou de l’émotion à son texte. Elles permettent d’analyser
comment la forme contribue au sens.
1. La comparaison rapproche deux éléments à l’aide d’un outil comme
comme, tel, semblable à.
Exemple : « Douce comme une fleur » → ici, la douceur de la personne est
comparée à celle d’une fleur.

2. La métaphore rapproche deux éléments sans outil de comparaison.


Exemple : « Cet homme est un lion » → l’homme est courageux, la
comparaison est implicite.

3. La personnification attribue des qualités humaines à un objet, un animal


ou une idée.
Exemple : « La nature pleure » → la nature est décrite comme si elle avait
des sentiments humains.

4. L’hyperbole consiste à exagérer pour produire un effet frappant.


Exemple : « Je meurs de faim » → exagération pour insister sur la faim.

5. La litote consiste à dire moins pour suggérer davantage.


Exemple : « Va, je ne te hais point » → on sous-entend une grande affection
ou indulgence.

6. L’antithèse oppose deux idées dans une même phrase pour créer un
contraste.
Exemple : « Je vis, je meurs » → montre l’opposition entre vie et mort, ou
sentiment partagé.

7. L’anaphore est la répétition d’un mot ou groupe de mots en début de


phrase ou vers.
Exemple : « J’accuse… J’accuse… » → renforce l’insistance et l’émotion.

8. L’allégorie représente une idée abstraite par une image concrète.


Exemple : « La Mort brandissant sa faux » → la Mort devient un personnage
visible, symbolisant la fin de la vie.

3.2 Les registres littéraires principaux


Le registre littéraire correspond au ton ou à l’effet que l’auteur cherche à
produire sur le lecteur.

1. Le registre lyrique exprime les émotions et les sentiments personnels,


souvent dans la poésie.
Exemple : Hugo dans Demain dès l’aube exprime son deuil et sa douleur
intime.

2. Le registre épique met en avant les exploits et la grandeur des


personnages, souvent dans les récits héroïques.
Exemple : L’Iliade d’Homère raconte les combats des héros avec un ton
grandiose.

3. Le registre tragique traduit la fatalité et la souffrance inéluctable.


Exemple : Racine dans Phèdre montre la passion destructrice et le destin
tragique du personnage.

4. Le registre comique provoque le rire ou la détente par l’humour, l’ironie


ou la satire.
Exemple : Molière dans Le Tartuffe critique les travers humains avec
humour.

5. Le registre pathétique cherche à susciter la pitié et l’émotion du lecteur.


Exemple : Les poèmes évoquant la perte d’un être cher ou la souffrance.

6. Le registre didactique a pour objectif d’instruire ou d’expliquer un


savoir.
Exemple : Les textes scientifiques ou philosophiques simplifiés pour
enseigner une notion.

7. Le registre polémique critique ou attaque vivement une idée ou une


personne.
Exemple : Voltaire dans Candide dénonce les excès de certaines
philosophies par l’ironie.
3.3 Exercices pratiques sur figures et registres

Exercice 1 : Identifier les figures de style


Texte : « Le Poète est semblable au prince des nuées / Qui hante la tempête
et se rit de l’archer ; / Exilé sur le sol au milieu des huées, / Ses ailes de
géant l’empêchent de marcher. » – Baudelaire

Questions :
1. Relevez deux figures de style.
2. Quel est le registre dominant ?

Corrigé :
1. Figures : la comparaison (semblable au prince des nuées) et la
personnification (ses ailes… l’empêchent de marcher).
2. Registre : pathétique → le poète est exilé et incompris.

Exercice 2 : Rédiger une phrase d’analyse


Citation : « Le Poète est semblable au prince des nuées. »

Corrigé :
« Cette comparaison transforme le poète en un être majestueux mais isolé,
illustrant la grandeur intérieure et la souffrance due à son incompréhension
par la société. »

Partie 3 : Textes intégraux et commentaires complets


1

9.1 Poésie : Victor Hugo – Demain dès l’aube

Texte intégral :
Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends.
J’irai par la forêt, j’irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.
Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur.

Problématique :
Comment Hugo exprime-t-il la douleur du deuil à travers ce poème lyrique ?

Plan détaillé :
1. La marche symbolique vers l’absence
2. L’expression du silence et du vide
3. La sublimation de la douleur par la poésie

Commentaire complet :
1. La marche symbolique vers l’absence
L’anaphore « j’irai » insiste sur la détermination et l’obligation morale du
poète à honorer sa fille.
L’adverbe « demain, dès l’aube » situe le temps avec précision, créant un
rythme régulier et une marche inexorable.
Les indications de lieu (forêt, montagne) symbolisent l’isolement et le
cheminement intérieur du poète.

2. L’expression du silence et du vide


Le lexique de la solitude (seul, inconnu, triste) montre la détresse et le repli
du poète.
Les phrases négatives (je ne puis, je ne regarderai…) traduisent l’absorption
dans la pensée et le refus du monde extérieur.
Le contraste entre le jour et la nuit (le jour pour moi sera comme la nuit)
souligne le sentiment de deuil absolu et le temps suspendu.
3. La sublimation de la douleur par la poésie
La fin du poème se concentre sur le geste symbolique : « un bouquet de
houx vert et de bruyère en fleur ».
Le choix des plantes traduit à la fois le souvenir éternel et la beauté fragile,
transformant la douleur en hommage poétique.
L’ensemble du poème met en avant la capacité de la poésie à rendre
universelle une souffrance personnelle.

Conclusion modèle :
Ce poème illustre la puissance du lyrisme dans l’expression du deuil intime.
Hugo transforme une douleur personnelle en expérience universelle,
montrant comment la poésie devient un lieu de mémoire et de consolation.

9.2 Théâtre : Racine – Phèdre, Acte I, scène 3

Texte intégral (extrait) :

PHÈDRE :
Ah ! que lui vais-je dire ? Ciel ! que je sens de feux !
Chaque jour me conduit à un péril nouveau.
J’ai beau me détourner, je sens mon cœur engagé.
Hélas ! je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue.
Et si je parle enfin, quels mots vont le peindre ?
Problématique :
Comment Racine met-il en scène la passion tragique dans l’aveu de Phèdre ?

Plan :
1. Un aveu bouleversant et inévitable
2. La force destructrice de la passion
3. La dimension universelle du tragique

Commentaire complet :
1. Un aveu bouleversant et inévitable
Les exclamations (Ah ! Ciel !) traduisent l’intensité de l’émotion et
l’urgence dramatique.
Les phrases brèves et hachées illustrent le désarroi et la confusion intérieure.

2. La force destructrice de la passion


L’énumération des réactions physiques (je rougis, je pâlis) montre que la
passion agit sur le corps et l’esprit, selon la logique tragique racinienne.
L’opposition entre désir et morale traduit le conflit intérieur et le caractère
inévitable de la tragédie.

3. Dimension universelle du tragique


Le spectateur perçoit la fatalité, propre au tragique classique : la passion
conduit irrémédiablement au malheur.
Cette scène illustre la condition humaine face aux désirs et aux interdits
sociaux.

Conclusion modèle :
L’aveu de Phèdre exprime la puissance destructrice de la passion et la
fatalité qui caractérise la tragédie racinienne. Cette scène permet
d’appréhender l’universalité des conflits intérieurs et du destin.

9.3 Roman : Albert Camus – L’Étranger, incipit

Texte intégral :
Aujourd’hui, maman est morte.
Ou peut-être hier, je ne sais pas.
J’ai reçu un télégramme de l’asile : “Mère décédée. Enterrement demain.
Sentiments distingués.”
Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier.

Problématique :
Comment l’incipit de L’Étranger installe-t-il la vision absurde du monde
selon Camus ?

Plan :
1. La neutralité et le détachement du narrateur
2. La narration froide et brève
3. L’installation de l’absurde

Commentaire complet :
1. Neutralité et détachement
L’énoncé simple (Aujourd’hui, maman est morte) choque par sa froideur et
son absence de sentiment.
L’incertitude temporelle (Ou peut-être hier, je ne sais pas) montre
l’indifférence du narrateur au temps et à l’émotion.

2. Narration froide et brève


Les phrases courtes et dépouillées renforcent la distance affective.
Le ton impersonnel installe une perception du monde détachée et rationnelle.

3. Installation de l’absurde
L’absence d’émotion et la banalité de la mort introduisent l’idée de
l’absurde: la vie et la mort n’ont pas de sens intrinsèque.

L’incipit prépare le lecteur à la philosophie existentialiste et à l’aliénation de


Meursault.

Conclusion modèle :
Cet incipit révèle dès les premières lignes le détachement émotionnel de
Meursault et l’absurdité de l’existence, préparant le lecteur à la réflexion
philosophique sur le sens de la vie et de la mort.

9.4 Texte argumentatif : Voltaire – Candide, chapitre 6


Texte intégral (extrait) :
Le tremblement de terre de Lisbonne avait causé la mort de milliers
d’habitants. Pangloss, cependant, soutenait que tout allait pour le mieux dans
le meilleur des mondes possibles. Candide observait avec stupeur cette
philosophie optimiste confrontée à la réalité de la souffrance humaine.

Problématique :
Comment Voltaire critique-t-il l’optimisme à travers cet épisode ?
Plan :
1. La mise en scène dramatique d’une catastrophe
2. L’ironie et la satire de l’optimisme
3. La portée philosophique et critique

Commentaire complet :
1. Mise en scène dramatique
Voltaire décrit la catastrophe avec intensité : « le tremblement de terre…
causé la mort de milliers d’habitants » → force réaliste et choc émotionnel.

2. Ironie et satire
Pangloss défend l’optimisme malgré l’horreur → satire de la philosophie
leibnizienne.
L’ironie est implicite : le lecteur perçoit l’absurdité de l’optimisme.

3. Portée philosophique
Voltaire montre que l’optimisme aveugle est incompatible avec l’expérience
humaine de la souffrance.
La critique est universelle : elle dépasse le contexte historique et invite à la
réflexion sur la condition humaine.

Conclusion modèle :
Cet extrait illustre la satire de Voltaire contre l’optimisme philosophique,
transformant une catastrophe historique en leçon critique et universelle sur
l’humanité et la raison.
Partie 4 : Sujets types et exercices corrigés
10.1 Sujet type 1 – Poésie : Baudelaire, L’Albatros

Texte intégral :
Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

Sujet :
Comment Baudelaire illustre-t-il la condition du poète dans L’Albatros ?

Corrigé :
Problématique :
En quoi l’Albatros traduit-il la grandeur et l’exil du poète confronté à la
société ?

Plan :
1. La beauté et la majesté dans les airs
2. La chute et le ridicule sur terre
3. La symbolique du poète exilé

Commentaire :
1. Beauté et majesté : L’oiseau est un « roi de l’azur », symbole de puissance
et liberté.
2. Chute et ridicule : Sur le sol, il devient maladroit et honteux, reflétant le
décalage entre grandeur intérieure et réalité sociale.
3. Symbolique du poète : L’Albatros est l’allégorie du poète : majestueux
dans l’imaginaire, incompris et limité par la société.

Conclusion :
Baudelaire montre que le poète, comme l’Albatros, vit un exil social et
spirituel, exalté dans sa création mais mal compris dans le monde réel.

10.2 Sujet type 2 – Théâtre : Molière, Le Tartuffe (Acte I, scène 1)

Texte intégral (extrait) :


ORGON : Mon cher Tartuffe, je vous remercie.
Vous êtes un modèle de vertu.
TARTUFFE : Je fais ce que je peux, Monsieur.
ORGON : Votre piété est un exemple pour tous.
TARTUFFE : Il faut que chacun fasse preuve de sincérité.

Sujet :
Comment Molière critique-t-il l’hypocrisie à travers le personnage de
Tartuffe ?

Corrigé :
Problématique :
Comment le dialogue révèle-t-il le décalage entre apparence et réalité
morale?

Plan :
1. La louange exagérée d’Orgon
2. La fausse modestie de Tartuffe
3. La satire de l’hypocrisie religieuse

Commentaire :
1. Louange exagérée : Orgon utilise des superlatifs (exemple pour tous) pour
montrer sa fascination naïve.
2. Fausse modestie : Tartuffe feint l’humilité, accentuant le comique de
situation et la critique implicite.
3. Satire : Le texte met en scène la dissonance entre les valeurs proclamées
et le comportement réel, dénonçant l’hypocrisie religieuse.

Conclusion :
Molière utilise le comique et le dialogue pour montrer l’aveuglement des
hommes face à l’hypocrisie, invitant à la vigilance et à la raison.

10.3 Sujet type 3 – Roman : Camus, L’Étranger (incipit)

Texte intégral :
Aujourd’hui, maman est morte.
Ou peut-être hier, je ne sais pas.
J’ai reçu un télégramme de l’asile : “Mère décédée. Enterrement demain.
Sentiments distingués.”
Cela ne veut rien dire. C’était peut-être hier.

Sujet :
Comment l’incipit installe-t-il le personnage et l’absurdité du monde ?

Corrigé :
Problématique :
En quoi Camus, dès l’incipit, présente-t-il l’absurdité de l’existence à travers
le détachement du narrateur ?
Plan :
1. L’indifférence et la neutralité du narrateur
2. La brièveté et la simplicité des phrases
3. L’absurde et le décalage émotionnel

Commentaire :
1. Indifférence : La phrase initiale (Aujourd’hui, maman est morte) est
factuelle, sans émotion.
2. Simplicité : Les phrases courtes traduisent la rationalité et le détachement
de Meursault.
3. Absurde : Le contraste entre la gravité de la mort et la banalité de
l’énoncé met en évidence l’absurdité de la vie.

Conclusion :
Camus installe dès le début un univers où l’individu fait face à un monde
dépourvu de sens, révélant la philosophie de l’absurde.

10.4 Sujet type 4 – Texte argumentatif : Voltaire, Candide (chapitre 6)

Texte intégral (extrait) :


Le tremblement de terre de Lisbonne avait causé la mort de milliers
d’habitants. Pangloss, cependant, soutenait que tout allait pour le mieux dans
le meilleur des mondes possibles. Candide observait avec stupeur cette
philosophie optimiste confrontée à la réalité de la souffrance humaine.

Sujet :
Comment Voltaire critique-t-il l’optimisme philosophique dans cet extrait ?

Corrigé :
Problématique :
Comment Voltaire, à travers l’ironie et la satire, confronte-t-il philosophie et
réalité ?

Plan :
1. La description réaliste du désastre
2. L’ironie de Pangloss face à l’horreur
3. La critique universelle de l’optimisme

Commentaire :
1. Réalisme : L’énoncé des morts (des milliers d’habitants) choque et montre
la gravité.
2. Ironie : L’optimisme de Pangloss est absurde au regard des faits, créant un
contraste ironique.
3. Critique : Voltaire invite le lecteur à réfléchir sur la pertinence des
philosophies abstraites face à la souffrance humaine.
Conclusion :
Voltaire utilise la satire et l’ironie pour montrer que l’optimisme
philosophique, déconnecté de la réalité, est illusoire et dangereux.

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