Développements Limités en Mathématiques
Développements Limités en Mathématiques
Mohamed Alahiane ∗
26 octobre 2025
5 Applications 11
5.1 Calcul de limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
5.2 Position relative d’une courbe et de sa tangente au voisinage d’un point . 12
5.3 Asymptotes et position relative par rapport à la courbe au voisinage de
l’infini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
6 Exercices 15
1
S1 : Mathématiques et applications ENCG 2025-2026
1.2 Définition
Soit f une fonction définie au voisinage de x0 ∈ R. On dit que f admet un dévelop-
pement limité d’ordre n s’il existe des nombres réels a0 , a1 , · · · et an et une fonction ε
définie au voisinage de x0 tels que :
f (x) = a0 + a1 (x − x0 ) + a2 (x − x0 )2 + · · · + an (x − x0 )n + ◦ ((x − x0 )n ) ,
où ◦ ((x − x0 )n ) = (x − x0 )n ε(x) et lim ε(x) = 0.
x→x0
◦ Le polynôme Pn (x) = a0 + a1 (x − x0 ) + a2 (x − x0 )2 + · · · + an (x − x0 )n s’appelle
la partie principale de développement limité.
◦ Le terme ◦ ((x − x0 )n ) s’appelle le reste ou le terme résiduel du développement
limité
1.3 Exemple
1 − xn+1
◦ On sait que ∀n ∈ N, ∀x ∈ R \ {1}, 1 + x + x2 + · · · + xn = , donc
1−x
∀n ∈ N, ∀x ∈ R \ {1},
1 xn+1
= 1 + x + x2 + · · · + xn + ,
1−x 1−x
x
= 1 + x + x2 + · · · + xn + xn × ,
1−x
x
= 1 + x + x2 + · · · + xn + xn × ε(x), où ε(x) = → 0
1 − x x→0
= 1 + x + x2 + · · · + xn + ◦(xn )
1
Il en découle que x 7→ admet un développent limité à tout ordre au voisinage
1−x
de 0.
2.2 Conséquences
Propriété 2.3 La partie principale du DLn (0) d’une fonction paire (resp. impaire) est
paire (resp. impaire)
Preuve 2.4
◦ Supposons que f est une fonction paire admettant un DLn (0) :
f (x) = Pn (x) + xn ε(x), avec Pn un polynôme de degré n et lim ε(x) = 0, alors
x→0
f (−x) = Pn (−x)+xn ε1 (x), avec ε1 (x) = (−1)n ε(−x) → 0 et la parité de f donne
x→0
f (−x) = f (x) = Pn (x) + xn ε(x), donc Pn (−x) + xn ε1 (x) = Pn (x) + xn ε(x), d’où
Pn (−x) + ◦(xn ) = Pn (x) + ◦(xn ). L’unicité du développement limité entraine
Pn (−x) = Pn (x), ainsi Pn est paire.
◦ Supposons que f est une fonction impaire admettant un DLn (0) :
f (x) = Pn (x) + xn ε(x), avec Pn un polynôme de degré n et lim ε(x) = 0, alors
x→0
f (−x) = Pn (−x)+xn ε1 (x), avec ε1 (x) = (−1)n ε(−x) → 0 et la parité de f donne
x→0
f (−x) = −f (x) = −Pn (x) + xn ε2 (x), avec ε2 (x) = −ε(x) donc
Pn (−x) + xn ε1 (x) = Pn (x) + xn ε2 (x), d’où Pn (−x) + ◦(xn ) = −Pn (x) + ◦(xn ).
L’unicité du développement limité entraine Pn (−x) = −Pn (x), ainsi Pn est im-
paire.
2.3 Troncature
Définition 2.5 Si f admet un DLn (0) de partie régulière Pn , alors f admet un DLm (0)
pour tout m ≤ n dont la partie régulière Qm est obtenue en éliminant les termes de degré
> m. On dit que Qm est obtenue par troncature de Pn à l’ordre m.
1
Exemple 2.6 On sait que = 1 + x + x2 + x3 + x4 + ◦(x4 ), alors
1−x
1
= 1 + x + x2 + x3 + ◦(x3 ), (troncature à l’ordre 3)
1−x
1
= 1 + x + x2 + ◦(x2 ), (troncature à l’ordre 2)
1−x
1
= 1 + x + ◦(x). (troncature à l’ordre 1)
1−x
Xn
f k+1 (0) k+1
Il s’ensuit que f (x) − x − f (0) = ◦(xn+1 ), par suite
k=0
(k + 1)!
X
n+1 k
f (0)
f (x) = xk + ◦(xn+1 )
k=0
(k)!
◦ D’après le principe de récurrence, la propriété Pn est vraie pour tout n ∈ N.
3.2 Applications
Les fonctions exp, sin et cos sont indéfiniment dérivables sur R et pour tout n ∈ N et
π
(n) x (n)
pour tout réel x, on a : exp (x) = exp(x) = e , cos (x) = cos x + n et sin(n) (x) =
π
2
sin x + n , d’où exp(n) (0) = e0 = 1,
2 π π
cos (2n+1)
(0) = cos (2n + 1) = cos nπ + = − sin(nπ) = 0
π 2 2
cos(2n) (0) = cos (2n) = cos (nπ) = (−1)n
2 π π
sin(2n+1) (0) = sin (2n + 1) = sin nπ + = cos(nπ) = (−1)n
π
2 2
sin(2n) (0) = sin (2n) = sin (nπ) = 0
2
Xn
xk
◦ ex = + ◦(xn ).
k=0
k!
X
2n
x2k
◦ cos(x) = (−1)k + ◦ x2n+1 .
k=0
(2k)!
X
2n
x2k+1
◦ sin(x) = (−1)k + ◦ x2n+2 .
k=0
(2k + 1)!
La fonction x 7→ (1 + x)α est de classe C ∞ au voisinage de 0 et ∀n ∈ N, ∀x ∈] −
1, +∞[, ((1 + x)α )(n) = α(α − 1)(α − 2) · · · (α − n + 1)(1 + x)α−n , donc
(n)
∀n ∈ N, ∀x ∈] − 1, +∞[, ((1 + x)α )|x=0 = α(α − 1)(α − 2) · · · (α − n + 1). On conclut que
Remarque 3.4
X
n
f (k)(0)
Si f est de classe C n+1
au voisinage de 0, alors f (x) = xk + O xn+1 , on dit
k! k=0
que f admet une DLn (0) fort. Ce dernier donne plus d’informations que
Xn
f (k)(0) k
f (x) = x + ◦ xn+1
k=0
k!
X
n+1
xk
Finalement f (x) = + ◦(xn+1 ) est le DLn+1 (0).
ak
k=0
k
Xn
xk
Par troncature à l’ordre n, on obtient f (x) = ak + ◦(xn ) est le DLn (0).
k=0
k
′
Règle : si f admet un DLn (0), alors f admet un DLn+1 (0) dont la partie principale est
obtenue en intégrant la partie principale du DLn (0) de f ′ et en choisissant f (0) comme
constante d’intégration.
Exemple 4.1
1
◦ On sait que = 1 + x + x2 + · · · + xn + ◦(xn ), alors
1−x
x2 x3 xn
− ln(1 − x) = − ln(1) + x + + + ··· + + ◦(xn ).
2 3 n
x2 x3 xn
Il vient ln(1 − x) = −x − − − ··· − + ◦(xn ).
2 3 n
sin x
◦ On a lim = 1, alors sin x = x + xε(x) = x + ◦(x).
x→0 x
Par intégration successive, on obtient :
x2 x2
— − cos(x) = − cos(0) + + ◦(x2 ), d’où cos x = 1 − + ◦(x2 ).
2 2
x3 x3
— sin x = sin 0 + x − + ◦(x3 ), d’où sin x = x − + ◦(x3 )
3! 3!
x2 x4 x2 x4
— − cos(x) = − cos(0) + − + ◦(x4 ), d’où cos x = 1 − + + ◦(x4 ).
2 4 2 4!
x3 x5 x3 x5
— sin x = sin 0 + x − + + ◦(x5 ), d’où sin x = x − + + ◦(x5 )
3! 5 3! 5
◦ On a lim ex = 1, donc ex = 1 + ε(x) = 1 + ◦(1). Comme x 7→ ex est de classe C ∞
x→0
sur R, alors par intégrations successives, on obtient :
— ex = e0 + x + ◦(x) = 1 + x + ◦(x).
x2 x2
— ex = e0 + x + + ◦(x2 ) = 1 + x + + ◦(x2 ).
2! 2!
x2 x3 x2 x3
x 0
— e =e +x+ + + ◦(x ) = 1 + x +
3
+ + ◦(x3 ).
2! 3! 2! 3!
x2 x3 x4 x2 x3 x4
x 0
— e =e +x+ + + + ◦(x ) = 1 + x +
4
+ + + ◦(x4 ).
2! 3! 4! 2! 3! 4!
Exercice 4.3
1. Donner le DL4 (0) des fonctions x 7→ cos x et x 7→ ex .
x2
e −1−x
x
e −1−x x ex − 1 − x −
2. Calculer les limites lim , lim et lim 2 .
x→0 x x→0 x2 x→0 x3
4.3 Substitution
Propriété 4.4 (Substitution de type x 7→ axp )
X
n
Soient a ∈ R, et f ∈ DLn (0) telle que f (x) = ak xk + ◦(xn ), alors
k=0
X
n
f (ax ) = a0 + aa1 x + a2 a x + +a3 a x + · · · + an a x + ◦ (x ) =
p p 2 2p 3 3p n np np
ak ak xkp + ◦(xnp ).
k=0
Donc x 7→ f (axp ) admet un DLnp (0).
1
Exemple 4.5 On sait que = 1 + x + x2 + · · · + xn−1 + ◦(xn−1 ).
1−x
◦ Par substitution de type x → −x, on obtient :
1
= 1 − x + x2 + · · · + (−1)n−1 xn−1 + ◦(xn−1 ).
1+x
◦ Par intégration, on obtient :
x2 x3 xn
ln(1 + x) = ln(1 + 0) + x − + + · · · + (−1)n−1 + ◦(xn ), donc
2 3 n
x2 x3 n−1 x
n
ln(1 + x) = x − + + · · · + (−1) + ◦(x ).
n
2 3 n
◦ Par substitution de type x → x2 , on obtient
1
= 1 − x2 + x4 + · · · + (−1)n x2n + ◦(x2n ).
1 + x2
x3 x5 x2n−1 x2n+1
arctan(x) = arctan(0) + x − + + · · · + (−1)n−1 + (−1)n + ◦ x2n+2
3 5 2n − 1 2n + 1
x3 x5 x 2n−1
x 2n+1
=x− + + · · · + (−1)n−1 + (−1)n + ◦ x2n+2
3 5 2n − 1 2n + 1
Exercice 4.6
1
1. Donner le DL4 (0) de x 7→ .
1 + x2
2. Donner le DL5 (0) de arctan.
√
3. Donner le DL6 (0) de x 7→ 1 + x2 .
4.4 Addition
Propriété 4.7 Si f et g admettent des DLn (0), alors f + g admet un DLn (0) dont la
partie principale est la somme des parties principales de f et g.
X
n X n
Plus précisément, si f (x) = ak x + ◦(x ) et g(x) =
k n
bk xk + ◦(xn ), alors
k=0 k=0
X
n
f (x) + g(x) = (ak + bk )xk + ◦(xn ).
k=0
Exercice 4.8
ex + e−x
1. Donner le DL4 (0) de ch : x 7→ .
2
ex − e−x
2. Donner le DL3 (0) de sh : x 7→ .
2
4.5 Produit
Propriété 4.9 Si f et g admettent des DLn (0), alors le produit f g admet un DLn (0)
dont la partie principale est obtenue en prenant, dans le produit des parties principales,
les termes de degré ≤ n.
Exercice 4.10
1. Donner le DL3 (0) de x 7→ (1 + x)ex .
ex
2. Donner le DL2 (0) de x 7→ .
1−x
4.6 Composition
Propriété 4.11 Si f et g admettent des DLn (0) et que lim g(x) = 0, alors la composée
x→0
f ◦ g admet un DLn (0) dont la partie principale est obtenue dans la composée des parties
principales des DLn (0) de f et de g, en considérant les termes de degré ≤ n.
4.7 Division
f
Propriété 4.13 Si f et g admettent des DLn (0) et que lim g(x) 6= 0, alors admet un
x→0 g
DLn (0).
Plus précisément, si f (x) = a0 + a1 x + · · · + an xn + ◦(xn ) et g(x) = b0 + b1 x + · · · + bn xn +
◦(xn ), avec b0 6= 0, alors
f (x) a0 + a1 x + · · · + an xn + ◦(xn )
=
g(x) b0 + b1 x + · · · + bn xn + ◦(xn )
a0 + a1 x + · · · + an xn + ◦(xn )
=
b1 bn n
b0 1 + x + · · · + + x + ◦(x ) n
b0 b0
−1
1 b1 bn n
= (a0 + a1 x + · · · + an x + ◦(x )) 1 + x + · · · + + x + ◦(x )
n n n
b0 b0 b0
En suite, on applique les règles de composition et du produit.
Exemple 4.14
1
1. Donner le DL2 (0) et le DL4 (0) de x 7→ et x 7→ tan x.
cos x
2. Donner le DL2 (0) x 7→ tan x.
x
3. Donner le DL2 (0) x 7→ x .
e −1
√
4. Donner le DL3 (0) x 7→ x2 + 1 + x.
Solution :
x2 x2 x4 1
1. On a cos x = 1 − + ◦(x2 ), cos x = 1 − + + ◦(x4 ) et = 1 + x + ◦(x),
2 2 24 1−x
donc :
1 1
= 2
cos x x
1− + ◦(x2 )
2
x2
=1+ + ◦(x2 )
2
et on a
1 1
= 2
cos x x x4
1− + + ◦(x4 )
2 24
1
= 2
x x4
1− − + ◦(x )4
2 24
2 2 2 2 2 !
x x4 x x4 x x4
=1+ − + − +◦ −
2 24 2 24 2 24
x2 5
=1+ + x4 + ◦(x4 )
2 24
2. D’après ce qui précède, on obtient
1
tan x = sin x ×
cos x
3
x x2 5 4
= x− + ◦(x )
4
1+ + x + ◦(x )
4
6 2 24
2 3
x x
=x+ − + ◦(x4 )
2 6
x2 x3
3. On a ex = 1 + x + + + ◦(x3 ), donc
2 6
x x
=
ex − 1 x 2
x3
1+x+ + + ◦(x3 ) − 1
2 6
1
=
x x2
1+ + + ◦(x2 )
2 6
2 2 !
x x2 x x2 x x2
=1+ − − + − − +◦ − −
2 6 2 6 2 6
x 5
=1− + x2 + ◦(x2 )
2 12
√ x2
4. On a 1 + x2 = 1 + + ◦(x2 ), donc
2
√ 1
1 + x2 + x = (1 + x2 ) 2 + x
x2
=1+ + ◦(x2 ) + x
2
x2
=1+x+ + ◦(x2 )
2
5 Applications
5.1 Calcul de limites
x − sin x x ln x
Calculer les limites lim et lim .
x→0 x 3 x→1 x − 1
Au voisinage de +∞, on a :
√
f (x) = x + 2 x2 − x
s
1
=x+2 x2 1−
x
r
1
= x + 2|x| 1 −
x
r
1
= x + 2x 1 − car x > 0
x
1 2√ 1
= + 1 − t, avec t = → 0
t t x x→+∞
On a
√ 1
1 + t = (1 + t) 2
1 1 1
− 1
=1+ t+ 2 2 t2 + ◦t→0 (t2 )
2 2!
t t2
= 1 + − + ◦t→0 (t2 )
2 8
√ t t2
Par substitution de type t −→ −t, on obtient 1 − t = 1 − − + ◦t→0 (t2 ).
2 8
Il s’ensuit que
1 2 t t2
f (x) = + 1 − − + ◦t→0 (t ) 2
t t 2 8
3 t
= − 1 − + ◦t→0 (t)
t 4
1 1
= 3x − 1 − + ◦x→+∞
4x x
1 1
Par suite lim f (x) − (3x − 1) = lim − + ◦x→+∞ = 0, donc la courbe (C ) de
x→+∞ x→+∞ 4x x
f admet une asymptote oblique (D) au voisinage de +∞ d’équation y = 3x − 1.
Par ailleurs, on a :
1 1
f (x) − (3x − 1) = − + ◦x→+∞
4x x
1
= − (1 + ◦x→+∞ (1)) ,
4x
donc f (x) − (3x − 1) est négatif au voisinage de +∞. On en conclut que la courbe (C )
est située au dessous de son asymptote (D) : y = 3x − 1 au voisinage de +∞.
Au voisinage de −∞, on a :
√
f (x) = x + 2 x2 − x
s
1
=x+2 x 1− 2
x
r
1
= x + 2|x| 1 −
x
r
1
= x − 2x 1 − car x > 0
x
1 2√ 1
= − 1 − t, avec t = → 0
t t x x→+∞
√ t t2
On a 1−t=1− − + ◦t→0 (t2 )., ainsi
2 8
1 2 t t2
f (x) = − 1 − − + ◦t→0 (t ) 2
t t 2 8
1 t
= − + 1 + + ◦t→0 (t)
t 4
1 1
= −x + 1 + + ◦x→+∞
4x x
1 1
Par suite lim f (x) − (−x + 1) = lim + ◦x→+∞ = 0, donc la courbe (C ) de f
x→+∞ x→+∞ 4x x
admet une asymptote oblique (∆) au voisinage de +∞ d’équation y = −x + 1.
Par ailleurs, on a :
1 1
f (x) − (−x + 1) = + ◦x→+∞
4x x
1
= (1 + ◦x→+∞ (1)) ,
4x
donc f (x) − (−x + 1) est négatif au voisinage de −∞. On en conclut que la courbe (C )
est située au dessous de son asymptote (∆) : y = −x + 1 au voisinage de −∞.
6 Exercices
Exercice 6.1 Calculer
√
ex − 1 − x
1. lim .
x→0 x
ln x
2. lim .
x→1 x − 1
1 1
3. lim x 1 − 2 − cos
4
.
x→+∞ 2x x
3. Montrer que la courbe (Cf ) représentative de f admet pour asymptote une droite
(∆) (à déterminer) au voisinage de +∞.
4. étudier, au voisinage de +∞, la position de (Cf ) par rapport à (∆).
∀x ∈ I,
Z
′ x f ′′ (0) 2 f (n) (0) n 1 x
f (x) = f (0) + f (0) + x + ... + x + (x − t)n f (n+1) (t)dt
1! 2! n! n! 0
X f (0)
n (k) Z x
1
= xk + (x − t)n f (n+1) (t)dt
k=0
k! n! 0
Exercice 7.2
1. Écrire la formule de Taylor avec reste intégral en 0 d’ordre 3 puis 4 pour la fonction
sin.
2. En déduire que :
h πi x3 x3 x5
∀x ∈ 0, , x− ≤ sin x ≤ x − + .
2 6 6 120
Solution :
1. (a) On a sin ∈ C 4 (R). D’après la formule de Taylor avec reste intégrale, on obtient :
Z
sin′ (0) sin′′ (0) 2 sin(3) (0) 3 1 x
sin x = sin(0) + x+ x + x + (x − t)3 sin(4) (t)dt
1! 2! 3! 3!
Z x 0
1 1
= x − x3 + (x − t)3 cos(t)dt
3! 3! 0
(b) On a sin ∈ C 5 (R). D’après la formule de Taylor avec reste intégrale, on obtient :
Z
sin′ (0) sin′′ (0) 2 sin(3) (0) 3 sin(4) (0) 4 1 x
sin x = sin(0) + x+ x + x + x + (x − t)4 sin(5) (t)dt
1! 2! 3! 4! 4!
Z x 0
1 1
= x − x3 − (x − t)4 cos(t)dt
3! 4! 0
2. Soit x ∈ 0, π2 et t ∈ [0, x], alors
0 ≤ t ≤ x =⇒ 0 ≤ x − t et 0 ≤ cos(t)
=⇒ 0 ≤ (x − t)3 et 0 ≤ cos(t)
=⇒ 0 ≤ (x − t)3 cos(t)
Z x
=⇒ 0 ≤ (x − t)3 cos(t)dt, car t 7→ (x − t)3 cos(t) est continue sur [0, x]
0
Z x
1 3 1 3
=⇒ x − x ≤ x − x + (x − t)3 cos(t)dt
3! 3! 0
x3
=⇒ x − ≤ sin(x).
6
et
0 ≤ t ≤ x =⇒ 0 ≤ x − t et 0 ≤ cos(t) ≤ 1
=⇒ 0 ≤ (x − t)4 et 0 ≤ cos(t) ≤ 1
=⇒ 0 ≤ (x − t)4 cos(t) ≤ (x − t)4
Z x Z x
=⇒ (x − t) cos(t)dt ≤
4
(x − t)4 dt
0 0
car t 7→ (x − t)4 cos(t) et t 7→ (x − t)4 sont continues sur [0, x]
Z x Z x
1 3 1 3
=⇒ x − x + (x − t) cos(t)dt ≤ x − x +
4
(x − t)4 cos(t)dt
3! 3!
0
5 x
0
x 3
(x − t)
=⇒ sin(x) ≤ x − + − .
6 5! 0
x3 x5
=⇒ sin(x) ≤ x − + .
6 120
On en déduit que
h πi x3 x3 x5
∀x ∈ 0, , x− ≤ sin x ≤ x − +
2 6 6 120
X
n
f (k) (a) M |b − a|n+1
f (b) − (b − a)k ≤
k=0
k! (n + 1)!
Cas particulier à connaître : si 0 ∈ I, si x ∈ I et que M un majorant de |f (n+1) | sur
[0, x] (ou sur [x, 0]), on a :
X
n
f (k) (0)
∀x ∈ I, f (x) = xk + Rn (x)
k=0
k!
où
M |x|n+1
|Rn (x)| ≤ .
(n + 1)!
C’est-à-dire :
X
n
f (k) (0) M |x|n+1
∀x ∈ I, f (x) − xk ≤
k=0
k! (n + 1)!
Exercice 7.4 On pose f = exp.
Soit x ∈ R.
1. Déterminer, si x > 0 un majorant de |f (n+1) (t)| sur [0, x] et, si x < 0 un majorant
de |f (n+1) (t)| sur [x, 0].
2. En déduire que,
X
n
xk
lim = ex .
n→+∞
k=0
k!