Introduction à la géologie et minéralogie
Introduction à la géologie et minéralogie
3
Le principe de la géologie moderne est le principe de
l'uniformitarisme ou de l'actualisme. Ce principe a été énoncé
au 18ème siècle par James Hutton et reprit au 19ème siècle par
John Playfair. Il stipule que "les processus géologiques qui ont
lieu aujourd'hui sur la Terre, ont probablement eu lieu de la
même façon dans le passé et continueront dans le futur"
autrement dit, "le présent est la clé du passé"
4
La terre est une planète dynamique et cette
dynamique concerne autant l’intérieur que la
surface de la Terre
5
Géodynamique interne : s'intéresse à tous les phénomènes
géologiques qui se déroulent en profondeur et qui vont donner
lieu aux roches endogènes (roches magmatiques ou roches
ignées et métamorphiques.
7
Coupe géologique du globe terrestre
CHAPITRE I: NOTIONS DE MINERALOGIE
10
Atome
Électron
Neutron
Noyau
Proton
Atome Minéral
Formation
géologique
Huit éléments qualifiés d’éléments majeurs constituent à eux
seul 98,5% de la masse des roches de la lithosphère. Les
autres sont dits éléments mineurs à cause de leur faible
quantité dans les roches.
Ecorce Oxygè Silici Alumi Fer Calci Sodiu Potas Magné-
ne (O) um -nium (Fe) um m sium sium
(Si) (Al) (Ca) (Na) (K) (Mg)
17
Liaison ionique
La liaison covalente = C’est la mise en commun d’une paire
d’électron. Elle est caractérisée par une température de
fusion élevée. Les cristaux se forment par ce type de liaison
(liaison forte) peuvent également servir d’isolant
21
La liaison métallique
La liaison de Van der Waals = C’est une liaison faible entre
atomes neutres saturés dans les couches externes. La
température de fusion est basse. Les cristaux formés par ce
type de liaison se retrouvent auniveau des gaz rares condensés
comme l’hélium.
Exemple : Les gaz rares condensés comme l’hélium
• Liaison de Van der Waals
b) Les dimensions atomiques
•Le rayon ionique
Le rayon ionique est déterminé grâce à la méthode de
diffraction des rayons X.
Il est déterminé à partir de la distance entre cations et anions
voisins dans un cristal ionique, en supposant que la distance
internucléaire est égale à la somme des rayons de ces ions. En
réalité, le rayon ionique n'est pas vraiment une constante car il
dépend de la valence (nombre maximal de liaison covalentes
ou ionique), de la coordinence et de l'état de spin de l'ion
considéré.
• La coordinance = Nombre d’anions (ion négatif) pouvant
entourer un cation (ion positif) central. Elle dépend du
rapport des rayons du cation et des anions qui l’entourent.
26
Les coordinances les plus communes et leurs polyèdres
représentatifs
Les deux lois fondamentales en cristallographie sont :
* La loi de constance des angles dièdres
Elle a été énoncée en 1772 par Jean-Baptiste Romé
de L'Isle, comme suit : « Quelles que soient les
dimensions relatives de deux faces déterminées d'un
même cristal, elles présentent toujours entre elles le
même angle dièdre ».
Cette loi permet de définir les familles de cristaux.
* La loi de Dérivation : Il existe pour chaque cristal, une
forme géométrique primaire naturelle et simple qui
correspond à une forme primitive que l’on appelle
solide primitif. A partir de cette forme primitive, des
formes dérivées parfois complexes, peuvent apparaître
par des processus de troncature : c’est à dire que les
sommets ou les arrêtes du solide primitif sont
transformés en faces. Ces modifications conduisent à
l’apparition de nouvelles faces au cours de la croissance
du cristal qui présente une forme combinée.
d) Le système cristallin : une forme d’organisation
des atomes
MONOCLINIQUE TRICLINIQU
RHOMBOHEDRIQ
E
UE
Les éléments de symétrie des systèmes
cristallins
* Centre de symétrie
C’est un point tel que tous les sommets du cristal se
correspondent deux à deux par des lignes passant
par ce point. Les deux sommets en correspondance
étant situés à égales distances de ce point.
Règle n°1 : Tout cristal possède un centre de
symétrie
* Un axe de symétrie
On appelle axe de symétrie, une droite autour de
laquelle et après une rotation, on obtient une même
image de l’objet de départ. Une figure admet un axe de
symétrie si par une rotation autour de cet axe, elle se
superpose à elle-même. Pour un observateur qui aurait
fermé les yeux, la figure n’aurait pas bougée.
On dit qu’une figure admet un axe de symétrie d’ordre
“n” si par une rotation de 2Π/n autour de cet axe, elle
se superpose à elle-même. Si la rotation est de 2Π/2,
on a un axe d’ordre 2 noté A2. Si la rotation est de
2Π/3, on a un axe d’ordre 3 noté A3. Si la rotation est
de 2Π/4, on a un axe d’ordre 4 noté A4. Enfin l’axe est
d’ordre 6 (A6) si la superposition se fait au bout d’une
rotation de 2Π/6.
Règle n°2 : Dans le monde minéral, il n’existe pas
d’axe d’ordre 5 ou d’ordre supérieur à 6.
Selon la section de l’objet que l’axe traverse, on a les
axes de symétrie d’ordre suivant :
A2 à travers une section rectangle ou ellipse
A3 à travers une section triangle équilatéral
A4 à travers une section carrée
A6 à travers une section hexagone régulier (losange à
120°)
Règle n°3 : Lorsqu’un solide admet deux axes
d’ordre paires, il admet un 3ème perpendiculaire
au plan définit par les deux premiers.
* Le plan de symétrie ou miroir
C’est un plan traversant le cristal par son centre de
telle sorte que les sommets du cristal se
correspondent deux à deux par des droites passant
perpendiculairement par ce plan. Le plan de symétrie
permet donc d’obtenir l’image d’un point en faisant
une projection orthogonale par rapport à ce plan.
Règle n°4 : Si un cristal possède un axe de
symétrie d’ordre pair et un centre de symétrie, il
possède également un plan de symétrie
perpendiculaire à cet axe et passant par le
centre.
A l’axe d’ordre 3 n’est associé aucun miroir.
Système triclinique
Le système triclinique dont le solide primitif est un
prisme oblique à base parallélogramme quelconque.
Système monoclinique
Le système monoclinique (ou clinorhombique) dont le solide primitif est
un prisme oblique à base losange à (Haüy Lévy) ou rectangle (Miller).
Système orthorhombique
prisme oblique à base rectangle
Système rhomboédrique
Rhomboèdre (parallélépipède dont toutes les faces sont des losanges).
Système quadratique
Le système quadratique dont le solide primitif est un prisme droit à
base carrée.
Système hexagonale
Le système hexagonal dont le solide primitif est un prisme droit à
base hexagone régulier ou losange à 120°.
Système cubique
Le système cubique dont le solide primitif est le cube
B) Propriétés physiques des minéraux
La densité
La dureté
Le clivage
la saveur
L’éclat
57
Propriété Minéral 1 Minéral 2
La couleur
La transparence
La cassure
Les macles
Forme
Toucher
Conclusion = Nom
58
* La densité : Masse d’un certain volume du minéral
sur la masse d’un même volume d’eau. La densité
des minéraux naturels s’étale de 1 à 22 ; mais pour
la grande majorité, elle est comprise entre 2 et 3,5.
la densité peut être estimée simplement en
soupesant l’échantillon.
* La dureté : La dureté d’un minéral est définie comme
étant la résistance de ce minéral à la destruction de sa
structure (résistance à la rayure). La dureté relative est
la résistance qu’un minéral oppose à être rayé par un
autre. Il ne faut pas confondre dureté et solidité, car la
solidité est la résistance aux chocs. Par exemple le
diamant malgré son extrême dureté, est sensible aux
chocs à cause de ses clivages. Il existe une échelle
graduée de 1 (Talc) à 10 (Diamant) : c’est l’échelle de
Mohs basée sur le fait qu’un minéral sera rayé par le
plus dur ou qu’un minéral rayera le plus tendre.
En utilisation pratique, on se servira des minéraux
durs pour couper les moins durs. Exemple : les
couronnes de forage sont en diamant afin d’être sûr
de pouvoir couper toute autre roche rencontrée en
profondeur.
Échelle de Mohs
Echelle de durété de Mohs Référence
1 Talc Friable à l'ongle
Ongle = 2,5
2 Gypse Rayé par l'ongle
3 Calcite
4 Fluorite Rayé par l'acier Acier = 5,5
5 Apatite
6 Orthose Rayé par le verre
7 Quartz
8 Topaze Verre = 6,5
Rayent le verre
9 Corindon
10 Diamant
" Ta Grosse Concierge Folle
d'Amour Ose Quémander Tes Caresses Divines"
On distingue la fluorescence de la
phosphorescence selon que l’émission lumineuse se
prolonge peu ou pendant longtemps après cessation
de l’apport d’énergie.
92
93
* La transparence : un minéral peut être :
· Transparent lorsqu’on voit à travers ce minéral.
· Translucide lorsqu’il laisse juste passer la lumière.
· Opaque, lorsqu’il ne laisse passer aucune lumière.
109
• Les éléments natifs
Ce sont des éléments chimiques capables de former
à eux seuls un minéral. L’élément chimique est
combiné à lui-même et non à d’autres éléments. Dans
cette classe on retrouve des métaux (ex : or, argent)
et deux composés du carbone (graphite et diamant).
111
Or natif
Cuivre natif
112
• Les sulfures et les sulfosels
Ces minéraux sont obtenus par l’association du
soufre et d’un ou plusieurs métaux (sulfures) ou du
soufre et d’un semi-métal (Sn et Sb forment les
principaux sulfosels).
FeS2 = Pyrite
Sb2S3 = stibine ou sulfure d’antimoine
114
__ Fe2+ __ S2−
Structure du sulfure de fer(II)
115
• Les oxydes et hydroxydes
Pour les oxydes c’est la combinaison d’un ou de
plusieurs métaux avec l’oxygène (ex : Fe, Cr, Al). Dans
le cas des hydroxydes, l’ion hydroxyde s’y adjoint (ex :
FeOOH).
Fe2O3 = hématite
FeOOH = Gœthite
__ Cu2+ __ O2−
Maille cristalline de l'oxyde cuivrique
117
118
Hématite
Goethite
119
• Les chlorures et fluorures ou halogenures
C’est la combinaison de métaux avec le chlore ou avec
le fluor. On peut citer comme exemple la halite (NaCl)
et la fluorite ou fluorine (CaF2).
121
• Les carbonates
Les carbonates consistent en une association du
radical (CO3)2- et d’un cation. Les carbonates les
plus courants sont la calcite (CaCO3) et la dolomite
[CaMg(CO3)2].
123
• Les sulfates
C’est la combinaison du radical [SO4]2- avec d’autres
éléments chimiques. Le sulfate le plus courant est le
gypse (CaSO4, 2H2O). Il existe des minéraux à
structures similaires basées sur le radical MoO4
(molybdates) ou WO4 (tungstates).
125
• Les phosphates
Ils renferment le radical [PO4]3- et d’autres éléments
chimiques. Un exemple de phosphate est l’apatite
[Ca5 (PO4)3 (OH, F, Cl)]. Il est utilisé comme engrais.
127
128
2.2) Les silicates
130
[SiO4]4-
131
Image caricaturale du tétraèdre silicaté
132
Les Nésosilicates : Ils sont formés d’un tétraèdre
isolé qui s’associe à d’autres éléments chimiques. Ils
ont comme formule de base = [SiO4]4-
Exemple : la forstérite (Mg2SiO4) et la fayalite
(Fe2SiO4) . Forstérite et fayalite sont des olivines ou
péridots
133
Les sorosilicates : Dans ce cas on a deux
tétraèdres accolés avec comme résultat le partage
d’un atome d’oxygène
Formule de base = [Si2O7]6-
134
La Thortveitite : (Sc,Y)2Si2O7
135
Exemple : les épidotes de formule
R3+Ca2Al2OSiO4Si2O7(OH).
136
Les cyclosilicates: Il s’agit d’une association de
tétraèdres en anneaux de deux, quatre, six ou plus.
[Si6O18]12-
Exemple : le beryl
a pour formule
(Si6O18)Be3Al2
137
● Les inosilicates : Il y a deux types d’inosilicates.
Les inosilicates en chaîne simple et les inosilicates
en chaînes double.
OH OH OH
140
Structure plus étendue des
phyllosilicates
141
OH
OH
OH OH
OH OH [Si4O10]4-
142
Exemple des micas et des argiles.
La biotite
La kaolinite
Al4[Si4O10](OH)8
143
● Les tectosilicates comprennent plusieurs minéraux
parmi les plus importants de la croûte terrestre.
Si on part du tétraèdre [SiO4]4− et qu'on met en commun
chaque oxygène entre deux tétraèdres, on obtient la
formule de la silice, SiO2, qui dans la nature se présente
en différents polymorphes (quartz, tridymite, cristobalite,
etc.) et est le constituant principal du verre.
144
On peut dériver la formule chimique des autres
tectosilicates à partir de celle de la silice, généralisée
en n TO2, où T indique le cation tétraédrique,
essentiellement du silicium ou de l'aluminium.
La charge négative, qui résulte du remplacement
du silicium par l'aluminium dans les tétraèdres, est
compensée par la présence des cations M (K, Na, Ca,
Ba, Li, etc.) dans les cavités de la structure
145
Les tectosilicates : Formule de base = [SiO2]
146
Exemple : le quartz et ses polymorphe : tridymite,
cristobalite, coesite, …
147
148
Chapitre II : PETROGRAPHIE
* Point chaud
Fusion partielle de l’asthénosphère (magma juvenile)
156
Fusion partielle d’une croûte en subduction
157
Point chaud
Une fois extrait de sa source, le magma suit
inéluctablement un chemin ascendant du fait du
contraste de densité avec les matériaux situés au-
dessus. Cette ascension va s’achever soit à la
surface de l’écorce terrestre soit quelques kilomètres
en profondeur. Le site final de cristallisation détermine
les deux principales sous-familles de roches
magmatiques que sont les roches volcaniques
(cristallisation rapide en surface) et les roches
plutoniques (cristallisation lente en profondeur).
Entre ces deux types principaux on retrouve un type
intermédiaire (peu courant dans la nature) qui est la
sous-famille des roches hypovolcaniques.
Au cours de son ascension, le magma peut subir une
cristallisation fractionnée ou des phénomènes de
contamination.
Il y a cristallisation fractionnée lorsque des cristaux se
forment précocement dans le magma et que le reste du
magma est amputé de leurs compositions chimiques.
Si le phénomène se répète un certain nombre de fois,
il y a formation d'une série de roches dont la
composition évolue en allant des premières plus
“basique” aux dernières plus “acide”. Le dernier
magma qui résulte d'une telle cristallisation est dit
évolué parce que plus acide.
Le phénomène de contamination se produit lorsqu'un
magma en cours de montée arrache, incorpore et digère
des morceaux des roches traversée. Si ces roches
digérées ont une composition chimique
fondamentalement différente de celle du magma, ce
dernier va voir sa composition chimique originelle
modifiée et cela s'appelle la contamination.
162
Roches magmatiques
2) Ordre de cristallisation des minéraux : La
suite (ou série) réactionnelle de Bowen
166
Anorthite: CaAl2Si2O8
Albite : NaAlSi3O8
3) Composition chimique des magmas
Variantes :
Quartz : 20%
Biotite : 15%
Plagioclase : 40%
Orthose : 15%
Amphibole : 10%
192
193
Picrite Péridotite
194
Basalte Gabbro
195
Andésite Diorite
196
Dacite Granodiorite
197
Rhyolite Granite
198
Trachyte Syénite
199
II- Le Métamorphisme et Les roches
métamorphiques
202
1) Les facteurs du métamorphisme
Sillimanite
Andalousite
211
● Dans le cas du métamorphisme régional à
température dominante (Métamorphisme type
ABUKUMA), on distingue :
- Le faciès des Schistes verts
Néoformation : Chlorite + Epidote + Muscovite, …
Les Conditions de pression et de température sont
d’environ 3 à 9 Kbars et 500°c : C’est l’épizone
Le faciès des Amphibolites
Néoformation : Amphibole (Hornblende vert) +
Epidote + Albite + grenat
Les conditions de pression et de température sont de
3 à 11 kbars et 600°C -700°C : c’est la mésozone
Le faciès des Granulites
Néoformation : Pyroxène + plagioclase + Grenat +
Sillimanite.
Les conditions de pression et de température sont de
3 à 13 kbar et 700 à 900°C : c’est la Catazone
Au-delà de la catazone, on entre dans l’Ultrazone et
les matériaux commencent à fondre partiellement.
222
- La foliation est l’équivalent de la schistosité mais
elle se présente concrètement par un rubanement
dans lequel on a une alternance de rubans de
minéraux sombres et de rubans de minéraux blancs.
Une roche qui présente une foliation est une roche
foliée.
5- Classification des roches métamorphiques
244
Dans les régions tempérées, la transformation de l’eau
en glace peut induire des variations de volume qui
sont à l’origine d’altération mécaniques. Le passage
de l’eau à la glace entraîne une augmentation de
volume d’environ 10%. De plus, la glace exerce une
pression sur la roche de plus en plus croissante au fur
et à mesure que la température décroît.
D’autres facteurs favorisant l’altération mécanique sont
les déplacements de masses de glaciers, l’effet de la
gravité qui va entraîner une instabilité. Il y a aussi l’action
de la végétation. Les racines des arbres en se
développant dans les fractures vont accroître le volume
de ces fractures et faciliter ainsi l’altération mécanique de
la roche.
On déduit que l’altération mécanique est beaucoup plus
poussée dans les régions désertiques et dans les régions
tempérées alors que dans les régions tropicales et
équatoriales chaudes et humides elle peut être minimisée.
Dans les terrains granitiques, l’altération est tout à fait
particulière (altération en boule) puisque dans le granite, il
existe en général trois directions de fracturations
perpendiculaires qui délimitent des blocs de forme
assimilable à des parallélépipèdes. La percolation des
eaux dans les espaces qui les séparent est à l’origine de
l’altération en boules.
Processus d’altération du granite
248
2) L’altération chimique
L’altération chimique consiste à faire passer en
solution au moins une partie des éléments chimiques
constituant la roche. Pour cette raison, l’eau est un
élément incontournable dans les processus
d’altération chimiques.
Les principales formes d’altération chimique sont :
L’hydratation
La molécule d’eau réagit avec certains composés
anhydres pour former des hydrates. C’est le cas par
exemple de l’anhydrite (CaSO4) qui va se transformer en
gypse (CaSO4, 2H2O). Cette réaction s’accompagne
d’une augmentation du volume de la roche qui peut
commencer à déliter.
La dissolution
C’est la dispersion dans l’eau à l’état d’ions ou de
molécules. Elle est particulièrement active sur les
évaporites et les calcaires.
L’hydrolyse
L’hydrolyse est la décomposition des matériaux par
l’eau. C’est un facteur d’altération chimique qui agit
principalement sur les silicates. On peut donc dire en
tenant compte de la forte représentativité des silicates
dans les matériaux de la croûte terrestre que
l’hydrolyse est le facteur dominant de l’altération
chimique.
Les réactions s’amorcent sous l’effet des ions H+ de diamètre
relativement petit. Ces ions à potentiel ionique élevé vont
exercer une attraction considérable sur les ions O2- du
minéral qui se libère de ses cations alcalins et alcalino-
terreux. Ces derniers se combinent avec les hydroxydes pour
former des composés ± solubles
Exemple :
Roche mère
Processus géodynamique externe
254
II) La résistance des silicates à l’altération
Les roches sont des assemblages de minéraux qui sont
essentiellement des silicates.
Les minéraux initiaux des roches primaires sont décomposées
ou transformés lors de l’altération. Les minéraux issus de cette
transformation sont dits néoformés ou authigènes.
Les minéraux primaires sont plus ou moins résistants à
l’altération selon une échelle qui reflète parfaitement la série
de cristallisation des minéraux dans les roches magmatiques
(série de Bowen) : C’est la série de Goldich (1938).
L’altérabilité des minéraux est fonction de plusieurs
facteurs qui sont plus ou moins dépendant l’un de
l’autre.
On remarque que les minéraux ferromagnésiens sont
très altérables et cela est dû à la forte mobilité du
magnésium qui rend la structure du minéral très
vulnérable. Il y a aussi le mode d’agencement des
tétraèdres silicatés qui joue un rôle important dans
l’altérabilité des minéraux silicatés. Lorsque la chaîne
est compacte (tectosilicates), le minéral est moins
altérable.
Les clivage et fissures très fréquents dans certains
minéraux sont les facteurs qui favorisent l’altération
chimique de ces minéraux.
A l’échelle de la roche, l’altérabilité suit un ordre qui est
presque celui des minéraux qui la constitue. C’est ainsi
que les roches acides sont moins altérables que les
roches basiques. Mais cela n'est pas toujours vrai dans
tous les cas car d'autres facteurs entrent en ligne de
compte pour accélérer ou retarder l'altérabilité d'une
roche.
Exemple :
- La texture : les roches à textures grossières sont
plus altérables que les roches à textures fines.
- La présence d’hétérogénéités (les fractures, les
schistosités) est aussi un facteur favorisant
l’altération chimique des roches.
III) Le transport
1) Le transport par l’eau
L’eau qui transporte est généralement l’eau de pluie sous
forme d’eau courante ou de torrents (dans les régions
montagneuses). Ces eaux transportent des particules
dissoutes (sous forme ionique) qu’on appelle encore la
lignée des solutions et des particules solides de
différentes dimensions qu’on appelle la lignée des débris.
Lorsque ces particules atteignent un bassin de
sédimentation, les ions en solution précipitent pour
donner de nouveaux minéraux.
261
Les particules solides (minéraux hérités) se déposent pour
former d’abord des roches sédimentaires meubles puis des
roches sédimentaires consolidées par le phénomène de
diagenèse.
267
268
Le dépôt des éléments transportés par la glace donne
des roches constituées d’un mélange d’éléments de
différentes dimensions sans organisation. C’est le cas
de la tillite qui est une roche de dépôts glaciaires
constituée d’un mélange de pâte fine, de galets, de
blocs de granite, de quartz et de grès.
La tillite
270
IV) La diagenèse
La diagenèse est le processus sédimentaire qui conduit à
la transformation d’un sédiment meuble en un sédiment
consolidé. C’est un processus qui commence dès le dépôt
du sédiment. Il y a d’abord une compaction du sédiment
avec une perte d’eau, une augmentation de sa densité et
la multiplication des points de contact entre les grains. La
dernière étape correspond à la cimentation proprement
dite. Ainsi, une roche sédimentaire meuble comme le sable
se transforme en une roche consolidée telle que le grès.
272
273
V- Les principales roches sédimentaires
1- Les roches sédimentaires
détritiques
Un des aspects les plus importants au niveau des
roches sédimentaires détritiques est la taille des
particules détritiques. Un certain nombre d'auteurs
ont tenté de proposer des classifications dans ce
sens. Les limites des tailles des grains varient d'un
auteur à l'autre. Mais dans tous les cas, on retient
qu'il y a trois classes granulométriques qui sont :
En suivant la classification de Wentworth, Pour des
particules de taille très fine (diamètre ≤ 3,9 µm), on
parle d'argile et pour des particules de diamètre
compris entre 3,9 µm et 62,5 µm, il s'agit de silts (ou
limons). Les argiles et les silts ont respectivement
pour formes consolidées, les argilites et les siltites
(pélites) et appartiennent tous à la classe
granulométrique des lutites.
Argiles
276
Siltite
277
Pour des particules de taille comprise entre 62,5 µm
et 2 mm, on la classe des arénites dont le
représentant le plus connu est le sable qui a pour
forme consolidée le grès.
278
Sable Grès
279
Dans la classe des rudites on retrouve des éléments
de tailles supérieur à 2 mm avec successivement
comme formes meubles, les granules (2 mm- 4 mm),
les graviers ou petits cailloux (4 mm à 64 mm), les
galets ou gros cailloux (64 mm à 256 mm) et les
blocs (taille supérieure à 256 mm). Les formes
consolidées qui en résultent sont des conglomérats.
En fonction de la taille des éléments on peut parler de
microconglomérat ou de conglomérat grossier.
Conglomérat
281
2- Les roches sédimentaires chimiques et
biochimiques
Les roches sédimentaires chimiques ont en
général des caractéristiques macroscopiques très
homogènes. En terme de proportion, ce sont les
calcaires qui représentent le groupe le plus important.
La couleur des roches sédimentaires chimiques est
en général blanchâtre mais peut varier en fonction de
l’impureté présente dans le milieu.
Calcaires
284
Les roches sédimentaires chimiques renferment très
souvent des concrétions (ce qui est généralement le
cas de la majorité des calcaires), de tailles variables
dues à une apposition progressive de la matière
minérale autour d'un nucléus. Les concrétions de la
taille des œufs de poissons (petite sphère de 0,5 à 2
mm de diamètre) sont des concrétions oolitiques.
Les concrétions pisolitiques ont des dimensions
supérieures à 2 mm et peuvent atteindre la taille des
grains d’arachides.
Concrétion calcaires
289
3- Les roches résiduelles
Ce sont des roches qui résultent de la
précipitation in situ d’ions peu mobiles comme le fer
(Fe3+) et l’aluminium (Al3+). Les principaux minéraux
qui forment les roches résiduelles sont les oxydes et
hydroxyde de fer et d’aluminium:
- L’hématite (Fe2O3) est de couleur rouge.
- La gœthite (FeO-OH) est un hydroxyde de fer de
couleur jaune-orangé.
- La gibbsite ou hydrargilite (Al (OH)3) est un
hydroxyde d’aluminium de couleur jaune blanchâtre.
Hématite La gœthite
Gibbsite 291
- La bœhmite ou diaspore (AlO-OH) est un
hydroxyde d’aluminium de couleur brunâtre.
- La kaolinite est un minéral blanchâtre et friable.
4- Les roches carbonées ou combustibles
fossiles
Les énergies fossiles proviennent des restes de
plantes et d'animaux marins, déposés au fond de l'océan
au cours des millénaires. Avec le temps, les sédiments se
sont accumulés et ont comprimé ces restes jusqu'à ce
qu’ils se transforment en pétrole qui est remonté à travers
la roche poreuse pour former un réservoir.
Ce sont des ressources énergétiques à usage domestique
et industriel. Ces ressources ont la propriété de se
consumer par le feu.
Il s’agit de roches sédimentaires dites carbonées
parce que le carbone est l’élément de base de tous
les combustibles fossiles. Il s’appui sur une formule
de base CH4,CnH2nOn.
Les combustibles fossiles représentent environ
80% de l'énergie utilisée, loin devant l'énergie
nucléaire et les autres formes d'énergie (hydraulique,
éolienne, solaire...)
Il y a deux grandes catégories de combustible
fossiles :
- Le pétrole qui vient du latin Pétra qui veut dire
pierre et de Oléum qui veut dire huile. Le pétrole est
donc la pierre à huile. Par pétrole, on entend les
hydrocarbures au sens large (huile, gaz et corps
annexe). Pour qu'il se forme il faut que le sédiment
(qui est nommé la roche mère) renferme au moins
1% de matière organique et que la décomposition de
cette matière organique se fasse en condition
anaérobique.
- Les charbons sont de plusieurs catégories dont les
principaux sont l’anthracite (90 à 100 % de carbone),
houille (75 à 90 % de carbone), la lignite (55 à 75 %
de carbone), la tourbe ( 55 de carbone). A l'opposé
du pétrole, pour la formation des charbons, la
quantité de matière organique domine en volume
dans le sédiment. Les charbons se forment par
enfouissement et décomposition de grands végétaux.
Une petite quantité de pétrole peut être produite dans
le même environnement que les charbons et cela
intervient au stade de la formation de la houille.
Anthracite Houille
Lignite
Tourbe
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C) METHODOLOGIE DE DESCRIPTION
DES PRINCIPALES FAMILLES DE ROCHES
Traits distinctifs des trois principales
famille de roches
Type de roche Magmatique Sédimentaire Métamorphique
● Composition minéralogique
A ce stade, on dresse une liste aussi exhaustive que
possible de toutes les espèces de minéraux présentes
dans la roche.
Exemple : pour un granite, on citera le quartz, le feldspath
potassique (orthose), le feldspath calco-sodique
(plagioclase), le mica noir (biotite), le mica blanc
(muscovite), …
NB : On distingue en général trois types de minéraux dans
une roche qui sont :
- Les minéraux essentiels sont les minéraux qui sont
présent dans la roche en proportion abondante.
- Les minéraux accessoires ont une proportion
subordonnée.
- Les minéraux cardinaux sont les espèces de
minéraux essentiels qui servent à la classification de la
roche.
● Proportion des minéraux
On s’intéresse à la proportion de chaque espèce de
minéraux dans la roche. Ce sont ces proportions qui vont
déterminer le champ de composition auquel appartient la roche.
Dans la pratique, après la détermination des proportions, on se
réfère aux diagrammes existants (internationalement
approuvés) pour situer la roche dans son champ de
composition. Parmi ces diagrammes, on peut citer ceux de
Masson (1966) et d’Albert Streckeisen (1975).
● Nom de la roche
La conclusion à la description consiste à proposer un
nom de la roche qui colle le mieux avec toutes les remarques
faites.
2- Schéma de description des roches volcaniques
Compte tenue de la cristallisation très rapide en
surface, les roches volcaniques ne développent pas en
général des cristaux visibles à l’œil nu : on a une pâte
presque homogène. Leur description suit à peu près le même
schéma que celui des roches plutoniques.
● Couleur
- mélanocrate
- mésocrate
- leucocrate.
Comme dans le cas des roches plutonique, on peut encore se
servir du préfixe “holo” pour les cas extrêmes.
● Texture
La texture = microlithique ou vitreuse.
microlithique porphyroïde : on observe des cristaux
(0,5 mm ou plus) dans une pâte microlithique. Il faut préciser
la nature et la taille moyenne des phénocristaux et leur
pourcentage par rapport au restant de la masse cristalline
appelée la mésostase.
● Composition et proportion des minéraux
On ne peut ni dresser la liste des espèces de minéraux
en présence ni leurs proportions relatives. Cela n’est possible
qu’au microscope. La méthodologie consiste alors à se servir
d’un certain nombre de caractères et propriétés propres à
chaque type de roche.
- La couleur
* Les roches mélanocrates sont en général basiques (famille
du basalte).
* Les roches mésocrates sont intermédiaires (famille de
l’andésite)
*Les roches leucocrates sont acides (famille de la rhyolite)
- Aspect de la cassure
L’aspect de la cassure est le plus souvent caractéristique
du type de roche. Ainsi, pour des roches riches en silice (roche
acide), la cassure va se rapprocher de celle du verre (cassure
conchoïdale), alors que pour les roches pauvres en silice, la
cassure est quelconque.
- La dureté
Les roches acides rayent facilement l’acier alors que
les roches basiques dans leur majorité se laissent rayer par
l’acier.
● Nom de la roche
La conclusion à la description consiste à proposer un
nom de roche qui colle le mieux avec toutes les remarques
faites.
3- Schéma de description des roches
hypovolcaniques
Leur schéma de description peut être celui des roches
plutoniques à condition de disposer d’une loupe. A défaut, on
peut adopter le schéma de description des roches volcaniques.
II- Description des roches sédimentaires
1) Les roches sédimentaires détritiques
● La couleur
● la taille des éléments
● Nature des éléments
● Nature du ciment
● Nom de la roche
2) Description d’une roche sédimentaire chimique
ou biochimique
● On caractérise la couleur
● tests mécaniques
● tests chimiques
● Présence ou absence de concretions
Si oui, préciser la taille moyenne.
● Présence ou absence de fossiles
● la dernière étape consiste à déduire le nom de la roche.
NB : Dans le cas où la roche présente des concrétions (ce
qui est généralement le cas de la majorité des calcaires), il
faut préciser la taille de ces concrétions. Les concrétions
de la taille des œufs de poissons (petite sphère de 0,5 à 2
mm de diamètre) sont des concrétions oolitiques. Les
concrétions pisolitiques ont des dimensions supérieures à
2 mm et peuvent atteindre la taille des grains d’arachides.
Dans le cas où la roche sédimentaire chimique renferme
des fossiles, on décrira ces fossiles. Si le descripteur a de
bonnes connaissances en paléontologie, il devra préciser
le nom du fossile. A la suite du nom final à donner à la
roche sédimentaire biochimique, on fera suivre le nom du
fossile Exemple : calcaire à brachiopodes.
3) Description d’une roche résiduelle
Elle résultent de la précipitation in situ d’ions peu mobiles
comme le fer (Fe3+) et l’aluminium (Al3+).
Ce sont fondamentalement :
-La Latérite essentiellement constituée d’hématite (Fe2O3)
de couleur rouge et de gœthite (FeO-OH) qui est un