Introduction aux signaux aléatoires
Introduction aux signaux aléatoires
Théorie du signal
Introduction aux signaux aléatoires - Notion de bruit
1. Qu’est-ce qu’un signal aléatoire ?
1.1 Signaux déterministes, signaux aléatoires
1.2 Notion de trajectoire
Laurent Oudre
[Link]@[Link] 2. Rappels de probabilités 3. Outils pour l’étude des signaux aléatoires
2.1 Variables aléatoires 3.1 Moyenne statistique
2.2 Espérance 3.2 Fonction d’autocorrélation
2.3 Variance et convariance 3.3 Stationnarité au sens large
Université Paris 13, Institut Galilée 3.4 Densité spectrale de puissance
Ecole d’ingénieurs Sup Galilée
3.5 Filtrage des signaux aléatoires
Parcours Télécommunications et Réseaux - 1ère année
2019-2020
Laurent Oudre Théorie du signal 2019-2020 1 / 38 Laurent Oudre Théorie du signal 2019-2020 2 / 38
Qu’est-ce qu’un signal aléatoire ? Qu’est-ce qu’un signal aléatoire ? Signaux déterministes, signaux aléatoires
◮ Jusqu’à présent, nous disposions pour tous les signaux que nous avons
étudiés d’une équation qui nous donnait l’expression de x(t) en fonction de t
Qu’est-ce qu’un signal aléatoire ? on dit que ces signaux sont déterministes
◮ Dans la vraie vie en revanche, on ne dispose pas d’une équation pour tous les
1.1 Signaux déterministes, signaux aléatoires signaux !
1.2 Notion de trajectoire ◮ Certains phénomènes (les perturbations par exemple) sont a priori inconnus
et aléatoires. On n’est pas capable de dire précisément les valeurs que ces
signaux vont prendre, mais on sait par exemple que leur amplitude sera de tel
ordre de grandeur, ou que en général ils auront des fréquences dans une
certaine bande, etc... On dit que ces signaux sont aléatoires
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Qu’est-ce qu’un signal aléatoire ? Signaux déterministes, signaux aléatoires Qu’est-ce qu’un signal aléatoire ? Notion de trajectoire
◮ Les signaux aléatoires ne sont pas traitables uniquement grâce à des outils de 0.8
traitement du signal. En effet, la valeur du signal n’est pas connue... alors 0.6
comment faire ? 0.4
◮ Il va falloir utiliser la théorie des probabilités et des variables aléatoires pour
0.2
travailler sur ces signaux
x(t)
0
◮ On va considérer chaque valeur du signal X (t) comme étant une variable
-0.2
aléatoire (réelle ou complexe), qui dépend donc d’événements aléatoires
-0.4
◮ On appelle réalisation ou trajectoire d’un signal aléatoire X (t), l’ensemble
des valeurs prises par les v.a. X (t) quand t varie. -0.6
-0.8
-1
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2 1.4 1.6 1.8 2
t
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Qu’est-ce qu’un signal aléatoire ? Notion de trajectoire Qu’est-ce qu’un signal aléatoire ? Notion de trajectoire
0 0
1 1
-5 -5
0 0 0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100
5 5
-1 -1
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9
0 0
1 1
-5 -5
0 0 0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100
5 5
-1 -1
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9
0 0
1 1
-5 -5
0 0 0 20 40 60 80 100 0 20 40 60 80 100
5 5
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0 0
1 1
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0 0
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0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8 0.9
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Rappels de probabilités Rappels de probabilités
Rappels de probabilités ◮ Chaque trajectoire d’un signal aléatoire sera différente, alors comment
caractériser un tel signal ?
2.1 Variables aléatoires ◮ On va donc raisonner en terme de moyenne, mais pas de moyenne
2.2 Espérance temporelle : il faudra utiliser la notion de moyenne statistique.
2.3 Variance et convariance ◮ On utilise donc l’espérance statistique E pour travailler sur ces signaux.
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µ = 0, σ = 1
0.35
µ = 2, σ = 1
µ = 0, σ = 2
◮ Une variable aléatoire réelle X est un réel qui dépend d’un événement 0.3
aléatoire 0.25
p (x)
Exemple : tirage simultané de deux dés, et X = somme des deux valeurs ◮ Loi normale (ou Gaussienne) de 0.2
X
◮ Une variable aléatoire est associée à une densité de probabilité pX (x) telle moyenne µ et de variance σ 2 0.15
0.1
a
◮ Loi uniforme sur l’intervalle [a, b] 1
a = -1, b = 3
a = 0, b = 1
a = -2, b = 1
◮ On a en particulier avec a < b 0.8
Z +∞ 1
pX (x)dx = P (−∞ ≤ X ≤ +∞) = 1 pX (x) = 1[a,b](x) 0.6
p (x)
X
−∞ b−a
0.4
0.2
0
-5 -4 -3 -2 -1 0 1 2 3 4 5
x
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Rappels de probabilités Espérance Rappels de probabilités Espérance
Soit X une variable aléatoire réelle, admettant une densité de probabilité pX (x).
On définit l’espérance statistique de X et on note E[X ] la quantité ◮ L’espérance est linéaire : si X et Y sont deux v.a. et a et b deux réels, on a
Z
E[X ] = x pX (x)dx E [aX + bY ] = aE [X ] + bE [Y ]
R
◮ Si ψ est une fonction suffisamment régulière, ψ(X ) est également une
variable aléatoire et on peut définir son espérance comme
◮ Il s’agit schématiquement de la valeur moyenne de X sur une infinité de
réalisations Z
◮ L’espérance est la moyenne des valeurs de la variable aléatoire pondérées par E [ψ(X )] = ψ(x) pX (x)dx
R
leur probabilité d’apparition
◮ L’espérance est également appelée moyenne statistique
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Covariance Variance
◮ Etant données deux variables aléatoires X et Y on peut définir leur ◮ La variance d’une variable aléatoire X , notée var[X ] est définie par
covariance cov(X , Y ) comme
h i
2
var[X ] = E (X − E[X ])
cov(X , Y ) = E [(X − E[X ]) (Y − E[Y ])]
◮ Cette quantité exprime le lien qui existe entre les deux variables. ◮ On peut remarquer que
var[X ] = cov(X , X )
◮ Deux variables aléatoires sont dites non corrélées (ou décorrélées) si et
seulement si ◮ On a également
var[X ] = E X 2 − E[X ]2
cov(X , Y ) = 0
◮ En particulier, si X et Y sont indépendantes, alors X et Y sont décorrélées ◮ La variance décrit à quel point la variable aléatoire a tendance à prendre des
(réciproque fausse) valeurs éloignées de son espérance.
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Outils pour l’étude des signaux aléatoires Outils pour l’étude des signaux aléatoires Moyenne statistique
◮ Dans un signal aléatoire X (t), chaque valeur X (t0 ) est une variable aléatoire,
que l’on peut étudier grâce aux outils issus des probabilités
Outils pour l’étude des signaux aléatoires ◮ Pour étudier la moyenne statistique d’un signal aléatoire il faut donc calculer
E [X (t)]
3.1 Moyenne statistique ◮ En revanche, dans le cas général la quantité E [X (t)] n’est pas constante et
3.2 Fonction d’autocorrélation varie en fonction du temps
3.3 Stationnarité au sens large
3.4 Densité spectrale de puissance E [X (t)] = µ(t)
3.5 Filtrage des signaux aléatoires
◮ Lorsque cette quantité est constante on dit que le signal est stationnaire
d’ordre 1
∀t, E [X (t)] = µ
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Outils pour l’étude des signaux aléatoires Fonction d’autocorrélation Outils pour l’étude des signaux aléatoires Fonction d’autocorrélation
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Outils pour l’étude des signaux aléatoires Fonction d’autocorrélation Outils pour l’étude des signaux aléatoires Stationnarité au sens large
◮ On peut étendre cette définition à deux signaux aléatoires X (t) et Y (t) en ◮ Afin de simplifier les calculs et les considérations, la plupart des signaux
définissant une fonction d’intercorrélation aléatoires que l’on traitera seront stationnaires au sens large, c’est à dire
que
RXY (t1 , t2 ) = E [X (t1 )Y (t2 )] 1. Leur moyenne statistique ne dépend pas du temps (stationnarité d’ordre 1)
∀t1 , t2 , cov (X (t1 ), Y (t2 )) = 0 2. Leur fonction d’autocorrélation ne dépend que de l’écart τ = t2 − t2 entre
deux instants (stationnarité d’ordre 2)
◮ Si les signaux X (t) et Y (t) sont à moyenne statistique nulle et décorrélés,
alors leur fonction d’intercorrélation est toujours nulle. En effet, on a dans ce ∀t1 , t2 , RX (t1 , t2 ) = RX (t2 − t1 )
cas
RX (τ ) = E [X (t)X (t + τ )]
RXY (t1 , t2 ) = cov (X (t1 ), Y (t2 )) = 0
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Outils pour l’étude des signaux aléatoires Densité spectrale de puissance Outils pour l’étude des signaux aléatoires Densité spectrale de puissance
◮ Nous avons vu que pour les signaux déterministes, il était important de les
◮ Soit X (t) un signal aléatoire stationnaire au sens large, ayant une fonction
étudier dans le domaine fréquentiel pour mieux comprendre leurs propriétés
d’autocorrélation RX (τ ). On appelle densité spectrale de puissance (DSP) et
◮ Comment faire pour un signal aléatoire ? Par définition, à chaque nouveau on note SX (f ) la quantité
signal que l’on génère, on aura un signal différent et on aura une transformée
de Fourier différente ! SX (f ) = T F {RX (τ )}
◮ Pour un signal déterministe on a introduit la notion de densité spectrale
d’énergie (DSE) ou densité spectrale d’énergie (DSP) Γx (f ), définie par : ◮ SX (f ) donne la répartition de la puissance selon les fréquences f
◮ Pour un signal aléatoire on peut définir la notion de puissance moyenne PX
Γx (f ) = T F {γx (τ )}
définie comme
Z +∞
◮ On va définir par analogie un outil similaire, également appelé densité PX = SX (f )df
spectrale de puissance (DSP), permettant d’observer le contenu −∞
fréquentiel d’un signal aléatoire en moyenne
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Outils pour l’étude des signaux aléatoires Filtrage des signaux aléatoires Outils pour l’étude des signaux aléatoires Filtrage des signaux aléatoires
Considérons :
◮ Un signal aléatoire X (t) de DSP SX (f ) que l’on filtre avec un filtre linéaire
X (f ) H(f ) Y (f ) de fonction de transfert H(f ).
◮ Alors la DSP SY (f ) de la sortie du filtre Y (t) vérifie la relation suivante :
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Notion de bruit Modèle signal/bruit Notion de bruit Rapport signal sur bruit
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Notion de bruit Rapport signal sur bruit Notion de bruit Rapport signal sur bruit
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Notion de bruit Bruit blanc Notion de bruit Bruit blanc
0
◮ La variance du signal est égale à σ2
∀t, E [B(t)] = 0
◮ Plus σ2 est élevé, plus le bruit blanc a
−1
tendance à prendre des valeurs éloignées
3. Deux valeurs B(t1 ) et B(t2 ) avec t1 6= t2 sont décorrélées −2 de 0 et plus les amplitudes sont élevées
(en valeur absolue)
∀t1 , t2 tels que t1 6= t2 cov (B(t1 ), B(t2 )) = 0 −3
◮ Très utilisé pour modéliser des
−4
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10
perturbations dont on ne connaı̂t que
t (en secondes) l’ordre de grandeur (paramétré par σ2 )
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◮ Comme un bruit blanc est stationnaire au sens large et de moyenne nulle on a ◮ Par définition de la densité spectrale de puissance, on a
◮ Donc la fonction d’autocorrélation est nulle pour tout τ 6= 0, et pour τ = 0 ◮ Pour un bruit blanc on a donc
on a
SB (f ) = T F σ 2 δ(τ ) = σ 2
RB (0) = E B(t)2 = var [B(t)] = σ 2
◮ Pour un bruit blanc on a donc ◮ La densité spectrale de puissance (DSP) d’un bruit blanc est donc
RB (τ ) = σ 2 δ(τ ) SB (f ) = σ 2
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Notion de bruit Bruit blanc Notion de bruit Bruit blanc
◮ Dans le cas d’un bruit blanc, comme tout est aléatoire et décorrélé, il n’y a
pas de raison qu’une fréquence ait plus d’importance que les autres. La ◮ Dans un bruit blanc, toutes les fréquences sont donc présentes avec des
densité spectrale de puissance est donc constante.
contributions égales. On l’appelle bruit blanc par analogie avec la lumière
◮ Pour un bruit blanc B(t) de variance σ 2 , on a donc : blanche qui mélange toutes les fréquences lumineuses.
◮ En théorie un bruit blanc ne peut pas exister car il a une puissance moyenne
SB (f ) = σ 2 totale infinie. On suppose la plupart du temps que l’on travaille dans une
R +∞ 2 certaine bande passante : dans ce cas la densité spectrale de puissance est la
◮ On remarque qu’on a donc PB = −∞ σ df = +∞ ! Un bruit blanc n’existe même pour toutes les fréquences de la bande passante.
donc pas dans la réalité physique, car sa puissance moyenne totale est infinie ! ◮ Dans le modèle signal/bruit, si on s’interesse à un système ayant une bande
◮ Au lieu d’utiliser σ 2 , il est courant d’introduire N0 = 2σ 2 (en Watt par Hertz) passante finie, on supposera donc que le bruit blanc additif aura une largeur
et d’écrire : de bande égale à cette bande passante
N0
SB (f ) =
2
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