0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
46 vues9 pages

Célébration de la nature et de la mère chez Colette

Colette, femme de lettres française du début du 20ème siècle, est pionnière de l'autofiction avec des œuvres comme 'Les Vrilles de la vigne' et 'Sido', qui célèbrent la nature et la figure maternelle. Ses écrits, riches en descriptions sensorielles et poétiques, révèlent une profonde connexion avec le monde qui l'entoure, tout en abordant des thèmes de la famille et de l'ordinaire. À travers l'écriture, Colette trouve un moyen d'émancipation et de guérison, transformant ses expériences personnelles en célébrations de la vie.

Transféré par

Ismail Berrada
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
46 vues9 pages

Célébration de la nature et de la mère chez Colette

Colette, femme de lettres française du début du 20ème siècle, est pionnière de l'autofiction avec des œuvres comme 'Les Vrilles de la vigne' et 'Sido', qui célèbrent la nature et la figure maternelle. Ses écrits, riches en descriptions sensorielles et poétiques, révèlent une profonde connexion avec le monde qui l'entoure, tout en abordant des thèmes de la famille et de l'ordinaire. À travers l'écriture, Colette trouve un moyen d'émancipation et de guérison, transformant ses expériences personnelles en célébrations de la vie.

Transféré par

Ismail Berrada
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

Introduction:

Colette est une femme de lettre, une actrice et une journaliste française du
début 20ème siècle. Pionnière de l’autofiction, elle publie en 1908 un recueil de
récits intitulé Les Vrilles de la vigne, écrits souvent intimistes qui reflètent sa vie
agitée après l’échec de son mariage. En 1930, elle livre un récit autobiographique,
Sido, dans lequel elle se penche sur son enfance en rendant hommage à la figure
marquante de sa mère. Ces deux œuvres ont pour point commun d’exprimer une
célébration du monde qui prend sans doute sa source dans le rapport si
particulier de sa mère à la nature.
-​ Contextualisation et définition des mots clés en rapport avec le sujet
-​ Paraphrase de la problématique: Ainsi, on peut se demander en
quoi…
-​ Plan: D’abord, nous verrons ……………., ensuite nous examinerons ………….
Enfin nous nous demanderons ……………….

Contemplation : Action de contempler quelqu'un, quelque chose, de les regarder


avec attention et longuement

Célébrer : Procéder à quelque chose d'exceptionnel, de marquant, l'accomplir


avec une certaine solennité

“J’aime tant tout ce que j’aime! Si tu savais comment j’embellis tout ce que j’aime,
et quel plaisir je me donne en aimant!”

Thématique des oeuvres:


La célébration du monde
I. La célébration de la nature

Le jardin de Sido, le pays natal et son locus amoenus naturel

• « Oh ! aimable vie policée de nos jardins » : Colette inscrit son jardin dans la
tradition littéraire du locus amoenus (Virgile), lieu de paix et de beauté.

• Description détaillée des fleurs : « le géranium écarlate et la hampe enflammée»

• Jean Giono Le chant du monde, où les paysages sont décrits sensuellement et


précisément
“j’appartiens à un pays que j’ai quitté”; “dans mon pays”

“les prairies fauchées; la lune ruisselle;les meules rondes”

“c’est une forêt ancienne, oubliée des hommes… et tout pareille au paradis”

La célébration de la faune

• Dédie plusieurs textes à ses animaux de compagnie où elle les personnifie


“Toby-Chien qui parle”, “Nonoche” ou “Dialogues de bêtes”

◦ Sido prédit le temps en regardant la chatte (Colette a écrit un livre intitulé “la
chatte”)

◦ “Futile, rêveuse, passionnée, gourmande, caressante, autoritaire” adjectifs qui


montrent à quel point la chatte est importante

-​ “quand elle entendait ma voix, elle se sentait plus tranquille” dit Sido,

• Mais elle n’aime pas que les animaux domestiques, elle aime aussi les sauvages
comme les oiseaux comme le merle qui vole les cerises : “qu’il est beau...”

• “Amours” texte où elle explique à quel point elle aime ses animaux

• Dimanche dédié au repos et pour passer du temps avec ses animaux


domestiques

• Jules Renard, dans Histoires naturelles, qui se qualifie en tant que “chasseur
d’images”

II. La célébration de la figure maternelle et de la famille

Sido, un exemple divin

• “qu’elle m’eut donné , je crois, l’amour de la province”, son pays natal (en parlant
de sa mère)

• Colette s’inspire beaucoup de sa mère notamment par rapport à la


contemplation de la nature, elle sortait au lever du Soleil pour cueillir des fruits
rouges et en apprendre plus sur les plantes

• “Toute présence végétale agissait sur elle comme un antidote”

○​ “son éloignement de tout culte”; “elle bannissait les religions


humaines”
○​ “commun des mortels”

◦ “ j'imitais sa manière. Je l’imite encore”


• Sido avait beaucoup confiance en elle “Le dégel ? Les météorologues de Paris ne
m’en apprendront pas ! Regarde la patte du chat !”; “avertie par ses antennes”

Une grande proximité

• Sido est le centre de la vie de Colette : le livre Sido était au début appelé Sido et
les points cardinaux, Sido est le centre du monde de sa fille

• “Toi, c’est moi” Sido à Colette, “ “Sido” et mon enfance, l’une et l’autre, l’une par
l’autre furent heureuses ”,

“je la chante de mon mieux, je célèbre la clarté originelle”

• Les deux femmes ont vécu beaucoup de choses ensemble. Colette aime
tellement sa mère qu’elle va lui dédier un livre Sido plus de 20 ans après sa mort

• Colette n’est pas la seule auteure française à avoir une relation proche avec sa
mère, c’est aussi le cas de Marcel de Proust, Chateaubriand ou encore Camus

La célébration de la famille

• Colette rend un hommage à son père dans “Le capitaine” ; c’est un homme
humble et courageux, il a été héros de guerre mais ne s’en vante pas

“est ce là que j’ai pris le goût fastueux d’écrire”(de son père)

« Il allait, précédé, protégé par son chant.

• « mal connu, méconnu » : Malgré les faiblesses et la distance, Colette rend


hommage à un père discret mais présent. “un caractère d’homme n’apparaissait
que par échappées”

“il l’aimait sans mesure” ; “il contemplait “Sido””

•(De quoi est-ce qu’on a l’air ?), Colette célèbre l'amitié féminine avec tendresse.

• Le père était un écrivain raté, il a écrit plusieurs livres dont seul le titre était écrit :
en quelque sorte, Colette, à travers l’écriture prend une revanche pour son père

• Les frères Achille et Leo sont aussi contemplés. Elle préfère le cadet Léo qui est
plus sensible, ils commémorent une nostalgie du pays natal. C'est un “sylphe de
soixante-trois ans”

• Elle parle aussi de sa sœur Juliette (“étrangère à nous, étrangère à tous”), qui s’est
mal mariée et qui a fini par se suicider

III. La célébration de l’ordinaire

"C’est l’ordinaire qui me pique et me vivifie”, Le Fanal Bleu


Contemplation de l’amour dans :

◦ “Nuit blanche” où elle raconte avec sensualité les nuits passées avec son amante

◦ “La dame qui chante” où le narrateur ressent une attirance pour la cantatrice
mais se fait repousser

“ton baiser se fera plus tenace, tes mains plus amoureuses” Colette accorde
particulièrement de temps à l’évocation de moment sensuelle avec missy

◦ “Nonoche” qui tombe amoureux d’un Matou

Contemplation de l’amitié dans :

◦ “Belles de jour” où Colette et son amie Valentine discutent des souffrances que
les femmes subissent pour plaire aux hommes

◦ “La guérison” quand Valentine a arrêté les relations avec Colette quand celle-ci a
décidé de se produire dans un music-hall, mais est revenue après que son amant
l’ait quitté

Contemplation de la vie quotidienne dans :

◦ “Music-hall” où elle raconte une anecdote d’une de ses collègues qui a dû faire
son spectacle à moitié nue à cause d’un problème de costume ; elle y décrit aussi
les portraits des artistes et des spectateurs du music-hall

◦ “Printemps de la Riviera” où elle commence par décrire avec moquerie les


participants d’un bal et elle finit par s’émerveiller en regardant les paysages niçois

○​ « mon pied nu tâte amoureusement la pierre chaude de la terrasse »


(En marge d’une plage blanche II) : Ces petites actions montrent
comment Colette perçoit chaque détail de la vie comme une forme
de célébration poétique.

Commémoration de l’enfance dans:

◦ “Rêverie du nouvel an” où, un soir de nouvel an, Colette rentre chez elle avec ses
chiens et se souvient, avec bonheur et nostalgie, les nouvel-ans de son enfance

◦ “Chanson de la danseuse” où elle se souvient des danses qu’elle faisait pendant


son enfance

◦ son foyer d’enfance : “mon imagination, mon orgueil enfantins situaient notre
maison au centre d’une rose de jardins, de vents, de rayons, dont aucun secteur
n’échappait tout à fait à l’influence de ma mère”
• le jardin natal, centre du monde de colette: la description passe par l’évocation
du voisinage par les termes : “au Sud, au Nord, à l’Ouest, à l’Est”

-​ Toute chose de la vie est à célébrer pour Colette, comme Camus dans
Noces, il dit que c’est les petites choses simples et magnifiques de la vie qui
lui donne “l'orgueil de sa condition d’homme”

Une œuvre poétique et lyrique qui guérit


I. Une œuvre poétique

L’évocation des sens

• L’écriture de Colette est impressionniste : comme les peintres, elle détaille les
touches de couleur, en décrivant les couleurs des fleurs (violette, jaune, rouge) ou
décrit les lumières du jardin de sa mère

• Dans “Printemps de la Riviera”, Colette décrit un tourbillon de couleurs jaunes et


mauves qui donne le vertige

• Le souffle du vent, les crépitements de la cheminée et les paroles de son père


sont une véritable musique pour elle

• Elle adore les odeurs de la forêt et des fleurs

• Elle adore le goût des fruits rouges qu’elle ramassait à l’aube pendant son
enfance

• Elle frisonne aux caresses du brouillard matinal

• « Les nourritures terrestres » de André Gide, où l’auteur appelle à l’éveil des sens

• Elle fait également des synesthésies (association de plusieurs sens) dans “Jour
gris” comme “vert délicieux” de l’herbe, respire les fruits mûrs, admire le “les
digitales d’un rose brûlant” des fleurs

• Lien avec le poème de Baudelaire “Correspondances” où les parfums, les sons et


les couleurs se répondent et se mélangent, Les fleurs du mal

Des images poétiques

• Dans Sido et Les vrilles de la vigne, Colette fait des analogies et des descriptions
qui transfigurent (donnent une beauté aux choses banales) l’ordinaire, des scènes
romantiques

• Elle s’émerveille devant chaque détail : les formes des pensées (fleur) et le
nombre de robe des oignons, Sido voit le Roi d'Angleterre Henri IV dans une fleur
-​ “l’iris dort”; ”le soleil a marché sur le sable”

• La nature se métamorphose :

◦ Les plantes du jardin d’Adrienne deviennent une chevelure sauvage

◦ Le brouillard dans “Jour gris” se fait tour à tour spectre, nuage, femme, serpent
ou cheval

• L’image poétique du rossignol qui chante pour la liberté : “Il chante pour chanter,
il chante de si belles choses qu’il ne sait plus ce qu’elles veulent dire”, l’oiseau
chante pour ne pas s’endormir et donc toujours rester libre. En fait, c’est Colette
qui écrit pour rester libre

• Colette n’est pas la seule auteure qui pense que le chant et la poésie peuvent
faire un appel à la liberté, comme “Liberté” de Paul Eluard

Une grande musicalité, de la prose

• Colette est plus souvent poète que narratrice et ses écrits ont une forme
fragmentaire

• Dans “Nuit blanche”, “Jour gris” et “Le dernier feu”, il n’y a plus de récit, d’histoire
ni de fil conducteur, c’est seulement du discours lyrique destiné à l’être aimé

• Les descriptions ont des fonctions poétiques : célébrer l’amour, la beauté du


monde ou exprimer la mélancolie

• L’écriture de Colette est très musicale :

◦ Allitération en v et assonance en i dans le titre Les vrilles de la vigne ◦ Un texte


sensible au jeu des sonorités

▪ “Dans ses yeux passa une sorte de frénésie riante” allitération en s

▪ “dédain dansant” allitération en d

• Colette prend parfois du plaisir à énumérer le nom de fleurs ou de plantes en


utilisant un vocabulaire botanique spécifique, seulement par plaisir des mots

II. Une œuvre qui guérit

Une œuvre qui partage les sentiments, et sublime la souffrance

●​ Les Vrilles de la vigne comme un remède


○​ Colette, à 35 ans, traverse une période de bouleversements
personnels : son mariage avec Willy échoue, elle doit subvenir à ses
besoins, mais l’écriture lui permet de dépasser cette souffrance.
○​ Citation : L’oiseau a survécu car il a chanté toute la nuit (Les Vrilles de
la vigne). Le rossignol, symbole de Colette, survit à ses épreuves
grâce à son chant, tout comme elle survit à ses douleurs par
l’écriture.
●​ Le déclassement social traité avec humour
○​ Elle parle avec une douce ironie de ses conversations fictionnelles
avec Valentine, qui incarne les convenances sociales et permet à
Colette de s’en affranchir. La liberté conquise est mise en avant.
○​

La métaphore animale comme masque pour la douleur amoureuse:

●​ Les amours de Nonoche et du vieux Matou


○​ Citation : Les amours de Nonoche (double animal de Colette) et du
vieux Matou (représentation de Willy) sont des métaphores qui
permettent à Colette de traiter ses propres amours de manière
humoristique.
○​ Cette transposition animale permet de dédramatiser la situation
amoureuse et de la transformer en une allégorie légère.

• En attendant Bojangles

II. Grâce à la commémoration:

La commémoration et le retour aux origines pour se comprendre

●​ La remémoration des souvenirs


○​ Citation : « je la connais mieux maintenant”

●​ Citation : « Il allait précédé, protégé par son chant » (Sido), Colette fait écho
au chant de son père, un moyen de protection contre la mélancolie, qu’elle
reprend pour elle-même dans son écriture.

●​ Citation : « Enchantée encore de mon rêve, je m’étonne d’avoir changé,


d’avoir vieilli pendant que je rêvais… » (Rêverie de nouvel an). Colette trouve
dans l’écriture une manière de dépasser la peur du vieillissement et de la
mort.
●​ L’écriture est ainsi un espace où le temps est suspendu, et où l’autrice
trouve un apaisement face aux angoisses de la vie.
L‘écriture un moyen d’émancipation

○​ “j’ai craint les vrilles de la vigne et j’ai jeté tout haut une plainte qui
m’a révélé ma voix”

“je voudrais dire, dire, dire tout ce que je sais, tout ce que je pense, tout ce que je
devine, tout ce qui m’enchante et me blesse et m’étonne”

-​ Dialogues de bêtes : Colette se redécouvre en se décrivant à travers l'œil et


les discussions de ses animaux: “Elle c’est différent… Elle est têtue,
dispersée, extravagante…”

Entre vérités et mensonges, trouble du genre : entre


Roman et Autobobiographie
I. Autobiographie, vérité

II. Roman, mensonge et sublimation de la vérité

Conclusion et ouvertures:

Plans détaillés pour s'entraîner

Sujet 1

En quoi peut-on dire que Sido et Les Vrilles de la vigne de Colette célèbrent le
monde ?

Sujet 2
Est-ce que la célébration du monde chez Colette traduit une volonté de faire
triompher la joie, le plaisir, le bonheur ?

Sujet 3

Dans quelle mesure la célébration du monde chez Colette constitue un éloge de


la Nature ?

Sujet 4

La célébration du monde est-elle surtout pour Colette une manière de se


réinventer, de mener une quête d’identité ?

Sujet 5

Peut-on dire que Sido et les Vrilles de la vigne mêlent la vérité et le mensonge
pour mieux se comprendre, soi-même et le monde ?

Sujet 6

« Il faut voir et non inventer » écrit Colette.

Comment cette phrase illustre-t-elle votre lecture de Sido suivi des vrilles de la
vigne ?

Axe 1 : Certes, Colette affirme sa présence par la vue.

A.​ Elle contemple la faune et la flore sensationnellement.


B.​ Elle retourne vers le passé et revoit sa famille et sa mère.

Axe 2 : Cependant, Colette ne peut pas être considérée comme totalement


sincère.

A.​ Colette recrée les paysages poétiquement.


B.​ Colette transforme les êtres proches.

Axe 3 : ce mélange de fiction et de réalité est rendu possible par son écriture
singulière.

A.​ Elle crée son propre langage sensible, sensuel et lyrique qui mélange
habilement vérité et fiction.
B.​ Cette écriture ambivalente permet de sublimer la souffrance et prend un
certain aspect thérapeutique.

Vous aimerez peut-être aussi