Warhammer Encyclopaedia
Background
L’imprimerie dans le Vieux Monde
Par Emmanuel Granier
L
’imprimerie est une activité artisanale récente dans le Vieux Monde. Elle s’est rapidement répandue depuis un
siècle environ. La généralisation des ateliers d’imprimerie répond à un besoin nouveau de propagation des
savoirs, tant théologique que scientifique. On dénombre plus de 1500 ateliers d’impression dans le Vieux
Monde, essentiellement dans l’Empire, la Tilée, Marienburg et les principales villes de Bretonnie.
L’imprimerie existe depuis plus de trois siècles en Cathay. Les livres y sont réalisés selon une technique encore usitée
dans le Vieux Monde, la xylographie.
La presse de Gustavus Bremteug
B
remteug était un orfèvre nulnois du siècle dernier. Son génie fut de reprendre l’ensemble des techniques
existantes et d’en faire une synthèse. C'est ainsi qu'il utilise un alliage métallique à base de plomb et d'étain
pour fondre ses caractères mobiles, adapte l'antique pressoir à vin ou à olive pour presser le papier, et trouve
Gustavus Bremteug une encre à base d'huile de lin, plus convenable pour l'impression que l’encre xylographique.
Il semble évident qu’il n’a pu avoir connaissance de l’état de l’art en Cathay, les
communications avec ces contrées extrêmes-orientales étant encore plus ténues
qu’aujourd’hui.
Sa presse est tellement aboutie qu’aucune modification ou amélioration n’a été apportée depuis
sa création.
Gustavus Bremteug Il semble toutefois que dans le même temps d’autres parviennent à des
résultats très proches. Ainsi à Carroburg, un certain Johannes Genfleish1 se lance sur une
presse semblable dans l’impression d’ouvrages théologiques grâce à machine à imprimer, elle aussi directement
dérivée du pressoir rémans. D’autres bricoleurs sont arrivés à la même période à de semblables machines à
Marienburg, Parravon ou Luccini.
Cependant, Bremteug était un
orfèvre. C’est à cette formation
initiale que l’on doit sa principale
invention : les jeux de lettres
mobiles. Ces jeux de lettres
s'appellent une FONTE (de
l’alliage plomb -étain fondu dans
des moules). Disposées au sein
d'un cadre en bois, elles forment
des mots et les lignes du texte.
Elles sont réutilisables et
interchangeables. Chaque page est
ainsi composée à la main, en
utilisant les différents caractères
dont on dispose. Ces caractères
sont rangés dans une CASSE. En
haut de la casse se trouvent les
lettres majuscules, en bas, les
minuscules, dites les "BAS DE CASSE". Une POLICE de caractère est l'ensemble cohérent des signes et lettres
dessinés, conçus et réalisés selon un certain STYLE.
Les premiers livres du Vieux Monde
L
es premières impressions sont des ouvrages religieux, jusqu’alors préservés par le travail opiniâtre de
moines copistes. Gustavus Bremeug choisit pour première œuvre le ‘Theocratias’, un vieux recueil de
doctrine religieuse sigmarite. Ces 200 livres ne seront presque pas vendus, et Bremteug doit vendre
son stock, sa presse et son atelier pour rembourser son banquier. Il est mort ruiné et délaissé.
Le banquier, dont la postérité a oublié le nom, en a profité pour se lancer dans cette nouvelle économie.
L’imprimerie se développe rapidement, néanmoins les problèmes rencontrés par les précurseurs demeurent. La
technique de production est fiable et rentable (plus de 1000 ateliers, 45000 titres différents, 800 millions de copies),
mais c’est le réseau de distribution qui fait cruellement défaut. La noblesse et la bourgeoisie sont les principales
1
Johannes Genfleish est le véritable nom de GUTEMBERG
© Emmanuel Granier 1
Warhammer Encyclopaedia
Background
sources de demande, mais le nombre de libraires est dramatiquement peu élevé. Heureusement les foires saisonnières
accueillent en leur sein une partie dédiée au livre. A Bechafen en Ostermark, la foire au livre attire même des artisans
des lointaines Ind et Cathay.
LA XYLOGRAPHIE
La technique xylographique consiste à appliquer et frotter une feuille de papier sur une planche en
bois composée de caractères mobiles préalablement encrés. Le caractère mobile en bois apparaît dès
le 20ème siècle en Cathay. Soit bien après l'invention du papier, déjà bien connu dans la Rémas
antique. Des améliorations apparurent au fur et à mesure : les premiers caractères en terre cuite
remplacent rapidement le bois fragile, puis viennent ceux en métal. On notera que cette technique
xylographique est une sorte de prolongement de la technique d'impression des sceaux, qu'ils se
portent en bague au doigt ou sur un poinçon prévu à cet effet. L'encre était fabriquée à partir de colle
de poisson, de corne et de suie de pin.
Les autres races du Vieux Mondes ont des approches différentes de l’imprimerie.
Les nains
B
ien que le peuple nain encourage grandement l’érudition et l’accumulation des compétences, il n’apprécie par
l’avènement de l’imprimerie. Interroger sur le sujet, un Maître Erudit aura la réponse suivante : « J’en sais
plus que n’importe quel nain sur la valeur du savoir. Cependant, le savoir sans la sagesse est dangereux. Les
mots et les symboles sont vecteurs de puissance. Nous connaissons bien le pouvoir lié aux Runes. Réduire
l’importance des mots en en faisant de simples copies est faire preuve non seulement d’ignorance, mais c’est aussi
commettre un crime. Il faut donc toujours maîtriser la transmission des connaissances en appuyant celle-ci sur
l’expérience, autrement le savoir n’est que faiblesse. »
Les halflings
L
e peuple halfling voit le développement de l’imprimerie comme un encouragement aux mauvaises manières.
Pour ce peuple aux valeurs de bien-être et de confort très affirmées, la multiplication des livres est une atteinte
à la vie harmonieuse en communauté. L’imprimerie encourage l’introversion, les halfelings préférant le plaisir
solitaire et égoïste de la lecture, délaissant par la même la vie collective, base de la société halfling. Cela est
intolérable et incompatible avec leur mode de vie. Raconter des histoires est un art reconnu et compter sur un livre
relié pour l’exercer est un gage de paresse.
Les elfes sylvains
P
our les elfes sylvains, l’imprimerie n’est qu’un usage humain. Leur pratique du Bran Wa Shin, détaillé dans le
Nouvel Apocryphe, permet de ne retenir que ce qui les intéresse. Ils conservent ce qui leur plaît et rejette le reste.
Les livres, souvent laids et sans recherche artistique (selon leurs critères), sont des choses inutiles et sans valeur
même si ce sont des exemplaires rares.
Les gnomes
L
es gnomes sont un des rares peuples non-humains à réellement apprécier l’avènement de l’imprimerie. Leur
goût prononcé pour les inventions et l’innovation leur fait percevoir l’imprimerie comme une nouvelle étape
sur la route vers de plus grandes découvertes.
© Emmanuel Granier 2