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Guide du low-code/no-code en entreprise

Guide-Low-Code-No-Code

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Guide pratique

pour développer
une pratique de
low-code / no-code

Rédaction
Mathieu Boldireff
Président de Bold Conseils et B-Académie,
Directeur Application d’affaires et digital
workplace à Intelcom

Relecture et Publication
TechnoCompétences
Introduction L’innovation technologique a toujours été une force
motrice du changement. Dans un contexte où les
entreprises doivent accélérer leur transformation
numérique pour rester compétitives, les appro-
ches traditionnelles de développement logiciel
montrent leurs limites : délais longs, coûts élevés
et dépendance aux équipes TI.

C’est là qu’interviennent les plateformes low-code


et no-code. Elles ouvrent ainsi de nouvelles pers-
pectives : automatisation des processus, accéléra-
tion du développement et meilleure autonomie des
équipes métier.

Cependant, leur adoption ne se résume pas à un sim-


ple choix d’outils. Comment structurer leur déploie-
ment ? Quels sont les pièges à éviter ? Comment
garantir une gouvernance efficace sans freiner l’in-
novation ?

C’est dans cette optique que ce guide a été conçu. Il


propose une approche méthodique pour compren-
dre, sélectionner et intégrer le low-code/no-code au
sein d’une entreprise TIC. Que vous soyez dirigeant,
gestionnaire ou professionnel du numérique, vous
y trouverez des bonnes pratiques et des stratégies
pour maximiser la valeur de ces technologies tout
en assurant un cadre structuré et pérenne.

2
Le développement logiciel a
longtemps été réservé aux
ingénieurs et aux développeurs
maîtrisant des langages
complexes. Aujourd’hui,
le low-code et le no-code
bouleversent cette dynamique
Comprendre en rendant la création
d’applications accessible
le low-code à un plus grand nombre
d’utilisateurs, sans expertise

et le no-code technique avancée.

C
es approches reposent sur des interfa-
ces visuelles et des composants pré-
définis permettant d’assembler des
applications rapidement. Elles per-
mettent aux entreprises de réduire
les délais de développement, d’optimiser leurs res-
sources TI et d’accroître l’autonomie des équipes
métier. Mais quelles sont les différences entre ces
deux concepts ?

3
No-code, low-code
et développement
traditionnel

Le no-code est conçu pour les non-développeurs. Le low-code conserve cette approche visuelle tout Le développement traditionnel, basé sur la pro-
Il repose sur des outils entièrement visuels perme- en offrant la possibilité d’ajouter du code personna- grammation complète, reste la méthode la plus
ttant de créer une application en glissant-déposant lisé. Il permet aux profils plus techniques d’adapter robuste et personnalisable. Cependant, il demande
(drag & drop) des blocs fonctionnels. Il est particu- et d’étendre les fonctionnalités des applications. Il plus de temps et de ressources, ce qui en fait une
lièrement adapté aux automatisations de processus est utilisé pour des projets plus évolutifs nécessi- approche adaptée aux besoins nécessitant une opti-
métier, aux outils internes et aux MVP (Minimum tant une personnalisation avancée ou une intégra- misation poussée ou des exigences spécifiques en
Viable Product). tion avec des systèmes existants. termes de performance et de sécurité.

Avantages : rapidité de mise en œuvre, accessibilité Avantages : plus de flexibilité que le no-code, réduc-
aux équipes métier, coûts réduits. tion du temps de développement par rapport au
Limites : moins flexible pour des projets comple- développement traditionnel.
xes, dépendance aux fonctionnalités offertes par la Limites : nécessite des compétences techniques
plateforme. pour exploiter pleinement son potentiel.

4
Une évolution portée
par la transformation
numérique

L’idée de simplifier la création d’applications ne date de professionnels capables d’en produire reste
pas d’hier. Dès les années 1980, des outils comme limité. En 2023, plus de la moitié des entreprises
les macros VBA et les générateurs d’applications déclaraient qu’elles ne pouvaient plus fonctionner
permettaient aux utilisateurs métier d’automatiser sans solutions low-code ou no-code. Aujourd’hui,
certaines tâches sans passer par un développement en 2025, il est estimé que 70 % des nouvelles appli-
complet. Ce n’est toutefois qu’avec l’essor du cloud cations utiliseront ces technologies, comparative-
et l’amélioration des interfaces graphiques que le ment à moins de 25 % en 2020. Ce changement
low-code et le no-code ont pris leur véritable essor. illustre une démocratisation du développement
Cette montée en puissance répond à un besoin logiciel, où les métiers gagnent en autonomie tout
critique : la pénurie mondiale de développeurs. La en libérant les équipes TI pour se concentrer sur
demande en logiciels explose alors que le nombre des projets plus stratégiques.

5
Les principes clés L’approche no-code
repose sur trois principes

du développement fondamentaux qui


permettent d’optimiser

no-code
le processus de création
d’applications.

Prototypage rapide : Plutôt que de rédiger un cahier elles. Plutôt que de dépendre d’un développement no-code facilitent l’ajout de nouvelles fonctionna-
des charges détaillé, une première version fonction- complexe pour synchroniser des outils existants, il lités sans interrompre le service. L’application peut
nelle de l’application est créée et testée immédia- devient possible d’automatiser les processus internes évoluer en fonction des retours des utilisateurs et
tement. Ce modèle permet aux utilisateurs finaux en reliant des systèmes via des connecteurs prédéfi- s’adapter rapidement aux besoins changeants du mar-
d’interagir directement avec l’outil et d’affiner leurs nis. L’intégration avec des logiciels comme les CRM, ché. Loin d’être un simple effet de mode, le low-code
besoins en temps réel. Les ajustements peuvent ainsi ERP ou plateformes de gestion documentaire s’en et le no-code s’inscrivent dans une transformation
être faits au fur et à mesure, évitant les erreurs d’in- trouve grandement simplifiée, améliorant ainsi la flui- durable du paysage technologique. L’adoption de ces
terprétation et réduisant le temps perdu sur des fonc- dité des opérations. outils n’est cependant pas anodine. Pour en tirer le
tionnalités inutiles. Déploiement rapide et évolution continue : meilleur parti, il est essentiel de structurer leur mise
Automatisation et intégrations : Une des forces du Contrairement aux méthodes traditionnelles, où les en place, d’assurer un encadrement méthodologique
low-code et du no-code réside dans leur capacité à mises à jour nécessitent des phases de développe- et d’intégrer ces nouvelles pratiques dans une straté-
connecter facilement différentes applications entre ment et de tests prolongées, les outils low-code et gie cohérente.

6
Les avantages du
low-code/no-code pour
les entreprises en TIC

L’
innovation est un levier important Le low-code et le no-code changent la donne. En
pour les entreprises TIC, mais elle se réduisant la complexité technique, ces approches
heurte souvent à des obstacles majeurs accélèrent la création de solutions numériques et
: pénurie de développeurs, délais trop optimisent les ressources internes. Elles permettent
longs, coûts élevés. Les méthodes traditionnelles de d’innover plus rapidement, d’impliquer directement
développement peinent à suivre le rythme. les équipes métier et de réduire la charge des TI.

7
Accélération de
l’innovation
& réduction des coûts

Le développement logiciel traditionnel est souvent Les bénéfices


synonyme de longs délais et de budgets qui explo-
sent. Entre la rédaction des spécifications, les cycles
sont immédiats :
de développement, les phases de test et les allers-
-retours entre les équipes, un projet peut facilement Prototypage rapide
s’étaler sur plusieurs mois, voire plus d’un an. Cette Une première version fonctionnelle peut être testée dès
lenteur freine l’innovation et empêche les entre- les premières étapes du projet.

prises TIC de répondre rapidement aux nouvelles


opportunités du marché. Réduction des coûts de développement
Avec le low-code et le no-code, les cycles de déve- Moins de ressources techniques mobilisées, réduction des
loppement sont drastiquement raccourcis. Grâce à coûts liés aux erreurs et aux ajustements tardifs.

des interfaces visuelles, des composants réutilisa-


bles et des modèles préconfigurés, il est possible Déploiement accéléré
de concevoir des applications en quelques jours ou
Les mises en production sont facilitées, sans nécessiter
semaines, sans sacrifier la qualité ni la sécurité. d’infrastructure lourde ni d’opérations techniques complexes.

8
Autonomie
des équipes métier

Traditionnellement, les équipes métier dépendent Délégation des tâches simples Toutefois, un cadre de
entièrement des TI pour développer des outils aux utilisateurs métier
répondant à leurs besoins spécifiques. Automatisation des workflows, gestion des formulaires,
gouvernance clair doit être
suivi des demandes internes, etc.
mis en place pour éviter les
Le low-code et le no-code réduisent cette friction dérives et garantir l’intégration
en donnant aux équipes métier les moyens de con- Réduction de la charge des équipes TI
cevoir elles-mêmes des solutions adaptées à leur Les TI peuvent se concentrer sur les projets stratégiques
harmonieuse des applications
quotidien. Cette approche, connue sous le nom de et les tâches à forte valeur ajoutée. avec l’écosystème existant.
développement citoyen (citizen development), pré-
sente plusieurs avantages : Applications plus pertinentes
Les équipes métier connaissent mieux leurs propres
processus et peuvent développer des solutions
parfaitement alignées avec leurs besoins.

9
Agilité et meilleure
adaptation
aux besoins métier
L’un des principaux freins du développement tradi-
tionnel est son manque de souplesse. Une application
conçue selon un cahier des charges initial peut deve-
nir obsolète avant même d’être mise en production.
Grâce au low-code et au no-code, les ajustements et
évolutions sont réalisés en temps réel.

Modification rapide des workflows


Ajouter une étape de validation, modifier un formulaire ou
ajuster un rapport devient une opération simple et rapide.

Réactivité face aux évolutions


réglementaires ou aux demandes clients
Les entreprises peuvent s’adapter instantanément sans
attendre une nouvelle phase de développement.

Approche itérative
Les applications peuvent évoluer progressivement selon
les retours des utilisateurs, garantissant une meilleure
adéquation aux besoins métier.

10
Quelques
cas d’usage
concrets
Le low-code et le no-code
s’intègrent dans une multitude
de scénarios. Voici quelques
exemples des usages les plus
courants.

11
1. 2. 3.

Automatisation Développement Intégration avec


des processus d’outils pour des solutions
internes les clients existantes
De nombreuses entreprises exploitent ces techno- Les entreprises peuvent créer rapidement des solu- Les plateformes low-code et no-code permettent
logies pour numériser et optimiser leurs opérations. tions client sur-mesure, sans passer par un dévelo- d’interconnecter rapidement des systèmes, évitant
Les processus qui étaient auparavant gérés via des ppement complexe. ainsi de lourds développements spécifiques. Les déve-
fichiers Excel dispersés ou des workflows manuels loppeurs citoyens de L’Oréal utilisent AppSheet et
peuvent être transformés en applications fluides et Grâce à son Centre d’Excellence interne, des employés Power Platform pour créer des applications connec-
centralisées. de L’Oréal ont développé une application optimisant tées aux systèmes internes, sous la supervision du
la gestion des flux logistiques de leur centre de dis- Centre d’Excellence.
Par exemple, la SNCF (société ferroviaire française) a tribution, améliorant ainsi la qualité du service client.
développé quinze applications internes en low-code,
permettant notamment de gérer la réservation de
véhicules et d’automatiser la traduction interne. Ces
outils ont réduit les erreurs et amélioré la producti-
vité des équipes.

12
Mettre en place L’adoption du low-code et
du no-code ne se limite pas à

une pratique choisir un outil et à commencer


à développer des applications.

low code Une mise en œuvre réussie


repose sur des critères bien

et no code
définis pour sélectionner la
bonne plateforme, structurer

en entreprises
la capacité de livraison et
organiser le pipeline de projet.

13
Critères pour
choisir une
plateforme
Toutes les plateformes low-code et no-code
ne sont pas nécessairement équivalentes. La
sélection doit être guidée par des critères précis
pour garantir qu’elles répondent aux besoins de
l’entreprise en matière de fonctionnalités, de
sécurité, d’intégration et d’évolutivité.

14
1. 2. 3.

Fonctionnalités Sécurité Écosystème


et extensibilité et gouvernance et connecteurs
disponibles
L’outil choisi doit couvrir un large périmètre fonc- Dans un cadre professionnel, la sécurité ne peut Un outil efficace ne fonctionne pas en vase clos. Il doit
tionnel et offrir une flexibilité suffisante pour s’adap- pas être compromise. Une plateforme low-code ou s’intégrer facilement avec l’écosystème existant.
ter aux besoins évolutifs. Certaines plateformes sont no-code doit intégrer des mécanismes de protection
spécialisées dans les applications web, d’autres dans des données, incluant chiffrement, contrôle d’accès Les entreprises doivent vérifier :
l’automatisation des workflows ou le développement et authentification robuste. La conformité aux nor-
mobile. mes en vigueur (ISO 27001, RGPD, SOC 2) est un cri- • La richesse de la bibliothèque de connecteurs :
tère essentiel pour éviter tout risque réglementaire. plus elle est vaste, plus les intégrations avec les
Une bonne plateforme doit être extensible, c’est- outils internes seront faciles (CRM, ERP, bases de
-à-dire permettre l’ajout de code personnalisé si un La gouvernance est un autre aspect central. L’outil doit données).
besoin ne peut être couvert en no-code pur. Cette offrir des mécanismes de supervision et de gestion des • L’existence d’une communauté active : une base
capacité garantit qu’un projet ne sera pas limité par droits d’accès, permettant de suivre les applications d’utilisateurs dynamique, une documentation riche
les contraintes techniques de l’outil. créées, d’identifier les propriétaires et de sécuriser les et des forums d’échange facilitent l’adoption et
connexions aux systèmes critiques. Une plateforme la montée en compétence.
bien conçue propose également un suivi des versions • La pérennité du fournisseur : est-il reconnu sur
et des logs détaillés pour garantir un contrôle rigou- le marché ? Dispose-t-il d’une roadmap claire ?
reux des développements en cours.

15
Outils et
plateformes
recommandés
Le marché du low-code et
du no-code est vaste et en
constante évolution. Plutôt
que de recommander une
solution spécifique, le Gartner
Magic Quadrant pour les
plateformes d’applications
low-Code d’entreprise permet
d’identifier les principaux
acteurs en fonction de leur
positionnement en termes
de vision stratégique et
d’exécution.

16
Construire
L’implémentation du low-
code/no-code ne repose pas
uniquement sur la technologie,

sa capacité
mais aussi sur l’organisation et les
méthodologies mises en place.
Structurer une équipe et un

de livraison
pipeline de projets est essentiel
pour garantir l’efficacité et la
durabilité des initiatives.

17
1. 2.

Structurer Structurer
une équipe son pipeline
multidisciplinaire de projets

Le low-code favorise un modèle de travail colla- L’approche no-code et low-code doit être encadrée 3. Développement itératif – Construire l’applica-
boratif entre TI et métier. Plutôt que de fonction- par un processus de livraison clair. Un pipeline bien tion en cycles courts, en intégrant des retours
ner en silos, les projets sont portés par des équipes défini permet de prioriser les cas d’usage, d’assurer réguliers des utilisateurs.
fusionnées, combinant expertise technique et con- un développement efficace et de garantir la qualité
naissance métier. des applications. 4. Tests et validation – Vérifier la conformité
aux exigences métier et techniques avant le
L’implication des équipes métier permet de réduire la Typiquement, un projet suit plusieurs étapes : déploiement.
dépendance aux TI et d’assurer que les solutions déve-
loppées sont alignées aux besoins réels. En parallèle, 1. Identification des cas d’usage prioritaires – 5. Mise en production et suivi – Déployer l’appli-
les TI garantissent l’interopérabilité, la sécurité et la Sélectionner les processus à automatiser ou les cation et assurer un suivi pour corriger et amé-
conformité des applications produites. Cette com- applications à développer en fonction de leur liorer l’outil en continu.
plémentarité est essentielle pour éviter un dévelo- impact et de leur faisabilité.
ppement anarchique et assurer une intégration fluide Un pipeline structuré garantit que les développe-
dans le système d’information existant. 2. Prototypage rapide – Valider la pertinence de ments low-code/no-code restent alignés avec la
l’application avant d’investir dans son dévelo- stratégie globale de l’entreprise et ne deviennent
ppement complet. pas des initiatives isolées difficiles à maintenir.

18
Lancer une initiative
low-code/no-code

Identifier les processus Sélectionner


à automatiser les bons outils
La première étape consiste à analyser les besoins de Le choix de la plateforme repose sur les critères évoqués
l’entreprise pour identifier les processus pouvant être précédemment. Il est recommandé de tester plusieurs
optimisés par le low-code/no-code. Ces initiatives doivent solutions via des prototypes avant de faire un choix
viser des gains rapides et concrets, en remplaçant des définitif. L’objectif est d’assurer que l’outil s’intègre
tâches manuelles lourdes, des fichiers Excel complexes ou bien dans l’environnement existant et qu’il répond aux
des outils existants inefficaces. exigences fonctionnelles et techniques.

Mobiliser les
parties prenantes Mettre en place un cycle
itératif de développement
Un projet low-code/no-code ne peut réussir sans
l’adhésion des utilisateurs finaux. Il est essentiel Le succès d’un projet low-code/no-code repose sur une
d’impliquer les équipes métier dès le départ, en les approche agile. Il est préférable de commencer par une
formant aux outils et en leur donnant les moyens de première version simplifiée, de la tester avec un petit
participer activement au développement des solutions. groupe d’utilisateurs, puis de l’améliorer progressivement
Le soutien des décideurs est également clé pour en fonction des retours.
structurer l’adoption et assurer un alignement avec les
objectifs stratégiques.

19
Bonnes pratiques
et accompagnement

L’
adoption du low-code et du no-code Pour garantir une intégration réussie, il est essentiel
offre des opportunités considérables, de définir des standards, d’accompagner les équipes
mais sans un cadre clair, elle peut entraî- dans leur montée en compétence et de structurer
ner une prolifération anarchique des une approche d’adhésion progressive.
applications, des problèmes de sécurité et un man-
que de cohérence avec les systèmes existants.

20
1. L’absence de gouvernance sur les initiatives low-
-code/no-code peut rapidement conduire à un
écosystème d’applications non maîtrisées, doublons

Définir des de solutions, failles de sécurité et silos de données.


Pour éviter ces dérives, des standards doivent être

standards et établis dès le départ.

éviter le chaos Un cadre structuré repose sur plusieurs piliers :

• Catalogue des outils validés : définir quelles


plateformes sont autorisées et lesquelles ne le
sont pas.

• Registre centralisé des applications : recenser


toutes les applications créées, avec leur proprié-
taire, leur périmètre d’usage et leurs connexions
aux systèmes internes.

• Validation des applications critiques par les TI :


tout outil manipulant des données sensibles doit
être soumis à une revue technique.

• Gestion des accès et authentification centrali-


sée : privilégier l’intégration avec le SSO de l’en-
treprise pour garantir un contrôle des accès.

Ces mesures permettent de laisser de la flexibilité


aux équipes métier tout en assurant la sécurité, la
conformité et la maintenabilité des applications
développées.

21
2. Donner accès à des outils ne suffit pas : il faut s’as-
surer que les employés savent les utiliser correcte-
ment et en tirent le meilleur parti. Un programme

Encourager la de formation structuré doit couvrir à la fois la prise


en main des plateformes et les bonnes pratiques de

formation continue conception d’applications.

des utilisateurs L’apprentissage peut se faire à plusieurs niveaux :

• Formation initiale : sessions d’introduction aux


outils low-code/no-code.

• Approfondissement progressif : modules avan-


cés sur l’optimisation des workflows, la struc-
turation des bases de données ou les principes
d’ergonomie.

• Certification interne : validation des compé-


tences acquises pour structurer les parcours
d’apprentissage.

• Partage d’expérience : organisation d’ateliers où


les utilisateurs présentent les solutions qu’ils ont
développées et les enseignements tirés.

Une communauté interne dynamique favorise la


diffusion des connaissances et l’auto-formation
continue des équipes.

22
3. Stratégies pour l’adhésion des équipes

L’adoption du low-code et du no-code repose sur Valoriser ces succès, notamment via des témoig- Les retours d’expérience montrent que le succès
la capacité à embarquer aussi bien les métiers que nages d’utilisateurs et des études de cas internes, repose sur :
les TI dans la démarche. Plusieurs approches facili- accélère l’adhésion et incite d’autres départements
tent cette transition : à initier leurs propres projets. • Un engagement fort du top management pour
légitimer l’initiative.
• Former et sensibiliser les utilisateurs métier : De nombreuses entreprises TIC ont structuré leur
Les équipes doivent comprendre le potentiel du adoption du low-code/no-code avec succès. Même • Une gouvernance claire pour éviter la proliféra-
low-code/no-code et se sentir à l’aise avec ces s’il s’agit d’un secteur différent l’’exemple de L’Oréal tion anarchique d’applications.
outils. Des démonstrations interactives et des illustre bien cette approche : la création d’un Centre
ateliers pratiques permettent de lever les freins d’Excellence dédié a permis d’encadrer l’innovation • Une montée en compétences des équipes
et de montrer les bénéfices concrets. tout en laissant les collaborateurs développer des pour garantir l’autonomie sans compromettre
solutions métiers adaptées à leurs besoins. La gou- la qualité.
• Favoriser l’expérimentation et le prototypage vernance mise en place a assuré une intégration
rapide : Encourager les équipes à tester par fluide avec les systèmes internes, tout en sécuri- Les entreprises qui ont structuré leur approche low-
elles-mêmes renforce l’appropriation. Lancer sant les données manipulées. -code/no-code observent des bénéfices concrets en
un hackathon interne, mettre en place un labo- termes de réactivité, d’optimisation des processus
ratoire d’innovation ou offrir un environnement et d’amélioration de la satisfaction des utilisateurs.
de test en libre accès favorise l’adoption pro-
gressive sans risque opérationnel.
• Démontrer la valeur ajoutée avec des projets
pilotes : Rien ne convainc mieux que des résul-
tats concrets. La mise en place de projets pilotes
ciblés avec des métriques avant/après permet de
mesurer l’impact du low-code/no-code en ter-
mes de gain de temps, de réduction des erreurs
et d’amélioration de l’expérience utilisateur.

23
4. Pièges à éviter

Certains obstacles reviennent fréquemment dans


les entreprises qui déploient ces technologies.

• Absence de gouvernance : sans règles claires,


les applications no-code peuvent se multiplier
de manière désorganisée, générant des problè-
mes de sécurité et de maintenance.

• Mauvaise identification des cas d’usage : tout


ne se prête pas au low-code/no-code. Il faut
sélectionner des projets où ces approches appor-
tent une réelle valeur ajoutée sans dépasser leurs
limites techniques.

• Manque d’accompagnement au changement :


une adoption réussie repose autant sur la tech-
nologie que sur la sensibilisation et la formation
des équipes.

Apprendre des erreurs des entreprises pionnières


permet d’éviter ces problèmes et d’accélérer l’in-
tégration du low-code/no-code dans un cadre
maîtrisé.

24
5. L’avenir du développement logiciel ne se limite pas
au low-code/no-code tel que nous le connaissons
aujourd’hui. L’intelligence artificielle (IA) et l’hyper-

Perspectives automatisation transforment déjà ces approches,


en rendant la création d’applications encore plus

d’évolution :
intuitive et accessible.

Plusieurs tendances émergent :


L’IA et l’hyper-
• L’intégration de l’IA dans les plateformes low-
automatisation -code/no-code : assistance intelligente, généra-
tion automatique de formules, optimisation des
workflows.

• Le développement en langage naturel (vibe coding):


à terme, les utilisateurs pourraient simplement
décrire leurs besoins en langage courant et voir
une application prendre forme instantanément.

• L’automatisation avancée : la combinaison du RPA


(Robotic Process Automation), de l’IA et du low-
-code permet d’automatiser des processus com-
plexes de bout en bout, réduisant encore plus la
dépendance aux développements traditionnels.

L’évolution du low-code/no-code vers ces nouvelles


dimensions renforce encore davantage son rôle stra-
tégique dans les entreprises, en rapprochant le besoin
métier de la solution technologique de manière plus
fluide et plus rapide que jamais.

25
Conclusion Prochaines étapes
pour les entreprises...

Pour celles qui n’ont pas encore adopté ces appro-


ches, il est temps d’expérimenter. Lancer un projet
pilote, tester une plateforme et impliquer les bon-
nes compétences sont les premières étapes vers une
adoption réussie. L’important est de commencer
progressivement, apprendre en itérant et démon-
trer rapidement la valeur ajoutée
Le low-code et le no-code redéfinissent la manière dont les .
entreprises développent et déploient leurs solutions numéri- L’intégration du low-code/no-code ne repose pas
ques. En combinant agilité, rapidité d’exécution et implication uniquement sur la technologie, mais sur un chan-
des équipes métier, ces approches apportent une alternative gement culturel au sein de l’entreprise. Encourager
efficace au développement traditionnel. Elles permettent de l’autonomie des équipes métier, structurer un cadre
répondre aux besoins métier plus rapidement, de réduire les de gouvernance et accompagner la montée en com-
coûts et d’accélérer l’innovation, tout en gardant un cadre de pétence des utilisateurs sont des leviers essentiels
gouvernance structuré. pour en faire un succès durable.

Loin d’être un simple effet de mode, ces technologies s’ins- L’innovation ne se décrète pas, elle se construit
crivent dans une transformation plus large du développement au fil des usages. En donnant dès aujourd’hui aux
logiciel. Elles favorisent une démocratisation du numérique, où collaborateurs les moyens de devenir acteurs de la
la création d’applications ne repose plus exclusivement sur les transformation numérique, les entreprises inves-
équipes TI, mais mobilise l’intelligence collective des collabo- tissent dans une capacité d’adaptation et de créa-
rateurs. Structurées autour d’un Centre d’excellence et d’un tion qui leur offrira un avantage compétitif durable.
cadre de gouvernance clair, elles offrent aux entreprises une L’avenir du développement logiciel se joue ici et
capacité d’innovation maîtrisée et évolutive. maintenant – il ne reste plus qu’à passer à l’action.

26
Sources
• Forrester. (2022). The Total Economic Impact of Low-Code Platforms. Forrester Research. Consulté le 9 mars 2025, sur [Link]

• Gartner. (2021). « Gartner Forecasts Worldwide Low-Code Development Technologies Market to Grow 23% in 2021 ». [Link]
press-releases/2021-02-15-gartner-forecasts-worldwide-low-code-development-technologies-market-to-grow

• HelloSafe. (2023). « Low-code et no-code : état des lieux, statistiques et perspectives pour 2023 ». Consulté le 9 mars 2025, sur [Link]

• L’Oréal. (2022). « Comment L’Oréal démocratise l’innovation grâce au low-code ». [Link]

• Mitratech. (2023). « Qui sont les développeurs citoyens ? ». [Link]

• NoCode France. (s. d.). « Communauté NoCode France ». Consulté le 9 mars 2025, sur [Link]

• Siècle Digital. (2023). « Low-code/no-code : la solution face à la pénurie de développeurs ? ». Consulté le 9 mars 2025, sur [Link]
low-code-no-code-la-solution-face-a-la-penurie-de-developpeurs.

• Siècle Digital. (2022). « Les tendances low-code et no-code en 2022 ». Consulté le 9 mars 2025, sur [Link]

• The No-Code Playbook. (2022). The No-Code Playbook: A Practical Guide to No-Code Development. Creatio. [Link]

• ZDNet. (2022). « Low-code et no-code : accélérateurs de la transformation digitale ». [Link]

27

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