Examen de mathématiques : Endomorphismes et matrices
Examen de mathématiques : Endomorphismes et matrices
Les solutions devront être rédigés avec une encre foncée et présentées dans l’ordre de l’énoncé
(quitte à laisser des blancs pour compléter ultérieurement).
Si un candidat est amené à repérer ce qui lui semble être une erreur d’énoncé, il le signalera sur sa copie et
devra poursuivre sa composition en expliquant les raisons des initiatives qu’il a été amené à prendre.
Lorsqu’un raisonnement utilise le résultat d’une question précédente, il est demandé au candidat d’indiquer
précisément le numéro de la question utilisée.
Exercice 1
L’espace vectoriel R3 est supposé muni de son produit scalaire usuel et orienté
2 6 3
1
Soit A = 6 3 2 et f l’endomorphisme canoniquement associé à A
7
3 2 6
Exercice 2
1
On considère E = R[X] et on pose pour (P; Q) E 2 , (P Q) = P (x) Q (x) dx.
1
On admet que cette égalité dé…nit un produit scalaire de E.
Pour P E, on pose u (P ) = (X 2 1) P + 2XP .
1
Q 5 Montrer que pour tout (P; Q) E 2 , on a (1 x2 ) P (x) Q (x) dx = (u (P ) Q).
1
1
DEBUT DS4 bis
Problème:
Pour n N , on dit qu’une matrice A Mn (R) est normale si et seulement si A AT = AT A.
cos ( ) sin ( )
Pour R, on pose R = .
sin ( ) cos ( )
Préliminaires
Soit n N et A n (R).
a A est symétrique.
b A est antisymétrique.
Q 9 Soit P On (R).
Montrer que si A est une matrice normale alors P 1
AP est une matrice normale.
Q 11 Etude de R .
c Justi…er que pour tout R, R est diagonalisable dans 2 (C) et donner une matrice D 2 (C) diagonale
et semblable à R .
Q 12 Soit A n (R). On suppose que A est diagonalisable et qu’il existe p N tel que Ap = 0.
Montrer que A est la matrice nulle.
2
Matrices normales de taille 2
a c
Soit A = 2 (R).
b d
Q 16 Montrer que A est normale si et seulement si A est symétrique ou > 0 et R tels que A = R.
On en dé…nit l’adjoint de f comme l’endomorphisme f de E tel que, une base orthonormée, la matrice de
f est la transposée de la matrice de f (et cela ne dépend pas de la base orthonormée choisie d’après la question
précédente).
Q 19 Montrer que sp (f ) = sp (f ).
Endomorphisme normal
On dit que l’endomorphisme f est normal si et seulement si f f =f f .
Q 23 Montrer que f est un endomorphisme normal si et seulement si la matrice de f dans toute base orthonormée
est une matrice normale.
3
Matrices normales et polynômes annulateurs.
Soit n N et A n (R) une matrice normale
a Justi…er que S p = 0.
b En déduire que S = 0.
c En déduire que A = 0.
Q 27 On suppose qu’il existe P R[X] et q N tel que P q (A) = 0, montrer que P (A) = 0.
b En déduire que (M In )3 (M + In )3 = 0.
a Montrer que A admet un polynôme annulateur P R[X] non constant, scindé à racines simples dans C X
(on pourra utiliser la question 27).
Si F est un sous-espace vectoriel de E stable par f , on note fF l’endomorphisme induit par f sur F dé…ni
F F
par: fF : .
x fF (x) = f (x)
4
Q 33 Montrer que si F est un sous-espace vectoriel de E stable par f et f alors fF est un endomorphisme
normal de F et que (fF ) = (f )F .
Q 34 Soit Q R[X] et F = ker (Q(f )).
Montrer que F est un sous-espace vectoriel de E stable par f et f .
FIN DS4 standard
Q 35 Dans cette question, on suppose que f n’admet pas de valeurs propres (sp (f ) = ).
f 2 + af + bidE n’est pas bijective
a Montrer qu’il existe (a; b) R2 tel que .
a2 4b < 0
On pose F = ker (f 2 + af + bidE ) qui est stable par f et f d’après la question 14.
On pose g = fF + fF .
b Montrer que sp (g) = .
c Soit e un vecteur propre de g.
Montrer que vect (e; f (e)) est un sous-espace vectoriel de dimension 2 stable par f .
d Montrer que vect (e; f (e)) est stable par f .
Q 36 Montrer qu’il existe un sous-espace vectoriel de E de dimension 1 ou 2 stable par f et f .
Q 37 Montrer qu’il existe une base orthonormée de E dans laquelle la matrice de f est diagonale par blocs
1 0 0
... ... ..
0 .
.. . . .. ..
. . p . (0) .
de la forme : .. .. .. .. où 1 ; 2 ; : : : ; p sont des réels, 1 ; 2 ; : : : ; s sont des réels
. (0) . 1 R 1
. .
.. ... ...
. 0
0 0 s R s
strictement positifs et 1 ; 2 ; : : : ; s des réels.
Exercice 1
R 1 Soit b une base orthonormée de E. Posons M = matb (u) L’endomorphisme u est une isométrie donc
M O (n) donc M T M = In et est un endomorphisme autoadjoint donc M est symétrique donc M T = M . On
en déduit que M 2 = In donc u est une symétrie par rapport à F = E1 (u) parallèlement à G = E 1 (u) avec
F G = E.
Or u est un endomorphisme autoadjoint donc E1 (u) E 1 (u) donc E 1 (u) (E1 (u)) et dim (E 1 (u)) =
dim (E1 (u)) (car E1 (u) (E1 (u)) = E (dimension …nie).
u est donc une symétrie orthogonale.
R 2 On véri…e que (C1 ; C2 ; C3 ) est une BON de 3;1 (R) donc A O3 (R) et det(A) = +1 donc A est une
matrice de rotation.
3
R 3 La résolution de AX = A donc X = x3 2 donc = vect (u) avec u = (3; 2; 1).
1
R 4 La matrice de A est symétrique donc f est aussi autoadjoint donc f est une symétrie orthogonale.
Or = E1 (u) est de dimension 1 donc f est la symétrie orthogonale par rapport à la droite c’est-à-dire la
rotation d’axe et d’angle (les deux orientations de donne le même angle).
Exercice 2
R 5 Posons f (x) = (1 x2 ) P (x).
1 1 1
On a (1 x2 ) P (x) Q (x) dx = f (x) Q (x) dx = [f (x) Q (x)]1 1 . f (x) Q (x) dx
1 1 1
1
= (2xP (x) + (x2 1) P (x)) Q (x) dx = (u (P ) Q).
1
2
R 7 D’une part (u (P ) P ) = ( P P ) = P .
1
D’autre part, (1 x2 ) (P (x))2 dx = (u (P ) P ) et (1 x2 ) (P (x))2 0 si x [ 1; 1] donc (u (P ) P ) 0.
1
2
On en déduit que P 0 donc 0 car P est non nul.
Problème
Préliminaires
R 8 Cas particulers:
6
c Si A est une matrice orthogonale alors A est inversible d’inverse AT donc A AT = AT A = In donc A est
normale.
k T k
T T
c On a (P (A)) = ai A i
= ai (Ai ) (linéarité de la transposition) et comme (M N )T = N T M T , on a
i=0 i=0
k
T i i
(Ai ) = AT donc (P (A))T = ai AT .
i=0
k
T i i
On a donc P (A) P (A) = a i AT P (A) et, comme AT P (A) = P (A) AT , on obtient AT
i=0
k
T i i
P (A) = P (A) A par récurrence (idem précédemment) donc P (A)T P (A) = ai AT P (A) =
i=0
k k
i i
ai P (A) AT = P (A) ai AT = P (A) (P (A))T .
i=0 i=0
donc P (A) est une matrice normale.
R 11 Etude de R :
x
cos ( ) sin ( )
a R (x) = det (xI2 R )= = x2 2x cos + cos2 + sin2 = x2 2x cos + 1.
sin ( ) x cos ( )
On a = 4 (cos2 ( ) 1) = (2 sin ( ))2 .
R 12 La matrice A est diagonalisable donc il existe P GLn (R) telle que D = P 1 AP est diagonale.
p
On a Dp = (P AP 1 ) = P Ap P 1 = 0 car Ap = 0.
Si D = diag ( 1 ; : : : ; n ), alors Dp = diag ( p1 ; : : : ; pn ) = 0 donc pi = 0 donc i = 0 donc D = 0 donc A = 0.
Autre méthode: X p est polynôme annulateur de A donc sp (A) 0 . A est diagonalisable donc semblable à une
matrice diagonale dont les éléments diagonaux sont nuls donc A est semblable à la matrice nulle donc est nulle.
a Soit x ker (u). On a u (v (x)) = u v (x) = v u (x) = v (0) = 0 donc v (x) ker (u) donc ker (u) est stable
par v.
(ou on applique le théorème du cours: E0 (u) est stable par v).
b Soit x Im (u). t E; x = u (t). On a donc v (x) = v (u (t)) = u (v (t)) Im (u) donc Im (u) est stable par v.
a = cos ( )
R 16 Pour (a; b) = (0; 0) ; a + ib = 0;donc R; > 0 = a + ib = ei soit ;
b = sin ( )
a b cos ( ) sin ( )
donc = = R . Réciproquement toute matrice de la forme R ; avec > 0;
b a sin ( ) cos ( )
a b
est de la forme ; d’où :
b a
A est une matrice normale ssi A est symétrique réelle ou bien R+ ; R=A= R :
R 19 On a f (x) = det (xid f ) = det xIn AT = det (xIn A)T par linéarité de la transposition.
Or det (M ) = det M T donc f (x) = det (xIn A) = f (x) donc sp (f ) = sp (f ).
Endomorphisme normal
R 23 Soit B une base orthonormée de E et A = matB (f ). On a donc AT = matB (f ).
f est normal f f =f f AT A = A AT A est est une matrice normale.
T
c En posant C = A AT = AT A, on obtient de même f (ei ) f (ej ) = ci;j donc B = C donc A est
normale
Donc f est un endomorphisme normal.
c On a M T = M 2 + M In donc M T est un polynôme en M donc commute avec M donc M est une matrice
normale. En posant Q = (X 1) (X + 1), on a Q3 (M ) = 0 donc Q (M ) = 0 donc M 2 = In . On en déduit
M T = M 2 + M In = M donc M est une matrice symétrique réelle. .
R 29 A est une matrice non nulle, donc A admet un polynôme annulateur non nul noté R:
Supposons alors R constant égal à : On a alors R (A) = In : Or = 0 car R polynôme non nul, donc R (A) = 0.
On obtient une contradiction avec R polynôme annulateur. Donc R est un polynôme annulateur non constant de
A: D’après le théorème de factorisation dans R [X] ; on a :
10
p s
kj lm
R=a (X j) (X 2 + mX + m) ;où 1 ; :::; p sont les p racines réelles deux à deux distinctes de R
j=1 m=1
et k1 ; :::; kp leurs multiplicités respectives, a est le coe¢cient dominant de R, et où les polynômes du second degré
à coe¢cients réels X 2 + m X + m n’ont pas de racine réelle, mais des racines complexes non réelles conjuguées
(ce qui se traduit par 2m 4 m < 0).
p s
Posons P = (X j) (X 2 + mX + m) et q = max (k1 ; k2 ; :::; kp ; l1 ; :::; ls ) : q N car deg (R) > 1:
j=1 m=1
On a alors R divise P q et si on note Q le polynôme tel que P q = Q R; on a P q (A) = Q (A) R (A) = 0:
=0
On a donc A matrice normale, P polynôme et q N tels que P q (A) = 0:
Donc, d’après la question 27; P (A) = 0:
Pour m [[1; s]] ; X 2 + m X + m admet deux racines complexes conjuguées (distinctes) que l’on note zm et zm :
p s
D’où : P = (X j) (X zm ) (X zm ) :
j=1 m=1
R étant non constant, p ou s est un entier supérieur ou égal à 1; donc P est de degré au moins 1 et n’admet que
des racines complexes simples. Donc :
P est un polynôme annulateur de R [X] ; de degré au moins 1
et dont toutes les racines complexes sont de mutiplicité 1:
1 0 0
... ... ..
0 .
.. .. .. ..
. . . (0) .
On a (A )T = .. ..
p
.. .. . On a R i R i = I2 = R i R i donc (en faisant le produit
. (0) . 1R 1
. .
.. ... ...
. 0
0 0 s R s
R 32 Si B0 est une base orthonormée et A = matB (f). Posons B = matB0 (f idE ) = A In = P (A) avec
P =X . La matrice B est normale d’après la question 10. On en déduit que f idE est un endomorphisme
normal.
On a matB0 ((f idE ) ) = B T = (A In )T = AT In = matB0 (f idE ). On en déduit que (f idE ) =
f idE .
donc ker(f idE ) = ker ((f idE ) ) = ker(f idE ) d’après la question précédente.
11
R 33 On suppose F stable par f et f .
F F
On a (x; y) F 2 , f (x) y = x f (y) donc fF est l’unique g endomorphisme de F véri…ant
y f (y)
(x; y) F 2 , fF (x) y = x g (y) . On a donc (fF ) = fF .
fF (fF ) (x) = f f (x) = f f (x) = (fF ) (fF ) (x).
Donc fF (fF ) = (fF ) (fF ) ; et fF est un endomorphisme normal de F:
R 35 On suppose sp (f ) =
p s
a D’après la question 29, f admet un polynôme annulateur P = (X j) X2 + mX + m .
j=1 m=1
<0
donc P (f ) = (f 1 idE ) (f p idE ) (f 2 + 1 f + 1 idE ) (f 2 + s f + s idE ) = 0 (E) .
La composée d’isomorphismes est un isomorphisme donc un des endomorphismes (f j idE ) et
(f + m f + m idE ) n’est pas un isomorphisme.
2
c Posons G = V ect (e; f (e)). Le vecteur f (e) n’est pas colinéaire à e car sp (f ) = donc dim (G) = 2.
Par hypothèse, e F = ker (f 2 + af + bidE ) donc f 2 (e) + af (e) + be = 0 donc f 2 (e) = af (e) be.
On a f (e) G et f (f (e)) G donc G est stable par f
(si x = e + f (e) alors f (x) = f (e) + f 2 (e) G).
2 2
R 40 Comme A est inversible et 7A (A + In ) (A2 + A + In ) = 0 donc (A + In ) (A2 + A + In ) = 0
donc sp (A) 1; j; j 2 .
Si f est canoniquement associée à A, f est un endomorphisme normale donc il existe une base orthonormée de
13
1 0 0
... ... ..
0 .
.. ... ... ..
. p (0) .
E dans laquelle la matrice de f est de la forme M = .. ... ... .. avec i R.
. (0) 1R 1 .
.. ... ...
. 0
0 0 sR s
On a d’une part sp (M ) = sp (A) 1; j; j et d’autre part i sp (M ) et sp ( 1 R 1 ) sp (M )
2
(car 1 R 1 est la matrice d’un endomorphisme induit par f sur un sous-espace vectoriel stable par F de dimension
2).
On en déduit que i = 1 et i ei i = j ou j 2 donc i = 1 et i 2
3
[2 ].
1 0 0
... ... ..
0 .
.. . . .. .
. . 1 . (0) ..
On a donc M = .. . .. . avec Ri = R 2 ou Ri = R 2 .
. (0) . . R1 . .. 3 3
.. ... ...
. 0
0 0 Rs
On notera M = diag ( 1; :::; 1; R1 ; :::; Rs ) même si H n’est pas diagonale mais juste ”diagonale par blocs”,
puisque R est une matrice de 2 (R) :
On a M T M = diag ( 1; :::; 1; R1 ; :::; Rs )T diag ( 1; :::; 1; R1 ; :::; Rs ) = diag ( 1)2 ; :::; ( 1)2 ; (R1 )T R1 ; :::; (Rs )T
In car (R1 )T R1 = In .
d’ou M On (R) donc f isométrie vectorielle donc A On (R).
Exercice 3:
Indication: discussion suivant le cardinal de l’ensemble des points …xes de f. Résultat sous forme de somme avec
coe¢cients binômiaux et puissances.
14