Digestion des camélidés vs ruminants
Digestion des camélidés vs ruminants
,
2000, 13 (3), 165-176
J.-P. JOUANY
La digestion
INRA Unité de Recherches
sur les Herbivores,
Theix, 63122 St-Genès-Champanelle
chez les camélidés ;
e-mail : jouany@[Link]
comparaison
avec les ruminants
Les dromadaires sont particulièrement bien dants et peu digestibles. De nombreux fac-
adaptés à la vie en zone sèche, dans des teurs impliquant la morphologie de l’animal,
conditions extrêmes de température dans les- sa physiologie, son métabolisme, sont impli-
quelles les fourrages sont à la fois peu abon- qués dans son aptitude à évoluer dans ces
milieux difficiles. Cela tient à la fois à l’anato-
Résumé mie et la physiologie de son tube digestif,
Les études sur la digestion et le métabolisme des camélidés ont bénéficié au
ainsi qu’aux conditions de milieu des pré-
cours des quinze dernières années des progrès techniques et méthodolo-
estomacs, particulièrement favorables à la
giques issus des travaux conduits chez les ruminants. On dispose aujourd’hui préservation de l’écosystème microbien et à
d’éléments scientifiques fiables qui permettent de comparer les aptitudes son activité. Certaines particularités du com-
digestives et métaboliques respectives de ces deux types d’animaux. portement alimentaire des animaux contri-
L’anatomie des pré-estomacs ainsi que le comportement alimentaire des ani- buent également à un maintien de l’homéo-
maux sont très différents entre camélidés et ruminants. De telles différences stasie dans les pré-estomacs de camélidés.
ont des conséquences sur la transformation des aliments dans le tube diges- Les résultats obtenus sur dromadaires seront
tif. Bien que la population microbienne soit qualitativement la même, l’acti- présentés en priorité dans cet article, mais,
vité cellulolytique des bactéries est plus importante dans les pré-estomacs compte tenu de leur faible nombre, il sera
des camélidés et le temps de séjour moyen des particules solides y est plus souvent fait appel à des expérimentations
long. L’évolution de ces deux paramètres est à l’origine d’une meilleure diges- conduites sur les lamas qui sont également
tion de la matière organique et de la fraction cellulosique des rations. Grâce des camélidés.
à un meilleur pouvoir tampon des digesta, l’ajout important d’amidon à une
ration à base de fourrage n’a pas les effets négatifs observés sur la celluloly- 1 / Particularités des
se chez les ruminants. Par ailleurs, les camélidés excrètent moins d’azote
dans l’urine et recyclent efficacement l’urée via la muqueuse des pré-esto- compartiments digestifs
macs. Cette épargne de l’azote leur permet de maintenir une production mini- des camélidés
mum de protéines microbiennes dans le cas de régimes carencés en azote. En
revanche, les camélidés sont beaucoup plus sensibles que les ruminants à des
risques d’intoxication dus à des excès d’azote soluble dans les rations. Des 1.1 / Anatomie des pré-estomacs
besoins d’entretien en énergie réduits et un meilleur rendement de transfor-
mation de l’énergie métabolisable en énergie nette, vont dans le sens d’une Les estomacs de ruminant sont constitués
meilleure utilisation de l’énergie ingérée par les camélidés. Une plus grande de 4 compartiments distincts : rumen, réseau
stabilité des conditions physico-chimiques (pH, NH3) du milieu fermentaire
(ou réticulum), feuillet (ou omasum), caillette
dans le compartiment C1 des camélidés après le repas, ainsi qu’une vitesse de
(ou abomasum) (figure 1). Compte tenu de la
vidange plus élevée de la phase liquide, sont des éléments favorables au déve-
large ouverture du réseau sur le rumen, on
loppement et à l’activité des microorganismes.
associe souvent les deux compartiments en
un seul appelé réticulo-rumen. Les trois
166 / J.-P. JOUANY
Ruminant Camélidé
Tableau 1. Populations de protozoaires dans le principal compartiment des pré-estomacs de camélidés et de ruminants.
1.3 / Physiologie digestive des cités par Yagil 1982). Hoppe et al (1976) ont
pré-estomacs montré que l’eau bue par un dromadaire
assoiffé est retenue au moins 24 heures dans
les pré-estomacs et que la réhydradation de
a / Motricité des pré-estomacs l’animal est progressive. Il est probable que
les cellules aquifères jouent un rôle dans le
La motricité des pré-estomacs assure le piégeage de l’eau au niveau de C1. Les sacs
mélange des phases liquide et solide des glandulaires pourraient également être un
digesta et favorise la vidange des réservoirs lieu de production d’ions bicarbonates ayant
digestifs. Les cycles d’activité motrice ont été un effet tampon complémentaire de celui de
décrits par Malbert et al (1995) pour le ruminant. la salive (Schmidt-Nielsen 1964). Enfin, selon
Engelhardt et Rübsamen (1980), la fonction
Chez les camélidés, on note la présence de principale de ces sacs serait d’absorber rapi-
deux séquences basiques de contraction dement l’eau et les produits de la fermenta-
appelées A et B (Heller et al 1986, Engelhardt tion anaérobie (acides et ammoniaque princi-
et al 1992). Les séquences A commencent par palement). L’absorption des acides gras vola- La cellulolyse est
une contraction de C2 suivie d’une contrac- tils sous forme non dissociée est vraisembla-
tion de la partie caudale de C1 environ 4 plus importante
blement stimulée par la production des ions
secondes après. Les séquences B débutent bicarbonates dans les sacs glandulaires, dans les pré-
par une contraction de la partie crâniale de comme cela a été montré par Cummings et al estomacs des
C1 suivie de la contraction de C2 puis de celle (1972) et Luciano et al (1979) dans le rumen.
de la partie caudale de C1. Les séquences B camélidés que
durent environ 9 secondes. Les digesta sont dans le rumen
évacués à travers le canal situé entre C2 et C3 b / Taille et densité des particules
et le temps de
pendant la contraction de C2. Le canal se alimentaires dans les pré-estomacs
séjour des
relâche pendant une période très courte qui
précède chaque contraction de C3. Les études conduites chez les ruminants et particules solides y
L’éructation des gaz se produit lors de la les camélidés montrent que la taille et la den- est plus élevé.
contraction de la partie caudale de C1 au sité des particules alimentaires varient selon
cours de la séquence B. On note alors une leur localisation géographique dans le réticu-
courte contraction de la partie dorsale de C1 lo-rumen (Evans et al 1973, Lechner Doll
immédiatement après celle de la partie cau- 1991). Les particules situées dans le sac dor-
dale. L’ingestion et la rumination sont des sal du rumen ont une densité faible et sont
phases pendant lesquelles les activités plutôt de grande taille (supérieures à 1 cm).
motrices sont fréquentes (100 contractions Celles présentes dans le sac ventral ont une
des types A et B par heure). La motricité peut densité élevée et sont de petite taille.
s’arrêter pendant environ 20 minutes aux
moments de repos des animaux. Le temps de séjour moyen des particules
dans le réticulo-rumen est déterminé par les
La pression exercée à l’intérieur des pré- critères « taille » et « densité ». La réduction
estomacs de camélidés à la suite des diffé- de la taille des particules est due à la fois à la
rentes contractions est particulièrement mastication ingestive et mérycique et à la
forte. Elle conduit à des brassages des diges- dégradation microbienne. La densité des par-
ta qui dépassent en puissance ceux observés ticules évolue au cours de leur séjour dans le
chez les ruminants. rumen. Les fourrages ingérés par les rumi-
nants ont une densité de l’ordre de 0,8 g/ml.
Selon certains auteurs, les sacs glandulaires Elle augmente jusqu’à la valeur 1,1 en une
sont de simples cavités destinées à la mise en heure et peut atteindre la valeur 1,3 en 76 à
réserve d’eau (Hegazi 1950 et Colbert 1955 100 heures (Nocek et Kohn 1987). La densité
des particules dépend de nombreux facteurs : solide expliquent la plus grande teneur en
la structure des fourrages, les espaces matière sèche du contenu des pré-estomacs
internes emplis de gaz au moment de l’inges- de camélidés par rapport aux ruminants (14,2
tion, les microorganismes adhérents, la taille vs 12,6 % MS) observée par Smacchia et al
et la forme des particules, le transfert de liqui- (1995). Le poids de contenu frais est supé-
de vers les parties internes, les microbulles rieur dans les pré-estomacs des camélidés par
gazeuses produites à l’interface microbe-par- rapport aux ruminants (Farid et al 1984,
ticule. Les particules les plus grosses et les Lechner-Doll et al 1990, Kayouli et al 1993). Il
plus légères sont sélectivement retenues plus représente respectivement, en moyenne, 14,7
longtemps dans le rumen. Elles doivent et 10,5 % du poids vif des dromadaires et des
atteindre une densité égale à 1,2 g/ml et la moutons recevant les mêmes régimes. Cela
taille du millimètre pour quitter le réticulo- signifierait que le réservoir C1 pourrait se dis-
rumen. tendre davantage et stocker de plus grandes
quantités d’aliments que le rumen.
La vidange de C1 chez les camélidés obéit
probablement aux mêmes lois, mais nous ne
disposons pas de données bibliographiques
2 / Quantités ingérées et
permettant de les valider. Des différences comportement alimentaire
peuvent toutefois exister entre espèces ani-
males puisque Lechner-Doll et al (1991) ont 2.1 / Ingestion de matière sèche
montré que la taille critique de sortie des par-
ticules du rumen est de 3 mm chez les lamas, Richard (1989) a rassemblé les données sur
tandis qu’elle n’est que de 1 à 2 mm chez les les capacités d’ingestion des dromadaires pla-
moutons et les bovins. cés dans leurs conditions naturelles d’éleva-
ge. Elles varient de 14 à 15 g MS/kg poids vif
c / Temps de séjour des particules solides (PV) pour la paille et les fourrages pauvres, et
et de la phase liquide des digesta de 23 à 24 g MS/kg PV pour les fourrages de
bonne qualité. Les valeurs concernant la
Le temps de séjour moyen (TSM) des parti- paille sont comparables à celles notées pour
cules solides est plus long chez les camélidés les bovins en zone tropicale ; elles sont légè-
La capacité que chez les ruminants (Lechner-Doll et al rement supérieures à celles observées chez
d’ingestion 1991, Kayouli et al 1993). Utilisant des ani- les bovins en Europe (12 g/kg MS).
maux de poids comparables recevant les
est plus faible mêmes régimes, Dulphy et al (1994) et Les expérimentations comparant directe-
chez les camélidés Lemosquet et al (1996) ont montré que le TSM ment camélidés et ruminants montrent que la
que chez les de la phase particulaire était de 44 heures capacité d’ingestion est inférieure chez le droma-
ruminants. chez le lama et de 27 heures chez le mouton. daire (El-Shaer 1981, Gauthier-Pilters 1984,
De tels écarts peuvent être dus à la faible acti- Gihad et al 1989, Kandil 1984, Shawket 1976).
vité de rumination des camélidés pendant la Ainsi, en moyenne sur trois régimes diffé-
phase éclairée du jour, celle-ci n’étant pas rents, l’ingestion a été de 12 g/kg PV pour le
totalement compensée par l’activité nocturne dromadaire, et de 25 g/kg PV pour le mouton
(1 heure de moins de rumination par jour (Kayouli et al 1995).
chez les camélidés ; Lemosquet et al 1996). Le
temps de mastication et la comminution des L’ingestion de fourrages secs supplémentés
particules solides qui en résulte sont donc ou non avec du concentré, est plus faible chez
plus faibles chez les camélidés, ce qui entraî- les lamas (15,9 g MS/kg PV) que chez les mou-
ne une augmentation de leur TSM dans C1. tons (18,4 g mg MS/kg PV). Ces données ont
Par ailleurs, le plus grand nombre de contrac- été obtenues à partir de 11 comparaisons réa-
tions dans ce compartiment pourrait être à lisées par Warmington et al (1989), Cordesse
l’origine d’une plus grande efficacité de et al (1992), Dulphy et al (1994 et 1995),
mélange des contenus aux dépens d’une Lemosquet et al (1996). L’analyse graphique
moindre activité de propulsion des digesta de ces résultats (figure 2) montre que les
hors de C1. Selon Engelhardt et al (1986), une lamas ingèrent d’autant moins de MS que le
telle motricité favoriserait la séparation des fourrage est de bonne qualité. Cela suggère
phases solide et liquide des digesta, ce qui que la régulation de l’ingestion chez les camé-
pourrait expliquer l’augmentation du flux de lidés est autant métabolique que physique.
la phase liquide sortant de C1 et des compo-
sés solubles qui y sont associés mise en évi- Les résultats de Lemosquet et al (1996) met-
dence par plusieurs auteurs. Selon Maloiy tent en évidence une moindre ingestion de
(1972), Farid et al (1984), Kayouli et al (1993), foin (écart de 6 à 7 g MS /kg PV 0,75) chez les
le TSM de la phase liquide dans C1 est de 6 lamas comparés aux moutons, et ceci indé-
heures chez les dromadaires, et de 8 heures pendamment de la qualité du foin (tableau 2).
dans le rumen des moutons recevant des Il est intéressant de noter que les différences
régimes identiques. entre animaux disparaissent lorsqu’ils reçoi-
vent le même foin supplémenté avec 25 %
Lemosquet et al (1996) ont montré au cours d’orge. Le taux de substitution du foin par
d’une comparaison directe que la phase liqui- l’orge dans le cas du régime mixte (diminu-
de séjournait pendant 11 et 13 heures respec- tion de la quantité de foin ingéré par kg d’or-
tivement dans les pré-estomacs de lama et de ge consommé) a été beaucoup plus faible
mouton. L’augmentation de la vitesse de chez les lamas (0,47) que chez les moutons
vidange des liquides et du TSM de la phase (0,62). Ce résultat montre que l’activité cellu-
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La digestion chez les camélidés / 169
Tableau 2. Ingestion de matière sèche (g/kg P 0,75) et d’eau par des lamas et des moutons recevant différents régimes (d’après Lemosquet
et al 1996).
Foin de graminées Même foin + orge Foin de dactyle Moyenne
(N = 1,25 % MS) (orge = 25 % ration) (N = 2,2 % MS)
Lamas Moutons Lamas Moutons Lamas Moutons Lamas Moutons
Quantités ingérées 59,9 a 65,2 b 52,0 53,3 55,7 a 62,5 b 55,8 a 60,5 b
(consommation d’orge) (16,9) (19,3)
Quantités d’eau bue
- en ml / kg P 0,75 157 142 164 176 157 165 159 161
- en ml / kg MS ingérée 2,6 a 2,1 b 3,1 3,3 2,7 2,6 2,8 2,7
a, b
Pour une même ration, les valeurs suivies de lettres différentes sont significativement différentes entre lamas et moutons à P < 0,05
Tableau 3. Comportement alimentaire de lamas et de moutons recevant différents régimes (d’après Lemosquet et al 1996).
Durée (minutes)
- ingestion 389 a 415 b 344 356 371 a 417 b 368 a 396 b
- rumination 491 504 446 a 552 b 467 a 544 b 468 a 534 b
- repas principaux 126 a 165 b 129 132 216 a 153 b 157 150
Nb repas par jour 7,2 7,8 8,0 7,5 6,0 a 8,4 b 7,1 7,9
Nb périodes de
rumination par jour 7,8 a 9,2 b 7,8 a 10,8 b 7,3 a 16,2 b 7,6 a 12,1 b
Efficacité masticatoire
(g MS / min) 2,08 a 1,31 b 1,90 a 1,25 b 2,03 a 1,44 b 2,00 a 1,33 b
a, b
Pour une même ration, les valeurs suivies de lettres différentes sont significativement différentes entre lamas et moutons à P < 0,05.
Figure 3. Evolution, après repas, du pH dans les pré-estomacs de lamas et de 3.1 / La température des digesta
moutons recevant différents régimes (d’après Lemosquet et al 1996).
Nous avons observé que la température
moyenne des digesta dans le C1 des lamas est
Foin de graminées à faible teneur en azote (N = 1,25 % MS) inférieure de 2° C à celle des digesta dans le
Même foin supplémenté avec de l’orge (25 % MS totale)
rumen. Cela s’explique par une élimination
plus importante des calories via la phase liqui-
pH Foin de dactyle riche en azote (N = 2,2 % MS) de des pré-estomacs dont le débit est plus
important chez les camélidés, ou par une plus
7,5 faible production de chaleur par les popula-
tions microbiennes. Si cette dernière hypo-
thèse était vérifiée, le rendement énergétique
Lamas des fermentations en ATP serait alors supé-
rieur chez les camélidés. Cela pourrait
conduire à une capacité de synthèse de proté-
7,0 ines microbiennes supérieure chez ces animaux.
Nous ne disposons pas de données sur la syn-
thèse microbienne chez les dromadaires.
3.2 / Le pH
6,5 Le pH des digesta des pré-estomacs de
camélidés évolue lentement après les repas,
même dans le cas de régimes supplémentés en
glucides rapidement fermentescibles (figure 3).
Il ne descend jamais en-dessous de la valeur
de 6,5 ce qui permet d’éviter les troubles
6,0 d’ordre digestif fréquemment observés chez
les ruminants à productivité élevée recevant
des régimes riches en énergie digestible.
Moutons Même dans le cas de régimes peu digestibles,
les valeurs de pH restent supérieures chez les
camélidés. Il faut noter que cette aptitude des
5,5
camélidés à maintenir le pH dans des limites
0 2 4 6 8 physiologiques disparaît lorsque le contenu
fermentaire est incubé in vitro. Cela signifie
Heures que la muqueuse digestive, le renouvellement
de la phase liquide et peut-être la salivation
des animaux sont fortement impliquées dans
3 / Les conditions la stabilisation du pH chez les camélidés.
physico-chimiques Chez le dromadaire, Jouany et al (1995) ont
et les fermentations montré que le pouvoir tampon des digesta
dans les pré-estomacs issus de C1 est important en milieu acide,
alors qu’il est faible en milieu basique
(tableau 4). L’expérimentation réalisée par
Comparées à celles des ruminants, les Lemosquet et al (1996) n’a toutefois pas per-
conditions physico-chimiques sont plus mis de mettre en évidence une différence
stables dans les compartiments de fermenta- dans le pouvoir tampon des digesta de pré-
tion du tube digestif de camélidés. estomacs de lamas et de moutons.
INRA Productions Animales, juillet 2000
La digestion chez les camélidés / 171
Tableau 4. Pouvoir tampon des digesta des pré-estomacs de dromadaires et de ruminants (d’après
Jouany et al 1995).
Tableau 5. Comparaison des cinétiques de dégradation in situ de différents substrats dans le comparti-
ment C1 du dromadaire et le rumen de mouton (d’aprés Jouany et al 1995).
Les valeurs obtenues chez le dromadaire différent de celles obtenues chez le mouton à * : P < 0,05 et ** : P < 0,01.
Tableau 6. Digestion et métabolisme de l’énergie chez les lamas et les moutons (d’après Vernet et al
1997). ED : énergie digestible, EM : énergie métabolisable.
(1)
Corrigées pour des mêmes temps de position debout.
(2)
Corrigées pour des mêmes temps de position debout et ajustées pour des mêmes quantités d’EM ingérées.
(3)
Corrigée et ajustée.
(4)
L’effet espèce animale mis en évidence par analyse de variance est significatif (* P < 0,05 ; ** P < 0,01 ;
*** P < 0,001) ou non (ns).
a, b
Sur une même ligne, les valeurs suivies de lettres différentes sont significativement différentes à P < 0,05.
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174 / J.-P. JOUANY
Tableau 7. Utilisation comparée de l’azote par des lamas et des moutons recevant différents régimes (d’après Lemosquet et al 1996).
N ingéré (mg/kg P 0,75) 910 970 1045 1075 1036 a 1199 b 997 1081
N excrété (mg/kg P 0,75)
- dans les fèces 495 530 544 572 476 a 514 b 502 539
- dans l’urine 148 a 317 b 168 a 399 b 368 a 658 b 228 a 458 b
N retenu / N ingéré (%) 29 a 12 b 32 a 8b 18 a 0b 26 a 7b
a, b
Pour une même ration, les valeurs suivies de lettres différentes sont significativement différentes entre lamas et moutons à P < 0,05.
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Abstract
The digestion in camelids ; a comparison to sis usually observed in ruminants. Furthermore, came-
ruminants. lids excrete less nitrogen in the urine and efficiently
recycle urea via the mucous wall of the forestomach.
This economy of nitrogen allows them to maintain a
Studies on digestion and metabolism in camelids minimal production of microbial proteins for cases
have, over the past 15 years, benefited from technical when dietary nitrogen is insufficient. However, came-
and methodological progress made on ruminants. lids are much more sensitive than ruminants to risks of
Today, reliable scientific information allows to compa- intoxication due to excess soluble nitrogen in rations.
re the digestive and metabolic aptitudes of these two Reduced maintenance energy levels and a better yield
types of animals. The anatomy of the forestomach and of transformation of metabolisable energy into net
the feeding behaviour of the camelids and ruminants energy, go along with a better use of ingested energy by
are very different. Such differences have consequences camelids. A greater stability of physical-chemical
on the digestion of food. Even though the microbial conditions (pH, NH3) in the fermenting medium of the
population is qualitatively the same, the cellulolytic C1 compartment of camelids after feeding, as well as
activity of the bacteria is much more important in the the higher outflow rate of the liquid phase, are ele-
camelid forestomach and the retention time of solid ments that favour the development and activity of
particles in the forestomach is much longer. The evolu- microorganisms.
tion of these two parameters is responsible for a better
digestion of organic matter and of the cellulosic frac-
tions of the rations. Due to better buffered digesta, the JOUANY J.P., 2000. La digestion chez les caméli-
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