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Rimbaud : Poésie engagée et émancipation

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Objet d’étude : la poésie du XIXème au XXIème siècle.

Œuvre intégrale : Rimbaud, Cahiers de Douai, 1870.


Parcours associé : Émancipations créatrices.

LA DISSERTATION PAS-À-PAS

SUJET
Peut-on dire que les Cahiers de Douai d’Arthur Rimbaud ne sont qu’un recueil de poésie engagée ?
Vous répondrez à cette question dans un développement organisé.
Votre réflexion prendra appui sur les Cahiers de Douai, sur les textes étudiés dans le cadre du parcours
associé intitulé « Émancipations créatrices », ainsi que sur votre culture personnelle.

Soulignez les termes essentiels à la compréhension du sujet. Quelles sont les pistes à étudier ?
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Indiquez le type de plan qui convient : ………………………………………………….......................

Reformulez le sujet : ........................................................................................................................


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Lisez les extraits suivants. Soulignez les mots-clefs.


« On se doit à la Société, m'avez-vous dit ; vous faites partie des corps enseignants : vous roulez dans la
bonne ornière. […]. Un jour, j'espère, − […] Je serai un travailleur : c'est l'idée qui me retient, quand les
colères folles me poussent vers la bataille de Paris − où tant de travailleurs meurent pourtant encore
tandis que je vous écris ! Travailler maintenant, jamais, jamais ; je suis en grève.
Maintenant, je m'encrapule le plus possible. Pourquoi ? Je veux être poète, et je travaille à me rendre
Voyant: vous ne comprendrez pas du tout, et je ne saurais presque vous expliquer. Il s'agit d'arriver à
l'inconnu par le dérèglement de tous les sens. Les souffrances sont énormes, mais il faut être fort, être né
poète, et je me suis reconnu poète. Ce n'est pas du tout ma faute. C'est faux de dire : Je pense : on
devrait dire : On me pense. − Pardon du jeu de mots. –
JE est un autre. […] »
Lettre de A. Rimbaud à Georges Izambard, mai 1871

« En attendant, demandons aux poètes du nouveau, - idées et formes. Tous les habiles croiraient bientôt
avoir satisfait à cette demande : - ce n'est pas cela !
Les premiers romantiques ont été voyants sans trop bien s'en rendre compte: la culture de leurs âmes
s'est commencée aux accidents: locomotives abandonnées, mais brûlantes, que prennent quelque temps
les rails. -Lamartine est quelquefois voyant, mais étranglé par la forme vieille. - Hugo, trop cabochard, a
bien VU dans les derniers volumes : Les Misérables sont un vrai poème. J'ai Les Châtiments sous main :
Stella donne à peu près la mesure de la vue de Hugo. Trop de Belmontet et de Lamennais, de Jehovahs
et de colonnes, vieilles énormités crevées. Musset est quatorze fois exécrable pour nous, générations
douloureuses et prises de visions, - que sa paresse d'ange a insultées ! »
Lettre de A. Rimbaud à Paul Demeny, mai 1871
Repérez dans le recueil au moins trois poèmes dans lesquels Rimbaud montre sa volonté
d’être un poète engagé :
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Repérez dans le recueil au moins trois poèmes dans lesquels le jeune Rimbaud semble être
influencé par les auteurs qu’il a lus :
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Repérez dans le recueil au moins trois poèmes dans lesquels Rimbaud montre sa volonté
d’être un poète novateur :
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Complétez le tableau ci-dessous en vous appuyant sur les remarques précédentes et votre
connaissance de l’œuvre.
Arguments Exemples
« Le Châtiment de Tartufe » est une satire
cinglante de la prière.

Rimbaud manifeste une hostilité radicale envers


Napoléon III

Le jeune poète voit ses cinq sens en


permanence sollicités et met en œuvre le
principe de la synesthésie.

Arthur Rimbaud s’affranchit de certaines


contraintes formelles. Il a recours au vers
original de 6 syllabes dans « Rêvé pour l’hiver ».

Le jeune poète dit, ici et là, dans son recueil, sa


haine pour tout ce qui représente l’autorité, et,
plus encore, envers tous ceux qui vivent dans le
luxe et maintiennent le peuple dans la pauvreté.

Dans de nombreux textes, il se représente donc


en promenade : « j’irai dans les sentiers »
(« Sensation ») ; « Depuis huit jours, j’avais
déchiré mes bottines / aux cailloux des
chemins » (« Au Cabaret-Vert ») ; « Je m’en
allais, les poings dans mes poches crevées »
(« Ma bohème »)

Les influences d’Arthur Rimbaud sont multiples.


Il est davantage sensible à des personnalités
poétiques qu’à des mouvements littéraires.

La sensualité du jeune poète est à fleur de peau


s’exprime sans fausse pudeur dans sa poésie.

Ainsi, la valorisation des révolutionnaires de la


Révolution française se lit dans un poème
comme « Le Forgeron »
Complétez le tableau suivant. Associez les titres des sous-parties proposés ci-
dessous aux axes d’étude proposés, puis répartissez les arguments et les exemples
de façon pertinente et ordonnée.

I. Un recueil de poésie II. Mais le recueil est aussi le III. Un recueil sous influence
engagée écrit par un jeune reflet d’un poète qui met en qui vise l’émancipation :
poète révolté avant l’importance de l’éveil une poésie qui se révèle
des sens et une forme de être un espace de liberté
lyrisme propre à Rimbaud

A. A. A.
Argument 1 Argument 1 Argument 1

Exemple 1 Exemple 1 Exemple 1

B. B. B.
Argument 2 Argument 2 Argument 2

Exemple 2 Exemple 2 Exemple 2

C. C. C.
Argument 3 Argument 3 Argument 3

Exemple 3 Exemple 3 Exemple 3

L’éveil des sens


Un révolté contre l’ordre social dominant
Des libertés poétiques
Les émois amoureux et un érotisme rêvé
Un républicain contre l’Empire
Un éloge de la révolte
Un athée dressé contre Dieu et la religion
Le plaisir de l’errance et du vagabondage dans la nature
Des influences explicitement revendiquées
Analyser le sujet
 Le sujet nous invite à réfléchir aux intentions du jeune poète : qu’a-t-il cherché à faire avec
ce recueil ?
Le sujet nous offre une première piste, posée comme une certitude, et qu’il faudra donc traiter
avant de réfléchir à une ou d’autres piste(s) : Cahiers de Douai appartient bien à la poésie
engagée.
 Mais le sujet a recours à la formule restrictive « ne… que » qui nous porte à élargir notre
réflexion et à envisager les autres intentions de l’auteur.
 Ce sujet invite donc à chosir un plan dialectique.

Formuler la problématique
 Outre l’engagement d’Arthur Rimbaud qui se lit dans le recueil Cahiers de Douai, quelles
autres dimensions ce recueil donne-t-il à voir ?

Plan détaillé

INTRODUCTION
[Amorce] Avec la révolution industrielle, c’est toute la société qui évolue. Les mœurs changent et
les auteurs dépeignent avec réalisme ces nouveaux modes de vie. Certains auteurs comme
Rimbaud, choisissent l’écriture pour s’engager. [Présentation] Jeune poète, issu d’une famille
paysanne des Ardennes, Rimbaud n’a que seize ans lorsqu’il commence à écrire en 1870, avec
une plume d’ores et déjà bien acérée, pour ce faire il est encouragé par son jeune professeur G.
Izambard et l’éditeur Paul Demeny. Les poèmes réunis dans les Cahiers de Douai sont des
poèmes de jeunesse, plusieurs thèmes sont abordés : la nature, le vagabondage, les premières
amours mais aussi des thèmes plus sérieux comme la critique de Dieu ou de l’empereur, alors,
[Rappel du sujet et analyse] « Peut-on dire que les Cahiers de Douai d’Arthur Rimbaud ne sont
qu’un recueil de poésie engagée ? » Si la dimension engagée du recueil ne fait aucun doute, il
serait regrettable de le réduire à cette intention, ces poèmes sont davantage le reflet de l’esprit
d’un jeune homme qui use du langage poétique pour renouveler un genre jusqu’alors très codifié.
[Problématique] Outre l’engagement d’Arthur Rimbaud qui se lit dans le recueil Cahiers de
Douai, quelles autres dimensions ce recueil donne-t-il à voir ? [Annonce du plan] Nous verrons,
d’abord, que le recueil est bien un ouvrage engagé écrit par un jeune poète révolté. Puis, nous
nous attarderons sur le fait que nombreux sont les poèmes mettent en avant une sorte de lyrisme
avant tout tourné vers l’éveil des sens. Enfin, nous verrons que le poète, aussi jeune soit-il, offre
ici un recueil illustrant son désir d’émancipation et sa conquête d’une poésie nouvelle, libre.

I. Un recueil de poésie engagée écrit par un jeune poète révolté

A. Un républicain contre l’Empire

Rimbaud manifeste une hostilité radicale envers Napoléon III. Le tenant pour responsable de la
guerre, il le caricature violemment dans « L’éclatante victoire de Sarrebrück », où il le dépeint
« sur son dada », « féroce comme Zeus et doux comme un papa » (vers 2 et 4). Ce ne sont pas
seulement les horreurs de la guerre qu’il lui impute (dans « Le Mal » ou « Le Dormeur du val »),
c’est sa personne et son régime qu’il condamne. Pour Rimbaud, l’Empereur est un dictateur qui
voulait « souffler la Liberté » et le Second Empire n’était que « vingt ans d’orgie » (« Rages de
Césars », vers 5-6). L’hommage aux soldats de « Quatre-vingt-douze et de Quatre-vingt-treize »
morts pour la République n’en prend que plus de force.

B. Un révolté contre l’ordre social dominant

Les bourgeois sont par ailleurs l’objet de tout son mépris, notamment dans « À la musique ». Ce
sont des « rentiers » (vers 9), des « épiciers retraités » (vers 13), tous « bourgeois poussifs »
(vers 3), qui affichent « leurs bêtises jalouses ». Quand ils débattent « sérieusement » de
politique, ils ne savent que répéter en chœur : « En somme ! » (vers 15-16). Rimbaud n’aime pas
davantage l’aristocratie de l’Ancien régime, qui maintient le peuple dans la misère, comme le
suggère « Le Forgeron ». Le jeune poète dit, ici et là, dans son recueil, sa haine pour tout ce qui
représente l’autorité, et, plus encore, envers tous ceux qui vivent dans le luxe et laissent des
enfants mourir de faim (« Les Effarés »). C’est autant l’arrogance que l’injustice sociale qu’Arthur
Rimbaud dénonce.

C. Un athée dressé contre Dieu et la religion

Représentant à ses yeux l’ordre moral, la religion concentre enfin toutes les attaques du jeune
poète. Dans « Le Forgeron », elle est un instrument de soumission, poussant les gens à se mettre
« à genoux » (vers 162), tandis qu’un « Chanoine » étale son oisiveté et sa richesse (vers 16-17).
« Le Châtiment de Tartufe » est une satire cinglante de la prière. Ce n’est pas seulement, de la
part du poète, de l’anticléricalisme. Dans « Le Mal », celui-ci s’en prend en effet directement à
Dieu : il le désacralise en disant « un Dieu » (et non Dieu, vers 9) et il le montre riant face aux
prières des mères angoissées du sort de leurs fils soldats (vers 9 à 14).

II. Mais le recueil est aussi le reflet d’un poète qui met en avant l’importance de l’éveil des
sens et une forme de lyrisme propre à Rimbaud

A. Le plaisir de l’errance et du vagabondage dans la nature

Au cours de l’année de composition du recueil (1870), Arthur Rimbaud fait plusieurs fugues, à
Paris, en Belgique. Les Cahiers de Douai témoignent de ces errances, vécues par le poète (que
Paul Verlaine surnommera plus tard « l’homme aux semelles de vent ») comme des expériences
intenses de liberté. Dans de nombreux textes, il se représente donc en promenade : « j’irai dans
les sentiers » (« Sensation ») ; « nous irions, / ayant de l’air plein la narine. / aux frais rayons »
(« Les Reparties de Nina ») ; « on va sous les tilleuls verts de la promenade » (« Roman »),
« Depuis huit jours, j’avais déchiré mes bottines / aux cailloux des chemins » (« Au Cabaret-
Vert ») ; « Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées » (« Ma bohème »). Chaque fois,
l’errance est vécue avec bonheur. Dans « Sensation », le poète se dit « heureux, comme avec
une femme » et dans « Ma bohème » et « Les Reparties de Nina », le plaisir de l’errance est
comparé à une sorte d’ivresse. Les voyages permettent au jeune poète de vivre des heures
privilégiées au cours desquelles il trouve l’inspiration et écrit. L’errance et la créativité deviennent
indissociables.

B. L’éveil des sens

La poésie de Rimbaud est une poésie du corps : ses sens sont en éveil. Le jeune poète voit ses
cinq sens en permanence sollicités et ces sensations deviennent autant de muses qu’il va mettre
en scène dans de nombreux poèmes. Tout le poème des « Effarés » repose sur la vue qu’ont par
un soupirail les cinq petits sur le boulanger en train de pétrir son pain. L’ouïe est naturellement
dominante dans « À la musique ». Le goût transparaît dans « Au Cabaret-Vert ». Cette constante
mobilisation des sens traduit le bonheur du poète de vivre, de se sentir vivre.

C. Les émois amoureux et un érotisme rêvé

La sensualité du jeune poète est à fleur de peau s’exprime sans fausse pudeur dans sa poésie. Il
puisse aussi son inspiration. Les Cahiers de Douai font la part belle aux émois amoureux. De
nombreuses figures féminines séduisantes peuplent le recueil et servent de support à la peinture
des différentes étapes de la relation amoureuse, du coup de foudre aux premiers sentiments, de
la séduction au badinage amoureux : la jeune femme « fort déshabillée » de « Première soirée » ;
Nina, avec son « blanc peignoir » et son « grand œil noir » (« Les Reparties de Nina ») ; les
jeunes filles anonymes de « Roman » et de « Rêvé pour l’hiver » ; les « fillettes » de « À la
musique » ; les serveuses peu farouches du « Cabaret-Vert » et de « La Maline »… Mais
l’érotisme est le plus souvent fantasmé, rêvé. Seul en effet le poème « Première soirée » est
rédigé au passé, comme s’il s’agissait d’une expérience vécue. « Les Reparties de Nina » sont au
conditionnel présent, à valeur de futur dans le passé. Quant à « Rêvé pour l’hiver », le titre du
poème parle de lui-même.

III. Un recueil sous influence qui vise l’émancipation : une poésie qui se révèle être un
espace de liberté

A. Des influences explicitement revendiquées

Les influences d’Arthur Rimbaud sont multiples. Il est davantage sensible à des personnalités
poétiques qu’à des mouvements littéraires comme il s’en explique dans une lettre à Paul Demeny
du 15 mai 1871, dite Lettre du Voyant. Il y passe en revue ses influences en les filtrant à travers la
notion de « voyance » comme capacité à percevoir le réel autrement. Il fait des premiers
romantiques comme Victor Hugo des poètes voyants, l’on reconnaît cette influence dans « Les
Effarés » où l’idée de justice sociale au cœur de l’engagement hugolien est reprise bien volontiers
par le jeune poète révolté. En réaction au mouvement romantique et à son engagement politique,
des poètes comme Théophile Gautier prônent « l’art pour l’art » Rimbaud enverra trois textes à
Banville en mai 1870 lorsqu’il cherche à être publié : « Soleil et chair », « Sensation » et
« Ophélie ». « Soleil et chair » est le poème le plus représentatif de l’esthétique parnassienne des
Cahiers de Douai. Mais c’est en Baudelaire que Rimbaud voit « le premier voyant, roi des poètes,
un vrai Dieu ». En effet, tout au long du recueil des Fleurs du Mal s’assemblent beauté et laideur,
spleen et idéal, douceur et cruauté dont les évocations ont choqué certains des contemporains de
Baudelaire mais ont fasciné Rimbaud. C’est la marque de Baudelaire que l’on retrouve dans
« Vénus Anadyomène », portrait parodique et horrifique d’une prostituée « belle hideusement d’un
ulcère à l’anus ».

B. Un éloge de la révolte, comme synonyme d’émancipation

Arthur Rimbaud, incarnant lui-même la figure du jeune révolté, s’inspire donc des grands auteurs
de son temps, mais il se reconnaît bien évidemment dans d’autres figures emblématiques de la
rébellion, des figures auxquelles il rend hommage dans ce recueil. Ainsi, la valorisation des
révolutionnaires de la Révolution française se lit dans un poème comme « Le Forgeron »., tandis
que la valorisation des soldats de la I ère République est explicite dans « Morts de Quatre-vingt-
douze ». Ces hommages appuyés, trouvent leur écho dans le recours à la tonalité épique.

C. Des libertés poétiques

Enfin, Arthur Rimbaud porte, à travers ce recueil Cahiers de Douai, un projet extraordinaire, qui
peut d’ailleurs être considéré comme une autre forme d’engagement. Ce qui pousse le jeune
poète à écrire, c’est avant tout le désir de faire surgir une langue nouvelle et qui se mettrait au
service d’une poésie nouvelle. Pour aller vers cette libération littéraire, Arthur Rimbaud s’affranchit
de certaines contraintes formelles. Il a recours au vers original de 6 syllabes dans « Rêvé pour
l’hiver ». Il bouleverse certaines règles du sonnet (« Rêvé pour l’hiver »), offre des enjambements
audacieux (« Ma Bohème »), autant de changements qui préfigurent la poésie moderne, laquelle
offrira un mélange de prose, de poésie et d’oralité. Le recueil donne aussi à voir de grandes
libertés thématiques : il suffit de relever des considérations et un lexique parfois prosaïques
comme dans « À la musique » ou dans « Ma Bohème »). On peut également songer, bien
évidemment, à la réécriture du mythe de Vénus sortie des eaux dans le poème ayant pour titre
« Vénus anadyomène ». Pour le jeune Rimbaud, la poésie est aussi libre que la musique : il
évoque une « immense lyre » dans « Soleil et Chair ». Pour lui, la poésie est une voix neuve et
puissante et son recueil Cahiers de Douai se fait l’écho de cette vision de son art.

CONCLUSION
[Bilan] Les intentions d’Arthur Rimbaud sont donc nombreuses au moment où il rédige ses
Cahiers de Douai. Des poèmes du jeune homme en fugue et en révolte contre la société et le
monde politique s’y déploient. D’autres textes font écho au désir de Rimbaud de créer une langue
nouvelle, une langue qui permettrait de traduire le « dérèglement des sens » auquel il aspire.
Enfin, ce recueil que l’on considère comme le premier, est un creuset dans lequel on retrouve
toutes les aspirations d’un jeune poète désirant faire advenir un nouveau langage, une nouvelle
poésie.
[Ouverture] Si les Cahiers de Douai continuent de rencontrer un large public, on peut penser
qu’ils le doivent à cette richesse d’intentions et à cette incroyable virtuosité poétique du jeune
homme. Des poèmes comme « Le Dormeur du val » ou « Ma bohème » comptent parmi les plus
célèbres de la poésie française. La précocité du génie d’Arthur Rimbaud, sa carrière littéraire
fulgurante, sa vie brève et aventureuse contribuent à forger sa légende et faire de lui l'un des
géants de la littérature internationale.

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