Comprendre le recel en droit pénal
Comprendre le recel en droit pénal
Le recel est une infraction consistant à tirer profit du produit d’un crime ou d’un délit en connaissance de
cause. Le recel de chose est le fait de conserver par devers soi, une chose que l’on sait ou devine provenir
d’une infraction criminelle ou délictuelle (art.430 du CP). C’est une infraction de conséquence greffée sur une
autre infraction. L’étude du recel des choses prend place nécessairement après celle du vol, de l’escroquerie
et de l’abus de confiance car dans la majorité des cas il a pour origine une de ces trois infractions, d’autres
délits peuvent servir de fondement à un recel : Suppression de correspondance, abus de bien sociaux,
banqueroute frauduleuse, faux en écriture, violation du secret de fabrique, intelligence avec l’ennemi, faux et
corruption passive,…
-Le recel de cadavre qui consiste à cacher le corps d’une personne décédée à la suite d’un homicide, de coups
et blessures (art.353 du CP)
-Le recel de malfaiteur : qui est le fait de cacher un criminel ou de l‘aider à prendre la fuite (art. 47-2 du CP)
Le recel était à l’origine incriminé au titre de la complicité par aide ou assistance, mais très vite l’on s’est
aperçu que ce système présentait des inconvénients, d’abord le receleur complice n’était plus punissable
lorsque le fait principal ayant procuré les choses recelées étaient prescrit or cette prescription était susceptible
d’intervenir rapidement, l’infraction principale étant la plupart du temps un délit instantané. Ensuite la
répression du recel des choses obtenues frauduleusement à l’étranger ne pouvait être assuré au SN, aussi
pour permettre une répression plus efficace, le recel des choses a été érigé en délit distinct (art.430 du CP). Et
la JP en a fait un délit continu pour retarder le point de départ du délai de prescription.
Le recel reste cependant lié à l’infraction d’origine car les choses recelées sont obtenus à l’aide d’un crime ou
d’un délit et les peines du recel dépendent de la gravité de l’infraction préalable. Il se présente comme une
infraction de conséquence qui suppose l’existence d’une infraction préalable. Nous examinerons ses éléments
proprement constitutifs, sa répression ainsi que les autres formes de recel spécifiquement incriminé par le
code.
Si en matière d’abus de confiance, la condition préalable est l’existence d’un contrat, en matière de recel la
condition préalable est une infraction criminelle ou un délit.
Le recel de chose suppose une infraction d’origine commise par un autre que le receleur. Le recel est en effet
inconcevable en l’absence d’une infraction qui l’a précédé. La nature de cette infraction importe peu pourvu
qu’il s’agisse d’un crime ou d’un délit, les contraventions n’étant pas visé par le texte (il n’y a pas d’infraction
de recel quand la chose a été obtenu à l’aide d’une contravention de police).
-L’infraction d’origine doit être un crime ou un délit : L’art.430 du CP incrimine « ceux qui sciemment
auront recelé en tout ou en partie des choses enlevées, détournées, ou obtenues à l’aide d’un crime ou d’un
délit ». Le recel consécutif à une simple contravention n’est donc pas incriminé. Mais il n’y aucune restriction
quant à la nature propre de cette infraction. Il peut s’agir de n’importe quel crime ou délit. On a tendance à
considérer que le recel est toujours le complément d’un vol, alors qu’il s’applique en réalité à la détention de
tout bien provenant de la commission de toutes infractions correctionnelles ou criminelles (escroquerie, abus
de confiance, faux, fausse monnaie, détournement de correspondance, violation du secret professionnel, abus
de bien sociaux, etc.).
La chambre criminelle que le texte incriminant le recel « rédigé en termes généraux, ne distingue pas entre
les différents crimes ou délit à l’origine de l’obtention des choses recelées ». (Crim. 10 juillet 1969 ; Dalloz
1969 Juin P. 546)
-L’infraction d’origine doit avoir été commise par un tiers: Parce que c’est une infraction de
conséquence, le recel ne peut se confondre avec l’infraction d’origine, il y’a en effet incompatibilité entre
l’infraction principale et le recel : Le voleur ne peut être receleur de la chose qu’il a soustraite à la façon dont
l’auteur d’un délit ne peut en être le complice (sous réserve de la complicité corespective des co-auteurs).
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-Nécessité d’une infraction principale : Une juridiction ne peut condamner pour recel sans relever
l’existence de l’infraction d’origine, les juges du fonds doivent préciser la nature exacte de l’infraction
d’origine, ils ne peuvent se contenter de formules imprécises constatant « l’origine frauduleuse des choses
recélées » (Crim. 5 Déc 1946 Gazette du palais 1947 1ere partie P.97).
Conformément aux principes généraux du droit pénal, le recel cesse d’être punissable si les faits d’origine
perdent leur caractères délictueux, il en est ainsi lorsqu’une loi nouvelle abroge une incrimination. Elle
s’applique aux faits commis avant son entrée en vigueur et non encore définitivement jugé (17 Mai 1989
Gazette du palais 1989 P.889). Il en est ainsi également si l’infraction d’origine disparait en raison d’un fait
justificatif, d’une absence d’élément moral ou d’une amnistie qui efface le caractère délictueux des faits qu’il
concerne. Mais si les faits présentent un caractère délictueux, il y’a recel même si l’auteur de l’infraction
d’origine n’a pas encore été condamné ou n’a pas été identifié ou a échappé aux recherches ou a bénéficié de
l’immunité familiale, la même solution s’impose si les faits délictueux ne peuvent plus être l’objet de poursuite
en raison de la prescription de l’infraction d’origine (si une infraction principale, doit bien avoir été
juridiquement commise, peu importe cependant, à la poursuite du recel que l’infraction principale ait été ou
non effectivement punis).
A – Elément matériel
Le recel peut se présenter matériellement sous deux formes : Une réception et une détention.
On entend par chose recelée toute chose mobilière, c.à.d. tout objet susceptible d’être matériellement
soustrait, sa valeur importe peu pour la réalisation du délit (lettre missive, Crim. 10 Février 1929, Sirey de
1929, P.77). La chose recelée peut provenir directement de l’infraction originaire, c’est-à-dire constituer le
produit de l’infraction, Argent, objet d’art, meuble de valeur, bijoux, ou provenir de la cession du produit de
l’infraction (argent provenant de la vente d’une chose volée).
a – La réception
La réception de la chose est souvent juger suffisante par la JP, bien que le recel qui est un délit continue
consiste à détenir plus qu’à recevoir peu importe la forme de la réception : il peut s’agir d’une acquisition
même au juste prix d’une donation, d’une location ou même d’un dépôt dès lors que l’agent connait l’origine
frauduleuse de la chose (Cass. Crim 4 Juin 1942, Dalloz DC 1943, P.34) mais il est indifférent que le receleur
est reçu les objets de l’auteur de l’infraction originaire ou par l’intermédiaire d’un tiers complice ou de bonne
foi. Il doit cependant connaitre l’origine délictueuse du bien.
b – La détention
La détention matérielle de l’objet recelée n’est pas une condition nécessaire à la constitution du délit de recel.
Ainsi, se justifie la condamnation d’un prévenu qui avait accepté que soit expédié au Liban sous son nom et à
son adresse un certain nombre de voiture volée et avait été intéressé à ce trafic sous forme de commission
(Crim. 6 Octobre 1980 ; Dalloz 1981 IR 144). De plus, il n’est pas nécessaire que la chose ait été remise par un
détenteur de mauvaise foi (Cass. Crim 3 Avril 1936, DP 1937 P.94).
D’une manière générale, l’art. 430 du CP s’applique à tous ceux qui, en connaissance, ont par un moyen
quelconque bénéficier du produit d’un crime ou d’un délit.
Ainsi, commet un recel, celui qui, en se faisant transporter dans une voiture qu’il savait voler à bénéficier
personnellement du produit du vol (Cass. Crim 24 Aout 1981, JCP de 1982, 2 e semestre N°19801. Revue de
science criminelle de 1982, P.620) ou le mari qui profite du train de vie luxueux que son épouse assure au
ménage par ses détournements (Cass. Crim 5 juillet 1982)
B – Elément intentionnel
En principe, c’est au MP et aux parties civiles qu’il appartient d’établir l’élément intentionnel du recel (Crim. 16
Mars 1989, Bull N°131).
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Cependant, d’un point de vue pratique, la mauvaise foi du receleur présumé est souvent constituée par des
présomptions de faits, la connaissance s’induisant de constatation souverainement appréciée par les juges du
fond. Les circonstances concrètes de la prise de possession de la chose sont donc déterminantes au regard de
l’existence d’un élément moral de l’infraction : dissimulation, acquisition à bas prix, absence de facture (Crim.
30 Octobre 1962, Bull. N°298), objet de valeur proposé par des vendeurs non professionnels,…
La preuve matérielle de la connaissance d’un fait étant pratiquement impossible à apporter, l’analyse de ces
circonstances aboutit à un renversement de la charge de la preuve : c’est au prévenu auxquelles sont
opposées ces circonstances qu’il appartient d’établir qu’il pouvait raisonnablement ignorer l’origine
frauduleuse des choses qu’on lui proposait ou qu’il utilisait. Le prévenu doit démontrer son innocence (Crim.
19Décembre 1992, DP de 1993, Commentaire 132) or démontrer qu’on ignorait la provenance des objets et
évidemment très difficile.
Lorsque l’on a conservé la chose alors qu’on en apprend l’origine frauduleuse en cours de détention la JP
considère qu’il n’y a pas recel si à l’origine la possession est régulière et la personne de bonne foi (Crim. 24
Novembre 1977, Dalloz 1978, P.42). Le recel n’existe que si la mauvaise foi existe dès la réception de la chose.
Dans le cadre du recel de bonne foi, le réel propriétaire ne peut récupérer son bien qu’après avoir remboursé
le possesseur de bonne foi, il se retournera contre les voleurs.
Lorsque plus de trois ans après le vol, le propriétaire d’un meuble volé en demande la restitution en
concurrence avec l’acheteur de bonne foi, c’est ce dernier qui doit l’emporter (Crim. 30 octobre 1969, JCP
1970, 2e semestre, N°16333).
A – Le recel simple
L’art. 430 du CP qui incrimine le recel renvoi pour sa répression aux dispositions de l’article 370 du CP qui
prévoit un emprisonnement d’un an au moins et de 5 ans au plus et une amende de 20.000 à 200.000 francs,
l’amende peut être élevée jusqu’à attendre la moitié de la valeur des objets recelés (Art.430 al.2 du CP).
Le recel criminel est puni de la peine attaché par la loi au crime et aux circonstances du crime dont il aura eu
connaissance au temps du recel.
Le recel est à la fois un délit distinct de l’infraction d’origine dont la poursuite obéit à des règles spécifiques et
parfois différente de celle du délit d’origine, mais aussi un délit connexe puisque l’existence même du délit de
recel suppose l’existence et l’établissement de l’infraction d’origine. C’est deux critères partiellement
contradictoire ont des conséquences juridiques sur le régime des poursuites.
-Le plus souvent, le recel constituera un délit, la tentative n’est pas prévue par la loi. Par contre, quand le recel
devient criminel en raison de l’infraction d’origine, la tentative est punissable.
-Le recel est un délit continu, ce qui est très efficace pour la répression car la prescription court à compter du
jour où la détention à cesser (la prescription ne court pas, tant que le receleur détient l’objet). Ces règles
peuvent donc conduire à poursuivre le receleur d’une chose obtenu à l’aide d’un vol, l’infraction d’origine
ayant cessé d’être punissable en raison de la prescription tandis que le délit de recel n’est pas atteint par la
dite prescription. La JP va d’ailleurs plus loin en décidant que tous les receleurs successifs d’un même objet
sont considérés comme des coauteurs d’une unique infraction et que la prescription ne commence à courir
pour tous qu’à partir du moment où le dernier d’entre eux s’en ait dessaisi entre les mains d’un possesseur de
bonne foi (Crim. 17 Mai 1939, Gazelle du Palais de 1939, 2 e partie P.182 ; Nancy 24 Mai 1950, Gazette du
Palais de 1959, P.236).
-Du point de vue de la récidive, le recel est assimilé à l’infraction dont provient le bien recelé.
« Quiconque aura recelé ou caché le cadavre d’une personne homicidée ou morte des suites de coups ou
blessures sera puni d’un emprisonnement de six mois à deux ans et d’une amende de 50.000 francs à 150.000
francs sans préjudice de peine plus grave s’il a participé au crime ou au délit ». Ce texte puni la personne qui
entrave la bonne administration de la justice et sanctionne celui qui cherche à assurer l’impunité à l’auteur de
l’homicide en dissimulant la preuve du crime. En punissant l’individu, qui se rend coupable de cette
dissimulation, il veut empêcher qu’on puisse impunément faire disparaitre les traces d’un crime ou d’un délit
et que par là on mette la justice dans l’impossibilité d’être informé de ce fait infractionnelle et d’en recueillir
les preuves.
Le recel de cadavre ne peut être retenu que contre des tiers et non contre l’auteur de blessures mortelles ou
de l’homicide. On considère en effet qu’en dissimulant le corps de sa victime, l’auteur de sa mort parachève
seulement son forfait initial, il est dans la même situation que celui qui pour échapper aux poursuites
camouflerait en suicide le meurtre qu’il vient de commettre ou effacerait les traces matérielles de son geste.
-Premièrement, que le cadavre recelé soit celui d’une personne homicidée c.à.d. victime d’un meurtre ou de
coups mortels volontaires ou involontaires le législateur a entendu ne protéger que les personnes au sens
juridique du terme excluant ainsi le fœtus ou encore l’enfant né avant terme mais non viable ou dont il n’est
pas prouvé qu’il ait vécu (Crim. 21 septembre 1815, Sirey de 1816, 1ere partie ; Crim. 18 juillet 1956, Bull.
N°556).
-Deuxièmement, que le coupable connaissent les circonstances de la mort de la personne dont il recel le
cadavre. Il faut que cette personne ait perdu la vie à la suite d’un fait infractionnelle dont elle a été victime :
Empoisonnement, meurtre, coup mortel ou même homicide par imprudence (Crim. 24 Mai 1855, Dalloz de
1855, 1ere partie P.224, Sirey de 1855 1ere partie, P.624). A contrario l’art.353 du CP est sans application si
l’on fait disparaitre le corps d’une personne décédée de mort naturelle ou le corps d’une personne qui s’est
donné la mort puisque le suicide n’est pas une infraction.
L’élément matériel du délit est constitué par tout acte matériel accompli en connaissance de cause et qui
permet ou tant à permettre la disparition d’une personne homicidée et ce quel que soit le moyen employé y
compris une simple inhumation clandestine.
« Ceux qui (…) auront sciemment recelé une personne qu’il savait avoir commis un crime ou qu’il savait
recherché de ce fait par la justice ou qui auront soustrait, ou tenté de soustraire le criminel à l’arrestation ou
aux recherches ou l’auront aidé à se cacher ou à prendre la fuite seront punis d’un emprisonnement de 2 mois
à 3ans et d’une amende de 25.000 francs à un million de francs ou de l’une de ces deux peines seulement, le
tout sans préjudice des peines plus fortes s’il y échait.
Sont exceptés des dispositions de l’alinéa précédent, les parents ou alliés du criminel jusqu’au 4 e degré
inclusivement. »
On appelle recel de malfaiteur l’attitude d’une personne qui fourni a un individu qu’elle sait coupable d’une
infraction, un asile qui le mettra à l’abri des recherches policières et judiciaires. S’il est des cas où cette
attitude s’inspire de motifs de pitié et d’indulgence, le recel est plus souvent déterminé par un sentiment de
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solidarité qui pousse le receleur à faire front au côté de celui qu’il héberge et cache contre les efforts de
l’autorité pour démasquer et retrouver les auteurs de crimes ou de délits.
Matériellement le recel ne consiste pas seulement à cacher un malfaiteur ou à lui fournir un logement pendant
un certain temps, l’infraction s’entend de tout acte même unique et isolé qui permet à un malfaiteur de se
soustraire aux recherches.
L’art.47 al.2 du CP exige que le logeur sache que le criminel hébergé a « commis un crime » ou est
« recherché de ce fait par la justice »
A – Il est nécessaire que l’individu logé soit l’auteur d’un crime, ce qui exclut l’incrimination de recel en cas de
délit correctionnel même grave. Mais le texte ne requiert pas qu’au jour du recel la culpabilité de l’intéressé ait
été déclaré par une juridiction pénale ni qu’il soit poursuivi judiciairement pour ce fait.
La simple connaissance qu’il a du crime commis pourvu que cette connaissance soit certaine, suffit à rendre le
logeur punissable (Cass. Crim, 2 Mai 1946, Sirey de 1948, 1ere partie, P.57) et il n’est même pas nécessaire
que l’individu hébergé soit condamné avant qu’on puisse frapper celui qui l’a caché. Il n’existe ici aucune
exception préjudicielle au jugement du receleur. Le simple avertissement donné par un policier à un criminel
qu’il était recherché et allé être arrêté est un fait de recel punissable (Cass. Crim, 14 Juin 1951, JCP de 1951, 2 e
partie, N°6425, RSC de 1951 P.665).
Cependant, les mensonges tendant à égarer les enquêteurs et à fournir un alibi au criminel ne constituent pas
un recel au sens de l’art.47 al.2 du CP (CA de Bourges, 16 Février 1950, Dalloz de 1950, P.405, JCP de 1950, 2 e
partie N°5629, RSC de 1950, P.413)
B – Autre hypothèse d’application de l’ar.47 al.2 du CP : A savoir que l’individu que l’on aide est recherché par
la justice pour un fait criminel. Le terme « justice » revêt ici une acception large : Des investigations menées
par la PJ suffisent puisque l’enquête de flagrance et l’enquête préliminaire placée sous l’autorité du PR doivent
être regardées comme des procédures judiciaires. D’un autre coté l’individu déjà condamné et qui d’évade est
un criminel recherché par la justice au sens du texte examiné.
C – L’infraction est intentionnelle : Le receleur doit avoir agi connaissant le caractère criminel de l’activité de
l’individu hébergé ou aidé cette connaissance peut être directe ou personnelle ou provenir seulement des
renseignements donnés par la presse l’intention coupable disparait en cas de contrainte (Crim. 28 Décembre
1900, Sirey de 1903, 1ere partie, P.254).
Sont exemptés de la peine encourue les parents et alliés du criminel jusqu’au 4 e degré inclusivement (art.47
al.3 du CP). Le conjoint est omis de la liste à la suite d’’un oubli législatif que l’interprète doit pouvoir combler.
-Loi n°2004-09 du 6 Février 2004, loi uniforme relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, JORS
n°6154 du samedi 27 mars 2004.
Jusqu’à la promulgation de la Loi n°2004-09 du 6 Février 2004, le terme même de blanchiment n’avait pas
reçu de consécration légale, seule la législation ayant pour objet la répression du trafic de stupéfiants réprime
cette activité (Cf. Loi n°97-18 du 1er décembre 1997 portant code des drogues). La loi n°2004-09 du 06 février
2004 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux est une loi uniforme applicable dans les Etats
membres de l’UEMOA. Défini comme étant le processus qui consiste à dissimuler l’origine frauduleuse des
revenus nés d’activités illicites pour ensuite leur donner une apparence de légalité. Blanchir signifie rendre
propre en matière de criminalité financière, il s’agit de débarrasser de toute salissure et de toute impureté
l’argent sale provenant d’activités illicites. Dans ce domaine on a coutume de penser au trafic de drogue
chaque fois qu’on parle de blanchiment. Toutefois, il est erroné de réduire le blanchiment aux seules activités
de drogue. En réalité le phénomène de blanchiment de fond constitue l’aboutissement de diverses activités
sous-jacentes connues sur le vocable de crimes transnationaux (elles concernent plusieurs pays) organisés,
parmi ceux-ci on peut :
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Encore dénommé Narcotrafic, les sommes générées par le trafic constituent le double du chiffre d’affaire
mondial de l’industrie pharmaceutique, six fois le montant de l’aide officiel accordée aux pays pauvres et le
troisième commerce en importance dans le monde après le pétrole et les produits alimentaires. Pour ce qui est
du trafic de drogue, il faut souligner qu’il se présente chez nous sous deux aspects :
D’une part, avec la drogue dure qu’on rencontre dans les sites touristiques tels que Kafountine, Cap Skirring
(Casamance, SN), Kafountine, la petite côte, et d’autre part avec la culture très intense du chanvre dans les
arrondissements de Diouloulou et Sindian, avec une forte tendance d’expansion. Le premier aspect est
l’œuvre des touristes et des hôteliers sous la complicité de certains autochtones. Reste que dans ce contexte
d’instabilité chronique de plus de trente ans que la rébellion a entamé son combat, le plus vieux conflit du
continent. De nombreux observateurs redoutent une pénétration des narcotrafiquants qui débarquent souvent
des ballots de drogue dure sur l’archipel de Pijagosse, et même à l’aéroport de Osvaldo Vieira (Guinée Bissau)
en provenance des pays de l’Amérique du Sud et plus particulièrement du Venezuela traversant l’Atlantique à
l’aide d’avion biréacteurs. La Guinée Bissau voisine est actuellement gangrénée par la cocaïne. La Casamance
compte tenue de la rébellion offre toute possibilité d’un lieu de stockage et de redistribution ou de transit en
direction du nord.
Le deuxième aspect constitue le phénomène le plus alarmant dans cette région. En effet, la culture, l’usage et
le trafic de cannabis ont pris une allure très inquiétante et sont en fait devenu un véritable fléau. La culture
dans certains villages se fait sous la protection des rebelles du MFDC, qui ayant perdu les privilèges dont ils
bénéficiaient, ont optés pour la culture et le trafic de cannabis comme seule source de revenus. La majeure
partie des armes du MFDC provient du produit de vente du chanvre indien. Le transport de cette drogue
s’effectue surtout par voie maritime ou fluviale à bord de pirogues pour être ventilé à l’intérieur du pays ou
dans les pays de la sous-région. Ces pirogues livrent parfois leurs cargaisons à des bateaux qui mouillent au
large des côtes sénégalaises. L’entêtement des producteurs de ce stupéfiant malgré les multiples actions des
forces de sécurité, démontre l’intérêt qui découle de cette activité qui ipso facto consolide la thèse d’une forte
implication de grands boursiers (individu qui finance). Un autre front mérite le renforcement de la lutte contre
le trafic illicite de stupéfiants, c’est le corridor Dakar-Bamako qui doit demeurer également plus que jamais un
préoccupation des forces de sécurité dans le cadre de leur mission de sécurisation des frontières de protection
de l’économie nationale et de la santé de la population.
-La corruption :
C’est la perversion ou le détournement d’un processus dans le dessein pour le corrupteur d’obtenir des
avantages ou des prorogations particulières et le corrompu d’obtenir une rétribution en échange de sa
bienveillance.
-La contrefaçon :
C’est la violation du droit de propriété intellectuelle par le fait de reproduire ou d’imiter quelque chose sans en
avoir le droit ou en laissant présumé que la copie est authentique. Actuellement, l’ordre du jour dans le milieu
commerçant et bancaire continue d’être la circulation de faux billets qui constitue un défi qui semble devoir
être relevé vaille que vaille, car l’ampleur de la contrefaçon mais aussi surtout l’audace avec laquelle les
fraudeurs mènent leurs actions. Ces derniers, connaissent jusqu’aux moyens de détection du faux employé
par les banques, ils n’utilisent leurs trafics qu’aux endroits où les faux billets euro ou dollars en général
échappent facilement à la machine et au crayon (Money Detective) annihilant toute tentative de détection. En
moyenne au SN, les banques et structures financières de proximité reçoivent 5 à 10 billets de ce type par mois
et plus pour le CFA.
Estimé à plusieurs millions de dollars par an et l’Afrique constitue le marché le plus rentable. Au SN, la
situation conflictuelle qui prévaut dans cette partie méridionale du pays entraine un trafic intense en tant que
phénomène corolaire et inévitable. Ce fait qui surgit dans toutes les localités en situation de guerre n’a pas
épargné la région du Sud. Le trafic créé la criminalité, la corruption, la violence, et gangrène tous les milieux.
En effet, un trafic intense d’arme s’effectue au profit du MFDC. La plaque tournante de ce commerce est la
Gambie, pays par lequel transite armes et munition qui sont ensuite ventilées par les pirogues qui empruntent
les multiples bolongs (zone en Casamance, touffu au sein des marais) que compte la région. Les saisies
effectuées sur le terrain à l’occasion des différentes opérations militaires ont permis de constater que la
plupart de ses armes étaient d’origine soviétique, tchèque, espagnole et chinoise beaucoup de véhicules,
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motos appartenant à des particuliers ou service volés par les maquisards pendant les braquages circulent
librement en Gambie, ils sont ensuite immatriculés à nouveau sous la complicité des services de
l’administration chargée du transport puis utilisé soit pour le transport de marchandises ou revendus, mais
dans tous les cas l’argent est au compte du MFDC le régime gambien n’est pas coopératif dans la gestion du
conflit de Casamance.
Elle permet d’éluder le paiement des droits et taxes applicables dans un Etat et de contourner les mesures de
prohibitions. Elle s’entend au sens large et couvre des domaines variés, parfois pris en charge par d’autres
conventions plus spécifiques : La sous-facturation, La surfacturation, les fausses déclarations d’origine, le trafic
des véhicules volés, le détournement des marchandises, etc.
De nombreux actes criminels visant à générer des bénéfices pour l’individu ou le groupe qui les commet. Le
blanchiment de capitaux consiste à retraiter ces produits d’origine criminelle pour en masquer l’origine
illégale. Ce processus revêt une importance essentielle puisqu’il permet aux criminels de profiter de ses
bénéfices tout en protégeant leurs sources. Les ventes illégales d’armes, la contrebande et les activités de la
criminalité organisée notamment le trafic de stupéfiant et les réseaux de prostitutions peuvent générer des
sommes énormes. L’escroquerie, les délits d’initiés, la corruption ou la fraude informatique permet aussi de
dégager des bénéfices important ce qui incitent les délinquants à « légitimer » ces biens mal acquis grâce au
blanchiment de capitaux.
En effet, lorsqu’une activité criminelle génère des bénéfices substantiels, l’individu ou le groupe incriminé doit
trouver un moyen de contrôler les fonds sans attirer l’attention sur son activité criminelle ou sur les personnes
impliquées. Les criminels s’emploient donc à masquer les sources en agissant sur la forme que revêtent les
fonds ou en les déplaçant vers des lieux où ils risquent moins d’attirer l’attention. Face aux préoccupations
croissantes, que suscite le blanchiment de capitaux, les Etats membres de l’UEMOA ont adopté une loi
uniforme pour lutter efficacement contre le blanchiment de l’argent illicite. Les mécanismes de blanchiment de
capitaux à grande échelle comportent invariablement des éléments transnationaux. Comme le blanchiment de
capitaux est un fléau international la coopération internationale est une nécessité impérieuse pour le
combattre. Des organisations internationales comme l’ONU ou la Banque des Règlements Internationaux ont
pris les premières mesures à la fin des années 1980 pour s’attaquer à ce problème. A la suite de la création du
GAFI (Groupe d’Action Financière sur le Blanchiment de capitaux) en 19… Des groupements régionaux (l’UE, le
Conseil de l’Europe, l’Organisation des Etats américains, pour n’en citer que quelques-uns ont défini des
normes anti-blanchiment à l’intention des pays membres de ces organisations.
C’est dans cette mouvance qu’il faut situer la loi uniforme de l’UEMOA (le GAFI est un organisme
multidisciplinaire qui rassemble en son sein la capacité des experts juridiques, financiers ou opérationnels
délégués par ses membres à orienter l’action des pouvoirs publics. Le GAFI procède au suivi des progrès
réalisés par ses membres dans l’application des mesures de lutte contre le blanchiment de capitaux).
De même que le recel suppose une infraction préalable, le blanchiment suppose l’existence préalable d’un
crime ou d’un délit quel qu’il soit. Le blanchiment du produit de n’importe quel délit ou crime peut donc être
poursuivi. La répression du blanchiment de l’argent ayant une provenance illicite a été limitée dans un premier
temps aux seules opérations portant sur le produit du trafic de stupéfiant (Cf. Loi n°97-18 du 1 er Décembre
1997 portant code des drogues). Désormais, la loi n°2004-09 procède à une extension de l’incrimination. En
principe, il s’agit de réprimer le recyclage financier des produits d’infraction de nature à apporter des produits
financiers importants : Corruption, proxénétisme, extorsion de fond, fausse monnaie, trafic d’arme, trafic
d’œuvre d’art,…
Les diverses infractions de blanchiment de capitaux peuvent consister en : (Art.2 Loi 2004-09 du 06 Février
2004)
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a- La conversion, le transfert ou la manipulation de biens dont l’auteur sait qu’ils proviennent d’un crime ou
d’un délit, ou d’une participation à ce crime ou délit dans le but de dissimuler ou de déguiser l’origine illicite
des-dit biens ou d’aider toute personne impliquer dans la commission de ce crime ou délit à échapper aux
conséquences judiciaires de ses actes.
c- L’acquisition, la détention ou l’utilisation de biens dont l’auteur sait au moment de la réception des-dit biens
qu’ils proviennent d’un crime ou d’un délit ou d’une participation à ce crime ou délit.
Il y’a blanchiment de capitaux même si les faits qui sont à l’origine de l’acquisition, de la détention et du
transfert de biens à blanchir sont commis sur le territoire d’un autre Etats membres ou su celui d’un Etat tiers
(Art.2 in fine).
L’art.3 de la loi précitée incrimine l’entente, l’association, la tentative de complicité en vue du blanchiment de
capitaux.
Ainsi, constitue également une infraction de blanchiment de capitaux, l’entente ou la participation à une
association en vue de la commission d’un fait constitutif de blanchiment de capitaux. L’association, pour
commettre les-dit faits, les tentatives de la perpétrer, l’aide, l’incitation ou le conseil à une personne physique
ou morale en vue de l’exécuter où d’en faciliter l’exécution. Le législateur fait preuve d’une grande sévérité
dans la définition de l’infraction.
Il convient également de noter que le code de drogues en reprenant à l’art.102 les dispositions de la
convention des Nations Unies contre le trafic illicite des stupéfiants et de substances psychotropes
notamment la formule de l’art.3 répond ainsi à la recommandation de cet organisme international visant à
conférer le caractère d’infraction pénal au blanchiment de l’argent de la drogue par l’incrimination de diverses
opérations qui y contribuent et par la mise en place de mécanisme de nature à renforcer l’efficacité de la lutte
contre cette délinquance dont l’ampleur s’accroit en rapport direct avec la financiarisation de plus en plus
marquée des économies et la globalisation propice à la diversification des échanges internationaux. Les
infractions de blanchiment de l’argent de la drogue peuvent consister en :
-La facilitation de la justification mensongère de l’origine de l’argent de la drogue par des opérations de
transfert ou de conversion ou des opérations quelconques visant à dissimuler ou déguiser l’origine illicite de
ressources ou de biens.
-Le concours apporté à la personne impliquée dans la commission de l’une de ces infractions pour échapper
aux conséquences judiciaires de ses actes.
b- La conversion consiste en une transformation, soit d’espèce fiduciaire (billet de banque provenant
directement du trafic de drogue), en monnaie scripturale (chèque, billet à ordre, etc.) ou en d’autres biens
mobiliers (œuvres d’art, bijoux de valeur, etc.) ou immobiliers.
Les actes qui ne s’analysent ni par transfert, ni en conversion mais qui concourt à la dissimulation de l’origine
illicite de biens et ressources par l’occultation de la nature, de l’origine, de l’emplacement, de la disposition,
du mouvement ou de la propriété des biens et ressources aux droits y afférant peuvent également être
considéré comme élément matériel de l’infraction (Cette forme d’incrimination, vise particulièrement les
professionnels comme les banquiers, et les notaires qui sont amenés à intervenir dans l’opération de
blanchiment).
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Selon une typologie, élaborée par le GAFI et admise par la plupart des auteurs, les opérations de blanchiment
se déroulent en trois phases : Le placement, l’empilage et l’intégration.
Premièrement, le placement est l’opération initiale par laquelle s’effectue la conversion de sommes d’argent
liquide dérivant d’une activité criminelle, en d’autres formes de paiement ou leur intégration dans les circuits
financiers notamment par le dépôt sur un ou des comptes bancaires. C’est la phase du blanchiment la plus
délicate pour le trafiquant ou l’organisation criminelle car la plus facile à détecter par les services de
répression ou les banquiers avertis.
Deuxièmement, l’empilage qui consiste à multiplier les opérations financières ou comptables les plus
complexes pour dissimuler l’origine criminelle des biens (et donc de leur donner une apparence légale). Ainsi
que de couper fictivement le lien avec l’organisation criminelle qui en a le contrôle. L’imagination des
criminelles, appuyée par des hommes de lois et des experts financiers avisés n’a pas de limites. Cette phase
de blanchiment, passe le plus souvent par des relations circulaires entre sociétés écrans formées pour la
circonstance, jouant sur l’opacité du droit des sociétés.
Enfin, l’intégration est l’étape de l’investissement des capitaux blanchis dans des activités parfaitement
légales, notamment dans le secteur de l’économie a for ratio de paiement en liquide (Casino, restaurant, hôtel)
l’investissement dans ces secteurs d’activité permet de « boucler la boucle » en offrant des supports
commerciaux qui peuvent être utilisés à leurs tour pour prélever l’argent sale en mélangeant les revenus
licites de l’activité du crime qui apparaissent alors comme étant un produit de l’activité légale.
L’élément moral réside en la connaissance de l’origine illicite des ressources ou de la claire conscience
d’accomplir des actes de nature à occulter celle-ci. Il n’est pas nécessaire de connaitre la nature des
infractions ni les circonstances de leurs émissions. Le blanchiment est une infraction intentionnelle qui
implique donc que l’auteur ait eu connaissance de l’origine frauduleuse des fonds. Le juge pénal sera là encore
sévère à l’encontre des professionnels qui pourront difficilement prétendre ignorer la provenance frauduleuse,
notamment lorsque l’opération financière est inhabituelle. Le blanchiment n’est pas un délit d’imprudence ou
de négligence. L’infraction suppose seulement que le coupable sait que la personne dont il justifie
mensongèrement l’origine des ressources a commis un délit elle a tiré profit. On peut augurer que comme
dans le cas du recel, la JP n’exigera pas qu’on établisse que le coupable connaissait les circonstances exactes,
la nature ou la qualification du crime ou du délit.
Le blanchiment sanctionne des délits intentionnels dans la première forme, l’intention suppose seulement que
le coupable sait que la personne dont il justifie mensongèrement les revenus a commis un crime ou un délit
dont elle a tiré profit. Dans la seconde forme, elle suppose que le coupable sait que l’opération de blanchiment
porte sur des sommes qui proviennent d’un crime ou d’un délit.
Les transactions relatives au blanchiment passent par des circuits qui se situent en dehors du champ habituel
des services de répression. La détection des transactions illicites devenant ainsi particulièrement difficile. Elle
passe nécessairement par une collaboration et un échange d’information entre secteurs financiers et autorités
chargés des poursuites. Sans cette collaboration, il n’y a que peu de chances que les opérations de
blanchiment ne puissent jamais être connues, puisqu’elles sont par essence occultes. Mais, même en
permettant l’accès des services de répression à cette information, ceux-ci ne seraient pas pour autant en
mesure d’identifier dans la masse d’information que représentent les transactions financières journalières d’un
établissement du secteur financier les opérations douteuses ou qui recèlent des activités de blanchiment. Ceci
est d’autant plus vrai que le caractère douteux de la transaction ne résulte pas le plus souvent de caractère
intrinsèque à la transaction elle-même, mais d’élément extérieur à celle-ci.
Un système de déclaration a donc été mis en place dans la plupart des législations qui oblige le professionnel
soumit à cette obligation d’informer l’autorité désigné par la loi des opérations qui lui paraissent pouvoir être
liées à une opération de blanchiment. C’est le système de la déclaration de soupçons qui a été
progressivement adopté par la plupart des Etats. Il institue le professionnel du secteur financier et bancaire en
une sorte de filtre chargé de faire le tri entre les opérations économiquement justifiées et celles liées aux
activités d’une organisation criminelle. Le banquier notamment, par la connaissance de sa clientèle et des
milieux économiques et financiers dispose d’élément de détection qui vont au-delà des critères formels qui
peuvent caractériser une opération suspecte. Cela est d’autant plus important qu’il n’existe la plupart du
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temps entre une opération de blanchiment et une opération légale aucune différence dans la manière dont
cette opération est réalisée.
Aux termes de l’article 134 du Code des Drogues, dès qu’il apparait que des sommes d’argent ou opérations
portant sur ces sommes sont susceptibles de provenir d’infractions en matière de drogue même si l’opération
dont il était impossible de différer l’exécution a déjà été réalisée, les personnes concernées sont tenues le cas
échéant d’informer le procureur de la République.
De même, aux termes de l’article 26 de la loi relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux, il y’a
obligation de la déclaration des opérations suspectes au CENTIF (Cellule National de Traitement des
Informations Financières). Cette structure est placée sous la tutelle du Ministre chargé des Finances.
A – Personnes concernées par les déclarations portant sur des opérations suspectes
a- Celles qui dans l’exercice de leur profession, réalisent, contrôlent ou conseillent des opérations entrainant
des mouvements de capitaux.
b- Les dirigeants des établissements bancaires et financiers publiques et privées, des services chargés de la
poste, des sociétés d’assurances, des mutuelles de crédit et d’épargne.
c- Les commerçants changeurs manuels, les préposés de ces personnes sont tenus de les informer lorsqu’ils
ont connaissance de ces opérations. Une fois saisi, le PR peut dans le délai d’exécution de l’opération donner
l’ordre de bloquer les fonds, comptes et titres (Art.135 du Code des drogues).
L’art.26 d la loi relative au blanchiment des capitaux impose l’obligation de déclaration des opérations
suspectes aux personnes morales ou physiques qui dans le cadre de sa profession réalise, contrôle des
opérations entrainant des dépôt, des échanges, des placements, des conversions ou tout autre mouvement de
capitaux à savoir :
a- Le trésor public
b- La BCAO
d- Les membres des professions juridiques, indépendantes lorsqu’ils représentent ou assistent des clients en
dehors de toutes procédures judiciaires, notamment dans le cadres des activités suivantes :
-Les marchands d’article de grandes valeurs (Tableaux, masques, pierres et métaux précieux)
-Les propriétaires, les directeurs et gérants de casino et d’établissement de jeux y compris les loteries
nationales.
-Les ONG
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Cette longue énumération témoigne de la volonté du législateur de s’assurer dans la traque aux blanchisseurs
de capitaux, le concours de toutes les personnes physiques ou morales gravitant autour du maniement des
fonds. L’information donnée, ces personnes sont exemptes de toutes poursuites pour blanchiment sauf
concert frauduleux avec les propriétaires des fonds ou l’auteur de l’opération. En outre, aucune violation du
secret professionnel ne peut leur être reprochée même si l’opération signalée de bonne foi s’est révélé
régulière (Art.136 du Code des drogues, Art.30 de la loi uniforme sur le blanchiment des capitaux). Le défaut
d’information des dirigeants par les préposés ci-dessus indiqué est puni d’une peine d’emprisonnement de
trois mois à un an et d’une amende de 100.000 à 1.000.000 (art.137 du code des drogues)
La révélation des mesures prises ou des informations données est puni des mêmes peines (idem article). Par
contre, l’art.40 de la loi contre le blanchiment de capitaux puni d’une peine de 6 mois à 2 ans et d’une
amende de 100.000 à 1.500.000 ou de l’une de ses deux peines seulement. Les personnes et dirigeants ou
préposés des personnes physiques ou morales citées à l’art.5 lorsque ces derniers auront intentionnellement :
-Fait au propriétaire des sommes ou à l’auteur des opérations visées à l’art.5, des révélations sur la
déclaration qu’ils sont tenus de faire ou sur les suites qui leurs ont été réservé (art.40 premier de la loi
uniforme)
-Informé par tout moyen, le ou les personnes visées par l’enquête menées pour les faits de blanchiment de
capitaux dont il aurait en connaissances en raison de leur profession ou de leur fonction (art.40
quatrièmement de la loi uniforme)
-Omis de procéder à la déclaration de soupçon à l’art.17 alors que les circonstances amenaient à déduire que
les personnes d’argent pouvaient provenir d’une infraction de blanchiment et capitaux tel que défunt aux
art.223 sont puni d’une amende de 50.000 à 750.000 francs les personnes et dirigeants ou préposé, des
personnes physiques ou morales visées à l’art.5 lorsque ces dernières auront non intentionnellement :
-Contrevenu aux dispositions des art.6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13 et 26 de la présente loi.
Des mesures destinées à empêcher le blanchiment d’argent porte principalement sur l’identification précise
des donneurs d’ordre et la limitation de certaines transactions qui sont le vecteur du blanchiment.
-L’identification des clients (art 7, 8 et 9 de la loi uniforme) est imposée aux professionnels du secteur bancaire
mais aussi à ceux du secteur financier non bancaire comme les agents de change et de plus en plus égale à
d’autres secteurs d’activité spécialement ciblé par les blanchisseurs comme les compagnies d’assurance, les
agents immobiliers, les vendeurs d’objet d’art ou d’objet de luxe.
-La surveillance particulière de certaines opérations (art.10 de la loi uniforme…), il en est ainsi :
*De tout paiement en espèce ou partie au porteur d’une somme d’argent effectuée dans les conditions
normales dont le montant unitaire ou totale est supérieur ou égale à 50.000.000
*De toute opération portant sur une somme supérieure ou égale à 10.000.000 effectué dans des conditions
inhabituelles de complexité et/ou ne paraissant pas avoir des justifications économiques ou d’objet licite
Dans de pareilles situations les organismes financiers et assimilés sont tenus de se renseigner auprès du client
par tout moyen sur l’origine et la destination des sommes d’argent en cause ainsi que sur l’objet de la
transaction et l’identité des personnes impliquées. Les informations recueillies sont consignées dans un
registre confidentiel en vue de procéder à des rapprochements en cas de besoin ces mêmes personnes sont
également soumises à l’obligation de conserver les documents relatifs à la transaction et à l’identification du
client afin de permettre des enquêtes ultérieures, ces documents doivent être conservés pendant 10 ans à
compter de la fin de l’exercice en cours duquel les opérations ont été réalisé (art.11 de la loi uniforme).
Les pièces de document que les organismes financiers doivent conserver sont communiquées sur leur
demande aux autorités judiciaires, aux agents de l’Etat chargé de la détection et de la répression des
infractions liées au blanchiment de capitaux, agissant dans le cadre d’un mandat judiciaire, aux autorités de
contrôle ainsi qu’à la CENTIF (Art.12 loi uniforme). Cette obligation a pour but de permettre la reconstitution de
l’ensemble des transactions réalisées par une personne physique ou morale et qui sont liés à une opération
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ayant fait l’objet d’une déclaration de soupçon et dont les caractéristiques ont été consigné sur le registre
confidentiel prévu à l’art.10 al.2.
Afin d'établir la preuve de l'infraction d'origine et la preuve des infractions liées au blanchiment de capitaux, le
juge d'instruction peut ordonner la surveillance des comptes bancaires, l'accès à des serveurs, systèmes et
réseaux informatiques utilisés ou susceptibles d'être utilisés par des personnes contre lesquelles existent des
indices sérieux de participation à l’infraction d’origine ou aux opérations de blanchiment. La communication
d’acte authentique ou sous seing privé, de documents bancaires financiers et commerciaux couverts par le
secret bancaire. Ces documents peuvent faire l’objet d’une saisie (Art.33 et 34 de la loi uniforme).
Ces obligations imposées aux professionnels de la finance constituent une dérogation au secret professionnel
auquel ils sont soumis. Aucune poursuite ne peut être engagée sur le fondement de l’art.363 du CP contre les
dirigeants ou préposés qui auront de bonne foi effectuée une déclaration même si les enquêtes ou décisions
judiciaires ultérieures révèlent qu’elle est sans fondement. (Art.30 al 2 et 3 de la loi uniforme).
De même, aucune action en responsabilité civile ne peut être intentée à l’encontre des déclarations, il y’a
substitution de la responsabilité de l’Etat dans le cas où les personnes visées par la déclaration subissent un
préjudice (Art.30 al.3 et Art.31 de la loi uniforme).
Les incriminations contenues dans la loi uniforme relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux visent
l’ensemble des infractions pénales. L’arsenal des moyens de lutte contre le blanchiment peut être utilisé
contre les infractions de toutes natures, économiques, fiscales ou ayant générés des profits illicites. Les
sanctions prévues par loi uniforme frappent aussi bien les personnes physiques que les personnes morales
liées au blanchiment de capitaux.
Les personnes physiques coupables d’une infraction de blanchiment de capitaux sont punies d’un
emprisonnement de trois à sept ans et d’une amende égale au triple de la valeur des biens ou des fonds sur
lesquels ont porté les opérations de blanchiment (Art.37 & 38 de la loi uniforme).
Les peines prévues à l’art.37 de la loi uniforme (emprisonnement de 3 à 7 ans et amende égale au triple de la
valeur des biens ou des fonds sur lesquels ont porté les opérations de blanchiment) sont portées au double
(c.à.d. 6 à 14 ans d’emprisonnement et amende égal au sextuple de la valeur des biens ou des fonds sur
lesquelles ont portés les opérations de blanchiment).
-Lorsque l’infraction de blanchiment de capitaux est commise de façon habituelle où en utilisant les facilités
que procure l’exercice d’une activité professionnelle
-Lorsque l’auteur de l’infraction est en état de récidive (les condamnations prononcées à l’étranger sont prises
en compte pour établir la récidive)
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-Lorsque le crime ou le délit dont proviennent les biens ou les fonds est lui-même puni d’une peine privative de
liberté supérieure (à celle du blanchiment prévu à l’article 37 de la LU) le blanchiment est puni des peines
attachées à l’infraction dont l’auteur du blanchiment a eu connaissance, voir des peines aux circonstances
aggravantes si l’auteur en a eu connaissance (Art.39-2 de la LU)
Les peines complémentaires sont des peines susceptibles de s’ajouter à la peine principale prononcée tant en
matière criminelle, correctionnelle et contraventionnelle dès lors que le texte de l’incrimination le prévoit.
L’objectif du législateur est lors de la rédaction de la rédaction du texte d’une incrimination d’adapter au
maximum la sanction au comportement incriminé. Ces peines complémentaires sont de nature extrêmement
diverses et leurs nombres va en augmentant.
Premièrement, l’interdiction définitive du territoire nationale pour une durée de 1 à 5ans de tout étranger
condamné.
Deuxièmement, l’interdiction de séjour pour une durée de 1 à 5 ans dans une ou des circonscriptions
administratives.
Troisièmement, l’interdiction de quitter le territoire national et le retrait du passeport pour une durée de 6
mois à 3 ans.
Quatrièmement, l’interdiction des droits civiques, civiles et de famille pour une durée de 6 mois à 3 ans.
Cinquièmement, l’interdiction de conduire des engins à moteur terrestre, marin et aérien et le retrait des
permis ou licences pour une durée de trois à six ans.
L’interdiction d’émettre des chèques autres que ceux qui permettent le retrait de fonds par le tireur au prêt du
tiré ou ceux qui sont certifiés et d’utiliser des cartes de paiement entre 3 à 6 ans.
Huitièmement, l’interdiction de détenir ou de porter une arme soumise à autorisation pendant 3 à 6 ans.
Dixièmement, la confiscation du bien ou de la chose qui a servi ou était destiné à commettre l’infraction ou de
la chose qui en est le produit à l’exception des objets susceptibles de restitution.
Les personnes morales peuvent être déclarées pénalement responsables. Des peines spécifiques sont
encourues.
A – Peines principales
Les personnes morales coupables de blanchiment de capitaux ou de l’une des infractions prévues par la loi
uniforme sont punies d’une amende d’’un taux égal au quintuple de celles encourues par les personnes
physiques sans préjudice de la condamnation de ces dernières comme auteurs ou complices des mêmes faits.
B – Peines complémentaires
Les personnes morales peuvent en outre être condamné à l’une ou plusieurs des peines suivantes :
Premièrement : L’exclusion des marchés publics à titre définitif pour une durée de 5 ans au plus.
Deuxièmement : La confiscation du bien qui a servi ou qui était destiné à commettre l’infraction ou du bien qui
en est le produit
Troisièmement : Le placement sous surveillance judiciaire pour une durée de 5 ans au plus.
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Quatrièmement : L’interdiction à titre définitif ou pour une durée de 5 ans d’exercer directement ou
indirectement une ou plusieurs activités professionnelles ou sociales à l’occasion de laquelle l’infraction a été
commise.
Cinquièmement : La fermeture définitive ou pour une durée de cinq ans de l’établissement ou de l’un des
établissements de l’entreprise ayant servi à commettre les faits incriminés.
Sixièmement : La dissolution lorsqu’elles ont été créés pour commettre les faits incriminés.
Septièmement : L’affichage de la décision prononcée ou la diffusion de celle-ci par la presse écrite ou par tout
moyen de communication audiovisuelle de la personne morale condamnée.
L’art. 45 de la loi uniforme prévoit la confiscation obligatoire des produits tirés du blanchiment qu’il s’agisse
des actes commis par des personnes physiques ou des personnes morales (c’est une peine complémentaire
obligatoire).
Les mesures de confiscation sont le prolongement naturel des mesures de répression du blanchiment. La loi
prévoit la confiscation des biens et objets ayant servi à la commission de l’infraction mais aussi des produits
de l’infraction même lorsqu’ils ont été transformés en d’autres biens ou mélangés à des biens légitimes ainsi
que des revenus tirés de ces produits.
Paragraphe 3 : La lutte contre les blanchiments des capitaux et la coopération répressive internationale
La lutte contre le blanchiment des capitaux ne saurait être circonscrite aux seules limites du territoire national.
Il s’agit d’un fléau international, d’une criminalité transfrontalière, qu’on ne peut combattre en vase clos d’où
l’importance d’une coopération répressive internationale. La loi uniforme a tenu compte de cette exigence tant
au niveau de la qualification des faits délictueux, qu’au niveau de la coopération répressive internationale.
Ainsi, selon les dispositions de l’art.46 de la loi uniforme « L’infraction commune dans l’un des pays de
l’UEMOA est considéré comme ayant été commise au SN » (Cette disposition est une dérogation au principe de
la territorialité des lois pénales) de même l’infraction commise dans un Etat tiers auquel le SN est lié par une
convention internationale est considéré comme ayant été commise au SN. L’art. 48 de la loi uniforme prévoit
des cas de refus de poursuite lorsqu’il y’a eu prescription de l’action publique ou lorsqu’on est en face d’une
décision définitive.
Trois catégories de personnes peuvent théoriquement se trouver impliquer dans une affaire de trafic de
fonction publique : De là trois incriminations possibles
a- La corruption passive : c’est le fait du fonctionnaire qui se laisse acheter soit pour accomplir un acte de sa
fonction, soit pour s’en abstenir.
b- La corruption active : à l’inverse, c’est celle commise par l’administré ou le justiciable qui rémunère la
complaisance du fonctionnaire.
c- Le trafic d’influence : c’est le fait d’un tiers qui sollicite ou reçoit des offres, promesses, dons ou présents
pour obtenir ou tenter d’obtenir auprès d’un dépositaire de l’autorité public en abusant ainsi d’une influence
réelle ou supposé la faveur attendue par l’auteur de la rétribution.
A- Qualité de l’agent
Sont susceptibles d’être condamnés pour corruption passive, les personnes comprises dans l’une ou l’autre
des catégories visées par l’art.159 du Code pénal.
L’art.159 premièrement du code pénal incrimine du délit de corruption passive quiconque est :
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-Soit à l’origine d’un mandat électif, Ex : Un député ou un maire ou un agent d’une administration placée sous
le contrôle de la puissance publique.
-Soit un fonctionnaire public de l’ordre ou administratif ou judiciaire sans qu’il y ait lieu de distinguer entre les
fonctionnaires des administrations centrales et ceux des collectivités locales même entre les juridictions de
droit commun pour l’exception.
-Soit militaire ou assimilé sans distinction de grade : Le militaire de réserve durant sa présence sous le
drapeau traité comme le militaire de carrière.
-Soit un citoyen chargé d’un ministère de service public. Exemple, coopérative bénéficiant du soutien de l'Etat
ou d'une collectivité publique, association ou fondation reconnu d'utilité publique, officier ministériel, le texte
vise tous les agents de SP quel que soit leur statut.
b- expert et arbitre
L’art 159 deuxièmement du CP incrimine les experts et arbitres nommés soit par le tribunal soit par les
parties.
c- Médecins et assimilés
L’art 159 troisièmement vise les médecins chirurgiens, dentistes, sage-femme en délivrance de faux certificats
médicaux.
Quatrièmement l’art.159 troisièmement incrimine les employés ou préposés salariés ou rémunérés sous une
forme quelconque. La formule « commis, employés ou préposés, salariés ou rémunérés sous une forme
quelconque » est très large. Pratiquement, elle vise toute personne attaché à une entreprise privée ou par un
particulier par un lien de subordination sans qu’il soit nécessaire de constater l’existence d’un contrat de
travail : un simple mandat suffit s’il comporte une rémunération sous une forme quelconque. Peu importe, en
outre, le caractère plus ou moins permanent du lien de subordination existant entre la personne corrompu et
son patron.
B – Elément matériel
La corruption passive aux termes de l’art.159 al.1 du CP est le fait de quiconque aura sollicité ou agréé des
offres ou promesses, sollicité ou reçu des dons ou présent, …
1 – Nature de l’objet
Le texte vise toutes les formes de rémunération en usage dans le commerce ou dans la vie courante peu
importe qu’il s’agisse de rémunération directe ou indirecte (offre ou promesse). Peu importe qu’il s’agisse de
rémunération en nature, en espèce (dons, présents) ou sous la forme de commission, escompte, prime ou
encore des prêts d’argent ou de paiement d’une dette.
2 – Nature de l’acte
L’acte coupable peut se présenter de l’une ou l’autre, de deux façons, toutes deux également punissable.
a- La sollicitation qui suppose que l’agent ait pris l’initiative de l’acte consomme le délit même si elle n’est pas
suivie du consentement de la personne sollicitée. A cet égard, la corruption passive par sollicitation apparait
comme un délit formel caractérisé quel que soit les faits produits (la tentative se confondant avec le délit
consommé).
b- L’acceptation qui implique à la différence de la sollicitation un accord de volonté consomme l’infraction dès
qu’elle est consentie quel que soit les résultats. Il importe peu que le coupable s’abstienne ensuite de tenir sa
promesse librement ou en raison de circonstances indépendantes de sa volonté.
3 – L’intention coupable
Seule l’acceptation ou la sollicitation intentionnelle tombe sous le coup de la loi. L’agent n’est punissable que
s’il est conscient de l’acte de complaisance qu’on lui demande d’accomplir en contrepartie de l’avantage qu’il
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accepte ou sollicite. Aussi, exige-t-on que la sollicitation ou acceptation donc l’acte de corruption précède
l’acte de complaisance, but de la corruption.
C – But de la corruption
L’acte de complaisance que la corruption a pour but d’obtenir est largement défini par la loi à un double point
de vue. Il s’agit d’un acte compris dans la fonction ou facilité par elle.
1 - Acte ou abstention : La corruption passive suppose que l’acceptation ou sollicitation d’un don ou d’une
promesse est commise pour faire ou s’abstenir de faire un acte de ses fonctions ou de son emploi. La
corruption peut donc avoir pour but soit un acte positif, soit une abstention.
2 – Acte compris dans la fonction ou simplement facilité par elle : Exemple : violation du secret
professionnel pour l’agent d’un service public ; La rupture injustifiée d’un contrat de travail ; Les indiscrétions
commises au profit de maison concurrente (espionnage commercial, les noms et adresses des clients, le
volume des commandes ou l’importance de la production). Il importe peu en outre que l’acte ou l’abstention
porte un préjudice à ‘employeur, le préjudice n’étant pas un élément du délit.
A – La corruption active
C’est celle par laquelle un tiers tente d’obtenir d’un fonctionnaire qu’il accomplisse ou retarde ou s’abstienne
d’accomplir ou de retarder un acte de sa fonction ou d’un acte facilité par elle (art.161 du CP). Le tiers auteur
de la corruption active est le corrupteur, le fonctionnaire auteur de la corruption passive est le corrompu.
La corruption active réprimée par l’article 161 du Code pénal vise celui qui agit en vue de se procurer à lui-
même l’avantage que peut accorder ou consentir autrui.
a- Domaine d’application
le domaine d’application de la corruption active est défini par ceux de la corruption passive et du trafic
d’influence : il s’agit du fait de toute personne qui pour obtenir soit l’accomplissement ou l’abstention d’un
acte soit une des faveurs ou avantages prévus aux articles 159 du CP (corruption passive) et 160 du CP (trafic
d’influence). Aura user de voies de faits ou menaces, de promesses, offres, dons ou présents ou céder à des
sollicitations tendant à la corruption même s’il n’en a pas pris l’initiative et même si la contrainte ou la
corruption n’a pas produit son effet.
b- Acte matériel
L’acte matériel par lequel se consomme la corruption active est défini par la loi à un double point de vue :
Quant à la nature de l’acte et quant aux résultats de l’acte.
1 – La nature de l’acte
-User de voies de fait ou de menaces (contrainte) ou de promesse, offre, dons ou présents (corruption
proprement dite).
-Céder à des sollicitations tendant à la corruption lorsque l’initiative a été prise par autrui (Cf. Corruption
passive lorsque l’initiative a été prise par l’agent. Ici encore le délit ne saurait être retenu s’il est don ou
promesse, les voies de fait ou menace n’interviennent qu’après l’acte de complaisance ou l’abstention qu’ils
ont pour objet de rémunérer.
2 – Le résultat de l’acte
Il importe peu aux termes de l’art. 161 du CP que la contrainte ou la corruption ait ou non produit son effet,
l’infraction est consommé même si l’employé a refusé les offres ou résisté à la contrainte peu importe donc le
résultat de l’acte de corruption, celui-ci est incriminé en lui-même à travers un délit qui apparait bien comme
purement formelle. D’autre part, la loi ne distingue pas selon que les avantages recherchés aient été de
nature à bénéficier à une autre personne que le corrupteur.
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Il revêt deux formes ; Dans sa forme passive il peut être défini comme le fait de celui qui se prévalant d’une
influence vraie ou supposée dont il prétend disposer auprès des pouvoirs publics sollicite ou accepte des dons,
offres ou promesses en vue d’obtenir des avantages de toute sorte dont les pouvoirs publics sont
prétendument les dispensateurs (Art.160).
Dans sa forme active il s’agit du fait du tiers qui offre rémunération à quelqu’un qu’il croit possesseur d’une
influence sur les pouvoirs publics en vue d’obtenir de ces derniers des avantages ou des faveurs (Art.161).
-Les éléments constitutifs de l’infraction : Le trafic d’influence suppose l’existence de trois composantes : Les
moyens qui ont déterminé le trafic, Le but des offres ou promesses agréées, L’intention frauduleuse.
A la différence de la corruption, le trafic d’influence ne suppose pas chez la personne qui monnaie son
influence prétendue une qualité spéciale « Toute personne », art.160 du CP. Cette qualité ne joue de rôle
particulier que comme circonstance aggravante lorsque le trafic est le fait d’une personne investi d’un mandat
électif, ou d’un fonctionnaire ou d’une personne assimilée.
La peine du trafic d’influence comme celle de la corruption passive ne s’applique qu’à celui qui aura sollicité
ou agréer des offres ou promesses, sollicité ou reçu des dons ou présents pour faire ou s’abstenir de faire un
acte de ses fonctions ou de son emploi mais indépendamment du fait que le trafic d’influence peut être
commis pour toute personne. Cette infraction diffère de la corruption passive à deux points de vue :
a – But du trafic
La qualification suppose que le coupable a sollicité ou agréé dons ou promesses (Cf. art 160) d’une telle
autorité ou administration.
Quatre groupes de faveur sont visés par l’art. 160 du CP, d’abord les décorations, médailles, distinction ou
récompenses sénégalaises ou étrangères, puis les places, fonctions ou emplois, ensuite les marchés,
entreprises ou autres bénéfices résultant de marchés conclus avec l’autorité publique ou avec une
administration contrôlée par elle, enfin les faveurs quelconques ou décisions favorables de l’autorité publique
ou d’une administration que celle-ci contrôle. Seules les décisions que les autorités publiques sénégalaises et
non pas les autorités étrangères peuvent servir de support à un trafic d’influence incriminés par l’art. 160 du
CP. Les rédacteurs de la loi ont voulu protéger l’administration sénégalaise contre le discrédit qui peut
l’atteindre.
b – Abus d’influence
La personne punit par la loi est celle qui aura abusé d’une influence réelle ou supposée, il convient de
distinguer une influence réelle ou supposée, il convient de distinguer l’influence allégée et son exercice.
Premièrement : L’influence allégée peut-être réelle ou supposée, c.à.d. purement imaginaire, on retrouve donc
ici l’allégation d’un pouvoir ou d’un crédit imaginaire connu comme élément constitutif de l’escroquerie mais
le délit de l’art.160 existe même en cas d’usage d’un crédit réel.
Deuxièmement : L’exercice de l’influence « pour faire obtenir ou tente d’obtenir » la décision favorable et non
l’exercice d’un pouvoir propre permettant de décider soi-même et l’élément constitutif qui oppose le plus
directement le trafic d’influence à la corruption passive.
Section 2 : Répression
Nous allons considérer successivement les trois grandes infractions examinées ci-dessus :
A – Corruption passive
Il faut distinguer entre deux situations : le cas où l’acte visé par la corruption est un acte compris dans la
fonction et celui où le même acte est facilité par la fonction.
a – Acte compris dans la fonction : il faut distinguer ici selon la qualité du coupable car : la peine de
l’emprisonnement est de deux à 10 ans et l’amende du double de la valeur de la promesse agréée ou des
choses reçues sans que ladite amende puisse être inférieure à 150.000 lorsque le coupable est l’une des
personnes visées à l’art.159 al.1 du CP : Agent des services publics, arbitre ou expert, médecins ou assimilés.
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La peine est l’emprisonnement d’un à 3 ans et d’une amende de 20.000 à 100.000 ou de l’une de ses deux
peines seulement lorsque le coupable est un employé ou un préposé selon l’art. 159 al.2 du CP.
b – Acte facilité par la fonction : La peine est moindre mais encore défini selon la même distinction par l’art.
159 al.3 du CP. Le coupable encourt en effet :
-S’il s’agit d’un agent des services publics, un emprisonnement d’un à 3 ans et une amende de 50.000 à
500.000F
-S’il s’agit d’un employé ou préposé : Un emprisonnement de mois à 2 ans et une amende de 25.000 à
75.000F ou de l’une de ses deux peines.
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