Math Spé – CPGE Mohammadia espace vectoriel normé
Feuille d’exercices n°4 — Espace vectoriel normé
Année 2025–2026
Exercice 1.
1. Si (x, y) ∈ R2 , on pose
||(x, y)|| = max(|x + y|, |x − 2y|).
Montrer qu’il s’agit d’une norme sur R2 et dessiner sa boule unité fermée.
2. Soient N1 , N2 deux normes sur Rn , B1 et B2 leurs boules unités fermées. Montrer que
B2 ⊂ B1 ⇐⇒ N1 ≤ N2 .
Que signifie 21 B1 ⊂ B2 ⊂ 2B1 ? Donner des exemples.
Exercice 2.
Soit E = {f ∈ C 1 ([0, 1], R) ; f (0) = 0}. On pose
||f || = sup |f (x) + f ′ (x)|, N (f ) = sup |f (x)| + sup |f ′ (x)|.
0≤x≤1 0≤x≤1 0≤x≤1
Montrer que ce sont deux normes équivalentes sur E.
Exercice 3. Jauge d’un convexe
1. Soit || · || une norme sur Rn et K sa boule unité fermée. Montrer que :
(a) K est symétrique (x ∈ K ⇔ −x ∈ K),
(b) K est convexe, fermé et borné,
(c) 0 est un point intérieur à K.
2. Réciproquement, soit K ⊂ Rn possédant les trois propriétés ci-dessus. Soit
p(x) = inf{a > 0 ; x/a ∈ K}.
Montrer que p est une norme dont K est la boule unité fermée.
Exercice 4. Distance entre deux compacts disjoints
Soient (E, ∥ · ∥) un espace vectoriel normé et F, G deux parties compactes disjointes de E.
1. Montrer que la distance entre F et G est atteinte et donc strictement positive.
2. Montrer qu’il existe deux ouverts U, V de E tels que :
(a) F ⊂ U et G ⊂ V ,
(b) U ∩ V = ∅.
Exercice 5. Point fixe et compacité
Soient (E, ∥ · ∥) un espace vectoriel normé, K un compact de E et f : K → K telle que
∀x ̸= y ∈ K, ∥f (x) − f (y)∥ < ∥x − y∥.
1. On veut montrer l’existence d’un point fixe e unique.
(a) Montrer que g : K → R+ , x 7→ d(x, f (x)) est continue.
(b) Justifier que g atteint ses bornes sur K et soit c = inf x∈K g(x), puis y tel que g(y) = c.
(c) Si c > 0, aboutir à une contradiction et conclure.
1
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Distance et compacité
Exercice 6.
p
Soit A ∈ M3 (R) et ∥A∥ = tr(t AA).
1. Si A ∈ O3 (R), calculer ∥A∥.
2. Pour A ∈ O3 (R), donner les valeurs possibles de det(A). L’ensemble O3 (R) est-il connexe par arcs ?
3. Démontrer que O3 (R) est une partie bornée. En déduire que O3 (R) est un compact de M3 (R).
4. Soit f l’application M 7→ ∥M ∥, de M3 (R) dans R :
(a) Montrer que f est continue.
(b) Soit A ∈ M3 (R). Démontrer qu’il existe U ∈ O3 (R) tel que d(A, O3 (R)) = ∥A − U ∥.
5. Soit Φ l’application de M3 (R) dans R définie par Φ(M ) = d(M, O3 (R)).
(a) Soient M, N ∈ M3 (R). Démontrer que :
∀U ∈ O3 (R), d(M, O3 (R)) ≤ ∥N − U ∥ + ∥N − M ∥,
puis que :
d(M, O3 (R)) ≤ d(N, O3 (R)) + ∥N − M ∥.
(b) En déduire que Φ est continue.
Exercice 7. Ouverts, fermés et densité
Soit Mn (R) l’ensemble des matrices carrées d’ordre n, muni de la distance d(A, B) = maxi,j |aij − bij |, où A = (aij )
et B = (bij ).
1. Montrer que l’ensemble des matrices inversibles est un ouvert dense de Mn (R).
2. Dans le cas n = 2, décider si les ensembles suivants sont ouverts, fermés ou ni l’un ni l’autre :
— A = matrices ayant deux valeurs propres distinctes et > 0.
— B = matrices ayant deux valeurs propres > 0.
Exercice 8.
☞ Soit F un s-ev de E, montrer que F est aussi un s-ev de E.
☞ V ect(A) ⊂ V ect(A).
☞ Soit A une partie bornée de (E, ∥.∥), Montrer que A et F r(A) sont aussi bornées.
☞ Soit A, B deux parties non vides de (E, ∥.∥), montrer que d(A, B) = d(A, B), où d(A, B) = inf (x,y)∈A×B ∥x − y∥.
Exercice 9.
Soient F, G deux fermés disjoints. On considère l’application
f : E −→ R .
x 7−→ d(x, F ) − d(x, G)
1. Montrer que ∀x ∈ F, f (x) < 0.
2. En déduire l’existence de deux ouverts disjoints tels que F ⊂ U et G ⊂ V .
3. Soient F, G deux compacts. On considère l’application
f : F × G −→ R .
(x, y) 7−→ ∥x − y∥
Montrer que f est continue. En déduire qu’il existe (a, b) ∈ F × G tel que
∥a − b∥ = inf ∥x − y∥.
x∈F,y∈G
2
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Exercice 10.
On veut montrer que l’ensemble √
D = {p + q 2 | p, q ∈ Z}
est dense dans R.
1. Remarquer que D est stable par addition et par multiplication.
√
2. Posons u = 2 − 1. Montrer que pour tous a < b, il existe n ≥ 1 tel que 0 < un < b − a, puis un entier m ∈ Z
vérifiant a < mun < b. En déduire que D est dense dans R.
Exercice 11. Convexité et adhérence
Soit C une partie convexe d’un espace vectoriel normé E, c’est-à-dire :
∀x, y ∈ C, ∀λ ∈ [0, 1], λx + (1 − λ)y ∈ C.
1. Montrer que l’adhérence C et l’intérieur Int(C) sont convexes.
2. Étudier le cas particulier C = B(0, r).
Exercice 12.
Conexité par arcs deGLn (C)
1. Montrer que GLn (R) est ouvert dense de Mn (R).
2. Montrer que GLn (C) est ouvert dense de Mn (C).
3. Soit ϕ : C∗ −→ C∗
z 7−→ ez
(a) Montrer que est ϕ est surjective
(b) Soit A ∈ Mn (C) Montrer qu’elle existe ∈ P GLn (C) et T ∈ Mn (C) triangulaire supérieure
z1
e z1,2 . . . ... ... λz1
e λz1,2 . . . ... .
z2
.. 0 e λz2
λz ...
0 e z2,2 . . . . 2,2
T = et A = P T P −1 , γ(λ) =
.. . .
. .. . ..
.. .. . . .
. . .
... ... . ... e zn ... ... . eλzn
(c) Montrer que γest un chemin dans GLn (C) puis conclure.
Continuité des applications linéaires
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Exercice 13.
1 1
Soient p > 1 et q > 1 tels que + = 1.
p q
1. En utilisant la concavité d’une fonction bien choisie, montrer que pour a, b ≥ 0 :
1 p 1 q
ab ≤ a + b .
p q
2. Soit
E = {f ∈ C 1 ([0, 1], R)}.
On pose
Z 1 p1
p
Np (f ) = |f (t)| dt .
0
R1 f (t) g(t)
Montrer que 0 Np (f ) · Nq (g) dt ≤ 1.
3. Établir que Np est une norme sur E. (Pour l’inégalité triangulaire, on pourra utiliser l’inégalité :
(|f | + |g|)p ≤ |f |(|f | + |g|)p−1 + |g|(|f | + |g|)p−1 .
)
4. Soit g ∈ E fixé et on définit la forme linéaire
Z 1
φ : f 7→ g(t)f (t) dt.
0
Montrer que φ est continue et calculer sa norme subordonnée.
5. Montrer que l’ensemble des réels de la forme
|φ(f )|
, f ∈ E \ {0},
∥f ∥
est non vide et majoré. On notera
|φ(f )|
N (φ) = sup .
f ∈E\{0} ∥f ∥
6. Calculer explicitement sa norme subordonnée N (φ).
Rayonspectral
Exercice 14.
Soit E un espace vectoriel normé de dimension finie et u ∈ L(E). On pose xn = ∥un ∥.
1. Montrer que
√
ρ = inf{ n xn , n ∈ N}
est indépendant de la norme choisie sur E.
√
2. En utilisant l’inégalité xp+q ≤ xp xq , montrer que la suite ( n xn ) converge vers ρ.
3. On suppose E complexe et f ∈ L(E). Montrer que ρ(f ) = sup{|λ| | λ ∈ Sp(f )}.
4. Montrer que ρ(f ) ≤ limp→∞ ∥f p ∥1/p . On pourra supposer que ∥ · ∥ est la norme subordonnée à une norme sur
E.
4
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Exercice 16.
Pour A ∈ M3 (C), on note σ(A) le spectre de A, c’est-à-dire l’ensemble des valeurs propres de A, et
ρ(A) = max{|λ| | λ ∈ σ(A)}.
On munit C3 de la norme ∥ · ∥∞ définie par
∥z∥∞ = max |zj |.
1≤j≤3
On définit alors l’application
3
X
A ∈ M3 (C) 7−→ N∞ (A) = max |ai,j |.
1≤i≤3
j=1
1. Montrer que A 7→ N∞ (A) est une norme sur M3 (C).
2. (a) Montrer que, pour tout A ∈ M3 (C) et tout z ∈ C3 ,
∥Az∥∞ ≤ N∞ (A) ∥z∥∞ .
(b) En déduire que
∥Az∥∞
N∞ (A) = max .
z∈C3 \{0} ∥z∥∞
(c) Montrer que ρ(A) ≤ N∞ (A).
3. Montrer que N∞ est une norme matricielle, c’est-à-dire :
∀A, B ∈ M3 (C), N∞ (AB) ≤ N∞ (A) N∞ (B).
4. Soit Q ∈ M3 (C) une matrice inversible. On définit :
A ∈ M3 (C) 7−→ NQ (A) = N∞ (Q−1 AQ).
(a) Vérifier que NQ est une norme matricielle sur M3 (C).
(b) Montrer qu’il existe une constante CQ > 0 telle que :
1
∀A ∈ M3 (C), N∞ (A) ≤ NQ (A) ≤ CQ N∞ (A).
CQ
5. Soit T ∈ M3 (C) une matrice triangulaire supérieure et ε > 0. Montrer qu’on peut choisir une matrice diagonale
DS ∈ M3 (C) avec
S = (s, s2 , s3 ), s > 0,
telle que :
NDS (T ) < ρ(T ) + ε.
Étant donné A ∈ M3 (C) et ε > 0, montrer qu’il existe une norme matricielle Nε telle que :
Nε (A) < ρ(A) + ε.
6. En déduire l’équivalence suivante :
lim Ak = 0 ⇐⇒ ρ(A) < 1.
k→∞